Gérard Collomb : "On ne peut pas avoir une augmentation exponentielle du nombre de migrants"
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Bonjour et bienvenue dans Question Politique, le rendez-vous politique de France Inter du journal Le Monde et de France Info. Notre invité cette semaine, le numéro 2 du gouvernement, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Vos questions, vos remarques, vos commentaires sur Facebook, Live ou sur Twitter, vous connaissez le mot-clé, Question Paul.
France Inter, Question Politique, Alibadoui.
Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie.
Bonjour Alie.
Virginie Malingre du journal Le Monde. Bonjour Virginie. Bonjour Alie. Et Karine Becker de France Inter. Salut Karine.
Salut à tous.
Avant d'accueillir Gérard Collomb, rapide tour de table pour commencer. Qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine, Nathalie ?
Eh bien, ce qui m'a marqué, c'est ce qu'on a pu appeler l'affaire Hulot. Alors je vais faire un préambule parce que dans ces questions, il faut toujours faire des préambules. Oui, il faut démasquer des violeurs. Oui, il faut faire la chasse aux harceleurs. Oui, il faut aider les associations qui aident les femmes à porter plainte. Mais brandir des menaces sans interruption. Alors j'en ai vu une cette semaine sur LCI. C'est une jeune femme d'une association qui s'appelle Les Effrontés EES et qui dit oui, on a des dossiers, le Hulot l'avait depuis novembre. Et puis il y en a d'autres qui vont suivre et dans tous les cas politiques. Là, je trouve qu'on commence à devenir un petit peu fou.
On va rappeler que le tribunal, c'est pas dans les médias, que le tribunal, c'est pas sur Twitter, qu'on ne porte pas plainte sur Twitter et encore moins dans une interview. A titre personnel, je trouve que c'est trop ou trop peu et que si on considère que la fin justifie les moyens, on va partir en vrille. Alors reprenons juste deux secondes cette affaire Hulot. C'est la caricature d'un dérapage dans tous les sens. Et perdant pour tout le monde. Un, une plainte déposée par Pascal Mitterrand quand c'est prescrit. Ça ne sert à rien. Il n'y a pas de plainte pour mémoire et je ne vois pas en quoi elle peut s'en sortir ni comme victime, ni comme rien. Elle ne voulait pas être médiatisée.
Elle l'est. Et franchement, ce n'est pas très étonnant. Quant à Nicolas Hulot, c'est classé sans suite. Donc il ne sera jamais vraiment blanchi. Donc dans ce cas-là, tout le monde est perdant. Les médias, parce qu'on dit le tribunal médiatique. Nicolas Hulot, voilà. Et puis une plainte portée. Une fois que c'est prescrit, c'est juste totalement aberrant. Alors, je pense que la cause mérite mieux que ça. Quand tu as quelque chose de très drôle ce matin, c'est le papier de Marlène Schiappa dans le JDD. Et on a un peu l'impression qu'elle dit effectivement que la justice doit passer et que la justice, pas les médias. Et on a l'impression que c'est un peu un pompier pyromane.
A lire dans le JDD, Marlène Schiappa. Virginie.
Bon, moi, je vais vous parler commerce extérieur. On a appris cette semaine que notre déficit commercial était monté à 62,3 milliards d'euros l'an dernier. C'est 30% de plus qu'en 2016. Et pourtant, quelques jours avant que cette statistique assez désastreuse soit publiée, Emmanuel Macron se félicitait à Davos de notre retour sur la scène économique mondiale. La croissance, le moral des ménages, le climat des affaires, c'est vrai, les indicateurs sont au vert. Sauf ce satané solde commercial qui reste désespérément dans le rouge et qui, à lui seul, raconte les mots de notre économie. La France paye ici 20 ans de désindustrialisation. Les usines ont fermé par centaines.
Celles qui sont encore debout n'ont pas assez investi pour se moderniser. Et ce n'est pas tout. À quelques exceptions près, comme le luxe ou l'aéronautique, on ne produit pas grand-chose que les autres pays du monde veuillent nous acheter au prix auquel on le propose. Vilan, quand la reprise est là, on importe plus ce qu'on exporte. Et cela est une fine épaisse sur notre croissance. Alors non, M. Macron, la France n'est pas de retour. Il faudra bien plus que des slogans pour qu'elle retrouve une place de choix dans le commerce mondial.
Merci Virginie. Karine ?
Moi, c'est une image qui m'a marquée cette semaine. Ce sont les 10 drapeaux français et européens qui ont été installés juste derrière le président Macron. Au moment de son discours, c'était mercredi après-midi, je crois, en Corse, à Bastia précisément. Alors, 10 drapeaux en général, il y en a deux. Il y a un drapeau français et un drapeau de l'Union européenne. Donc, on a tous compris qu'il y avait une petite provocation de la part du président Macron. Alors, à l'égard de qui ? À l'égard des nationalistes qui, malgré tout, rappelons-le, ont gagné les dernières élections, les élections territoriales. En fait, qu'a voulu faire Emmanuel Macron ? Affaiblir les nationalistes.
En tout cas, c'est l'impression qu'il a donné. Et c'est un jeu qui me semble assez dangereux. Pourquoi ? Parce qu'ils sont aujourd'hui les seuls interlocuteurs de l'île. La droite, elle est morte. La gauche, elle est morte. Et la République en marche, pour l'instant, ça n'existe quasiment pas. Le problème, donc, en ne dialoguant pas avec les nationalistes, eh bien, c'est que vous prenez le risque de faire ressurgir une frange plus radicale avec une jeunesse. Enfin, une partie de la jeunesse qui est en rupture et qui n'attend probablement que ça.
Merci, Karine. Et pour lui, quel est le fait marquant de la semaine ? Il présentait cette semaine l'une des réformes les plus ambitieuses du quinquennat, la création de la PSQ, la police de sécurité du quotidien. C'était une promesse du candidat Emmanuel Macron. Le numéro 2 du gouvernement, le premier flic de France, Gérard Collomb, s'installe dans le studio 221 de la Maison de la Radio. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue. Beaucoup de questions à vous poser, vous vous en doutez. Mais d'abord, qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité cette semaine, Gérard Collomb ?
Je dirais que pour ce qui me concerne, mais ce qui concerne beaucoup de Français, c'est évidemment la police de sécurité du quotidien. Vous voyez, on avait préparé ces mesures, on parlera, avec un questionnaire envoyé à 70 000 personnes qui ont répondu à ce questionnaire, qui nous ont donné quelles étaient leurs orientations. On a reçu 150 contributions. Les préfets ont organisé 500 réunions. donc on voit qu'il y a une attente profonde sur les problèmes de sécurité et que, je dirais avec vous, qu'il y a deux problématiques aujourd'hui dans notre pays. C'est à la fois l'économie, l'interrogation sur l'avenir et puis l'interrogation sur la sécurité au quotidien.
On va y venir, Gérard Collomb. Vous nous direz comment lutter contre la délinquance et retisser un lien avec les populations. Mais d'abord, une question d'actualité. Vous avez des nouvelles de Nicolas Hulot ?
Oui, j'ai des nouvelles de Nicolas Hulot, qui a été affecté par ce qui s'est passé cette semaine. Et donc, moi, j'écoutais ce que vous disiez. Oui, on ne peut pas se fonder sur la rumeur. Oui, si on a des choses à dire, la justice est là pour cela. Il y a des lois dans notre pays. Elles doivent être respectées par tous. Et on ne peut pas salir l'honneur d'un homme en accusant sans finalement apporter de preuve.
