Sortie de "Toy Story 5" : j'adore les films de mes enfants
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter France Inter Fabienne Sintès
Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Mais carrément, évidemment qu'ils sont vrais, les jouets, et c'est l'idée de génie de Toy Story. Il se passe des milliers de trucs dans la chambre des enfants quand ils dorment. Le cinquième volet de Toy Story sort aujourd'hui, sept ans après le dernier, si bien que Woody perd un peu ses cheveux, même s'il rentre encore dans le costume de cow-boy qu'il porte depuis 30 ans. Toy Story n'a pas inventé le film d'animation, mais c'est le premier Pixar, il l'a révolutionné, le premier long métrage fabriqué par un ordinateur, nous y reviendrons, il lance quelque chose qui ne se démentira jamais.
Le film d'animation, ça n'est pas, ça n'est plus le dessin animé de Noël qu'on allait voir grands ou petits, c'est tellement plus que ça.
Et pour vous aider à partager avec nous ceux que vous préférez, comprendre ensemble comment le film d'animation est devenu un vrai genre au cinéma que vous partagez avec vos enfants parce que vous prenez autant de plaisir qu'à y aller, et nous avons en studio un gros monstre bleu et poilu, un ogre vert avec des oreilles en cornet, une petite fille bleue avec un soupil blanc, un rat qui cuisine, Madame Souza qui court le monde, des trucs jaunes un peu non identifiables avec des lunettes et une salopette, un koala propriétaire d'un théâtre, un poisson clown et tellement d'autres.
Historiquement, le film d'animation est destiné aux enfants et aux jeunes adultes, mais il s'adresse aussi aux adultes tout court, pour ceux qui restent de leur enfance et bien au-delà. Persepolis, c'est un film d'animation la plus précieuse des marchandises de Michel Azanavicius, c'est un film d'animation. Wes Anderson a fait du film d'animation, Tim Burton en a fait deux, Zabu Breitman aussi. Et par ailleurs, il y a une école française du film d'animation, nous y viendrons, une école qui sait faire, qui sait bien et qu'on réclame aux Etats-Unis comme ailleurs. C'est tout ça à la fois, l'animation. Vous allez nous raconter ces émotions-là et ce partage d'une génération à l'autre.
Nos invités le feront aussi, c'est le Téléphone Son, soyez les bienvenus. Le Téléphone Son, 0145 24 7000 Et voici Claire qui nous attend. Bonsoir Claire, soyez la bienvenue. Bonsoir. On vous écoute Claire. Oui, voilà, moi je témoignais parce que je suis d'une famille donc j'ai un mari, deux enfants qui sont grands maintenant mais les dessins animés, on est allé tous les ans, plusieurs fois par an et c'est vraiment un ciment de la famille parce que c'était des moments partagés absolument magnifiques et puis c'est devenu une culture commune. On en parle régulièrement, on a nos enthousiasmes qui nous soudent, on a aussi un film repoussoir qui nous soude aussi. Ah bah allez-y, dénoncé.
Ah bah si, on est entre nous. Alors je dénonce la tortue rouge. Ok. Dix ans après, mes fils me le reprochent encore. Donc voilà. L'une de nos invitées est en PLS après ce que vous venez de dire, Claire. Je vous le dis. Et celui qui vous soude, c'est lequel ? Alors bon, il y en a plein. On a adoré les Toy Story, on a adoré les Miyazaki. Ok. On est vraiment des fans absolus des Miyazaki, notamment le château ambulant qui est notre préféré à la plupart de la famille. Et puis on aime beaucoup aussi l'animation type « Voilà ces gros mythes ». Donc voilà, « Ma vie de courgette », etc. Et puis voilà, Monstre et Compagnie, Shrek.
Et du coup, puisque c'est presque une Madeleine de Proust pour votre famille comme pour plein d'autres familles, d'ailleurs, est-ce que maintenant que les enfants sont grands, il vous arrive parfois de vous dire « Allez, on y va quand même tous les quatre, même si tout le monde est grand. » Et par exemple, Toy Story 5, on ira tous les quatre. Ça arrive, ça ou pas ? Alors, c'est compliqué parce qu'on n'habite pas du tout dans la même ville maintenant. Ils sont partis de la maison et ils habitent chacun de leur côté. Les ingrats. Mais c'est encore possible. Si on arrive à se retrouver à un week-end où il y a un film d'animation qui sort, on peut encore y aller.
Et alors, est-ce que vous êtes du genre, et je suis sûre que nos invités sont comme ça, surtout un que je vous présenterai dans une seconde, est-ce que du coup, il y a des répliques que vous connaissez par cœur, certains que vous pouvez quasiment réciter dans ces films d'animation-là ? Réciter peut-être pas, mais à chaque fois que j'ai quelque chose dans la chaussure, c'est clair que c'est « il y a un serpent dans ma boîte ». Voilà, pour notre rédacteur en chef en face qui me crie « j'ai un serpent dans la boîte » depuis tout à l'heure, dans l'oreille, c'est la même chose. Merci Claire, merci beaucoup pour le joli témoignage.
