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Podcast / conversationlibrairie mollat· 23 octobre 2025 9 minPortrait personnelCulture, médias & sport

Alexandre Lacroix - Devenir Ecrivain

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14Invité politiqueFait
    « ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire un livre sur l'écriture et j'ai choisi la forme du roman »
  • 0:56Invité politiqueFait
    « J'avais un désir d'écrire qui était immense. Je voulais absolument publier. C'était une obsession. »
  • 2:11Invité politiqueFait
    « il y a des gens qui écrivent pour eux-mêmes. C'est-à-dire que l'écriture du journal intime par exemple »
  • 6:38Invité politiqueFait
    « le simple fait de d'apprendre à mettre des mots sur les expériences, sur les émotions, sur les perceptions fait que on intensifie sa vie »
  • 7:13Invité politiqueFait
    « si vous êtes un joueur de jazz, c'est l'écriture journalistique, c'est un moindre investissement à la fois de temps, d'énergie »

Temps de parole

  • Alexandre Lacroix100 %

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Alexandre Lacroix

Alors, ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire un livre sur l'écriture et j'ai choisi la forme du roman parce que ce que je voulais montrer à travers ce livre Devenir écrivain, c'est que l'écriture et la vie progressent à même pas. Donc je raconte dans un roman toutes les étapes par lesquelles je suis passé depuis les premiers brouillons de l'adolescence à 17 ans jusqu'à la publication de mon premier livre à 22 ans.

Et en fait, je donne des brouillons, des étapes, mais je raconte aussi bah c'est un roman d'apprentissage, le le le parcours du jeune homme que j'étais, euh une vie qui s'ouvre et euh et j'essaie de de disyer des conseils sur l'écriture à travers cette histoire vécue, ressentie. Mon aventure personnelle, ce qui est amusant avec l'écriture, c'est que j'avais un désir d'écrire qui était immense. Je voulais absolument publier. C'était une obsession. Euh depuis d'ailleurs quasiment l'enfance m' 17 ans, je voulais écrire, je voulais publier, ça me ça me ça me dévorait. Je pense que pas mal de gens ressentent cette cette obsession.

Je voulais faire un livre mais je savais pas du tout comment m'y prendre. C'estàd que j'avais pas de contact dans le monde de de l'édition. Euh je j'étais pas étudiant en lettrre ni en hippocagne. J'étais en math. J'étais un peu tout seul abandonné par ma famille. J'avais pas abandonné c'est beaucoup dire mais j'avais un lourd d'œil à me coltiner. Euh et donc il y avait des difficultés et c'est le le réel avait un certain poids. Et ce qui ce qui m'importait c'est de montrer que peut-être c'est dans situation de dans ces situations de difficulté de dénuement où on a l'impression que le monde nous résiste, qu'on n pas à l'endroit où on devrait être.

Les maths, qu'est-ce que je faisais en math ? Et puis j'étais seul tout simplement, j'étais j'étais j'étais un ados très seul. Qu'est-ce que Comment sortir de là ? Et ce que je ce que je voulais montrer, c'est la manière dont l'écriture peut être un vecteur pour s'échapper en fait d'une vie, d'une existence qui parfois ressemblait à une prison. Et en fait, le message des sport, c'est que ça marche. C'est-à-dire que l'évasion par l'écriture, la possibilité de sortir de sa prison de vie par l'écriture, bah c'est possible. Il y a beaucoup de formes de pratique d'écriture différentes. Il y a des gens qui écrivent pour eux-mêmes.

C'est-à-dire que l'écriture du journal intime par exemple, il y a des gens qui écrivent pour quelqu'un. C'est l'écriture épistolaire. Aujourd'hui, ce serait plutôt le mail, mais en fait il y a des gens qui sont inspirés quand ils ont un discours, quand ils s'adressent à la personne qu'ils aiment. Euh et ça, ce sont des écritures, je dirais intimes qui n'ont pas forcément vocation à la publication. Quand on se lance dans la démarche de de vouloir être publié, il y a quelque chose de plus réflexif, de plus conscient dans l'activité d'écrire. Parce que tout d'un coup, l'adresse change. On s'adresse pas à soi-même, ni à quelqu'un qu'on connaît.

On s'adresse à un lecteur inconnu, un peu comme il y a le soldat inconnu. On s'adresse à un anonyme qui a pas de visage. On s'adresse à Dieu, on s'adresse à l'absolu, on s'adresse au cosmos. Au fond, on sait pas très bien à quoi on s'adresse, mais ce qui est certain, c'est qu'on va devoir se poser des questions de rythme, d'intérêt, de forme de sélection des des des scènes qu'on a à raconter parce que il va falloir retenir en quelque sorte l'attention de cet inconnu auquel on s'adresse. Au début du moment, je me décris très seul.

Je me décris au moment où j'emménage pour la première fois seul à Paris et je pense que beaucoup de gens ont vécu ça la première fois que vous avez écouté de chez vous. Voilà, vous vous êtes vous êtes autonome et cette solitude va se peupler petit à petit. Et ce que je tiens à montrer, c'est que on devient écrivain par les autres. C'estàd c'est pas seulement tout seul avec des livres et une machine à écrire qu'on va y arriver. Au début, on pense que c'est possible mais en fait ça se passe pas comme ça. Il va falloir des rencontres. Il va falloir des des mentors. Dans le livre, il y a deux figures comme ça qui sont vraiment importantes.

