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interviewFrance Culture· 16 juillet 2025 39 min

Dette, impôts, retraites : COMPRENDRE LE BUDGET 2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Hier, mardi 15 juillet dans l'après-midi, François Baou a présenté ses 13 attendues orientations budgétaires pour 2026. L'objectif réaliser 43,8 milliards d'euros d'économie pour sortir de ce que le Premier ministre appelle le piège mortel de la dette. Pour se faire, une année blanche, le gel des dépenses de l'État ou encore la suppression de deux jours fériers.

Que retenir de ces annonces et quelles en sont les conséquences sur l'économie et nos vies ? On en parle avec deux invités ce matin. Bonjour Clara Léonard.

Bonjour. Je vous remercie pour cette invitation et merci à vous d'être là ce matin. Vous êtes directrice générale de l'Institut Avant-garde, docteur en économie et juste en face de vous en studio Mathieu Plan.

Bonjour. Bonjour. Merci d'être là.

Vous êtes économiste et directeur adjoint à l'OFCE enseignant à Science Poau et à la Sorbonne. Alors on s'attendait à 40 milliards d'euros d'annonces pour boucler le budget 2026 qui était déjà considérable. Et puis finalement François Bairou annonce 43,8 milliards d'euros d'économie.

Pourquoi ? Alors, je ça c'est Oui. Oui.

En fait, les 40, on est passé de 40 à on va dire pratiquement 44 euh de façon euh assez rapide et de façon assez simple. En réalité, c'est parce que le président de la République a annoncé entre-temps une augmentation significative du budget de la défense, hein, de 3 milliards et demi supplémentaire qui va falloir compenser si on veut tenir les objectifs budgétaires. Et donc, les 40 se sont transformés quelque part en 44 milliards pour cette raisonlà, ce qui va rendre effectivement l'ajustement budgétaire ou en tout cas les économies à trouver encore plus, j'allais dire plus ambitieuse ou en tout cas plus délicate.

Clara Léonard. Alors, si on revient sur ces 40 milliards, il faut déjà préciser que c'était une manière originale de présenter les effort à effectuer parce qu'en fait d'habitude traditionnellement, on compare le déficit à visé au déficit de l'année précédente. Là, en fait, les 40 milliards, c'est l'écart entre le déficit visé, donc 4,6 % et ce qu'on appelle le tendantiel, c'est-à-dire le déficit prévisible en prolongeant les tendances actuelles.

Donc si on avait choisi une présentation traditionnelle, ce serait un ajustement autour de 25 milliards. C'est un choix qui est moins transparent que les mesures traditionnelles, mais qui est très politique parce qu'il permet d'afficher un montant très important et ça va de père avec une rhtorique qui a été très marquée pendant le discours d'hier. On parle de danger mortel de la dette, d'Himalaya devant nous et cetera.

Donc c'est pour ça qu'on a ce chiffre qui est mis en avant. Vous partagez Mathieu Plan, c'est vrai qu'on entend de plus en plus cette critique du fait qu'en fait c'est un comme un fétiche euh politique, un objet politique monté mais pas forcément qui pas forcément une réalité ensuite d'un point de vue des finances publiques. Euh alors on peut pas dire non plus que les finances publiques sont soient en bonne situation hein.

C'est-à-dire qu'après euh il tendance à effectivement à aggraver peut-être la situation. On a vite vite eu une comparaison avec la Grèce en disant attention la menace c'est effectivement la falaise, le cas grec avec derrière l'idée que on perdait le contrôle de notre souveraineté financière et qu'on pourrait plus se refinancer derrière he c'est tout ça. Et donc on voit le cas grec est quand même un peu dans toutes les mémoires comme c'est assez récent mais c'est vrai qu'on en est quand même assez loin d'un point de vue structurel mais il faut dire que la situation budgétaire est quand même un peu délicate en France hein parce qu'on a avec un déficit qui est proche de de 6 % du PIB on est quand même très éloigné de la moyenne de zone euro.

C'est un peu inédit parce qu'on est quand même les plus mauvais élèves et surtout on fait face à une crise budgétaire mais qui est plutôt française et pas européenne he ce qui était pas le cas d'il y a la décennie 2010. Et deuxièmement, elle est quand même couplée à une crise politique. Et à mon avis, c'est ça qui est très embêtant, c'est que vous avez un budget qui est annoncé, on dit 43,8 milliards, mais à la fin, on ne sait pas du tout ce qui va rester de ce budget.

Et donc effectivement, c'est quoi la sortie de tout ça ? Donc c'est quoi le redressement des comptes publics et la stratégie qu'on va avoir jusqu'à 2029 ? Parce que finalement François Berot nous présente un budget, enfin un programme jusqu'à 2029.

Or, on sait que potentiellement ce budget peut être censuré dans 2 mois. Donc c'est là en fait l'inquiétude, c'est dire effectivement cette crise budgétaire est couplée à une crise politique et donc on voit pas tellement la sortie de tout ça. Allez-y Clara Léonard.

Je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit. Euh je trouve que la comparaison avec la Grèce est un peu excessive si on pensait à la Grèce on pense tout de suite à la crise de la dette grecque et à l'époque on avait quand même des taux d'intérêt qui étaient à plus de 30 %. Voilà aujourd'hui la France à 10 ans qui est le taux de référence se finance à 3,4 %.

C'est moins que le Royaume-Uni par exemple qui est à 4,6 %. Donc il y a certes des efforts à faire mais vraiment sur le long terme dans la durée avec des économies qui sont difficiles à faire étant donné la la situation politique, mais on n'est pas du tout au bord de la faillite. Voilà, c'est on va on va l'écouter si vous le voulez bien cet extrait de François Bairrou dans son discours hier a venu de Séure une antenne de de Matignon.

