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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 26 avril 2022 23 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsSolidarités & familleImmigration & asile

Législatives : pourquoi Macron peut perdre, pourquoi Mélenchon peut gagner

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Quel est le bilan que tu tires de cette élection présidentielle ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    Avec Emmanuel Macron comme président, à quoi est-ce qu'on peut s'attendre selon toi ?

  • 7:16RelanceRéponse directe

    Peut-on vraiment croire à ce changement de méthode de Macron sur la démocratie ?

  • 11:05OuverteRéponse directe

    Que penses-tu de la proposition de Mélenchon de devenir Premier ministre ?

  • 13:19OuverteRéponse directe

    Quelles sont les conditions idéales pour que l'union de la gauche se passe bien ?

  • 17:09OuverteRéponse directe

    Comment expliquer cette progression de l'extrême droite en France depuis 2002 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:03PrésentateurChiffre
    « Emmanuel Macron a été réélu ce dimanche 24 avril pour un second mandat avec 58,8% des voix contre 41,2% pour Marine Le Pen. »
  • 5:42InvitéChiffre
    « On le sait très bien maintenant, à qui on a donné une baisse de 4 milliards d'impôts, alors qu'ils détiennent déjà 25% du patrimoine. »
  • 6:12InvitéChiffre
    « On voit les chiffres en Suède, parce que Macron disait s'inspirer de ce modèle suédois, 90% des Suédoises avaient vu leur retraite baisser. »
  • 7:50InvitéFait
    « Il a organisé un grand débat, une espèce de grande discussion pour montrer qu'il allait sur le terrain, un débat qui était complètement biaisé. »
  • 8:25InvitéFait
    « La Convention citoyenne pour le climat, c'était pareil. Le but, c'était de faire participer des citoyens, etc., pour donner l'impression qu'on fait participer des gens. »
  • 10:18PrésentateurChiffre
    « 67% des personnes interrogées souhaitent voir perdre La République en marche afin qu'Emmanuel Macron ne puisse pas appliquer son programme. »
  • 10:37InvitéPromesse
    « Je demande aux Français de m'élire premier ministre. »
  • 17:19InvitéChiffre
    « L'extrême droite était à 1% dans les années 80. Là, elle fait 41%. »

Temps de parole

  • Invité76 %
  • Présentateur20 %
  • ?3 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel instant Porsche. Deux jours après l'élection présidentielle, nous nous retrouvons sur le média pour décrypter cette actualité bouillante en direct sur Facebook et avec Thomas. Alors bien évidemment, aujourd'hui, nous allons revenir à cette élection présidentielle, en tirer un bilan. Nous évoquerons aussi l'enjeu de ce fameux troisième tour, les législatives, pour lesquelles les opposants à Emmanuel Macron ont déjà lancé leur campagne. Et enfin, nous reviendrons sur la montée effrayante du RN en France et sur le plan de Marine Le Pen pour les échéances à venir. On décrypte tout ça avec Thomas, c'est l'instant Porsche.

Emmanuel Macron a été réélu ce dimanche 24 avril pour un second mandat avec 58,8% des voix contre 41,2% pour Marine Le Pen. Jamais le parti d'extrême droite n'avait réalisé un tel score. L'abstention, elle aussi, a atteint un taux record. 28,01% des inscrits ne sont pas allés voter au second tour. Après 1969 et 2017, c'est seulement la troisième fois que l'abstention augmente entre les deux tours. Alors toi, Thomas, quel est le bilan que tu tires de cette élection présidentielle ?

1:18
Invité

Quand on regarde les forces qui se dégagent, on voit trois blocs. Il y a le bloc PS-LR, le bloc centriste, mais plutôt centre-droit, incarné par Macron. Il y a le bloc extrême droite, Le Pen en tête avec Zemmour. Et puis, il y a le bloc gauche un peu plus radical, Jean-Luc Mélenchon en tête. Et puis, ce qui reste derrière, avec le PS, qu'on ne sait pas vraiment où placer entre le bloc centriste et le bloc de gauche. Donc, on a trois blocs quasi égaux, autour de 30%, les trois, qui se partagent le pays. C'est ça qui se passe. Vous voyez ? Et c'est ça, le bilan de cette élection. Et c'est sur ce bilan-là qu'il va falloir, après, discuter des législatives.

