Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 2 octobre 2025 88 min

L'intégrale du jeudi 2 octobre

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous et très heureuse de vous retrouver en ce jeudi 2 octobre pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde ensemble le programme. Nouvelle journée de mobilisation à l'appel des syndicats qui le Premier ministre a écrit une lettre dans laquelle il annonce notamment une amélioration des pensions de retraite des mères de famille. On va en parler avec nos éditorialistes Elisabeth Martichoux et Mickaël Darmon dans une heure. Et puis nous verrons comment se passe justement cette mobilisation dans nos régions.

On sera notamment à Marseille avec Léo Purguet du journal La Marseillaise. Dans une demi-heure, nous recevrons Alain Madelin, l'ancien ministre des Finances, de l'Industrie. Lui, le libéral, exprime son inquiétude sur les fractures, sur le niveau de pauvreté du pays. Il nous en dira plus dans quelques instants. La condamnation de Nicolas Sarkozy a relancé le débat sur l'exécution provisoire. Aucun problème avec ce dispositif, conclut un rapport du Sénat présenté hier. On en parle dans quelques instants avec l'une des auteurs de ce rapport, la sénatrice centriste Dominique Vérien. Rapport qui préconise par ailleurs de recourir à des courtes peines de prison.

On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec les repères de l'actualité. Bonjour André Vétaz. Bonjour. Et à la une de ce jeudi 2 octobre, c'est donc une nouvelle journée de mobilisation. En effet, Oriane, la troisième en moins d'un mois, la seconde à l'appel de l'intersyndicale qui demande plus de justice sociale et fiscale. Des perturbations sont annoncées dans les transports, dans les écoles avec 10% de grévistes et dans la fonction publique. Même si le mouvement s'annonce moins suivi que le 18 septembre dernier à Paris. Le préfet de police annonce déployer 5000 membres des forces de l'ordre pour stopper d'éventuels casseurs.

Et Sébastien Corneux écrit une lettre au syndicat. Dans ce contexte de mobilisation sociale, justement, le Premier ministre tente de négocier pour éviter d'être renversé. Dans sa missive au syndicat, il évoque une mesure relative à l'amélioration de la retraite des femmes dans le prochain budget. Il ne précise pas la mesure, mais annonce qu'elle sera issue du conclave sur les retraites qui a échoué en juin dernier. On pense donc à la pension des mères de famille qui pourrait être calculée sur les 23 meilleures années au lieu de 25 actuellement. Le Rassemblement National de retour dans les instances de l'Assemblée Nationale.

Avec deux vice-présidents, les RN Sébastien Chenu et Hélène Laporte retrouvent les postes qu'ils occupaient entre 2022 et 2024. Et c'est notamment grâce aux voix du Bloc Central. La gauche crie au scandale et accuse les macronistes d'avoir rompu le front républicain. La présidente de l'Assemblée Nationale parlait de démocratie avec 123 députés. Le RN se devait d'être dans les instances, dit-elle. Dans l'actualité internationale, Emmanuel Macron qui n'exclut pas de riposter à la Russie. Le président hausse le ton après plusieurs incursions de drones et d'avions russes dans le ciel européen ces dernières semaines. Si la situation venait à se reproduire, l'appareil pourrait être abattu.

C'est ce qu'a affirmé Emmanuel Macron en marge d'un sommet européen au Danemark. Écoutez.

3:14
Invité

Je pense qu'il faut redire que toute personne qui viole l'espace aérien européen est susceptible d'avoir des représailles. Parce que c'est notre droit et nous ferons respecter l'espace aérien européen. Et c'est de continuer de nous équiper. Tout ça, ce qui s'est passé ces dernières semaines en Pologne, en Roumanie, en Estonie. Et également, même si elles ne sont pas aujourd'hui attribuées, les incursions de drones au Danemark. Montrent que nous avons besoin de systèmes de préalerte très efficaces et de coopérer entre nous pour protéger notre espace commun.

3:51
Présentateur

Un pétrolier de la flotte fantôme russe intercepté au large des côtes françaises. Justement, les drones dont on parlait à l'instant ont peut-être été lancés depuis ce pétrolier qui mouille actuellement au large de Saint-Nazaire. Hier, des militaires français sont montés à bord. Deux membres d'équipage ont été arrêtés. Ils sont en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour comprendre les raisons de la présence de ce pétrolier suspect près des côtes françaises. – Merci Audrey, et on va parler de tout ça avec vous Dominique Vérien. Bonjour, merci d'être notre invitée, sénatrice sinon-centrice de Lyon.

Et vous présidez ici au Sénat la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. Et on va parler dans quelques instants du rapport que vous avez remis hier sur l'exécution des peines. Mais d'abord, on va regarder trois titres de la presse régionale. D'abord, la une de l'Alsace. Nouvelle grève sur fond d'impasse politique. Les syndicats qui ont à nouveau appelé à manifester contre l'austérité budgétaire. Et dans le même temps, Sébastien Lecornu semble empêtrer dans des négociations infructueuses. La deuxième une, c'est celle du Télégramme. On en parlait avec Audrey. La retraite, un pas vers les femmes.

Sébastien Lecornu qui a proposé de rendre un peu plus favorable le calcul des pensions des femmes ayant eu des enfants. Et puis la dernière une, c'est celle du Républicain Lorrain. Réseaux sociaux, les failles du couvre-feu. L'instauration d'un couvre-feu numérique pour protéger les 15-18 ans des abus de l'usage des réseaux sociaux se heurte à certaines limites. Et puis les ados réclament un minimum de liberté. De quelle ligne avez-vous envie de nous parler ? Je vais vous parler de la retraite des femmes, évidemment, puisque c'est un des sujets qui avaient été étudiés par la délégation en droit des femmes.

Et quand bien même j'ai soutenu la réforme des retraites parce qu'il en fallait une, il était clair qu'elle n'était pas parfaite, loin de là. Et que le vrai angle mort, qui n'avait pas été correctement étudié, c'était la retraite des femmes. Et à un moment où un président nous appelle à un réarmement démographique, il faut vraiment mesurer l'impact de la maternité sur la vie et la carrière des femmes, et donc l'impact évidemment sur leur retraite. Et donc c'est un calcul qui aurait dû être fait. C'est un raté de la réforme bande. C'est vraiment un raté de la réforme bande, mais vraiment. Et on le signalait dès le départ. Et la CFDT a fait des propositions en ce sens.

Je pense qu'elles sont plutôt bienvenues. Et Sébastien Lecornu, qui doit négocier de toute façon, serait bienvenu de les adopter. Il y a d'autres mesures dont cette réforme bande a amélioré ? – Je pense qu'il y avait des sujets quand même sur les carrières longues qui étaient à regarder. Il y avait vraiment quelques fragilités qui sont à étudier. Et que pour la plus grande part, on s'arrête à 64 ans ou à 67 ans si on a commencé tard, c'est mon cas, mais ça va, je ne fais pas un métier pénible non plus. Par contre, sur des métiers pénibles, je pense qu'il y avait vraiment des sujets à aller voir. Et donc oui, il y avait quand même des corrections à apporter.

– Est-ce qu'il faut aller jusqu'à suspendre cette réforme bande, comme le demandent les socialistes par exemple ? – Non, parce que je crois que la réforme, le point le plus marquant de la réforme, c'est l'âge. Et on le voit bien par rapport à nos voisins européens, personne n'est en deçà de 64 ans. Il nous faut travailler plus, on sait que c'est ça qui permet au pays de s'équilibrer. Donc je pense qu'il faut la garder, mais l'améliorer, oui. – Votre collègue centriste, Brigitte Bourguignon, nouvelle collègue Brigitte Bourguignon, dit que l'âge a été un casus belli et qu'il faut réfléchir à ce qu'on revienne là-dessus. Qu'est-ce que vous dites de cette déclaration ?

– Alors je ne suis pas à la Commission des affaires sociales et je n'ai pas eu ce débat avec elle. Je pense personnellement qu'on ne va pas remettre encore la discussion sur la table. On le voit. – Ancienne ministre, Brigitte Bourguignon. – J'entends bien, j'entends bien. Mais voilà, donc on en discutera. Mais c'est bien, c'est important qu'il y ait des débats de toute façon. On n'est pas tous complètement alignés. Et heureusement qu'on a nous aussi un peu de liberté de penser. – Vous le pensez trouvable cet accord de non-censure par Sébastien Lecornu où l'équation est impossible à résoudre ? – Je le pense de plus en plus difficilement trouvable.

S'il n'a pas encore été trouvé aujourd'hui, je crois que la proximité des municipales rend les choses très compliquées. Puisque la seule alliance avec laquelle peut faire Sébastien Lecornu, c'est avec les socialistes. Les socialistes sont tenus par LFI par rapport aux municipales qui viennent. Donc cet accord, forcément, ils sont très demandeurs de beaucoup de choses. Et Sébastien Lecornu sait aussi qu'il a une montagne à gravir par rapport à la dette. Et qu'il faut réussir à trouver cet équilibre. Aujourd'hui, je ne suis pas sûre que les socialistes acceptent de faire ça. Alors que ce serait, je pense, très utile pour une stabilité de notre pays.

– Et ils sont notamment demandeurs d'une taxation des plus riches. Est-ce qu'il faut dire oui ? – Alors, qu'on réfléchisse à une taxation des plus riches pour que chacun puisse payer. Et en regardant bien, parce que je pense qu'il y a aussi beaucoup de chiffres qui sortent. Et à la fin, on ne retrouve pas vraiment ses petits pour savoir vraiment qui paye quoi et comment. La seule chose sur laquelle je sais que mon groupe, on est pour qu'il y ait une taxation, y compris des plus riches, mais pas sur l'outil de travail. On donnait le cas de Mistral, mais il n'y a pas que Mistral dont la société est valorisée de façon fictive.

Quand Elon Musk, comme exemple, quand Elon Musk s'est fâché, avec Trump, sa société a perdu 3 milliards. Mais elle n'a jamais perdu 3 milliards. Il n'a pas perdu 3 milliards dans son compte en banque. C'est totalement fictif. Si jamais il la revendait, elle vaudrait 3 milliards de moins. Mais c'est comme quand on a un appartement. Les montants sont fluctuants. Pour autant, cet argent, on ne l'a jamais cherché dans sa poche. Donc si on doit payer des impôts dessus, c'est effectivement forcément risquer de vendre l'entreprise ou partir. Il y a une nouvelle journée de mobilisation aujourd'hui.

Est-ce qu'au-delà même du nombre de personnes qui seront dans la rue, il y a une colère qui s'exprime dans le pays ? Vous l'entendez ? Vous la comprenez ? Je l'entends et je pense qu'elle est aussi très liée au pouvoir d'achat. C'est un sujet qu'on va pouvoir aborder. Mais on le sent bien aujourd'hui. Même si l'inflation aujourd'hui est calmée, il y a quand même eu une période d'inflation qui fait qu'y compris pour des personnes qui ont un bon métier, le salaire ne correspond pas forcément aux charges en face. Et donc les choses deviennent plus difficiles. Tout le monde n'est pas forcément à la rue, même si on a un gros problème de gens à la rue, d'enfants à la rue, etc.

Mais on sent bien que les choses se tendent pour beaucoup. Et du coup, comment on y répond ? Est-ce que par exemple rapprocher le salaire net du salaire brut, c'est une réponse qui vous semble la bonne ? Je pense que si c'est le salaire net qui augmente et pas le salaire brut qui baisse, il faut effectivement, si ça retombe bien, dans la poche du salarié. On va parler de l'actualité du Sénat. Comment expliquer le paradoxe de nos prisons ? Avec d'un côté une surpopulation carcérale, de l'autre une majorité de Français qui juge la justice laxiste. Vous avez travaillé pendant six mois sur l'exécution des peines et rendu votre rapport hier. Et c'est l'objet de votre éclairage.

