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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 19 juin 2025 9 minContradictoireMixteBudget & impôtsÉconomie & entreprisesLogementSécurité

Caisse des dépôts : "Il y a 400 milliards dans le fonds d'épargne, 200 milliards sont prêtés aux bailleurs sociaux et collectivités locales, donc il reste 200 milliards"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous n'avez pas peur qu'avec ce taux d'intérêt qui ne cesse de baisser, les Français se détournent du livret A pour aller vers l'assurance-vie, par exemple ?

  • 1:54RelanceRéponse directe

    Mais vous avez vu que la collecte de l'assurance-vie n'a cessé d'augmenter, elle a atteint un niveau record au mois d'avril.

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous ne pouvez pas en faire plus ?

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Où en sont vos réflexions aujourd'hui, Olivier Sichel ? Est-ce que l'épargne des Français doit participer ou non à l'effort de défense ?

  • 4:44OuverteRéponse directe

    Là aussi, faut-il mobiliser l'épargne des Français, Olivier Seychelles ?

  • 5:53OuverteRéponse directe

    Ce que vous êtes en train de dire, Olivier Seychelles, c'est qu'il y a une logique à participer à la construction des EPR. J'ai vu que le député Jean-René Cazeneuve avait parlé de 18 milliards d'euros, que la Caisse des dépôts pouvait participer à hauteur de 18 milliards. C'est une bonne fourchette ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:12Invité politiqueFait
    « Non, on n'a pas peur parce que le taux du livret A, il est fixé en fonction de l'inflation. »
  • 1:23Invité politiquePromesse
    « En revanche, vous avez raison, il y a d'autres placements plus intéressants, comme par exemple l'assurance-vie ou les actions. »
  • 2:07Invité politiqueChiffre
    « On parle de 400 milliards. »
  • 2:16Invité politiquePromesse
    « On peut même en faire plus. »
  • 3:35Invité politiqueChiffre
    « Le groupe Caisse des dépôts est déjà exposé sur la défense, à hauteur de 50 milliards, mais plutôt à travers BPI, qui finance l'industrie de défense. »
  • 4:44PrésentateurChiffre
    « On sait dans un premier temps qu'il faut construire 6 EPR pour un coût qui pourrait grimper à 100 milliards. »
  • 5:59PrésentateurChiffre
    « J'ai vu que le député Jean-René Cazeneuve avait parlé de 18 milliards d'euros, que la Caisse des dépôts pouvait participer à hauteur de 18 milliards. »
  • 6:19Invité politiquePromesse
    « On a vérifié et on peut aller très facilement à 18 milliards, voir au-delà si on était sollicité. »

Temps de parole

  • Invité politique65 %
  • Présentateur35 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info, l'invité éco, Isabelle Raymond. Bonsoir à toutes et à tous, il succède à Eric Lombard, devenu ministre de l'économie et des finances. Bonsoir Olivier Sichel, nouveau directeur général de la Caisse des dépôts, félicitations.

On dit souvent que la Caisse des dépôts et consignations est le bras financier de l'État, et c'est vrai, avec un bilan agrégé de près de 1300 milliards d'euros, des filiales qui participent au financement des entreprises comme BPI France, la Banque des Territoires, vous êtes aussi actionnaire majoritaire du groupe La Poste, de la Compagnie des Alpes, du groupe Emeis, anciennement Orpea, actionnaire de bien d'autres entreprises, le promoteur immobilier ICAD ou encore l'opérateur boursier Euronext.

Mais si le grand public connaît avant tout la Caisse des dépôts, c'est évidemment parce que vous gérez l'épargne des Français, plus de la moitié du livret A dont le taux ne fait que baisser à 2,4% depuis le 1er février. Il pourrait passer à 1,7% au 1er août. Alors, est-ce que vous n'avez pas peur qu'avec ce taux d'intérêt qui ne cesse de baisser, les Français se détournent du livret A pour aller vers l'assurance-vie, par exemple ?

1:12
Invité politique

Non, on n'a pas peur parce que le taux du livret A, il est fixé en fonction de l'inflation. Et l'inflation est très très basse en ce moment, donc le pouvoir d'achat des Français est préservé. En revanche, vous avez raison, il y a d'autres placements plus intéressants, comme par exemple l'assurance-vie ou les actions, mais ces placements d'une part sont moins liquides. Le livret A, son avantage, c'est que vous pouvez mettre 100 euros ce soir et les récupérer le lendemain matin. Ce qui n'est pas le cas de l'assurance-vie ? Non, le capital est garanti, alors qu'avec une action, ça peut monter, ça peut descendre.

