Mobilisation des lycéens : le maire de Rouen dénonce le "retard et le peu de priorité" accordés à leurs revendications
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Questions et réponses
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- 0:48OuverteRéponse directe
Ce mouvement des lycéens qui reprend après des tensions la semaine dernière, ça a été le cas à Rouen, vous leur dites quoi à ces lycéens ? Stop ou on continue ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Est-ce que vous allez vous mobiliser à leur côté ?
- 4:02OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi le racisme et pas la thématique des violences faites aux femmes ?
- 6:52OuverteRéponse directe
Pourquoi vous avez fait le choix de soutenir Raphaël Glucksmann dans la primaire de la gauche ?
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Je dis surtout au gouvernement, qui serait temps, parce que c'est incroyable. Le retard et le peu de priorité qui est accordé à des revendications qui sont absolument raisonnables.
- 2:42RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous allez y participer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le retard et le peu de priorité qui est accordé à des revendications qui sont absolument raisonnables. »
- 3:02PrésentateurFait
« Un, les délais de remplacement des profs. Ça fait trop longtemps que ça dure, on sait tous qu'il y a des profs qui ne sont pas remplacés depuis trop longtemps. »
- 3:23PrésentateurFait
« On le sait qu'il y a des situations qui sont catastrophiques. »
- 3:28PrésentateurFait
« Pourquoi il n'y en a pas assez ? Mais parce que plus personne ne veut faire prof, c'est ça la vérité. »
- 4:05PrésentateurFait
« C'est qu'il y a une explosion des actes et des paroles racistes, xénophobes, antisémites, antimusulmans, sexistes, anti-LGBTQIA+. »
- 7:04PrésentateurChiffre
« Elle a même, je dis souvent, neuf orteils et demi dans la porte de l'Elysée, Marine Le Pen. »
- 7:52PrésentateurChiffre
« toutes les études, tous les sondages depuis des mois, des mois et des mois montrent que le scénario Le Pen-Mélenchon, c'est le scénario le plus favorable à Le Pen. »
Temps de parole
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Ici Normandie,
premier
sur l'actu local en Normandie, Ici Matin. Notre invité ce matin sur votre radio, Ici Normandie, voilà maintenant cinq mois que les Rouennais lui ont renouvelé leur confiance, de nouveau dans le fauteuil de mer, dans une actualité politique et sociale dense. On fait le point ce matin sur ce début de second mandat de celui qui est aussi de nouveau président de la métropole, Nicolas Maillet-Rossignol. Et donc notre invité, il répond à vos questions, Manon Lombard-Brunel. Bonjour Nicolas Maillet
-Rossignol.
Bonjour.
Alors
on va revenir avec vous sur l'organisation le 18 octobre de ce concert gratuit contre le racisme, votre mobilisation aussi dans la campagne présidentielle, sur votre état santé, vous donnez régulièrement des nouvelles. Mais d'abord ce matin, Nicolas Maillet-Rossignol, ce mouvement des lycéens qui reprend après des tensions la semaine dernière, ça a été le cas à Rouen, vous leur dites quoi à ces lycéens ? Stop ou on continue ?
Je dis surtout au gouvernement, qui serait temps, parce que c'est incroyable. Le retard et le peu de priorité qui est accordé à des revendications qui sont absolument raisonnables. Il faut quand même dire les choses. Il y
a
de la violence. Ok, la violence est inacceptable. Permettez-moi de faire une petite provocation. J'assume le mot provocation. Quand les agriculteurs manifestent,
il
y
a
des violences. Le Premier ministre, il est tout de suite sur une mode de foin pour expliquer qu'il va y avoir un grand plan, etc. Là, ça fait des jours et des jours et des semaines que non seulement les élèves, mais également un certain nombre de professeurs et de personnels de la communauté éducative disent des choses. Ce n
'est
pas la révolution du monde. Ils disent qu
'il
n
'y a
pas assez de
profs
dans les salles de classe, les lycées notamment, et plus généralement l'école publique, sont dans un état lamentable.
La
première réponse a été qu
'on
va faire une plateforme numérique de doléances. Excusez-moi, je suis désolé, mais ça n'est pas à la hauteur. Et pourquoi je suis un tout petit peu en colère ? Parce que c'est un sujet fondamental, l'éducation. C'est le cœur de tout. Et notre priorité collective, de notre société, devrait être sur la réponse
à
cette question qui est quand même essentielle. Moi, je suis parent aussi, je suis citoyen. Comment on fait pour que l'éducation de nos enfants, et d'abord l'école publique, soit la meilleure possible ?
