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AutreFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 22 septembre 2025 25 minContradictoireMixte

Reconnaissance de la Palestine : Ofer Bronchtein salue un "moment historique"

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0:01
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, Benjamin Duhamel, La Grande Matinale. Et avec Benjamin Duhamel, nous vous proposons ce matin une table ronde. Alors que la France reconnaîtra ce soir l'état de Palestine à la tribune des Nations Unies. Intervenez au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France pour dialoguer avec nos trois invités, Benjamin.

0:25
Invité

David Kalfa, bonjour. Merci d'être avec nous ce matin. C'est un co-directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient de la Fondation Jean Jaurès. Directeur de l'ouvrage Israël-Palestine, année zéro, le 7 octobre 2023. Une onde de choc mondiale aux éditions Le Bord de l'eau. Nous sommes en ligne avec Hofer Bronstein. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes co-fondateur du Forum international pour la paix, chargé de mission d'Emmanuel Macron pour le rapprochement israélo-palestinien. Et vous vous envolez dans quelques minutes avec le président de la République pour New York. Enfin, nous sommes également en ligne avec Rime Momtaz.

Bonjour, vous êtes géopolitologue, chercheuse à Carnegie Europe.

1:03
Présentateur

Soyez les bienvenus. Même question à tous les trois pour commencer. La reconnaissance d'un État de Palestine, par la France notamment, est-ce un tournant, un moment historique ou quelque chose de l'ordre du symbole Hofer Bronstein ?

1:21
Invité politique

Pour moi, personnellement, c'est un moment historique. Ça fait 50 ans que je milite pour la paix. Ça fait 50 ans que je milite pour la solution des deux États. Enfin, ça arrive, mais ça n'arrive pas seulement par la France. Ça arrive par plusieurs pays en même temps. C'est une conférence à la fois saoudienne et à la fois française. C'est pour impulser aujourd'hui un nouvel élan à ceux qui, nombreux, chez les Israéliens, chez les Palestiniens, croient en la paix. Et pour moi, la reconnaissance de l'État palestinien, c'est un acte de paix. Et c'est un acte d'encouragement pour le jour où cette terrible guerre va se terminer et que les otages, j'espère, seront libérés.

Les Israéliens et les Palestiniens comprennent que c'est la route à prendre. Il n'y en a pas d'autre. Il n'y en a pas d'autre.

2:07
Invité

David Kalfa, est-ce que vous partagez ce que vient de dire Hofer Bronstein ? Un véritable tournant plus qu'un symbole ?

2:13
Présentateur

C'est un tournant, ça, il n'y a pas de doute. C'est même une rupture avec le positionnement traditionnel de la France parce que, vous savez, depuis le processus d'Oslo, donc on est au début des années 90, la France dit la chose suivante, pour qu'il y ait reconnaissance d'un futur État palestinien, il faut qu'il y ait des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. Donc cette reconnaissance vient à l'issue d'un processus de négociation bilatérale sous médiation américaine. Là, Paris inverse l'équation. On reconnaît avant même qu'un processus de négociation s'enclenche parce qu'il n'existe pas ce processus de négociation depuis plus de dix ans.

Donc de ce point de vue-là, il y a une rupture et il y a un tournant absolument majeur. Il n'y a pas de doute là-dessus. Par ailleurs, c'est un geste... C'est un tournant. Oui, oui. Hofer Bronstein disait que c'était un moment historique. Vous vous dites un tournant. Oui, oui, c'est un moment historique. On ne peut pas jouer sur les mots. C'est très clairement un moment historique. C'est un tournant, c'est une rupture. Maintenant, la question qui se pose, c'est évidemment, c'est le caractère opérationnalisable ou pas de la démarche. C'est-à-dire quels sont les effets, quels vont être les effets concrets de cette démarche ?

Est-ce que réellement, ça va permettre d'enclencher un processus de paix après la guerre ? Est-ce qu'il y a un dispositif, est-ce qu'il y a un mécanisme sur le terrain qui permettrait de prendre le relais du Hamas après sa défaite militaire à Gaza et après un cessez-le-feu et la libération des otages ? Toutes ces questions se posent aujourd'hui. On va les poser. Rimm Omtaz, votre analyse de ce qui va se passer aujourd'hui à la tribune des Nations Unies, vous partagez le sentiment formulé par Hofer Bronstein d'un jour historique ?

