Laure Lavalette : "Marine Le Pen alerte sur les Frères musulmans depuis des années !" (LCI)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui est nouveau dans la démarche ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a besoin de les ramener ou faut affronter les réalités ?
- 4:49OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on laisse faire ?
- 5:42OuverteRéponse directe
Le rapport préconise-t-il des actions ?
- 5:52OuverteRéponse directe
Interdire le voile aux fillettes est-il justifié ?
- 6:35OuverteRéponse partielle
Gabriel Attal a-t-il raison de poser la question du voilement des petites filles ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Ça fait huit ans qu'Emmanuel Macron est là, huit ans que nous tirons la sonnette d'alarme, voire même plus longtemps dans ma famille politique. »
- 0:32Invité politiqueFait
« Marine Le Pen, en 2017, fait une conférence de presse, justement en attirant l'attention, en disant voilà, il y a un séparatisme islamiste qui est là. »
- 0:39Invité politiqueFait
« En 2021, elle fait une proposition de loi pour lutter contre les idéologies islamistes. »
- 0:43Invité politiqueFait
« A l'époque, l'entièreté pratiquement de la classe politique nous traite d'islamophobes. »
- 0:47Invité politiqueFait
« Gabriel Attal, qui se pointe la bouche en cœur aujourd'hui en disant qu'il a pris une claque et qu'effectivement, il faudrait interdire le voile au moins de 15 ans, se moquait de Jordan Bardella en 2022 quand nous demandions l'interdiction du voile. »
- 1:00Invité politiqueFait
« Je pense que les auditeurs qui vous écoutent, personne ne peut croire en seul instant qu'Emmanuel Macron n'ait pas été au courant de l'ampleur, évidemment, du phénomène des frères musulmans. »
- 4:26Invité politiqueFait
« 2004, le rapport Aubin mis sous le tapis par François Fillon, qui déjà expliquait ce rapport Aubin, comment il y avait des coups de boutoir à la laïcité. »
- 4:59Invité politiqueFait
« les conséquences d'avoir eu cet aveuglement, c'est Samuel Paty, c'est évident que nous vivons, les Français vivent à l'heure actuelle, 25 ans de laxisme idéologique »
- 5:19Invité politiqueFait
« les 138 mosquées salafistes, déjà vous commencez par les fermer, les imams qui prêchent la haine, vous les expulsez »
- 5:30Invité politiqueFait
« on n'envoie pas un autre signal en recevant en grande pompe le président syrien qui était le créateur d'Al-Qaïda »
- 9:13Invité politiqueFait
« Gabriel Attal a dit qu'il fallait faire barrage au Rassemblement National même avec un bulletin de vote LFI. »
- 9:45Invité politiqueFait
« le voile c'est évidemment, c'est politique un voile, on le sait d'ailleurs, regardez dans tous les pays du monde, à chaque fois qu'un islam politique a repris le pouvoir, la première chose qu'il a fait c'était de voiler les femmes. »
- 12:56Invité politiqueFait
« fermer les mosquées, c'est un musulman, ça me paraît quand même être une très bonne idée »
- 19:57InvitéFait
« j'avais alerté en disant « Attention, mais où est-ce qu'on est là ? L'Europe finance des grandes campagnes de promotion de l'islamisme, des grandes organisations, etc. » »
- 20:13Invité politiqueFait
« Je suis extrêmement choquée. Il a des sangs sur les mains et on lui a fait une visite absolument terrible. On est allé visiter la tour Eiffel. »
Temps de parole
- Laure Lavalette29 %
- Présentateur27 %
- Invité17 %
- Invité 214 %
- Invité 39 %
- Invité 43 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Quand on voit les chiffres, 139 lieux de culte, ça représente 55 départements, 7% des lieux de culte musulmans, 21 établissements scolaires, 4200 élèves concernés, 280 associations culturelles, professionnelles, caritatives, de la jeunesse scolaire, financier. Ce qui est frappant, c'est que ce n'est pas des groupes au sens terroriste, c'est vraiment la société réelle qui est en train de prendre.