On vous souhaite plein de moments de films d'animation en famille encore aujourd'hui. Pour discuter ensemble jusqu'à 20h autour de la table, de la table, il y a Guilmette Odissino. Bonsoir Guilmette. Mais bonsoir. Vous êtes journaliste chroniqueuse, chef de rubrique cinéma à Télérama et il y a Frédéric Sigrist. Ouais, bonsoir Frédéric. Bonsoir Fabienne. Le spécialiste de la pop culture, c'est vous. Vous avez commis beaucoup, beaucoup, beaucoup de blockbusters ici même sur l'antenne de France Inter. On est ravis de vous voir ici au téléphone. Sonne, est-ce que vous partagez les enthousiasmes de notre amie Claire les uns les autres, Frédéric ? Pour beaucoup.
Il faut dire que Claire, elle a brassé large, donc c'est difficile de ne pas être d'accord avec elle. Donc oui, c'est évident que les Miyazaki, c'est un passage obligé. Ah oui, c'est un passage obligé. Ah bah oui, oui, quand même. Oui, parce que le studio Ghibli fait partie des studios qui ont élevé au niveau du grand public ce qu'on pouvait penser de l'animation. Alors évidemment, il y avait d'autres réalisateurs qui l'avaient fait avant, mais le studio Ghibli, c'est une marque de fabrique, surtout que c'est fait par un vieux monsieur qui fait vraiment des films, mais d'auteurs jusqu'au dernier stade. C'est-à-dire qu'il fait des films d'animation pour lui.
Et si ça peut au public, tant mieux. Et il faut le dire quand même, parce que Le Voyage de Shiro, dont parlait Claire Rouge, je ne sais pas si elle en a parlé... Oui, son préféré, c'est Le Château Ambulant. Mais Le Voyage de Shiro, le film japonais, tout confondu, qui a le mieux marché dans ce pays, c'est quand même fou, quoi. C'est un film d'animation. Vous aussi, vous avez un panthéon, j'imagine, Guilmette Odissino ? Moi, je suis très contente qu'elle ait parlé de ma vie de courgette, de Claude Barras. Voilà, voilà, je trépignais. Bon, ce n'est pas grave, je ne me fâche pas trop sur la torture rouge.
J'avoue que la torture rouge, là, on rentre effectivement dans ce que vous disiez tout à l'heure, en fait, que le cinéma d'animation, c'est du cinéma tout court. On va arrêter de dire les dessins animés, les trucs, les petits miquets dans les coins. C'est du grand cinéma. Et de temps en temps, dans l'animation, il y a aussi des films qui sont des films d'auteurs, j'allais dire pointus, il ne faut peut-être pas exagérer, mais en tout cas, qui ne sont pas forcément des grands divertissements familiaux, qui sont plus des rêveries, et qui peuvent décevoir quand toute la famille va voir un film d'animation, voilà, tous ensemble.
Mais après, évidemment, Miyazaki, je suis assez d'accord avec Frédéric, en fait, il y a ce côté, cette espèce de passerelle, le moment où des gens ont arrêté de dire dessin animé et qu'ils ont dit cinéma d'animation, c'était Miyazaki. Eh bien, je voudrais qu'on s'arrête là, justement, d'ailleurs. À quel moment on arrête de dire dessin animé, mais on dit cinéma d'animation ? Est-ce qu'au fond, c'est la même chose que quand on s'est mis à dire roman graphique et qu'on a arrêté de dire BD et qu'on a mis le roman graphique dans la case littérature ? Ça dit la même chose, Frédéric, ou pas ? Je pense que c'est vraiment... Ça en dit plus sur les... Sur les intentions ? Que sur les spectateurs.
Je pense que, et particulièrement en France, où l'animation française et même l'animation japonaise a très très vite été le fait de toutes les générations, c'est-à-dire qu'ils se sont reparés de ça. Et il y a aujourd'hui énormément de réalisateurs qui étaient des geeks, qui ont grandi avec des dessins animés qui aujourd'hui sont des réalisateurs, qui voient l'animation comme un médium point. Et c'est pas... La question n'est pas de savoir si c'est pour les enfants ou pour les adultes. C'est un moyen d'expression qui, pour moi, là je parle en mon nom, est le moyen d'expression ultime.
Pour la bonne et simple raison qu'un réalisateur de films d'animation, tous les plans qu'il va mettre dans son film, ils ont été voulus et pensés. Il n'y a pas cette idée de capturer la performance d'acteur et de saisir un moment et se dire tiens là ils ont eu la grâce ou pas. Non, vu que ça doit être dessiné, pensé et storyboardé en amont, c'est vraiment le lien le plus direct entre l'esprit d'un auteur ou d'une autrice et le spectateur. Donc c'est pour ça que pour moi, le film d'animation, c'est de toute façon un médium qu'il faut dégager du royaume des enfants.
Et puis il y a aussi, on y viendra d'ailleurs tout à l'heure avec un invité au téléphone, mais Guilmette, il y a quelque chose de technologique, il y a une barre technologique qu'on passe et on est là à cause de Toy Story 5, mais Toy Story c'est effectivement ce passage-là, c'est le premier film de Pixar. Là on reprend une claque dans la gueule comme peut-être nous dans notre enfance, on en avait pris une avec un Bambi ou autre chose. Blanche-Nège. Ou avec Blanche-Nège, etc. Blanche-Nège était une révolution, une révolution. Alors Blanche-Nège, ce n'était pas notre enfance. On a vu les redifs, n'est-ce pas ?