C'est quand même la première fois qu'un gouvernement se retrouve avec deux affaires de mœurs à gérer. C'est un peu gênant, non, quand même, parce qu'on parle de Nicolas Hulot. Il y a aussi Gérald Darmanin.
Oui, sans doute. Mais chaque fois, on rappelle un certain nombre de faits qui sont extrêmement anciens. Et finalement, on n'a pas la preuve aujourd'hui de ce qui est apporté. Moi, vous savez, je vois évidemment, en tant que ministre de l'Intérieur, beaucoup de dossiers. J'essaye toujours de faire en sorte de tirer les conclusions quand la justice, effectivement, a tranché.
Ne faut-il pas entendre la parole de souffrance d'une femme qui dit sa part de vérité et qui a porté plainte pour viol, malgré tout, en 2008 ?
Oui, bien sûr qu'on peut entendre la plainte. D'ailleurs, Marlène Chappal a dit qu'une des mesures, par exemple, que l'on prend dans la police de sécurité du quotidien, c'est d'être davantage attentif aux violences qui peuvent être faites aux femmes. Je rappelle que l'année dernière, c'est sans doute le délit qui a le plus augmenté. Et donc, il faut y être totalement attentif.
Mais est-ce que, Gérard Collomb, est-ce qu'avec les premiers propos de Marlène Chappal, il y a quelques mois, est-ce que finalement, il n'y a pas eu une sorte de bienveillance vis-à-vis de toute cette délation, ces balances-tompes-ports ? Si mitou, est-ce que maintenant, vous n'êtes pas un peu pris au piège de ce que Marlène Chappal a pu dire publiquement et régulièrement ?
Si vous voulez, je crois qu'il convient, effectivement, que la parole se libère. Parce que vous aviez beaucoup de femmes qui, par exemple, dans leur foyer, étaient victimes de violences conjugales et qui n'osaient pas porter plainte. Aujourd'hui, elles osent. Je trouve que c'est bien, effectivement, qu'on puisse oser porter plainte. Alors, pourquoi ce n'est pas bien dans ce cas-là, qui concerne Nicolas Hulot ? Non, mais c'est que, si vous voulez, le problème, c'est qu'il fallait, à l'époque, aller jusqu'au bout de la plainte. Ce n'est pas, effectivement, dix ans après. C'est cela qui est gênant. Si on accuse quelqu'un qu'on porte plainte contre lui, on va jusqu'au bout de la plainte.
Et ensuite, donc, s'il est condamné, il est condamné. C'est ça qui me gêne.
Il va tenir le coup ?
Oui, je pense qu'il va tenir le coup parce que c'est quelqu'un de caractère. Mais c'est vrai qu'il était très affecté. Il se trouve que, moi, je suis allé chez votre confrère Bourdin le lendemain et tous les journalistes qui étaient présents me disaient combien, effectivement, il était sorti de l'émission défait. Parce qu'effectivement, ça l'atteignait dans sa vie familiale, comme il le disait, dans son honneur personnel. Encore un mot là-dessus, Karine.
Je reviens quand même sur le fait que, c'est gênant pour le gouvernement, ce gouvernement qui va présenter dans une quinzaine de jours un projet de loi sur les violences sexuelles. Comment ce projet peut arriver devant le Conseil des ministres et autour de la table, à voir Gérald Darmanin et Nicolas Hulot ? Même si les faits, effectivement, sont prescrits, comme vous ne cessez de le rappeler, il y a effectivement maintenant un faisceau d'indices ou des interrogations.
Moi, si vous voulez, je fais confiance aux enquêteurs, à la police judiciaire qui enquête sur toutes ces problématiques. Et puis ensuite, aux juges, si effectivement, les choses sont confirmées. Mais le gouvernement n'est pas pour ça. Vous voyez, moi, je m'interdis, par exemple, comme ministre de l'Intérieur, dès qu'une affaire arrive entre les mains de la police judiciaire, je m'interdis de demander quelles sont les suites, parce que je pense qu'il faut que les enquêteurs soient totalement indépendants et que notre justice soit indépendante.
Avant d'arriver au dossier dont vous avez la responsabilité, Gérard Collomb, le zapping de la semaine, il est signé Laurence Perron.
Je suis enfermé à l'étroit dans ma cellule.
Je suis Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac. Je purge actuellement ma peine à la prison d'Arles. Ma femme a interpellé Emmanuel Macron dans les rues d'Ajaccio, mardi dernier.
Je suis la femme d'Yvan Colonna. Bonjour madame. Mon fils n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plaît, c'est pas un animal, c'est un être humain.
Mais ma fille, il faut organiser les visites. C'est très cher. Je ne vais pas mentir, l'amnistie suppose de prendre une loi. Je vous mentirais si je vous disais ce soir dans les yeux que je voulais faire. C'est pas vrai. Que les personnes qui sont détenues puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer.
J'espère.
Vous me regardez dans les yeux, je ne vous mens pas. Je suis riche.
Ils veulent me faire croire que c'est une honte.
Comme si j'étais responsable de toute la misère du monde. Ah non, pas toute la misère du monde. Je suis le président de la République et j'apporte un petit cadeau.
Je vous annonce solennellement aujourd'hui que je suis favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution. Mais je préviens. Penser que le cœur de la bataille, c'est d'aller négocier de nouvelles évolutions institutionnelles avant même d'avoir exercé les responsabilités qu'on a, je ne saurais vous encourager.
Je suis épuisé, mais plus pour longtemps j'en suis sûr. Les cendries téléphonent, la pression est large et mes blessures. Je ne me souviens pas de la date de mon dernier fou rire.
Je suis autonomiste, avocat d'Ivan Colonna. Je suis Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse. Et je suis amère.
Le président de la République aurait pu s'affirmer comme l'homme d'État, capable d'enraciner la paix, de construire la réconciliation. Il a choisi de ne pas le faire. C'est une occasion manquée. Je suis un homme. Bientôt je serai un souvenir. Je suis.
Je suis un petit monsieur roumain qui dort sur le trottoir à Paris.
Est-ce que vous voulez quelque chose à... La soupe. La soupe, oui.
La soupe, si.
Le thermomètre va descendre jusqu'à moins 7 degrés cette nuit à Paris.
Moi, comme ça le froid, c'est pas chaud, pas de l'eau.
Ils sont des dizaines dehors cette nuit, entre neige et verglas. Et il y a danger de mort. Je suis arrivé par bateau, mais surtout par miracle.
Une nouvelle vie m'attend ici, bien plus calme et plus stable. Ce matin, j'ai écrit tout va bien.
Au dos de la carte postale. Je suis une maraudeuse. J'aide de jeunes exilés mineurs à trouver un toit pour la nuit. Bonjour, c'est-à-dire que j'écoute.
J'ai appelé pour 6 mineurs isolés étrangers qui ont 16 ans.
Alors en fait, on va pas pouvoir prendre ça en charge. Par contre, c'est le SAMU social qui va pouvoir vous prendre en charge. Ou alors les associations. Vous avez pas des associations pour les mineurs ?
On est une association pour les mineurs. D'accord.
