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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 14 mai 2025 11 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileInstitutions & électionsJustice

Robert Ménard : "Emmanuel Macron est très bon, mais sur la pratique, il ne sait pas de quoi il parle

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez, comme Emmanuel Macron, qu'il faut soumettre la question de l'aide à mourir au référendum ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Quel est votre sentiment ce matin, Robert Ménard, après cette longue soirée passée aux côtés du président de la République ? Vous l'avez trouvé comment, Emmanuel Macron ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    La police municipale, il a été dans votre sens. Vous réclamez plus de pouvoir pour la police municipale.

  • 5:55RelanceRéponse partielle

    On est bien d'accord que jusqu'à présent, c'est les prérogatives de la police nationale. Est-ce qu'il ne vous semble pas de la mission première de l'État en France ?

  • 7:02OuverteRéponse directe

    Vous avez refusé de marier un homme sous OQTF. Vous n'aviez pas le droit d'agir ainsi. Le mariage est un droit fondamental.

  • 9:28OuverteRéponse directe

    Vous vous représentez à Béziers ? Et vous allez vous présenter seul, ou comment vous allez vous situer par rapport au Rassemblement National ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:57PrésentateurFait
    « Sur le reste, il est bon que dans les généralités. C'est-à-dire, vous avez vu, avec des graphiques et tout, il est excellent. »
  • 5:17PrésentateurFait
    « Aujourd'hui, la police municipale ne peut pas utiliser les drones. »

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • Invité politique36 %

8,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Vous recevez ce matin le maire d'Hiverdroite de Béziers qui a interpellé le président de la République sur TF1 hier soir sur la sécurité et l'immigration.

0:08
Invité politique

Bonjour Robert Ménard. Bonjour. On va parler ensemble, police municipale et OQTF, ça vous tient à cœur. On parlera aussi de la droite et de l'extrême droite puisque vous avez toujours été un électron libre, notamment vis-à-vis du Rassemblement National. Mais d'abord, juste après votre passage sur TF1, je ne sais pas si vous les avez entendus, les mots de ce grand journaliste sportif atteint de la maladie de Charcot, Charles Bietry. De sa voix électronique, parce qu'il ne peut plus articuler, il demande au chef de l'État de légiférer sur l'aide à mourir, de ne pas laisser sa femme et ses enfants des semaines durant aux côtés d'un corps inerte.

Votre propre frère est mort de la maladie de Charcot. Est-ce que vous pensez, comme Emmanuel Macron, qu'il faut soumettre cette question au référendum ?

1:00
Présentateur

Écoutez, moi j'ai aidé mon frère à mourir. Je ne croyais jamais arriver là. Je l'ai fait parce que c'était une abomination. Pour lui. Je suis allé chercher un de mes copains médecins, vous savez, qui avait été à la fac avec moi, moi je faisais autre chose, et qui acceptait le faire. Il était en pleurs, le médecin, c'est la première fois qu'il le faisait. Est-ce qu'il faut légiférer ? Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que c'est compliqué, parce qu'en même temps, je me dis, je ne voudrais pas que demain des gens se disent, « Oh ce vieux, il y en a marre à la maison, s'il n'était plus là, ce serait plus simple. » Et vous savez, l'égoïsme, la méchanceté, ça existe.

1:42
Invité politique

Oui, mais Robert Ménard, ce serait le choix du malade, pas le choix des familles.

1:46
Présentateur

Mais vous savez, oui, vous avez raison, mais en même temps, quand je vois ce qui se passe en Belgique, par exemple, tous les garde-fous qu'on met, moi je vous ai compris, j'ai une position compliquée là-dessus, tous les garde-fous, ils ont sauté petit à petit. Si ce qui est promis, c'est-à-dire que ce sera une décision collective, il ne suffira pas de l'avoir demandé avant, il faudra laisser un délai, tout ça, pourquoi pas ? On pourrait en discuter, mais ce que j'ai peur, vous avez compris, c'est juste ça. C'est que petit à petit, sous la pression des uns et des autres, on en doublit ça.