Audrey, justement, Audrey, ce rapport qui pointe donc une inadéquation entre le sentiment des Français que la justice est laxiste et la surpopulation carcérale dans notre pays. Oui, parce que d'un côté, Oriane, vous avez 68% des Français qui ne croient plus en la justice, qu'ils estiment laxistes. Laxistes, vous l'avez dit, et de l'autre, un chiffre qui interpelle. Il y a en France plus de 84.363 personnes détenues en France pour une capacité de 62.566 places, avec au moins 5.000 détenus qui dorment sur des matelas au sol. Autre constat, il y a une incohérence entre la peine encourue, la peine prononcée et la peine réellement exécutée, ce qui fait que les sanctions ne sont plus crédibles.

Voilà pour le constat. Mais votre rapport fait aussi des préconisations, avec notamment la mise en place de courtes peines de moins d'un mois. Elle ciblerait les primo-délinquants, mineurs ou majeurs, les personnes intégrées socialement aussi, pour créer un choc carcéral, éviter l'escalade, la récidive. C'est une petite révolution, parce que la doctrine actuellement, c'est plutôt l'allongement des peines. En France, par exemple, si on compare avec nos voisins européens, la durée moyenne des incarcérations, c'est 11,3 mois. On est seulement à 4,6 mois chez nos voisins allemands.

Alors pour ces petites peines, on créerait des centres spéciaux, moins sécurisés et moins gros qu'une prison traditionnelle, ce qui éviterait la surpopulation carcérale dont on vient de parler, mais aussi le mélange avec des détenus plus dangereux. Et la question de la réinsertion est aussi au cœur de ce rapport ? Pour éviter les récidives, parce que, tenez-vous bien, ce chiffre interpelle aussi, le taux de récidive est de 60%, 5 ans après la sortie de prison. Écoutez. Dans le rapport, on préconise effectivement de replacer la réinsertion. pour redonner aussi un sens à la peine.

Et c'est pourquoi, dans les préconisations que nous faisons, un certain nombre de dispositifs qui ont été créés, je pense notamment à la libération sous contrainte de plein droit qui a été totalement décriée pendant nos auditions et qui favorise les sorties sèches, on souhaite en fait leur suppression. Madame la sénatrice, de quoi parle-t-on ? Et pourquoi cette mesure, finalement, ne fait pas l'unanimité ? Elle a même été décriée dans les auditions que vous avez faites. Alors en fait, elle fait l'unanimité contre elle. Donc, puisque, quelles que soient les personnes à qui on en a parlé, tout le monde nous a dit, non, c'est une fausse bonne idée.

En réalité, l'idée était de faire qu'on puisse libérer plus rapidement les détenus, sauf qu'un détenu qui n'a pas une peine très longue, lorsqu'il arrive, entre les différents aménagements et la libération de contraintes sous plein droit, il ressort à peine est-il rentré. Et donc, aucun travail n'est possible avec lui, ce qui fait une sortie sèche. C'est-à-dire qu'on ne l'a pas accompagné ni sur la recherche d'un logement, d'un travail, d'une formation, d'une réinsertion. Donc, c'est pourquoi, vraiment, c'est totalement contre-productif, puisque notre idée, c'est que la prison doit servir à quelque chose.

C'est évidemment une punition, c'est évidemment pour mettre de côté de la société des gens dont on considère qu'ils sont un trouble à l'ordre public, mais pas que. L'idée, c'est qu'on en sorte quand même meilleur qu'on y ait rentré et qu'on puisse y faire des choses, qu'on puisse y avoir une formation, qu'on puisse y travailler, travailler sur soi-même aussi, et faire que, quand on sorte, eh bien, on sorte du parcours de délinquance. Or, vous l'avez dit, 60% de réitération, ou de récidive. Donc, c'est vraiment trop important, et il faut qu'on arrive à baisser. On ne peut pas le faire dans le cadre de sortie sèche, on ne peut pas le faire dans le cadre d'une prison surpeuplée.

Et justement, vous avez parlé de réinsertion. Vous voulez créer, dans ce rapport, de vraies peines de probation encadrées en milieu ouvert, parce que vous avez remarqué que les juges ont du mal à prononcer ce genre de peine. Pourquoi ? Parce qu'ils ne croient pas vraiment au milieu ouvert. Ils considèrent que, même si on met un bracelet à quelqu'un, finalement, on ne va pas l'accompagner derrière.

Et c'est d'ailleurs le seul point de notre rapport où, nous, on demande que les SPIP soient renforcées, qu'il y ait un peu plus de monde sur les services pénitentiaires d'insertion et de probation, parce que, si on veut faire une incarcération en milieu ouvert, on va dire qu'il faut forcément qu'il y ait un accompagnement. Et c'est pourquoi on propose cette peine de probation. Et d'ailleurs, parce que les juges sont obligés, jusqu'à présent, de justifier pourquoi ils incarcèrent en dessous de un an, il y a besoin de cette motivation spéciale, donc, en gros, ils sont obligés d'aménager en dessous de un an, du coup, ils donnent plus.

Et c'est une des raisons pour lesquelles on a des peines plus longues qu'ailleurs, c'est parce que les juges, pour pouvoir donner de la prison, donnent plus pour être sûrs que, si jamais ça se passe mal au niveau du réaménagement, la personne ira bien en prison. Donc, faisons une vraie peine de probation, avec des agents de probation, qui sont vraiment là pour surveiller. Et là, parce que c'est vrai que la dérive qui est souvent, enfin, qui est parfois reprochée au conseiller de probation et d'insertion, c'est qu'ils s'intéressent beaucoup à l'insertion, ce qui est très bien, et moins à la probation.

Et peut-être que ça ne doit pas être la même personne, d'ailleurs, qui accompagne et qui punit. Mais, en tout cas, il nous faut, de toute façon, cet agent de probation, s'il y a une peine de probation, avec des vraies contraintes, une vraie surveillance, des vrais efforts, pour que ce soit une vraie peine, mais en face, il faut qu'il y ait un vrai agent de probation qui dise stop, et si ça ne va pas, retour à prison. Puisqu'on parle d'exécution des peines, il y a un sujet qui fait la une de l'actualité, c'est l'exécution provisoire, qui a été prononcée à l'encontre de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, dans l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle.

Et certains estiment qu'il s'agit d'une mesure attentatoire à la présomption d'innocence. Que dit le rapport, Audrey ? Eh bien, pas grand-chose, parce que ce n'est pas un sujet qui est ressorti des 75 auditions, pourtant, que vous avez effectuées. Au contraire, l'exécution provisoire, c'est plutôt classique pour ce type de peine. Écoutez. L'exécution immédiate, c'est quelque chose qui est quasiment habituel pour nombre de peines, en particulier les peines de plus de 5 ans. On a une exécution immédiate à 80 %, ce qui, quand même, veut bien dire que c'est le commun des mortels, en fait, ou le commun des condamnés.

C'est un sujet qui questionne, avait dit le président du Sénat, Gérard Larcher, après la condamnation de Nicolas Sarkozy. Pour vous, il n'y a pas de question à se poser ? Alors, en fait, c'est vrai que la question n'est jamais revenue. Autant la libération sous contrainte de plein droit, je vous ai dit, elle a fait l'unanimité, parce que personne n'est venu sans nous en parler, quasiment. Autant, effectivement, l'exécution provisoire, pour les peines, et je vais même aller plus loin, parce qu'on a affiné les chiffres, sur les peines de plus de 2 ans de prison, c'est 90 % d'exécution immédiate. C'est le commun des mortels. C'est le commun des mortels.

Et dans 80 % des cas, d'ailleurs, la personne qui va être condamnée à plusieurs années de prison, elle est déjà en prison, en détention provisoire. Je vous rappelle que 30 % des prisonniers sont en attente de leur premier jugement, pas de leur appel. Donc, voilà, c'est peut-être attentatoire, mais enfin, on le fait de façon plus que courante. Et d'ailleurs, les gens ne comprendraient pas, imaginons en sens inverse, de se dire, ah ben oui, mais il n'y a pas eu d'appel, donc, monsieur, globalement, on a quand même une certitude qu'il a fauté, mais il n'y a pas eu d'appel, donc il est encore libre.

Je pense que là, vous auriez beaucoup plus de monde encore dans la rue pour vous dire, mais on ne peut pas laisser ces criminels dehors. Donc, la vraie question, c'est que c'est la personnalité, évidemment, de Nicolas Sarkozy. Est-ce qu'il faut le traiter comme un justiciable normal ? Mais en tout cas, dans notre rapport, on n'avait pas le cas très spécifique des présidents de la République, ce qui est logique quand même. Et donc, dans le cas courant, évidemment, personne ne se pose la question, parce que c'est normal. – Est-ce que vous trouvez que l'ancien président de la République est allé trop loin en disant notamment que sa condamnation a violé toutes les limites de l'État de droit ?

– Il a parlé comme un justiciable qui ne comprend pas sa condamnation. Mais d'ailleurs, je pense que ce qu'il ne comprend pas, ce n'est pas l'exécution provisoire. – Vous n'y voyez pas une remise en cause de l'autorité judiciaire ? – Ce qu'il ne comprend pas, c'est les cinq ans. Et effectivement, tout justiciable qui considère qu'il est innocent et qui est puni trouve ça tout à fait injuste. On ne peut pas lui en vouloir à lui de trouver injuste, alors qu'il clame depuis le départ qu'il n'a rien fait. Donc, la question est tout cela. Il n'y a pas de remise en cause de l'autorité judiciaire ?

– Toute personne qui est condamnée et qui considère qu'il est injustement condamné remet en cause l'autorité qui la condamne. Mais voilà, si on considère qu'on n'a pas brûlé le feu rouge parce qu'on est passé au orange et qu'on a quand même une amende, on est très très furieux d'avoir à payer une amende. Donc, moi, je ne lui en veux pas d'avoir réagi. Alors, par contre, si on considère que parce qu'il est président de la République, on doit le traiter un peu différemment, peut-être que parce qu'il est président de la République, il peut parler un peu différemment. Mais moi, là, j'ai considéré que c'était un homme justiciable, en colère après la condamnation qu'il a reçue.

– Un dernier mot sur votre rapport. Est-ce que vous pensez que vos conclusions vont être traduites dans une loi ? – Je crois, je crois parce qu'en fait, on sent bien que ce qu'on a pu proposer est plutôt dans l'air du temps aussi. Mais on le voit, en général, les sociétés sont prêtes à accueillir les textes. C'est le cas des très courtes peines. Je sais que Gérald Darmanin le propose. Donc, si jamais il reste garde des Sceaux, ce qui est possible, il est fort probable que dans le projet de loi qu'il va nous présenter, il y aura cette solution. Par contre, nous veillerons sur les très courtes peines. Pas n'importe où, pas n'importe qui, pas n'importe comment. – On va parler d'un autre sujet.

Les municipales ont lieu dans six mois et les règles changent pour les élus des petites communes qui passent au scrutin de liste avec obligation de parité. Un texte loin d'avoir fait consensus au Sénat. Mais comment ça se passe, justement, pour ces élus locaux qui doivent en ce moment former leur liste ? On va aller en Dordogne. Bonjour Alain Castan, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes maire sans étiquette de Ruffignac, de Sigoules. Monsieur le maire, avec ce texte, est-ce que la constitution de votre liste pour les municipales de mars prochain était plus difficile ?

21:10
Invité

– Pas plus difficile, pour la bonne bonjour d'abord. Pas plus difficile parce que je pense que les femmes dans nos villages se sont emparées de ce fameux changement de scrutin de liste et sont beaucoup plus intéressées parce que le fait que jusqu'alors, moi je suis maire depuis 2001, quand j'allais chercher un homme, c'était toujours un honneur ou quelque chose d'honorifique, alors que le pragmatisme des femmes fait qu'elles nous demandent toujours pourquoi faire. Et ça c'est important parce que dans mon conseil municipal, j'avais jusqu'alors 3-4 femmes qui acceptaient de venir, donc c'était difficile à les trouver.