Et comme ça vous nous direz pourquoi selon vous il dramatise ou pas ? Et je pense qu'il ne faut jamais oublier l'histoire de la Grèce ou l'exemple de la Grèce. Le Premier ministre tout à l'heure s'appelait Alexis Cipras.

Il était à la tête d'une coalition qui s'appelait CISA de gauche et d'extrême gauche. Et pour éviter cet obstacle, il a convoqué un référendum du peuple grec pour que son pays dise non et que officiellement son pays derrière lui refuse les conditions de redressement qui lui étaient faites par l'Union européenne et le FMI. Ce référendum pour dire non, Alexis Cras l'a gagné très largement le dimanche et le jeudi 4 jours après.

Il a été obligé de signer tout ce qu'on lui demandait, tout ce qu'il avait juré de ne jamais accepter. Et le peuple grec, l'État grec ont dû consentir des sacrifices immense. Ils ont dû baisser de 30 % les retraites et de 15 % le salaire des fonctionnaires.

Et c'est exactement ce que nous ne voulons pas. François Bairou hier dans son discours intitulé Le moment de vérité. Alors, si j'ai bien compris, Clara, Léonard et Mathieu Plan, vous êtes d'accord pour dire qu'il ne faut pas trop être trop alarmiste qu'on en est pas là.

C'est-à-dire en 2008 quand le FMI débarquait à Athèn. Non, j'ai dit heureusement qu'on en est pas là. Mais vraiment heureusement.

D'ailleurs, je dire le juge de paix, si on peut penser là que c'est les marchés, les taux d'intérêt ont pas bougé du tout, hein. Alors, on a depuis la dissolution ce qu'on appelle une prime de risque un peu plus élevée qu'il y a un an, mais pour le moment, il y a pas du tout de dérive. Et heureusement parce que la situation euh économique française, elle est pas radicalement différente aujourd'hui d' 1 an.

Euh la question une fois de plus, c'est la trajectoire qu'on peut avoir sur les prochaines années. Et j'allais dire ce qui inquiète ou qui ouvre des incertitudes fortes, c'est aussi la crise politique et la possibilité de redresser effectivement ces comptes publics de façon qu'il si jamais on était la Grèce, on pourrait pas écarter des hausses de fiscalité par exemple. Je veux dire aujourd'hui on a un plan d'ajustement budgétaire qui porte à 85 % sur la dépense publique.

Il faudrait à ce moment-là actionner très fortement le levier fiscal. Donc on n'est pas à la Grèce qui est un risque, il faut pas l'écarter, ça c'est sûr que potentiellement on puisse payer un peu plus cher notre tête et on peut pas l'écarter. Mais j'allais dire heureusement on n'est pas la Grèce et ce plan ne ressemble pas du tout à un plan d'une économie qui serait équivalente à la GR la Grèce.

Clara Léonard. Euh oui, je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit. La Grèce, c'était des déficits vraiment beaucoup plus importants.

Il y avait aussi des problèmes de de chiffres et cetera. Il y a une autre métaphore qui a été utilisé au début du discours que je voudrais évoquer. Monsieur Bairou a comparé la dette publique avec la dette d'un ménage.

Et ça c'est une erreur en économie parce qu'en fait ce ne sont des dettes qui ne sont pas du tout de même nature. La grande différence entre un ménage et euh et et l'État c'est que l'État a priori a une durée de vie infinie. Donc son objectif n'est pas tant de rembourser toute sa dette que de la rouler, c'est-à-dire se refinancer à des taux d'intérêt qui reste raisonnable pour ne pas qu'elle explose et qu'elle fasse faillite.

Et la dette publique et les dettes souveraines sont des éléments financiers enfin des produits financiers qui sont essentiels pour le système financier international. Il a utilisé beaucoup de comparaisons hier François dans son discours puisqu'il a aussi comparé la situation française à la situation allemande. Ça c'est peut-être un peu plus classique mais il faut quand même bien dire qu'on est le mauvais élève de la zone euro sur le le déficit 5,8 % du PIB.

Donc il annonce euh un plan jusqu'à 2029 pour atteindre 2,8 % du déficit et donc respecter la règle européenne de Mastrich. Est-ce que cette trajectoire est crédible ? Crédible en tout cas l'annoncer la crédibilité.

Voilà, une fois de plus, elle se fera à l'assemblée. C'est est-ce que là, on l'a vu à partir des annonces. Bon, premièrement, ce qui est bien, c'est quand même de dire la réalité, c'est que c'est un plan d'ajustement qui va prendre plusieurs années et que pour stabiliser la dette publique en point de PIB, l'effort va devoir se cumuler sur plusieurs nés.

Mais la crédibilité, on voit qu'elle va être extrêmement difficile à trouver parce que à peine sortie de son discours, la plupart des partis politiques ont mis des lignes rouges très sévères. Et donc euh ce plan de 44 milliards ne sera pas du tout ça à la fin ou en tout cas si jamais il est exposé comme ça à l'assemblée, il sera immédiatement censuré. Donc la question c'est qu'est-ce qui va rester de tout ça euh au fond et quelle est la stratégie de moyen terre ?

Moi je pense que c'est ça qui peut inquiéter un peu les investisseurs ou les marchés, c'est de dire en fait c'est quoi la stratégie de moyen terme de la France d'un point de vue économique budgétaire de des questions sur la transition, de la réindustrialisation et cetera parce qu'on voit qu'il y a quand même un blocage politique fort et j'allais dire tous les scénarios du coup sont possibles suite à ça. Alors justement sans faire de politique fiction mais c'est vrai que là le parlement est fermé, les députés sont en vacances, c'est presque un peu cocasse d'ailleurs vu les efforts demandés mais ça c'est une c'est une parenthèse. Le Rassemblement national, la France insoumise et le Parti socialiste ont annoncé qu'il censurerait potentiel probablement, même presque certainement ce budget à l'automne.