Et il ne faut pas, et puis, en un mot, moi ce que je pense, c'est qu'il faudrait juste des soins palliatifs, des soins palliatifs, partout, et après on en parle dans deux ans, et après on en parle dans deux ans.

2:29
Invité politique

Alors quel est votre sentiment ce matin, Robert Ménard, après cette longue soirée passée aux côtés du président de la République ? Vous l'avez trouvé comment, Emmanuel Macron ?

2:39
Présentateur

Moi je ne suis pas un anti-macroniste viscéral, ça veut dire que je lui trouve des qualités, par exemple, je ne sais pas ce que je peux vous prendre, sur aujourd'hui sa politique sur l'Ukraine, je trouve que c'est bien, j'applaudis des deux mains. Sur le reste, il est bon que dans les généralités. C'est-à-dire, vous avez vu, avec des graphiques et tout, il est excellent.

3:00
Invité politique

Les graphiques, ce n'est pas des généralités, pour le coup c'est des données, c'est des statistiques, c'est des chiffres.

3:05
Présentateur

Non, non, ce n'est pas des généralités, c'est sur la théorie, il est très bon. Sur la pratique, derrière les graphiques, pardon, derrière les trucs, il y a des gens, il y a des problèmes, et là, malheureusement, il ne sait pas trop de quoi il parle. Moi, j'ai essayé de ne pas parler, je ne suis ni un spécialiste de l'immigration, ni un spécialiste des questions de la sécurité. Vous avez essayé d'être dans le concret. Moi, j'ai essayé de lui parler de choses que je rencontre moins comme maire. Et là, honnête...

3:29
Invité politique

Je peux dire un mot de votre façon de faire à vous, parce que ça m'a beaucoup surprise, et je pense que je ne suis pas la seule. C'est-à-dire que vous, vous l'alertez illico presto sur les incivilités, le ras-le-bol de vos administrés, les petits saligots à qui on a envie de mettre deux gifles, et vous utilisez un vocabulaire face au président de la République, vous parlez de cons, de connards, qu'ils aillent se faire foutre. Ça, c'est vos mots.

3:54
Présentateur

Les gens, ils parlent comment ? Comment vous dites ? De salopards. Quand vous êtes à la bagnole et qu'un mec vous fait une tête à queue, vous dites « Ah, il ne devrait pas se comporter comme ça », vous dites « Quel connard ! » En fait, je parle comme tout le monde, madame. Alors, évidemment...

4:06
Invité politique

Et quand on est face au président de la République, on parle comme ça ?

4:09
Présentateur

Je ne crois pas avoir été irrespectueux du président de la République. Je pense juste de lui dire « Voilà comment les choses se passent, comment les gens vivent ça, venez avec moi ». Vous savez ce que j'avais envie de lui dire par rapport à ça ? Vous venez à Béziers, on va dans un quartier, vous allez expliquer à un certain nombre de gens ce que vous dites sur l'immigration, sur l'insécurité. Essayez, venez avec moi. Vous, vous verrez, enfin vous le savez, c'est votre boulot ici. Allez voir comment les gens y réagissent. Non, je ne crois pas que je sois irrespectueux par rapport au chef de l'État.

4:38
Invité politique

Alors, la police municipale, il a été dans votre sens. Vous réclamez plus de pouvoir pour la police municipale. Vous avez armé la police municipale à Béziers, c'est votre choix, c'est votre prérogative. Mais vous réclamez des contrôles d'identité qu'ils puissent, les policiers municipaux, opérer des contrôles d'identité. Fouiller des voitures, mettre des amendes aux consommateurs de drogue, consulter des fichiers nationaux, utiliser des drones de surveillance. Emmanuel Macron va dans votre sens.