Oui, oui, mais bien sûr, il y a aussi cet émerveillement devant ce que, techniquement, un film d'animation peut nous proposer, c'est-à-dire évidemment des choses qu'un film en image réelle a du mal à proposer. Je parle en termes d'action, en termes de couleur, en termes de design, mais aussi en termes d'émotion. Parce que, par exemple, on parlait de Ma vie de courgette, mais on peut prendre certains Miyazaki où on peut prendre la plus précieuse des marchandises de Michel Azanabissius, imaginer une seconde les mêmes histoires en images réelles.
C'est casse-gueule que ça n'en peut plus, parce qu'en fait, ce qu'il y a de magique dans le cinéma d'animation, et ce n'est pas étonnant d'ailleurs que le cinéma d'animation japonais soit aussi talentueux, c'est que les films d'animation peuvent vous refaire découvrir des émotions qui, en image réelle, auraient pu passer pour cucu. Un petit garçon orphelin qui arrive dans une petite pension avec d'autres enfants, oh là là, mon Dieu ! Dans Ma vie de courgette, c'est top ! Et la plus précieuse des marchandises, c'est un sujet tellement compliqué, la déportation, la Shoah, etc. En animation, ça reprend une force, une grâce, quelque chose de tragique, d'absolument éternel.
Et ça, c'est la force absolue de l'animation, c'est-à-dire cette pudeur avec un trait, on peut redessiner une émotion. Hervé est là avec nous. Bonsoir Hervé ! Bonsoir ! On vous écoute Hervé ! Bonsoir, bonsoir. Écoutez, moi je voudrais simplement témoigner d'une chose qui est vraiment assez extraordinaire, c'est-à-dire que quand mes petits-enfants sont venus à la maison, et ils m'ont dit « Oh, Papoune, Papoune, on regarde, on veut regarder Ratatouille ! » Et donc j'avais loué Ratatouille, on a regardé Ratatouille, j'ai trouvé ce film absolument extraordinaire. Je dis bien film, je parle pas d'animation, je parle de film.
Je veux dire chant, contre-champ, les cadrages sont superbes, les contre-plongées sont extraordinaires, les lumières sont très très belles. Et quelques temps après, mon frère est venu à la maison, c'est un monsieur très sérieux, très scientifique, un maître de conférence, un professeur à la faculté. J'ai dit « Écoute, il y a un dessin animé à voir, il m'a dit « T'es sûr ? » On est assez adeptes d'audiards, donc évidemment, c'est un autre monde pour nous. Il s'est inscrit dans le canapé, il a regardé, il m'a dit « Écoute, j'ai assisté à un grand film. » Un grand film, un long métrage parfait.
Je veux dire, tout est, bon évidemment, c'est une histoire d'animaux, un petit rat qui fait la popote, mais il n'y a pas... Il fait la cuisine, monsieur, il ne fait pas la popote, c'est un grand chef. Oui, il fait la cuisine, il fait la cuisine, pardon. Il n'y avait rien de péjoratiste dans mon propos. Et donc, mais vraiment, les cadrages sont très beaux, les lumières sont... Le pavé brillant, à un moment donné, sous la pluie, c'est extraordinaire. Vraiment, champ contre champ, c'est du grand, grand cinéma. Et là, ça, c'est vraiment...
Et ce qui est génial, Hervé, dans ce que vous nous racontez, c'est que vous, vous êtes un cinéphile, donc c'est ce que vous avez vu, ce qui vous a sauté au visage. J'imagine que vos petits-enfants, eux, évidemment, y ont vu autre chose. À quel moment ça se rencontre, ça, en fait ? Parce que vous avez pu, peut-être, leur parler cinéma, en même temps qu'eux, ils se sont marrés en voyant un petit rat qui faisait la cuisine. Oui, tout à fait. Mais il y a eu ça. Il y a un moment tristouné aussi, quand, évidemment, on voit tous les rats pris dans les pièges, dans la vitrine, mais avec quelques explications. Et on a parlé aussi de cinéma. Je veux dire, on a parlé aussi de cinéma.
C'est-à-dire qu'un interprète parle, on le voit, on voit après, on le voit de dos. Pourquoi ? On assiste, évidemment, au dialogue. On voit un interprète, on en voit un autre. On a parlé de tout ça. Et ce sont vraiment des petits gamins qui sont super pour ça. Parce que, de notre côté, on a bien rigolé. Parce que c'est drôle. On est bien d'accord avec ça. Hervé, merci beaucoup pour votre témoignage. Vous avez fait plaisir à Guimet Odissino, vous aussi, Ratatouille, dans votre panthéon. C'est la première fois qu'on aime les rats, je vous signale. Ah oui, mais je suis complètement d'accord. Ratatouille est un chef-d'oeuvre.
Et vous disiez que vos petits-enfants sont super, mais vous êtes un grand-père, super ! Déjà, d'accepter de regarder quand on est un cinéphile, disons peut-être un peu pointu. Donc, un film d'animation avec ses petits-enfants, mais après, de le fourguer à son frère et tout. Non, mais je trouve ça génial ! Mais c'est ça là, c'est ça le partage de la cinéphilie et ce plaisir en fait qu'effectivement l'animation peut provoquer. C'est-à-dire un retour en enfance sans quitter la qualité absolue du cinéma. Vous vous souvenez-vous, Frédéric Sikrist, le premier film que vous avez montré à vos enfants par exemple, le premier film d'animation où vous vous dites là je peux partager avec eux ?
