Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Face à Face· 5 juillet 2022 22 min

L'interview : Gérald Darmanin - 05/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Gérald Darmanin. Merci de répondre à mes questions ce matin au lendemain d'un remaniement qui vous a vu élargir votre périmètre. Vous êtes désormais ministre de l'Intérieur, mais également en charge des dossiers en plus de l'Intérieur, des collectivités territoriales et de l'Outre-mer. En gros, il y a deux grands gagnants, Bruno Le Maire et vous, avec des périmètres élargis. Après le fiasco du Stade de France, pourtant, Elisabeth Borne a fait savoir à plusieurs médias, en tout cas sous-entendu au minimum, qu'elle hésitait à vous garder. Comment l'avez-vous convaincue de rester ?

0:44
Gérald Darmanin

J'ai jamais eu cette discussion avec la Première Ministre. Moi, je veux dire que c'est un grand honneur de rester ministre de l'Intérieur. En général, le ministre de l'Intérieur, il dure un petit peu moins de deux ans. Je suis très heureux de pouvoir continuer mon travail auprès des femmes et des hommes du ministère de l'Intérieur. Et je ne prends pas ça comme un gain, je prends ça comme des responsabilités supplémentaires. S'occuper des collectivités locales, s'occuper de l'Outre-mer, avec Jean-François Carinco et Caroline Cailleux, c'est une grande responsabilité et c'est des difficultés en plus, malheureusement, si j'ose dire.

1:10
Présentateur

Et on va y venir d'ailleurs, parce que sur ce point, et notamment sur l'Outre-mer rattachée au ministère de l'Intérieur, ça fait déjà débat. Mais je reviens quand même d'un mot sur la question du Stade de France, puisque ça a été véritablement l'un des événements autour de ces élections législatives, avec un véritable fiasco, une forme de désastre. Vous l'avez vous-même reconnu, qu'il y a eu de grands manquements. Est-ce que vous vous dites d'abord que toutes les leçons en ont été tirées ? Et deux, est-ce qu'on est prêt pour les Jeux Olympiques ?

1:36
Gérald Darmanin

Alors les Jeux Olympiques et les matchs de football au Stade de France, ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce sont certains des grands événements sportifs. Et je pense qu'un événement de water polo ou un événement de baseball n'est pas tout à fait un match avec deux grandes équipes de Ligue des Champions de football. C'est moins ? Les JO ? C'est différent. D'abord, il y a beaucoup plus de spectateurs qui restent beaucoup plus longtemps sur le sol national, dans beaucoup d'endroits en France et dans des moments de tension très différents que des matchs de football, de Ligue des Champions ou de Coupe du monde de football.

2:06
Présentateur

Mais la vulnérabilité des touristes étrangers,

2:08
Gérald Darmanin

c'est aussi cette question-là quand même. Il y a la question de la délinquance. S'il y a bien un regret à avoir au Stade de France, c'est le fait de ne pas avoir tapé assez sur la délinquance. Ça, je l'ai effectivement reconnu. Et donc, on a mis désormais des moyens extrêmement importants et des consignes extrêmement fermes. Il y a eu trois matchs au Stade de France depuis et ils se sont passés de manière admirable, en tout cas, le plus admirable possible. J'ai triplé les effectifs de police à Saint-Denis pour lutter contre cette délinquance. Donc, j'en ai tiré des conclusions, effectivement. Après, il y a d'autres sujets pour les Jeux Olympiques.

Il y a la question de la cérémonie d'ouverture sur la scène. Il y a la question de la lutte contre le terrorisme. Il y a la question du cyber. Il y a eu 4 milliards d'attaques cyber aux Jeux de Tokyo. Ce sont des questions qui se posent pour les Jeux Olympiques à Paris qui ne sont pas tout à fait celles de l'ordre public lors d'un match de finale de Ligue des Champions au Stade de France.

2:52
Présentateur

Le préfet l'Allemand, il peut rester ?

2:54
Gérald Darmanin

Le préfet l'Allemand a toute ma confiance comme l'ensemble de la préfecture de police. Après, dans l'organisation de la préfecture de police et de la façon dont on organise un certain nombre de choses, le préfet l'Allemand lui-même a fait des recommandations et j'attends le rapport du Sénat. J'en ai évoqué avec les sénateurs des éléments quelques heures encore pour pouvoir tirer toutes les conclusions dans l'organisation de la préfecture de police.