Le problème, c'est qu'on a des consignes. À part vous rediriger vers le SAMU, je vais pas pouvoir faire grand chose d'autre pour vous. Au revoir.
Je suis seule au fond d'un couloir. On demande pas mon avis. J'ai pris de l'âge, donc voilà. J'ai bien plus de rites que d'amis. J'aimerais partager mes erreurs. Vous faire part de mes doutes. Parfois, je me parle à moi-même pour être sûr que quelqu'un m'écoute. Je suis...
Je suis un ministre qui en bave. Un écologiste qui s'est cru un poisson invisible dans un monde de requins. Je suis Nicolas Hulot.
Pourquoi avez-vous choisi de vous exprimer ce matin ? D'abord, il y a un moment où j'en peux plus. J'en peux plus parce que, vous savez, on est ministre. Enfin, on est quand même... J'espère qu'on a un peu d'humanité derrière nous. On est une famille. Là, pendant que je vous parle, à l'instant où je m'exprime, pour mes enfants, la vie va être différente. Déjà à l'époque, il y a 20 ans, enfin, en 2008, quand cette plainte a été déposée, pour ma femme et moi, ça a été un traumatisme. Ça a été classé. Je suis souhaité en rester là parce que c'est pas la peine d'en rajouter. Maintenant, ça revient.
Je suis un coup éditorial, une calomnie ou un vieux fantôme. Je suis l'exécutif qui réaffirme son soutien au ministre. Et je laisse le dernier mot au rappeur Big Flo et Oli.
Je suis l'excellence, l'élégance,
ou l'espérance d'une naissance. Ces campagnes dans le silence, ces grandes villes immenses, ils dansent. Je suis un peu de moi et beaucoup des autres quand j'y pense. Je suis la France.
Merci Laurence Perron. C'était le zapping de la semaine. Notre invité aujourd'hui est le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. C'est la tradition, Gérard Collomb. Votre portrait, il est signé. Karine Becker, portrait au retouche peut-être.
Oui, au retouche. Gérard Collomb, l'exercice du portrait aujourd'hui avec vous est un peu délicat puisque nous vous avons reçu il y a de cela moins de trois mois. Or, votre parcours n'a pas changé. Je ne vais pas recommencer à expliquer qu'après 40 années passées au PS, vous ne vous êtes jamais vraiment senti socialiste et que le macronisme qui, d'un côté, mise sur les entreprises et qui, de l'autre, fait preuve de fermeté sur les sujets de sécurité, ce macronisme a, semble-t-il, été directement inspiré par le maire que vous avez été. Seulement, il n'est pas question, Gérard Collomb, de reparler de Lyon. Non, ce qui m'intéresse désormais, c'est votre fonction de ministre.
C'est votre dureté qui ressemble parfois, peut-être, à de la brutalité. Comme en octobre dernier, par exemple, quand vous avez limogé un préfet. Certes, deux jeunes femmes avaient été poignardées à Marseille devant la gare Saint-Charles, mais en révoquant sur le champ ce haut fonctionnaire, vous avez surtout voulu lancer un avertissement, effrayer un peu vos troupes, leur montrer que vous ne laisserez jamais rien passer. Même inflexibilité, Gérard Collomb, face aux associations qui s'occupent des réfugiés. Elles vous demandent d'arrêter de recenser les migrants quand ils sont en centre d'hébergement d'urgence, sauf que vous continuez. Vous acceptez de vous expliquer.
Vous devez souvent déminer avec les députés de votre majorité, mais cette ligne sécuritaire que vous avez, elle est chez vous, parfaitement assumée. Ce qui est amusant tout de même, c'est qu'à une époque, vous avez été différent. Si, si. Mais je dois reconnaître que cela n'a pas duré longtemps. C'était il y a 17 ans exactement, vous vous souvenez ? Vous aviez osé transformer un bidonville à Lyon en un village d'insertion. Aujourd'hui, Gérard Collomb, vous avez totalement épousé la cause des policiers.
Et si les mesures que vous avez jusqu'ici annoncées l'avaient été il y a 10 ans, tiens, quand Nicolas Sarkozy était président, parions qu'une partie du pays se serait déjà embrasée, rien de tel depuis 9 mois sous la présidence d'Emmanuel Macron, même si votre action est assez éloignée du discours qu'il a pu tenir avant son élection.
Gérard Collomb.
Je crois être ce que j'ai toujours été. Si vous voulez, il faut bien voir sur ces questions qu'il y a une double problématique. Il y a la problématique, évidemment, individuelle. Chacun d'entre nous ressent, je veux dire, de l'empathie. Je regardais le film que vous présentiez. Comment ne pas ressentir de l'empathie ? Et en même temps, la question des migrations est une question extrêmement difficile.
Si l'on veut pouvoir maintenir dans notre pays le droit d'asile, c'est-à-dire le fait d'accueillir ceux qui sont persécutés pour des régions ethniques, religieuses, voire politiques, il faut évidemment mener une politique qui soit conséquente vis-à-vis de toutes celles et de tous ceux qui ne sont pas dans cette situation mais qui voudraient venir en France. Et vous remarquez qu'il y a une double politique. Il y a une politique vis-à-vis, par exemple, de l'Afrique, qui est une région d'où partent un certain nombre de migrants.
Et lorsque, par exemple, le président de la République va au Sénégal en disant nous allons augmenter de 200 millions les sommes que nous allons vous donner pour que les jeunes à la sortie de leurs études parce qu'aujourd'hui, il y a des universités qui sont performantes, puissent effectivement créer leur emploi, créer leur entreprise, des start-up qui demain travailleront avec l'Europe. Je crois qu'on est dans la même politique. C'est les deux faces d'une même politique.
Parlons de ceux qui sont dans la rue aujourd'hui en France et non pas de ceux qu'Emmanuel Macron est allé voir au Sénégal. Virginie Malingre.
Non, alors moi, oui, je voulais voir cette ligne du président de la République, elle a évolué, comme l'a dit Karine entre le moment où il était en campagne et aujourd'hui. Non, je ne crois pas qu'elle a évolué et je vais vous dire pourquoi. Alors, vous allez m'exister et je voulais savoir pourquoi. Est-ce que c'est parce que vous avez réévalué la situation ? Est-ce que c'est l'opinion dont vous sentez qu'elle est favorable à une ligne plus dure ? Est-ce que c'est de nouveaux arguments que vous n'aviez pas bien évalués à l'époque ?
Non, le président de la République a toujours dit, vous pouvez regarder les propos de campagne, qu'il souhaitait qu'on puisse évaluer la situation des personnes en six mois. Pourquoi ? Parce qu'évidemment, ce qui fait la problématique actuelle, c'est que les gens restent quelquefois deux ans, trois ans et lorsque l'on regarde par exemple ce que vous dites, sur la région parisienne en particulier, il y a aujourd'hui 30 000 personnes qui sont dans des hôtels à Paris et qui y sont quelquefois depuis une dizaine d'années alors que leur cas devrait être réglé.
Si vous réglez les problèmes en six mois, vous pouvez dire qui va avoir droit à l'asile et commencer des mesures d'intégration sur la langue, sur l'insertion professionnelle et les autres, il n'y a pas de rupture. Vous pouvez effectivement faire cela de manière humaine. Ce qui effectivement est inhumain, c'est de laisser les gens dans l'entre-deux et c'est ce que nous ne voulons pas faire. Mais la question,
la question c'était...