Est-ce que vous allez vous mobiliser à leur côté ? Demain, il
y a
une grande manifestation, une grande mobilisation partout en France qui est organisée. Le chef de votre parti hier, Olivier Faure, a dit qu'il allait y participer. Est-ce que vous y serez aussi, Nicolas Maillard-Aussignol ?
Oui, enfin, Olivier Faure est en campagne, donc on sait pourquoi il participe, si vous me permettez d'être un peu direct.
On y reviendra.
Mais très bien, c'est très bien. Simplement, pour cette manifestation comme les autres, je pense qu'il faut, pour un responsable politique, le but, le rôle, on peut être dans des manifestations, mais le rôle d'un responsable,
c
'est d'apporter des réponses. Il faut des réponses concrètes. D'abord le gouvernement, mais l'opposition doit faire mêler
des propositions. Est-ce que vous allez y
participer ?
Je
peux participer, mais si vous voulez, ce
qu
'on attendra, si je participerai, je participerai. Mais qu'est-ce qui se passera ? On me dira, et alors qu'est-ce que vous faites-vous ? En l'occurrence, ce sont les régions et l'État, pour les lycées,
ce
n
'est
pas la mairie. Mais ce qui compte, je suis toujours un peu gêné, moi, quand on dit, je vais participer, et alors pour solde de tout compte ? Non, on attend des réponses. Un, les délais de remplacement des profs. Ça fait trop longtemps que ça dure, on sait tous qu'il
y a
des profs qui ne sont pas remplacés depuis trop longtemps. Deux, et ça, ça dépend d'abord des régions, et les présidents de régions auraient dû être convoqués bien plus tôt, l'État des lycées. Vous vous souvenez de Georges Baptiste à Canteleux ? On n'en parle plus. Pourtant, il y a quelques mois, ça avait été dénoncé par qui ? Par les élèves, et d'ailleurs de manière très pacifique. On le sait qu'il y
a
des situations qui sont catastrophiques. Vous voyez ? Trois, les salaires des profs. Pourquoi est-ce qu'on a des problèmes à remplacer ? Parce qu'il n'y
en
a pas assez. Pourquoi il n'y
en
a pas assez ? Mais parce que plus personne ne veut faire prof, c'est ça la vérité. Et donc, si vous voulez, d'abord, la réponse, elle doit être politique, et on attend d'un responsable. C'est Laurent Fabius qui disait ça, il a raison. Responsable politique, respondéré, ça vient de respondérer en latin, qui veut dire apporter des réponses.
Nicolas Massinger, on va passer à ce concert qui doit être organisé le 18 octobre prochain au Zénith de Rouen. Concert gratuit que vous avez annoncé la semaine dernière contre le racisme. Cette date-là, c'était celle initialement du concert de Patrick Bruel, finalement annulé. Le chanteur est accusé par des accusations de viol et d'agression sexuelle. Pourquoi avoir choisi le racisme et pas la thématique des violences faites aux femmes ? Nicolas May-Rossignol.
Alors,
on est parti d'une situation qui, moi, me sidère, et m'inquiète énormément. C'est qu'il y
a
une explosion des actes et des paroles racistes, xénophobes, antisémites, antimusulmans, sexistes, anti-LGBTQIA+, de manière générale, de paroles de haine dans notre pays. Que la société, y compris les médias, je ne
vous
vise pas en particulier, mais il faut quand même le dire, et un certain nombre de médias, évidemment, de propagande, vous voyez à qui je fais allusion, qui les relève, voire qui les amplifie avec complaisance, et que la réaction de nos sociétés, elle n'est pas nulle. Il y a des personnalités qui se sont exprimées, un très grand français, par exemple, Teddy Riner, qui s'est exprimé très fortement, et qui sont eux-mêmes attaqués, parce qu'ils osent dire que le racisme dans République, ça n'est pas une opinion, c'est un délit. Non, on ne
peut
pas dire n'importe quoi sous le prétexte de liberté d'expression dans une République. Donc, il faut que notre société se lève. Alors, évidemment, on n
'a
pas tous les moyens au niveau local, mais nous avons voulu, en fait, profiter, entre guillemets, de l'opportunité de la vacance du Zénith, parce qu'effectivement, Patrick Bruel
a annulé ses concerts. Et pourquoi le racisme et
pas les violences sexistes
? Ah, mais les deux se rejoignent assez largement, puisque c'est une forme de lutte contre des discriminations. Mais je pense que, je l'ai dit pendant la campagne, on a un enjeu de fraternité. Vous savez, la devise républicaine, liberté, égalité, fraternité, ce n
'est
pas un mot creux, la fraternité. La fraternité, ça veut dire, on est tous différents, mais on est tous des frères, ou des frères et sœurs, si vous préférez. Et
ça
veut dire que l'altérité, la différence, qui peut faire peur,
c
'est vrai, elle peut faire peur, quand on ne connaît pas, eh bien, doit être vue aussi comme une richesse. Et la France s'est construite là-dessus. Je ne suis pas angélique, je sais qu'il
y
a aussi des limites et des difficultés. Mais il faut cultiver cela. Combien de jeunes, on parlait des jeunes juste avant, nous disent, moi je le vois dans des quartiers populaires, dans des communes rurales, qu'ils ont le sentiment que la République ne leur donne pas de chance, ne leur donne pas de place. Et donc, il faut montrer aussi. Et on l'a fait à des moments très positifs. Je me souviens évidemment de 98. Bon, vous, vous étiez pas né, mais... Je t
'ai né, je t
'ai
né.
