Laurent Ruquier est l'invité d'Anne-Sophie Lapix
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 100 %
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Invité politique30 %
- ?2 %
≈ 20 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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A demain.
La
PIX,
c'est RTL Soir.
Notre grand invité RTL Soir est Laurent Ruquier. Bonsoir Laurent.
Bonsoir.
Vous venez nous parler de votre nouvelle pièce aux allures de comédie musicale ou de pièce musicale, je ne
sais
pas comment il faut la définir, avec le ténor Vincent Niclot, Chante et tais-toi, c'est le titre, c'est à la Comédie des Champs-Elysées. Et vous êtes Gabrielle, en couple avec un chanteur, un crooner, en mode latin lover qui chante l'amour avec les femmes et ça vous vexe un peu en tant que compagnon.
C'est ça, vous avez très bien résumé, pitché la pièce. C'est vrai que c'est une pièce de théâtre, mais il y a des chansons dedans puisque ça raconte l'histoire d'un chanteur, effectivement, un chanteur qui n'est pas en adéquation totale avec ce qu'il chante et son public et sa vie privée. Et c'est moi qui vais un peu être, on
va
dire, le poil à gratter dans tout ça.
Parce
que ce chanteur, il veut un public le plus large possible, des femmes de 20 ans à 70 ans, sans exclutif. Exactement.
C'est ce qu'on raconte dans la pièce, c'est aussi l'évolution de ce genre de statut à travers les époques et aussi montrer que ce n'est pas si évident que ça encore.
On
croit, Muriel Robat en a parlé il n
'y a
pas si longtemps, on croit que c'est facile, mais ce n'est pas si facile encore dans certains métiers, des métiers où c'est encore plus compliqué que dans les métiers artistiques, mais au cinéma et dans la chanson. Il y a encore des difficultés parfois à avouer, pas chez les jeunes chanteurs. Les jeunes chanteurs, ils n'ont aucun problème avec ça, puisqu'évidemment, ils font des chansons sur le coming out, sur leur homosexualité.
Je
pense à Eddie Depreto, Pierre Demare et d'autres qui sont cités d'ailleurs dans
la pièce.
Mais il y en a d'autres qui ont, on va dire, démarré en ayant un public large et en camouflant leur vie privée. Et là, c'est très difficile de revenir en arrière.
Voilà, et c'est le cas de votre personnage. Oui, c'est une comédie sur le coming out. Vous dites qu'il faut se libérer d'une clandestinité pesante. Enfin, c
'est
ce que votre personnage dit à son compagnon, parce que c'est pesant la clandestinité, cette clandestinité
-là. Absolument. Moi,
je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma peau que le jour où je l'ai dit. Je l'ai dit sur scène, d'ailleurs, à l'époque,
c
'était dans les années 90. On m'avait même reproché de le faire. D'ailleurs, certains journalistes avaient dit, mais qu'est-ce que ça vient faire là ? Il n
'y a
pas besoin de raconter sa vie sur scène. On s'aperçoit qu'aujourd'hui, c'est un peu l'inverse. Mais en tout cas, ça m'a permis d'être mieux dans mes baskets. Et c'est le conseil que je donne à mon partenaire sur scène. Avant tout, évidemment, on essaie de faire rire. Je crois qu'on y arrive, d'ailleurs. Oui, pas
mal.
Ça fait beaucoup, beaucoup rire. La pièce marche très bien, parce qu'on est même applaudi pendant les... C'est
assez
rare de voir ça. Je suis trop content, parce que quand on écrit quelque chose, on n'a jamais le résultat immédiat, évidemment. Et savoir qu'on est interrompu par les applaudissements et les rires pendant le cours de la pièce, c'est assez rare pour être heureux et le vivre.
Et ce n
'est
pas étonnant. Il y a énormément de jeux de mots. Et vous jouez aussi sur l'accent et les erreurs d'expression espagnole du personnage. Je vous donne quelques exemples. Comme sur des boulettes, une cage à latin, ou encore... J'aime bien te farcir, pour te faire une farce,
effectivement.
Ce n
'est
pas exactement la même chose.
Et
c'est vrai que ça s'y prête énormément.
