Législatives: la prise de parole en intégralité de Jordan Bardella
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Ils ne respecteraient pas la loi et ne travailleraient pas. Pourquoi avoir distingué les Français d'origine étrangère des Français tout court ? Je ne comprends pas votre question, monsieur. Vous avez dit que les Français d'origine étrangère, en les citant deux fois, qui ne travailleraient pas et qui ne respecteraient pas la loi, avaient à craindre d'une arrivée du Rassemblement National au gouvernement. Pourquoi ?
J'espère que les trois semaines qui nous séparent maintenant du premier tour des élections législatives, où les Français seront appelés à décider de leur avenir, à se choisir une nouvelle majorité et un nouveau gouvernement pour le pays, permettront d'élever le débat et de débattre des grands sujets de fond. Je pense que l'insécurité est aujourd'hui une inquiétude majeure pour des millions de Français. Et j'ai indiqué que mon action de Premier ministre se découperait en deux temps. Un premier temps qui serait celui des urgences, dans lequel j'intègre l'urgence du pouvoir d'achat, la sécurité et la question de l'immigration.
Il y a aujourd'hui dans notre pays beaucoup de gens qui sont de nationalité étrangère et qui commettent des crimes et des délits. Je souhaite que les étrangers qui sont présents sur notre sol, qui commettent des crimes et des délits, soient expulsés du territoire de la République française. Et l'une des premières lois que je ferai adopter par le Parlement est le rétablissement de peines planchées. D'abord, pour casser la récidive, je l'ai dit, la suspension des allocations familiales aux parents de mineurs délinquants, aux parents de mineurs récidivistes.
Et sur le plan migratoire, la première mesure que je ferai adopter, c'est la suppression du droit du sol et des mesures visant à faciliter en plus l'expulsion des délinquants et criminels étrangers, étant entendu qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de contraintes administratives qui s'appliquent sur ces procédures. Et je souhaite évidemment faciliter les procédures.
Maintenant, merci de me permettre de rappeler qu'il y a des millions de Français dans notre pays qui sont, comme moi, issus de l'immigration, qui respectent nos lois, qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui se sentent pleinement Français et qui ne comprennent pas que beaucoup de ceux qui arrivent aujourd'hui semblent dispensés de cet effort.
On ne peut pas dire un gouvernement de l'Union nationale. Hier, au même moment où vous étiez en interview, le député Ballard a annoncé l'abrogation de la réforme des retraites. Sébastien Chenu a rappelé que le Rassemblement national allait retirer la loi permettant d'avoir une double nationalité avant de se rétracter. Ils n'ont pas reçu le plan Matignon ? Eux, ils ne sont pas prêts ?
Si, si, mais soyez un peu indulgents à l'égard de personnalités politiques qui, peut-être, commettent une erreur et la reconnaissent dans les 4 secondes qui ont suivi. Donc merci de prendre l'intégralité de leur position. La suppression de la double nationalité n'était pas au projet présidentiel de Marine Le Pen.
Et s'agissant de la réforme des retraites, j'ai très clairement indiqué qu'elle serait mise en œuvre, celle que nous avons défendue lors de l'élection présidentielle, dans le deuxième temps de mon action, et que nous permettrons notamment, c'est là, je crois, la priorité à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans, de partir à la retraite avec 40 annuités et avec un âge de départ légal de 60 ans.
Parce que je pense qu'il y a beaucoup de gens aujourd'hui qui font des métiers très difficiles dans notre pays et qui ne peuvent pas supporter un énième report de l'âge légal parce qu'ils font des métiers difficiles et que ces carrières longues doivent évidemment pouvoir, dans une mesure et une philosophie de justice, partir plutôt à la retraite.
Est-ce que c'est le gouvernement ?
J'ai l'ambition, avant d'être Premier ministre, de bâtir une majorité qui soit la plus large possible, et évidemment de constituer au regard de l'État du pays et du paysage politique un gouvernement d'union nationale, c'est-à-dire un gouvernement qui verrait en son sein nommer des personnalités qui ne sont pas forcément issues du Rassemblement national. J'ai dans un premier temps lancé un appel à toutes les formations républicaines et patriotes du pays.
Je me félicite de cet accord avec Éric Ciotti, avec 70 candidats dans les circonscriptions de France qui seront soutenus à la fois par les Républicains et par le Rassemblement national et qui auront vocation à appuyer mon action de Premier ministre et celle de mon gouvernement. Et puis si j'ai voulu cette alliance aussi, c'est parce que se dresse face à nous un danger, un péril pour la démocratie, pour la République française, qui est celui de l'hypothèse d'une victoire de l'extrême-gauche et de Jean-Luc Mélenchon dans quelques jours. Je suis ici dans un territoire rural. Je refuse l'agribashing.