3:47
Invité

Oui, c'est surtout un tournant. Pas seulement par le symbolisme de la reconnaissance de cet État de Palestine, mais surtout par la substance de cette initiative. Parce qu'en fait, c'est un tournant. On a aujourd'hui les Arabes, à travers l'Arabie Saoudite, mais aussi explicitement tous les pays arabes et certains pays musulmans qui soutiennent explicitement une démarche pour désarmer le Hamas, pour déployer une force de stabilisation à Gaza qui aura pour mission de faire en sorte que la nouvelle gouvernance à Gaza exclue le Hamas et qu'il n'y ait plus d'attaques terroristes contre Israël et que la sécurité et les droits des Palestiniens soient assurés aussi.

Ça, c'est une démarche historique qui n'avait jamais eu lieu avant. Et c'est grâce, en grande partie, à évidemment la diplomatie saoudienne, mais surtout la diplomatie française qui a eu un effet d'entraînement énorme et avec les pays occidentaux comme le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada, mais aussi avec ses engagements historiques, pour le coup, de la part de l'autorité palestinienne et des Arabes. Offer Brandstein, vous qui connaissez de près Emmanuel Macron, je rappelle que vous vous envolez dans quelques instants avec lui pour New York, il faut nous raconter comment le président de la République a évolué.

On rappelle qu'en 2017, il est élu en tenant à distance la question israélo-palestinienne, il propose une coalition pour lutter contre le Hamas au lendemain du 7 octobre 2023, proposition qui lui sera d'ailleurs très largement reprochée. Que s'est-il passé dans la tête d'Emmanuel Macron pour qu'il décide d'un tel revirement ?

5:31
Invité politique

Plusieurs choses. Vous savez, moi j'ai commencé à... Il m'a confié cette mission en 2020. Moi, dès le départ, je lui ai dit que la reconnaissance de l'État palestinien faisait partie de la stratégie que l'Europe, que la France, que le monde devait avoir dans la région. Sa position, au départ, était en temps voulu. Il n'a jamais dit non. Maintenant, n'oubliez pas que depuis François Mitterrand, en 1982, et après avec Chirac, et après Chirac avec Sarkozy, et après Sarkozy avec Hollande, ils ont tous dit qu'il fallait reconnaître l'État palestinien. Ils ont tous dit l'amitié qu'ils avaient pour Israël. Ils ont tous dit que le combat contre l'antisémitisme était une priorité.

Mais ils ont tous dit aussi que le temps était venu pour les Palestiniens de vivre en paix, en indépendance et dans la dignité. Et eux l'ont dit, Macron le fait. Je sais que le 7 octobre a été un déclencheur. Quelques semaines après le 7 octobre, nous nous sommes rendus sur place pour, bien entendu, encourager la société israélienne, le gouvernement israélien, les parents de l'État et les parents des otages. Mais nous sommes allés aussi voir Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne, le jour même. Et le président lui a demandé, est-ce que vous êtes capable de reprendre Gaza ? Et le président palestinien lui a répondu sincèrement. Il lui a dit, non, moi je ne suis pas capable.

Par contre, si je suis aidé par des forces militaires arabes, par la communauté internationale, par la formation de 40-45 000 policiers palestiniens, je pourrais le faire. Mais il a dit autre chose. Il a dit, mais moi, je n'ai aucun intérêt à le faire si ça ne fait pas partie d'un processus beaucoup plus large. Moi, je ne suis pas là pour faire la sous-traitance des Israéliens. Et le processus le plus large, c'est uniquement la reconnaissance mutuelle. Comme David et Madame l'ont dit avant, ce qui est pertinent dans cette démarche, c'est qu'elle est franco-saoudienne et qu'elle a mobilisé beaucoup de gens.

mettons, au niveau de la substance, il y a quatre membres permanents du Conseil de sécurité. Jusqu'à maintenant, deux d'entre eux, la Russie et la Chine, avaient reconnu l'État de Palestine. Aujourd'hui, il y en a deux autres qui s'ajoutent, c'est la Grande-Bretagne et la France. Donc les Américains sont isolés. Bien entendu, ils vont y mettre leur détour, mais je ne pense pas que l'administration américaine, même celle de Donald Trump, a envie d'être isolée au Conseil de sécurité. Et en plus de ça, la France était la première au G7 à reconnaître l'État de Palestine. Maintenant, il y en a déjà trois au G7 qui le font.