Karine puis Nathalie. Non, non, Karine, Nathalie puis Nathalie.
La question c'était, vous avez... Enfin, Emmanuel Macron a changé, il y a eu une évolution. Je reviens sur un symbole qui a été fort pendant la campagne électorale, c'est Emmanuel Macron qui va voir Angela Merkel. Quelques semaines précédemment, c'était Manuel Valls qui l'avait fait en disant « Mais c'est scandaleux ce que vous avez fait, vous avez laissé passer trop d'immigrés. Jamais nous n'aurions fait ça. » Et Emmanuel Macron lui a voulu montrer un autre visage de candidat et de la France en disant « Mais non, au contraire, je suis à votre côté, cette générosité-là vous honore.
» Donc il y a bien une évolution parce que cette marque-là, ce symbole-là, les Français l'ont gardé forcément dans leur tête. Si vous voulez,
l'évolution, c'est effectivement la montée en puissance des demandeurs d'asile en Europe. On a vu effectivement des réseaux s'organiser. Vous voyez, par exemple, en France, on a 300 réseaux de passeurs qui ont été démantelés l'an dernier.
Donc Emmanuel Macron a évolué ?
Il a évolué. Il a regardé quelle était la situation. Et par exemple, en Allemagne, on avait accueilli 800 000 personnes pendant une année. Mais on a débouté 300 000 personnes du droit d'asile. Et donc, l'Allemagne va éloigner. Donc il y a une politique qui est aussi balancée. Et si vous voyez, regardez ce qui s'est passé en Allemagne, quel problème de l'Allemagne aujourd'hui ? C'est que vous avez 99 députés d'extrême droite.
Donc si vous ne réglez pas un certain nombre de problématiques en faisant respecter la loi, en étant accueillant d'une part, mais en expulsant ceux qui n'ont pas droit à être accueillis, eh bien, vous générez un mouvement qui, effectivement, conduit à l'extrémisation des esprits. Alors vous avez dit
en gros, si on peut comprendre, c'est moins en accueillir pour mieux les accueillir. Absolument. Alors, vous avez parlé d'humanité, d'être accueillant. Est-ce que, quand Emmanuel Macron s'est rendu à Calais, avec vous d'ailleurs, il a défendu les forces de l'ordre en disant qu'il n'y avait pas eu les exactions qui ont été dénoncées par des intellectuels, ce n'est pas un joli mot maintenant, par un certain nombre de journalistes. Je voulais savoir si vous aviez enquêté, si on vous avait rendu des comptes et si on savait exactement ce qui s'était passé. On a accusé l'utilisation abusive de gaz lacrymogène, le fait d'avoir détruit des tentes et tout ça.
Est-ce que vous savez ce qui s'est vraiment passé là-bas ?
Gérard Collomb. Alors d'abord, lorsque l'on s'est rendu à Calais, la première chose qu'on a fait, c'est d'aller voir des CAES, qui sont les centres d'accueil et d'évaluation des situations, que l'on a créés, non pas juste à Calais, parce que nous ne voulions pas que la jungle puisse se réinstaller, mais à 30 kilomètres de Calais. Et c'est cela que l'on fait. Essayez de dire aux gens, venez, nous allons vous accueillir. Aujourd'hui, en fait, les gens qui sont à Calais sont des gens qui sont guidés par une chimère folle. Je vais passer en Grande-Bretagne. Mais en fait, ils n'y arriveront jamais. Et c'est cela le véritable problème.
Le message qu'il faut faire passer, s'est retourné dans les centres d'évaluation, dans les CAO qui sont à travers le pays. Ne restez pas à Calais. Quant à la problématique des policiers, on n'avait pas attendu les derniers événements. Moi, dès le mois de juillet, j'avais demandé une inspection de l'administration qui a évalué les situations. Et croyez-moi, nous sommes extrêmement vigilants vis-à-vis des forces de l'ordre. Mais vous voyez, les images sont extrêmement violentes. Est-ce qu'il y aura des sanctions ?
Quand vous avez vu les affrontements pour lesquels je suis allé la semaine dernière avec des migrants, vous permettez, des migrants qui effectivement se tuirent dessus avec quatre personnes qui sont entre la vie et la mort, évidemment que c'est violent. Et il vaut mieux à ce moment-là que vous ayez les forces de l'ordre qui séparent les deux groupes, les Afghans et les Érythréens. D'accord,
mais les enquêtes sur les interventions de force de l'ordre, ça a donné quoi ?
Ça a donné que l'inspection générale de l'administration a dit que l'intervention des forces de l'ordre était proportionnée, qu'il pouvait y avoir eu un certain nombre de cas isolés, mais que les forces de l'ordre dans leur globalité agissent selon les règles de déontologie.
Et vous deviez prendre une circulaire à la suite de tout ça et notamment du discours de Calais pour que les forces de l'ordre gèrent parfaitement bien les effets personnels et notamment les sacs de couchage des migrants. Elle a été signée ou pas cette circulaire ? Mais si vous voulez,
nous avons gardé... Oui, on a envoyé une circulaire pour rappeler quelles étaient les règles de déontologie. Mais si vous voulez, quelquefois, il y a beaucoup de montages. D'abord, ce ne sont pas nos policiers qui ramassent les scènes de couchage. Je vous rappelle que sur une scène que l'on a vue, il n'y avait pas marqué police nationale, il y avait marqué police municipale. C'est différent, moi je ne gère pas les polices municipales. Et qu'est-ce qui se passe ? Quand un certain nombre de migrants ont quitté les lieux, en général, ils laissent derrière eux beaucoup de choses et on est bien obligé de ramasser derrière.
En général, ce n'est pas nous qui le faisons, mais les services municipaux qui le font à Calais comme à Paris parce qu'en général, quand on vide un campement quelque part, il y a un certain nombre de choses qui sont laissées.
Question qui concerne les 100 papiers qui sont aujourd'hui dans les centres d'hébergement d'urgence, faut-il les faire sortir de ces centres à la Jérar-Colomb ?
Aujourd'hui, nous avons, comme vous le savez, pris une circulaire pour essayer d'évaluer qui était dans ces centres puisqu'on ne le savait pas.
Inacceptable, on dit, des associations, Emmaüs, la CIMAD, le Saint-Dumont, le Secours catholique En même temps,
si vous voulez, vous avez des gens qui sont de toute nature. Vous avez à la fois des réfugiés qui mériteraient de pouvoir sortir de ces centres et d'aller vers le logement. Ceux-là, effectivement, c'est à peu près peut-être 20 à 30 %. C'est scandaleux qu'ils soient encore dans ces centres et quelquefois qu'ils soient restés ou qu'ils soient à l'hôtel et qu'ils y soient depuis des années. Vous avez des gens qui sont des déboutés du droit d'asile et qui auraient dû être éloignés. Et donc, effectivement, un certain nombre de personnes, pas celles dans ces centres, mais qui doivent être éloignées. Nous, nous respectons le droit, la loi, ce qui, aujourd'hui, permet de vivre en commun.
Demain, pourrait être éloigné. Puis, vous avez surtout beaucoup de gens qui sont dans le nini. Et le nini, c'est parce qu'effectivement, on n'a pas fait ce qu'il fallait dans les années passées et que l'on a stocké des gens qui ne sont ni acceptés ici et qu'on ne peut pas éloigner non plus.