Oui, je veux dire, on ne tombe pas de l'armoire. Ça fait huit ans qu'Emmanuel Macron est là, huit ans que nous tirons la sonnette d'alarme, voire même plus longtemps dans ma famille politique. Je rappelle que Marine Le Pen, en 2017, fait une conférence de presse, justement en attirant l'attention, en disant voilà, il y a un séparatisme islamiste qui est là. En 2021, elle fait une proposition de loi pour lutter contre les idéologies islamistes. A l'époque, l'entièreté pratiquement de la classe politique nous traite d'islamophobes.
Gabriel Attal, qui se pointe la bouche en cœur aujourd'hui en disant qu'il a pris une claque et qu'effectivement, il faudrait interdire le voile au moins de 15 ans, se moquait de Jordan Bardella en 2022 quand nous demandions l'interdiction du voile. Voilà, je pense que les auditeurs qui vous écoutent, personne ne peut croire en seul instant qu'Emmanuel Macron n'ait pas été au courant de l'ampleur, évidemment, du phénomène des frères musulmans.
Qu'est-ce qui est nouveau dans la démarche ? Je suis très frappé quand on lit ce rapport, ça vaut vraiment la peine de le lire. Je crois que maintenant il est en accès public partout. Sur le fait que les frères musulmans, vraiment avec beaucoup d'habileté, il faut le dire, cèdent sur certains points. Ils ne sont pas intégristes, surtout ils disent qu'il faut assouplir certaines règles sur le crédit bancaire, sur l'alimentation. Ils disent par exemple, on peut manger halal, il suffit d'une formule, on dit bismillah et puis on peut manger halal.
Donc sur certains, ils lâchent du terrain dans certains domaines, mais le but c'est d'essayer d'avoir votre petite société au sein d'une société plus large pour ne pas se dissoudre comme le sel dans l'eau. Et le but, c'est la charia.
Oui, alors tout d'abord sur ce rapport, effectivement, alors ce n'est pas pour critiquer le rapport, mais pour moi il n'y a pas grand chose de nouveau dans ce texte. Merci. Moi je me rappelle que j'avais fait un dossier dans Marianne, qui n'a pas non plus attendu ce rapport pour s'alarmer de l'islamisme, en 2019, sur les frères musulmans. Pour moi ce rapport, c'est plus une synthèse des connaissances qu'on a. Alors effectivement, ce qui est bien, c'est qu'ils ont eu recours au service du renseignement, donc forcément il y a beaucoup d'informations très intéressantes. Maintenant, voilà, pour moi il n'y a pas de grande nouveauté.
Alors qu'est-ce que c'est la spécificité des frères musulmans par rapport à d'autres formes d'islamisme, comme le salafisme ou de manière extrême le djihadisme ? C'est que c'est une doctrine qui est particulièrement adaptée aux pays où l'islam est minoritaire.
C'est quasiment une doctrine qui a été conçue, alors évidemment elle a été conçue par Hassan al-Banna il y a près d'un siècle dans des pays musulmans, mais c'est une pensée qui marche très bien dans les pays où l'islam est minoritaire, parce qu'elle dit on va viser la communauté, soit la communauté musulmane, soit la communauté d'origine musulmane, et on va essayer de la ré-islamiser par tout un tas d'islamisme par le bas, donc beaucoup l'éducation, les écoles, les mosquées, l'activité périscolaire, etc.
Et on va tenter de ramener ces populations d'origine musulmane ou musulmane vers un islam rigoriste, et parfois en utilisant les outils des démocraties, par exemple le droit, la victimisation, on va en faire appel au droit de l'homme, etc.
Est-ce qu'il y a besoin de les ramener où est-ce que sont, pardon, il faut aussi affronter les réalités, il y a des musulmans conservateurs, comme il y a des juifs conservateurs, des chrétiens conservateurs, et il n'y a pas besoin forcément de propagande pour les convaincre d'être très pratiquants, de considérer que la religion musulmane est prime sur un certain nombre de règles ?
Non mais là c'est au-dessus d'être musulman conservateur, et d'ailleurs je pense que malheureusement ça fait des dommages collatéraux chez les musulmans qui vivent très paisiblement leur religion, et contre évidemment les français n'ont rien. La vraie question c'est de se dire, tout ça vous l'avez dit, déjà en 2019 vous l'aviez pointé du doigt, je pense même que votre collègue Étienne Campion dans son livre Le Président Toxique explique comment est-ce qu'il a instrumentalisé, les gens comme vous, Madame Schiappa, je le regrette, mais les laïcistes, et effectivement je... Un grand livre et je suis pas citée dans ce chapitre-là, ne me mêlez pas...