Oui, alors après, moi je ne suis pas forcément une famille test parce que je les force un petit peu aux pieds de biche très très tôt et ils en voient beaucoup et toutes les semaines régulièrement. mécaniques chez vous donc ils ont des allumettes dans les yeux. Il y a un petit peu de ça mais je les oblige à avoir un regard critique et on en parle énormément et aujourd'hui sur plein de choses c'est eux qui deviennent prescripteurs sur des séries, des films et tout ça mais c'est assez éclectique c'est-à-dire qu'il y a à la fois des Disney, du Pixar mais on peut aussi bien surveiller les séances de Linda Veux du Poulet qui est un film d'animation français.
On est allé voir Arco, autre révélation, Mars Express, film de SF en dessin animé fait par Jérémy Perrin qui est absolument incroyable. Pour moi, ce que je trouve aussi vraiment frappant dans l'animation c'est que l'animation n'a pas perdu ce que le cinéma de manière générale a perdu, c'est-à-dire le temps laissé au scénario.
Comme en fait on doit tout dessiner dans un film d'animation on travaille tout simplement mieux son scénario et ses personnages et je pense que si les films d'animation quels qu'ils soient fonctionnent autant chaque année c'est parce qu'ils nous connectent encore à ce que le vieil Hollywood faisait c'est-à-dire de faire une histoire avec un scénario et des personnages secondaires qui sont forts qui se tiennent avec une introduction un développement et une conclusion dans laquelle les personnages sortent changer de ce qu'ils ont vécu.
Et les films d'animation continuent de correspondre à cette vision là où le cinéma aujourd'hui tu sens que quelquefois le scénario n'était pas fini on a déjà produit le truc et au final tu as un côté inachevé. En même temps il y a de ça aussi dans le film d'animation on en est à Toy Story 5 donc c'est une franchise je veux dire des séries qui c'est le boulet de Pixar vous croyez que c'est leur boulet ?
J'en suis même convaincu j'en suis même convaincu parce que Pixar jusqu'à il y a très peu de temps a toujours été vecteur d'originalité et de nouveauté et je pense que quand il y a eu le Covid et l'avènement des plateformes avec Disney Plus énormément des films énormément de leurs films qui auraient dû avoir une vie sur grand écran et auraient dû créer Lucas Soul Alerte Rouge qui sont vraiment des films excellents que je conseille même la mini-série qui a été faite qui s'appelle Gagne ou Père c'est des films et des séries qui ont été envoyés directement sur Disney Plus pour alimenter la plateforme et en fait ça a amoindri la marque Pixar au cinéma et comme les actionnaires ont changé et il y a eu aussi l'élection politique parce que malheureusement tout est politique la direction de Disney a changé et on a dit à Pixar vous n'êtes pas là pour que dans vos films d'animation le message soit politique donc on a commencé à squeezer des morceaux de scénario où par exemple tu avais un personnage qui découvrait son homosexualité et en fait on a dit on va spéculer sur des franchises déjà connues parce que les gens pour si on veut les faire revenir au cinéma il faut qu'ils soient en terrain connu donc Toy Story 5 il y a un nouveau Cars qui se prépare donc il y a une espèce de syndrome Star Wars si je peux l'appeler comme ça exactement et c'est dingue parce qu'en plus ils ne communiquent même quasiment plus sur certains films je ne sais pas si les auditeurs sont comme moi mais on a découvert l'année dernière quasiment par hasard sur les affiches dans les métros ou dans les bus et Jump et Jumper et tout d'un coup même moi qui suis critique de cinéma je me suis dit tiens un nouveau Pixar mais comment ça se fait en plus sur l'affiche il y avait un ours rien à voir avec l'histoire puisque c'est l'histoire d'une jeune adolescente qui est très écolo le film est absolument génial politisé plein d'humour et de trouvailles c'est comme si ce film n'avait quasiment pas existé alors que là la sortie de Toy Story 5 c'est le grand ramdam donc il y a quelque chose qui va plus dans effectivement le côté singulier de ce studio on va revenir sur ce que vous dites mais je voudrais d'abord qu'on donne la parole à nos auditeurs et Dagmar nous attend bonsoir Dagmar oui bonsoir on vous écoute alors je voulais seulement raconter l'histoire de notre fille qui était on était au cinéma pour voir le roi lion et le film l'a tellement bouleversé qu'elle a décidé finalement de faire de sa profession et on a cherché une école pour qu'elle apprenne l'animation elle était à Cherbourg une école qui n'existe plus mais ensuite elle est allée au Canada elle a commencé dans le jeu vidéo et finalement elle est elle était engagée par Vita c'est une société d'animation en Nouvelle-Gélande et elle travaille là et elle a travaillé sur les films Avatar 2 et 3 et bon c'est pas des films d'animation ouais mais bon on est entre les deux je suis assez d'accord avec vous on est entre les deux absolument et bon c'est sa profession maintenant et elle est heureuse de faire ça et elle a gagné des Oscars tout ça grâce au Roi Lion dites donc grâce au Roi Lion oui parce que ça c'était un film tellement bouleversant pour nous aussi qu'on a adoré et la musique est splendide et tout tout est splendide vraiment dans ces films et voilà ça peut provoquer des émotions tellement que ça fait finalement un