Mais sans papier, on peut rejeter des personnes, malgré le froid, les rejeter dans la rue ?
Mais aujourd'hui, on ne veut pas les rejeter dans la rue. Moi, j'ai envoyé dernièrement une circulaire à tous les préfets pour leur dire que pendant la période grand froid, on accueillait tout le monde et on a mobilisé des dizaines de milliers de places supplémentaires, y compris d'ailleurs des gymnases. On a demandé à la RATP, à la SNCF d'accueillir de manière qu'on puisse accueillir tout le monde parce qu'effectivement, on ne peut pas pendant ces périodes être dans la rue. Virginie ?
Vous voulez renvoyer les déboutés du droit d'asile mais vous savez très bien qu'un des problèmes c'est que dans les pays de retour, vous n'obtenez pas les laisser-passer consulaires qui vous permettraient de les renvoyer dans des conditions décentes. Donc comment vous réglez ça ? Parce que ça, ce n'est pas une loi, ce n'est pas une circulaire. Comment on fait ?
D'abord, si vous voulez, il y a un certain nombre de pays qui acceptent totalement. Et par exemple, je m'étais rendu en Albanie il y a à peu près trois ou quatre mois pour discuter avec le Premier ministre albanais. Les Albanais, dont je rappelle qu'aujourd'hui, ils arrivent, ils n'ont pas besoin de visa pour venir en France donc ils arrivent librement et ils font une demande d'asile. aujourd'hui, notre droit ne permet pas de les renvoyer et donc la future loi permettra de le faire et les autorités albanaises accueillent, non seulement elles accueillent mais elles envoient par exemple une mission en France pour nous aider à gérer ce problème.
Je rappelle que les Albanais, c'est 25% de l'occupation des places du dispositif national d'asile. Après, pourquoi Emmanuel Macron va en Afrique pour dialoguer justement avec les dirigeants des pays ? Moi, je dois aller au mois de mars avec le G5 Sahel pour traiter cette question. Lorsque je regarde aujourd'hui quels sont les pays qui posent des problématiques, c'est par exemple la Guinée plus 66% d'arrivée l'an dernier, c'est la Côte d'Ivoire plus 112%. Il faut régler effectivement ces problématiques et nous allons le faire avec les gouvernements pour avoir des laissés-passés consulaires. Karine puis Nathalie. Nathalie.
Laurent Wauquiez ou Marine Le Pen considèrent que vous faites beaucoup de moulinées, pas vous spécifiquement, mais vous et Emmanuel Macron et qu'en fait, finalement, les peu de gens sont reconduits chez eux ou à la frontière ou là où ils... En tout cas, pas en France. A quel taux ?
Alors écoutez, je ne sais pas si ça va vous plaire ou vous déplaire. Sur le mois de janvier de cette année, par rapport au mois de janvier de l'année dernière, on l'a éloigné plus 29% de personnes. C'est quoi le taux optimal,
optimum ? Qu'est-ce que vous souhaitez obtenir ? Non pas pour faire du chiffre comme on dit, mais simplement, à partir de combien on verra les effets où vous estimez que vous serez exactement dans les clous de ce que vous souhaitez faire ?
Je ne traite pas le problème comme cela. Moi, si vous voulez, ce que je veux, c'est que celles et ceux que nous accueillons en France aient un avenir dans notre pays. Si effectivement, c'est pour deux ans après qu'ils se retrouvent dans des cités qui connaissent déjà de grands problèmes, où les gens sont marginalisés, où ils connaissent la misère, alors ça, à mon avis, ce n'est pas une solution pour eux.
Ça, on a compris ce que vous disiez, c'est-à-dire moins mais mieux, mais simplement pour que ça puisse marcher, ça veut dire qu'il faut passer à quel niveau de reconduite ?
Je ne me donne pas de chiffres. Je ne peux pas simplement faire en sorte que d'année en année, on ait une augmentation exponentielle. Vous voyez, l'année dernière, on a eu 100 000 demandes d'asile. C'était plus 7 % par rapport à l'année précédente qui, elle-même, était en augmentation de plus 23 % par rapport à l'année précédente. Donc, on ne peut pas comme ça dire qu'on va monter de manière exponentielle. Vous parliez du dispositif d'asile. depuis 2012, il a été multiplié par 2. Les dispositifs CHR, centres d'hébergement d'urgence, ils ont été multipliés par 2. On est pour l'un maintenant à 85 000, pour l'autre à 103 000. Donc, on ne peut pas de manière infinie augmenter cela.
Vous voyez, si je donne des chiffres en termes de coûts, le dispositif d'asile, c'est 2 milliards d'euros et le dispositif hébergement d'urgence, c'est 2 milliards d'euros. Simplement, pour Paris, sur le dispositif hébergement d'urgence, c'est 930 millions. Donc, évidemment, il y a un moment donné où on ne peut pas faire de manière exponentielle un accueil vis-à-vis de tout le monde comme un certain nombre de gens le voudront. Ils disent, on n'a pas besoin de faire un tri, on ne doit pas choisir entre celles et ceux qui ont besoin de l'asile et les migrants économiques. Ben si, on est obligé de le faire parce qu'à un moment donné, nous ne pourrons pas donner un avenir.
Les associations disent
que dans hébergement d'urgence, il y a urgence et que face à l'urgence, il n'est pas question de recenser, de trier ou d'étiqueter.
Nous disons effectivement que l'inconditionnalité, c'est vrai. Mais l'inconditionnalité, c'est dans le moment. Ce n'est pas effectivement quelque chose qui doit durer pendant 10 ans. On doit prendre un certain nombre de mesures pour sortir justement du provisoire et donner un avenir et c'est à quoi nous nous employons aujourd'hui.
Juste toute la majorité est derrière vous parce qu'on a cru comprendre que ça grognait quand même, que certains considéraient que vous étiez valsisé vous et Emmanuel Macron ou alors vous aviez toujours été valsisé. Valsisé n'est pas un compliment apparemment. Dans la bouche de Benoît Hamon, dans la bouche de Benoît Hamon, non. Est-ce que ça grogne ou en gros, est-ce que vous allez lâcher un peu de l'est sur un certain nombre de choses ? Si vous voulez,
nous, nous discutons beaucoup avec les députés En Marche, Modem, donc les constructifs et moi, je suis toujours dans la transparence. C'est-à-dire, même y compris vis-à-vis des associations puisque je pense que la politique qu'on mène est juste. Et donc, quand vous menez une politique que vous pensez juste, vous n'essayez pas de camoufler les choses. Moi, je présente toujours les choses telles qu'elles sont et j'essaye d'expliquer. Donc, je reçois beaucoup de députés En Marche, des députés de tous les groupes. D'ailleurs, j'irai m'exprimer devant des représentants de tous les groupes de l'Assemblée nationale avant de présenter la loi Asile et Immigration.
Mais voilà, il faut aller de l'avant et je crois qu'ils le comprennent bien. On va avoir donc une loi sur le problème spécifique des Dublimnés. C'est la proposition de loi Warsman. On l'examine la semaine prochaine et je pense qu'elle sera adoptée. On va avancer encore une question sur le sujet, Karine.