Et l'extrême-gauche, qui a accueilli en son sein la France insoumise, Europe, Écologie, Les Verts, se livre précisément à l'agribashing depuis maintenant plusieurs mois, piétine les champs de nos agriculteurs, multiplie les normes environnementales et plus largement, cette coalition porte un programme économique qui verrait la France être mise sous tutelle par le Fonds monétaire international en quelques jours s'il était mis en oeuvre.
Est-ce que c'est votre premier adversaire à ce nouveau Fonds populaire ?
Oui, c'est mon principal adversaire dans cette campagne parce qu'en réalité, il y a deux formations politiques qui seront amenées à remporter ces élections législatives et qui seront en capacité de composer un gouvernement. C'est la France insoumise et l'ensemble de ses alliés de gauche derrière M. Mélenchon où c'est l'alliance entre les républicains, le Rassemblement national que je conduis. Et donc le choix, il sera extrêmement clair.
Il faut protéger la République parce que je crois aujourd'hui que la République est en danger face à ces ingénieurs du chaos qui prônent la division, qui prônent l'insurrection, qui piétinent les champs de nos agriculteurs, qui agressent nos forces de l'ordre et qui n'ont jamais de mots pour condamner les actes terroristes des islamistes et notamment ceux du Hamas qui ont été commis le 7 octobre dernier en Israël.
Est-ce que vous avez échangé avec Éric Ciotti sur la réforme des retraites ?
Oui, bien sûr. J'ai rencontré le président Ciotti à plusieurs reprises. Nous avons convenu d'un accord électoral entre nos formations politiques. Il y aura donc 70 personnalités, 70 candidats, dont des députés sortants, qui seront soutenus à la fois par le Rassemblement national et par les républicains. Et puis nous avons mis sur la table un certain nombre d'engagements que nous vous présenterons autour essentiellement du pouvoir d'achat. Je crois que c'est l'urgence aujourd'hui, du moment. Ça fera partie des premières priorités qui seront les miennes comme Premier ministre dès mon arrivée à Matignon, de la sécurité et de l'immigration.
Sur les retraites, je crois qu'il y a un consensus aujourd'hui. Pas seulement d'ailleurs avec nos potentiels alliés, mais partout dans le pays, pour dire que lorsque vous avez commencé à travailler avant 20 ans et que vous avez par définition un métier difficile, contrairement à ce que croient les macronistes, vous devez pouvoir partir plutôt à la retraite. Et moi, c'est aussi pour cette France-là que je veux faire cette réforme. Dans le deuxième temps de mon action.
Je vais vous proposer de baisser la TVA sur l'énergie à 5,5. Ça va coûter environ 10 à 12 milliards. Vous l'avez rappelé dans vos promesses. 12 milliards. 12 milliards. Mais vous ne nous dites pas comment vous allez la financer, cette réforme. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
Je présenterai l'ensemble des détails de ce financement, évidemment, dans les prochains jours. Ma première ambition, je l'ai dit, c'est de baisser la TVA de 20% à 5,5% sur le carburant, l'électricité, le gaz, le fioul, parce que je pense qu'il y a des millions de Français qui, dans notre pays, en cette année, n'arrivent plus à se chauffer ou sont contraints de limiter leurs déplacements. C'est une mesure qui va coûter 12 milliards d'euros, qui sera évidemment compensée.
Nous sommes en train d'identifier les pistes d'économie et nous sommes en train de regarder, parmi les amendements qui ont été déposés par les députés du Rassemblement national, le travail rigoureux qui a été fait depuis deux ans, pour notamment limiter le nombre de niches fiscales. Il y a des niches fiscales aujourd'hui, comme celles, par exemple, qui concernent les armateurs en France, de 5 milliards d'euros. On sait que ça concerne des entreprises qui font des profits et des bénéfices qui sont considérables.
Et je pense qu'en temps de crise et dans un contexte d'urgence sociale, ces niches fiscales ont vocation à être réduites pour pouvoir financer des mesures de pouvoir d'achat pour la France du travail, c'est-à-dire pour les classes populaires et les classes moyennes.
Puisque c'est votre premier adversaire, est-ce que vous appellerez à voter pour le camp d'Emmanuel Macron lors d'un second tour éventuel face à la gauche ?
Je pense que la question ne se posera pas. Et que probablement, en tout cas d'après les sondages que je regarde comme vous, l'essentiel des seconds tours verront très certainement s'opposer des députés républicains, avec un R majuscule, face aux ingénieurs du chaos que sont aujourd'hui les amis de M. Mélenchon. On a même vu d'ailleurs que le NPA de M. Poutou, qui est sous le coup d'une enquête pour apologie de terrorisme pour avoir applaudi aux attentats et aux atrocités du 7 octobre dernier, participe de cette alliance. Donc face à la gauche, plutôt le camp d'Emmanuel Macron ? Non, je ne choisirai pas.
