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Discours / meetingDroitocratie· 18 juin 2026 6 minAutoproduitFond programmatiqueSantéInstitutions & élections

Le discours SENSATIONNEL de Claude Malhuret sur l'IVG.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Claude MalhuretChiffre
    « 40 % ou moins des femmes dans le monde vivent dans des pays où les drames tels que celui que je vous ai retracé continue parce que rien n'a changé. »
  • 7:00Claude MalhuretFait
    « En étant le premier pays au monde à garantir cette liberté dans notre constitution, nous allons susciter là où nous sommes encore sinon un exemple, du moins une référence. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[applaudissements] La parole est à monsieur le président Claude Maluret pour le groupe les indépendants Républiques et territoires du Sénat. [applaudissements] Madame la présidente du congrès, monsieur le président du Sénat, monsieur le premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, mes chers collègues, je ne vais pas vous parler aujourd'hui de droit constitutionnel. Je voudrais, si vous me le permettez, vous raconter une histoire, une histoire que je n'ai jamais raconté.

J'avais 25 ans, j'étais coopérant, médecin chef d'un petit hôpital dans un coin perdu d'un pays du sud. Hôpital est un bien grand mot car les maigres équipements dont il disposaient l'aurait à peine fait classer chez nous comme un dispensaire. Quant à médecin chef, titre ronflant, puisque en fait j'étais tout simplement le seul médecin dans cette circonstribution de 50000 âmes avec une équipe d'infirmiers formidables habitués à travailler seul pendant le semestre ou l'année qui séparaît habituellement le départ d'un coopérant français de l'arrivée de son successeur.

Un jour, après avoir entendu du remu ménage dans le couloir, j'ai vu surgir dans mon bureau une jeune femme, 17 18 ans peut-être dont je me rappellerai toujours le visage. Les jours rondes d'une adolescente toute rouge et inondée de larmes. souffler une expression mêlée de terreur et d'incompréhension dans le regardiffés les vêtements de travers comme si elle venait de se débattre les bras maintenus par deux gendarmes qui l'encadraient et la poussé dans la pièce sans ménagement le matin même un voisin intrigué par le manège de chiens qui s'acharnaiit à gratter la terre près de sa maison s'était approché et avait découvert le cadavre d'un nouveau nez à peine enfoui dans le sol.

L'enquête n'avait pas été bien difficile et l'on me demandait désormais d'examiner la suspecte pour savoir si elle venait ou non d'accoucher. J'étais pétrifié. Il s'agitait d'un infanticide bien sûr et la loi me commandit de m'exécuter.

Mais je savais aussi parfaitement pourquoi cette jeune femme était là dans un pays comme tant d'autres où fille mère, c'était le mot de l'époque signifiait bannissement social et déshonneur pour la famille où l'avortement était interdit et sévèrement puni. Et d'ailleurs, comment cette quasi enfant aurait-elle pu se confier à quiconque pour trouver une faiseuse d'ange ? J'imaginais sa vie au cours des derniers mois.

Engrossossé par un séducteur de barrière, peut-être comme souvent par un parent, découvrant d'abord effrayé son retard de règle, puis voyant son ventre s'arrondir et masquant sa grossesse avec de plus en plus de mal, accouchant seul en se cachant, enterrant maladroitement l'enfant sur place, folle de douleur et de culpabilité, puis rentrant chez elle, et lavant ses vêtements dans la terreur d'être découverte. Et puis les chiens, le voisin découvrant le cadavre, les gendarmes et désormais le médecin. Moi, je suis resté longtemps assis, le visage caché dans les mains, cherchant désespérément comment éviter l'im inévitable.

Seule la jeune femme et l'infirmière étaient resté près de moi, parlant ensemble dans leur langue que je ne comprenais pas. Au bout d'un moment sollicité par les gendarmes qui s'impatientaient, l'infirmier major est entré dans la pièce suivi par l'un d'eux, surpris par la scène, pressé par le brigadier et n'ayant manifestement pas la même vision du monde que moi, ni les mêmes scrupules. Avant que j'ai pu faire un geste, il s'est approché de la jeune femme, à abaissé son soutiengorge et pressé son mamelon d'où a gicler le lait qui confirmait le diagnostic et les soupçons.

Je revois encore cette adolescente redoublant de pleur ressortir accablé entre ses deux gardes. Je repense souvent à elle et à ses yeux d'animal traqué et moi me demandant combien d'années de prison pour un infanticide et surtout combien d'années de culpabilité peut-être toute une vie pour avoir tué son enfant. Des histoires comme celles-là, je pourrais vous en raconter d'autres si nous en avions le temps.

Des avortements clandestins qui se terminent mal, des condamnations, des stérilités définitives. Chez nous aujourd'hui, ces histoires n'existent plus depuis la loi veille et les interventions de ceux qui m'ont précédé ont porté notamment sur le fait de savoir si la liberté de l'IVG risque un jour d'être remise en question. J'ai voulu aborder un autre versant de ce débat et vous dire que 40 % ou moins des femmes dans le monde vivent dans des pays où les drames tels que celui que je vous ai retracé continue parce que rien n'a changé.

En étant le premier pays au monde à garantir cette liberté dans notre constitution, nous allons susciter là où nous sommes encore sinon un exemple, du moins une référence, des débats, des prises de position, des avancées, j'espère, qui rapprocheront le jour où, comme ici, les femmes seront libérées de la peur, de la culpabilité et de l'impuissance à maîtriser leur destin. Au moment de voter mercredi dernier au Sénat, j'ai revu une fois de plus le visage de cette jeune femme dont la vie et celle de son bébé ont été anéanti. Et je le reverrai tout à l'heure lorsque j'irai voter à nouveau.

En espérant que mon vote soit utile non seulement aux millions de femmes que la loi protège en France, mais aussi aux millions de celles dans le monde qu'aucune loi ne protège. Comme moi, tous les sénateurs de mon groupe se prononcera en leur âme se prononceront en leur âme et conscience. Très majoritairement, nous voterons ce texte.

Je vous remercie. [applaudissements] Je vous remercie, monsieur le président. [applaudissements] [applaudissements] [applaudissements] [applaudissements] Merci beaucoup.

Ah.