Donc les pays les plus puissants, les plus influents du monde reconnaissent l'État de Palestine. Bien entendu, reconnaissent l'État d'Israël et le devoir que nous avons tous pour garantir l'État d'Israël. Et ce que moi, je conseille au Président, c'est un peu... On a dit qu'il pourrait être réaliste au Moyen-Orient, il fallait être idéaliste. Mais moi, pourquoi ne pas envisager que l'État d'Israël et l'État de Palestine qui va naître ne soient pas candidats à l'Union Européenne ? Pourquoi ne pas envisager qu'Israël appartienne à l'OTAN pour garantir sa sécurité ? Tous les rêves sont possibles et tous les rêves sont réalisables.

8:47
Invité

David Kalfa, vous souhaitiez réagir. Et pour rebondir sur ce que disait Offer-Branstein, il y a bien sûr l'effet d'entraînement et les autres pays occidentaux qui vont reconnaître l'État de Palestine. Il faut aussi revenir sur un échec. Donc, cet espoir qu'il y ait des reconnaissances croisées, c'est-à-dire qu'au moment où ces États reconnaîtraient Israël, reconnaîtraient l'État de Palestine, que des pays arabes reconnaissent Israël. De ce point de vue-là, c'est un échec.

9:09
Présentateur

Oui, je vais faire un tout petit rappel, parce que moi, j'ai relu le discours de Mitterrand à la CNESET en 82. Mitterrand dit le dialogue substitué à la violence. Donc, il y a une continuité, mais il y a surtout une rupture avec les présidents précédents. Parce qu'encore une fois, ils avaient assorti cette potentielle reconnaissance à un certain nombre de conditions très précises, un certain nombre d'exigences préalables très précises. C'est un problème ou c'est un changement de méthode ? Je vais en parler.

C'est un changement de méthode qui est lié évidemment au pourrissement de la situation sur le terrain, à la dégradation de la situation humanitaire à Gaza, à l'enlisement israélien à Gaza, à la détresse humanitaire, mais qui pose du coup des questions sur le caractère effectif de cette démarche. Parce que je la considère comme quand même essentiellement symbolique. Dire, ce n'est pas toujours faire. Et en l'occurrence, il y a, de mon point de vue, plusieurs obstacles. Le premier obstacle majeur, c'est qu'évidemment, on reconnaît un État qui est virtuel. Parce que c'est un État qui ne contrôle ni sa population, ni son territoire, donc qui est privé de souveraineté effective.

Or, en droit international, on sait qu'il y a les critères objectifs qui doivent être remplis pour être un État. Oui, un territoire, des frontières, clairs. C'est ça. Donc, tous ces éléments-là seront évidemment négociés avec la partie israélienne dans le cadre, pour le coup, d'un accord de paix en bonne et due forme. Ça, c'est le premier élément. Le deuxième, là où le bas blesse, c'est que c'est Mahmoud Abbas qui s'engage à faire un certain nombre de réformes. Or, là, quand on regarde ce que racontent ses ex-conseillers, quelqu'un comme Raïs Alomari ou d'autres intellectuels palestiniens, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y a des questions sur sa fiabilité.

Il a reporté à plusieurs reprises des élections. Il est connu pour la corruption, pour son népotisme. Il n'a pas été capable, par exemple, de mettre un terme à la miliciarisation au nord de la Cisjordanie, à Djeni, à deux reprises, où ses forces ont été littéralement défaites par un certain nombre de groupes armés. C'est le feu interpalestinien en Cisjordanie. Et puis, il y a un autre obstacle. C'est évidemment le refus israélien qui est massif et qui ne concerne pas seulement la droite et l'extrême droite. Donc, ça, il fallait s'y attendre. Il y a une vraie instrumentalisation par Netanyahou et tout ce qui est en train de se passer.

Mais regardez ce qu'a dit Yaïr Golan hier, qui est le chef de la gauche israélienne aujourd'hui, qui dit, alors certes, c'est la faute à Netanyahou, cette reconnaissance, en quoi il a bien raison, mais en même temps, c'est aussi un désastre pour la sécurité d'Israël, etc. Donc, il y a une espèce d'unanimité côté israélien qui, quand même, interroge.

