Hantavirus: le point de Anaïs Legand, experte de l'OMS, sur la maladie
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Anaïs Legoranda, de très très nombreuses questions de nos téléspectateurs et ces questions, évidemment, elles traduisent une inquiétude réelle. D'abord, est-ce que tous les malades potentiels ont été identifiés et localisés à l'heure où l'on parle Bonjour d'abord et merci pour l'invitation, je comprends qu'il y a beaucoup d'incertitudes et de d'inquiétudes. Les malades dont on part donc c'est des gens qui ont des symptômes et c'est C'est bien pour ça qu'on met en place ce suivi des contacts pour s'assurer que toutes les personnes qui auraient pu être exposées puissent être prises en charge dès le début des symptômes.
Donc, ce suivi est en cours et vous le voyez fonctionne, vu qu'une française a été confirmée positive et ces contacts vont être suivis tout au long de leur période d'incubation pour s'assurer s'ils développent ou non les symptômes de la maladie. Mais on est à combien de malades dans le monde ? Pour l'instant, de cas confirmés, on est actuellement à 9 mais on s'attend, enfin on est à 9, on est à 9 confirmés et 2 cas probables.
Les cas probables ça veut dire qu on n'a pas encore eu les résultats de laboratoire et ça inclut le premier cas qui est malheureusement décédé. Et l'autre cas, ça inclut un patient qui est actuellement sur une île de l'océan Atlantique Tristan Dacuña, qui est prise en charge par nos collègues anglais. Ça, c'est ce qu'on a actuellement de confirmer.
Après, parmi toutes les personnes qui sont des contacts à risque ont fait le suivi tous les jours pour savoir si ces personnes-là développent des symptômes et les tester le plus rapidement possible pour vérifier leur statut. Donc, pour l'instant, je le répète, nous sommes à 9 cas, dont 7 confirmés. Est-ce que vous redoutez, compte tenu du délai d'incubation, que de nouveaux cas apparaissent dans les jours ou les semaines qui viennent ?
Oui, alors on ne le redoute pas. On pense que c'est effectivement possible. Juste pour rappeler ce que c'est qu'une période d'incubation, parce que peut-être c'est là où ça bloque un petit peu.
La période d'incubation, c'est le temps qu'on a entre le moment où la personne est infectée par le virus, le moment où le virus ou la bactérie rentre dans le corps de cette personne et le moment où la personne va développer des symptômes. Et pour ce virus en particulier, la période d'intubation peut varier entre une semaine et six semaines. Donc pour vous pour répondre exactement à votre question, il faudra attendre que toutes les personnes qui ont pu être exposées ou étaient en contact avec des cas confirmés arrivent jusqu'au bout de leur période d'incubation.
Est-ce que la contagiosité d'après les premiers retours que vous avez se fait vraiment à proximité très rapprochée ou est-ce que dans une pièce, dans un avion, dans un bateau on en a la preuve, on peut être contaminé Alors il faut bien rappeler la spécificité d'un bateau, on est dans un environnement confiné comme vous le disiez sur la base des informations que l'on a actuellement dans le cadre de cette épidémie et des épidémies antérieures. Oui, on pense qu'il faut un contact prolongé dans un espace confiné. Si vous prenez l'exemple d'un avion, typiquement, on va prendre les passagers qui seront sur les deux rangés de devant et de derrière, par rapport et évidemment à côté de la personne qui était malade.
Encore une fois, on parle d'une personne qui doit être malade. Ces passagers-là seront considérés comme contacts à haut Parce qu'ils lui auront parlé ? Parce qu'ils l'auront touché ?
Parce qu'ils auront pu avoir effectivement une interaction prolongée en lui parlant ou potentiellement en touchant une surface qui pourrait être contaminés, par exemple. Question de Margot de Frouville. Bonjour Anaïs Legand.
Il y a aussi 14 nouveaux cas contacts qui étaient dans le vol entre Johannesburg et et Amsterdam, alors même que la passagère néerlandaise a été débarquée avant le décollage ? Tout à fait. Et ça montre à quel point les autorités nationales prennent la situation très au sérieux.
Ce qui est important de savoir, et je ne sais pas si c'était sur 20 trentaines ou d'autres, des collègues expliquaient très justement que ce qui se passe pour l'identification des contacts, on va lister tous les passagers qui étaient dans l'avion et on va vérifier le risque d'exposition que ces personnes ont pu avoir pour déterminer si c'est des contacts à haut risque ou des contacts à faible risque. Mais est-ce qu'on n'a quand même pas beaucoup perdu de temps, sachant que la première victime, le patient 0, est décédé le 11 avril. Il est effectivement décédé le 11 avril et encore une fois je tiens à rappeler que les infections à antivirus restent rares et sur le bateau, cette cause n'avait pas été suspectée à ce moment-là.
C'est quand on a eu un deuxième patient où les tests ont été effectués et on a eu la réponse le 2 mai. Aujourd'hui, on est le 11 mai, ça peut paraître très long mais je pense Je pense que l'ensemble des mesures ont été prises à partir du moment où on a eu la confirmation du virus responsable de cette infection. – Margot ? – Le protocole sanitaire a été bâti lorsqu'il n'y avait aucun passagers symptomatiques à bord.