Et ce que l'on a vu aussi dans cette campagne-là, c'est que ça a été, pour le président, une campagne éclair. Pourquoi c'était une campagne éclair ? Parce qu'il y a eu un certain nombre d'éléments conjoncturels, comme la pandémie qui est arrivée. C'est-à-dire, en dehors du programme de Macron au départ, la pandémie qui est arrivée, la guerre en Ukraine. Et Macron a su jouer de ces éléments comme un élément central de la stabilité. C'est-à-dire, en disant, voilà, bon, le conjoncturel, tout ce qui est autour, tout ce qui ne dépend pas de moi, de mes réformes, de mon programme, est en train d'être très, comment vous dire, très peu sûr.

Donc, moi, vous avez vécu une partie de la pandémie avec moi. Vous voyez ce qui se passe avec la guerre en Ukraine avec moi. Si vous voulez que les choses ne bougent pas, qu'elles soient ce qu'elles restent, ce qu'elles sont, votez pour moi. Et c'est ça, en fait, qui, à mon avis, explique les 28%. Parce qu'en réalité, là, sur le programme de Macron, quand on voit sur les cinq années, il y a eu une première année libérale. Après, il y a eu le quoi qu'il en coûte avec la pandémie. Puis après, il y a eu la guerre en Ukraine. Et on n'a jamais vraiment parlé du bilan de Macron dans cette campagne.

On l'a présenté comme le seul qui pouvait tenir la route, à peu près, face à deux autres extrêmes où il y avait potentiellement un risque. C'était un peu ça, la petite musique de fond qui nous était présentée. Donc, cette élection a été un petit peu bizarre, même sur la forme, puisqu'on a notre président qui n'a fait campagne qu'à partir du deuxième tour, plus ou moins. Avant, il voyait que les sondages étaient bons, donc il ne voulait pas descendre dans l'arène. Et puis, on a des scores très forts de l'extrême droite et de la gauche radicale incarnée par Mélenchon. Donc là, le paysage politique ne ressemble rien à celui qu'on a connu ces dernières années.

3:27
Présentateur

Alors, après sa victoire, dimanche soir, Emmanuel Macron s'est exprimé lors d'un discours au Champs-de-Mars à Paris. Il faut dire que c'était un discours assez convenu, avec des passages obligés, comme, je ne sais plus, le candidat d'un parti, mais le président de toutes et tous. Il a déclaré que c'était sa responsabilité de trouver une réponse aux colères exprimées lors de cette élection. Et puis, des promesses, un projet humaniste, social et écologique. Et surtout, un nouveau quinquennat qui ne sera pas la continuité du précédent. Je cite « cinq années de mieux », donc, au service de notre pays et de notre jeunesse. Les médias ont un petit peu ajouté en disant que rien n'était gagné.

Toi, Thomas, avec Emmanuel Macron comme président, à quoi est-ce qu'on peut s'attendre, selon toi ?

4:08
Invité

Alors, ce qui est marrant, c'est que Macron a fait ce discours, je l'ai entendu, où c'est un petit peu la soupe au logo, quoi, sociale, écologique, sociale, écologique, libérale, enfin, voilà, il te met tout un peu dans le même. Et puis, les mots n'ont plus vraiment de sens, on te fait la soupe aux mots comme ça, qu'on aligne les uns après les autres pour dire que, finalement, on va être le président de tous les Français. Et puis, dès le lendemain, Bruno Le Maire, dans une interview, qui dit « on va peut-être devoir passer, on ne s'interdit pas de passer la réforme des retraites en 49.3 ». Donc là, ça veut tout dire. On connaît le programme. Le programme, on le connaît, il est prévisible.

Il y a un certain nombre d'engagements qui ont été pris avec l'Europe sur le plan de relance, pour bénéficier du plan de relance européen. Aujourd'hui, on a creusé nos déficits, on a une dette qui augmente, comme dans tous les pays. Ce n'est pas vraiment un problème, en réalité. Mais pour bénéficier des plans de relance, pour de la souplesse de Bruxelles, etc., on a fait des engagements.

Et les engagements, c'est une réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage, elle a déjà été faite, et des coupes sur les aides sociales, puisqu'à un moment, il faut soit vous taxer plus, mais Macron, là, dans son programme, c'est des baisses d'impôts de production sur les entreprises, soit vous coupez sur la dépense publique. Et là, on voit bien que le but, c'est de couper sur la dépense publique et de faire des économies. Sur qui ? Sur les chômeurs et sur les retraités. Donc, ça va être un programme qui va être très difficile pour les classes populaires, encore une fois, pour les vieux et les chômeurs. Donc, on reste dans la même logique, en fait, du premier Macron de 2017.