Et aujourd'hui, contradictoirement, j'en ai déjà 5 ou 6 qui tapent à la porte et qui auront envie de s'investir pour la commune.

22:00
Présentateur

– Dominique Verriens, vous entendez ? – Je suis ravie. – Elle a fait débat à cette loi. – Alors, elle a fait débat. Je suis tout à fait d'accord pour avoir moi-même monté une liste que les femmes étaient plus difficiles à aller convaincre. La première des choses, c'est « mais tu crois que je suis capable ? » Évidemment, si on va la chercher. La deuxième, « attends, mais il faut que j'en parle dans la famille. » Souvent, c'est « il faut que j'en parle à mon mari. » Il faut que je vois comment je gère ça, comment je gère mon temps, parce qu'en fait, les femmes que j'allais chercher, elles voulaient s'engager et si elles s'engageaient, il fallait qu'elles aient les moyens de s'engager.

Elles réfléchissaient vraiment avant de prendre la décision. Le fait qu'on ait fait cet appel, d'ailleurs aussi avec Yael Brunpivet pour dire « femme, engagez-vous, allez-y, c'est le moment », je suis très heureuse de voir que ça a pu fonctionner. Sachant que ce texte, on ne l'a pas passé pour la parité. En réalité, on nous parle beaucoup de la parité, mais on l'a passé parce que le scrutin au panachage, alors c'est vrai que ça faisait plaisir aux gens de dire « j'aurai mon voisin parce qu'il ne me dit pas bonjour », mais ça ne faisait pas forcément une liste, un projet, une équipe, un projet.

Or, on sait que c'est difficile, monsieur le maire, vous allez me le dire, mais c'est difficile de vivre six ans ensemble, surtout si on ne s'est pas choisi. Or là, l'avantage, c'est qu'il y aura une liste… Oui, parce qu'avant, il y avait plusieurs listes, et quand on votait dans les petites communes, on pouvait barrer des gens sur les listes. Et on pouvait avoir des cas, c'est arrivé dans mon village, ça s'est très bien passé, mais ça aurait pu très mal se passer, et dans d'autres, ça se passe mal, où on était sept d'une liste, huit de l'autre. Alors évidemment, le maire, ça a été l'équipe de huit, mais il suffisait qu'il y en ait un qui change d'avis, et le maire n'avait plus de majorité.

Et c'est le cas dans quelques communes en ce moment. Ou alors, c'était des listes allongées, où les gens choisissaient. Et les gens venaient s'inscrire sur la liste. Alors pour le coup, là, il n'y avait pas de projet, parce qu'il n'y avait pas forcément une tête de liste. Et pour peu que celui qui était censé être maire ne soit pas élu, tout le monde se regardait autour de la table pour savoir qui allait y aller. Là, au moins, c'est clair, il y a une liste, un projet, et puis s'il y a deux listes, deux listes, deux projets, et on choisit son projet, et on choisit son équipe.

23:59
Invité

Oui, mais madame la sénatrice, vous avez un rôle fondamental sur l'avenir, justement, de ces scrutins de listes. Je rentre du congrès des maires ruraux, où il y avait votre président, et il y avait bien sûr l'ex-sénatrice ministre Françoise Gattel, et nous leur avons bien signifié que le plus important pour avoir des femmes engagées, il fallait vraiment aboutir à un véritable statut de l'élu. Parce que ce qui empêche certainement les femmes de s'engager, c'est justement que ce statut de l'élu ne convient pas à une vie publique, à une vie familiale, comme vous l'avez rappelé tout à l'heure, et une vie professionnelle.

Donc ce statut, nous l'attendons avant la fin de l'année, je pense que c'est vraiment nécessaire et c'est vital pour que nous ayons des femmes qui s'engagent pleinement, et des jeunes surtout, des jeunes femmes, qui s'engagent pleinement dans la vie locale.

24:54
Présentateur

Nous sommes tout à fait d'accord, et d'ailleurs Françoise Gattel avait déjà porté des textes qui permettaient, des gardes d'enfants, qui permettaient déjà d'apporter une certaine souplesse. Le statut de l'élu va venir compléter, et le statut de l'élu, en tout cas nous à la Commission des lois, il est déjà à l'étude, on a déjà nos rapporteurs qui travaillent sur le sujet. Bon, je n'oublie pas que Françoise Gattel est une sénatrice issue des rangs de l'union centriste, donc je ne peux que saluer son travail. Merci. Et j'étais présidente des maires ruraux de Lyon avant, donc je suis totalement solidaire des maires ruraux. Vous êtes rassuré, monsieur le maire ?

25:31
Invité

Alors, je suis rassuré, d'autant plus que c'est une collègue, puisque moi je suis aujourd'hui présidente des maires ruraux de la Dordogne, mais aussi référent de toute la Nouvelle-Aquitaine. Donc c'est vraiment important, mais aussi, je rappelle, parce que le plus difficile dans nos campagnes, c'est de motiver des jeunes femmes. On trouve des femmes de tout âge, bien sûr, mais le plus difficile à convaincre, ce sont les jeunes, parce qu'ils n'ont pas la même façon de vivre qu'on a pu vivre jusqu'à présent.

Et moi, j'ai aujourd'hui 72 ans, j'ai hésité à repartir, et c'est justement dans le fait qu'aujourd'hui, les gens ne comprennent plus trop nos politiques d'en haut, avec tout ce qui se passe. D'ailleurs, nous avions la présidente de l'Assemblée nationale, et ces jeunes, on a basé notre congrès cette année sur l'engagement de la jeunesse, et la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat ont été vraiment surpris des questions très pertinentes que posaient ces jeunes engagés, ces jeunes qui veulent s'engager, et particulièrement celles des jeunes filles ou des jeunes femmes.

26:43
Présentateur

– Merci, M. le maire, merci pour votre témoignage, Alain Castan, maire de Ruffignac, de Sigoules, c'est en Dordogne. Merci beaucoup d'avoir été avec nous. On va dans Lyon, maintenant, Dominique Vérien. Chez vous, on retrouve Mathieu Villeroy de Gallo. Bonjour Mathieu, merci beaucoup d'être là, responsable des agences à Lyon Républicaine. Mathieu, on va parler d'un autre sujet avec vous, une étude sur la jeunesse, une enquête faite auprès de 3 300 étudiants, enquête qui met en lumière les difficultés des jeunes.

27:09
Invité

– Oui, bonjour Auriane, tout à fait. Nous allons nous pencher sur l'actualité et sur le quotidien des étudiants, qui n'est pas toujours facile. On se souvient qu'il y a quelques jours, il y avait une première association qui alertait sur la grande précarité des étudiants en France, puisqu'il y avait la moitié des étudiants qui vivent avec moins de 100 euros par mois, selon une étude réalisée par l'IFOP. Cette fois-ci, c'est une association iconaise, et plus spécifiquement une association qui est basée à Auxerre, Auxerre unie pour nos besoins et nos envies, qui a travaillé en recueillant les réponses de 200 étudiants, et a été rencontré 25 acteurs du territoire.

Ce que dit ce travail, et sur lequel nous avons effectivement élaboré notre dossier, qui fait aujourd'hui la une de ce journal, c'est qu'il y a aussi une très grande précarité à Auxerre de ces étudiants, qui représentent à peu près 10% de la population de la ville, des difficultés de logement, des ressources financières insuffisantes, des manques d'accès aux soins ou aux droits. La liste est longue, et comme l'explique effectivement le président de l'association, qui est à l'origine de ce rapport, il s'agit avec ce rapport de rendre visibles les difficultés des étudiants d'Auxerre. Madame la sénatrice, ma question sera toute simple.

On voit effectivement régulièrement les difficultés du monde étudiant surgir dans le débat public. Pour autant, il n'y a pas forcément de réponses qui sont mises en place. Est-ce qu'il ne serait peut-être pas temps d'avoir un vrai plan pour soutenir les membres d'étudiants, qui est le monde du travail et puis, je dirais, les Français de demain ?

28:46
Présentateur

Alors oui, tout d'abord, déjà je voudrais me réjouir qu'il y ait des étudiants à Auxerre, parce que si, et comme ils le disent d'ailleurs, comme j'ai pu le lire dans vos colonnes, ils trouvent qu'ils n'ont pas leur place, enfin on ne les accueille pas encore assez, mais parce que je pense que Auxerre ne s'était pas pensé comme une ville étudiante jusqu'à présent et que ça commence à se faire. Alors c'est vrai que c'est venu tardivement et là, quand je dis tardivement, pourtant on a eu Guy Férez qui était maire et qui était vice-président à la région chargée de l'enseignement supérieur, donc on aurait pu penser qu'il allait s'en occuper.

Mais là, c'est en train de venir, je sais que la mairie, aujourd'hui, crée des rendez-vous d'accueil des jeunes étudiants, mais c'est vrai que c'est en train de se faire. Voilà, c'est en train de bouger et je pense que c'est une bonne chose parce qu'une ville avec des étudiants, c'est une ville qui bouge et qui attire, y compris les non-étudiants. Donc ça, c'est une bonne chose que déjà, on ait ce frémissement. Ensuite, au niveau de l'université de Bourgogne qui a beaucoup fait, qui a fait sa mue puisqu'en fait, elle était, on l'avait mariée avec la Franche-Comté, mariage des régions oblige, ils se sont séparés.

On a aujourd'hui une université de Bourgogne-Europe qui fait le pari d'avoir des pôles justement dans toute la région et y compris à Auxerre et de pouvoir les développer. Je suis allée à la rentrée justement de l'université de Bourgogne et le président lui-même était conscient du fait qu'à Auxerre, les pôles sont très éloignées les uns des autres. C'est-à-dire qu'on a la formation d'infirmière à un endroit, des enseignants à un autre, l'IUT et la première année de médecine que je salue aussi à un autre, sur un autre campus et que c'est forcément compliqué. Donc, je sais qu'ils sont en train d'y réfléchir.

Par ailleurs, sur la précarité étudiante qui est un vrai sujet et étonnamment, le Rotary, par exemple, cette année à Auxerre, s'occupe de ces sujets-là et avait fait venir le président d'Aube pour pouvoir expliquer. Et Laurent Laffont, notre président de la Commission de la Culture et de l'Éducation, était venu pour justement dire ce qui se passait. Nous avons Pierre-Antoine Lévy, par exemple, qui a fait une proposition de loi pour donner un accès à une restauration partout où il y a des étudiants. C'est le Crous qui doit s'en charger. Ce texte nécessite un décret.

Je ne suis pas totalement sûre que le décret a été adopté pour cause d'économie, mais je crois que ce n'est pas sur notre jeunesse, effectivement, qu'il faut qu'on fasse des économies parce qu'il nous faut des étudiants. Je suis désolée, le temps passe. – Mais le temps file. – Mais c'est important. – Merci beaucoup. Et vous avez raison. Merci beaucoup. Merci Mathieu Villeroy de Gallo. La Une de Lyon républicaine, c'est justement fragile, condition étudiante. Merci Mathieu d'avoir été avec nous. Merci Dominique Vérien d'avoir été notre invitée pendant cette première demi-heure. Audrey, dans 20 minutes, l'envie de presse régionale ?

– Oui, et c'est la mobilisation sociale qui fait la une de l'actualité, mais on parlera aussi d'un foyer autochtone de Chikungunya en Dordogne. – Et c'est à suivre dans 20 minutes. Tout de suite, place à l'entretien. Alain Madelin nous rejoint. – Et l'invité de cet entretien, c'est Alain Madelin. Bonjour, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Ancien ministre de l'Économie des Finances était sous Jacques Chirac en 1995, ainsi que ministre de l'Industrie, des entreprises dans les gouvernements de cohabitation de Jacques Chirac en 1986 et d'Édouard Balladur en 1993. On est ensemble pendant 20 minutes, M.