Et puis les intérêts sont défiscalisés, alors que pour les autres placements, il y a une fiscalité. Donc on ne craint pas une baisse de la collecte.

1:51
Présentateur

Mais vous avez vu que la collecte de l'assurance-vie n'a cessé d'augmenter, elle a atteint un niveau record au mois d'avril.

1:57
Invité politique

Absolument. Mais pour nous, on pense que cette année, on va à nouveau collecter entre 7 et 10 milliards d'euros sur un bilan total du fonds d'épargne qui est considérable. On parle de 400 milliards. Donc par rapport à notre mission qui est de prêter au logement social pour construire des logements, on n'a aucun problème pour assurer notre mission. On peut même en faire plus. On a financé beaucoup la transition écologique du pays, par exemple la rénovation des écoles ou la rénovation des réseaux d'eau, et on n'a pas de problème pour assurer nos missions.

2:25
Présentateur

Alors on sait quand même que le logement social, c'est un vrai sujet, et que le logement, c'est une des préoccupations principales des Français, des postes de dépense principaux. Est-ce que vous ne pouvez pas en faire plus ?

2:38
Invité politique

Alors on en fait déjà plus. Il y a 10 ans, la Caisse des dépôts, à travers le Livret A, finançait un logement sur cinq. L'an dernier, c'était deux logements sur cinq. Donc rendez-vous compte, quand vous êtes dans la rue, et que vous voyez cinq grues, il y en a deux qui sont financées par la Caisse des dépôts pour construire du logement social. Et on va accroître nos financements auprès du logement social, pas seulement d'ailleurs que le logement social. On a annoncé il y a quelques semaines un grand plan sur le logement étudiant pour investir 5 milliards et créer 75 000 logements pour les étudiants. Aujourd'hui, il y a 380 000 logements étudiants.

3:10
Présentateur

Donc il y a effectivement une montée en puissance concernant le logement social, mais pas que. Vous avez commencé à le dire, cet argent, il sert à financer d'autres choses. Vous avez parlé de la rénovation thermique. On a beaucoup parlé de la défense. Où en sont vos réflexions aujourd'hui, Olivier Sichel ? Est-ce que l'épargne des Français doit participer ou non à l'effort de défense ?

3:32
Invité politique

Alors effectivement, le groupe Caisse des dépôts est déjà exposé sur la défense, à hauteur de 50 milliards, mais plutôt à travers BPI, qui finance l'industrie de défense. L'épargne des Français à travers le livret A ne finance pas l'industrie de défense.

3:44
Présentateur

Et ça va changer ça ou pas ?

3:45
Invité politique

Non, ça ne va pas changer. On va peut-être financer quelques infrastructures. On va parler de logements, par exemple le logement des gendarmes, ou alors des équipements de type des écoles ou des hôpitaux militaires. Mais ce n'est pas le livret A qui financera l'industrie de défense. L'industrie de défense, elle a besoin d'actionnaires, d'investisseurs privés. Et donc ça, c'est le rôle de BPI France ou de fonds privés que nous aiderons, mais pas à travers le livret A.

4:07
Présentateur

C'est une question d'acceptabilité sociale aussi, j'imagine.

4:10
Invité politique

C'est surtout une question de risque. En fait, le livret A sert avant tout à prêter aux collectivités locales. Et il n'y a pas de risque. Quand vous prêtez à une commune, elle ne fait pas faillite. Quand vous prêtez à un bailleur social, il ne fait pas faillite. Quand vous investissez dans une entreprise, vous prenez un risque. Et comme je l'ai dit, le livret A, c'est un placement qui doit rester sans risque pour les Français. Donc c'est d'autres vecteurs que nous utilisons à travers le groupe Caisse des dépôts en investissement direct à travers d'autres filiales comme BPI ou la CNP ou la Banque Postale.

4:40
Présentateur

Alors, autre secteur dont on sait qu'il y a besoin d'énormément de financement aujourd'hui, c'est le nucléaire. On sait dans un premier temps qu'il faut construire 6 EPR pour un coût qui pourrait grimper à 100 milliards. Là aussi, faut-il mobiliser l'épargne des Français, Olivier Seychelles ?