J'ai une dernière question dans ce projet de loi Asile et Immigration. Qu'est-ce que vous avez prévu pour les jeunes isolés, les mineurs isolés ? La plupart sont dans la rue. Comment on fait ? Comment la France a envie de gérer l'avenir de ces réfugiés qui sont des réfugiés particuliers là ? Ils sont mineurs.
Gérard Cohen. Alors, si vous voulez, pour une fois, ce n'est pas de mon domaine je dirais pour le moment parce que le Premier ministre a nommé une mission conjointement avec les présidents de départements puisque c'est eux qui gèrent avec l'ASE, donc l'aide à l'enfance, ce problème des mineurs isolés. Donc, les conclusions vont être données dans quelques temps mais vous avez raison, c'est un problème énorme. On est passé en l'espace de 3 ans de 4000 mineurs à 14-15 000 mineurs isolés. Donc, c'est un vrai problème mais en plus, dans ces mineurs isolés, il y en a 60% qui n'ont pas été reconnus mineurs.
Donc, vous voyez qu'on a des problématiques qui sont quand même importantes et donc qu'il faut prendre avec sérieux.
Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb est l'invité de Questions politiques.
Questions politiques sur France Inter.
C'était jeudi, Gérard Collomb, vous dévoiliez la police de sécurité du quotidien, une promesse du candidat Emmanuel Macron. Question de Nathalie Saint-Cricq.
Vous dites beaucoup que vous voulez sortir de la logique de la politique du chiffre. Je ne comprends pas ce que ça veut dire.
Si vous allez interroger des policiers et des gendarmes, qu'est-ce qu'ils vous disent ? Ils disent, voilà, aujourd'hui, nous, on croule sur la bureaucratie pour deux raisons principales. La première raison, c'est qu'on nous demande chaque jour des statistiques, des reportings et on passe notre temps à faire des papiers plutôt qu'à être sur le terrain. Deuxième chose qu'ils vous disent, c'est, aujourd'hui, la procédure pénale est devenue hyper compliquée et donc, pour une heure d'enquête sur le terrain, on est obligé de faire sept heures où là aussi, on fait un certain nombre de procédures. Ce n'est pas ça, la politique du chiffre.
Ce n'est pas ça, la politique du chiffre.
Si, si, attendez. Et donc, les juges et les magistrats vous disent, nous, on ne peut plus gérer cela comme cela. Qu'est-ce qu'on va faire ? On dit, nous d'abord, on décentralise parce que la délinquance, elle n'est pas la même suivant les territoires. Et croire qu'il y a une seule direction, c'est totalement faux suivant que vous êtes dans un quartier où vous avez une délinquance qui est principalement faite d'usage de stupéfiants à un haut niveau que vous avez des trafiquants ou bien que vous êtes dans la petite délinquance, vous ne pouvez pas avoir le même type de police.
Et les policiers vous disent, mais le chiffre à faire, c'est facile, je sais où je peux faire du chiffre, je vais en faire, on me dit, il faut en faire 30 dans la journée, il faut en faire 30 dans la journée, moi je vais vous faire les 30. Ils disent, ce n'est pas ça, c'est changer concrètement la situation. Et donc, nous, plutôt que de demander des reportings chaque jour, on va évaluer après. Vous voyez, je dis au DDSP, au commissaire de police, allez-y, vous avez carte blanche pour d'abord élaborer une stratégie avec les élus locaux, avec les populations, avec les représentants de bailleurs sociaux, puis dans un an, un an et demi, on va aller évoluer, évaluer ce que vous avez fait.
On va vous donner des moyens, puisque je vous rappelle, on recrute 10 000 personnes pour les 5 ans. Donc partout, pas simplement dans les 30 quartiers que l'on a fléchés, dans les 20 départements que l'on a fléchés, mais partout sur le territoire, ils vont avoir des effectifs supplémentaires, ils vont avoir une capacité à disposer de matériel moderne, vous savez, les tablettes, les smartphones, les caméras piétons qui vont changer la police et la gendarmerie, qui vont la faire passer du 19e siècle au 21e siècle. Eh bien, cela doit avoir des conséquences positives et un an après, on évalue ce que vous avez fait. Virginie Malingre.
Alors, vous dites aussi, ça m'interroge beaucoup, que vous voulez mettre en place une évaluation de la police qui va associer la population. Concrètement, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que si j'ai un contrôle de l'identité demain, après je vais remplir une enquête de satisfaction ?
C'est quoi ? Non, Gérard Collomb. Non, ce n'est pas exactement ça. Si vous voulez, nous travaillons, nous avons voulu travailler, je vous le disais, avec l'ensemble des... Avec l'ensemble des policiers, avec l'ensemble des gendarmes, mais également avec tous les élus de France et avec les représentants de la population. Vous savez, moi j'ai été, comme vous le rappelez, maire, je sais qu'il y a des conseils de quartier. Si dans ces conseils de quartier, vous avez un référent qui travaille avec la police, à mon avis, c'est mieux pour l'ensemble de la population. Nous avons voulu associer aussi un certain nombre d'universitaires, de chercheurs.
Vous avez vu que nous avons travaillé avec Opinion Nouet pour dépouiller. Demain, nous prendrons un quartier et nous irons interroger la population en disant, à votre avis, est-ce que la situation en matière de sécurité s'est améliorée depuis un an ? Et là, nous aurons effectivement la réponse pour savoir si les gens perçoivent que la sécurité s'est améliorée ou pas. J'étais hier à la paillade à Montpellier où on inaugurait cette police de sécurité. Eh bien, dans un an, un an et demi, on va me dire à la paillade, est-ce que ça marche mieux ou est-ce que c'est comme avant ? Et là, j'aurai ma réponse.
Et est-ce que vous irez à Trappes pour faire des enquêtes pour savoir si les relations entre les jeunes des quartiers et les policiers s'améliorent ? Donc ça, ce n'est pas une question de sécurité, c'est une question de relations.
Mais si vous voulez, lorsque, par exemple, on met les smartphones, avant, lorsque vous faisiez un contrôle d'identité, il fallait téléphoner au commissariat pour savoir si le jeune était fiché otage ou FSPRT, etc., etc. Là, vous sortez votre téléphone, ça demande exactement une minute. Vous regardez, vous relâchez. Évidemment que ça change le rapport entre la population, les jeunes en particulier, et la police. Donc oui, c'est à travers ces mesures qu'on va changer la relation. Et moi, je veux apaiser partout. Alors évidemment, ceux qui sont des grands trafiquants, et il y en a un certain nombre, on n'apaisera pas. Mais avec effectivement les jeunes, je veux apaiser.
Moi, quand je vous disais à Montpellier, je suis allé discuter avec tout le monde parce que j'ai encore mes pratiques de mer. Moi, je rentre dans un café, je vais serrer la main des gens, il y en a un qui me paye un café, je discute avec lui, il veut faire un selfie, je fais un selfie avec lui, je lui dis, mais attention, tu fais un selfie avec moi, mais si jamais tu as arrêté, c'est double tarif pour toi. Il faut pouvoir retrouver un dialogue, à la fois être ferme, Non seulement il vous offre un café, mais en plus, vous lui dites que si jamais il se fait arrêter, il sera puni durement. Bien sûr, partout, je tiens un discours de fermeté.