Madelin, pour un entretien en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesserodon du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.

32:25
Alain Madelin

– Bonjour Auriane, bonjour Alain Madelin.

32:27
Présentateur

– Bonjour Alain Madelin, c'est une nouvelle journée de mobilisation aujourd'hui. Alors, au-delà du nombre de manifestants, est-ce que vous comprenez la colère qui s'exprime en ce moment dans le pays ?

32:36
Intervenant

– Écoutez, le désarroi peut-être plus que la colère, parce qu'il y a beaucoup de gens qui se trouvent dans des situations extrêmement difficiles. Quand on regarde l'ensemble de la population, ce sont vraiment énormément de galères. Le salaire médian, c'est-à-dire le salaire en dessous, vous êtes la moitié, au-dessus vous êtes la moitié. Le salaire médian est à 2 183 euros. C'est-à-dire que c'est quand même très rude. Il y a beaucoup de gens qui ont énormément de difficultés. Alors, dans certains cas, elle s'exprime par la colère. Dans d'autres cas, elle s'exprime par des replis sur soi. C'est pas juste, à quoi bon, etc.

Moi, je pense plutôt à la deuxième France, c'est-à-dire celle que l'on voit moins, car la première qui s'exprime par la colère, c'est un peu la France qui va se mobiliser aujourd'hui. Mais j'ai le sentiment que c'est plus une procession syndicale que l'expression d'une véritable colère. J'ai parlé de la France du « c'est pas juste ». C'est celle-là qui m'intéresse.

33:33
Présentateur

Cette France qui se sent reléguée, qu'on a appelée à un moment la France périphérique, même si ce n'était pas la bonne expression.

33:39
Intervenant

Qui baisse les bras, qui de temps en temps a un mouvement de colère. On les a vus, notamment avec les Gilets jaunes. On n'est pas dans ce mouvement de colère aujourd'hui. Mais on est quand même dans une France en désarroi. Et il est normal qu'un gouvernement, tout gouvernement, se préoccupe en priorité de cela, se préoccupe en urgence sociale et s'en préoccupe en ouvrant une perspective à des familles qui se sentent enfermées, qui sentent leurs enfants enfermés dans cette situation. Donc il faut avoir les deux. La seule mesure, sur le long terme, il n'y en a qu'une. C'est la croissance. Seule la croissance est capable de fabriquer de bons salaires.

Et donc toute politique aujourd'hui, quelle qu'elle soit, doit avoir en vue comment je... Je ne casse pas d'abord le moteur de la croissance, même s'il est petit, même s'il ne ronronne pas comme il le devrait, mais surtout comment je peux avoir des mesures qui peuvent doper la croissance.

34:35
Présentateur

Et on va parler de cette politique économique, mais vous nous avez dit qu'il est normal que les gouvernements prennent en compte cette dimension sociale. Est-ce que vous trouvez qu'elle est suffisamment prise en compte ?

34:43
Intervenant

Non, non, bien sûr. Non, mais j'ai écrit sur le sujet il y a plus de dix ans, même avant, en disant que la smicardisation de la société française, elle était prévisible. Quand les patrons ont demandé depuis le début des années 2000, « Ah, nous sommes concurrencés par des produits chinois, des produits vietnamiennes, des produits du Bangladesh, et il faut que vous nous aidiez à lutter contre la concurrence. » Donc, il faut que vous subventionnez les bas salaires. On l'a fait, mais quand vous subventionnez les bas salaires, si vous subventionnez quelque chose, vous en multipliez le nombre.

Donc, on a subventionné les bas salaires, donc on a multiplié le nombre, et puis en plus, à un moment donné, quand vous subventionnez les bas salaires, vous ne subventionnez pas tous les salaires. Donc, à un moment donné, vous avez un effet de cliquet. Au-dessus, je paie davantage de charges, donc je vais essayer de maintenir tout le monde en dessous. Et donc, c'est ce qu'on a fait, et ça a conduit à la smicardisation de la société française. On a multiplié le nombre de smicards, et en plus, on les a mis dans une bouteille, et on a mis le bouchon par-dessus pour éviter qu'ils sortent.

35:48
Présentateur

– Et comment on en sort ? Parce que Gabriel Attal, quand il était Premier ministre, c'était son objectif, désmicardiser la France. On n'en voit pas trop la couleur. Comment la désmicardiser cette France ?

35:55
Intervenant

– Alors, ce n'est pas si simple que ça, parce que c'est un système de multiples subventions aux entreprises, de multiples subventions aux entreprises. Grosso modo, on paie, les entreprises paient trop d'impôts, mais beaucoup trop d'impôts. Au regard de la dynamique de croissance qu'il faudrait faire, elles paient beaucoup trop d'impôts, mais elles reçoivent aussi beaucoup, et sans doute beaucoup trop d'aides. Donc, à un moment donné, il faut se mettre autour de la table et dire, bah, échange. Je reçois moins d'aide, mais tu me donnes moins d'impôts. Et c'est la seule vision qu'on peut avoir si je me projette à 5 ans ou à 10 ans. On ne peut pas rester dans ce système d'assistance généralisée.

Pourquoi on ne peut pas rester dans ce système ? Parce que quand vous êtes dans un tel système, vous perdez le sens de la liberté responsable. Vous rentrez dans un système d'assistance, de servitude volontaire presque. Et donc, il faut faire attention à sortir de ça, au nom de la liberté. Mais sortir de cela, ce n'est pas simple, parce qu'il y a des tas d'entreprises qui se sont habituées à être subventionnées. Et en plus, c'est dans leur budget prévisionnel. Pour les deux ou trois prochaines années, elles ont mis qu'elles comptaient sur ces aides. Donc, il faut une sortie au sifflet sur 5 ans et peut-être même plus pour sortir de ce système.

Raison de plus pour commencer le plus tôt possible. Et c'est un sujet auquel va être certainement confronté le ou la prochaine ministre de l'économie à Bercy. Selon vous, peut-être un nom ou un profil de ministre pour Bercy ? – Le ministre, c'est un ministre qui comprenne un peu tout ce que je viens de dire et qui, au surplus, soit capable d'accompagner la réforme de l'État. On ne va peut-être pas faire grand-chose pour la réforme de l'État, mais Bayrou avait engagé la bonne méthode.

Vous vous souvenez peut-être, il avait dit qu'il faudrait passer toutes les missions de l'État au crible et regarder si cette mission est nécessaire, est-ce qu'on peut la faire autrement, est-ce qu'on peut la déléguer, la concéder, quel est son résultat, etc. C'était la bonne méthode. Malheureusement, Bercy n'a pas suivi, non pas les fonctionnaires de Bercy qui sont absolument formidables et qui rêveraient de sortir de l'attitude des M. Niettes pour être les gens qui accompagnent de telles réformes de l'État. Mais là, je dis qu'il y a eu une responsabilité ministérielle, que M. Lombard sorte la copie que lui a demandé Bayrou. J'aimerais bien voir ça.

Donc, en réalité, il faut vraiment un ministre proactif dans la réforme de l'État avec toutes les qualités aussi qu'exige la situation.

38:18
Présentateur

– La France d'aujourd'hui, est-ce que vous dites qu'elle est dans une situation, dans une équation budgétaire insoluble ?

38:23
Intervenant

– Oui et non. Votre question m'invite à m'interroger. – Oui, bien sûr. Surtout que le gouvernement a choisi de trouver au fond la neutralité des socialistes pour éviter une censure. C'est une situation totalement impossible. Les socialistes ont malgré tout quand même un peu le programme de LFI en tête. toujours plus de dépenses, toujours plus d'impôts, avec notamment cette fameuse taxe Zuckmann qui est mal calculée, etc., mais qui est une taxe imbécile et surtout infaisable.

39:04
Présentateur

– Juste, elle est imbécile, je reprends vos moins, dans son principe ou dans le fait que la taxation des plus riches ne sait pas ce qu'il faut faire ? Ou c'est vraiment le principe de la taxe Zuckmann ?

39:14
Intervenant

– Alors, d'abord, elle est fausse dans ses calculs. Quand on dit, elle est totalement fausse dans ses calculs et elle est extrêmement redoutable dans son application.

39:25
Présentateur

– Ça veut dire juste qu'elle ne rapporterait pas les 15 à 20 milliards prétendus pour vous ?

39:29
Intervenant

– Non, ça veut dire qu'elle détruit un tissu de moyenne entreprise, des grosses PMO de campagne à plus de 100 millions. Je pourrais vous donner des exemples si vous aviez le temps. Elle empêche de grandir des belles pousses, tient de pousses à la manière de Mistral. et en réalité, elle handicape les grandes entreprises, les LVMH et autres, dans la compétition internationale. Je ne développe pas ce point-là, mais elle est vraiment imbécile. Alors maintenant, quant aux recettes qu'elle pourrait avoir, je crois que le gouvernement a réussi à convaincre les socialistes que les 20 milliards sur lesquels ils croient, ils ne les auront pas.

Et donc, ils cherchent quelque chose à 5 milliards aujourd'hui, en espérant qu'une mesure à 5 milliards sur les riches pourrait être un point de consensus. C'est extrêmement difficile. Je pense qu'à partir du moment où la gauche pense avoir découvert un filon, il y a de l'argent chez les riches, elle va avoir envie de creuser le filon, pour aujourd'hui et pour demain. Surtout qu'elle trouve un oriflame nouveau. La gauche était accusée d'avoir trahi le peuple ces dernières années, pour se réfugier sur le sociétal, pour se réfugier sur le bobo, etc. Là voilà que j'ai vécu une mesure qui est extrêmement populaire.

Parce que si vous dites aux gens, est-ce que vous voulez taxer les riches pour avoir une cagnotte, pour retrouver, payer nos dettes, payer de nouvelles subventions, etc. Oui, surtout que si vous ajoutez, ce qui est totalement faux, si vous pouvez avoir le temps de le démontrer, je le ferai, mais que l'ultra milliardaire paie moins d'impôts qu'une secrétaire. C'est faux, c'est exactement l'inverse. Bon, donc à partir de ce moment-là, à partir de ce moment-là, les gens sont pour la taxe Zuckman. Donc le Parti Socialiste a trouvé le Graal, encore mieux que les 60 ans, la retraite à 60 ans, encore mieux que les 35 ans. Donc ils ne sont pas prêts de lâcher ce drapeau.

Et donc, ça va perturber la vie intellectuelle de la vie politique française. Et en tout cas, à mon avis, ça ne va pas être facile de trouver un accord avec eux. Si on trouvait un accord, ce ne serait pas un accord pour le pays. Si on trouvait un accord, c'est parce que les socialistes ont peur de la dissolution. Il est où l'intérêt général ?

41:47
Présentateur

Mais est-ce que sur cette taxe Zuckman, la droite aussi, elle doit changer de logiciel ? Alors pas forcément sur la taxe Zuckman en tant que telle, mais vous l'entendez, ce besoin d'égalité, de justice fiscale qui s'exprime dans le pays. Est-ce que la droite doit accepter de taxer les plus riches d'une manière ou d'une autre ?

42:02
Intervenant

Écoutez, en matière de justice fiscale, le mot n'est pas approprié. Si vous voulez demander aux plus riches, si vous voulez, de faire un effort, mais sur leur fortune personnelle, c'est un petit peu ce qu'on a fait l'an dernier, un effort dans le partage du fardeau, oui, pourquoi pas ? Mais pas sur l'entreprise. Là, on taxe l'outil de travail. L'outil de travail, il va payer des impôts, il rapporte, il rapporte, et il rapporte énormément au fisc. Si je faisais le calcul de ce que ça rapporte au fisc, avant même qu'on se verse un dividende, ça rapporte déjà deux fois la taxe Zuckman.