11:32
Invité

Et on va revenir à la réaction israélienne, bien sûr, mais juste avant Rimomta, c'est vrai qu'il y a une forme de décalage entre ce qui va se passer ce soir à la tribune des Nations Unies et la situation sur le terrain. C'est-à-dire Israël qui poursuit une guerre à Gaza, des annexions en Cisjordanie qui rendent extrêmement difficile la capacité à imaginer cet État palestinien. Comment est-ce que vous appréciez ce décalage entre le discours et la situation au Proche-Orient ? Mais au contraire, c'est un peu la raison de cette initiative, en fait.

Ça fait un an que la France et l'Arabie Saoudite travaillent là-dessus, précisément parce que, au bout d'un an de combat à Gaza, il s'est avéré que, un, le gouvernement israélien n'allait écouter personne, deuxièmement, qu'il y avait une course contre la monde qui était engagée sur la Cisjordanie et donc cette annexion à part renforcée de la part de ce gouvernement israélien.

Il faut rappeler qu'ils avaient commencé cette annexion à part renforcée bien avant le 7 octobre et en fait, on s'est retrouvés dans une course contre la monde, entre la viabilité qui pouvait rester d'un potentiel État palestinien et cette course pour l'annexion avec, en plus, ajouté à ça, évidemment, après les attaques terroristes du 7 octobre, une situation à Gaza qui devenait de plus en plus problématique aux yeux du droit international. Donc ça, ça fait, en fait, c'est partie intégrante de la raison pour laquelle Emmanuel Macron s'active dans cette direction.

Après, Emmanuel Macron, les diplomates français et évidemment l'Arabie saoudite reconnaissent depuis le début que toute cette initiative repose sur une chose très importante, c'est-à-dire la capacité et la volonté du président américain d'imposer un cessez-le-feu parce que tous reconnaissent que seuls les États-Unis ont les leviers qu'il faut pour imposer ce cessez-le-feu. Et de ce point de vue-là, Emmanuel Taz, le président américain ne semble pas donner des signaux en faveur d'une pression sur le Premier ministre israélien. Voilà. Et donc, pour le moment, c'est toute la difficulté. Par contre, depuis une semaine, il y a un bouger qui est intéressant.

L'administration Trump commence à beaucoup s'intéresser au volet du jour d'après. Il y a Jared Kushner, le gendre du président Trump et Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique qui travaille sur un plan du côté américain et maintenant qui sont en train de coordonner beaucoup plus avec le côté français, les Britanniques mais surtout avec les Arabes et cette semaine, sur les marges de la GNU à New York. Il va y avoir une rencontre entre le président Trump et les chefs d'État arabes et en l'occurrence, il pourrait y avoir aussi une participation britannique-française pour avancer.

Ça, ça serait un vrai tournant parce qu'on commencerait à avoir une vraie coopération avec les Américains qui jusqu'à maintenant a manqué.

14:28
Présentateur

offert Brandstein, la clé se trouve à Washington et peut-être que les choses sont en train de bouger, vient de nous dire Rimm Omtaz. Qu'en pensez-vous ?

14:40
Invité politique

Je partage l'analyse de Rimm. Peut-être que la porte se trouve à Washington mais je pense que la France et les pays qui l'ont rejoint ont ouvert très grandement la fenêtre. Les Israéliens comprennent aujourd'hui et M. Netanyahou a fait un discours la semaine dernière qui vont vers l'isolement d'une Israël qui était complètement soutenue par tout le monde après le 7 octobre en l'espace de deux jours c'était devenu un état paria complètement isolé critiqué par tout le monde boycotté doucement et pas doucement par tant d'autres c'est pas ce que veulent les Israéliens. Vous savez cette guerre coûte aux contribuables israéliens 350 millions de dollars par jour.

Elle a détruit Gaza on parle de somme entre 25 et 30 milliards qui sont partis dans la destruction de Gaza 350 millions de dollars plus une crise sociale très importante une crise politique très importante maintenant quand on me parle de n'oublions pas que 80% des Israéliens aujourd'hui et c'est un sondage qui est fixe depuis quelques mois appelle à la fin de la guerre et à la libération des otages.

