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interviewRadio France (sur Site radio)· 2 juin 2026 9 min

Présidentielle : Nathalie Kosciusko-Morizet apporte son soutien à Édouard Philippe et loue sa "capacité à rassembler"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité politique

7h50 sur Inter, Benjamin Duhamel, votre invité, a été ministre.

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Présentateur

Les trois lettres qui font son surnom vous rappelleront peut-être une époque où la droite était au pouvoir, où l'on parlait de Nicolas Sarkozy pour sa politique et pas pour sa présence dans les prétoires. Près de dix ans après avoir quitté la vie publique, elle a choisi France Inter pour prendre la parole. Bonjour Nathalie Kosysko-Morizet.

0:19
Invité politique

Bonjour Benjamin Duhamel.

0:20
Présentateur

Merci d'être avec nous ce matin. Je commence avec une question simple que se posent sans doute beaucoup d'auditeurs. Est-ce que votre présence ici ce matin signifie que vous revenez en politique ?

0:28
Invité politique

Ma présence ce matin, c'est d'abord parce que je trouve qu'on est dans un monde qui est confronté à des très grandes transformations et ce sont des sujets qui m'ont toujours mobilisé. J'ai eu la chance de travailler beaucoup dessus. La transition énergétique, plus récemment la transformation numérique et maintenant l'intelligence artificielle. Et je pense que j'ai envie. Je crois qu'on est à un moment en fait où il ne faut pas se tromper. Et j'ai l'impression que j'ai des choses à dire sur le sujet. J'ajoute que, vous l'avez dit, ça fait dix ans. Dans ces dix ans, j'ai passé sept ans pendant lesquels j'ai vécu et travaillé aux Etats-Unis. Un moment de grande transformation technologique.

On parlait de l'intelligence artificielle juste avant. Un moment de polarisation politique massive parce que c'était la fin du mandat de Trump, puis le retour de Trump. Et puis un moment de mutation du capitalisme avec une concentration de la richesse, une concentration du pouvoir. La phrase d'Arthur Mensch, d'ailleurs, il faisait écho. Là aussi, c'est des grandes... La société américaine est très différente de la société française. Mais malgré tout, je pense que ça a été un poste d'observation et de réflexion important sur les grandes transformations. Donc voilà, j'ai l'impression qu'il y a des choses à dire.

1:36
Présentateur

Et on va effectivement en tirer quelques leçons ensemble ce matin. Mais simplement, peut-être aussi que certains auditeurs se disent, en fait, elle revient au moment du crépuscule du macronisme. C'est quoi ? C'est la revanche de l'ancien monde contre ceux qui se présentaient comme étant le nouveau monde en 2017 ?

1:51
Invité politique

Surtout pas. Moi, seul l'avenir m'intéresse. Et tout ce que je vous dis là, ces sujets dont je parle, la transformation, la transition écologique, la crise énergétique, l'émergence de l'intelligence artificielle, ils viennent pas de nulle part. Ça fait longtemps que je travaille là-dessus, sur ces grandes transformations. Mais aujourd'hui, ils explosent. Ils explosent dans notre quotidien. On est dans un monde dans lequel il y a de plus en plus de crises, face auxquelles on a des dépendances. On a toujours eu des dépendances. La dette, la défense, l'énergie, tout ça sont des dépendances.

Mais dans le monde dans lequel on est, dans le monde de turbulences, ces dépendances, elles deviennent des vulnérabilités. Et ça, c'est un risque pour notre liberté. C'est tout ça dont on va parler dans cette élection. Et je crois qu'il y a des choses à dire.

2:35
Présentateur

Eh bien justement, cette élection, on va là encore évacuer une question qui se pose. On est à moins d'un an de l'élection présidentielle. Est-ce que vous réfléchissez, comme d'autres, à une candidature à l'élection présidentielle ? Ou est-ce qu'au contraire, votre choix est fait ? Est-ce que vous savez qui vous allez soutenir ?