5:03
Présentateur

Alors, j'allais dire putain, donc je ne vais pas le dire devant vous, ça va m'éviter. Il était temps. Nom de Dieu, ça fait 8 ans que je suis maire, 8 ans que je demande ça avec un certain nombre de maire. Vous vous rendez compte quand même, sur les drones, ce que j'ai expliqué hier, je pense que les gens ne le savent pas. Aujourd'hui, la police municipale ne peut pas utiliser les drones. La police nationale peut les utiliser. Mais il y a une condition qui est quand même surréaliste, c'est qu'il y a un document administratif qui est consultable par vous, madame, par moi, par n'importe qui, pour dire où, 24 heures ou 48 heures avant, on va utiliser les drones.

C'est-à-dire que le type qui fait du trafic dans un quartier, il peut savoir avant que les drones vont être là. Mais enfin, attendez, à part d'être, je ne sais pas où, oui, de vivre ailleurs que dans la vie réelle,

5:45
Invité politique

et tous ces pouvoirs que vous voulez conférer à la police municipale. On est bien d'accord, Robert Ménard, que jusqu'à présent, c'est les prérogatives de la police nationale. Est-ce qu'il ne vous semble pas de la mission première de l'État en France ? D'assurer la sécurité de tous les citoyens et de tout le territoire ?

6:01
Présentateur

Non, mais ils le font, madame, ils le font. Moi, je vais répondre à mes concitoyens, « Ah, mais écoutez, l'État ne le fait pas, donc je ne le fais pas. » Vous croyez que moi, je suis passé de 30 policiers municipaux à 130, de 30 caméras à plus de 500. Vous savez ce que ça nous coûte ? Comme dirait M. Macron, une blinde. Et je le fais parce que, faute de voir des policiers dans la rue, faute de voir des caméras, faute de voir ce que vous avez raison, ce qui relève de l'État, je le fais à sa... Mais attendez, madame, mais moi, je ne rêve que d'une chose, qu'il le fasse. Il le fait l'État. Chez moi, pas plus qu'ailleurs, je vous le dis. Ce boulot, il est fait ? Non.

Alors oui, les maires comme moi, on le fait parce qu'en même temps, les gens qui viennent me voir, madame, qu'est-ce qu'ils me disent ? Vous croyez qu'ils me parlent de, je ne sais pas quoi, de l'Union européenne ? Non, ils ne m'en parlent pas. Je prends ça à dessein avec M. Macron. Ils me parlent de ces questions-là. Et moi, je ne peux pas leur dire, écoutez, je ne peux rien y faire.

6:56
Invité politique

Autre question avec laquelle vous avez beaucoup, beaucoup secoué dans le landerneau. Vous avez refusé de marier il y a deux ans un homme qui était sous OQTF, obligation de quitter le territoire français. Suite à cet épisode, l'homme a été interpellé, placé en centre de rétention, expulsé en Algérie. Vous n'aviez pas le droit d'agir ainsi. Le mariage est considéré comme un droit fondamental. Vous risquez l'inégibilité et une lourde amende. Eh bien, vous en avez parlé hier soir au président de la République. Il est pour que la loi change. Là aussi, il vous donne raison. Il est pour que la loi change. Il y a un début de loi voté au Sénat.

Il faudrait accélérer pour que ça aille à l'Assemblée nationale. Et il a dit oui. Et il a dit oui. C'est formidable. Oui, enfin, le problème, c'est que ça reste quand même profondément anti-constitutionnel.

7:40
Présentateur

C'est quand même un problème pour vous et pour lui. Et peut-être que la Constitution, madame, ça se change. Enfin, attendez. Sinon, si c'est chaque fois la réponse, c'est la Constitution. Écoutez, on n'a qu'à élire le président du Conseil constitutionnel, chef de l'État. Ça nous évitera bien des débats et de la perte de temps. S'il y a de la politique, si moi, je fais de la politique après avoir été longtemps journaliste, c'est parce que je veux changer un certain nombre de choses. Si chaque fois on me répond ça, il ne me l'a pas répondu. Vous avez compris. Il n'a pas parlé du Conseil constitutionnel. Bien sûr qu'il faut changer ça.

8:10
Invité politique

Il vous a simplement dit, ce n'est pas moi qui fais les lois.