J'étais avec des mamans là, j'aurais dit, soyez fermes avec vos enfants. Ce n'est pas dans la dérive, dans la délinquance que l'on peut trouver sa voix, c'est dans le travail. Dites-leur qu'à l'école, il faut travailler. Le ministre de l'éducation nationale est en train de dédoubler les cases, profitez-en, donnez-leur des perspectives. C'est comme cela, effectivement, que vous construirez pour eux un avenir. Karine,
vous parlez de référents que vous voulez dans les conseils de quartier pour discuter avec la police. Tout à l'heure, vous disiez, il faut que la police parle avec les bailleurs sociaux, il faut qu'ils parlent avec les principaux des collèges, il faut qu'ils parlent avec les élus. On sent que vous voulez remayer le territoire. Est-ce que finalement, cette police de sécurité, ce n'est pas le retour des RG qui nous manque finalement, pour surveiller le territoire ? Les renseignements généraux.
Ce qui est sûr, si vous voulez, c'est que l'ensemble des policiers et des gendarmes sont des fabuleux détecteurs à la fois de sensibilité, d'évolution des populations. Vous voyez, dans la gendarmerie, ils ont même créé déjà ce qu'ils appellent des brigades de contact. C'est-à-dire qu'ils ne vont pas faire forcément de la répression, mais ils vont voir tout le monde. Ils vont voir les commerçants, ils vont voir, comme vous le dites, le proviseur, ils vont voir la population, etc. Et tout d'un coup, ils détectent. Et par exemple, le renseignement territorial, même pour les cas problématiques qui concernent, par exemple, le terrorisme, ils font remonter de l'information.
Et si vous ne faites pas remonter de l'information, vous êtes aveugles pour agir. Et nous, nous voulons que les policiers, les gendarmes, puissent avoir du renseignement pour mieux maîtriser les problèmes d'insécurité. Donc à la réponse de Karine, la réponse est oui. C'est le retour des RG. Ce n'est pas exactement les RG. C'est quelque chose de différent parce que les RG, c'était maintenant, il y a une dizaine d'années, donc c'est totalement différent. En particulier, les RG s'occupaient de renseignements politiques. Moi, ça m'importe peu que les gens aient telle ou telle opinion politique.
Je vais vous dire que moi, j'ai dit par exemple, dans la loi que nous avons fait, la loi CIL, je ne mettrai pas les problèmes d'ordre public parce que je ne veux pas qu'on confonde les problèmes, vous savez, c'était la loi sur le terrorisme. Je ne veux pas que l'on confonde l'ordre public, les opinions politiques et puis ces problèmes gravissimes du terrorisme.
M. Gérard Collomb, juste une petite précision. Emmanuel Macron, pendant sa campagne, s'était engagé sur un service militaire universel obligatoire. Vous avez parlé tout à l'heure des mamans, des jeunes, leur dire, il faut travailler. On nous avait un peu vendu cette histoire comme quelque chose relevant de la cohésion nationale. Florence Parly, il y a quelques jours, dit, franchement, ça ne sera sûrement pas obligatoire. À quoi ça sert si ce n'est pas obligatoire ? Et qu'est-ce que vous en pensez ?
Je pense que le président de la République, on peut peut-être lui attribuer quelques défauts, mais en tout cas, il a une qualité, c'est la persévérance dans les idées. Alors, aujourd'hui, on est en train de réfléchir à la forme que cela pourrait prendre, mais il a encore réaffirmé récemment qu'il voulait effectivement faire ce genre de service. Alors, sur la forme obligatoire. Et vous,
qu'est-ce que vous en pensez, personnellement ? Si vous voulez,
le fait que pendant une période brève, tous les Français, de quelques conditions sociales qu'ils soient, se retrouvent ensemble, franchement, c'est quand même pas mal.
Donc, il faut que ce soit obligatoire ? Oui, bien sûr. Non, mais c'était juste pour avoir une précision et une réponse extrêmement claire avant de donner la parole à Karine.
Ce n'est plus le service d'un an qu'on connaissait par le passé. Un mois minimum. C'est quelques semaines, un mois, mais au moins, on se retrouve ensemble via un brachage social.
garçon et fille. Ah bah oui.
Je pose la question naïvement. Peut-être pas dans le même dortoir, mais enfin, garçon et fille, oui. Bon,
écoutez, ça va faire... Oui, voilà, dommage. Est-ce qu'il y aura une nouvelle politique pénale pour accompagner cette réorganisation de la police que vous venez d'annoncer, puisque vous annoncez beaucoup de réformes, mais tout, apparemment, a l'air de se concentrer sur cette politique pénale, sur ce que les affaires deviennent devant les juges ?
Nous travaillons depuis maintenant environ trois mois avec la garde des Sceaux pour cette réforme de la procédure pénale. Parce que je vous dis, à la fois policiers, mais en même temps magistrats font absolument le même concert. Et c'est pour quand, cette nouvelle politique ? Je crois que Mme Belloubet, d'ici, on va dire, la fin du printemps, devrait porter cette réforme de la procédure pénale de manière à pouvoir numériser les procédures, à pouvoir oraliser un certain nombre de témoignages, par exemple, sur les gardes à vue. Donc, oui, nous allons aller de l'avant.
Et je dirais que la police de sécurité du quotidien ne se mettra en place qu'à partir du moment où nous ferons, en même temps, la réforme de la procédure pénale.
Mais les policiers se plaignent d'avoir une réponse pénale inadaptée ou en tout cas, de manquer de réponse pénale parfois, concrètement. Qu'est-ce que vous...
Il y aura, si vous voulez, comme vous le savez là-dessus, ce que le candidat Emmanuel Macron avait appelé la forfaitisation. Donc, ça veut dire que sur les petits délits, on fera payer les gens. Ce qui reste un délit, le cannabis par exemple, mais qui pourra continuer à être judiciarisé si derrière, vous apercevez que le délit est plus important. Donc, il y a la forfaitisation donc des petits délits.
Il y a en même temps l'effectivité des peines parce que ce que nous pensons, c'est que si effectivement la peine prononcée n'est pas effectuée, évidemment, elle perd de son sens parce que tout le monde sait je suis condamné à moins d'un an de prison, je ne ferai jamais de prison et donc, je n'aurai pas d'effectivité de la peine et ce dont se plaignent les policiers, y compris ceux qui sont victimes d'agressions, c'est oui, ils vont être condamnés mais dès le lendemain, ils sont à nouveau dans le quartier. Puis enfin, troisième disposition, on pourra prononcer l'éloignement d'un certain nombre de quartiers.
Vous êtes le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, vous êtes aussi ministre des cultes et la réorganisation du culte musulman est l'un des chantiers engagés par le président de la République. Est-ce que c'est à l'État d'organiser un culte religieux ?
Moi, je suis sur une position d'abord théorique qui est celle de la loi de 1905 et d'Aristide Briand. C'est-à-dire que effectivement... Donc non. Attendez, laissez-moi vous citer Aristide Briand si vous voulez. Il disait cette loi est une loi de liberté, liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de pratiquer la religion de son choix et c'est le dernier codicile qui est important, pourvu qu'elle ne trouble pas l'ordre public.