2:51
Invité politique

Alors, je ne suis candidate à rien, Benjamin Duhamel. Je vais vous changer les têtes parce que toutes les semaines, une nouvelle personnalité politique vient déclarer une candidature. Non, aujourd'hui, on se détend. Je ne suis candidate à rien. Je vais soutenir Edouard Philippe. Je pense qu'il a la capacité... On a besoin d'un grand rassemblement face à tous ces enjeux dont on parle là. Et je pense qu'il a cette capacité à rassembler, à rassembler dans le calme, à rassembler dans le dialogue. Je voudrais dire un mot là-dessus, si vous permettez, parce que moi, une des choses qui me frappent énormément...

3:20
Présentateur

Et simplement, juste un rapport d'étonnement sur Edouard Philippe, même si on va parler de la droite dans un instant. Vous avez quitté la vie politique en 2017 au moment où Emmanuel Macron arrive. Vous perdez aux législatives et vous finissez par soutenir celui qui a été Premier ministre d'Emmanuel Macron pendant trois ans.

3:34
Invité politique

Oui, moi, ce n'est pas seulement cette filiation-là qui m'intéresse, c'est la capacité, aujourd'hui, à rassembler. Je pense vraiment que face aux très grandes transformations, aux très grands enjeux auxquels on est confrontés, on a besoin de quelqu'un qui puisse rassembler. La vie politique française, ce n'est pas particulier la France, mais moi, c'est la France qui m'intéresse. La vie politique française a été contaminée par un mouvement qui vient des réseaux sociaux, de l'économie de l'attention, du clic, vous savez, les chutes de dopamine, tout ça. Donc, on nous sature notre espace intellectuel, notre énergie, toute notre attention, et ça, ça a débordé sur la vie politique.

On va de réaction en réaction, et vous savez quoi ? La réaction, ce n'est pas l'action. On nous met perpétuellement dans un état d'alerte, et on essaye de nous... Voilà, en face de ça, je crois qu'on a besoin de gens qui ne vont pas de réaction en réaction, et qui tiennent leur cap, et je crois qu'on peut et qu'on doit se rassembler autour d'eux.

4:29
Présentateur

Et vous allez faire campagne avec Édouard Philippe ? Vous allez coller des affiches, mettre des traques dans les boîtes aux lettres, ou c'est simplement une sorte de soutien passif ?

4:38
Invité politique

Je vais faire ce qui sera utile, et en particulier, je vous dis, sur les sujets sur lesquels j'ai le plus travaillé, et je travaille en ce moment, comme l'intelligence artificielle, qui sont les grands sujets de transformation de la société. Je voulais redire une autre chose sur l'évolution de la vie politique française. Je le disais, elle a été contaminée par cette espèce d'économie de l'attention qui vient des réseaux sociaux. Il y a une autre chose qu'on a importée des Etats-Unis et qui motive aussi cette idée qu'on peut se rassembler et qu'on doit se rassembler. C'est cette idée que la brutalité est associée à la vitalité.

Que du côté de la brutalité, il y a son, la force, le mouvement, et puis, à contrario, la délibération, le dialogue, la recherche des coopérations, c'est la faiblesse. Ça, c'est absolument mortel pour notre démocratie, parce que la démocratie est du côté des seconds. Et, encore une fois, quelqu'un qui tient son cap et qui peut être dans le dialogue, c'est un antidote à ça.

5:36
Présentateur

Nathalie Cossus-Comorisé, on se souvient aussi de vous, incarnant une droite qui était sans aucun compromis avec le Front National à l'époque. Vous aviez écrit un livre qui s'appelait Le Front Antinational, Rassemblement National, aujourd'hui. Quand vous entendez certains de vos anciens amis, ou peut-être actuels, je ne sais pas, parler d'union des droites, quand vous lisez Nicolas Sarkozy qui dit « Moi, Jordan Bardala, il me rappelle le RPR de Jacques Chirac. » Est-ce que vous reconnaissez la droite qui était la vôtre ? Est-ce que c'est encore votre droite ?