4:54
Invité politique

Alors là, on est plus dans le cadre effectivement des grandes infrastructures et du prêt à une entreprise publique puisque EDF est à 100% détenue par l'État. Mais ce n'est pas nous qui décidons. En fait, il y a d'abord un choix qui est de dire quelle est la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Ça, c'est un choix qui relève de l'État, partagé entre le gouvernement et le Parlement qui doit s'exprimer à travers une programmation pluriannuelle de l'énergie. Et ensuite, c'est une autorisation que doit donner le ministre de l'économie et des finances si le financement peut servir au nucléaire. En tout état de cause, ce qui est important, c'est qu'il y a la place.

Je rappelle aujourd'hui, il y a 400 milliards dans le fonds d'épargne. 200 milliards est prêté aux bailleurs sociaux et aux collectivités locales. Et donc, il reste 200 milliards. Donc, on peut le faire sans évincer un seul euro au détriment du logement social. Donc, même si nous finançons les EPR, on aura toujours assez d'argent pour financer le logement social ou pour financer les collectivités locales.

5:47
Présentateur

Ce que vous êtes en train de dire, Olivier Seychelles, c'est qu'il y a une logique à participer à la construction des EPR. J'ai vu que le député Jean-René Cazeneuve avait parlé de 18 milliards d'euros, que la Caisse des dépôts pouvait participer à hauteur de 18 milliards. C'est une bonne fourchette ?

6:03
Invité politique

Tout à fait. Alors, le député Jean-René Cazeneuve, il a un rôle particulier puisqu'il est député mais aussi président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts. Donc, c'est lui qui surveille les emplois de la Caisse des dépôts. Et donc, effectivement, on a vérifié et on peut aller très facilement à 18 milliards, voir au-delà si on était sollicité. Et quel est l'intérêt ? C'est qu'en fait, on est sur des financements très longs. Quand je prête pour construire des logements sociaux, je prête à 30 ans. Quand je prête pour faire, par exemple, une station d'épuration à Nice, chez Christian Estrosi, la métropole de Nice, on a prêté à 40 ans.

Et donc, pour le nucléaire, on sait très bien que les centrales nucléaires vont durer longtemps. Donc, ça a un sens d'avoir un prêt de très très longue durée qu'on est les seuls à pouvoir faire.

6:42
Présentateur

Est-ce que vous voyez aujourd'hui, Olivier Sichel, d'autres missions que pourrait avoir la Caisse des dépôts et consignations ? Est-ce qu'elle pourrait être mise à contribution dans l'effort collectif d'une autre façon ?

6:51
Invité politique

Alors oui, il y a une autre façon. Produire de l'énergie, de l'électricité, c'est bien. L'acheminer et avoir du transport d'électricité, c'est intéressant aussi. Parce qu'on ne finance pas le nucléaire à date, on le fera après. Ce qu'on finance aujourd'hui, c'est les énergies nouvelles renouvelables, les panneaux photovoltaïques, l'éolien offshore. Et il y a besoin de le raccorder avec une entreprise qui s'appelle RTE, dont nous sommes actionnaires. Et nous pouvons là aussi prêter pour moderniser notre réseau de transport d'électricité, les lignes de haute tension, les câbles sous-marins, pour que notre réseau électrique, il s'adapte à la production d'énergie nouvelle renouvelable.

7:25
Présentateur

Et juste une dernière question concernant le portefeuille d'entreprise qui fait aujourd'hui partie de la Caisse des dépôts. Est-ce que vous pensez que la maison est bien rangée ? Vous êtes arrivé aux commandes d'un groupe où vous pensez que le portefeuille...

7:36
Invité politique

Alors la maison est bien rangée, d'autant plus que j'étais directeur général délégué numéro 2 de la Caisse pendant 7 ans. Mais la Caisse des dépôts, elle est toujours au service des Françaises et des Français. Vous l'avez dit, il y a 3 ans, on est allé au secours d'Orpea. Pourquoi ? Parce qu'il y avait des dizaines de milliers de résidents, des dizaines de milliers d'aides-soignants et que ce groupe partait à la dérive.

7:56
Présentateur

Aujourd'hui, ça va mieux.

7:57
Invité politique

Aujourd'hui, ça va mieux, ça se redresse. On est très vigilants. On fait en sorte que vraiment les seniors, les résidents soient bien traités. On a fait des standards avec beaucoup de recrutement de contrats à durée indéterminée. On a beaucoup formé. On a un taux d'encadrement de 80% et on est très vigilants. Est-ce qu'il y aura dans le futur d'autres mobilisations possibles ? On est à la disposition des Françaises et des Français dans un objectif de cohésion sociale et territoriale, de transformation écologique et de défense de nos souverainetés.

8:26
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, invité éco de France Info ce soir.