54% des Israéliens aujourd'hui malgré le très grand malaise de la société israélienne disent qu'ils sont pour la création de l'État palestinien à condition que l'Arabie saoudite reconnaisse l'État d'Israël maintenant vous savez pour l'annexion Israël menace d'annexion si ça va faire mal à quelqu'un ça va faire surtout mal aux Israéliens l'Arabie saoudite vient de déclarer hier qu'ils continuent avec l'annexion et leur politique en Cisjordanie ils vont interdire l'espace aérien de l'Arabie saoudite ce qui serait un coup très très important pour Israël puisque tout ce qui va vers l'Asie traverse l'Arabie saoudite les pays qui ont signé les accords d'Abraham qu'a impulsé le président Donald Trump ont prévenu Israël que s'ils continuent dans le système dans leur politique d'annexation ils allèrent pour les relations avec l'État d'Israël donc je pense que le public israélien commence à comprendre que ce que fait ce gouvernement n'est pas dans son intérêt maintenant je vais vous dire quelque chose ce que nous ont fait aujourd'hui la France et beaucoup et la communauté internationale c'est de libérer les Israéliens et de libérer les Palestiniens qui sont pris en otage par des extrémistes du côté israélien des messianiques extrémistes fascisants et du côté palestinien des terroristes comme le Hamas on va aider les Israéliens à se libérer d'eux pour aller dans une autre voie je veux ajouter quelque chose Israël mène une guerre depuis deux ans contre des organisations terroristes pas contre des États le cessez-le-feu avec le Liban grâce à la France et grâce aux États-Unis c'était de permettre une souveraineté libanaise un gouvernement libanais a été créé l'armée libanaise a été renforcée c'est elle qui se déploie dans le sud de Liban pour empêcher que le Hezbollah n'y retourne le Hezbollah a été très affaibli un par la guerre deux par la disparition de Hassan en Syrie et deux par l'affaiblissement de l'Iran et moi je suis de ceux qui pensent que s'il y avait une souveraineté palestinienne à Gaza et en Cisjordanie avant le 7 octobre le 7 octobre n'aurait pas eu lieu la souveraineté veut dire la responsabilité un État responsable c'est un État qui ne fait pas la guerre et qui ne commet pas d'attentats maintenant on me dit que M.

Abbas est très faible est très décrié aussi faible qu'il est M.

Abbas coopère à ce jour avec les forces de sécurité israéliennes aussi faible qu'il est il a quand même gardé l'ordre en Cisjordanie vous savez il y a moins de manifestations contre Israël à Nabuz ou à Jenin ou à Ramallah qu'il y en a à Paris à Londres ou à New York donc cette autorité palestinienne pas faible affaiblie par Israël affaiblie par Israël parce qu'Israël a voulu affaiblir l'autorité palestinienne elle a voulu renforcer le Hamas pour justement montrer qu'il n'y avait pas d'interlocuteur cette autorité affaiblie qui est quand même la seule adresse aujourd'hui pour la communauté internationale fait son job avec les moyens qu'elle a donc si on lui donne plus de moyens

18:43
Présentateur

sur l'autorité palestinienne on est tout à fait d'accord Netanyahou a joué la division interpalestinienne qu'il a renforcée il ne l'a pas créée je veux dire les divisions profondes entre palestiniens elles existent en réalité depuis des décennies mais cette même autorité palestinienne elle a aussi une part de responsabilité dans l'échec des processus de négociations successifs parce qu'il faut quand même rappeler que cette solution des états elle est sur la table depuis en réalité 1947 donc il y a eu toute une succession de tentatives qui malheureusement se sont soldées par un échec et là aussi la partie palestinienne a eu une part de responsabilité dans cet échec ce que moi ce que je voudrais dire surtout en fait si vous voulez moi ce n'est pas le principe de la reconnaissance en soi je veux dire sur la solution des états il n'y a pas de doute sur le fait que c'est la seule solution possible d'un point de vue diplomatique ou politique d'un point de vue j'ai envie de dire rationnel et puis même sur le plan moral c'est le droit à l'autodétermination pour les palestiniens et réciproquement celui des israéliens le problème c'est la mise en exécution il y a eu un revirement élyséen parce que si vous voulez avant le mois de juillet le président avait assorti cette reconnaissance à un certain nombre de conditions très précises un certain nombre d'exigences préalables or là ces conditions elles sont remises après la reconnaissance qui de mon point de vue prive la France d'un véritable levier notamment sur la partie palestinienne parce que tout simplement quand on regarde dans le détail qu'est-ce qui va se passer après cette guerre qui va démilitariser le Hamas là il y a un flou artistique qui règne parce qu'on nous parle de force internationale on sait que les arabes ne veulent pas y participer on se doute bien que les arabes ne vont pas tirer sur des miliciens du Hamas donc on n'a pas de détails sur le mandat sur les règles d'engagement il n'y a pas à ce stade de mécanisme de coordination avec la partie israélienne les forces de police palestiniennes elles sont en nombre très insuffisant il y en a une centaine qui sont formées par les égyptiens pour prendre le relais de l'armée israélienne à Gaza donc il y a tout un tas de questions qui se posent sur les mécanismes concrets le dispositif qui pourrait rendre effectif cette reconnaissance et surtout enclencher ensuite dans un second temps un processus de négociation avec la partie israélienne

