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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 11 janvier 2022 30 minFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseEnvironnement & énergieSanté

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Président du Conseil européen Charles Michel

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 19:00RelanceRéponse directe

    Pourquoi l'UE n'est-elle pas associée aux discussions sur l'Ukraine à Genève ? Le Format Normandie est-il suffisant ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    North Stream 2 doit-il être inclus dans les sanctions contre la Russie ? La taxonomie divise-t-elle l'Europe ?

  • 28:00OuverteRéponse directe

    L'UE et la France soutiennent-elles les sanctions de la CEDEAO contre le Mali ? Quel impact sur Barkhane ?

  • 34:00OuverteRéponse directe

    Gestion chaotique des protocoles sanitaires à l'école ? Coordination européenne nécessaire ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

avec lequel nous étions encore au début du mois de décembre à Strasbourg. Je dois dire la très grande tristesse qui est la nôtre d'avoir appris sa disparition, et je veux ici dire toutes nos condoléances à sa famille, à ses amis, au peuple italien et à l'ensemble des parlementaires européens. Nous avons, avec le président Charles Michel, évoqué évidemment les prochaines semaines et les prochains mois, et les grands défis qui sont devant nous.

Nous le savons, c'est notre devoir de bâtir une Europe qui se saisit de ses débats contemporains et qui soit plus forte dans le monde. Une grande partie de nos discussions ont porté sur les grands enjeux internationaux et sur la place de l'Union européenne. Sur la Russie et l'Ukraine, tout d'abord, où nous défendons une approche européenne qui combine fermeté face à toute menace d'agression et maintien des canaux de dialogue afin de trouver la voie d'un apaisement.

Notre volonté est bien de construire en Européens une architecture de sécurité commune pour nous-mêmes et pour notre voisinage. Je pense que c'est notre responsabilité, en complément de la boussole stratégique, de poursuivre ce travail, et c'est ce que nous ferons dans les prochaines semaines et les prochains mois. Dans ce cadre et à cet égard, le Format Normandie joue un rôle structurant, et la France et l'Allemagne, avec l'Union européenne, continueront de le soutenir.

Dans ce contexte, notre responsabilité commune en européens est aussi de poursuivre le travail et la relation entre l'Union européenne et la Chine, notamment les actions ciblées à l'encontre de la Lituanie qui continuent de nous préoccuper. Sur ce volet, notre approche est celle d'une unité, d'une solidarité, mais aussi de la volonté de faire cheminer les sujets sur lesquels la discussion sino-européenne est structurante. Le climat en fait partie.

La question du continent africain le nécessite. Et de pouvoir apprécier dans les prochaines semaines notre capacité à faire avancer cet agenda. Sur l'Afrique, nous aurons au mois de février un sommet important à Bruxelles.

Nous en avons longuement parlé. Notre volonté commune est véritablement de bâtir une nouvelle alliance, de refonder notre partenariat Union européenne-Union africaine, et de le faire en quelque sorte avec et pour nos jeunesses afin de réduire les inégalités, de répondre aux défis en matière sanitaire, de proposer des solutions d'investissement dans les infrastructures vertes, de soutenir la prospérité et la paix, de promouvoir la mobilité plus durable, et aussi de trouver des mécanismes efficaces de lutte contre l'immigration clandestine, en particulier la lutte contre les trafics et contre les passeurs. Ce seront les principaux sujets de ce sommet que j'évoquais, que nous organiserons ensemble avec le président Michel, en lien étroit avec la présidente von der Leyen et l'ensemble des États membres.

Nous aurons aussi dans les prochaines semaines un rendez-vous important, le Sommet " Un océan " du 11 février prochain à Brest. L'Europe dispose d'une vision forte à valoriser en la matière sur la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, les luttes contre les pollutions, la lutte contre la pêche illicite, et nous pourrons porter cette ambition commune et faire progresser la gouvernance de l'océan et sa connaissance. Enfin, le sommet informel des 10 et 11 mars sur le nouveau modèle européen de croissance sera une manière pour nous de faire avancer, en matière de numérique, de climat, de sécurité et de défense, nos investissements communs, nos volontés communes, ce qui construit notre souveraineté même, et le modèle macroéconomique qui en découle, c'est-à-dire les choix d'investissement et de croissance qui en découlent.