Que se passerait-il d'un point de vue budgétaire si François Bairou tombait sur ce budget 2026 comme c'est déjà arrivé à Michel Barnier pour le budget 2025 ? On rentrerait à nouveau dans le même type de séquence avec potentiellement voilà le la nécessité de renommer un premier ministre, un gouvernement et cetera. Sachant que voilà, il y a toujours cette cette idée qu'il faut que le budget soit défini avant décembre, sinon on doit faire avoir recours à des lois spéciales.

Voilà, donc ça crée beaucoup de chaos. Mathieu plan, est-ce qu'il y aurait des conséquences sur les finances du pays d'abord et sur notre taux d'emprunt sur les marchés ? Vous en parliez à l'instant.

Oui, parce que finalement, on a dit est-ce que comment on voit les marchés tout ça et cetera ? qui réagissent assez peu à ces annonces parce que bon d'abord elles sont pas tellement surprenantes en réalité hein. On a le cadre un peu attendu y compris dans les montants et éventuellement dans sa répartition.

D'ailleurs, c'est pas très détaillé hein, sur les gros montants, on pourra peut-être y revenir. On va on va rentrer dans le détail bien sûr. Mais la réalité c'est la question le moment de vérité, il est pas tout de suite hein.

En fait, c'est pas le 15 juillet hein. Le moment de vérité, c'est à l'automne et donc on va voir ce qui va se passer à l'automne. Et donc je pense que l'idée de mettre par contre qui était pas mal de mettre en amont de présenter le plan budgétaire c'est de pouvoir laisser un peu de temps à la discussion et de voir sur quoi le gouvernement pourrait revenir, sur quoi il pourrait avoir des nouveaux arbitrages de façon à éviter la censure et avoir un budget qui qui soit en tout cas peut-être pas voté mais non censuré.

Léonarde un mot et puis après on va revenir sur les annonces et peut-être préciser ce que c'est que l'année blanche. Oui, puisqu'on parle des marchés, ce qui est très important pour les marchés, alors bien sûr ce sont les fondamentaux économiques, mais également ce risque politique. Ce qu'on a vu, c'est que le spread, c'est-à-dire l'écart entre le taux allemand et le taux français s'était écarté depuis la dissolution.

Et c'est vraiment à partir de ce moment-là qu'il y a une hausse importante des taux français. Donc ça c'est presque plus un risque à très très court terme que que la situation budgétaire. D'ailleurs, souvent on entend dans certaines analyses le l'exemple britannique de l'ISRUS qui serait tombé euh en raison de de la du manque de confiance des marchés financiers.

Elle est valable selon vous de cette comparaison ? Oui. Alors oui, avec un cas un peu particulier sur du stress parce qu'elle avait pris des mesures budgétaires qui étaient pas du tout adaptées à la situation économique.

Euh là la question c'est vrai que il faut bien le rappeler hein, l'économie française est est d'une économie qui est beaucoup moins dépendante de l'extérieur que la Grèce, qui a beaucoup d'épargne, qui est centrale en en Europe, qui sait on sait bien lever l'impôt. On a quand même un niveau de qualification et de productivité important. Donc on a des fondamentaux qui sont loin d'être ceux de la Grèce hein, sans être dur avec la Grèce.

Mais en tout cas voilà, mais la question au fond politique est du coup très importante et elle est certainement la crise politique est peut-être supérieur du coup à la crise budgétaire. Si vous on avait pas de crise politique et s'il y avait une majorité à l'assemblée, même si ce plan nous plaisait pas ou plaît pas aux oppositions, absolument il y a une majorité, il pourrait placer, il pourrait passer quit avoir de l'impopularité et donc on sait que bah cette redressement se redressement des comptes publics se ferait dans la douleur mais il se ferait. Là aujourd'hui, on ne sait pas du tout quelles pourrai être les possibilités.

On le dit effectivement si c'est censuré. Est-ce que derrièement derrière on a un nouveau gouvernement technique sur quel programme ? Est-ce qu'on a une nouvelle dissolution ?

Si une dissolution c'est une majorité si une majorité c'est qui qui a la majorité et sur quel programme ? Et donc vous voyez que aujourd'hui on a besoin de visibilité et de réflexion de moyen terme, de stratégie à moyen terme pour avoir un vrai équilibre sur ce qu'il faudrait faire pour dresser les comptes publics tout en évitant l'affaissement de la croissance, tout en évitant une remontée du chômage, tout en évitant une augmentation des inégalités, tout en évitant la désindustrialisation et cetera et cetera. Et aujourd'hui, on n'y voit pas du tout clair pour ces questions et ces raisons politiques.

Léonard, pour donner quelques chiffres à partir d'une étude de Cypria, Mathieu Yona Skater dans notre institut, euh si euh on veut respecter les règles budgétaires européennes, il faut dégager 150 milliards à horizon 2031 parce que ce sont des règles qui sont très exigeantes, qui demandent notamment d'atteindre un sol primaire d'un peu plus d'un point. Voilà. Et si en plus, et ça c'est très important, nous on insiste beaucoup sur ce point, on veut financer la transition écologique parce qu'il y a vraiment des grandes transformations à faire.

On atteint la 180 200 milliards. Donc on est vraiment sur d'une problématique de de long terme et pas simplement des petits ajustements comme on qui ont été annoncés aujourd'hui. Vous trouvez que l'année blanche c'est un petit ajustement ?

Alors euh c'est pas un un petit ajustement en montant mais mais je trouve que c'est pas une solution euh pérenne. Euh ce qu'il faut chercher, c'est des ce sont des solutions structurelles d'assainissement de notre budget avec des vraies mesures que ce soit euh des hausses d'impôts ou ou bien des baisses de dépenses. Mais là là on est vraiment sur du court termisme.