8:13
Présentateur

Oui, mais enfin, attendez. Il y a une loi, il n'a qu'à... Enfin, attendez, ça, c'est une putain de lâcheté. Il ne faut pas déconner. Tu ne fais pas les lois. Il est... Vous avez redit, putain. Non, mais je lui ai dit hier, je lui ai dit, il est le chef de l'État qui a sûrement le plus de pouvoir dans tous les pays, en gros, démocratiques européens, qu'il l'utilise pour ça. Je suis content qu'il arrête...

8:32
Invité politique

Enfin, la liberté du mariage, le droit fondamental à se marier, à fonder une famille...

8:36
Présentateur

C'est une plaisanterie de vote pas. Attendez, c'est une plaisanterie de vote pas, parce que les gens, ils ne pensent pas comme ça, madame. Alors, moi, ce n'est pas une plaisanterie de ma part.

8:43
Invité politique

Parler de la Constitution et de la Convention européenne des droits de l'homme, ce n'est pas une plaisanterie. Et par ailleurs, la gauche qui siège à l'Assemblée nationale, hein, qui siège à l'Assemblée nationale.

8:51
Présentateur

Elle dirait que 90% des gens que je rencontre ne comprennent pas, madame, ne comprennent pas une seconde qu'un maire soit obligé de marier quelqu'un, parce que vous n'avez pas précisé, en situation illégale, qui avait été condamné pour juste violence en réunion, vol avec violence en réunion.

9:08
Invité politique

Mais ça, ça n'avait rien à voir avec nous.

9:09
Présentateur

Comment ça n'a rien à voir ? Il est délinquant, il est délinquant, il est en situation illégale, et c'est moi qu'on vient emmerder, parce que je refuse de le marier, mais c'est le contraire du bon sens. C'est ce que j'ai essayé de dire.

9:20
Invité politique

Et c'est ce qu'il vous a répondu, c'est que c'était le contraire du bon sens. Gérald Darmanin et Bruno Retailleau vont dans votre sens également.

9:26
Présentateur

Voilà, donc on est tous d'accord, peut-être que ça va se faire.

9:28
Invité politique

Vous vous représentez à Béziers ?

9:29
Présentateur

Bien sûr. Vous ? Oui, moi.

9:31
Invité politique

Parce qu'il avait été question que vous placiez votre épouse...

9:33
Présentateur

Mais vous avez perdu le fil d'un certain nombre de mois.

9:35
Invité politique

Oui, oui, non, mais c'est vous qui vous plaît. Et vous allez vous présenter seul, ou comment vous allez vous situer par rapport au Rassemblement National ?

9:42
Présentateur

Ah, là, je ne suis pas sûr que le Rassemblement National me soutienne beaucoup, on verra.

9:46
Invité politique

Non, c'est-à-dire qu'ils avaient placé aux législatives un candidat contre votre épouse, qui a été sèchement battu. Voilà, donc vous risquez d'avoir un...

9:56
Présentateur

Mais oui, mais écoutez, moi j'ai toujours été comme ça. Moi, j'ai appelé à voter pour Marine Le Pen, parce qu'il y avait deux questions. C'est drôle dont j'ai parlé hier.

10:04
Invité politique

La sécurité et l'immigration.

10:05
Présentateur

Et l'immigration, parce que là-dessus, c'est le trou noir de M. Macron. Mais je n'ai jamais caché mes divergences sur le terrain économique, sur la politique internationale, jamais avec le Rassemblement National. Ce qui fait que de temps en temps, ça va plus tôt, et de temps en temps, ça va plus mal. Là, on est dans une ère glaciaire, on verra bien ce qu'il en sera. Merci Robert Ménard. J'ai des convictions, je les défends, et je ne suis pas dans un parti pas plus à droite qu'à gauche.

10:29
Invité politique

Merci Robert Ménard.

10:29
Présentateur

Et merci Sonia De Villers.

Robert Ménard : "Emmanuel Macron est très bon, mais sur la pratique, il ne sait pas de quoi il parle · Pourquijevote