Oui,
il y
a
des situations. Et puis aussi de l'émotion. Le public qui vient, en tout cas, me dit souvent... On ne
va
pas tout dévoiler, parce que j'ai envie que le public... Évidemment, il y
ait
des surprises encore en venant à la Comédie des Champs-Elysées. Mais oui, il y a des moments aussi d'émotion, qu'on lit peut-être moins comme ça. Mais quand on vient voir la pièce, je vous jure qu
'il
y
a
un moment où plusieurs personnes me disent... Et c'est agréable pour moi à la fin de la représentation. Ça compte pour nous, cette pièce, parce que ça nous aide. Et je n'avais pas l'impression, je n'avais pas le sentiment que c'était encore possible en 2026, bientôt 2027. Mais oui, c'est encore compliqué parfois. Je cite pour les acteurs, on a parlé des chanteurs, mais pour les acteurs, c'est très difficile de citer un acteur qui a revendiqué le fait d'être homosexuel. Dans le cinéma français, par exemple.
Oui, c'est vrai que
c'est pas...
Vous
ne pourriez pas en citer un ?
Plus que des footeux, quand même. Parce que vous en parlez, ça, dans le foot, ça n'existe pas.
Pas beaucoup plus. La preuve, on est obligé dans la pièce d'aller chercher Jean Marais.
Parce
que j'en ai en tête, mais je n'oserais pas les citer parce que je n
'ai
pas envie d'être stigmatisante. Mais c
'est
surtout que vous
n
'êtes pas sûr que le public le sache. C'est-à
-dire
que vous, vous le savez. Et c'est ce que je raconte dans la pièce.
D
'ailleurs, le tout
Paris, c'était vrai
aussi pour Jean Marais
à l
'époque. Jean Marais et Jean Cocteau, c'était quelque chose de très connu dans tout Paris. Mais le grand public qui voyait Jean Marais dans Le Capitaine Fracas ou Autres Contes de Monte Cristo, puisqu'il l'a fait aussi, à cette époque-là, je ne pense pas qu'ils savaient. En fait, non, ça reste... Une fois qu'on a fait carrière, on le dit. Mais même des gens comme Jean-Claude Briali ou Dev comme chanteur, ils le disent, mais ils le disent une fois qu'ils ont eu du succès. Pas pendant.
Alors,
on pourrait croire que vous avez choisi Vincent Niclot pour jouer votre partenariat, mais en réalité, il vous a précédé dans le casting. Absolument.
Ce n'était
pas vous qui deviez forcément jouer ce rôle ? Qu'est
-ce
qui s'est passé alors ?
Je n'étais pas prévu.
Et comment vous êtes
arrivé dans la pièce ? J'ai
été convaincu par Nicole Sonneville, l'attaché de presse de la pièce, Vincent Niclot lui-même, la metteuse en scène Anne Bourgeois. Et elles m'ont dit, parce qu'on cherchait, on était partis. On était même partis. Les auditeurs qui le connaissent peuvent comme ça se rendre compte. On était partis sur Sébastien Thoen à un moment
donné.
Ah oui ? Et
puis
Thoen ne
m
'avait pas encore rendu sa réponse. On cherchait toujours. Il y
a
quelques comédiens qui nous avaient dit non ou qui disaient, on réfléchit,
on
réfléchit. Et puis à un moment donné, voilà. C'est plus pratique. Le monde m'a dit, mais fais-le toi. Et franchement, pas une seconde, je n'y avais pensé. D'ailleurs, si j'y avais pensé, j'aurais sûrement pas écrit ce rôle-là pour moi. Parce qu'il y a des choses, je ne
peux
pas dire quoi, mais des choses dans la pièce qui ont été plus compliquées pour moi que pour un autre. Donc, bon, mais au final, je m'amuse beaucoup. Je ne regrette pas. C'est un choix incroyable parce que j'ai du plaisir sur scène. Peut-être que je n'avais pas eu depuis très très longtemps dans ce métier.
C'est
vrai. Et
vous chantez dans la pièce ?
Il ne
faut
pas le dire.
Non, je ne
peux
pas le dire. Vous ne chantez pas, donc. Voilà. C'est comme, il y a beaucoup de chansons. Et c'est une sorte d'hommage à toutes les chansons aussi qui parlent de la difficulté de cacher son homosexualité.
Oui,
bien
sûr.
C'est vrai, c'est une manière aussi de rendre hommage à ces chanteurs qui ne sont pas tous homosexuels et qui ont évoqué cette difficulté-là.