Je ne couvre là qu'une partie des sujets qui animeront les prochains mois et dont nous avons parlé. Évidemment, nous portons bien d'autres priorités législatives. Beaucoup d'autres sujets avancent, qui dans le cadre des trilogues, qui dans le cadre des discussions au sein du Conseil européen, avec des maturités différentes, qu'il s'agisse du numérique, des sujets migratoires ou des sujets de l'Europe sociale.

Je ne veux pas être ici trop long. Je veux en tout cas à nouveau remercier le président Charles Michel pour sa venue à Paris aujourd'hui et pour notre échange très fructueux, et lui dire que je me réjouis à nouveau de tout le travail commun que nous aurons dans les prochaines semaines et les prochains mois, et, autour de quelques uns des grands rendez-vous que je viens d'évoquer, cette volonté de faire avancer ensemble notre Europe et de faire œuvre utile. Merci, cher Charles.

Merci beaucoup, Monsieur le Président, et permettez-moi d'abord de vous remercier pour cette occasion de travailler ensemble et de préparer les prochains mois dans le cadre de cette présence française qui, j'en suis certain, va donner un élan à des sujets que vous avez évoqués et qui sont essentiels pour les Européens et pour l'avenir de l'Union européenne. Je souhaiterais naturellement aussi m'associer à l'hommage que vous avez exprimé vis à vis du président du Parlement européen, David Sassoli. Je voudrais également adresser mes condoléances à sa famille et à ses proches.

David Sassoli était un grand Européen, passionné, sincère, généreux, authentique. Nous avons eu l'occasion ces dernières années de beaucoup travailler avec lui au quotidien pour porter ces valeurs européennes, ces valeurs de démocratie, ces valeurs d'État de droit. C'est un homme qui a contribué avec compétence, intelligence et élégance à forger, à la tête du Parlement européen, des décisions importantes en coopération avec le Conseil, et avec le Conseil européen également.

S'agissant des sujets qui sont à l'ordre du jour de l'Union européenne, je voudrais en adresser ou en évoquer quelques uns. D'une part, comme cela a été dit, nous avons eu l'occasion de préparer les prochains grands rendez-vous, particulièrement le Sommet Union africaine-Union européenne qui se tiendra en février, pour lequel nous avons une ambition commune, largement partagée en Europe, largement partagée, je le crois, aussi en Afrique, pour bâtir une nouvelle alliance entre l'Afrique et l'Europe. Nous avons, nous le pensons, un destin commun.

Nous devons connecter davantage de modèles de prospérité et connecter davantage nos ambitions pour la stabilité et pour la sécurité. Nous formons le vœu que ce moment, ce rendez-vous au mois de février sera l'occasion de dessiner ce nouveau paradigme pour cette alliance Europe-Afrique pour laquelle nous avons de grandes ambitions, que ce soit dans le domaine des investissements, du changement climatique, de la révolution digitale, des infrastructures, de la connectivité, de la sécurité ou encore de la gouvernance. Nous aurons aussi l'occasion, dans les prochaines semaines, j'en suis convaincu, de progressivement passer de la gestion de la crise Covid qui nous a beaucoup mobilisés, qui nous a beaucoup mis sous pression, à la consolidation d'un projet de relance économique et de consolidation autour de l'innovation, des investissements et de l'intelligence collective européenne.

Je veux vraiment saluer le leadership de la présidence française, et du président Macron en particulier, pour porter depuis longtemps déjà ce débat sur cette idée de la souveraineté européenne, de l'autonomie stratégique, comme certains l'appellent, qui se fonde sur deux piliers : un pilier, bien sûr, de sécurité et de défense, qui est en lien avec la situation géopolitique internationale, le président en a dit quelques mots il y a quelques instants, mais en lien aussi avec notre ambition de consolider notre modèle économique, notre modèle de prospérité. Et en cela, la proposition française de tenir ce sommet au mois de mars en France, fondé sur l'investissement et la croissance, sera un moment important pour le projet européen, car ce sera l'occasion, avec l'ensemble des acteurs européens, de se regarder dans les yeux et de dessiner ensemble les stratégies communes sur le plan de l'innovation, des investissements et de nos priorités conjointes pour les prochaines années. Ce moment sera, j'en suis sûr, un moment important, que nous allons continuer à préparer minutieusement.