3:14
Présentateur

Il a toute votre confiance. Vous n'avez jamais douté. Vous vous êtes jamais dit il y a un moment où la responsabilité ou alors l'organisation a failli.

3:19
Gérald Darmanin

Non mais c'est sûr que l'organisation elle a failli ce jour-là. Sinon, il n'y aurait pas les difficultés que nous avons connues même s'il n'y a pas eu de morts ni de blessés graves. Je voudrais ici le rappeler. Mais ça ne vient pas que du préfet de police. Le ministre de l'Intérieur a sa part comme l'ensemble de la chaîne de commandement. Donc on en tira désormais sereinement toutes les conclusions. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne restera pas dans la même situation dans l'organisation des matchs notamment des matchs de football.

3:42
Présentateur

Le préfet l'Allemand a toute votre confiance. La confiance, c'est aussi une des questions qui se posera demain. Mais il n'y aura pas de vote de confiance. Après le discours d'Élisabeth Borne face aux députés, vous qui êtes peut-être un de ceux qui connaît le mieux la politique au sein de ce gouvernement où de nombreux membres du gouvernement sont plutôt novices. Est-ce que vous ne vous dites pas que ça commence mal quand même ?

4:02
Gérald Darmanin

Ce qui ne va pas très bien pour le gouvernement, bien sûr, c'est de ne pas avoir de majorité absolue. On a une majorité relative, voulue par les Français que le président de la République continue son action, mais tempérée par des groupes d'opposition plus ou moins constructifs. Et je pense que d'abord, la Première Ministre a eu raison de consulter ses groupes politiques d'opposition pour voir s'ils étaient plus ou moins constructifs. Aucun d'entre eux, de ce que j'en ai compris, lorsqu'elle a rendu compte au Conseil des ministres de ses consultations, n'a souhaité nous aider ou faire une coalition. Franchement, c'est très regrettable.

Mais il faut retirer les conclusions telles que les ont voulu les Français. Donc il est tout à fait normal, désormais, que la Première Ministre puisse présenter texte par texte le pouvoir d'achat très bientôt au Parlement, la sécurité de l'immigration en ce qui me concerne, et voir si les oppositions, et notamment le groupe DLR, ne fait que parler ou veut bien agir pour le bien des Français. Et moi, je leur tends une nouvelle fois la main, notamment sur les textes qui me concernent, sur la sécurité de l'immigration.

Il n'y a pas de raison de ne pas trouver un compromis sur la sécurité, sur les moyens de la sécurité, sur l'immigration, sur l'Outre-mer, avec la nouvelle Caille de Lille, sur la Corse, sur le Grand Paris, que je vais relancer dans mes nouvelles fonctions aujourd'hui. Il n'y a pas d'idée très profondément différente, je crois, entre le groupe DLR et le nôtre. Évidemment, il y aura des compromis à faire comme dans toute démocratie, mais je pense qu'on peut aller vers ce chemin.

5:18
Présentateur

C'est uniquement de leur responsabilité de ne pas être rentrés au gouvernement ? C'est eux qui ont refusé ou est-ce que c'est vous qui n'avez pas fait non plus les compromis nécessaires ?

5:27
Gérald Darmanin

Non, mais ils ont souhaité clairement ne pas rentrer, je pense qu'ils ont dit ex voto, dans le gouvernement. Vous disiez pourtant on peut gouverner ensemble. Je le pense. Je pense que d'ailleurs le gouvernement dure 5 ans, ça peut venir peut-être dans les prochaines semaines, prochains mois, prochaines années. En tout cas, aujourd'hui, ce qui est intéressant, ce n'est finalement pas la composition gouvernementale, mais est-ce que nous sommes capables, nous, de tendre la main aux oppositions ? Il y a des gens à gauche capables de construire avec nous, il y a des gens à droite capables de construire avec nous et notamment au Sénat.

Est-ce que si on présente des textes pleins de bon sens et avec esprit de compromis, ce qui est le nôtre aujourd'hui, est-ce que cette main tendue sera serrée par nos adversaires qui ne sont pas nos ennemis ? Le Front National et la France Insoumise est notre ennemi. Les LR ou les socialistes sont nos adversaires et je pense qu'en démocratie, ça compte, cette distinction.

6:12
Présentateur

RN et LFI sont vos ennemis. Pour le coup, vous utilisez le mot ennemi.