Le premier Macron de 2017, c'était très libéral. On se souvient de la réforme de leur travail, de la baisse de l'ISF, de la flat tax, tout ça, de la baisse de l'impôt sur les sociétés, tout ça qui ne profitait qu'aux entreprises et aux 10 % les plus riches. Et ceux qui en ont le plus profité, c'est les 1 % les plus riches de son quinquennat. On le sait très bien maintenant, à qui on a donné une baisse de 4 milliards d'impôts, alors qu'ils détiennent déjà 25 % du patrimoine. C'est ça qui s'est passé. Et là, on va poursuivre ça. Il y a eu l'assurance chômage qui s'est faite en catimini pendant la pandémie à la fin. Puis là, maintenant, on va aller sur les retraites.

Alors, ce qui est assez marrant, quand même, je tiens à le dire, c'est qu'au début, c'était une retraite à point. Au début, nous disions, on va faire une retraite à point, c'est super, ça va être plus de justice. Parce que chacun nous dit ça, la réforme des retraites, c'est pour plus de justice sociale. Bon, au début, c'était la retraite à point pour plus de justice sociale. On voit les chiffres en Suède, parce que Macron disait s'inspirer de ce modèle suédois, 90 % des Suédoises avaient vu leur retraite baisser. Mais bon, c'était pour plus de justice sociale, nous disait-on. Puis, maintenant, ça ne marche plus.

Au début, on ne devait pas augmenter l'âge de la retraite parce qu'on faisait la retraite à point, mais ça ne marche plus. Donc, maintenant, on augmente l'âge de la retraite en gardant la retraite par répartition, avec les conséquences que l'on sait, des gens qui travailleront plus longtemps et des gens qui ont des travails difficiles, qui ont du mal à travailler plus longtemps. Mais voilà, tout ça n'est jamais détaillé parce qu'ils savent que plus on détaille, plus on voit qu'il y a un loup, comme la retraite à point. Donc, on ne dit rien et on dit, voilà, c'est pour la justice sociale qu'on fait ça, parce qu'on n'a pas tous la même difficulté au travail et ainsi de suite.

Bon, on sait très bien que le but de cette réforme, elle n'a qu'un seul but, ce n'est pas la justice sociale, c'est de faire des économies. Pourquoi on doit faire des économies ? Parce qu'on a le plan de relance et parce qu'on a fait le quoi qu'il en coûte, c'est tout.

6:57
Présentateur

Alors, lors du débat d'entre deux tours la semaine dernière, Emmanuel Macron a reconnu qu'il avait échoué durant son quinquennat à réaliser la révision constitutionnelle qu'il souhaitait réaliser. Lui qui a toujours désiré rénover la vie démocratique, qu'on cette fois-ci s'y prend par une commission transpartisane, c'est-à-dire une structure où toutes les forces politiques puissent s'exprimer. Est-ce qu'on peut vraiment croire à ce changement de méthode ?

7:19
Invité

Alors là, c'est très marrant. Alors, c'est vrai qu'il voulait un peu plus de proportionnalité, une dose de proportionnelle qui a été rejetée. Mais moi, ce que j'ai vu, là, toutes les dernières crises qu'il y a eu, enfin, la crise des Gilets jaunes, qui a été la plus grosse crise finalement de son quinquennat, parce que c'était un truc, c'était une réponse à sa politique. La pandémie, ce n'était pas de sa faute, et l'Ukraine, il s'en est servi, ce n'était pas de sa faute non plus. Là, c'était une réponse à sa politique. Et qu'est-ce qu'il a fait ?

Pour embrouiller les choses, c'est vrai qu'il a lâché du lest, il a lâché 10 milliards, plus ou moins, il a un peu freiné les réformes, plus ou moins, puis il a organisé un grand débat, une espèce de grande discussion pour montrer qu'il allait sur le terrain, un débat qui était complètement biaisé, parce que les questions étaient biaisées. Les questions, c'était des questions, en fait, dans un cadre, en fait, donc qui ne pouvaient amener qu'à une seule réponse, qui était assez proche de la réponse que voulait Emmanuel Macron. Ce n'était pas des vraies questions en disant, voilà, voulez-vous qu'on investisse dans l'hôpital ?