Et enfin, il est certain que d'autres rendez-vous vont être extrêmement importants. La question digitale va rester un thème important à l'agenda européen, être en mesure d'innover, de dessiner ces standards européens qui conjuguent les capacités de développement économique avec le respect de nos valeurs fondamentales, la vie personnelle par exemple, la question des données, l'agenda climatique, bien entendu, avec la nécessité de dessiner aussi la mise en œuvre des mesures qui vont nous permettre de rencontrer les objectifs ambitieux que nous avons décidés ensemble, neutralité climat à l'horizon 2050 ou renforcement de nos objectifs à l'horizon 2030. Et puis, d'un mot encore, nous allons être très actifs sur le terrain international.

Au-delà de la question de la relation avec l'Afrique qui est très importante, on voit bien qu'il y a un certain nombre de plaques tectoniques qui sont en mouvement sur le terrain géopolitique, et c'est le moment pour l'Union européenne d'affirmer son ambition de coordination pour la stabilité et pour la sécurité, pour cette architecture de sécurité. La Boussole stratégique est un débat qui a été initié depuis quelque temps maintenant, et nous allons très certainement avoir l'occasion, notamment au mois de mars, de mettre des avancées afin de pouvoir aussi progresser sur ce sujet qui nous tient à cœur et qui doit nous mobiliser pour la stabilité et la sécurité. D'un mot, je conclus : merci encore pour cette occasion de travailler ensemble aujourd'hui, et vous pouvez compter sur toute la mobilisation du Conseil européen en étroite coopération avec vous, personnellement et avec l'ensemble de vos équipes, pour faire en sorte que cette présidence française soit une présidence forte et utile pour faire progresser ce projet qui nous rassemble.

Merci, Monsieur le Président. Merci, Messieurs les Présidents. Nous allons maintenant prendre quatre questions, et la première question revient à François Beaudonnet de France TV.

Bonjour, je voudrais revenir, si vous le permettez, sur ce que vous avez dit au début, Monsieur le Président de la République, en parlant de l'Ukraine. Vous avez parlé de fermeté et de dialogue. Je note que ma question s'adresse à vous deux.

Le problème, c'est qu'il n'y a pas de dialogue pour l'Union européenne en ce qui concerne l'Ukraine, puisque ni le Conseil européen, ni le Conseil de l'Union européenne ne sont associés aux discussions qui ont débuté hier à Genève. Je voudrais savoir la raison de cette absence. Est-ce que c'est simplement parce que la Russie n'a pas invité les Européens à participer à ces discussions, ou parce que vous estimez que les deux institutions que vous présidez n'ont pas à être actives en matière de politique étrangère ?

Et ce matin, le président ukrainien a appelé à un sommet quadripartite, c'est-à-dire le Format Normandie dont vous parliez à l'instant. Est-ce que, là encore, ce n'est pas un problème que les institutions européennes ne soient même pas appelées à participer aux discussions ? Je vous remercie.

Je peux apporter quelques éléments de réponse. La deuxième partie de votre question aide à répondre partiellement à la première moitié. L'Europe, depuis le premier jour, est impliquée dans la résolution du conflit ukrainien par les accords de Minsk et le Format dit " de Normandie " où, je vous le rappelle, vous avez l'Ukraine, la Russie, l'Allemagne et la France, c'est-à-dire deux puissances européennes qui agissent en tant que garants de ce processus au nom de leurs collègues, avec des comptes-rendus qui sont faits de manière très régulière lors du Conseil.

Donc l'Europe est bien là depuis le premier jour, et d'ailleurs, ce qui est tout à fait légitime et normal, seule là depuis le premier jour. Le président Zelensky n'a fait que rappeler ce que nous croyons, ce qui d'ailleurs a été au cœur de l'échange que j'ai eu il y a quelques semaines avec le président Poutine : le Format Normandie garde sa pertinence et reste un forum de discussions exigeant et pertinent pour la résolution de la crise ukrainienne. Qu'il y ait un réengagement américain sur ce sujet et quelques autres est une bonne chose, et je pense que nous devons nous en féliciter.

Donc, les discussions en cours entre les États-Unis d'Amérique et la Russie sont relatives à la question ukrainienne, mais pas seulement, également aux questions de sécurité collective entre ces deux puissances. C'est une très bonne chose ! Je pense qu'il ne faut pas du tout que l'on paraisse gênés, ou, je vois les commentaires, qu'on puisse reprocher que ce dialogue se poursuive.