chemin comme ça merci Dagmar et on félicite votre fille on lui souhaite bon courage pour ses prochains Oscars vraiment bravo et c'est vrai que ça peut créer des vocations arrêtons-nous sur Avatar effectivement on le fait tomber dans quelle catégorie ou on refuse les catégories hybrides oui c'est hybride c'est comme le sujet du film voilà il y a des humains qui deviennent des avatars et donc en fait c'est un film d'animation hybride c'est le Roger Rabbit 2.0 j'allais dire Mary Poppins 2.0 mais oui il y a quelque chose d'hybride dans ce film mais quelque chose qu'on retrouve aussi très très fort aujourd'hui dans la culture du jeu vidéo où on sait pas où c'est un film d'animation où c'est vraiment un jeu vidéo où on peut jouer mais en même temps il y a des cinématiques il y a ce côté cette hybridation elle apparaît partout et en même temps elle est de moins en moins gênante c'est à dire que je pense que pour des jeunes générations ils verront même plus la différence on va revenir sur ce que vous disiez tout à l'heure sur les plateformes les majors et ce que c'est en train de devenir le film d'animation je voudrais qu'on accueille Jacques Bled qui est avec nous bonsoir bonsoir vous êtes le président d'illumination studio à Paris pour ceux qui sont des grands pros comme nos invités ça s'appelait Moguff Moguff au début pour les MacGuff pardon pardon MacGuff c'est moi qui écrive ça n'importe comment pour les connaisseurs donc moi moche et méchant les mignons tous en scène Super Mario Bro le film moi je voudrais comprendre Jacques Bled et tant mieux pour nous qu'est-ce qu'on a nous les français qui font qu'on vient nous chercher que les américains viennent nous chercher pour notre savoir-faire pour nos films d'animation qu'est-ce qu'on a qu'ils n'ont pas et tant mieux pour nous
alors qu'ils n'ont pas ou qu'ils n'ont plus je dirais parce qu'ils ont eu parce que Walt Disney avait quand même inventé le genre et puis avec un système très malin en disant un enfant ne va pas tout seul au cinéma il y a forcément une personne adulte qui va avec lui donc ça multiplie les entrées je reviens sur le côté un petit peu économique non ce qu'on a c'est qu'on a un écosystème vraiment formidable en France avec des écoles on en parlait tout à l'heure vous l'avez abordé qui sont dont trois sont dans le classement des dix meilleurs on a un système où il y a des studios de grande qualité il y a eu aussi un certain nombre d'obligations et de réglementations mises en oeuvre principalement autour du centre national du cinéma dont on sait qu'actuellement il est un peu attaqué de toutes parts et qu'il faut absolument défendre parce que c'est le point névralgique de cette histoire-là c'est grâce au centre national du cinéma dont je rappelle qu'il ne coûte pas un centime aux contribuables c'est le financement des gens qui vont dans les salles de cinéma ou qui regardent des films sur les plateformes qui vont apporter les moyens de pouvoir financer d'autres oeuvres donc c'est un système extrêmement vertueux qu'il faut absolument défendre et puis je pense qu'on a aussi vous l'avez abordé ça se sent par l'intermédiaire de vos auditeurs un public c'est-à-dire des gens qui aiment l'animation qui aiment toutes les animations que ça va effectivement des gros blockbusters un peu des films Illumination vous avez cité effectivement la saga Moche et Méchant nous on a commencé ce partenariat avec Hollywood il y a plus de 15 ans on en est au 17ème film le prochain sortant la semaine prochaine Des millions et des montres alors vous revenez sur est-ce que c'est le Pixar de trop j'espère que ça ne sera pas le Pixar de trop j'ai perçu une certaine perversité dans ses propos mais là je pense que non Frédéric Sylvain c'est ta honte j'espère bien en tout cas c'est un film sur lequel on met beaucoup d'espérance et les rendez-vous comme ça Bia Noël qui était vous mentionnez le dessin animé de Noël mais maintenant on va toujours quand même des périodes importantes qui sont avant les fêtes ou avant l'été qui sont des grands moments pour le cinéma d'animation alors historiquement nous on a aussi fait les Kirikou on a travaillé sur des films complètement différents alors vous avez cité Persepolis je vous l'ai rappelé saluer la mémoire de Majan Sattrapi qui était quand même une immense autrice à la fois en tant que réalisatrice et auteur de romans graphiques enfin voilà je pense que ce qui fait que ça marche c'est ce pourquoi les américains sont venus c'est aussi parce que les pouvoirs publics ont un système d'attractivité du territoire qui ne fonctionne pas que pour l'animation mais qui est extrêmement vertueux et qui permet de faire ils sont venus parce qu'il y avait des talents et ils restent aussi parce qu'il y a un écosystème vertueux dont le CNC est très largement la tête de compte
vous disiez Jacques Bled que effectivement le génie de Disney c'était de dire mais les enfants emmènent forcément leurs parents est-ce que là aussi et aujourd'hui on y pense vraiment à ça c'est-à-dire que comment le public est pensé par rapport aux films qui vont être faits est-ce qu'on pense aussi on pense tout de suite au premier niveau celui des enfants qui vont se marrer au deuxième niveau voire au troisième niveau