Pierre Le Père qui malheureusement est décédé durant l'écriture de ce roman. Alors voilà, j'allais le voir régulièrement à l'hôpital, mais c'est le premier écrivain publié que j'ai rencontré. Il y avait une amitié avec lui et puis c'éit un personnage, il avait vécu dans la rue pendant des années. Il a été poète chez chez Galimar. Il était excessif, il était érudit. Et cet homme-là m'a donné des conseils très pratiques. Il m'a mis sur la voix de mon sujet. Il m'a dit "Mais toi, tu dois écrire sur la mort de ton père. C'est ça ton sujet quand j'étais jeune." Et il m'a ouvert les yeux sur ce que j'avais à faire.

Et puis il y a un autre personnage qui m'a ouvert un peu le le monde de l'édition avec qui j'ai signé le premier contrat d'édition, c'est Jean-François Carvé qui est un vrai personnage dans le livre et notamment avec ce Jean-François Carvé qui venait d'avoir le prix du premier roman et qui était éditeur chez Calman Levi. On fait je décris des scènes de page à page où il me fait un retour très étayé sur le manuscrit. Je montre comment de façon très circonstanciée il me donne des trucs comme le fait de couper. il me montre comment on améliore un texte en coupant, en faisant des coupes stratégiques, ce genre de choses.

Et en fait, vous voyez, c'est vous voulez rentrer dans une confréie d'artisan. En fait, c'est ça, c'est-à-dire que vous voulez devenir potier ou à un moment, il va falloir qu'un potier vous montre le tour, vous montre les gestes et et comme dans tous les arts, il y a une part de technique, il y a une part d'artisanat, en fait, il faut absolument à un moment donné que cet échange soit possible. Et voilà, donc je voulais montrer comment on ne devient pas écrivain sans transmission en fait. Il y a deux choses, il y a un temps qui est passé à écrire. C'est le temps, on va dire, de de de l'inscription ou de la frappe au clavier.

Bon, personne n'est vraiment créatif plus de allez 2h par jour, 3h grand maximum dans les les moments de grâce. Et ensuite, il y a le reste du temps. C'estàd qu'est-ce qu'on va faire du reste du temps ? Il faut trouver une forme de vie qui est compatible avec l'écriture. C'est-à-dire que ça c'est vraiment un dangu et qui va la nourrir, qui va la porter. Alors, pour l'un, ça va être la marche, pour l'autre, ça va être un métier. Pour un autre, encore l'alcool. Euh guide de bord, par exemple, c'était l'alcool. Euh donc l'ivresse. Euh mais il va falloir partir à la recherche d'expériences qui sont des expériences de nature à nourrir l'écrit qu'on qu'on veut produire.

Donc en fait, quelqu'un qui écrit doit organiser une espèce de circulation harmonieuse entre sa vie et sa pratique d'écriture euh pour que les deux s'alimentent euh mutuellement. Parce que ça va dans les deux sens. Autant la vie donne un aliment premier. En fait, ce qui fait qu'il y a du sang dans un roman et que un roman n'est pas une créature toute pâle, c'est qu'il y a de la vie derrière. C'est qu'il y a il y a un vécu. Ça me paraît complètement indispensable.

Mais inversement, je dirais que quand on est engagé dans une pratique d'écriture, et ça ceux qui écrivent le le centre, quelle que soit la pratique d'écriture, d'ailleurs, le simple fait de d'apprendre à mettre des mots sur les expériences, sur les émotions, sur les perceptions fait que on intensifie sa vie. On a un accès plus complet, plus coloré, plus varié, plus nuancé à son propre vécu. Donc cette correspondance ou cette alimentation réciproque entre la vie et l'écriture, c'est quelque chose qu'on peut construire. Alors, dans mon quotidien, j'ai une pratique d'écriture personnelle. J'écris des des romans, des essais. J'écris aussi des livres pour les enfants.

Donc ça c'est l'écriture créative. J'ai aussi une pratique qui est non artistique, c'est-à-dire que une pratique journalistique. Je suis directeur de la rédaction de de philosophie magazine. J'écris des articles. Alors, si je voulais être un peu méchant ou ironique, je dirais que c'est un peu comme faire du piano bar. C'est-à-dire que si vous êtes un joueur de jazz, c'est l'écriture journalistique, c'est un moindre investissement à la fois de temps, d'énergie, mais aussi euh votre intériorité est un peu moins euh euh mise à contribution euh parce que en fait, il y a quand même des règles et des formats dans le journalisme qui font que vous avez un aspect vraiment technique.

Alors là pour le coup qui va prendre le dessus. En fait, normalement un journaliste expérimenté quand il fait une interview ou une enquête, il sait à peu près ce qu'il a à faire. Et euh et donc euh on utilise des trames ou des canevas qui sont plus légers à mobiliser. Ce qui est différent quand on se lance dans un manuscrit, c'est que qu'est-ce que c'est qu'un bon roman ? Bah je ne le sais pas. Qu'est-ce que c'est qu'un bon essai ? Je ne le sais pas. Il faut l'inventer. C'est-à-dire que on part vraiment euh d'une page blanche. Il y a pas de format préconçu, il y a pas de schéma préconçu, il y a pas de recette miracle. il va falloir sortir quelque chose de soi.

Alors là, voilà, là il y a un enjeu, il y a un enjeu. Et donc ce sont des pratiques différentes euh et pour moi qui ne sont pas contradictoires. simplement, je dirais que l'écriture journalistique peut-être elle a un côté délaçant, c'estàd que comme ça vient un peu tout seul, que c'est plus facile, que c'est moins angoissant, ben peut-être que ça repose un petit peu.