6:17
Gérald Darmanin

Ceux des ennemis, bien sûr, moi je les respecte en tant que parlementaires. Ils voteront ce qu'ils souhaitent et tant mieux s'ils votent les textes du gouvernement. Mais on n'a pas à discuter, à négocier avec le Front National ou avec la France Insoumise. Le RN qui se donne

6:30
Présentateur

beaucoup de mal pour tenter de montrer qu'ils sont prêts à en tout cas ne pas bloquer le gouvernement. Ils ont déjà annoncé qu'ils ne signeraient pas la motion de censure de la NUPES demain.

6:40
Gérald Darmanin

Nous verrons bien. Malheureusement, on a vu déjà que sur l'IVG, les mauvais démons du Front National remontaient à la surface. Donc vous savez, il n'y a pas encore eu une séance à l'Assemblée Nationale où le gouvernement a proposé un seul texte. Donc ne faisons pas le procès avant de voir arriver le débat. Ne crions pas avant d'aller chez le dentiste. Voilà. Pardon pour les dentistes, évidemment, il y en a des formidables et qui ne font pas mal du tout. Donc voyons la séance à l'Assemblée Nationale. Voyons les textes que propose la Première Ministre. Et sur ces textes, plein de bon sens et avec l'esprit de compromis du gouvernement.

Je comprends que les oppositions ont envie de voir si vraiment on a l'esprit de compromis. Donc il faut qu'on soit humble également. Moi, en tout cas, c'est avec cette humilité que j'irai voir les députés, les sénateurs des oppositions pour construire avec eux les textes pour la sécurité de demain. Personne, je crois, ne comprendrait, et à commencer par leurs électeurs, qu'ils refuseraient cette main tendue.

7:26
Présentateur

Gérald Darmanin, les Outre-mer sont désormais attachés à votre ministère. Est-ce que ça veut dire que la question des Outre-mer est une question de sécurité ?

7:33
Gérald Darmanin

Non, mais le ministère de l'Intérieur n'est pas le ministère de la Sécurité. Il n'est pas seulement le ministère de la Sécurité. C'est le ministère des Collectivités Locales et c'est le ministère des Dotations aux Collectivités Locales. Moi, je connais très bien les collectivités locales d'Outre-mer pour avoir été ministre des Comptes Publics pendant trois ans. Elles ont des besoins criants d'amélioration de leurs comptes et le ministère de l'Intérieur qui n'est pas que le ministère de la Sécurité va les aider. Il y a des discussions institutionnelles extrêmement importantes. Le ministère de l'Intérieur c'est le ministère des Institutions et des Élections.

La Nouvelle-Calédonie, il faut désormais savoir ce qu'on en tire comme conclusion après ce troisième référendum.

8:03
Présentateur

Je vais vous poser la question dans un instant sur la Nouvelle-Calédonie. Mais quand même, qu'est-ce que vous répondez aux critiques qui sont faites ? On entend par exemple la députée LFI Elsa Faucignon qui a ses mots. Elle dit comment ne pas voir le mépris et l'outrage

8:19
Gérald Darmanin

et ce n'est pas à moi qu'il faut évoquer ce mot de colonial. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Le grand amour de ma propre construction personnelle, je crois que c'est une insulte qui est un petit peu décalée. Je veux dire qu'aujourd'hui les Outre-Mers ont besoin d'être profondément aidés et je crois par un ministère fort. Pas par un ministre fort, par un ministère fort. Et aujourd'hui, il y a deux ministres qui s'occupent des Outre-Mers. Jean-François Caraco qui est un homme d'État qui a servi à Saint-Pierre-Miquelon en Guadeloupe en Nouvelle-Calédonie et qui sera un globe-trotteur au rendez-vous notamment contre la vie chère.

Mais quand Jean-François Caraco désir me dit nous allons ensemble appeler le patron de CMA-CGM pour que les prix soient moins chers à la réunion et nous allons jeudi avec lui par exemple pour éviter de supprimer des rotations, des arrivées de matières premières, nous avons tous constaté ensemble que malgré les qualités des ministres des Outre-Mers précédents et je voudrais saluer Sébastien Lecornu notamment, peut-être que le patron de CMA-CGM écoute davantage un ministère avec lequel il a d'autres discussions.

9:16
Présentateur

L'autorité sera plus incarnée vous voulez dire face à eux ?