Mais alors sur l'année blanche, il y a quand même peut-être pas des hausses d'impôt mais enfin si et surtout des nouvelles personnes qui rentrent dans la peau. Qu'est-ce que c'est l'année blanche Mathieu Plan ? l'année blanche, il y a plusieurs années blanches.

Celle qui nous présente en fait, elle est quand même assez importante d'un point de vue budgétaire. Il y a le gel des prestation sociales, celles qui sont dites indexé, qui doivent être revalorisé comme l'inflation. Notamment vous avez les retraites he qui sont un montant important, mais vous avez aussi tous les minimas sociaux, les allocations logement, les allocations familiales, vous êtes voir aussi les allocations chômage.

Tout ça représente à peu près 500 milliards en fait. Euh et à partir du moment où vous faites une année blanche, vous revalorisez pas ces prestations comme l'inflation. Donc vous faites l'économie de l'inflation d'un point de vue budgétaire.

Par contre, pour les personnes qui reçoivent ces prestations, c'est une perte de pouvoir d'achat parce qu'effectivement euh leur prestation ne compense pas la hausse du coût de la vie. Donc ça c'est une partie de l'année blanche mais la de et ça ça ferait à peu près 5 milliards d'économie. À ça s'ajoute le fait que vous pouvez faire une année blanche sur la fiscalité et pas revaloriser les seuils et les barêes de l'impôt sur le revenu notamment.

Et donc ça vient augmenter le poids de l'impôt sur revenu pour les personnes qui le payent. Mais un certain nombre de personnes qui ne le payaient pas vont aussi rentrer dans l'impôt sur le revenu. Alors nous on avait fait ce calcul sur la loi spéciale mais c'était sur 2025.

On avait 380000 ménages qui rentraient dans la peau. Là ça devrait être un peu moins parce que on a un peu moins d'inflation. Et puis dernier point et donc ça ça représente un peu plus de 1 milliard même le gouvernement parle de 2 milliards si vous avez aussi une année blanche sur les seuils de CSG.

Donc vous avez aussi la question de la CSG. Vous voyez, c'est un peu technique mais on aurait 7 milliards sur l'année blanche purement prestation impôts. Mais en fait pour moi, l'année blanche, elle va être plutôt autour de 17 milliards parce que derrière le gel des dépenses en valeur de l'État hors défense, en fait ça revient à une année blanche sur le budget de l'État hors défense.

C'estàdire que vous gelez le budget en valeur des ministères hors en dehors de la défense et ça ça fait 10 milliards. Et ça pour le coup c'est un montant qui est massif aussi mais on n pas on n pas du tout le détail de comment on atteint parce que là c'est des chiffres hein. dit on gèle l'enveloppe mais après comment on fait pour atteindre ces objectifs là et c'est là les vraies questions c'est où est-ce que seront faites les économies dans chacun des ministère alors en effet l'année dernière par exemple les pensions de retraite ont été revalorisées de 2.2 2% puisque c'était le le taux de l'inflation.

Cette année en 2025, il semble être plus bas 1 % selon la Cour des comptes. Est-ce qu'il y aura vraiment un impact sur toutes les prestations sociales, les retraites et cetera pour les Françaises et les Français ? Est-ce que c'est peut-être ça qui a conduit aussi François Bairrou à prendre cette décision ?

Clara Léonard ? Alors la décision sur l'année blanche, on peut se demander sur quelle catégorie ça va peser. Alors ça va peser sur ceux qui dépendent des revenus indexés.

Donc vous avez les prestations sociales dont les retraites. Voilà. Euh l'hire les deux, ce sont les deux premiers déciles qui devraient en pâtir le plus.

Ça c'est sur l'impôt sur le revenu euh voilà. Alors sur l'ensemble en fait des des de mesures de l'année blanche. Voilà.

Euh donc l'année blanche a des effets régressifs, donc une perte de 0,7 à 0,25 % du niveau de vie selon l'IPP. Et euh les premiers déciles perdent le plus car l'effet du gel du BRM de l'IR euh qui pèse plus sur les riches euh n'est pas compensé par les effets très régressif du gel euh des prestations sociales. Alors, on est quand même dans un contexte où il y a l'INC euh qui vient de publier des chiffres sur la pauvreté qui étaiit euh voilà effarant au plus haut depuis 30 ans.

Il y a 6500 personnes qui ont basculé dans la pauvreté en une année. Voilà, on peut un peu se demander si c'est vraiment le bon moment pour annoncer ce type de gel. Oui, je pense que là-dessus, c'est important sur cette année blanche, faut savoir que tout ce qui est prestation sociales qui sont hors retraite en fait sont très concentrés sur les bas revenus.

H en fait, c'est les minimats sociaux, c'est les allocations logement, c'est les allocations familiales. Alors à partir du moment où vous gelez ce type de prestation, effectivement les effets les plus négatif en pourcentage du niveau de vie, c'est sur les plus modestes. Donc effectivement quand on voit une année blanche, on pense que c'est assez égalitaire en disant en fait on gèle mais en fait c'est assez inégalitaire même c'est très inégalitaire parce que c'est les plus modestes et le bas de la classe moyenne qui va être le plus affecté hein en réalité par cette année blanche.

Ce qui est d'ailleurs une des critiques fortes de ce budget c'est qu'en fait il est il est inégalitaire. C'est un budget où effectivement c'est plutôt les retraités, les modestes, les fonctionnaires qui vont être mis à contribution et finalement assez peu les grosses entreprises ou les très gros patrimoines. Oui, c'est ça.

Vous partagez Clara Léonard alors que François Barrero avait prévenu, il voulait que tout le monde contribue. C'est ça. Ça a été présenté comme des mesures des grandes mesures transversales.

Tout le monde doit faire un effort mais ce qu'on voit c'est que ce n'est pas du tout le cas et que ça pèse essentiellement voilà sur les plus pauvres et et pas sur les grandes entreprises et les plus fortunes. Il y a pourtant cette contribution spéciale pour les haut revenus. Mathieu Plan, vous avez plus de détails vous peut-être.

