François Bayrou face au "danger mortel" : faut-il craindre une hausse généralisée des impôts ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Europ Stéphanie de Muru et vous jusqu'à jusqu'à 13h sur jusqu'à Stéphanie jusqu Ouaisà je on m'a on m'a savonné la piste Stéphanie Demuru et vous je récapitule he c'est tous les jours du lundi au vendredi de 11h à 13h et un nouvel invité avec vous Stéphanie et une nouvelle thématique. Ouais Michel Rimi économiste. On va parler avec lui de ces 40 milliards d'économies que François Beirou recherche désespérément.
Le Premier ministre qui parle d'ailleurs aujourd'hui de danger mortel, il prévient qu'il demandera des efforts à tout le monde. Alors, est-ce qu'il faut craindre une hausse d'impôts généralisé ? C'est fort probable dans ce pays.
Avant de faire réagir Michel Rumi et de l'accueillir, je vous propose d'écouter François Beou et s'exprimer à Chartre. On va on va essayer de faire des choses qui soient équilibrées, mesurées. C'est un effort immense qu'on va faire hein.
Mais nous sommes un pays en danger mortel, en danger mortel. Si on a laissé au travers du temps monter la marée des déficits de toute nature. Vous m'accorderez que que je dis ça depuis longtemps, que j'ai identifié ce risque depuis 20 ans.
Et donc oui, nous allons à un danger mortel répondre par des décisions suffisamment fortte pour que tout le monde les entende. Ça va demander des efforts à tout le monde, mais je ne ciblerai pas telle ou telle catégorie. Je veux que tout le monde participe à cet effort.
Bon, le ton est assez mortel quand même de François Beouot également Michel Rumi. Vous êtes avec nous. Bonjour.
Bonjour Stéphanie. Vous êtes économiste. Alors, il y a beaucoup de choses dans ce qu'on vient d'entendre déjà sur ce diagnostic.
Alors, il est pas nouveau ce diagnostic. On entendait François Fillon en son temps nous déclarer qu'il était la tête d'un état en faillite. Là, on est dans du danger mortel.
Il a raison François Baïou. C'est un discours alarmiste que que François Berou assume, mais c'est aussi un discours exagéré, hein. Moi, je dirais que la France n'est pas en faillite mais plutôt en panne de courage politique dans la mesure où les différents gouvernements successifs ont refusé de resser à temps.
Et donc le vrai danger aujourd'hui, c'est pas le niveau de la dette, c'est l'incapacité chronique de l'État à se réformer sans brutaliser les plus vulnérables. Et donc c'est cela qu'il faut bien saisir et on pourra toujours nous alarmer mais tant qu'on aura pas ce courage politique et bien on restera toujours en danger mortel dans une certaine mesure. Bon alors là il nous promet quand même ce qu'on va voir he François Beou il nous dit en gros que que tout le monde va participer que les réponses seront à la hauteur.
Clairement aujourd'hui est-ce que tous les Français peuvent être inquiets par ces paroles ? Euh oui, en fait l'idée c'est que euh aujourd'hui euh et depuis euh quelques années en fait, on a on a on racle sans sans réforme de dépenses structurelles. En fait, l'idée est que on racle et donc finalement on essaie de faire participer tout le monde et donc on peut être touché de plus ou moins, on va dire loin avec cette cégie.
Euh il faut bien voir que la France a des dépenses publiques parmi les plus élevées d'Europe. Ça veut dire à peu près à peu près 60 % du PIB. et que souvent on va dire les les les pistes sont déjà abordées hein.
C'est les les les dépenses publiques, ce sont les les subvention sur les niches fiscal, c'est en même temps la la réforme des de la fonction publique. Simplement ça demande du courage politique et notamment une capacité de négociation ici ou là avec les partenaires sociaux. Et c'est mais toutes ces réformes à mettre en place sont politiquement risquées car elles risquent de toucher à à des piliers du modèle social français.