Donc, ces entreprises sont déjà énormément taxées et c'est le capital qui rapporte au fisc et qui rapporte énormément d'impôts avant même d'être taxées en dividendes ou d'être parquées dans l'entreprise. Parce que lorsque le patron décide de ne pas prendre ses dividendes, mais il ne va pas laisser dormir cet argent, cet argent, il va servir à de nouvelles activités, bien évidemment. Donc, à l'arrivée, tout est gagnant par le fait de ne pas taxer ces entreprises. Et donc, en plus, il faut regarder ce qui se passe à l'étranger et si vous regardez ce qui se passe à l'étranger, vous avez des entreprises extraordinaires.

NVIDIA, par exemple, 5 000 milliards et on va de plus en plus vers des grandes entreprises comme ça. Ce sont les entreprises qui nous font entrer dans la société du futur et qui ont une capacité technologique et scientifique considérable. Donc, on va vers ça. Il faut sortir de la place dans laquelle on est, mais il faut aussi prendre la route du futur. Et la route du futur, ce sont ces grandes entreprises. Une fois que j'ai dit ça, ah oui, mais ces entreprises, elles gagnent beaucoup d'argent. Oui, tant mieux. C'est formidable. Donc, cet argent, il faut que tout le monde en profite. Pas le fisc. Vous, tout le monde en profite. Comment ? En partageant le capital. Comment ?

Par des mécanismes d'actionnariat populaire. Comment ? Par les fonds de pension. LVMH. C'est quand même extraordinaire. La moitié du capital laisse sur marché. Elle va bénéficier aux retraités américains qui, eux, ont des fonds de pension. Mais c'est absurde. Donc, il faut absolument faire cela. Ce sont les mécanismes du futur dont je suis en train de vous parler. partager le capital. Et c'est la direction, à mon avis, de la société nouvelle, des grandes, grandes entreprises avec des fortunes, mais avec, bien évidemment, un capital partagé. Il faut que ça profite à tout le monde, pas au fisc. – Oui, un mot sur la tête, Alain Matelin.

François Bayrou, ça a toujours été une obsession chez vous. – Pardon ? – La dette a toujours été un sujet. – Toujours, oui. Même quand j'ai été ministre. – Oui. – J'ai engagé la France sur le 5,4,3,2,1, c'est-à-dire une diminution du PIB de 1% par an, qui, à grosso modo, était tenue jusqu'au moment où on est arrivé à l'euro. Donc, je pense qu'aujourd'hui, réellement, un gouvernement peut faire 1% d'économie par an. – Sébastien Lecornu s'est démarqué de François Bayrou sur le sujet. Il a pris un petit peu de recul sur le sujet de la dette. Vous pensez qu'il a raison ? – Non, de ce point de vue-là, il faut absolument tenir le 1% parce que c'est possible.

Maintenant, si vous estimez que vous êtes dans une situation politique abominable et que vous ne pouvez pas le faire passer, vous avez recours à des moyens non conventionnels. Le moyen non conventionnel le plus évident pour moi est toujours avec une politique d'économie extrêmement forte. Mais à côté, vous pouvez, vous devez vendre des actifs de l'État. L'État n'a rigoureusement rien à faire chez Orange ou chez Engie, par exemple. Donc, c'est de l'argent qui dort. Et puis, il rapporte quelques dividendes à l'État. Mais c'est de l'argent qui dort dans les caisses de l'État. Et donc, s'il manque 15 ou 20 milliards, on peut les trouver. C'est très, très facile.

Il est là, il dort dans les caisses de l'État. Comme quand quelqu'un a les huissiers à la porte. Qu'est-ce que vous faites ? Vous essayez de vendre quelque chose de votre patrimoine. C'est quelque chose que vivent des tas de familles en France. Pourquoi ça ne serait pas applicable à l'État ? Alors, vous allez me dire, oui, mais c'est un fusil, un coup, deux coups, on ne pourra pas faire ça pendant des années. Très bien, mais vous gagnez du temps. Vous évitez à la France des crises à répétition. Vous gagnez un peu de temps pendant lequel vous devez utiliser ce temps. Vous devez utiliser ce temps pour mettre en œuvre la réforme de l'État, la réinvention de l'État et la refondation du social.

Ces deux problèmes sont liés pour moi. Vous devriez immédiatement l'engager, ces réformes-là, dans la bonne direction.

46:26
Présentateur

La préoccupation majeure des Français, ça reste leur porte-monnaie, ça reste le pouvoir d'achat. Est-ce que, parmi les pistes de Matignon, il y a rapproché le salaire net du salaire brut ?

46:34
Intervenant

Ça vous paraît être une bonne solution ? Ça, c'est la taxe Zuckman de droite. C'est-à-dire la bêtise absolue qui traîne sur les plateaux de télévision que l'on entend. Alors, reprenons. Qu'est-ce que l'on entend aujourd'hui ? On pourrait faire… Il y a de multiples versions, la TVA sociale, le truc, etc. Je prends la dernière version qui est dans la war room de Matignon. Ouais, mais on pourrait augmenter sur les riches, comme ça les socialistes seraient contents, la CSG. On pourrait faire peut-être un point, deux points, plutôt trois points de CSG ou six points de CSG. Six, sept points de CSG, ça rapporte 4 milliards. Bon. Si ça rapportait…

Si je faisais six, sept points de CSG, ce qui est énorme, énorme, si je faisais six, sept points de CSG, j'aurais 4 milliards de recettes. Ces 4 milliards de recettes, qu'est-ce que j'en fais ? Je ne vais pas les mettre sur l'ensemble des salariés. D'accord, je vais donc les mettre sur… Je parlais tout à l'heure du salaire Madian. Je vais les mettre sur tous les salaires en dessous de 2 183 euros. Et donc là, je donne quelque chose aux salariés qui sont en bas. Oui, c'est bien. Ça rapporte deux tickets de restaurant par mois. Alors pour des gens, c'est utile quand même, deux tickets de restaurant.

Mais quand même, faire tout ceci pour ça, pour deux tickets de restaurant par mois, mais c'est ridicule. Donc c'est une illusion. C'est ridicule. Et ça représente une augmentation de temps de travail, de je ne sais pas combien par semaine. Mais…

48:16
Présentateur

Et il n'y a pas d'autres moyens de rapprocher le net du brut ?

48:19
Intervenant

Passant par d'autres cotisations ? C'est plus compliqué que ça de rapprocher le net du brut. Pourquoi voulez-vous rapprocher le net du brut ?

48:29
Présentateur

Pour que les gens aient plus d'argent dans leur porte-monnaie à la fin du mois.

48:34
Intervenant

Très bien. C'est-à-dire pour faire une augmentation de salaire à la place des patrons. Est-ce que c'est à l'État d'augmenter les salaires ? Ah, c'est quand même une question, celle-là. Donc pourquoi les patrons n'augmentent pas les salaires ? Et est-ce que c'est la bonne réponse ? Je vous fais remarquer, j'en parlais tout à l'heure, que les patrons ont pleuré pendant des années pour qu'on allèche les charges sociales. On s'aperçoit aujourd'hui que ça a fabriqué des bas salaires. Aujourd'hui, on dirait, les patrons disent, ah oui, maintenant, il faut augmenter les salaires. Donc donnez-moi de nouvelles subventions.

Je vous ai demandé des subventions pour maintenir les gens dans des bas salaires et maintenant, je vous demande des subventions pour sortir de ces bas salaires. Moi, ça me pose un problème éthique. Et un problème économique parce que c'est stupide. Je disais tout à l'heure qu'il fallait augmenter les salaires par la croissance. Je vous ai dit aussi qu'on pouvait avoir des moyens non conventionnels pour l'urgence. Ce n'est pas facile à dire, mais il y a des tas de gens qui sont effectivement dans la galère pour 50, 100 euros, 200 euros par mois. À mon avis, la seule méthode et la vraie méthode, ça consiste à offrir à ces gens la possibilité c'est de travailler plus pour gagner un peu plus.

C'est-à-dire offrir des augmentations du temps de travail dans l'entreprise, autour de l'entreprise, dans le tissu économique, dans d'autres entreprises, ce qui demande un peu d'imagination sur la façon de le faire pour mobiliser les entreprises, d'ailleurs pour ça, pour donner aux gens la possibilité avec la sécurité juridique, pas le travail au noir, avec la sécurité juridique, d'aller travailler autour de leur entreprise. Ça s'appelle le travail occasionnel dont il faudrait renforcer le statut juridique. Et autour de cela, vous voyez qu'il y a des possibilités. Mais moi, dans ma famille, mon père travaillait deux fois.

Alors je ne dis pas que je ne vais pas jouer cela, mais il travaillait dans la journée, il travaillait la nuit. Ma mère avait un peu de secrétaire et elle travaillait à faire des enveloppes le soir chez elle parce qu'à l'époque, il n'y avait pas l'informatique pour faire ça. Des enveloppes et moi-même, je mettais la main pour aider ma mère à faire des enveloppes. Ça, c'est une autre période. Mais ça signifie que lorsque vous avez des difficultés, des tâches souhaitent pouvoir éventuellement trouver un peu plus d'argent dans les circuits économiques. Je livre ça comme possibilité.

Vous savez, les deux paquets de cigarettes ou les deux tickets restants que j'évoquais tout à l'heure par cette grande ingénierie financière qui consisterait à bricoler à ces G, etc. pour redistribuer dans la paix de salaire, ce n'est pas grand-chose. Et vous pouvez sûrement les trouver peut-être de façon plus honorable, dans un mécanisme du style de celui que je viens d'évoquer avec vous. Sur le sujet,

51:23
Invité

j'imagine que vous observez ce qui se passe ailleurs en Europe, notamment en Italie. Le Cameloni est souvent cité comme exemplaire depuis quelque temps.

51:32
Intervenant

Qu'est-ce que vous en pensez ? Comment vous jugez son bilan ? Sur cette question-là des emplois, des petits emplois, on a caricaturé ça, on a dit des mini-jobs, il faut éviter de caricaturer cela en France si on le faisait. Mais c'est un peu le même esprit, offrir à des gens qui ont vraiment des difficultés la chance de travailler un tout petit peu plus pour augmenter à proportion leurs feuilles de paix. Maintenant, sur Mélanie, j'observe qu'on l'accusait de tous les péchés, d'ignorance économique un peu au départ, elle s'est mélonisée. Méloniser, ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'à un moment donné, face au choc de la réalité, vous avez la possibilité d'aller dans le mur et d'être obligé de revenir en arrière. Ça a été le cas de la gauche en 1981. Deux années, hop, elle a été dans le mur, il fallait dévaluer, etc. Et donc, vous avez eu un choc des réalités sur la gauche. Bon, le choc des réalités, j'y crois beaucoup, mais j'essaie d'éviter d'en faire l'expérience. Je reprends l'exemple tout à l'heure de la taxe Zuckman. On pourrait faire la taxe Zuckman et puis on s'apercevrait très rapidement que c'est terrible pour nous qu'on ait banni parce qu'elle est à contre-courant du monde et on arrêterait. Mais dans quelles conditions ?

On a fait, messieurs, mesdames, messieurs les socialistes, vous nous avez fait la retraite à 60 ans, c'était une erreur. Vous nous avez fait les 35 heures, c'était une erreur. Ne récidivez pas avec la taxe Zuckman.

52:57
Présentateur

Merci Alain Madelein. Merci d'avoir été notre invité pour cet entretien. Fabrice, la une des dernières nouvelles d'Alsace. Les syndicats mobilisent, le corps nu fait du sur place. C'est à la une de votre journal et on va regarder ce qui fait la une dans nos régions. Et alors que l'automne débute et que les nuits se rafraîchissent, des enfants dorment chaque nuit dans la rue. C'est le cas notamment à Tours où il manque 200 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile. On regarde ce reportage de Léa Turquier pour TV Val-de-Loire. Madina est mère de trois enfants et tous les soirs elle doit chercher une solution pour que sa famille ne dorme pas dehors. depuis bientôt six ans à Tours.