9:20
Gérald Darmanin

En tout cas ce qui est sûr c'est qu'il ne faut pas voir dans le ministère de l'Intérieur désormais que le ministère de la Sécurité. C'est le ministère de la Protection des Français au sens large et aujourd'hui je me sens un des ministres qui protège les Français, un grand ministère social qui est le ministère de l'Intérieur.

9:31
Présentateur

Quel avenir pour la Nouvelle-Calédonie ?

9:34
Gérald Darmanin

J'y vais le 26 juillet prochain avec Jean-François Caraco plusieurs jours pour écouter parce qu'avant tout c'est avec humilité et respect que je veux voir les Calédoniens. Je veux entendre les questions qui se posent alors bien sûr de la part de ceux qui étaient ce qu'on appelle loyalistes c'est-à-dire qui voulaient rester français mais aussi de la part des Canaques et je prendrai tout mon temps à la demande du président de la République et de la Première Ministre pour voir comment nous pouvons bâtir ensemble l'avenir institutionnel de l'île.

Donc ce n'est pas maintenant que je vais faire ce débat si vous m'invitez au lendemain de ce voyage je viendrai bien volontiers ce n'est pas la première fois que j'irai en Val-Calédonie j'y suis déjà allé mais je pense que le grand travail de paix qui a été fait depuis Michel Rocard en passant par Manuel Valls pour arriver au travail qu'a fait Sébastien Lecornu Jean Castex et Edouard Philippe peut nous permettre aujourd'hui de discuter de l'avenir des néo-calédoniens.

10:23
Présentateur

J'aimerais vous reposer la question pour la Corse quel avenir pour la Corse ? Vous aviez ouvert des discussions vous aviez même prononcé le mot d'autonomie juste avant les élections et puis

10:33
Gérald Darmanin

ça s'est arrêté. Alors je vois on reprend où ? Entre temps il y a eu des élections et entre temps y compris en Corse et entre temps il y a eu des remaniements. Donc je vois cette semaine le président Siméon avec lequel j'ai tenu des contacts directs et j'irai en Corse moi-même sans doute fin juillet une date à trouver avec le président Siméon pour pouvoir commencer ces discussions qui sont conformes à l'idée qu'on s'était donné d'autonomie dans la constitution de la République française.

10:59
Présentateur

Quand vous allez en Corse vous parlez Corse ? Vous avez une manière de prononcer Siméon sans dire le i qui est assez appuyé ?

11:06
Gérald Darmanin

Et moi j'aime bien que quand on vient dans le Nord on parle Stimé un petit peu c'est toujours fait ça me fait plaisir quand les gens ne disent pas Lesquins mais Lesquins pour les habitants de Lesquins donc je respecte chacune des identités de notre République et j'aime bien qu'on respecte la Vienne donc j'ai le profond respect pour les Corse et pour leur culture.

11:24
Présentateur

la rapporteuse des droits donne aujourd'hui son rapport annuel et c'est le ministère de l'Intérieur qui est quand même le plus ciblé elle parle notamment de la dégradation de l'accès aux services publics et en particulier du manque de créneaux de rendez-vous dans les services des étrangers pour obtenir un titre de séjour dans les services qui délivrent les passeports elle parle d'une véritable dégradation voire même d'un divorce qui est en train de se consommer entre les usagers et les services publics qu'est-ce que vous répondez à ça ?

11:53
Gérald Darmanin

je ne sais pas s'il y a un divorce mais le constat que fait la défenseur des droits je l'ai fait depuis longtemps comme maire et maintenant comme ministre et donc c'est justement ce qu'on essaie de réparer d'abord il y a eu trop dans l'administration de volonté de numérisation de passer par des répondeurs et finalement de retirer le contact humain avec les fonctionnaires de la République Jean-Paul Delevoye lorsqu'il était médiateur de la République avait déjà évoqué ça

12:13
Présentateur

elle appuie là-dessus elle dit aujourd'hui il faut remettre des humains

12:16
Gérald Darmanin

elle a raison la Cour des comptes a d'ailleurs montré qu'il manquait beaucoup d'emplois publics au premier président de la Cour des comptes qui est désormais public et je suis le premier des ministres de l'Intérieur grâce à Jean Castex à l'époque le président de la République à arrêter la diminution du nombre de fonctionnaires dans les préfectures et sous-préfectures désormais il faut réaugmenter ce nombre de ces agents et notamment en réorganisant le service et c'est sûr que pour les accès soit aux passeports et aux pièces d'identité qui passent par les mairies et d'autres on doit avoir des discussions et je remercie l'association des maires de France pour sa vision constructive pendant cette période particulière où les français ont dû renouveler leur pièce d'identité alors que pendant un an et demi pendant le Covid elles se sont éteintes dans leur réalité