20:59
Invité

sur la question des conditions pour reconnaître l'état palestinien Rimm Omtaz on a vu hier soir le président de la république sur la chaîne américaine CBS commencer à apporter là encore une petite subtilité dans son raisonnement puisqu'il explique qu'il n'y aura pas d'ouverture d'une ambassade française en Palestine s'il n'y a pas de libération des otages c'est parce que le président de la république essaye de réintroduire dans son raisonnement ces conditions qu'il avait évoquées ces derniers mois pour réintroduire en fait ces conditions elles continuent d'exister mais il faut comprendre la manœuvre diplomatique mais elle n'empêche pas la reconnaissance ce soir oui mais il faut comprendre qu'en fait il y a deux parties à cette reconnaissance il y a la première partie qui est symbolique qui a lieu aujourd'hui que le président a utilisé comme un levier et je devrais dire quand même très efficace parce que c'est grâce à cette valeur symbolique qui a entraîné les arabes dans ce processus dans lequel ils n'étaient pas rentrés depuis le début de ce conflit depuis 80 ans donc c'est cette valeur symbolique qu'il a mis dans la balance et avec laquelle et grâce à laquelle il a obtenu ses engagements après le séquençage et puis la concrétisation de cette reconnaissance dans les faits va se faire au fur et à mesure que les arabes et les palestiniens en fait délivrent sur leurs engagements ça c'est très important après sur la question de comment est-ce qu'on désarme le Hamas comment est-ce qu'on stabilise la gouvernance à Gaza comment est-ce qu'on s'assure qu'il n'y a plus d'attaques terroristes comment est-ce qu'on s'assure que les palestiniens eux aussi sont protégés de nouvelles attaques tout ça est beaucoup moins flou qu'on a l'impression je sais qu'il y a beaucoup de discussions très fournies depuis des semaines dans le détail avec les pays qui vont et pourraient contribuer à cette force de stabilisation à un niveau de détail qu'on n'a littéralement jamais eu sur cette question et j'aimerais juste attirer votre attention à un parallèle rapide avec par exemple la coalition des volontaires européens sur l'Ukraine ça fait un an qu'il se parle on parle entre européens dans un conflit sur lequel les européens sont plutôt d'accord et on n'a pas encore une question

23:12
Présentateur

On a perdu Rimmomtaz une question pour vous David Kalfa on entend dans le débat public français mais aussi israélien la chose suivante c'est que la reconnaissance d'un état palestinien serait la récompensée la terreur du Hamas renforcer le refus du Hamas de libérer les otages pour citer Netanyahou Est-ce que selon vous ces interrogations sur le timing de la reconnaissance sont légitimes ?

Je pense que cet argument est très excessif parce qu'en réalité l'objectif de la France c'est au contraire d'essayer d'isoler le Hamas à la fois en Palestine et sur la scène régionale avec cette coalition arabe après la question qui se pose c'est celle du calendrier et là c'est une question tout à fait légitime puisque cette reconnaissance elle intervient moins de deux ans après le pire massacre de juifs depuis la Shoah et alors même qu'une quarantaine d'otages très exactement 48 otages sont encore entre les mains du Hamas à Gaza donc oui évidemment que le timing si vous voulez le choix du moment pose question mais en même temps c'est vrai que quand on regarde l'enlisement israélien les déclarations d'un certain nombre de ministres notamment appartenant à la droite radicale qui appelle à une annexion de tout ou partie de la Cisjordanie tout ça quand même est très inquiétant et a conduit la France à vouloir sanctuariser cette solution à deux états encore une fois le problème c'est de passer du déclaratif à l'effectif et c'est là où le bas blesse et bien merci à tous les trois pour ces premières analyses le jour où la France reconnaît l'état de Palestine à la tribune des Nations Unies merci David Kalfa d'avoir été ici en studio merci également à Ofer Brandstein et à Rimmomtaz à Rimmomtaz