Oui. Alors pour le moment ça ça semble être un peu une reconduction de ce qui avait été fait sur la contribution sur les haut revenus hein pour faire en sorte de l'année dernière pardon qui devait être enfin qui est a priori qui devait être sur une année qui reconduit pour une deuxième année qui représenterait à peu près 2 milliards d'euros de faire en sorte que il y a un impôt un minimum d'impôts sur revenus qui soit payé. Pourquoi ? parce que les revenus financiers en fait sont soumis à ce qu'on appelle la flat taxe, le prélèvement forfaitaire unique et paye assez peu d'impôts survenus et donc ça serait une compensation comme ça.

Mais par contre, on n pas de taxation spécifique sur les patrimoines ou les haut patrimoines. Alors même sans rentrer dans la taxe duman par contre il y a pas eu d'effet d'annonce de ce côté-là et non plus les entreprises sont pas du tout ou quasiment pas mis à contribution notamment les grandes entreprises. Euh peut-être un dernier mot puisqu'il est bientôt 8h sur les retraités.

On a vu aussi cette mesure qui est un vieux serpent de mer, c'est-à-dire de supprimer les fameux 10 % d'abattement fiscal sur les les pensions de retraite, enfin sur les le revenu des retraités pour le remplacer par une forme de prime, voilà, de 2000 € à à retirer de son impôt sur le revenu. Là, c'est censé valoriser quand enfin aider quand même plus les petites retraites que les plus grosses. Moi, je pense que c'est ça, c'est plutôt une bonne mesure, hein.

C'est-à-dire que en fait, c'est pas effectivement une suppression pure et dure de cette niche fiscale pour frais professionnels de 10 % pour les retraités qui présentait quand même 5 milliards. Et du coup, ça redistribue quand même un peu parce que vous faites un forfait à 2000 € et donc ça c'est plutôt avantageux pour on va dire les les retraités du bas de la classe moyenne voire une partie de la classe moyenne et par contre ça sera plus coûteux. Enfin en tout cas les les retraités plus aisés vont payer plus donc c'est assez redistributif et en même temps il y a peut-être un petit gain budgétaire.

Merci beaucoup Mathieu Plan, économiste et directeur adjoint à l'OFCE. Vous restez avec nous tout comme vous Clara Léonard, directrice générale de l'Institut avant-garde docteur en économie. On va continuer à décrypter les annonces puisqu'elles sont très nombreuses de François Bairou.

France Culture, il est 8h 7h9h les matins d'été Astrid de Vilene. C'est le sujet de sa vie politique, la réduction de la dette publique, thème principal de sa campagne présidentielle en 2007. Alors près de deux décennies plus tard, quand François Baou annonce un plan massif au pays, le Premier ministre ne peut s'empêcher d'y voir un signe du destin.

Combien peut rapporter cette année blanche décidé pour reconstruire le budget de l'an dernier sans tenir compte de l'inflation que ces oppositions décrivent déjà pour certaines comme une année noire pour les services publics ou les travailleurs ? Nous sommes toujours en présence de nos deux invités. Clara Léonard, merci d'être resté avec nous. directrice générale de l'Institut Avant-garde, docteur en économie et Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint à l'OFCE, enseignant à Science Po et à la Sorbonne.

Merci à vous. Alors, on va reprendre la conversation où on l'avait laissé, si vous le voulez bien, euh cette année blanche que certains décrivent comme une année noire. Est-ce que vous pouvez nous en expliquer les raisons ?

Je cite par exemple Sophie Binet de la CGT qui dit "Je ne veux pas fermer des hôpitaux pour financer des rafales." En référence évidemment aux dépenses sur le la défense qui sont augmentées contrairement aux autres ou évidemment à aux Paris socialistes ou d'autres forces politiques qui comme le Rassemblement national et même LR d'ailleurs qui y voit voilà une atteinte pour le pouvoir d'achat par exemple des retraités. Mathieu Plan.

Oui, l'année blanche c'est une des composantes de l'ajustement budgétaire qui a été annoncé hein de donc on a on a à peu près 7 milliards sur le gel des prestations et le et l'impôt hein sur le revenu cette année blanche. Et après, il y a tout le gel de des ministères de la dépense en valeur dont on n' pas forcément le détail mais c'est vrai que si on regarde dans cet effort qui va être concerné, c'est clairement bah les ménages les plus modestesin. Ça c'est sûr qu'il reçoivent des prestations sociales notamment les retraités qui sont en première ligne.

En fait, c'est la grosse c'est une des grosses variables d'ajustement quelque part dans ces questions budgétaires. Et puis après, il y a toute la dépense des ministères et dedans, il y a effectivement aussi les fonctionnaires donc qui seront pas revalorisés. En tout cas, il y aura pas de revalorisation générale.

Il y en a justement aussi sur l'emploi. Mais même quand on regarde ça, d'ailleurs, c'est un point intéressant, c'estàd qu'on voit qu'il y a à peu près 10 milliards d'économies attendues du côté de l'État et des agences de l'État. Et en fait, même si vous réduisez et c'est ce que dit François Berou hein, vous ne remplacez pas un fonctionnaire sur 3, je rappelle SarkoZi c'était 1 sur de là, on est à 1 sur 3.

Bah, l'économie attendue, elle est de l'ordre de 400 à 500 millions d'euros alors qu'on attend 10 milliards sur l'État. Donc ça veut dire que globalement il y a un peu plus de 9 milliards qui sont pas expliqués. Donc ça veut dire où est-ce que sont faites en fait en réalité les économies budgétaires.

Parce qu'une année blanche en fait c'est c'est c'est purement technique hein, on va dire. On ne reconduit pas un certain nombre de dépenses, on les gèle en valeur. Mais par contre une fois qu'on a dit ça, bah c'est très général mais comment font chaque ministère pour s'organiser sur quel type de dépenses ?