6:04
Invité politique

Moi, je n'ai pas changé d'avis. Et je vais vous dire, j'ai une raison qui s'est rajoutée à toutes celles que j'avais. Concrètement, je trouve que le Rassemblement National vient d'ailleurs. Ce n'est pas la continuité de la droite, ce n'est pas la droite en plus dure. Ça a des origines différentes et il nous emmènerait ailleurs. C'est une destination historique différente. Il nous emmènerait où ? Mais alors, parlons-en. Je pense que c'est encore plus grave, ce serait encore plus grave dans le monde dans lequel on est. Parce qu'on est dans un monde dans lequel des empires sont en train de se constituer. Les empires sont des hiérarchies de dépendance.

Il se passe des choses aux marges des empires. Ce sont des sphères d'influence successives. Ces empires se constituent autour des Etats-Unis de Trump, autour de la Russie de Poutine, autour de la Chine de Chine. Et nous, on essaye de nous faire croire que le monde est dur. Et parce que le monde est dur, il faudrait lui ressembler. Mais vous savez quoi ? Dans un monde de force brute, les suiveurs et les imitateurs, qui sont ce que l'URN voudrait faire de nous, parce qu'ils nous mettraient à la traîne de Trump et de Poutine, les suiveurs et les imitateurs, on ne les respecte pas. On les broie.

7:05
Présentateur

Vous avez conscience que le discours que vous tenez là, Nathalie, quand on regarde dans les sondages que Jordan Bardella ou Marine Le Pen très largement devant les autres, visiblement, ce discours-là, il n'est pas tout à fait entendu.

7:15
Invité politique

Je ne vais pas en changer pour autant. Je vais essayer de le faire entendre. Et je pense, comprenez-moi bien, je pense qu'ils peuvent s'entendre. Moi, je vous le disais, on essaie de nous faire croire que la force est d'un côté. Tout le monde a envie d'être fort. On n'a pas envie d'être faible. On n'a pas envie d'être faible dans le monde tel qu'il est aujourd'hui. Mais se mettre à la remorque des plus forts, je vous le dis, ça n'est pas se faire respecter. Aujourd'hui, notre souveraineté, elle passe par l'Europe. Voter RN... Et d'ailleurs, toutes les extrêmes droites en Europe, elles aboutissent à la même chose. Elles aboutissent à l'affaiblissement de l'Europe.

Ce sont des boulets au pied de l'Europe. Ce n'est pas par hasard que ce sont les candidats de Trump et de Poutine. Parce que ce sont les candidats de Trump et de Poutine. Donc Jordan Bardella, Marine Le Pen,

7:54
Présentateur

ce sont les candidats de Donald Trump et Emmanuel Poutine.

7:56
Invité politique

Ils sont associés avec Orban, dont les Hongrois viennent juste se débarrasser. Ça a été quoi Orban en Hongrie ? Ça a été la corrosion démocratique. Ça a été la corruption. Et ça a été le blocage de l'Union Européenne. C'est ça. Ce n'est pas comme ça qu'on se protège.

8:10
Présentateur

Un tout dernier mot, Nathalie Koscius-Comorizet.

8:12
Invité politique

Ce n'est pas du coup de statisme, c'est de la capitulation.

8:13
Présentateur

Un tout dernier mot. On se souvient aussi de vous, ne vous rappelant pas du prix du ticket de métro, de ces moments de grâce aussi dans le métro parisien dont vous parliez au moment de votre candidature à la mairie de Paris. Vous avez valu un certain nombre de critiques. Ça ne vous a pas dégoûté de la vie politique ?

8:25
Invité politique

Non. Vous savez, la vie politique, ce n'est pas que les élections. c'est un certain regard engagé sur la société, l'envie d'avoir un impact. Moi, j'ai l'impression d'une certaine manière de ne pas l'avoir complètement quitté, au sens où, vous voyez, j'ai fait des investissements, des transitions écologiques aux Etats-Unis. Quand j'investissais dans l'hydrogène, dans le Midwest, ou dans les énergies renouvelables en Californie, pour moi, c'était un petit peu la suite de ce que j'avais fait avec le grenadil de l'environnement. Voilà, la vie politique, c'est un regard engagé. On l'a tous plus ou moins. Moi, je vais les garder.

8:58
Présentateur

Et on ne la quitte jamais tout à fait. Merci Nathalie Cossier-Moiset, qui annonce donc ce matin sur France Inter. Son soutien à Edouard Philippe.