12:55
Présentateur

Par contre du combattant vous le savez

12:56
Gérald Darmanin

Mais je sais très bien on a d'ailleurs diminué de 15 jours des attentes mais c'est beaucoup trop long encore et vous avez parfaitement raison donc ça c'est le premier point

13:03
Présentateur

Je ne sais pas comment font notamment les personnes âgées pour trouver un rendez-vous il faut cliquer mille fois pour tenter d'en trouver un Non désormais grave

13:09
Gérald Darmanin

c'est excusez-moi pas tout à fait vrai aujourd'hui d'abord il y a eu beaucoup d'employés qui étaient en télétravail qui sont revenus au travail au sens physique du terme c'est une très bonne chose Christophe Béchut lorsqu'il était mobilisé délégué a mis en place un fichier commun contre une seule prise de rendez-vous y compris téléphonique et pas simplement numérique désormais et on a augmenté très fortement le nombre de personnes et de moyens pour accélérer ces pièces d'identité mais c'est vrai qu'il y a encore un délai d'attente très long qui est dû au Covid puisque lorsqu'on était en Covid ces services étaient fermés et votre pièce d'identité vous ne voyagez pas s'est éteinte sans que vous vouliez les renouveler sur les étrangers la défenseur des droits elle a aussi raison nous allons revoir intégralement la façon dont les préfectures fonctionnent notamment en donnant accès pour les rendez-vous des étrangers qu'on doit accueillir plus dignement et c'est le travail que je vais faire dans les prochaines semaines Claire Edon

13:54
Présentateur

elle insiste aussi sur la question du contrôle de police au faciès elle dit qu'il y a peut-être trop de contrôles et elle donne l'exemple de la Grande-Bretagne en Grande-Bretagne quand il y a un contrôle il faut un récipicé et on y compte du coup 700 000 contrôles par an en France il n'y a donc pas de récipicé et on y compte entre 6 et 12 millions de contrôles par an c'est-à-dire 10 à 20 fois de plus que chez nos voisins anglais elle l'encourage à ce qu'il y ait au minimum une tentative de récipicer d'expérimenter ça qu'est-ce que vous lui répondez ?

14:25
Gérald Darmanin

Je suis en désaccord avec la défenseur des droits moi d'abord je fais confiance a priori aux policiers et aux gendarmes moi j'ai confiance dans les policiers et les gendarmes de la République qui sont bien formés et qui agissent je voudrais rappeler à tout le monde sous l'autorité judiciaire lorsque vous faites un contrôle d'identité lorsque vous êtes policier ou gendarme vous le faites parce que soit vous êtes officier de police judiciaire soit parce qu'on vous autorise à le faire notamment parce que le procureur de la République vient à considérer qu'autour de la guerre Lille-Flandre par exemple vous pouvez le faire donc c'est toujours sous l'autorité de la justice qu'agissent les policiers et les gendarmes donc je pense qu'il faut arrêter et ça c'est vraiment très important la suspicion générale sur les policiers et les gendarmes malheureusement que disent les policiers encore hier soir à Hermon dans le Val d'Oise où j'étais auprès d'eux c'est que leur métier est difficile ils ont des moyens supplémentaires parfois des effectifs supplémentaires ils ont confiance évidemment dans leur action ils trouvent que c'est utile mais ils disent mais voilà monsieur le ministre la parole du voleur quasiment aujourd'hui vaut la parole du policier ben ça faut arrêter la parole du policier elle est supérieure à la parole du voleur quand le policier fait une bêtise il faut évidemment le sanctionner et je ne suis pas le dernier à le faire mais a priori le policier et le gendarme parce qu'ils portent l'uniforme de la République on doit leur faire confiance

15:31
Présentateur

mais vous êtes ministre de l'intérieur depuis combien d'années maintenant ?