Sachant qu'effectivement sur la masse salariale c'était un peu annoncé du coup c'est quoi les autres variables d'ajustement ? Est-ce que c'est sur l'investissement ? Est-ce que c'est sur des politiques de l'emploi ?

Est-ce que c'est sur des budgets par exemple, il y a la transition énergétique ? Donc voilà, c'est c'est là où ça va être intéressant, c'est qu'il faut le décliner ministère par ministère pour voir un peu ce qu'il y a derrière cette derniè démanche et qui parle juste à un aspect technique. L'aspect technique, c'est juste la non revalorisation des prestations, mais après sur la dépense de l'État, il va falloir avoir un peu plus de détails. 3000 postes en moins de fonctionnaires l'an prochain, non remplacement d'un fonctionnaire sur 3 à partir de 2027.

Quelles conséquences ça peut avoir sur nos vies ? Clara Léonard ? Alors déjà, je vais revenir un peu en arrière parce que il me semble important euh d'expliquer pourquoi on en est là pour euh montrer à quel point euh cette solution euh n'est pas forcément très appropriée.

Voilà. Pourquoi on a eu une hausse de la dette ? Euh c'est par ça s'explique à moitié par des dépenses en effet de l'état de crise mais également par une baisse des prélèvements obligatoires depuis 2017.

C'est le résultat d'une stratégie qui a échoué des baisses d'impôts non financées à la fois des ménages et des entreprises surtout des ménages avec 2, point 5 points de baisse de PO depuis 2017. Donc ça c'est important parce qu'on se centre énormément sur euh les dépenses de l'État mais il y a aussi un un vrai sujet de baisse d'impôts non financé. Alors si on regarde ce budget voilà qui se veut transversal et cetera, il y a des vrais choix qui sont faits en réalité.

Donc, on a privilégié la défense, mais il y a beaucoup de sacrifices sur des dépenses d'avenir. Dans le PLF 2025, il y avait une baisse de 1 milliard dans la recherche. Il y avait la réduction des crédits pour l'écologie.

Aucune mesure de rattrapage sur l'éducation alors que depuis 20 ans, la dépense par élève ou étudiant baisse en France qui accentueule le retard de formation. Voilà. Donc ça c'était les orientations 2025.

On peut se dire que ça va être les mêmes orientations. Est-ce qu'il y a à part la défense dont on a beaucoup parlé des ministères qui ne seront pas touchés parce que ils ont eu des lois de programmation ? On peut penser par exemple au régalien, l'intérieur, la justice.

Mais c'est pas évident, je sais pas. Pour le moment, on sait pas. C'est c'est là où euh pour le moment on a quand même sur l'ensemble des annonces, on l'a vu hein, il y a quand même des vous avez 10 milliards sur l'État et les agences à trouver, vous en avez cinq sur la santé, c'est pas rien non plus. et vous avez cin sur les collectivités locales.

Donc vous avez la moitié en gros des 40 un peu plus de 40 milliards qui pour le coup sont des annonces un peu générales qui vont porter sur des économies importantes mais on n pas du tout le détail en fait de comment tout ça va se décliner et or c'est souvent dans le détail que ça c'est les choses se compliquent et là où on a encore moins de détail c'est sur le travail hein. On va écouter François Barre et puis on décrypte juste après ces ces annonces sur cette question. J'ai la conviction qu'il faut réconcilier notre pays avec le travail, avec l'emploi, avec l'épanouissement au travail.

Il est devenu insupportable pour beaucoup d'entre nous, j'en suis sûr, quel que soit le courant de pensée auquel nous appartenons. Il est devenu insupportable de voir toutes les entreprises artisanales, tous les commerces, tous les secteurs industriels. se plaindre et parfois mettre la clé sous la porte parce qu'ils ne trouvent plus les salariés jeunes ou motivés dont leurs entreprises ont besoin et dont ils espéraient qu'elle qui pourraient un jour prendre de la succession.

Ce blocage là, ce désenchantement face au travail, c'est un ennemi public et je vous propose que nous le combattions. Il faut travailler plus. Il faut que toute la nation travaille plus pour produire et pour que l'activité du pays dans son ensemble soit plus importante dans l'année et pour que la situation de la France s'améliore.

Je propose donc que de jours fériers soient supprimés pour tout le pays. C'est peut-être la mesure effet wou pardon pour cette expression. la suppression de 2 jours fériers, on comprend potentiellement peut-être pour mettre ça dans la négociation et n'en supprimer finalement qu'un.

Comment avez-vous reçu tous les deux Mathieu Blane et Clara Léonard cette annonce et combien cela peut rapporter ? Clara Léonard ? Alors ce que il est important de préciser qu'il ne suffit pas toujours de travailler plus pour produire plus, ce qui est la volonté.

Donc depuis 2004, vous avez la journée de solidarité qui sert à financer euh le modèle social, mais c'est en réalité un impôt hein, la contribution de solidarité autonomie. Est-ce qu'on peut s'arrêter un instant pardon sur ce que vous venez de nous dire ? Travailler plus ne permet pas forcément de produire plus.

Vous pouvez préciser ? Je vais vous expliquer pourquoi justement. Donc en fait, c'est un jour qui est souvent chamé et donc nous ne travaillons pas beaucoup plus.

Par ailleurs, il y a 250 jours ouvrés par an. Chaque jour de travail en plus devrait ajouter 04 points de PIB. Mais l'INC a montré que euh l'effet d'un jour vrai supplémentaire, c'était seulement 006 points de PIB.

Pourquoi ? Pour deux raisons. La première, c'est que le niveau de production, il est contraint par la demande qui n'augmente pas.

Et en plus, le temps de loisir, c'est souvent un temps de consommation. Voilà. Donc, en fait, si vous enlevez du loisir, vous enlevez de la consommation.