Je salue complètement le combat que vous avez mené, parce qu'on peut ne pas être d'accord sur beaucoup d'autres sujets, mais sur celui-là on ne peut pas évidemment douter de votre bonne foi, néanmoins je pense que effectivement vous avez été instrumentalisé par un président qui n'avait pas envie de lutter, il n'y a pas de volonté politique...
Non, non, vous ramenez à la politique, je ne vais pas vous empêcher de faire, c'est normal, c'est votre boutique, mais vous ramenez à la politique, on a l'impression que c'est un problème social plus profond quand on cite 4200 élèves, c'est des familles, c'est beaucoup de familles, c'est pas simplement la faute à Trump ou à machin...
Mais M. Rochebin, 2004, le rapport Aubin mis sous le tapis par François Fillon, qui déjà expliquait ce rapport Aubin, comment il y avait des coups de boutoir à la laïcité, à l'époque c'était des enfants qui ne rentraient pas dans des salles de classe parce que le mobilier était rouge, que le rouge c'était arabe, c'était des petits garçons qui ne donnaient pas la main aux petites filles, c'était des classes entières de filles qui n'allaient pas à la piscine, soi-disant elles étaient allergiques au chlore, on se doute bien que ça n'était pas la vraie raison.
Est-ce qu'on laisse faire ? Tout ce que vous racontez, est-ce qu'on est dans un monde en fait où on laisse faire cela ?
En tout cas en 2004, c'est M.
Fillon qui a priori avait d'autres chats à fouetter, mais les conséquences elles sont là à l'école, les conséquences d'avoir eu cet aveuglement, c'est Samuel Paty, c'est évident que nous vivons, les Français vivent à l'heure actuelle, 25 ans de laxisme idéologique, et pour le coup, Emmanuel Macron qui encore une fois est là depuis 8 ans, n'a absolument rien fait, et excusez-moi, mais quand il demande à ses ministres de trouver des solutions pour l'été, mais les solutions elles sont toutes trouvées, les 138 mosquées salafistes, déjà vous commencez par les fermer, les imams qui prêchent la haine, vous les expulsez, mais vous avez bien vu que les expulsions on avait quand même un mal fou à expulser, et puis excusez-moi j'en terminerai par là, en même temps on n'envoie pas un autre signal en recevant en grande pompe le président syrien qui était le créateur d'Al-Qaïda, enfin je veux dire...
Alors puisque vous parlez des actions, d'abord on va voir le rapport préconiseur de l'action, et Gabriel Attal a lancé cette idée qui évidemment provoque beaucoup de réactions, dont celle de Retailleux qu'on va voir, d'interdire le voile aux fillettes, aux jeunes filles mineures, écoutez.
Bien sûr que quand vous avez une fillette de 5-6 ans qui est voilée, personne ne peut imaginer que c'est son choix libre et éclairé que de se voiler. Et donc évidemment ce qu'il y a autour, ça peut être des parents, ça peut être des associations qui sont dans une logique séparatiste, et qui quelque part contraignent une jeune fille à adopter le voile ou à adopter ce comportement, et donc c'est évidemment ceux qui sont responsables de cette contrainte qu'il faut viser, pas une fillette de 5-6 ans qui a priori ne comprend même pas pourquoi est-ce qu'on lui demande de porter le voile.
Réaction très intéressante ce soir, c'est dans Le Parisien de Bruno Retailleux. Gabriel Attal a raison de poser la question du voilement des petites filles, mais quand on édicte une règle, il faut être sûr de pouvoir la faire appliquer. C'est très intéressant parce qu'il dit oui, il est d'accord en gros, mais est-ce que ce sera applicable dans les faits ?
C'est ce que disait je crois Robert Ménard sur cette même chaîne tout à l'heure, c'était qu'il disait dans sa ville, il y a certains quartiers où c'est devenu impossible. L'ampleur des personnes voilées rend maintenant l'application d'une telle mesure littéralement impossible. Donc est-ce qu'on est allé trop loin pour le faire ?