oui très clairement ça fait partie alors effectivement ça va être perçu peut-être par certains autour de la table comme quelque chose qui ne va pas dans le sens de la création d'un auteur mais c'est vrai que les films américains on les écrit parce qu'on a envie de raconter des histoires que ce soit des histoires pour les enfants et pour les adultes mais il faut que ça plaise aux enfants que ça soit magique que ça donne de la joie et que les gens qui accompagnent les enfants ne s'ennuient pas donc ils trouvent un premier degré un deuxième degré et c'est ce qu'on remarque aussi y compris sur nos films Les Mignons par exemple on s'aperçoit que dans les séances de 20h ou 22h qui ne sont pas a priori des séances pour les enfants elles sont pleines quand même parce qu'il y a des gens qui aiment ce cinéma là aussi qui ont été les spectateurs en étant enfants et qui ont envie de continuer l'aventure alors c'est pour ça quand on dit c'est peut-être le Toy Story trop ou le Mignon de trop on sent qu'il y a une appétence quand même du public à continuer à suivre l'évolution des personnages qu'ils ont aimés et qui les ont fait rêver quand ils étaient enfants
J'ai une dernière question pour vous Jacques Bled on le disait tout à l'heure il y a eu des progrès techniques, technologiques qui ont été fulgurants est-ce que ça vous permet aussi de bouger le scénario de changer les idées parce que vous avez en face de vous un océan de possibilités que même quand vous avez démarré vous vous n'aviez pas
Alors moi j'ai démarré effectivement en 1985 donc vous voyez effectivement un lèvre de pierre
en quelque sorte
à l'âge de la préhistoire de la 3D comme on dit effectivement les outils actuels sont beaucoup plus souples et ça permet une réécriture et des remises en question parce qu'on arrive à visualiser les choses et à se dire est-ce que ça ça fonctionne est-ce que cette séquence ça fonctionne est-ce que cette réplique ça fonctionne est-ce que ce personnage-là remplit sa mission donc toute la modernité et la possibilité de la technique permet ça il y avait un parallèle qui était assez drôle que faisait Michel Oslo Michel Oslo c'est quand même le père de Kirikou sans lequel le cinéma et l'anonymation française n'auraient pas revécu parce qu'on est quand même passé en gros de Roi et l'oiseau à Kirikou avec un grand grand espace vide à mise à part peut-être Ullierzo et Goscinny et Astérix mais Michel Oslo disait la 3D c'est un peu comme la machine à écrire numérique c'est-à-dire on n'a plus besoin de blanc pour effacer on appuie sur la touche et ça efface et je trouvais ce parallèle effectivement avant dans le cinéma d'animation il fallait dessiner il fallait attendre que ça aille au laboratoire qu'on voit les choses et on recommençait ou pas en fait on ne recommençait jamais parce qu'on n'avait pas le temps maintenant effectivement on a une palette et on fait énormément de modifications de réinterprétations ce qui parfois peut être frustrant pour les artistes qui travaillent avec nous parce qu'ils ont l'impression qu'on remet en cause leur travail non c'est pas ça c'est qu'on veut obtenir la meilleure adéquation entre les moyens qu'on va pouvoir mettre et une histoire un scénario et ce que veut un réalisateur
et bien je vous remercie mille fois de votre intervention Jacques Bled merci les mignons 3 qui n'est pas le Pixar de trop des missions et des monstres au cinéma ce sera le 24 juin la semaine prochaine merci beaucoup d'avoir été avec nous Guilmette est-ce que je peux rajouter quelque chose à toute la liste de effectivement du talent français par rapport à l'animation on a quand même le plus grand festival d'animation du monde en France c'est le festival de Cannes de l'animation à Annecy pour y être allé souvent c'est absolument hallucinant il y a tous les génies de la Terre qui chaque année se retrouvent là-bas qui discutent qui embauchent qui embauchent des jeunes gens et des jeunes des jeunes français qui sortent des écoles c'est un vivier incroyable c'est un vivier fou
si vous m'accordez encore une petite seconde
je vous en prie Jacques Bled j'ai vu que vous vouliez intervenir allez-y
oui parce qu'effectivement j'avais mis dans mes tablettes le festival d'Annecy je vous remercie d'y penser parce qu'effectivement c'est le plus grand festival d'animation du monde 17 000 personnes qui commencent la semaine prochaine très important qui vient d'ouvrir en plus une cité internationale de l'animation c'est-à-dire que le festival d'Annecy l'animation sera ainsi maintenant toute l'année et pas simplement pendant 8 jours et c'est un festival formidable parce que tout le monde s'y rencontre les pays du monde et un nombre de délégations donc effectivement c'est quelque chose qui est extrêmement important dans l'écosystème également