Les résultats aux européennes sont plutôt bons. Il y a aussi ces sondages qui sont positifs en votre faveur. Vous ne craignez pas l'excès de confiance, M. Bardella ?
Non, sinon je ne ferai pas campagne, M. Donc je pense que rien n'est fait, rien n'est gagné, mais que nous avons une chance d'offrir au pays un jour nouveau et d'offrir au pays un changement de politique et un changement de cap. La France est aujourd'hui sur une pente glissante. La faillite menace sur le plan économique. Les désordres migratoires et sécuritaires créent des situations de troubles aujourd'hui dans le pays. Mon ambition, c'est de remettre de l'ordre à la tête de l'État, d'en remettre dans les comptes publics, d'en remettre dans la rue, par le rétablissement de l'autorité, de répondre à cette demande d'autorité qu'il y a aujourd'hui dans le pays.
Et donc je vais me battre jusqu'à la dernière seconde de cette campagne pour mobiliser. Après, c'est aux Français de saisir cette opportunité. Il n'y en aura pas beaucoup, des opportunités comme celle-ci. Et donc moi, j'appelle évidemment les Français, pour la France et pour la République, à aller voter dans 16 jours, parce que je pense qu'on peut concrètement changer le quotidien des Français.
Et j'en appellerai évidemment, dès le second tour, à l'ensemble des amoureux de la France, l'ensemble des patriotes, l'ensemble de ceux qui sont attachés à la République, de gens qui viennent de la droite ou de la gauche, à tous ceux dont le cœur saigne en regardant l'état du pays, je les inviterai à me rejoindre pour engager le redressement du pays.
M. Bardel, à la rue, justement, les partis de gauche appellent à manifester demain contre l'extrême droite. Selon le renseignement territorial, 350 000 personnes pourraient défiler à travers tout le pays, 100 000, rien qu'à Paris. Est-ce que ces manifestations ont de quoi vous enquêter et que du message vous avez envie de délivrer à tous ces manifestants de monde dans la rue ?
J'aimerais leur dire que nous vivons en démocratie, et que la démocratie ne se conteste pas au point de refuser le résultat des urnes. Le Rassemblement national a réalisé le plus haut score de son histoire. Il y a des millions de Français, patriotes, sincères, qui votent pour ce mouvement politique. Il faut respecter tous les Français. Je ne suis pas électeur de M. Mélenchon, je ne suis pas électeur de M. Macron, mais je respecte les Français qui font ce choix. Et je crois que le pays a besoin d'apaisement. Et moi, j'appelle sincèrement toutes les formations politiques, y compris les formations de gauche, à faire de même et à appeler tout le monde à l'apaisement.
Parce que ces appels à la rébellion, ces appels à l'insurrection, ces appels à contester le fonctionnement de la démocratie française, m'apparaissent extrêmement dangereuses. Et moi, je suis très attaché à la liberté d'expression, à la démocratie. Il peut y avoir des mobilisations, des manifestations. Elles doivent être sans violence. Et tout cela doit se faire, évidemment, pacifiquement. Mais encore une fois, il y a des élections, et les Français doivent s'exprimer légitimement, normalement et sereinement dans le cadre des élections.
Une question sur l'agriculture. On est en déplacement sur une question de l'agriculture. On ne comprend pas trop vos va-et-vient sur la question de l'agriculture.
Je vais vous les expliquer. Merci beaucoup. Avec plaisir.
Vous, à Strasbourg, Thierry Mariani, s'est abstenu sur les accords de libre-échange que vous avez évoqués avec monsieur. Il s'est abstenu sur les accords du Chili et du Kenya. Et vous êtes revenu, vous aussi, au Salon d'agriculture, en disant « Oui, je suis pour les prix planchers, non pour les prix planchers ». Est-ce que vous pouvez nous dire votre position claire sur les prix planchers et sur les accords de libre-échange ?
À quel moment avez-je dit que j'étais favorable au prix planchers ?
Vous êtes revenu à plusieurs reprises au sein du Rassemblement national, au Salon d'agriculture, avance pour dire « Oui » et finalement pour dire « Non ». Aujourd'hui, quelle est votre position sur ces prix planchers qui rémunèrent les agriculteurs ?
Ma position, c'est la position que j'ai défendue au Salon de l'agriculture et que nous avons défendue dans le cadre de la campagne présidentielle, c'est celui du dispositif des prix garantis. Pas de prix plancher systématique, parce que dans une économie ouverte, ce système est très facilement contournable. Je défends le prix garantis. Le prix garantis, ça signifie la possibilité pour l'État. Chaque année dans les négociations commerciales, lorsque les producteurs et les distributeurs n'arrivent pas à se mettre d'accord, la possibilité pour l'État est inscrite dans la loi d'intervenir et de faire respecter un prix garantis.