Enfin, c'est toujours les choses, sachant que la dépense publique est déjà la plus élevée en France, où voulez-vous que nous nous coupions ? C'était un peu ça, les questions, des questions très orientées. Donc, la conclusion était toujours une conclusion Macron-compatible. C'était ça, le grand débat. Mais ça a un peu fonctionné, les médias ont aimé, etc. La Convention citoyenne pour le climat, c'était pareil. Le but, c'était de faire participer des citoyens, etc., pour donner l'impression qu'on fait participer des gens. Et puis, ils pensaient que derrière, ils allaient se taire et qu'il n'allait rien récupérer. Sauf que là, ils ne se sont pas tués.

Même Cyril Dion, etc., les gens sont montés au créneau pour dire qu'ils n'avaient pas respecté ça. Donc, moi, quand je vois un président qui a utilisé, en fait, on va dire, la participation citoyenne pour à chaque fois la flouer plus ou moins, pour servir son intérêt, pour faire genre, en fait, et pas plus, pas pour infléchir sa politique.

Quand je vois un président jupitérien qui a pris, pendant la crise sanitaire, des décisions quasiment seul, dont on attendait les 20 heures pour savoir ce qu'il allait dire et que lui, on nous utilisait plein de papiers épidémiologiques, de grands médecins pour prendre sa décision et qu'il décidait avec un petit conseil comme ça scientifique ou avec des conseillers privés de McKinsey, j'ai du mal à croire que là, il changerait et qu'il laisserait les citoyens s'exprimer. Et puis, les rares fois, ils se sont exprimés, comme dans la Convention citoyenne pour le climat, il ne les a pas écoutés. Donc, j'ai du mal à croire ça. Quant à sa commission transpartisane, c'est une énième commission.

Après le Covid, nous avait dit, Macron, vous allez voir, le gouvernement va complètement changer. Ça va être un grand gouvernement d'union. Il nous a mis Castex. Bon, je ne sais pas en quoi c'est un grand gouvernement d'union. Donc, je ne m'attends pas à grand-chose. Je veux dire, je ne m'attends pas à grand-chose. C'est comme pour les premiers ministres. Là, on discute beaucoup. Il faudrait que ce soit une femme de gauche. Et puis, on voit qu'une femme de gauche, c'est Elisabeth Borne. Bon, je ne savais pas qu'elle était de gauche. Mais bon, voilà.

Donc, ça restera très conventionnel dans les limites de l'acceptable de la Macronie, c'est-à-dire quelqu'un du PS qui est déjà converti à Macron. Donc, ça ne va pas être une grande révolution, comme il l'indique. Ça, j'ai du mal à le croire.

10:06
Présentateur

Ce sont les mots qui sont sur toutes les bouches, du moins sur celles des opposants à Emmanuel Macron qui ont déjà lancé leur campagne pour les législatives. Alors, les législatives qui ont relié le 12 juin prochain et auxquelles déjà 67% des personnes interrogées souhaitent voir perdre la République en marche afin qu'Emmanuel Macron ne puisse pas appliquer son programme. Et c'est dans ce contexte que Jean-Luc Mélenchon a invité tout le monde à voter pour lui aux élections législatives afin de devenir le premier ministre. Regardez.

10:33
Invité

Je suis venu ce soir vous dire une chose. Je demande aux Français de m'élire premier ministre. Je leur demande, pour m'élire premier ministre, d'élire une majorité de députés insoumis. Insoumis et Union Populaire. Et j'appelle tous ceux qui veulent rejoindre l'Union Populaire, c'est-à-dire l'essentiel de son programme, à se joindre à nous pour cette belle bataille. Il y a donc un troisième tour. Il n'y a pas seulement un deuxième tour. Il y a un troisième tour.

11:05
Présentateur

Alors Thomas, que penses-tu de cette proposition de Jean-Luc Mélenchon ?

11:07
Invité

Je trouve que Jean-Luc Mélenchon a raison de faire ça. C'est très malin. Parce que rappelons quand même, quand on voit les scores de Jean-Luc Mélenchon, il a réussi à faire voter des électeurs qui s'abstenaient habituellement. C'est-à-dire qu'il a réussi à faire déplacer dans les urnes des populations qui s'abstenaient. On sait que le grand vainqueur des élections législatives, c'est toujours l'abstention. « Personne ne vote vraiment ». Ce qui a permis à Macron, d'une manière phénoménale, d'avoir une majorité à l'Assemblée. Moi, je me souviens, là où j'habite, il y a des gens qui ont fait campagne, etc. Et puis, on ne savait même pas qui allait se présenter à La République en marche.

Et l'affiche du candidat de La République en marche, c'était le seul candidat, La République en marche.

11:49
Locuteur

C'est tout.