Il est complémentaire et il vient le renforcer. D'ailleurs, ce sont ces discussions qui sans doute ont conduit aussi à réactiver ces prises de position récentes. Donc, premièrement, l'Europe y est par le Format de Normandie.

Et l'Europe s'occupe de l'Ukraine, et continuera par le truchement de l'Allemagne et de la France. Deuxièmement, c'est une bonne chose que les États-Unis et la Russie parlent. Troisièmement, elles vont parler des sujets qui les concernent l'une et l'autre.

Mais quand il s'agit de la sécurité de l'Europe, c'est à l'Europe de parler. Donc, notre position est que, sur le sujet de la sécurité collective européenne, du contrôle des armements en Europe et lié à l'Europe, sur les questions de voisinage européen, de ses frontières, des armements, des missiles qui peuvent toucher le sol européen, si ces sujets venaient à donner lieu à des discussions et des prises de position, il est évident qu'à ce moment-là, c'est à l'Europe, et aux institutions et aux États membres, en particulier les États membres dotés comme la France, d'être autour de la table et de décider pour eux-mêmes. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons, sous présidence allemande, lancé cet exercice dit de " Boussole stratégique ".

C'est pour cela que nous allons poursuivre et continuer ce travail, dont j'avais parlé en 2019, d'une architecture de sécurité européenne que nous devons penser pour nous-mêmes, et ensuite partager avec nos alliés au sein de l'OTAN et nos voisins, en particulier la Russie. Voilà comment je vois les choses pour ma part. Je voudrais simplement appuyer en disant qu'il y a une conscience européenne très grandissante de la nécessité de coopérer, de se coordonner et d'agir de plus en plus ensemble pour garantir la sécurité et la stabilité au sein de l'Union européenne et à l'extérieur de l'Union européenne.

Premier élément. Deuxième élément, le Conseil européen, a l'occasion de manière extrêmement régulière d'aborder la discussion stratégique de notre relation à d'autres pays dans le monde afin de garantir notre sécurité et notre stabilité. Nous avons eu l'occasion, s'agissant de l'Ukraine, de répéter de manière systématique notre soutien à la mise en œuvre des accords de Minsk et l'importance du Format Normandie, pour lequel, très régulièrement, le président français et la chancelière, maintenant le chancelier allemand, ont l'occasion de rendre compte aux collègues européens et de débattre avec eux du processus qui est en cours.

Donc, oui, nous sommes mobilisés, oui, nous sommes engagés. Et nous allons bien veiller à ce que l'Union européenne soit active pour défendre la sécurité et la stabilité. [INAUDIBLE] Messieurs les Présidents, merci beaucoup de prendre ma question.

Dans l'arsenal européen pour répondre à cette crise autour de l'Ukraine, il y a aussi la politique énergétique, et notamment la question de North Stream 2. Vous avez déjà mentionné le rôle de l'Allemagne. Est-ce que, pour vous, North Stream 2 devrait faire partie d'un possible réseau de sanctions ?

Et deuxièmement, dans la taxonomie européenne, est-ce que vous voyez une division européenne qui se dessine non pas notamment sur la question de la politique nucléaire, mais aussi sur le gaz, et qui pourrait jouer dans les mains de la Russie ? Et une toute petite dernière question : sur les prix de l'énergie, et notamment la politique française d'aider les ménages modestes, qui est aussi suivie maintenant en Allemagne, combien de temps cela va-t-il être soutenable face à la flambée des prix ? Merci.

Peut-être, sur le premier point, s'agissant des sanctions éventuelles possibles, je veux simplement indiquer que, lors du dernier Conseil européen, nous avons avec clarté indiqué tous ensemble que s'il devait y avoir une agression militaire contre l'Ukraine, il y aurait une réaction massive de la part de l'Union européenne, et cela en étroite coopération avec nos partenaires et nos alliés. C'est un premier élément. Cela veut donc dire que nous allons nous concerter entre Européens et avec nos partenaires et nos alliés si nous devions être confrontés à une telle situation.

Ce n'est pas notre souhait. Notre souhait est effectivement d'engager pour la stabilité et la sécurité et de ne pas être confrontés à une telle situation. C'est un premier élément.

Le deuxième élément, sur la taxonomie. C'est un sujet extrêmement essentiel, extrêmement important, on le comprend bien. D'une part, l'Union européenne ouvre le chemin sur le plan international.