À peine, le 12 juillet 98. Mais on pourrait parler plus récemment de la cérémonie des Jeux Olympiques, avec le roi Né Thomas Joly. C'était un beau moment de sport, mais c'était un beau moment de fraternité. La France, d'ailleurs, a réuné aux yeux du monde entier, par justement la richesse de cette diversité. Et c'était Dyriner qui portait, avec Marie-Josée Pérec, la flamme olympique. Donc, vous voyez ce que je veux dire. Et je pense qu'il faut qu'on se soulève. Donc, dimanche 18 octobre, de façon positive, festive, populaire, il y aura des artistes. Il faut aller s'inscrire, par contre, parce que c
'est gratuit, mais il faut s'inscrire.
Pour ce concert gratuit,
Nicolas
Mayer-Rossignol, votre actualité, elle se joue aussi sur le plan national. Vous êtes engagé aux côtés de Raphaël Glucksmann dans la campagne pour la primaire de la gauche, et donc dans la campagne pour la présidentielle. Pourquoi vous avez fait le choix, Nicolas Mayer-Rossignol
? Pour
une raison extrêmement simple.
Est
-ce qu'on pense que l'extrême droite a déjà gagné l'élection présidentielle
? Elle
est aux portes du pouvoir. Objectivement, elle est favorite, ultra favorite. Elle a même, je dis souvent, neuf orteils et demi dans la porte de l'Elysée, Marine Le Pen.
Et
vous pensez que Raphaël Glucksmann
est aujourd'hui mieux placé
? La première question,
c
'est est-ce qu'on pense que l'extrême droite a déjà gagné ou est-ce qu'on ne se résigne pas ? Moi, je ne me résigne pas. Je pense que l'extrême droite n'a pas encore gagné et qu'on peut faire barrage à l'extrême droite et aussi réorienter le pays. Parce
que
si pour continuer Macron, si pour mettre un premier ministre de Macron à la place de Macron, honnêtement, je ne
vois
pas ce que ça change. Et je pense que le pays continuera à se dégrader avec notamment une explosion des inégalités. Il faut trouver quelqu'un et puis surtout un projet et une équipe qui porte cette alternance et qui soit en capacité de gagner. Mais vous n'en avez pas 300. Jean-Luc Mélenchon, on me parle souvent de Jean-Luc Mélenchon. Moi, je veux le dire très clairement. Je n
'ai
rien de personnel contre Jean-Luc Mélenchon. Mais objectivement, toutes les études, tous les sondages depuis des mois, des mois et des mois montrent que le scénario Le Pen-Mélenchon, c'est le scénario le plus favorable à Le Pen.
Mais pour l'instant, il
n'y a
aucun scénario qui donne Raphaël Glucksmann au second
tour.
Mais si vous voulez, quand vous regardez au second tour pour tous les sondages, c'est un des rares, si ce
n
'est le seul à gauche, qui peut, parce qu'il est à 45, 47, contre Marine Le Pen, qui peut espérer l'emporter. Moi, j'ai envie qu'on gagne. J'en ai marre de la gauche qui perd. J'ai envie de la gauche qui gagne pour changer la vie. Et Raphaël Glucksmann, on peut lui faire plein de reproches. Mais il est clair. Il a des valeurs claires, notamment pro-européen, social-écologiste, féministe, républicain. Moi, ça me plaît. Et puis honnêtement, il est nouveau, ou relativement, dans le premier mandat de 2019. Il est nouveau dans le paysage politique. Alors oui, il
y a
une forme de naïveté, parfois de maladresse. Mais le renouveau, ça fait du bien.
Et donc, vous soutenez Raphaël Glucksmann avec cette primaire qui se déroulera vendredi et samedi prochain. Merci Nicolas Maillard-Rossignol
d
'avoir été notre invité ce matin pour parler de cette colère dans les lycées et aussi votre investissement aux côtés de Raphaël Glucksmann dans la campagne pour la primaire de la gauche. Merci.