Qu'est-ce que ça dit ? C'est très très intéressant. Ça veut dire qu'en réalité on fait un rapport de 75 pages, il y a beaucoup de constats, mais on sent bien qu'il y a une espèce de gêne pour dire mais qu'est-ce qu'on fait exactement ?
En fait il n'y a pas de consensus aujourd'hui, ne serait-ce que sur la définition même de ce que sont les frères musulmans, sur la définition même de ce qu'est l'islamisme radical. Moi j'avais porté avec Gérald Darmanin la loi sur le séparatisme, on a passé des heures à l'Assemblée à faire des débats sémantiques pour savoir de quoi exactement on parlait. Mais je trouve intéressant la question du voilement des petites filles parce que ça met à jour un grand ennemi des frères musulmans qui sont les femmes finalement. Vous disiez tout à l'heure Darius Rochbain, quels sont les dégâts causés par ces doctrines-là ?
Finalement est-ce qu'il y a des gens qui ont envie de vivre une foi très intense et rigoriste ? Pourquoi pas ? En fait le problème c'est que leur but c'est de créer une nouvelle norme sociale comme le disait très justement Adrien Matou tout à l'heure. Et le but c'est aussi d'entraver les droits des femmes, très concrètement. Des droits qui nous semblaient quand même acquis et qu'on ne qualifiait même pas de droits comme celui de sortir cheveux au vent si vous en avez envie, mais aussi comme celui de manger à toute heure du jour et de la nuit et toute période de l'année si vous en avez envie, sans être inquiété pour cela.
Il y a eu quand même un certain nombre de faits dans les dernières années où des jeunes filles sont prises à partie, notamment dans certains quartiers, moi j'ai grandi à Belleville, où elles ne peuvent pas sortir, où on leur met une honte sur leur réputation si elles ont un petit ami quand elles ont 18 ou 20 ans. Donc c'est une vie qui est rendue impossible.
Soyons très concrets, quand Gabriel Attal dit oui, édictons la règle d'enlever le voile aux filles ou fillettes parce que ce n'est pas un choix éclairé de leur part, est-ce que vous êtes d'accord vous ?
Moi je trouve qu'il a tout à fait raison de poser ce sujet et de l'amener.
Mais vous seriez d'accord ?
Y compris celui de la question qui me semble très importante du délit de contrainte de port du voile. La question c'est celle-là, on nous dit souvent non, mais c'est le choix des femmes et donc elles ont le droit de porter un voile comme une minijupe. Alors d'abord il n'y a aucun pays dans le monde où vous serez lapidé parce que vous avez repusé de battre une minijupe. En revanche il y a beaucoup de pays où on va vous tuer parce que vous refusez de porter votre voile. Donc comparaison n'est pas raison et je pense que ce délit de contrainte de port du voile il serait fondamental, oui.
Non mais je l'entends bien évidemment, mais j'ai quand même du mal à croire dans cette sincérité. Je vous rappelle qu'en juillet dernier, excusez-moi de refaire un peu de politique, mais Gabriel Attal a dit qu'il fallait faire barrage au Rassemblement National même avec un bulletin de vote LFI. LFI on le sait sont les amis institutionnels, j'allais dire, de cet islam politique et on le voit bien notamment sur le voile. Enfin je veux dire, ils ne sont en rien d'accord. Et ce que vous dites madame Schiappa, et je le regrette parce que je suis d'accord avec vous. Moi je ne suis pas LFI, je ne suis pas d'accord avec vous.
Non mais Gabriel Attal a appelé à voter LFI, c'est votre famille politique, vous voyez. Oui mais ça devient compliqué, on a dit... Mais là-dessus vous êtes d'accord par exemple, là-dessus vous êtes d'accord, c'est bien ça, c'est bien ce qu'on comprend. Je veux dire que le voile c'est évidemment, c'est politique un voile, on le sait d'ailleurs, regardez dans tous les pays du monde, à chaque fois qu'un islam politique a repris le pouvoir, la première chose qu'il a fait c'était de voiler les femmes. Mais encore une fois... Et d'interdire l'école pour les filles.
Aussi, mais je déplore et je vous le dis que Emmanuel Macron ait préféré l'influence de Bellatar à celle de madame Schiappa, avec qui, vous imaginez bien, je suis bien plus d'accord, notamment sur le droit des femmes.