15:34
Gérald Darmanin

mais c'est pour ça que je n'ai jamais voulu le récipicer ça m'a été posé des dizaines de fois cette question le récipicer c'est je crois une défiance vis-à-vis des policiers et des gendarmes et je veux dire une nouvelle fois que lorsqu'on fait des contrôles d'identité on le fait en vertu du code de procédure pénale et on le fait sous l'autorité judiciaire

15:50
Présentateur

est-ce que vous êtes exemplaire Gérald Darman ?

15:53
Gérald Darmanin

ça dépend sur quoi

15:54
Présentateur

sur les relations notamment avec les femmes Elisabeth Borne je la cite dans le L c'est une interview à paraître aujourd'hui elle dit je pense que l'on n'attend pas simplement des hommes politiques ou des responsables qu'ils ne soient pas pénalement répréhensibles on attend d'eux qu'ils soient exemplaires il faut que chacun prenne conscience que le monde a changé et heureusement y compris dans le champ de ce qui n'est pas pénalement répréhensible il y a des comportements que l'on n'a pas envie de voir

16:20
Gérald Darmanin

oui sans doute la première ministre a raison après moi je suis très attaché à la présomption d'innocence je pense qu'il ne faut pas et ça vaut pour tout le monde y compris pour M. Coquerel donc je trouve que le procès qui lui est attenté est sans doute très dur à vivre pour lui s'il est responsable pénalement il sera condamné mais M. Coquerel est je crois un adversaire peut-être un ennemi il ne me sert pas souvent la main il est même très dur avec moi depuis 5 ans mais je veux dire que même M.

Mélenchon l'a dit d'ailleurs que ce genre de procès public est parfois si gênant donc notre difficulté je comprends la première ministre c'est à la fois d'écouter la parole des femmes évidemment et en tant que ministre intérieur je n'ai pas la souligné il y a la passion de pouvoir on y met beaucoup beaucoup beaucoup de moyens mais les procès ne se rendent pas sur Twitter donc est-ce que je suis exemplaire ?

il faudrait le demander à mon épouse ce qui est certain c'est qu'on a aujourd'hui un équilibre subtil c'est vrai à trouver entre la présomption d'innocence qui est la garantie de notre démocratie à toutes et tous et en même temps l'écoute naturelle de ceux qui ont à se plaindre voilà donc on est rarement juge de sa propre exemplarité la première ministre et le président de la république ont demandé à Damien Abad de ne plus faire partie de ce gouvernement c'est évidemment

17:34
Présentateur

à ce propos-là notamment qu'elle a été interviewée par le journal Elle ou qu'elle a accepté en tout cas de répondre à ces questions-là pour vous Damien Abad n'avait plus sa place au gouvernement

17:43
Gérald Darmanin

moi je n'ai pas commenté cela parce que je ne suis pas à la place de Damien Abad je ne suis pas à la place d'Eric Coquerel je ne suis pas à la place de la première ministre ils ont eu leur discussion ce qui est sûr c'est qu'au bout d'un certain temps y compris pour les personnes qui sont accusées la pression est très forte et parfois empêche de faire son travail

18:01
Présentateur

elle l'a été elle l'a été sur vous

18:03
Gérald Darmanin

oui mais pour des raisons différentes moi je constate que j'ai eu 4 décisions de justice de suite depuis 5 ans qui ont été favorables à la présomption d'innocence

18:13
Présentateur

mais précisément Elisabeth Borne ne parle pas de décision de justice elle parle de comportement exemplaire et elle dit que les choses ont changé c'est quelque chose

18:23
Gérald Darmanin

que vous regrettez j'ai compris aussi que M. Coquerel ou M. Abad ont toujours nié les comportements qu'on leur prêtait qui dit vrai bon la justice le dira très certainement et ça prend du temps malheureusement parfois de dire la vérité en tout cas je comprends la difficulté que nous sommes confrontés parce que la parole des femmes est à entendre il n'y a pas que la parole des femmes il y a la parole des enfants aussi il y a d'autres il y a la parole des hommes dans certains cas également et je pense qu'il ne faut pas non plus galvoder la présomption d'innocence si les procès se font toujours dans les médias mais surtout sous les réseaux sociaux

18:56
Présentateur

alors il n'y a plus du 6 mais si je vous repose la question Gérald Darmanin c'est parce que votre nom régulièrement ressort dans la bouche des féministes ou même des oppositions ce matin je recevais un des députés de la France Insoumise Louis Boyard sur RMC qui je l'interrogeais sur Damien Abad et lui me répondait Gérald Darmanin vous avez reconnu vous-même avoir eu des relations sexuelles avec des femmes qui venaient vous demander des services est-ce que c'est des choses que vous ne feriez plus aujourd'hui ?