Euh, Mathieu Plan, on voit que ça peut rapporter parfois la suppression d'un jour varié 2 à 3 milliards d'euros par an. Oui. Alors, c'est bien Clara Léonard l'a bien rappelé, c'est pas mécanique hein l'effet sur la production.

Effectivement, il faut quand même qu'il y ait une demande en face hein. Si on veut augmenter les capacités de production et travailler plus, il faut aussi que du coup cette demande suive. Donc ça c'est effectivement tout sauf mécanique.

Après ce qui peut rapporter, ce qui a rapporté dans la journée de solidarité, c'est que ça ça a été assorti d'une hausse de cotisation en réalité sur les entreprises sur la masse salariéale de 0,3 % qui rapporte à peu près 3 milliards par an. Et donc l'idée derrière c'était dire on prélève un peu plus les entreprises à travers une cotisation sur la masse salariale mais vous entreprise vous pouvez faire travailler vos salariés un jour de plus sans les rémunérer en fait. Et donc à la fin si les salariés travaillent un jour de plus sans être rémunérés en fait c'est les salariés qui portent l'effort et du coup les entreprises payent la cotisation.

Si les entreprises font cadeau de ce jour-là c'est elle qui paye pour le coup. Donc c'est en fait savoir quelle va être la répartition de cette équanou là-dessus, il y a deux choses. La première c'est qu'il dit pas travailler plus pour gagner plus.

Donc est-ce que ces deux jours travailler en plus donne à une rémunération supplémentaire ou est-ce que c'est travailler plus pour gagner pareil ? C'est quand même pas la même chose. Et deuxième chose, est-ce que c'est assorti d'une hausse de cotisation pour des questions budgétaires ?

Parce que la la finalité derrière tout ça, c'est quand même que ça rapporte de l'argent. Clara Léonard. Oui, moi je pense qu'il y a d'autres solutions si on est dans une logique de si on veut insister sur le travail, il faut plutôt investir justement dans la politique industrielle verte française pour soutenir des nouveaux secteurs.

On fait face à une on va faire face à une réorganisation massive avec une destruction de secteur brun et puis la potentielle montée en puissance de secteur vert. vous allez avoir beaucoup de gens qui vont perdre leur emploi parce qu'il va y avoir ces ces secteurs brins qui vont disparaître et il faut les aider à revenir au travail et c'est en en nourrissant ce ce tissu productif là et en pensant les grandes transformations que là on on va on va bénéficier du travail. Et justement, vous l'avez sans doute entendu, François Bairou, le Premier ministre, a cité tout en le critiquant le fameux rapport sénatorial qui chiffre à 21 milliards d'euros par an le montant des aides de l'État aux entreprises.

Alors, tout confondu, hein. Euh, on aurait peut-être pu imaginer que François décide de flécher ses aides en fonction justement de des entreprises qui aident à la transition énergétique. C'est pas du tout le choix qu'il a fait. il décide lui de proposer une sorte de choc de simplification aux entreprises.

Ils vont elles vont devoir y réfléchir cet été et envoyer des propositions et celles qui auront eu le droit à cette simplification de norme ou vous allez nous dire ce ce que François Baoui a derrière la tête pour pourront voilà ne continuer à conserver ses aides. Mathieu Plan : Oui. Alors bon le fléchage c'est toujours quelque chose d'assez compliqué mais on va pas rentrer dans ce détail là.

Ce qui ce qui est assez surprenant, c'est que bon d'ailleurs c'est aussi un rapport de la cour des comptes hein qui met qui montre que globalement quand on regarde les exonération de cotisation sociale hein qui sont le grosse mesure fiscal de la politique d'offre depuis un peu plus de 10 ans sont passés de de l'ordre de 20 milliards en 2013-24 aujourd'hui on est à autour de 80 milliards. C'estàd que du coup ça été multiplié par 4 he c'est la cour des comptes. Et donc effectivement, on a une forme d'inflation assez forte à travers la politique de l'offre qui vise à réduire la fiscalité sur les entreprises pour des gains qui des fois sont contestables.

En réalité, c'est plutôt ça parce qu'on voit bien qu'on a quand même malgré tout une problématique d'industrie réindustrialisation. On a quand même pas rétabli complètement notre déficit commercial. On a des questions sur les qualités d'emplois qui peuvent être créées, qui sont plutôt des emplois autour du SMIC par ces mécanismes là.

Donc c'était aussi l'occasion de repenser la politique d'offre pour moi. Et or on rentre toujours dans cette mécanique de compétitivité, de politique fiscale, de dire le travailler plus, on supprime des jours fériers sans réfléchir en fait à l'investissement, l'innovation, la montée en gamme, la réindustrialisation qui sont des enjeux qui sont qui vont bien au-delà. Et donc on a un programme en fait qui est purement budgétaire et un peu fiscal et qui oublie de savoir comment on fait mieux contribuer les entreprise au redressement des comptes publics tout en maintenant l'investissement tout en améliorant euh effectivement notre tissu productif et ça ça manque quand même euh enfin fortement je trouve.

Clara Léonard, est-ce que ce budget peut avoir finalement un effet récessif ce qui serait pas du tout ce que souhaite François Baou l'entendre ? Alors oui, tout à fait. C'est vrai que c'est vrai que il pourrait y avoir un effet croissance.

La une croissance qui est déjà vraiment faible à la prévision, c'est 0 7 %. Euh ce que vous montre des études, notamment une étude du FMI, c'est que euh la consolidation ne mène pas automatiquement à une baisse euh de la dette publique. Vous avez euh de nombreuses expériences de politique d'austérité qui mènent même à une hausse euh plus de la moitié en fait des expériences d'austérité euh de la dette publique à à moyen long terme.