Faisons entrer dans la discussion. Médéric Chapiteau, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes spécialiste de la radicalisation dans le sport, docteur en sociologie. Vous avez signé « Quand l'islamisme pénètre le sport ». Vous êtes ancien gendarme, fonctionnaire du ministère des Sports de 2008 à 2014. Bonsoir monsieur. Bonsoir. Est-ce que tout ce qu'on voit dans ce rapport, tout ce dont on parle depuis quelques minutes, correspond à votre expérience ? Est-ce que vous avez un ou deux exemples qui vraiment illustrent cela ? Cette pénétration petit à petit dans les milieux sportifs, par exemple ?
On est complètement dans le vrai. Depuis plus de dix ans, on a fait les mêmes constats. Les parlementaires, les scientifiques, les chercheurs et les intellectuels ont exactement les mêmes constats qui sont repris dans ce rapport. Je vais vous donner trois moments forts qui peuvent alimenter les discussions. Vous avez aujourd'hui 121 fédérations délégataires de services publics validées par le ministère des Sports. Vous avez 121 règles d'application différentes des valeurs de la République. C'est déjà un non-sens et c'est une ouverture considérable pour les frères musulmans pour pénétrer cette faille. Cette faille complète, c'est la première chose.
La deuxième chose, cette permissivité, elle se traduit par un autre point. Aujourd'hui, on vérifie les conditions d'honorabilité, au même titre que pour les violences sexistes et sexuelles. On vérifie les conditions d'honorabilité des gens qui sont en face-à-face pédagogique avec nos enfants et des éducateurs sportifs. On ne passe pas au crible les personnes qui sont fichées au FSPRT. C'est-à-dire qu'un éducateur sportif qui est fiché au plus haut niveau pour le renseignement, pour radicalisation à caractère terroriste, peut être en face-à-face pédagogique avec nos enfants, à la fois dans les clubs et dans les écoles.
Donc si vous voulez, ce n'est pas une nouveauté, on le sait, on n'arrive pas à trouver le biais administratif. La proposition de loi sénatoriale a ouvert cette piste-là, donc on voit que c'est repris plus ou moins dans le rapport. Et enfin, le dernier point qui, moi, m'interpelle, parce que c'est quelque chose qui est très fort, pour moi, cette permissivité dans le sport, elle pose un vrai problème parce qu'elle fragilise l'école en général. 50% des gamins qui sont à l'école ont une licence sportive. Je donne un exemple. Une jeune fille qui va pratiquer le handball à l'école, elle va faire de l'EPS.
Quand elle va être à l'école, au collège, par exemple, de 14h à 16h, c'est le principe de neutralité qui va s'appliquer. À 18h, elle va sortir de l'école, elle va aller au club de handball. Ce club de handball, il s'entraîne dans le même collège. Et là, elle va retrouver non plus son prof de PS, mais son entraîneur, c'est la même personne. Et là, par contre, la fédération de handball autorise le port du voile. Donc, vous avez une gamine de 13-14 ans qui se retrouve dans le même lieu, qui pratique la même discipline, avec le même éducateur sportif, et qui a des règles d'application différentes des valeurs de la République.
Comment vous voulez que cette adolescente ne soit pas instrumentalisée ?
On comprend. C'est très intéressant, ça. On comprend que c'est un phénomène de fond. Parce que quand on en est là, ce n'est pas simplement un prédicateur dans une mosquée. Il ne suffit pas de fermer une mosquée pour dire « voilà, c'est fini ». Là, c'est un phénomène de fond beaucoup plus puissant.
Je suis d'accord. Enfin, ceci dit, fermer les mosquées, c'est un musulman, ça me paraît quand même être une très bonne idée, Darius Rochbin. De même qu'expulser les prêcheurs de haine et qu'ils viennent prôner la charia au titre des valeurs de la République, évidemment qu'il faut le faire. Mais je suis d'accord. Moi, j'avais le témoignage il n'y a pas très très longtemps d'un papa qui accompagnait son fils au foot. Il disait « pendant le ramadan, des enfants de 10-12 ans ont s'arrêté pour rompre le jeûne. » Enfin, des enfants qui n'y sont pas soumis. Je pense que dans le foot, il y a évidemment une... C'est flagrant. Enfin, je veux dire, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas.