Je suis un peu fatiguée et c'est difficile. Parfois on dort trop chaud à l'hôpital. J'essaie de rassurer les enfants. Je leur dis que demain ça ira mieux, demain on trouvera un endroit pour dormir, peut-être que le 115 nous donnera une place. Mais ça fait déjà plus de deux mois qu'on n'a pas eu de place au 115. On espère quand même toujours qu'à un moment on aura une vie plus stable, stabilisée, avec la possibilité de travailler, et d'avoir un lieu où vivre, que je puisse offrir à mes enfants ce dont ils ont besoin. Angelica est elle aussi mère de trois enfants. Cette semaine elle fait partie des trois familles qui ont pu dormir à l'hôtel.

Quatre chambres sont payées par la ville de Tours, deux par l'association Chrétien Migrant, mais d'habitude leur nuit ne ressemble pas à ça. On dorme dans la rue, on se dorme sur la gare avec les enfants. On reste même assise et on dort comme ça dans les bancs de la gare, à côté de la machine. Le 5e ne nous a jamais donné de place. Je peux dire presque un mois, on est presque un mois là. Cela fait maintenant deux semaines que le collectif Pas d'enfants à la rue ne finance plus de chambres d'hôtel pour héberger ses familles. Une décision crève-cœur pour les bénévoles, mais la situation n'était plus tenable.

La majorité, la grande majorité de ces familles, ce sont des demandeurs d'asile qui ont droit légalement à un hébergement et on manque de 200 places à Tours. On ne peut pas indéfiniment se substituer quand même à l'État, mais c'est très dur, c'est très culpabilisant et en même temps, ce n'est pas notre responsabilité. C'est ça qui n'est pas juste. Cette semaine, 7 familles et donc 31 enfants n'avaient pas de solution d'hébergement, un nombre qui comprend uniquement les personnes signalées au collectif. Et voilà pour ce reportage de TV Val-de-Loire.

Audrey, on regarde ce qu'il y a à la une de nos quotidiens régionaux avec vous et c'est la nouvelle journée de mobilisation qui fait la une ce matin. Oui, regardez à quoi s'attendre se demande presse Océan pour cette troisième journée de mobilisation en moins d'un mois. Pour les dernières nouvelles d'Alsace, Sébastien Lecornu fait du sur place alors que les syndicats se mobilisent pour maintenir la pression sur le Premier ministre. Les enjeux sont les mêmes que le 18 septembre dernier.

Il s'agit d'obtenir des mesures de justice sociale et fiscale même si le mouvement devrait être moins suivi cette fois-ci car une journée de grève c'est de l'argent en moins à la fin du mois pour tenter de négocier et éviter d'être renversé. Sébastien Lecornu a écrit au syndicat avec des promesses nous rapportent les dernières nouvelles d'Alsace. Le Premier ministre promet dans cette missive que l'amélioration de la retraite des femmes telle qu'elle avait été définie par le conclave organisé par François Bayrou figurerait dans le budget.

Cela pourrait concerner les pensions des mères de famille Oriane au lieu d'être calculée sur les 25 meilleures années elle pourrait l'être pour les 23 meilleures années pour les mères de famille par exemple avec deux enfants ou plus. Est-ce suffisant pour les syndicats ? Sûrement pas. La CGT décrit un Premier ministre hors sujet. Et on ira voir dans quelques instants à Marseille comment se passe cette journée de mobilisation. Mais d'abord on continue les unes de la presse les mères épinglées par leur note de frais.

Regardez cette une du quotidien aujourd'hui en France après Laurent Wauquiez et son dîner à 100 000 euros dans un château du Beaujolais à Nidalgo et ses 73 700 euros de frais de vêtements entre 2020 et 2024. C'est au tour du maire PS du 18e arrondissement de Paris Éric Lejoigne d'être épinglé. L'élu aurait utilisé son enveloppe pour se faire l'enveloppe de représentation pour se faire rembourser des pizzas ou encore des suites à capuche. Alors ce n'est pas illégal parce que ces frais de représentation des élus sont encore mal encadrés. Le code des collectivités locales ne définit pas vraiment ce que sont ces frais.

Mais bon, ça passe mal au moment où on exige transparence, exemplarité de la part de nos élus. Et puisque l'on parle de nos élus, il y a un procès très attendu localement, douloureux, qui s'ouvre aujourd'hui à la barre du tribunal judiciaire de Bourgouin-Jailleux en Isère. Deux élus du village de Dix-Misieux doivent répondre de harcèlement à l'égard de Christine Bauchet, la maire de la commune qui s'était suicidée à l'été 2019. Son mari témoigne en exclusivité dans les colonnes du Dauphiné libéré. Elle a été humiliée, écroisée, broyée d'après lui.

Son épouse est passée à l'acte après des semaines de harcèlement et après avoir reçu un e-mail des deux élus pointant son incompétence, sa bêtise et sa dangerosité. Autre sujet, j'ai une maladie tropicale et pourtant, le chinkungunya sévit en Dordogne. C'est ce que nous rapporte le Berry républicain et on parle ici d'un foyer autochtone. Ça veut dire que les personnes touchées n'ont pas voyagé dans des régions ou dans des pays où l'épidémie sévit. Un tournant historique en métropole. La maladie se propage via des piqûres de moustiques-tigres. Alors, il y a eu 81 cas recensés sur une population de 27 000 habitants à Bergerac.

Fievre, Courbature, j'ai 50 ans et j'ai l'impression d'en avoir 80, raconte un habitant qui parle de ses symptômes. C'est ce que vous pouvez lire. Alors, il y a bien eu des campagnes de démoustication inefficaces pour l'instant. On se résout donc à attendre la baisse des températures et la disparition progressive des moustiques. Et puis, je termine par une bonne nouvelle. En une de la Voix du Nord, quatre pompes de grande puissance viennent d'arriver dans le Pas-de-Calais pour lutter contre les inondations. Le département, on s'en souvient, a été touché par des crues historiques en 2023-2024.

Ce type de pompe, il est assez rare en France mais très répandu aux Pays-Bas et ça permet de transférer l'eau d'une écluse, par exemple, quand il y a une marée, la marée monte. Ça évite les inondations. Ça permet aussi de pomper dans les habitations pour éviter que l'eau ne stagne. Et quand je dis que ça va beaucoup plus vite, quatre unités permettent de remplacer 75 camions de pompiers et de pomper l'équivalent de 3,5 piscines olympiques en une minute. Voilà, c'est radical. Et c'est une bonne nouvelle en une de la Moix du Nord. Radical et efficace. Merci beaucoup. Merci Audrey.

Vous en parlez, Audrey, dans votre revue de presse ces journées de mobilisation et on va voir comment ça se passe dans nos régions. On va à Marseille, on retrouve Léo Purguet. Bonjour Léo, merci beaucoup d'être avec nous, président et directeur éditorial du journal La Marseillaise. Léo, en point sur cette journée de mobilisation à l'appel des syndicats. Est-ce que le mouvement est suivi du côté de Marseille ?

1:00:05
Invité

Écoutez, en tout cas, il est un peu tôt pour le dire, mais en tout cas, il y a sept manifestations qui se préparent dans notre région avec Avignon, Marseille, Aix-en-Provence, Arles, Draguignan, Toulon, Brignol. Et donc, on a donné la parole dans l'édition d'aujourd'hui aux différents représentants de l'intersyndical qui appellent à une mobilisation puissante pour convaincre le Premier ministre de renoncer à un budget d'austérité et pour mettre en tête les préoccupations du monde du travail avec notamment la question du pouvoir d'achat, de la hausse des salaires et des pensions qui est assez centrale dans les propos que nous recueillons.

Et puis, on s'est penché aussi sur un personnage qui n'est pas l'hôte de Matignon, mais le cornu des manifestations marseillaises, un personnage emblématique que tous les manifestants marseillais ont déjà vu et on livre son portrait, son parcours. C'est un enfant de mineur qui témoigne de son passé et puis aussi aujourd'hui de son emploi d'énergéticien gazier. Ils sont, vous le savez, en mouvement depuis maintenant plusieurs semaines et donc, on a fait ce petit clin d'œil, vous le verrez, à la une de la Marseillaise.

1:01:29
Présentateur

Et à lire aussi dans vos pages, Léo, un article sur une autre mobilisation, c'est la semaine prochaine, c'est celle des patrons.

1:01:37
Invité

Absolument. Il est évident que le patronat ne reste pas l'arme au pied. Dans notre région, le forum des entrepreneurs se prépare et l'UPE 13, qui est le représentant du MEDEF dans les bouches du Rhône, appelle également à cette date du 13 octobre qui est une date de mobilisation patronale pour contester la possibilité de mettre en place de nouvelles taxes qui iraient selon les syndicats dans le sens de la justice fiscale et qui le présentent évidemment comme une menace absolue pour la santé de notre économie.

1:02:15
Présentateur

Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour nous parler de ces mobilisations du côté de Marseille. Déchaînée, c'est la une de la Marseillaise ce matin. Merci Léo et on va continuer à parler de cette nouvelle journée de mobilisation dans un contexte politique toujours incertain. Sébastien Lecornu poursuit ses consultations avant son discours de politique générale la semaine prochaine mais l'équation semble de plus en plus difficile à résoudre. Fabien Recker.

1:02:39
Intervenant

À quelques jours de sa déclaration de politique générale, Sébastien Lecornu consulte encore. Demain, il recevra une nouvelle fois les socialistes à Matignon pour tenter de trouver un terrain d'entente qui lui éviterait la censure. On fait comment pour aboutir éventuellement à un accord non pas de non-censure mais un accord qui permette finalement aux Français de sortir par le haut après la purge que voulait leur imposer François Bayon ? Et pour ne pas censurer le budget, l'EPS attend des mesures fortes sur la taxation des plus riches au risque cependant de braquer la droite.

Si la voie de passage c'est l'acceptation de la taxe Zuckman qui serait une catastrophe pour notre économie, qui tournerait le dos à tous les efforts faits par la France pour être au plus attractif au cours de ces dernières années, qui remettrait en cause à peu près le seul héritage à peu près positif du président Macron, c'est non. Équation difficile pour Sébastien Lecornu qui pourrait aussi être tenté de donner des gages au RN comme la réduction de l'aide médicale d'État évoquée dans les colonnes du Parisien.

1:03:43
Invité

On attend de voir ce qu'il a à dire. Donc s'il y a des pistes intéressantes au Disco Poétique Générale, on attendra la concrétisation dans le budget. S'il annonce dès la Disco Poétique Générale des orientations qui ne vont pas du tout dans le bon sens, on ne s'interdit pas du tout de censurer.

1:03:57
Intervenant

Au pied du mur, Sébastien Lecornu devrait annoncer ce week-end le casting du nouveau gouvernement plus de trois semaines après sa nomination à Matignon.

1:04:07
Présentateur

Et avec nous Elisabeth Martichoux. Bonjour Elisabeth. Merci d'être là et Mickaël Darmont. Bonjour. Bonjour Mickaël. Merci également d'être avec nous. Alors on parle depuis trois semaines maintenant de la difficile équation de Sébastien Lecornu. Est-ce qu'elle est en train de se transformer en équation impossible ?

1:04:23
Intervenant

Si elle est impossible, on verra après dans quelle mesure ce gouvernement sera censuré ou pas. Donc on l'établira mais il est vrai qu'elle reste extrêmement difficile, d'autant plus difficile qu'il a lui-même posé les conditions de cette difficulté. Il y a un petit côté je crée mon propre boulet parce qu'annoncer sur le perron de Matignon qu'il faudra une rupture non pas sur la forme mais sur le fond, c'est vraiment se poser le défi et faire en sorte que tout le monde regarde et mesure sa performance à l'aune de cela.