19:20
Gérald Darmanin

d'abord je trouve que la comparaison est quand même très déplacée si vous me le permettez c'est la comparaison

19:28
Présentateur

qu'a fait Lou Bayard par exemple ce matin et qu'ils ne m'en pront pas de faire dans l'Assemblée vous le savez très bien

19:32
Gérald Darmanin

et que les oppositions s'opposent vous savez depuis que je fais de la politique malheureusement j'ai tout vu moi je me fais traiter de ça l'arabe par des gens qui viennent pas très loin du Front National des féministes je trouve un peu radicales sont dans la diffamation que je fais d'ailleurs condamnées assez régulièrement c'est l'opposition et c'est la vie publique la vie publique elle est faite désormais d'extrême violence d'ailleurs il ne faudra pas s'étonner qu'un certain nombre de personnes ne veulent plus être ministre ou ne faire plus de politique parce que vous savez quand vous rentrez chez vous vous avez votre épouse votre maman vos enfants et que vous entendez tout ce que vous voyez à la télévision ou sur les réseaux sociaux vous même ça vous touche j'imagine pour votre propre personne vous vous demandez si ça vaut le coup je veux l'intérêt général

20:10
Présentateur

vous même avez reconnu ce que je veux dire

20:12
Gérald Darmanin

c'est est-ce qu'aujourd'hui avec le recul

20:15
Présentateur

vous vous dites je ne le ferai plus

20:17
Gérald Darmanin

non mais ce qui est incroyable c'est que vous ne dites pas qu'il y a eu 4 décisions de justice si si au contraire

20:20
Présentateur

je reprends les mots d'Elisabeth Blanc qui dit il ne s'agit pas de questions pénalement réponses

20:25
Gérald Darmanin

mais de comportement alors cette question c'est que je n'aurai pas d'autres relations sexuelles indépendamment qu'avec mon épouse si c'est votre question morale si on en est arrivé alors si on en est arrivé à cette question morale

20:34
Présentateur

pour le coup de la question de la fidélité ou non c'est pas là-dessus

20:37
Gérald Darmanin

madame

20:38
Présentateur

non mais c'est très clair c'est important

20:39
Gérald Darmanin

je me permets de vous répondre si on en est à ce niveau désormais de déballage oui évidemment de ne pas avoir de relations sexuelles en dehors que mon épouse oui je vous le dis si c'est tout vous voulez savoir je ne vais pas rentrer dans le détail c'est les trompettes de la renommée de Georges Brassens en fait la société d'aujourd'hui on vivait tranquille à l'écart sur la place publique peut-être trop tranquille et maintenant peut-être que le jeu n'en vaut pas la chandelle puisque par définition voici le genre de questions qu'on pose à des femmes et hommes politiques peut-être est-ce normal d'ailleurs si je viens vous voir je sais à quoi je m'attends mais quand même vous devriez peut-être aussi puisque c'est mon rôle de le dire et encore une fois M.

Mélenchon qui le dit c'est assez extraordinaire quand même ça vaut pour les uns et pas pour les autres il y a deux types de poids de mesure

21:22
Présentateur

je reprends les mots de la première ministre

21:23
Gérald Darmanin

avoir un comportement il y a deux poids il y a deux poids de mesure aussi et voyez je pense que la présomption d'innocence c'est quand même quelque chose d'intéressant c'est quand même le fondement d'une démocratie et ça vaut pour tout le monde et il se peut qu'il y ait des gens qui soient accusés qui soient innocents c'est possible et que c'est pas l'inquisition ou Torquemada donc heureusement une procédure de justice qui est bien faite voilà il y a d'autres personnes qui sont au gouvernement et qui sont accusées vous l'aurez constaté et il y a des personnes qui sont dans l'opposition et qui sont accusées et il y a des journalistes qui sont dans des antennes et qui sont accusées et moi je ne suis pas coupeur de tête

21:52
Présentateur

Gérald Darmanin ministre de l'Intérieur désormais en charge des dossiers en plus de l'intérieur des collectivités territoriales et de l'outre-mer merci d'avoir répondu à mes questions ce matin et 8h54

L'interview : Gérald Darmanin - 05/07 — Gérald Darmanin · Pourquijevote