je vous en prie merci beaucoup monsieur Bled Jacques Bled sachez que grand bien vous fasse avec l'ami à l'Iribé à Annecy ce sera vendredi à 10h je crois que c'est en public j'espère que je ne dis pas une bêtise absolument voilà j'allais dire j'espère que je ne dis pas une bêtise tout le monde va débouler pour rien mais si c'est en public donc tout va bien on vous trouvera des places oui oui voilà venez aussi nombreux que vous êtes Sylvie est avec nous bonsoir bonsoir on vous écoute Sylvie merci d'avoir pris mon appel moi je voulais juste vous parler d'un film d'animation qui avait été extraordinaire qui n'était ni français ni américain qui s'appelle Flo c'était un film sans paroles l'histoire d'un chat qui naviguait et j'y avais amené avec mon mari notre petit-fils au fin fond de l'Ariège et quand il était revenu à Paris il en avait parlé à son père et avait trouvé ça absolument formidable et je voulais saluer ce film d'animation et aussi parler des grands signataires d'animation de toute cette Europe de l'Est qui ont fait des choses absolument formidables voilà pour ne pas qu'on oublie un grand film merci beaucoup Sylvie moi je ne l'ai pas vu mais vous oui je vous vois tous les deux c'est grandiose non non elle a raison vraiment ça convoque même la manière dont les civilisations créent leurs croyances leurs religions tout ça par le regard d'un chat et de ses compagnons de fortune sur une petite barque parce que l'aumont non vraiment c'est un film c'est un film à voir vous voyez on a Jean-Claude sur Whatsapp qui dit mon premier film d'animation avec mes enfants c'était The Mask on disait tout à l'heure qu'on pouvait être à certaines frontières il a adoré aussi Monstres et compagnie qui est culte moi aussi j'avoue que j'ai un petit faible pour le truc tout bleu Bob Razakki Bob Razakki et vous des plus belles petites filles jamais conçues dans un film d'animation je voudrais revenir en un mot sur ce que vous disiez Frédéric Sigrist vous aussi qui met d'ailleurs sur l'inventivité ou pas désormais et c'est intéressant parce que moi je me souviens de cette époque quand les séries télé ont commencé à devenir un truc énorme enfin les séries pas seulement télé d'ailleurs les séries tout court sont devenues un truc énorme on a dit il y a dans les séries quelque chose que le cinéma a perdu et puis aujourd'hui vous nous dites il y a dans le cinéma d'animation quelque chose que même les séries avaient perdu et si vous nous doutes désormais que même les séries d'animation mangées à la fois par les plateformes par les studios qui se rétrécissent sont en train de perdre ça qu'est-ce qu'il nous reste ?
Alors attention il faut mettre un gros nota bene c'est-à-dire que Toy Story 5 que j'ai vu que j'ai vu qu'il soit moins fort que le 4, 3, 2 et 1 ça n'est pas surprenant néanmoins on a le savoir-faire d'Andrew Stanton et de son équipe ça reste un film très très très très regardable il n'y a pas de soucis c'est-à-dire qu'ils nous ont tellement habitués à quelque chose d'excellent c'est-à-dire que moi déjà dès le 3 je pensais que c'était impossible d'en faire un 4 ils ont réussi je trouve à créer quelque chose d'encore surprenant là pour le 5 on est dans quelque chose d'un peu plus convenu et moi qui ai suivi l'aventure Pixar sur Disney Plus voilà pour moi les révélations c'était alerte rouge c'était la série Gagne ou Père voilà où vraiment il y avait un propos même Saul qui lui a eu les honneurs d'une sortie au cinéma mais quand on repense par exemple à la scène d'ouverture de là-haut juste c'est le film préféré de Philippe et sa famille cette vie de couple en 10 minutes Pixar c'est des instantanés où tout d'un coup parce que c'est des films faits pour des adultes qui font des thérapies c'est la même chose avec Vice Versa on est en plein dedans c'est-à-dire que les enfants ils disent le personnage là il était rigolo et les parents ils sont en pleurs en disant je repense à papa et à maman j'aurais dû leur dire Pixar ça n'est que ça c'est-à-dire qu'on s'adresse c'est intéressant parce que nous dans notre bureau on a des jeunes gens quand on a commencé à parler de ce sujet le premier qu'ils ont cité c'est Vice Versa par exemple mais c'est un chef d'oeuvre évidemment parce que c'est tellement plein d'ingéniosité d'incarner ses émotions et le pire c'est qu'il y a des subtilités qu'on voit mais qu'après des deuxièmes troisièmes quatrièmes visionnages par exemple le fait quand on voit ce qui se passe dans la tête du père de Riley et que toutes les émotions ça n'est que des déclinaisons de colère c'est-à-dire que c'est colère bleue colère rouge colère jaune etc et ça veut dire que en tant qu'homme sa première réaction c'est d'être en colère et j'ai peur quand j'ai peur je suis en colère quand je suis heureux je suis en colère etc et c'est des tout petits détails mais qui en disent tellement long sur on a compris comment fonctionne l'âme humaine et je trouve que c'est très intéressant même les psys ont adoré vice-versa parce que voilà ça leur a épargné beaucoup de travail exactement c'est au panthéon vice-versa et quelques-uns comme ça comme les grands Disney de la grande époque sont vraiment au panthéon des meilleurs films du monde c'est tout la question n'est plus du tout de rentrer dans une case Oscarisée Blanche-Neige vice-versa bon moi je mettrais un petit bout de ratatouille dedans et voilà et il y en a d'autres et même Monstres et Compagnie est une absolue un chef-d'oeuvre d'inventivité non mais franchement on l'a tous dit à un moment donc je me permets de le dire au micro mais qu'est-ce qui fume pour avoir des idées pareilles c'est pas possible quand même l'histoire d'un monde où il y a des monstres qui aspirent des cris d'enfants pour pouvoir avoir de l'énergie non mais qui pense à tout pareil excusez-moi on dirait du Nolan ce qui me fait rire c'est que chaque fois Monstres et Compagnie ou même Toy Story ces films parlent de la même chose c'est-à-dire que Toy Story