Nous montrons l'exemple en disant depuis un peu plus de deux ans maintenant : nous voulons faire de l'Europe le premier continent neutre sur le plan climat, et en ayant décidé il y a un an de renforcer considérablement les objectifs à l'horizon 2030. Pour être crédibles, nous devons mettre en œuvre maintenant des mesures dans un cadre européen, et il est certain que la dimension énergétique est une dimension qui revêt différents angles tout à fait essentiels. Ça touche, vous l'avez mentionné, au pouvoir d'achat pour les familles.

Ça touche à la compétitivité pour nos entreprises. L'énergie est un élément important pour la capacité de nos entreprises à se développer, à investir et à grandir. Et il y a une dimension géopolitique, on voit aussi l'impact géopolitique du sujet en question.

Donc, la taxonomie est un thème qui a été discuté à plusieurs reprises dans le cadre du Conseil européen, et pour lequel nous avons noté que la Commission avait l'intention, avant la fin de l'année passée, ce qui était le cas au 31 décembre, de poser un acte en émettant cette proposition de décision qui enclenche le mécanisme afin de clarifier ce que seront les énergies sur lesquelles nous allons compter dans les prochaines années sur le plan européen. Il est vrai que le mix énergétique est une compétence nationale, mais il est vrai aussi que c'est une ambition commune sur le plan du climat. On doit se coordonner, coopérer pour voir de quelle manière on va canaliser les investissements afin d'être en mesure de rencontrer ces différentes préoccupations sur le terrain énergétique, une énergie sûre, avec une sécurité d'approvisionnement, abordable, qui nous permet de rencontrer nos objectifs climatiques, mais aussi de garantir une capacité de développement économique.

Il y a une clarification importante dans le [INAUDIBLE] de la Commission. Le groupe d'experts aura l'occasion, dans les prochains jours et semaines, d'exprimer des opinions face à cette première étape enclenchée par la Commission. Et puis, dans le cadre du processus institutionnel européen, les États membres et le Parlement européen auront aussi à s'exprimer sur le sujet.

L'Union européenne n'a jamais peur du débat. Et ce qui compte après le débat, c'est l'unité et la capacité d'agir ensemble. Je souscris pleinement à ce que vient de dire le président Charles Michel.

Il peut y avoir des différences, mais c'est l'esprit de compromis qui nous permet d'avancer. Je considère que les propositions faites par la Commission sont bonnes en ce qu'elles permettent de concilier ces différents modèles. Pour notre part, nous considérons que la reconnaissance du nucléaire comme une énergie bas carbone sans limite de temps est un élément extrêmement important pour premièrement respecter nos objectifs en termes de baisse des émissions, puisque je vous rappelle que c'est aujourd'hui la technologie qui est la moins émettrice de CO2 et qui permet de manière non intermittente de produire de l'électricité.

La deuxième chose, c'est que c'est aussi cohérent avec un agenda de souveraineté, car si on veut sortir du charbon, pour rester sur du non intermittent, il y a le gaz ou le nucléaire. Et le gaz, nous ne le produisons plus, ou de moins en moins sur notre sol. Donc, le nucléaire est au cœur de notre stratégie aussi géopolitique, climatique, géopolitique, de compétitivité et de pouvoir d'achat.

D'un mot, nous avons des dispositifs d'aide pour les ménages et pour les entreprises. Ils n'ont qu'un temps, et nous sommes donc favorables à ce qu'il puisse y avoir une réforme rapide de la formation des prix de l'électricité en particulier au sein de l'Union européenne. C'est indispensable, et j'espère que les prochaines semaines permettront de mener à bien ce chantier.

Aujourd'hui, nos prix d'électricité sont trop dépendants du coût marginal des apports supplémentaires, et avec des effets de biais quand le marché est très volatil ou à la hausse, en particulier sur le gaz. Donc, nous voyons bien qu'il y a une vertu à avoir sans doute des contrats pluriannuels, et une formation des prix un peu différente, et je souhaite que ces sujets puissent avancer utilement au sein du Conseil. Laurence Benhamou, de l'AFP, de l'autre côté de la salle.

Bonjour, Messieurs les Présidents. Vous avez parlé d'une approche européenne commune sur l'Afrique, d'une approche européenne commune sur la défense. Peut-être qu'on pourrait appliquer ces intentions au Mali, où les pays voisins ont décidé d'appliquer des sanctions contre la junte.