Et là c'est compliqué. Oui. Et oui, c'est ça.
Alors, les consultations ont déjà débuté depuis la semaine dernière. François Beouot rencontre les différents parties. C'est vrai que c'est compliqué parce que il y a des menaces de censure.
On rappelle que le budget, les pistes en tout cas vont être présentées le 15 juillet. on commence à y voir plus clair. Euh alors, c'est vrai que il y a des choses qui sont écartées, notamment les dons aux associations a priori euh on parle des niches fiscales sur sur les services et l'année blanche qui semblerait tenir la corde.
Est-ce que pour vous ça serait une bonne chose ? On rappelle que ça reviendrait à geler toutes les dépenses de l'État sans prendre en compte l'inflation. Ça devrait rapporter environ 20 milliards d'économie.
Sauf que la gauche et le RN n'en veulent pas. Michel Rimi, je dirais que c'est une fausse bonne idée d'une certaine manière, hein. Tout d'abord, ça serait un un marqueur fort, potentiellement explosif dans le débat, mais c'est surtout à mon sens une vision, je dirais de de court terme, hein, parce que cela va comprimer le pouvoir d'achat des des des ménages les plus modestes et ça risque de ralentir l'activité économique au-delà des effets inégalitaires.
Oui. Puis c'est pas une réforme structurelle, hein. Exactement.
Tout à fait. Et donc en même temps, si tout le monde est touché, c'est politiquement risqué hein, parce que ça veut dire que ça touche les classes moyennes, les classes modestes et puis également les retraités qui votent. He faut pas oublier aussi.
Donc à mon sens dans même temps, Michel Rumi, pardonnez-moi de vous couper, il y a une forme au moins d'égalité. Ça ne touche pas en particulier une catégorie de français. Ça aurait ce mérite là peut-être.
C'est vrai, ça touche mais de façon euh je dirais euh plus importante les ménages les plus démunis et un peu moins les ménages les plus euh on va dire les les plus fortunés. Donc c'est cela, c'est vrai que ça touche tout le monde, mais la grande difficulté euh les les plus modestes sont plus en besoin de on va dire de de je dirais des des allocations et euh qui sont réactualisées que des personnes les plus fortunées qui peuvent éventuellement euh réduire entre guillemets leur leurs dépenses. Donc c'est c'est là où certes tout le monde va contribuer mais avec des effets qui risquent d'être plus plus marqués on va dire pour les les les les les catégories les plus démines.
Ouais. sans compter que on le disait le le RN et la gauche n'en veulent pas. Donc c'est un risque de censure.
Est-ce que il sautera ce pas François Beaou ? Est-ce qu'il se prendra ce risque ? Je dirais que soit il peut mais la question c'est derrière la question qui va se poser c'est il peut il peut le faire mais il pourra dire après sortir par le haut de dire j'ai tout tenté et c'est l'assemblée qui n'a pas voulu.
Donc il rejette d'une certaine manière la la possibilité de de la faute sur les députés, sachant que on est des des on a des à proximité des élections des échéances électorales. Donc c'est là qui qui que là va se jouer. Ou alors euh il va il va essayer d'avancer un peu plus et devoir négocier encore des alliances mais c'est toujours que pour le budget 2026 et ça va encore poser des problèmes pour le budget 2027 hein.
C'est une moi ce qui ce qui me ce qui me gêne dans dans dans l'année blanche, c'est qu'en fait c'est une mesure temporaire qui risque de venir une variable d'ajustement permanente à un moment donné. Donc c'est ça qui comme souvent d'ailleurs, on se souvient de la CSG qui devait être temporaire et qui est qui est toujours là. Alors faut-il craindre une hausse des impôts ?
Nos auditeurs répondent et on est en ligne avec Justine. C'est bien ça. Bonjour Justine.
Bonjour. Effectivement c'est ça. Bonjour.
Vous nous appelez d'où Justine ? Des Ardenes. Des Ardenes, vous avez de la chance.