On entend le RN qui le dit du matin au soir encore ce matin s'il n'y a pas de rupture il y aura censure et de ce point de vue-là si on retrouve les mêmes au gouvernement notamment et on a compris que le gouvernement va se faire dans le périmètre du socle commun dit-on avec bien sûr aussi LR de ce point de vue-là il faudra bien chercher où est la rupture on a compris alors que le président de la République avait dit à un moment François Bayrou a quitté Matignon il avait convoqué les responsables du socle commun en leur disant travailler avec le parti socialiste trouver des voies avec le parti socialiste qu'est-ce que fait Sébastien Lecornu dès qu'il se met à parler il ferme la porte au parti socialiste donc de ce point de vue-là oui bien sûr on reste encore pour l'instant dans l'épure d'une équation très compliquée à gérer

1:05:52
Présentateur

Mais lié au fait que les socialistes sont moins enclin qu'avec François Bayrou à accorder des gages au Premier ministre ou lié au fait que Sébastien Lecornu a la mauvaise stratégie avec eux ? Alors tic tac tic tac quand même là ça va se dénouer c'est vrai que ça fait plus de trois semaines qu'on n'a pas de gouvernement je crois que c'est un record sous la Ve République Matignon estime que ça n'a aucune importance aujourd'hui ceux qui sont dans la rue c'est pas pour réclamer un gouvernement c'est pour réclamer du pouvoir d'achat

1:06:21
Intervenant

On n'est pas dans l'impatience nous-mêmes d'ailleurs

1:06:22
Présentateur

Nous on s'habitue On s'habitue à la vacance

1:06:26
Intervenant

On s'adapte

1:06:26
Présentateur

Non plus sérieusement donc demain rendez-vous avec les socialistes il est établi que Sébastien Lecornu ne dévoilera pas les cartes de son gouvernement avant la fin des consultations il s'y était engagé c'est sa méthode c'est une forme de rupture dans son esprit j'imagine Alors on a eu un projet quand même hier qui a futé un projet de budget qui laisse entendre qu'il va y avoir un certain nombre d'impôts qui pourrait équivaloir on n'a pas le détail mais entre eux ce qu'ils comptent faire sur les holdings la contribution exceptionnelle qui serait effectivement reproduite cette année alors qu'elle ne devait pas l'être peut-être quelque chose sur la flat tax etc ça pourrait équivaloir à une petite dizaine de milliards mais encore une fois c'est un peu large comme enveloppe est-ce que les socialistes qui voulaient une taxe Zuckman dont ils pensaient qu'elle produirait 15 milliards est-ce que les socialistes sachant qu'il n'y a pas de suspension de la réforme des retraites et qu'il n'y a pas de taxe Zuckman à proprement parler est-ce qu'ils vont quand même toper pour une non-censure pour l'instant dans le discours c'est non on va voir à mesure qu'on se rapproche de l'échéance Sébastien Lecornu je disais tic-tac tic-tac il ne sait pas s'il va être encore dans une semaine Premier ministre c'est ça notre réalité en fait politique donc demain il y a cette rencontre avec la gauche peut-être que Sébastien Lecornu pourra à ce moment-là mettre sur la table une feuille de route qui lui permettra d'annoncer sereinement un gouvernement et ensuite de préparer son discours de politique générale honnêtement on n'a jamais été plus proche du dénouement qu'aujourd'hui c'est compliqué c'est compliqué moi je ne crois pas trop à un accord avec le Rassemblement national

1:08:16
Intervenant

qui va recevoir demain également

1:08:17
Présentateur

oui voilà certains disent qu'il y a des discussions pour des évolutions judiciaires je pense que facialement il n'y aura pas de négociation de toute façon et que Marine Le Pen elle est dans une démarche quand même très volontariste vers la dissolution dissolution dissolution dissolution et on va évidemment parler de tout ça Elisabeth juste sur le parti socialiste puisqu'Elisabeth en parlait est-ce que demain Sébastien Lecornu est obligé d'accorder une victoire au parti socialiste

1:08:49
Intervenant

non pas du tout je pense qu'il va le recevoir pour leur expliquer effectivement ce qui a été ce qui a fuité ce qui a été déposé aussi au comité des finances publiques donc politiquement

1:09:03
Présentateur

il n'est pas obligé de leur accorder une mesure

1:09:05
Intervenant

il va très certainement leur expliquer qu'effectivement les hausses d'impôts qui vont figurer au budget vont répondre à une partie de leur revendication tout comme il va certainement confirmer comme il l'a fait en écrivant en syndicat aux partenaires sociaux qu'une partie des dispositifs qui avaient été topés lors du fameux conclave sur l'assurance chômage ou sur les retraites va être intégrés dans le budget notamment considérant consistant les dispositifs pour les femmes seules qui travaillent donc de ce point de vue là il envoie des messages en disant je vous ai entendu je vous ai compris ce qu'il a dit il faut être sourd pour ne pas entendre la demande de justice sociale de justice fiscale donc il va tenter de le montrer mais il est contraint il est contraint parce que c'est avec il est dans le périmètre du socle commun parce que c'est avec IALR qui est là également et qui veut participer au gouvernement il leur a donné aussi une lettre d'engagement on parle des socialistes mais il a aussi transmis une lettre aussi d'engagement au LR et c'est en cela que son équation est compliquée et on verra dans quelle mesure oui effectivement on est encore dans le suspense on ne sait pas s'il va rester encore en poste d'ailleurs lui-même effectivement on verra s'il y a un discours de politique générale en bonne et due forme parce que là aussi il y a un mystère il peut ne pas y avoir de discours de politique générale il peut faire un petit il a dit il a dit qu'il y aurait

1:10:34
Présentateur

un discours oui mais on ne sait pas

1:10:35
Intervenant

qu'elle sera sa est-ce qu'il demande la confiance ou pas quand il a dit c'est le parlement c'est le parlement qui décidera du budget c'est-à-dire que en fait quelque part il en dit voilà au cours des amendements vous pourrez arriver peut-être à vos fins donc c'est assez paradoxal et il faut se méfier de la réalité de ce que ça signifie il a commencé ses consultations en disant et en se définissant comme étant le ministre le plus faible de la Ve République il faut se méfier du corps nu quand il baisse la tête

1:11:09
Présentateur

mais c'est vrai que quand même il va falloir s'il veut l'indulgence du parti socialiste il faudra qu'il donne quelque chose le parti socialiste il a tenté de l'expliquer le parti socialiste il s'est un peu emballé il y a eu l'ivresse une trempe d'ivresse qui les a saisis de la dissolution de toute façon si c'est la dissolution tant pis on sera très bon on aura plein d'élus ils sont un peu atterris depuis parce qu'ils ont vu il n'est pas mauvais pour ça Sébastien Lecornu il est resté ferme sur les prix et dans le fond ils se sont dit ce jeu-là ce rapport de force-là il faut qu'on fasse quand même attention donc il va leur faire des propositions peut-être qu'ils seront un tout petit peu plus enclin à discuter puis ils ont regardé les cartes électorales ils ont regardé les cartes électorales

1:11:53
Intervenant

ils ont regardé sans conscription

1:11:54
Présentateur

voilà c'est un petit peu évolué le rapport de force par rapport au discours très très intransigeant des socialistes il y a encore une semaine donc comme on dit la voie est étroite c'est ça parce qu'on peut dire qu'en formule c'est quand même l'impasse mais équation impossible mission difficile coup de souris tout ça tout ça

1:12:12
Intervenant

tout ça raconte un pays qui n'est pas exactement au milieu de sa forme

1:12:17
Présentateur

et Sébastien Lecornu qui s'est également adressé au syndicat via une lettre alors qu'aujourd'hui a lieu une nouvelle journée de mobilisation à l'appel de l'intersyndicale on va écouter la secrétaire générale de la CFDT Marie-Louis Lyon invitée ce matin d'RTL Il y a une chose qui n'est absolument pas claire et c'est le message de cet après-midi c'est est-ce que le Premier ministre est prêt à faire en sorte que l'ensemble des efforts à faire soient justement répartis et partagés et en fait c'est voilà partager des efforts c'est le mot d'ordre de cet après-midi pour la CFD On propose qu'il y ait un travail autour de la question des dépenses de l'État on n'est pas contre le fait du tout de faire un certain nom d'économie le problème c'est qu'aujourd'hui on nous dit on ne remplace pas un fonctionnaire sur trois qui part à la retraite c'est pas une solution c'est pas une solution qui prend en compte la question du travail donc moi mon rôle d'organisation de responsable d'organisation syndicale c'est de dire que le travail est invisible le travail est considéré comme une ligne budgétaire Partage des efforts dit Marie-Lise Léon est-ce que là-dessus il va devoir répondre Sébastien Lecornu est-ce qu'il va devoir d'une manière ou d'une autre mettre en oeuvre plus de justice fiscale et sociale Oui c'est ce qu'on disait il y a quelques mois on n'aurait pas parié quand même sur le nombre de contributions qui vont être mises sur la table et qui effectivement taxent les entreprises ou les revenus les plus élevés donc là une partie du travail est fait c'est vrai que le débat sur la taxe Juckman qui a été omniprésent pendant plusieurs semaines a produit son effet et Sébastien Lecornu va prendre en compte les attentes de l'opinion en matière de justice fiscale et puis Mickaël le disait sur par exemple la réforme des retraites il y a déjà des choses sur la table voulues par Matignon concernant les femmes dont le calcul des pensions pourrait être révisé ce serait plus sur 25 meilleures années mais sur 22-23 meilleures années et puis la pénibilité ce qui avait fait à choper rappelez-vous le conclave avec un Medef qui était très très arc-bouté là-dessus donc oui il y a quand même des éléments qui ne sont plus en compte moi ce qui me frappe quand même c'est qu'on ne parle plus du tout d'économie pratiquement c'est quand même fascinant alors que c'était le sujet qu'avait imposé François Bayrou ça ne lui a pas réussi mais quand même 44 milliards d'économies on ne les fera pas cette année vraisemblablement pas mais il veut rester avec un objectif de 4,7% de réduction donc on verra on verra si on y arrive mais c'est comme si tout d'un coup il n'y avait plus de problème il n'y avait plus de problème de dépenses totalement incontrôlées de l'État il va falloir quand même revoir ça puis alors petit pas de côté pardon je m'écarte un peu mais on est juste dans une situation internationale un peu dingue et c'est vrai qu'il y a une crise politique mais en parallèlement il y a une crise internationale avec une menace russe quand même qui est juste là et qui menace l'Europe et dont on ne tient pas du tout compte on est quand même dans une espèce de bulle en termes de crise politique parenthèse fermée

1:15:28
Intervenant

oui mais en même temps parenthèse importante parce qu'il suffit de sortir et de s'éloigner ou de lire tout simplement non seulement ce qui se passe ailleurs mais la manière dont nous sommes regardés ailleurs pour bien comprendre à quel point la France est dans une bulle et à bien se regarder j'appelle ça souvent le syndrome de la castafiore voilà qui est la vieille

1:15:50
Présentateur

vous croyez que la France a un syndrome de la castafiore oui

1:15:52
Intervenant

bien sûr qui se regarde dans le miroir en pensant qu'elle est en train de la meilleure je ris de me voir qu'elle est en train de la chanson c'est bien parce qu'elle ne se voit pas si belle alors que le monde officiellement officiellement il y a une influence on change tout on fait la paix partout

1:16:08
Présentateur

ah oui

1:16:09
Intervenant

c'est quand même alors que le monde est quand même beaucoup plus complexe c'est beaucoup plus beaucoup plus nuancé mais pour en revenir à la journée d'aujourd'hui parce que ça me frappe également et ça un peu confirme ce que l'on dit et ce que l'on ressent quand j'entends la responsable de la CFDT annoncer le mot d'ordre partager les efforts c'est tout le contraire d'un mouvement social puisque un mouvement social il est organisé sur une revendication bien précise regardez le mouvement social que l'on a vécu avec la réforme des retraites il y avait un mot d'ordre le retrait de la réforme ça a mobilisé des millions de personnes du mois de janvier au mois de mai et ça a été un immense mouvement qui était le deuxième grand mouvement social après les gilets jaunes et les gilets jaunes s'étaient organisés sur deux trois revendications là vous n'avez aucune revendication on verra d'ailleurs les banderoles cet après-midi pour l'équité le partage des efforts la protection des services publics on les connaît par cœur mais ça veut dire qu'il n'y a rien derrière