n'est pas seulement un film sur des jouets inanimés quand les enfants les regardent et qu'ils se mettent à bouger quand ils ne sont plus là en fait c'est un film sur la retraite Toy Story il ne faut pas se tromper c'est un film sur des retraités qu'est-ce que tu fais quand la boîte dans laquelle tu as mis toute ta vie te met sur l'étagère en disant voilà on te remplace par quelque chose de nouveau et est-ce qu'il y a une vie après ça qui tu es en dehors de ton boulot Toy Story c'est un film de Ken Loach sur des ouvriers qui sont mis au rebut mais c'est ça une question sur Whatsapp une vraie question sérieuse quelles conséquences de l'IA sur les artistes d'animation alors l'IA je vais être cru c'est de la merde pour la bonne et simple raison que en fait l'IA n'invente pas l'IA c'est juste une idée une fois de plus d'actionnaires de synthétiser tout le travail il faut savoir que les animateurs de bande dessinée ont parlé du festival d'Annecy mais avant même le festival d'Annecy il y a un écosystème qui commence au festival d'Angoulême les dessinateurs de BD parce que souvent après ils font de l'animation dessinateurs et dessinatrices ils vivent dans une précarité extrême alors qu'ils ont un talent que la quasi-totalité des gens qui font du cinéma n'ont pas faire un film d'animation c'est de toute façon doucement doucement là quand même je sais bien tu en connais beaucoup mais quand même ils ne sont pas du tout rémunérés à la hauteur ça c'est vrai et il suffit de rentrer dans une librairie pour voir le nombre de bandes dessinées de très très grande qualité mais qui ne trouvent pas leur public pour mille et une raisons et donc en fait savoir qu'aujourd'hui un algorithme va réussir à récupérer tout ce travail pour le restituer gratuitement mais sans rien inventer dans l'optique de faire un film et le pire c'est que c'est un film qui marchera on le voit Marvel Studios quand là ils ont annoncé le prochain le prochain Avengers ils ont viré les gens qui ont constitué la marque Marvel Studios depuis 20 ans du jour au lendemain pour les remplacer par de l'IA parce que ça coûte moins cher et bien ça c'est dramatique Guilmette et on a le temps de prendre Cédric après allez-y quand même un petit bémol un petit surmol justement parce que je veux un peu d'optimisme effectivement il y a des risques sur des gros studios sur des grosses franchises que tout ça soit lissé par l'IA répété en boucle par l'IA mâchouillé par l'IA mais un film comme les triplettes de Belleville par exemple alors ça l'IA elle peut y aller elle peut pédaler c'est le cas de le dire jamais un film comme Ma vie de courgette jamais un film comme Persepolis jamais un film comme Arco jamais non plus voilà comme enfin donc il y a quand même une signature une grâce une originalité de certains auteurs là à Cannes il y avait le corset de Louis Clichy alors l'IA mais elle peut s'accrocher pour arriver à trouver cette grâce et cette singularité donc il y a quand même on a de l'espoir mais je suis totalement d'accord c'est juste dommage qu'on perde du temps pour retourner aux auteurs bien sûr un moment ou un autre il y aura effectivement ce sont des cycles et on verra bien combien de temps il y a eu il nous reste du temps pour Cédric bonsoir Cédric bonsoir on vous écoute Cédric oui alors voilà en fait moi j'ai appelé c'est à dire que bon le cinéma j'ai été opérateur projectionniste pendant 16 ans dans une petite salle d'art et d'essai donc je ne loupais pas les films d'animation quels qu'ils soient et dans ce cinéma d'animation moi il y a quelque chose aussi qui m'interpelle énormément c'est les voix c'est à dire qu'on a quand même cette richesse en France aussi d'avoir de la post-synchronisation de qualité du doublage d'une qualité extraordinaire et il y a un film moi en particulier qui m'a marqué par rapport à ça c'est le film U alors je ne me souviens pas du nom de l'auteur mais Alexandre Cédric entre autres qui faisait des voix et ce film m'a profondément marqué par rapport à ça la synchronisation des voix la façon dont les voix ont été amenées sur les personnages et le cinéma c'est 30% d'images et 70% de sons et je pense que ce qui fédère aussi les gens sur le cinéma d'animation c'est cette qualité des voix données aux personnages et vous faites bien de le dire Cédric merci beaucoup parce que les comédiens de ces films d'animation là aussi on l'a trouvé sur l'IA on en connait tous les comédiens de doublage et eux sont particulièrement en danger mais un jour ou l'autre ça reviendra on est d'accord avec ça non Frédéric ?
on l'espère et on fera tout pour mais je pense que les résultats récents du box-office ont tendance à quand même à me rassurer voire qu'en ce moment alors qu'il y a des grosses productions qui se cassent le nez de voir que c'est des petits films d'horreur mais faits avec le coeur bien pensés qui cartonnent et je sors du cinéma je voyais la foule pour voir notamment un film comme Backroom ou Obsession je me dis bon finalement même le jeune public il va avant tout voir des histoires qui lui plaisent et des bonnes histoires très rapidement on n'a pas oublié le loup de Noël nous dit tiens pour les choses qui sont encore faites à la main nous dit Emmanuel et puis un message c'est pour vous Guimet d'accord avec Guimet monstre et compagnie c'est génial et peu importe qui fume