C'est-à-dire que l'État peut systématiquement, lorsqu'il y a un désaccord dans la négociation, se positionner en rôle d'arbitre. Parce que si vous voulez, ce mécanisme, il part d'une injustice. C'est que la vente à perte, elle est interdite en France. Mais il n'y a que pour les agriculteurs qu'elle est autorisée. Et moi, je conteste ce principe.
Et sur les accords de libre-échange, le fait que Thierry et Mariani se soient abstenus avec les accords avec le Chinois et le Kenya ?
Les députés européens du Rassemblement national dont je suis, et jusqu'aux dernières nouvelles, c'est le président du parti qui fixe la ligne. Nous avons voté contre ces accords de libre-échange parce que les agriculteurs ne comprennent pas qu'on fasse venir des produits du bout du monde qui ne respectent aucune des normes d'ailleurs qu'on leur impose, alors que dans la restauration collective, par exemple, trois quarts du bœuf est d'origine importée.
Donc moi, j'ai demandé un moratoire sur les accords de libre-échange et nous avons défendu pendant la campagne européenne la sortie de l'agriculture, des accords de libre-échange conventionnels pour que l'agriculture puisse voir les accords commerciaux se négocier au cas par cas et non dans le cadre d'accords de libre-échange plus global.
Pour les éleveurs de porcs qui vendent en Chine, pour ces agriculteurs français, ces exploitants qui vendent beaucoup à l'étranger ?
Aujourd'hui, notre déficit commercial, il est record. Donc il est peut-être temps que nos agriculteurs commercent avec les mêmes règles que tout le monde. Moi, je ne suis pas contre le commerce international. Je pense que c'est aussi de la puissance de la France que de pouvoir exporter ces produits. Nous devons continuer à le faire en assurant la promotion de la marque France à l'étranger et dans tous les pays du monde. Maintenant, on ne peut pas jouer à règles inégales. Et moi, je veux que nos agriculteurs puissent commercer, puissent jouer avec les mêmes règles du jeu.
Donc je ne veux pas qu'on importe dans le marché commun et évidemment dans l'étalage, dans les étalages de nos grandes surfaces, des produits qui ne respectent pas les normes qu'on impose à nos agriculteurs français. C'est du patriotisme économique, c'est du bon sens et c'est la première des clauses miroirs. C'était une exigence très forte de nos agriculteurs.
Et si je suis venu aussi ici, aux côtés de la France du travail, c'est parce que la menace du Mercosur plane avec Emmanuel Macron et qu'il y a encore quelques semaines, le négociateur en chef de l'Union européenne dans la presse brésilienne a indiqué que le Mercosur avait été mis entre parenthèses à cause des mouvements agricoles et à cause des élections européennes mais que la Commission avait y compris le feu vert de la France pour continuer à négocier.
Donc j'assume une rupture sur ce sujet et je souhaite moi que la France redevienne une grande puissance agricole parce que c'est indispensable pour nourrir les Français et pour nourrir une population européenne et mondiale de plus en plus nombreuse.
Merci à tous. Sur les JO. Merci. Sur les JO. Vous avez dit que vous vous m'attendrez des plans déjà établis par l'État. Oui. Ça se passe mal pendant la semaine.
On ne va pas se produire. Écoutez, moi, je suis un garçon raisonnable. Et je n'entends pas remettre en cause le travail qui est fait par les fonctionnaires de l'État et par les services de l'État depuis plusieurs mois quant à l'organisation des Jeux olympiques, quant à l'organisation de la cérémonie d'ouverture. Alors, ce n'est pas Gérald de Darmanin personnellement qui, je l'espère en tout cas, qui dessine les plans de la cérémonie d'ouverture. Il y prend part. C'est son rôle. Sans doute qu'il prend un certain nombre de décisions. Mais les Jeux olympiques sont organisés par des hauts fonctionnaires. Ils sont organisés par les services de l'État.
Et moi, je veux évidemment rassurer de ce point de vue-là. Il y aura évidemment une continuité lorsque je serai à Matignon. Si les Français nous accordent leur confiance et que je suis nommé chef du gouvernement, les Jeux olympiques vont arriver très vite. Par conséquent, j'assurerai évidemment une continuité en la matière, que ce soit pour l'organisation des Jeux, des Jeux olympiques, mais aussi pour la cérémonie d'ouverture.
Vous voyez que George Biden sur le terrain de l'aéroport, par exemple ?
C'est le Premier ministre qui remplira ce rôle. Il y a quelques étapes avant.
Jordan Bardella