Juan Branco : «Je suis probablement fiché S»
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Je suis probablement fiché S parce que j'étais l'avocat de Wikileaks, donc j'aimerais bien ne pas me retrouver en camp de rétention, parce que c'est complètement absurde comme mesure. Alors on dit souvent, c'est une partie des fichés S, ceux qui sont fichés pour danger de terrorisme, ce qui a priori n'est pas votre contrat. Donc votre liberté entre entre les mains d'un bureaucrate qui va décider si vous faites partie du bon ou du mauvais, sans intervention de la justice, non mais on est en plein délire ou quoi ?
Qu'est-ce qu'on défend à partir de là ? Quel type de société on défend dans ce cas-là ? On est en train de renoncer à nos valeurs pour...
Mais ce n'est même pas quand je dis les valeurs, ça y est, on va me tomber dessus, c'est juste les principes de base pour lesquels on vit en France. Dans ce cas-là, partons vivre en Syrie et là aussi, on nous enfermera comme ça et on aura des gens qui décideront pour nous de ce qu'on doit faire. Donc non, évidemment pas dans ce sens-là.
Par contre, quand Benjamin Griveaux dit le drame, déjà c'est quand même sidérant, le drame c'est qu'on ne voit pas nos réussites. Donc pour lui, le drame, ce n'est pas qu'il y a des gens qui meurent, c'est le fait qu'on ne fasse pas la communication du gouvernement. Ça quand même, il faut... – Des attentats qui ont été évités, qu'on ne voit pas. – Oui, oui, et la deuxième chose, le drame, excusez-moi, ce n'est pas ça.
Le drame, c'est qu'il y ait 24 attentats qui étaient déjoués. C'est-à-dire qu'il y a 24 tentatives d'attentats qui sont intervenues en France et il faut s'interroger sur qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, encore en France, on a une telle pression au niveau terroriste, qu'est-ce qui fait dans notre politique intérieure, dans notre rapport aux populations qui sont les plus fragilisées de notre pays et qui se sentent exclues et qui après partent dans des dérives pour une partie d'entre elles d'une violence extrême, captée par des religieux. Qu'est-ce qui fait que dans la politique extérieure, dans le rapport à Syrie, financée pendant de très longues années, l'islam de France et de nombreuses mosquées avec un wahhabisme qui justement se retourne à un moment contre nous, qu'est-ce qui fait dans notre politique que cette violence est suscitée dans notre pays ?
Et ça, tant qu'on ne se pose pas cette question, et bien évidemment on va être comme Benjamin Riveau à dire « Ah oui, le drame, c'est qu'on n'est pas pareil des attentats déjoués ». – Arnaud Belletti, je reviens sur l'argument employé par Juan Branco qui est celui des principes du respect des valeurs démocratiques. Il y a un très grand décalage entre ce discours qui est globalement celui des responsables politiques et l'opinion française qui n'est pas très éloignée de celles des internautes du Figaro.
Parce que sur les sondages après sondage, les gens disent qu'on met en prison préventivement les fichiers S. Même si c'est contraire aux règles de droit, il faut qu'on se protège. – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501
Juan Branco