Donc voilà, donc c'est pas automatique hein, on on fait un effort et puis on stabilise voir et on baisse la dette. Est-ce que là on est dans un budget d'austérité où c'est absolument pas le bon terme ? Alors c'est de la sémantique mais oui enfin je veux dire qu'on appelle ça de la consolidation budgétaire de la restriction budgétaire ou de l'austérité.

On choisit le mot qu'on veut hein. Mais vous çaen est un. Oui mais à partir en fait l'idée c'est que quand on vous redressez les comptes publics comme ça à marche forcé vous prélevez sur l'économie.

Donc le prélèvement sur l'économie c'est une forme c'est de la consolidation. L'austérité. Il y a pas une définition claire de ce qui est l'austérité.

Là euh ce qui est quand même par contre évident, c'est que c'est un budget qui va qui est quand même massif hein. Euh on parle de 43 44 milliards, on n' pas tout le détail, mais qui porte à 85 % sur la dépense publique. Euh donc euh il y a quand même, je veux dire, euh un des effets qui sont très significatifs du côté de la dépense publique qui se qualifi enfin qu'on pourrait qualifier d'austérité.

Après, on joue sur les mots, mais en tout cas, c'est assez clair. Clara Léonard, vous reprenez l'expression aussi ? Oui, je reprends l'expression et c'est un budget qui devrait peser sur la consommation et sur la croissance.

Peut-être encore un mot avec vous, Clara Léonard, sur l'extrait qu'on vient d'entendre de de François Baou qui parle d'épanouissement au travail et c'est vrai que c'est un vrai sujet pour tout de suite après annoncer la la fin potentielle de deux jours fériers. C'est une mesure qui selon vous peut-être bien perçue dans la population puisquil faut quand même aussi qu'elle y adhère à ce plan la population française. Oui, c'est ça.

Il faut qu'elle y adhère. Alors, de manière générale, il faut que la population adhère à ce budget. C'est intéressant, je reviens sur ce choix qui a été fait sur la défense euh parce qu'il y avait une note de l'IPP qui est sortie et qui vous montre euh que en fait si vous voulez euh si vous voulez que les le budget de défense euh soit soit pérenne, il faut qu'il soit soutenu euh par la population.

Il est d'ailleurs il est soutenu dans les enquêtes d'opinion. Alors eux ce qu'il montrent aussi c'est qu'il faut que ça dépend beaucoup du design de ces politiques et il faut que ça aille de pair avec des des politiques de redistribution. Donc je fais un peu un détour vers vers la défense mais je je veux montrer que le la question de l'acceptabilité est vraiment essentielle et en tout cas sur les jours férier je pense qu'on y est on en est loin.

Mathieu plan vieux serpent de merci qu'on a sorti du tiroir parce que ça rapporte beaucoup d'argent potentiellement même si vous avez mis des nuances tout à l'heure. Oui oui alors voilà ça peut rapporter ça dépend comment c'est ficelé tout ça. On n pas encore bien le détail.

C'est sûrement aussi une demande plutôt du du patronatin, j'imagine aussi effectivement de de de supprimer ces ces deux jours fériers. C'est vrai que sur l'adhésion des actifs, elle risque de pas être très forte, hein. C'est sûr.

Surtout qu'elle est quand même couplée à la réforme des retraites qui demande déjà de travailler plus sur tout au long de la vie. Donc en fait, c'est c'est une mini réforme de retraite supplémentaire parce que vous allez travailler 2 jours de plus par an sur toute votre durée de vie active. Donc à la fin, ça vous fait 80 90 jours de plus.

ça fait presque 3 à 4 mois supplémentaires sur l'ensemble d'une vie active. Et la question c'est est-ce que ça c'est valorisé ? Et est-ce que comment on fait ?

Parce qu'on a beaucoup parler de dire il faut revaloriser le travail. Oui. Mais donc c'est important de dire si vous revalorisez le travail alors à ce moment-là supprime une jour ferré mais il faut payer plus aussi et là on n pas entendu vous travaillez plus mais vous allez gagner plus.

Il y a rien dans ce plan Clara Léonard sur peut-être ce qui a émergé de la crise des gilets jaunes. C'està-dire faire en sorte que le travail paye plus et qu'on soit heureux d'aller travailler parce qu'on a plus de pouvoirs d'achat. Non, il n'y a rien dans ce plan qui permet de de défendre cette idée-là.

H peut-être une dernière chose, Gabriel Zucman, l'économiste dans qui défend cette taxe, qui porte son nom sur les milliardaires a critiqué hein ce budget sur les réseaux sociaux. Il dit que ce budget s'attaque à peu près tout le monde, sauf au milliardaires. Vous partagez rapidement l'un et l'autre, monsieur Pl.

Oui. Oui. Oui.

C'est la c'est un angle mort assez terrible. Je trouve que quand on dit il faut partager l'effort de redressement des comptes publics, il y a quand même un gros sujet sur la taxation des patrones, même si voilà, je suis pas forcément favorable à à la taxe hukmane, il y a quand même une histoire de savoir comment on fait mieux contribuer en tout cas les milliardaires les plus riches à cet effort de redressement budgétaire. Clara Léonard très rapidement.

Oui, c'est ça parce qu'on avait la contribution contribution différentiel sur les haut revenus mais qui rapportaient vraiment peu. Voilà le le rendement de la taxe Zukman alors il était battu mais entre 15 et 20 milliards il y a des chiffres qui sortent. Voilà, mais ça dépend de si on prend en compte le patrimoine professionnel.

Euh voilà et donc euh et donc ça dépendra euh largement des des détails euh de ce genre de mesure. Et sans doute aussi des débats au Parlement qui s'annoncent à la rentrée. Merci à tous les deux d'être venus ce matin sur France Culture pour nous aider à y voir plus clair dans ce budget 2026.

Clara Léonard, directrice générale de l'Institut avant-garde, Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint à l'OFCE. M.