Et c'est ça, moi, qui me rend un peu en colère. C'est d'avoir l'impression que nos dirigeants politiques... Enfin, Gabriel Attal, il a quand même été Premier ministre. Emmanuel Macron, il ne peut pas dire qu'il n'a pas accès à ces informations, des renseignements, si nous, nous y avions accès.
Est-ce qu'ils sont en train de réussir ? Rappelez-vous les attentats de Paris, le film magnifique s'appelait « Fluctuate d'émergiture ». Cette idée qu'on ne cède pas, on ne cède pas face à l'islamisme. C'est une très belle idée. Mais en réalité, c'est une autre façon, moins... Ça ne fait pas couler le sang. C'est un islamisme sans faire couler le sang, sans terrorisme, mais avec un effet peut-être plus efficace de leur point de vue.
Et mondial, aussi, et international.
C'est une bataille culturelle. Et c'est pour ça que, quelque part, la discussion qu'on a sur les mesures à prendre, c'est un peu... On n'a qu'une partie du problème. C'est-à-dire que là, bon, évidemment, le président s'agite, Gabriel Attal s'agite. Je ne suis pas forcément en désaccord avec la proposition, par ailleurs. Mais en réalité, ce ne sont pas des simples mesures. Même, vous pouvez fermer des mosquées. Alors, peut-être que ça aidera, bien sûr. Mais c'est une bataille culturelle. Et là, il faudrait qu'il y ait un consensus de la société française, même parmi les musulmans.
Parce qu'en réalité, c'est quand même des pratiques, dans le cadre de l'islamisme des frères musulmans, qui soit sont illégales, l'homophobie, l'antisémitisme, la polygamie, soit sont incompatibles culturellement avec ce qu'est la France. Et sur ça, il faudrait qu'il y ait quand même un discours peut-être plus clair. C'est-à-dire qu'en France, effectivement, il y a l'égalité entre les hommes et les femmes. Il y a une certaine discrétion dans l'espace public par rapport à son expression religieuse. Il y a la mixité. Et tout ça, c'est frontalement en opposition avec cette doctrine que font infuser les frères musulmans par un milliard, en réalité, d'intercesseurs.
Et il n'y a pas de mesures administratives ou politiques qui vont mettre fin à ce phénomène. Il y a peut-être quand même la question, je mets un peu les pieds dans le plat, des flux migratoires quand même. Parce que c'est écrit dans le rapport, là où c'est à marche le mieux, c'est dans les endroits du territoire français où la population musulmane est majoritaire. Alors là où il y a une difficulté quand même avec le président et le gouvernement, c'est qu'ils prennent des mesures. Parce que je ne suis pas d'accord avec vous, ils n'ont pas rien fait. La loi contre le séparatisme, il y avait quand même des mesures assez importantes, mais ils prennent des mesures dures contre l'islamisme.
Et dans le même temps, ils font quand même rentrer des dizaines, voire des centaines de milliers de gens qui sont de culture musulmane.
Donc ça rend plus compliqué. Est-ce qu'il y a une dimension démographique, disons les choses, c'est-à-dire si ça concernait le même type de phénomène, mais qui concernerait une petite communauté très minoritaire, en réalité on n'en parlerait pas, mais comme c'est une grande communauté. Alors, énormément de musulmans qui sont très modérés, qui ne sont pas du tout dans cette logique-là, mais proportionnellement, oui, ça fait du monde. Et concentré en plus. Une grande communauté est concentrée dans certains points du territoire.
Moi, je ne suis pas forcément d'accord avec ce point de vue. Je pense que, d'ailleurs, c'est documenté par un certain nombre d'experts de ce sujet. Vous avez d'un côté, on l'a dit, on est sous d'accord, vous avez une immense majorité de musulmans qui aspirent simplement à pratiquer leur religion, qui n'ont rien à voir avec les dingues qui demandent de ne pas écouter de la musique, sinon vous allez vous transformer en porc et tout ce qu'on a pu lire, qui sont de vraies citations, que les femmes qui mettent du parfum méritent les flammes de l'enfer, etc. Il y a des florilèges que je vous laisserai découvrir.
Mais vous avez aussi ce phénomène de conversion, si j'ose le dire, de cette manière, de Français qui sont nés en France et qui sont influencés par cette idéologie qui leur répond parfois à un vide de quête de sens ou j'en sais rien.