On voit bien que nous avons aujourd'hui un certain nombre de difficultés, tout simplement parce que tout le monde aujourd'hui peut se proclamer imam et donc faire en sorte qu'on puisse développer les diplômes universitaires qui permettent d'avoir une certaine formation des imams, permettre que l'on n'ait pas simplement des imams qui soient envoyés par des pays étrangers, qui sont des imams de la république français. Mais c'est à l'état de décider, c'est à la république, c'est à vous de décider qui est imam et qui ne l'est pas. On l'a fait par exemple sur la prise en charge des aumôniers sur la pénitentiaire, sur les militaires. C'est bien l'état qui est intervenu à ce moment-là.
Oui, peut-être faut-il d'une manière ou d'une autre que nous puissions intervenir.
On attend une expression d'Emmanuel Macron sur la laïcité, c'est à faire un moment qu'on l'attend d'ailleurs. Est-ce que vous, vous êtes plutôt partisan d'une laïcité ouverte comme semblait l'être Emmanuel Macron durant la campagne ou plus stricte comme semble l'être M. Valls que nous avons cité tout à l'heure ?
Moi je suis pour Aristide Briand, comme je vous l'ai expliqué, c'est-à-dire il n'y a pas besoin de définir par un adjectif la laïcité, c'est la laïcité ouverte. Vous savez, Aristide Briand disait, vous savez comment est venue cette loi, elle est venue par le petit père Combe qui était un bouffeur de curé et donc qui voulait faire une loi anti-religieuse et elle a terminé par Aristide Briand qui l'a assumée comme une loi de liberté. Donc moi je l'assume comme l'assumait Aristide Briand. Est-ce que vous considérez
qu'il y a, comme Emmanuel Macron a pu le dire, qu'il y avait une forme de radicalisation de la laïcité ou d'un intégrisme laïque ? Est-ce que vous considérez qu'il y a en France un certain nombre de personnes, de mouvements qui sont complètement des obsédés de laïcité et qui sont différents de vous qui êtes plutôt pour une laïcité de liberté ? Quelque chose de,
si vous voulez, sur le fond des choses, moi je pense que chacun est libre d'avoir une conception spirituelle de son choix ou philosophique. Je veux dire, certains sont religieux, d'autres sont agnostiques. Est-ce qu'on fait
un radical laïc ? Je veux dire, qu'est-ce que ça peut
vouloir dire ce terme-là ? Moi je veux que la société puisse vivre ensemble. Vous voyez, j'avais fait, lorsque j'étais maire de Lyon, un groupe qui s'appelait Concorde et Solidarité où je réunissais chaque fois, une fois dans l'année, mais si besoin plus, l'ensemble des principaux dirigeants des différentes religions. Et quand il y avait un problème qui devenait grave, nous portions une parole commune. Et croyez-moi, ça empêchait que les communautés puissent se monter les unes contre les autres et que des gens qui sont de convictions différentes, tout d'un coup, s'en prennent à l'autre.
Est-ce que vous considérez qu'il y a des intégristes de la laïcité ? Je vous pose une question très simple. Quand on voit qu'une jeune femme de The Voice part parce qu'il y a eu un certain nombre de pressions ou de Jermaine, elle considérant qu'elle avait pris, elle avait émis sur les réseaux sociaux des thèses complotistes, est-ce que vous considérez qu'il y a en France une espèce de lobby d'intégristes laïcs ? Si vous voulez, vous avez de tout,
vous avez des extrémistes de tous bords, vous avez des gens qui, on le voit bien dans le pays, sur par exemple l'islam radical sont en train de basculer dans des théories qu'évidemment, nous ne pouvons accepter, qui ont conduit aux dérives que l'on a connues aux attentats. Vous avez des gens qui, d'un autre côté, lorsqu'ils voient quelqu'un musulman, tout d'un coup, ont l'impression qu'ils ont affaire à un terroriste. Donc voilà, il faut trouver une juste mesure, un juste équilibre et essayer de rassembler notre société. Moi, ce dont je me flatte quand j'étais à Lyon, c'était d'avoir plutôt une société apaisée. Ce que j'ai fait au niveau local, j'aimerais bien le faire au niveau national.
Il nous reste très peu de temps. Karine.
Je voudrais finir avec la Corse. Est-ce que vous reconnaissez une erreur de la part d'Emmanuel Macron dans sa gestion du dossier Corse quand il s'est déplacé sur place ?
Gérard Collomb. Si vous voulez, on ne peut pas juger de ce qu'est une politique vis-à-vis de la Corse sur l'instantané. C'est une série de points qui vont former une ligne. Et donc, vous jugerez lorsque vous aurez toute la ligne. Non, non. Il a rappelé deux choses. Il a rappelé, je le regardais dans votre petit zapine, il a rappelé, un, déjà que cette collectivité unique avait beaucoup de pouvoirs. et donc, il fallait exercer ses pouvoirs. Deuxièmement, que si on trouvait qu'on ne pouvait pas exercer un certain nombre de compétences, il était prêt à réviser la Constitution.
Ce n'est quand même pas quelque chose de facile sur, par exemple, sur l'article 72, ajouter un alinéa éventuellement qui permette de renforcer. Mais une condition, c'est que ça ne soit pas simplement de l'affichage, mais que ce soit effectif. On me parlait beaucoup en face de nous de symboles. Je leur ai rappelé, c'était l'ancien professeur de grec, ce que voulait dire symbole. Symbole, en Grèce, c'était ce qui rassemblait. Vous aviez deux fractions de pièces et vous les rassembliez et ça montrait que vous étiez prêts à travailler ensemble et donc, ce que nous voulons, c'est qu'on puisse travailler ensemble.
Mais il avait quand même un ton très donneur. On va en rester là,
on va en rester là justement sur la Corse, l'émission touche malheureusement à son terme.
Il est prêt en tout cas à faire en sorte qu'on porte pour la Corse et pour les Corses un véritable avenir. Cet avenir ne peut pas être de fermeture, il faut qu'il soit d'ouverture.
Hier, les zadistes faisaient une grande fête à Notre-Dame-des-Landes, Gérard Collomb. Est-ce que vous avez partagé leur enthousiasme ?
J'ai même vu qu'ils avaient fait mon effigie donc tout va bien. Combien de personnes
sont encore sur place quand même ? Combien de zadistes sont encore sur place ?
Je crois qu'alors qu'il y a peu de personnes, si vous voulez, ils sont tous repartis. Les irréductibles restent alors. La décision que nous avions prise, c'était justement de ne pas affronter frontalement pour une décision qui était datée. Parce que nous comprenons qu'il y a des gens qui effectivement peuvent être de bonne foi et les gens de bonne foi, nous ne voulons pas effectivement donner l'impression que l'État est toujours contre... Mais on sera fermé intransigeant. Pour nous, il n'y a qu'une chose qui compte, le respect de la loi pour tous. Pour nous
comme pour les autres. Il reste une poignée de secondes. Renoncerez-vous à la limitation de la vitesse à 80 km heure ? Il faut demander
au Premier ministre, il vous répondra. Vous disiez que ça avait été pris
avec trop de précipitations. Comment ? Cette décision a été prise avec trop de précipitations. Il faut remettre dessus ?
Il a décidé... de discuter de ce problème avec les présidents de conseils départementaux qui sont les premiers concernés comme vous le savez par la mesure. Donc, les choses vont être comme toujours dans la concertation.
Merci Gérard Collomb. Merci à toutes les trois. Merci à Mathilde que la question politique s'est terminée. Sous-titrage Société Radio-Canada
Gérard Collomb