1:17:02
Présentateur

vous parliez de la réforme des retraites alors Sébastien Lecornu a apporté une première réponse dans sa lettre au syndicat vous en parliez Elisabeth sur une amélioration de la pension des mères de famille on va écouter ce qu'en dit ce matin Éric Coquerel le président de la France Insoumise de la commission des finances de l'Assemblée il était sur TF1

1:17:19
Intervenant

c'est parce que les syndicats mettent sur la table ils ont raison ils mettent sur la table l'abrogation de la réforme des retraites qui je vous rappelle était minoritaire dans le pays minoritaire à l'Assemblée Nationale et minoritaire dans les organisations syndicales donc c'est ça qui demande quant à la fameuse augmentation des pensions pour les femmes je vous rappelle ce que c'était c'était qu'au lieu de prendre 25 ans des 25 meilleures années c'était prendre 24 ans pour les femmes ayant un enfant et 23 ans pour les femmes ayant deux enfants entre 13 et 30 euros pour 1000 euros je pense que c'est pas tout à fait la réponse qui correspond à l'abrogation de la réforme des retraites

1:17:55
Présentateur

pas à la hauteur selon Éric Coquerel est-ce que vous pensez que ce sera jugé plus à la hauteur par les socialistes ?

en tout cas sur les marchés les élus la première chose qu'on leur demande c'est pas l'abrogation de la réforme des retraites c'est de la justice fiscale c'est du pouvoir d'achat la réforme l'abrogation de la réforme des retraites qui est l'alpha et l'oméga de la France insoumise en termes de progrès social je pense pas que ce soit le sujet alors je parle pas de ce que ça produirait en termes de finances publiques mais ça personne nous a encore expliqué vraiment de façon rationnelle comment on s'en sortirait mais donc je pense que ça ils sont quand même à côté de la plaque les socialistes ils ne réclament plus vous savez l'abrogation mais ils seraient enclins à la suspension s'il n'en est pas question pour Sébastien le corps nu même si on peut considérer que c'est un sujet qui pourrait être quand même tranché c'est vrai dans 18 mois à l'occasion de la présidentielle je trouve pas ça aberrant c'est vrai qu'il y a eu une contestation quand même historique dans le pays avec un mot d'ordre très identifié ce qui manque vous avez tout à fait raison aujourd'hui dans les cortèges et les français ont mal vécu cet épisode là politiquement et socialement et donc ce serait pas complètement idiot qu'on demande aux français de trancher et que en attendant alors suspension par parenthèse les services qui gèrent la retraite en France estiment qu'ils savent pas faire la CNAV comment on suspend une réforme on suspend quoi à quel moment c'est techniquement un mirage mais c'est pas je trouve un débat complètement absurde politiquement non il n'y aura pas de suspension de la réforme des retraites il y a des améliorations elles sont demandées par Marie-Élise Léon et je pense que là-dessus on peut avancer on peut avancer y compris avec le PS là-dessus

1:19:55
Intervenant

oui on peut avancer là-dessus mais une fois de plus c'est vrai qu'on s'en perçoit un décalage puisqu'on parle effectivement d'économie à faire et comment arriver à réduire un déficit on perçoit un décalage entre cette sphère politique qui effectivement martèle ces éléments de langage ces revendications décidées en comité et la réalité sur le terrain effectivement sur les élus sur les marchés alors que l'on est en train préparer les élections municipales disent pas touche à la collectivité locale pas touche à la mairie pas touche à nos équipements parce que c'est là qu'il y a un résisteur d'ailleurs on l'a vu à chaque fois que François Bayrou a tenté de s'approcher des collectivités locales des départements en disant il faudra là qu'on va prendre l'argent il y a eu un tir de barrage avec un énorme consensus donc de ce point de vue-là c'est vrai qu'ils sont à côté de la plaque c'est vrai qu'ils n'entendent pas les vraies revendications les vraies demandes pouvoir d'achat éducation protection et il reste avec et c'est le sentiment que cela donne avec cette espèce de bulle argumentaire qui inonde nos agendas nos chroniques nos questions mais qui en réalité ne sont pas celles des français

1:21:09
Présentateur

Juste moi aussi j'ai une petite parenthèse C'est bien C'est pas de raison C'est pas de raison Parce que Michael tout à l'heure parlait de rupture juste dans sa lettre au syndicat sur la forme c'est une longue lettre dans laquelle Sébastien Lecornu alors cite les mesures et cite les pistes mais il propose aussi cinq points avec plusieurs questions sur lesquelles les syndicats doivent discuter et revenir vers lui Est-ce que là dans la méthode on est dans une rupture par rapport à ses prédécesseurs et même par rapport à Emmanuel Macron dans la manière dont il traite les syndicats Alors ça c'est sûr Par parenthèse Sébastien Lecornu il ne parle pas mais il écrit C'est son mode de communication pour l'instant Evidemment mais déjà François Bayrou avait tenté de le faire mais on avait jugé cela un peu tactique pour durer Sébastien Lecornu il a la conviction qu'effectivement les partenaires sociaux doivent être traités il les traite il les reçoit il ne répond pas à leurs revendications les partenaires sociaux sont remontés comme des pendules patronaux et syndicaux puisque le patronat se réunit le 13 octobre on verra ça c'est quand même aussi un rendez-vous important mais bien sûr qu'il les remet dans le jeu mais heureusement de ce point de vue-là l'erreur est fatale d'Emmanuel Macron il s'est cru plus fort plus beau lui il a tenté une rupture qui n'avait aucun sens et qui a produit évidemment des effets délétères Dieu sait si le prédécesseur de Marie-Élise Léon Laurent Berger a hurlé dans le désert a tendu la main a essayé pendant des années jusqu'à l'épuisement mais Emmanuel Macron n'a jamais compris jamais compris ce fonctionnement-là fondamental il y a les partenaires sociaux ce sont des acteurs majeurs avec lesquels il faut traiter donc de ce point de vue-là oui c'est une rupture

1:23:00
Intervenant

Oui mais vous avez posé la question sur la méthode or la phrase et la promesse de Sébastien Lecornu c'est quand il a dit pas uniquement sur la méthode mais sur le fond donc très bien on est très content de voir qu'il a écrit au syndicat mais les français ils attendent pas des méthodes ils attendent des résultats donc de ce point de vue-là oui on est encore sur du facial sur de l'organisation sur au fond de nous donner à commenter mais la réalité c'est que pour l'instant rien ne bouge

1:23:29
Présentateur

On va terminer juste par ce qui s'est passé hier à l'Assemblée alors c'était la rentrée du Parlement hier il y avait renouvellement des postes à l'Assemblée cette question le RN aura-t-il ou non une place finalement les six postes de vice-président se sont répartis à égalité un tiers chacun entre les trois blocs de l'Assemblée on va écouter ce qu'en dit Sébastien Chenu le vice-président du parti

1:23:50
Alain Madelin

l'Assemblée nationale c'est la représentation c'est la représentation des forces politiques de notre pays telles que les Français l'ont souhaité au sein de cette Assemblée nationale il y a une organisation pour faire fonctionner l'institution que je sache les députés du RN autour de Marine Le Pen ont été salués d'ailleurs depuis des années comme étant des députés non seulement assidus mais respectueux de cette institution or il y avait dans l'année passée un deal entre macronistes et républicains pour sortir le RN un peu le front républicain

1:24:21
Intervenant

à l'échelle de l'Assemblée

1:24:23
Alain Madelin

c'est ça mais ce qu'ils oublient c'est que c'est une institution et que donc dans les textes il est d'ailleurs écrit que l'organisation de l'institution doit ressembler à l'état des forces politiques de cette même institution nous sommes le premier groupe il est normal qu'on occupe les fonctions qui nous reviennent pour faire fonctionner l'institution

1:24:40
Présentateur

voilà il y a eu un débat Elisabeth entre d'un côté la droite et le socle commun évidemment le Rassemblement National et de l'autre la gauche entre ceux qui disaient il faut répartir les postes un tiers chacun puisqu'on a environ un tiers chacun de l'hémicycle et la gauche qui disait on a fait barrage dans les urnes il faut qu'on fasse barrage hier la gauche qui reproche d'ailleurs au socle commun de faire le jeu du Rassemblement National j'ai pu passer le tweet d'un député écologiste qui demande qui réclame la démission d'Yal Brun Pivert après ce qui s'est passé hier ce qui s'est passé sans psychodrame bon moi je serai assez brève parce que je trouve ça tout à fait normal que les partis soient représentés à proportion de leur importance et d'ailleurs la présidente de l'Assemblée je ne fais pas sa pub mais c'est vrai qu'elle a publié une vidéo dans laquelle elle comparait l'Assemblée Nationale ou en tout cas l'enjeu de cette élection à celui d'un syndic de copropriété parce que c'est vrai que ce n'est pas le bureau de l'Assemblée ce n'est pas les organes d'Assemblée qui déterminent la politique française en revanche c'est elle qui détermine le fonctionnement de l'Assemblée c'est normal ce qui s'est passé il y a un an était l'anomalie et ça a été rectifié hier et sans drame d'ailleurs finalement sauf quelques voix de gauche qui crient évidemment à la fin du cordon sanitaire je ne sais pas dans quel pays ils habitent oui exactement

1:26:03
Intervenant

ils sont une fois de plus même dans leur bulle parce qu'on ne peut pas à la fois sans arrêt clamer démocratie démocratie démocratie et ne pas être capable de pouvoir donner au groupe le plus important finalement ou important sa place la place qu'ils méritent donc oui bien évidemment c'est absolument normal et les protestations en disent long une fois de plus sur le décalage

1:26:22
Présentateur

allez on va terminer par l'histoire du jour et c'est à la une de la République du Centre c'est la guerre des champignons alors la saison des champignons elle a débuté si pour beaucoup ça rime avec balade en famille en forêt et qu'il y a de plaisir pour d'autres c'est un véritable business qui peut générer des tensions dans les bois et même sur internet vous allez voir c'est le cas dans une forêt de 15 hectares aux confins de la Corrèze et de la Haute-Vienne c'est ce que nous raconte ce matin le journal Jean-Claude le propriétaire passe les voitures une à une en revue pour vérifier que ce sont bien des gens qu'il connaît qui vont cueillir les champignons dans sa forêt et qu'il a donc donné les autorisations alors il faut dire que cette année la pousse est visiblement très abondante du jamais vu depuis plusieurs années il y a même une cueilleuse qui dit je me demande si Poutine ne nous a pas envoyé un truc ça c'est une autre histoire on en est là le problème de Jean-Claude c'est que tous les cueilleurs n'ont donc pas l'autorisation dans sa forêt et que le culot va loin pour justifier leur présence certains allant jusqu'à dire que ce sont eux les propriétaires et il faut dire que la cueillette on le disait elle ne met pas seulement des champignons dans l'assiette elle peut aussi mettre du beurre dans les épinards jusqu'à 100 euros par jour en les revendant sur internet à tel point que Jean-Claude il a demandé au journal de ne pas préciser où était sa forêt moi je suis un artichou c'est Creusois Creusois c'est un pays de cèpes et on les cueillait quand elle était petit aujourd'hui il n'y en a plus parce que les gens viennent ratisser

1:27:38
Intervenant

ça montre que quand la croissance arrive c'est là que les problèmes arrivent

1:27:41
Invité

merci à tous les deux et merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée

1:27:48
Présentateur

Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada

1:28:16
Locuteur

Sous-titrage ST' 501