Ils veulent ré-islamiser, c'est ça qui est intéressant. Souvent, il y a eu une laïcisation et ils veulent ré-islamiser.
Et moi, ce que j'ai trouvé très intéressant dans ce rapport, c'est de constater ce qu'on dit aussi depuis longtemps, nous les personnes qui travaillons sur ce sujet, c'est que c'est partout où l'État recule qu'en réalité ça se met en place. Moi, j'ai animé beaucoup dans les territoires avec des préfets, des clirs, des cellules de lutte contre l'islamisme et la radicalisation. Et on voit qu'en général, ce que disait monsieur sur le sport était passionnant.
C'est-à-dire que quand vous n'avez plus de grandes associations, de grands mouvements d'éducation populaire, de services publics, il y a une organisation communautaire qui se fait et donc ils font faire les devoirs aux enfants, ils apportent des soins. Et du coup, effectivement, c'est comme ça qu'on fait une forme de radicalisation par le bas, comme vous le disiez. Mais est-ce que ça n'a aucun lien avec le nombre ? Je suis quand même curieux de dire ça. Non, je ne dis pas que ça n'a aucun lien avec le nombre. Je dis qu'il ne faut pas... Moi, je ne dirais pas uniquement que c'est une question migratoire.
Je dirais qu'il ne faut pas oublier, notamment si on prend les personnalités, les personnalités du monde de la chanson, du sport, les grandes personnalités qui prônent l'islamisme le plus rigoriste, etc. Beaucoup d'entre eux et d'entre elles sont des gens qui sont des convertis, qui sont des Français, qui viennent du Nord, qui nous originez.
Qu'est-ce que vous répondez ? Il faut toujours écouter tous les points de vue. Qu'est-ce que vous répondez à cette partie des musulmans que vous diront ? Nous, on n'est pas des frères musulmans, mais c'est vrai. On est pour appliquer notre religion de manière... On est français, comme vous. On est installés en France. Personne ne va nous chasser. Et la même façon que les chrétiens au XVIIe siècle pratiquaient de manière extrêmement rigoriste, en condamnant à la donation éternelle protestant ou catholique, c'est selon... Eh bien, on va appliquer. C'est comme ça. Il y a quelque chose de ça dans certaines réactions.
Il faut lire les réactions du Conseil français du culte musulman, qui dit « L'absence de définition claire des concepts qui seraient utilisés dans ce rapport entretient une confusion. Dans ce contexte, de nombreux citoyens musulmans ont aujourd'hui le sentiment de ne plus être à l'abri d'une suspicion permanente. »
Vous n'hésite pas à nous aider à les définir ?
Le flou entourant l'identité de ces acteurs est de nature à jeter une suspicion injuste sur l'ensemble des structures musulmanes dans notre pays.
Non, mais j'entends et je rejoins Mme Schiappa. Effectivement, il faudrait peut-être avoir un discours un peu clair. Et je déplore que certains musulmans qui veulent vivre leur foi de façon très paisible soient des dommages collatéraux. Mais je m'interroge aussi sur le fait qu'il y a des pays qui nous mettent en garde. Je veux dire, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, la Jordanie, l'Autriche, le Maroc. Enfin, quand vous parlez à des pays du Maghreb, ils vous disent « Mais nous, chez nous, ça ne pourrait pas arriver. » Et effectivement, on a un laxisme en France avec les frères musulmans qui n'ont pas...
Parfois par la répression. Ils ont ce qu'il en est. Non, mais ils n'empêchent qu'on peut... Ils ont gagné les élections en Algérie. On a mis le...
Enfin, je veux dire, on peut quand même dissoudre. Et quand vous entendez Bruno Retailleau qui vous dit « Non, ça me paraît compliqué. » Mais non, en fait, c'est pas compliqué. Mais Gérald Darin l'a fait. Il a dissous le CCIF. Gérald Darin s'est transformé avec une autre appellation.