Et là, on voit que la situation a énormément évolué depuis hier soir. Est-ce qu'on doit revoir ce protocole ? Notamment l'auto-isolement qui était initialement prévu à domicile et le prévoir comme le permet le décret publié ce matin, également dans un établissement hospitalier.
Alors encore une fois la situation a beaucoup changé je pense que maintenant que les passagers sont rapatriés au fur et à mesure dans leur pays, ça crée beaucoup de questions et je le comprends tout à fait. Encore une fois comme je le répète la période d'incubation est longue donc ce n'est pas surprenant qu'il y ait encore quelques cas qui puissent être détectés parmi les passagers. Mais un passager, quelqu'un contrôlé, enfin qui a des symptômes doit être auto-isolé chez lui pour l OMS ou doit être hospitalisé en milieu clos ?
Pour l'OMS, les deux solutions sont possibles avec, attention, l'importance que le suivi de la personne qui est isolée puisse être faite par une équipe médicale et que la personne là où elle réside puisse avoir une chambre dédiée accès à ses toilettes. Donc ça encore une fois c'est au aux pays, aux autorités nationales de décider quels sont les arrangements les mieux adaptés à leur congresse. Quelle est votre recommandation à l'OMS ?
Exactement celle que je viens vous dire, c'est que l'OMS recommande soit une quarantaine, soit l'un, soit l'autre. Encore une fois, si la quarantaine a lieu à la maison de la personne ou ailleurs qu un centre de santé, par exemple, que cette personne puisse être isolée au sein de son foyer. À côté de ça, on a quand même la ministre de la Santé qui nous parlait ce matin de l'équipement mis en place à Bichat, pour les cas qui sont négatifs, avec le système comparé à celui qu'on utilisait pour Ebola, des flux d'air pour éviter toute contamination.
Chez soi, on en est quand même très très loin. Oui, alors il faut faire un petit peu attention. Actuellement, je pense que toutes ces mesures sont mises en place suivant le principe de précaution pour éviter tout débordement.
Pour l'instant, sur la base des informations qu'on a, et les pays sont complètement libres de mettre en place des mesures plus strictes, la quarantaine à la maison encore une fois en suivant les recommandations qui sont très clairement indiquées dans les recommandations de l'EMS qui sont publiques sur notre site internet, sont considérées sur la base des preuves actuelles comme suffisantes. Et c ces recommandations seront bien évidemment adaptées en fonction des nouvelles informations que l'on pourra obtenir. Une question du docteur Damien Tomasso.
Oui, on sait actuellement, on a du mal à savoir quand est-ce qu'on devient contagieux sur cette période asymptomatique ou en tout cas de contamination ? Est-ce qu'on ne pourrait pas tester tous les cas contact présumés de manière systématique, déjà pour avoir une l'aider à l'instant T de leur positivité ou non, et puis après bien sûr les retester au moment de possibles symptômes ? Alors pour le moment, on n'a pas d'évidence qui nous montre que ce soit Il faut bien savoir que les tests dont on parle, il s'agit d'une PCR qui doit être faite dans le sang.
Si on veut avoir une approche absolument zéro risque, alors ces personnes-là devraient être testées tous les ce n'est pas parce qu'aujourd'hui vous avez une PCR négative que demain, vous n'aurez pas des symptômes. L'autre aspect, par rapport à la contagiosité, si on a des bonnes évidences dans la littérature qui nous montrent que les personnes sont les plus à risque de transmettre au tout début du moment de la maladie, et c'est bien pour ça qu'on insiste sur l'importance de cette quarantaine et d'un suivi médical de ces personnes parce que parfois les symptômes peuvent être difficiles à reconnaître. C'est ça donc au début de la maladie lorsque les patients sont asymptomatiques, ils transmettent c'est ce que vous dites ?
Non non non non pas du tout ! Au début de la maladie, maladie s'est compris comme la personne a des symptômes ça marche des symptômes comme un malaise une fièvre un état de fatigue généralisé ça c'est des symptômes et c'est à partir de ce moment là où en tout cas on a documenté dans les épidémies précédentes, que le risque de transmission commençait à être élevé. Une toute dernière question qu'on pose d'ailleurs à tous nos interlocuteurs depuis le début du midi bfm qu'est ce qui vous étonne dans cette histoire et qu'est-ce qui vous inquiète alors qu'est-ce qu'il m'étonne je sais pas si quelque chose m'étonne je pense que en tout cas si Si vous me demandez à quoi je ne m'attendais pas il y a dix jours en arrière, c'est qu'on est effectivement un antivirus documenté sur un bateau de croisière.
Ça, c'est quand même très C'est très inhabituel, c'est la première fois. Je tiens à rappeler que ces virus circulent dans différentes parties des Amériques avec entre 50 et 100 cas confirmés chaque année en Argentine par exemple. C'est quelque chose qui est évidemment possible mais ce n'est pas quelque chose que je considérais personnellement comme probable.
Une chose peut-être, je tiens à saluer l'ensemble des autorités sanitaires nationales avec lesquelles nous sommes en contact depuis cette grosse semaine non-stop pour s'assurer de la prise en charge la plus adéquate possible pour l'ensemble des passagers et des membres de l'équipage et pour face à tout cet intérêt. Merci beaucoup en tout cas Anaïs Legand d'avoir été en direct avec nous
Stéphanie Rist