Êtes-vous sur la même ligne que les pays de la CEDEAO, qui ont décidé d'isoler le Mali pour protester contre le report des élections ? Et est-ce que la France et l'Union européenne vont elles aussi durcir le ton face à la junte, qui semble s'appuyer de plus en plus sur les milices russes de Wagner ? Et, question subsidiaire, quelles conséquences pour Barkhane ?

Je crois que le Conseil de défense de demain sera consacré au Mali. Tout le monde attend, Monsieur le Président, vos décisions sur le nouveau format éventuel de Barkhane. Merci.

Je veux dire sur ce sujet que l'Union européenne s'est tôt positionnée de manière cohérente sur la question malienne et le non-respect par la junte militaire d'une transition telle qu'elle avait été agréée par la CEDEAO. Nos ministres des Affaires étrangères ont porté une position très claire, soutenant les premières sanctions de la CEDEAO et une approche coordonnée. Nous-mêmes, nous l'avons fait au niveau des chefs d'États et de Gouvernements, et le président Michel s'est, je crois, exprimé lui-même à plusieurs reprises.

Dimanche dernier, et l'UEMOA et la CEDEAO ont donné une position très claire et ferme, avec des sanctions inédites pour un pays de la région, qui marquent la condamnation profonde des dérives de la junte militaire que la France avait à plusieurs reprises dénoncé comme vous le savez, et le non-respect absolu de toutes les conditions qui avaient été émises dès le mois d'août 2020. Nous soutenons cette position de l'UEMOA et de la CEDEAO. Nos ministres des Affaires étrangères se réuniront en fin de semaine en sommet informel et auront l'occasion, lors de ce sommet informel, de procéder à une déclaration politique.

Le cadre a d'ores et déjà été posé par nos ministres des Affaires étrangères d'un suivi des sanctions qui seraient décidées par la CEDEAO. Donc, d'ici à la fin du mois, il y aura une réunion formelle de nos ministres qui se tiendra pour que l'Union européenne et l'ensemble des pays qui la composent puissent accompagner cette décision de sanctions. Nous sommes totalement solidaires de la région et de la position très courageuse et claire qui a été exprimée dimanche.

Á très court terme, pour les quelques mesures techniques qui ont été décidées, la France les accompagnera sans aucune attente, et je veux vraiment saluer en tout cas cette décision extrêmement claire. D'ores et déjà, nous avons fait évoluer notre dispositif lors des sommets de Pau et de N'Djaména. En particulier, je veux insister sur le fait que la situation au Mali, et plus largement au Sahel, a donné lieu à une coordination européenne inédite.

Á travers la Coalition pour le Sahel, nous nous sommes coordonnés en Européens avec les Sahéliens et la communauté internationale. Et nous avons créé un cadre unique d'intervention, qui est Takouba, qui permet de coordonner une dizaine de pays européens, la France jouant en quelque sorte le rôle de nation cadre, et de réarticuler notre dispositif en le concentrant sur la lutte contre les terroristes de la région et en agissant en européens. Donc, nous allons continuer de faire ce cheminement, c'est-à-dire qu'on a européanisé notre approche de manière inédite, avec une culture et une approche commune.

Et nous avons aussi régionalisé notre approche du Mali à travers les dialogues avec la CEDEAO et l'UEMOA. C'est bien ce que nous allons poursuivre, et les décisions des prochains jours et des prochaines semaines confirmeront cette approche et ce mouvement. C'est ce que vient de dire sur Barkhane, c'est-à-dire Takouba.

Une question de Mathieu Coache de BFMTV. Ce sera la dernière question de cette conférence de presse. Bonjour, Messieurs les Présidents.

Le Gouvernement a annoncé hier soir un troisième protocole dans les écoles depuis la rentrée. Beaucoup de parents et d'enseignants se disent victimes d'une gestion chaotique ces derniers jours. Est-ce que vous pouvez, Monsieur le Président, les rassurer sur une ligne claire qui va être tenue et maintenue, alors qu'une grève se prépare contre ce que certains appellent des défaillances de l'État ?

Et une question au niveau européen : après deux ans de pandémie, les choix des membres sont très différents justement en termes d'école. Est-ce que les pays ne gagneraient pas à mieux se coordonner et à apprendre les uns des autres pour prendre des décisions efficaces, ce qui reviendrait à changer le quotidien des Européens ? Merci.