Parce qu'il y a un énorme problème européen, il faut le dire. Moi, j'avais alerté à l'époque, j'étais toute seule au gouvernement, vous vous en souvenez. J'avais alerté en disant « Attention, mais où est-ce qu'on est là ? L'Europe finance des grandes campagnes de promotion de l'islamisme, des grandes organisations, etc. » C'était resté lettre morte. La commissaire européenne, Hélène Adélie, m'avait répondu, en gros, que c'était quand même les valeurs de l'Europe et qu'elle allait donc continuer à financer ses organisations. J'avais eu très très peu de soutien à l'époque. Donc j'avais peut-être eu raison trop tôt, mais je me déploie qu'aujourd'hui, ce sujet émerge.
Moi, je suis inquiète aussi de regarder quand le clip pour promouvoir le pass culture, donc un clip de la République française, est promu par une jeune femme voilée. Je pense que c'est un très mauvais signal qu'on envoie. En fait, je ne comprends pas. On a des signaux qui sont très contradictoires. Je reviens sur la façon dont on a reçu M. Al-Chara. Moi, je suis extrêmement choquée. Il a des sangs sur les mains et on lui a fait une visite absolument terrible. On est allé visiter la tour Eiffel. Enfin, on a été le premier pays d'Europe à le recevoir et à le recevoir très bien.
Je veux dire, comment voulez-vous que les Français croient en la volonté politique d'Emmanuel Macron, de Gérald Darmanin et même de Bruno Rotaillot de vouloir lutter contre l'islam politique s'il y a des signaux qui sont si contradictoires ?
En réalité, est-ce que le changement culturel est là ? Encore une fois, on le déplore, on s'en désole ou on s'en félicite. Quand Jean-Luc Mélenchon dit créolisation ou à l'autre extrême quand Zemmour s'en va, c'est quand même un peu la même chose. La société change. D'ailleurs, regardez les propositions de remèdes, en tout cas d'amélioration proposées par le rapport. C'est très intéressant. Il y a développer l'islamologie, connaître les aspirations de la population musulmane. Bon, ça, c'est un peu tarte à la crème. Modifier la règle funéraire, c'est-à-dire les carrés musulmans. Enseigner l'arabe à l'école publique.
En réalité, le rapport dit aussi, bah oui, il faut tenir compte de l'évolution. On enseignait avant le grec et le latin. Il y a presque plus de grec et de latin à les collèges. Par contre, on enseignerait l'arabe à l'école publique. Reconnaître un État palestinien aux côtés d'Israël. Il considère que c'est une des façons de dire aux musulmans de France, n'allez pas trop vers les frères musulmans parce que vous serez mieux compris.
Ça, c'est un peu les accommodements raisonnables. C'est assez curieux de faire de tels constats et de proposer de telles solutions. Après, le rapport est plus là pour apporter des constats.
Vous êtes d'accord avec ça ? D'ailleurs, vous reprendriez toute la liste à votre... Alors, qu'est-ce que vous reprendriez dans la liste ?
Je suis effrayée. Je suis effrayée, évidemment, qu'il ne faut pas enseigner l'arabe à l'école publique. Il vaut mieux revenir au grec et au latin. Parce que je vous rappelle quand même que les fondements de notre civilisation gréco-romaine, judéo-chrétienne, il n'y avait pas d'arabe à l'école publique. Je pense qu'on a été très mauvais aussi à l'école. Vous savez, quand on a continué avec l'enseignement dans les langues de culture d'origine qu'il y avait...
Mais alors, la Vallette, pardon, qu'on soit d'accord ou non avec vous, chacun a dit d'être d'accord ou non avec vous, mais comprenez que pour une famille d'origine maghrébine, quand vous dites fondement judéo-chrétienne, non, pour une famille d'origine maghrébine, elle vous dira non, c'est pas notre histoire, notre histoire familiale...
Quand vous vous baladez en France, que vous alliez de la Dordogne à la Moselle, globalement, vous avez une place de village avec une église, une poste, une boulangerie, c'est comme ça, qu'est-ce que vous voulez ? C'est notre ADN, c'est nos paysages, cette culture a façonné la France. Mais vous aviez raison, M. Matou, quand vous avez 500 personnes immigrées qui rentrent de façon légale tous les ans... 500 000, je pense.
500 000, pardon, oui, 500, c'est un vœu pieux ! Le fameux exemple de Bayrou, hein, le fameux exemple de Bayrou avec le village pyrénéen...
Mais oui, vous pouvez pas avoir impunément 500 000 immigrés qui rentrent de façon légale par an et que le paysage ne change pas.
Laure Lavalette