Belle région. Je crois qu'il fait meilleur aujourd'hui dans les Ardenes d'ailleurs. Oui, aujourd'hui il fait bon.
C'est vrai que on a eu un peu de pluie mais il en faut et aujourd'hui c'est vrai c'est estival donc pas c'est parfait. Qu'est-ce que vous faites dans la vie Justine ? Alors on travaille avec mon mari, on est artisan donc on est plutôt bien placé justement ce qui concerne la partie imposition on va dire.
Quel Quel secteur ? Euh les fermetures, les menuiseries, PVC, bois aluminium. On imagine que comme beaucoup de Français, vous scrutez avec peut-être une forme d'inquiétude ce budget à venir.
Oui, d'inquiétude et de dépit. Euh très honnêtement, voilà, nous oui, tout à fait. On fait partie de la classe moyenne à proprement parler et euh on est toujours ceux sur qui on tape le plus facilement.
Et je pense justement parce que les ben la classe comme la mienne, les travailleurs, on on s'exprime pas forcément soit par la rue, soit par autre chose. Et il est toujours plus facile de taper sur ben voilà sur les gens comme nous euh pour aller rechercher pour aller rechercher de l'argent à remettre dans les caisses. Clairement, vous craignez aujourd'hui une hausse de des impôts d'une manière ou d'une autre parce que parfois ces hausses sont un petit peu déguisées, hein.
Oui, tout à fait. Oui, oui, je crains effectivement. qu'on ben que le gouvernement Bairou va passer par une hausse d'impôts.
Je pense effectivement qu'elle sera déguisée. Je mais effectivement je pense qu'on va on va partir par là parce que le fond du problème au niveau budgétaire pour ma part et je n'ai rien d'économiste dans ma formation mais je pense pas qu'il est forcément sur sur le taux d'impôt des Français qui est le premier en Europe. Je pense voilà qu'il faut il faut renverser la table et aller chercher les économies là où il faut aller les chercher.
Et c'est pour ça que ben c'est-à-dire honnêtement euh il va falloir arrêter de donner des aides là où euh on en a pas besoin. Il va falloir aussi je pense les cabinets de conseil vraiment sur deux sur deux pôles totalement différents. Tout ce qui est cabinet de conseil, tout ce qui est euh gestion des territoires régionaux.
Euh il va falloir vraiment taper du point sur la table. Mais monsieur Baou, sans vouloir le dénigrer, je ne pense pas qu'il aura le courage d'aller sur ce terrainlà parce que ben voilà, enfin qui dit remuer la table dit aussi ben de ne pas être populaire et je pense qu'il préférera ne pas être populaire aux yeux des Français qui travaillent plutôt qu'aux yeux ben soit de voilà soit des élites soit soit des gens des classes des classes populaires qui auront facile à faire grève. On marque une petite pause.
On vous retrouve pendant encore quelques minutes juste après la pub. Rester avec nous Justine ainsi que Michel Rumi économiste qui vous répondra au 16h 13h Stéphanie de Muru sur Europe 1 et on termine quand même avec ses économies 40 milliards d'économies François Baotou est à la recherche désespérément de de cette somme. Ça a l'air d'être compliqué.
On en parlait avec Michel Rumi économiste qui est toujours avec nous et puis avec Justine, une auditrice qui nous appelait des Ardenes, qui est artisan et qui s'inquiète Justine de la hausse des impôts. Vous êtes vraiment pas sereine avec les arbitrages que va prendre François Beovau ? Non, non, mais pas du tout parce que vous voyez euh la classe à laquelle je fais partie, on a déjà subi l'inflation, on a déjà du pouvoir d'achat en moins.
Si on vient encore nous rechercher euh une partie imposable, qu'elle soit euh biaisée ou non, c'est quelque chose qui va encore venir sur notre porte-monnaie. Enfin, moi je vois pourtant on gagne plutôt bien notre vie avec mon mari. Euh ne le dites pas trop fort, on va venir vous chercher dans vos portefeuilles encore.