Absolument. Parce que ça reste quand même une difficulté. Comme on dit, ça dépend des milieux, des pays et des époques. En France, on pourrait croire que c'est simple aujourd'hui, mais ça ne l'est toujours pas. Même si, heureusement, c'est beaucoup plus facile qu'avant. Bien sûr, on ne peut pas nier qu'il y
a
eu un progrès. Mais attention au retour en arrière. On sait que ça existe et que c'est possible aussi.
Bon, du coup, je ne
peux
pas vous demander de chanter. Vous n'allez pas chanter, en fait. Non,
mais je chantonne dans la pièce. On s'en aperçoit très vite, mais rien de très important.
Vous écoutez quoi, vous ? Sinatra, Barbara et Chad Baker ? Ou plutôt Dalida, Mylène Farmer, Nada Mouskoury ?
Ni les uns, ni les autres. C'est vrai ? Mais j'écoute Marie Laforêt, ce n
'est
pas très loin. D'accord. Je ne suis pas très jazz. Je veux bien aller dans un club de jazz avec des amis, comme ça, pour passer une soirée. Mais je n
'ai
pas de disque de jazz que j'écouterai à la maison. Et je ne
suis
pas non plus Mylène Farmer. Je ne rentre pas dans beaucoup de cases, en fait,
pour tout
dire. Je n'aime pas trop le côté communautaire. Donc, curieusement, parce que cette pièce, on pourrait croire qu'elle l'est, mais elle n'est pas tant que ça. C'est une pièce, on va dire, à la fois LGBT++, mais aussi grand public. Parce que moi, en fait, je ne cherche pas à convaincre les convaincus. Ça ne sert à rien de convaincre. Les convaincus, ils le sont déjà. Je cherche à faire évoluer ceux qui en ont encore besoin.
Comment vous faites pour animer les grosses têtes pendant 2h30 tous les jours, pour être au théâtre du mercredi au samedi soir et le dimanche après-midi
? Jamais
fatigué, jamais lassé, jamais blasé ?
Peut-être que si la pièce ne fonctionnait pas comme elle fonctionne, je serais peut-être fatigué à l'idée d'aller au théâtre. Mais quand ça marche, il n
'y
a aucun souci. Si, on est porté par le succès, on est porté par les rires, par les applaudissements, le public, la géate, à demain soir. Aujourd'hui, c'est relâche. Je fais exception pour vous.
Merci,
c'est moins fatigant de venir me voir.
Même pour les grosses têtes, j'enregistre deux émissions le lundi, celle du lundi et du mardi. Ça me permet effectivement d'avoir une
journée de
relâche.
Parce
qu'autrement, le week-end est très très chargé, puisqu'on fait deux représentations le samedi, une le dimanche. Donc, on n'aurait aucun jour de repos si je n'avais pas relâche le mardi.
Et
le luxe,
c
'est de ne travailler qu'avec des gens que vous aimez, que vous appréciez
? Oui,
et puis d'être heureux. Vous qui êtes journaliste, j'ai tenté cette aventure sur BFM pendant trois mois à un moment donné. Là, j'y allais avec des semelles de pont. C'était un cauchemar pour moi. J'ai vécu un cauchemar pendant trois mois. Et là, on a l'impression qu'on va mourir tellement le travail vous pèse. Non mais vraiment. Parce que je faisais autre chose. Je continuais aussi à faire les grosses têtes et des tas d'autres choses. Là, pas du tout. À partir du moment où on est heureux, le plus compliqué, en fait, le plus difficile au théâtre, c'est les répétitions. Parce que ça prend beaucoup de temps. On répète pendant plusieurs semaines. On n
'a
pas tout de suite le résultat du public. Mais une fois que ça a commencé et que ça marche, ça n'est que bonheur.
Et après, ça roule. En tout cas, moi,
je
suis très heureuse de venir travailler à RTL pour vous inviter et vous entendre parler de cette
pièce
de table. Chante et tais-toi, c'est la comédie des Champs-Elysées. Vous restez avec nous ?
Oui, d'accord.
Dans un instant, Pierre Coplot est l'info qu'on a failli manquer. En plus que votre ami Florian Gazon est parti en vacances. Ce seront des chiens soldats qu'un milliardaire veut cloner pour l'armée américaine. Le petit phénomène d'Emma Guessel, c'est la mode des cagoules. Enfin, Tanguy Pastureau défait l'info sur RTL. À tout de suite.
Bonne
soirée sur RTL.