Peut-être un mot sur la question qui m'est adressée. Il est certain que la pandémie du Covid a mis le projet européen à l'épreuve, et on se souvient, dans les semaines suivant le début de pandémie, des difficultés que nous avons eues à trouver les modes de coopération et de coordination. Et puis il me semble que, progressivement, on a réussi à développer une approche de plus en plus commune.

Nous pensons par exemple que la vaccination est l'arme principale qui doit être mobilisée, et tous les pays européens utilisant les leviers dont ils disposent ont encouragé, on l'a encore décidé au mois de décembre s'agissant de la troisième dose, leurs citoyens à se faire vacciner. S'agissant de cette stratégie de vaccination, si on s'en souvient, au départ, il n'était pas acquis que l'on serait capables de collectiviser et de mutualiser les capacités de commander des vaccins pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de discrimination entre les différents pays européens selon leur taille ou leurs capacités financières pour commander des vaccins et mener la négociation avec les entreprises pharmaceutiques. Donc, certainement, il y a un travail permanent et constant de coordination, de coopération, mais dans le respect des compétences nationales, et parfois même des compétences régionales.

Dans certains pays, les compétences en matière d'éducation ne sont même pas nationales, elles sont au niveau des régions ou d'entités fédérées. Donc, vous pouvez compter sur nous pour être actifs afin de continuer sans relâche à déployer des efforts pour plus de coopération, pour plus de coordination. On voit bien que la stratégie générale est très similaire dans tous les pays européens sur la manière de faire reculer cette menace et de progressivement sortir de cette crise du Covid et des difficultés qui y sont liées, pour être en mesure de bâtir un agenda solide de relance économique fondé sur l'innovation et l'investissement.

Vous l'avez rappelé, le Gouvernement a ajusté et continue d'accompagner la politique sanitaire à l'école pour essayer de la rendre plus simple et viable pour les familles et les enseignants. Après presque deux années de pandémie, au fond d'ailleurs deux années, puisque je crois que la première alerte qui a été lancée par la Direction générale de la santé a deux ans, c'était en début de cette semaine, il y a évidemment une fatigue, une lassitude et beaucoup de contraintes, j'en ai conscience. Je veux ici avant toute chose remercier nos enseignants et l'ensemble des équipes de direction, des équipes pédagogiques, et remercier les parents d'élèves.

Je crois fondamentalement que le choix que nous avons fait de maintenir l'école ouverte est le bon choix, parce que nous savons, et nous l'avons appris du premier confinement, les conséquences d'une fermeture de l'école en termes d'équilibre de nos enfants pour acquérir des compétences, mais aussi tout simplement parfois pour avoir une alimentation correcte, pouvoir fréquenter d'autres enfants. Il y a une injustice profonde quand on ferme l'école. Nous avons là une vague qui circule très fortement avec ce nouveau variant, et nous avons évidemment ces contraintes à tenir pour essayer d'avoir l'école ouverte sans rendre évidemment la vaccination obligatoire pour tout le monde, en particulier pour les plus jeunes enfants.

Donc, je pense qu'il faut qu'on s'arme tous d'un peu de patience et de bienveillance en ajustant les choses avec pragmatisme. Ce que le Premier ministre a annoncé hier est une mesure de simplification qui enlève certaines contraintes, en particulier pour se rendre dans les pharmacies ou autres. Je sais ce que nous demandons aux enseignants.

Je sais ce que nous demandons aux parents d'élèves. Je les en remercie. Et quand je dis que la nation doit résister tout entière à cette pandémie et essayer de faire le mieux possible, c'est ce que nous allons continuer de faire dans les semaines qui viennent, il n'y a pas de système parfait, parce que nous devons continuer de nous battre contre ce virus.

Il faut de la patience, du pragmatisme à chaque fois, ajuster les choses, et j'ai bon espoir que nous puissions cheminer avec le plus de bienveillance possible. Je sais qu'il y a de la lassitude, parfois de l'énervement, mais je pense que nos enfants et nos adolescents sont la chose la plus importante, et on doit continuer de veiller sur eux avec le plus de bon sens et de précautions possible. Je vous remercie.

Merci à tous et une excellente journée. Merci beaucoup. Merci, Monsieur le Président.