Mais je veux dire, l'argent qu'on gagne, on ne le vole pas, on le gagne de la à la sue. Et si je et si je reprends la situation actuelle à celle il y a par exemple il y a 5 ans, le notre train de vie a considérablement diminué. Euh ben le découver, ça vous l'avez clairement constaté Justine.
Ah oui, bien sûr. Combien vous vous l'avez chiffré ? Euh bah si.
Oui, franchement, je pense que je peux le chiffrer ça. Ma baisse de train de vie, on va être aux alentours sur une fourchette entre 800 et 1200 € par mois. Ah oui, forcément rien que Ah bah oui, forcément rien qu'un budget course dans une famille avec trois enfants.
Ouais. C'est déjà au niveau de l'inflation, c'est déjà énorme. On a les courses, on a les augmentations des frais de scolarité, des frais de repas, des frais de nourrice.
Donc au moins effectivement ça se chiffre aux alentours entre 800 et 1000 €. les assurances, les mutuels, tout a augmenté. Donc quand le salaire lui n'augmente pas de façon euh exponentielle par rapport à au train de vie qu'on a, forcément enfin nous actuellement on on est pris à la gorge donc euh on est artisan on essaie vraiment de s'en sortir mais je trouve qu'il est facile pour et après je m'arrêterai là parce que je sais que vous avez d'autres sujets mais je trouve qu'il est facile pour le gouvernement de taper toujours sur la même classe parce que elle sait pertinemment bien que c'est pas une classe qui va se manifester soit par soit enfin par C'est sûr.
Merci. Écoutez, merci en tout cas. On a on a bien compris le message et je pense que beaucoup de Français évidemment partagent vos inquiétudes.
Ma chère Justine, merci de de nous avoir appelé. Profitez bien des de votre belle région pendant cet été. On termine avec Michel Ruimi.
Michel Ruimi, on entend ses inquiétudes. Alors, c'est vrai que le Premier ministre a promis qu'il n'y aurait pas de hausse d'impôt, mais enfin c'est vrai qu'on personne n'est vraiment serein, hein. Bah non, parce que tout le monde n'est pas serein parce que on est devant une obligation d'arriver à l'équilibre budgétaire et donc il faudra trouver l'argent.
Donc nécessairement, on devrais tout le monde devra mettre à du proportion, je dirais contribuer. La la difficulté c'est que en fait en théorie l'État peut essayer de réduire son train de vide parce que dans la mesure où il y a déjà eu des rapports, il y a eu des des rapports de la Cour des comptes, des des rapports parlementaires qui ont montré déjà la situation, il y a les diagnostics, il y a éventuellement des pistes de solution. Mais en fait, ce qui ce qu'il faut bien saisir et c'est pour cela que ça ça pose problème, c'est que euh réduire une dépense publique, c'est prendre un risque politique, c'est faire des mécontents, c'est provoquer des grèves.
Et donc, on préfère empiler des des réformes. Mais aussi, en même temps, ce qu'il faut bien voir, c'est que euh l'État se retrouve aussi dans beaucoup comme un petit ménage, on va dire, comme avec des dépenses contraintes, que ça soit la retraite, ça soit les dettes, les salaires de des fonctionnaires, la santé. Donc la dépense publique, la moitié d'ailleurs du budget de l'État.
Tout à fait. Et donc elle est bloquée là-dessus. Et donc en fait en même temps ce qu'il faut bien voir c'est que les les les hommes politiques ont horizon de de à 5 ans, on pense à 5 ans et rarement à 15 ans.
Et donc réduire le train de vie de l'État, c'est quelque chose d'impopulaire et à court terme mais il serait bien, on va dire, de le faire parce que c'est bénéfique à long terme. Donc c'est ça son courage. À demain.
Merci Michel Rumi d'avoir été avec nous sur Europe 1. Merci beaucoup. Merci.
À bientôt 11h 13h sur Europe 1.
François Bayrou