11:50
Invité

C'était ça son affiche. Pas de campagne, rien, il a gagné. Alors, il y avait des autres qui essayaient de dire PS, macro-compatible. Il y avait ces affiches avec le président. PS avec le président, il faut s'en souvenir de ça. Parce que des gens du PS étaient avec le président. Il faut s'en souvenir. Non, mais il faut s'en souvenir, parce que des partis ont une histoire. Et il n'a pas fait campagne, il a gagné. Donc, je trouve ça très astucieux. Jean-Luc Mélenchon est capable de se déplacer des abstentionnistes. Si les abstentionnistes se déplacent, il a une chance, il a une chance plutôt faible, mais il a une chance quand même d'avoir une majorité.

Et si lui, il les déplace plus que les autres, pourquoi pas ? Moi, je pense que Macron... Alors, le problème, il y a ces trois blocs. On est sur ces trois blocs. Extrême, extrême droite, gauche, gauche extrême avec Mélenchon et macroniste. Macron ne fera probablement pas le même score que la dernière fois. Je pense que là, ce n'est pas possible. Si la gauche, avec Jean-Luc Mélenchon, arrive à faire déplacer des abstentionnistes, il peut y avoir un très bon score pour la France insoumise. Donc, c'est astucieux de transformer cette élection législative qui était finalement un passage de douane, un peu après la présidentielle, avant, en un troisième tour. Je trouve ça extrêmement astucieux.

12:56
Présentateur

Et cette fois-ci, la gauche espère faire force. Pour la première fois, le PS a proposé à la France insoumise une alliance. Alors, au départ, ils ont refusé, ouvrant la discussion uniquement avec les écolos et les communistes. Mais il y a eu du changement ces dernières heures, puisqu'une première réunion va avoir lieu ce mercredi 27 avril entre le PS et la France insoumise. Alors, au vu de cette rencontre, Thomas, toi, quelles sont les conditions idéales pour que ça se passe bien et qu'ils puissent avoir une union de la gauche ?

13:23
Invité

Il y a des partis qui s'assemblent plus ou moins... Les partis, c'est même très difficile. Je veux dire, il y avait plutôt des candidats. On voit qu'il y a des candidats qui ont toujours été pour l'union, sans exclure la France insoumise, ce qui n'était pas le cas de toute la gauche. Pendant très longtemps, la gauche voulait exclure la France insoumise. Mais il y a des candidats qui ont parlé avec des gens de la France insoumise, qui ont toujours été plutôt bienveillants. Aujourd'hui, c'est le parti leader. C'est le parti qui décide. C'est la loi de la politique. C'est le parti qui doit être central dans les négociations. Les autres sont des petits partis. Ils savent bien négocier.

Ils ont une capacité de négociation très forte, les petits partis. Franchement, ils ont réussi à avoir des postes d'adjoints, de ministres. Parfois, ils savent négocier. C'est même leur boulot. Je crois que c'est même pour ça qu'ils sont les meilleurs, négocier. Je pense que pour le reste, ils sont un peu moins bons. Quand il faut aller dans la rue voir les gens, je pense que voilà. Quand il faut prendre une position ferme, je pense qu'ils ont plus de mal. Mais négocier, ils savent faire. Donc voilà, c'est la négociation qui va s'ouvrir autour de la France Insoumise, qui est vainqueur. Maintenant, je pense qu'il faut faire du cas par cas.

C'est-à-dire qu'il y a des gens qui prennent des positions. Sont-ils compatibles ? C'est une interrogation. Quand moi, je vois Olivier Faure, qui a encore un jour ou deux, dit que la retraite à 60 ans, 40 annuités, ça ne peut pas être applicable à tout le monde. Les cadres, ça coûte trop cher de mettre la retraite à 60 ans. Les cadres, ils peuvent bosser plus longtemps. Olivier Faure, c'est très bien. Mais les cadres, ce n'est pas les cadres des années 80-90, c'est les cadres d'aujourd'hui. Les cadres d'aujourd'hui, là, qu'on bat plus 5, ils gagnent combien ? Ils gagnent 2 000 balles ?

Ils vivent dans des studios dans Paris ou en Ile-de-France parce que 80 % des emplois de cadres dans les services sont en Ile-de-France. D'accord ? Et ce n'est pas souvent là que les gens ont envie de vivre. Ils sont sous la pression de l'actionnariat privé qui leur demande toujours des rendements de dingue. Non, mais c'est ça aussi être cadre. Et ces gens-là, ils sont fatigués. Quand vous leur parlez, ils n'aiment pas forcément leur travail. On leur demande plus de travail et leur salaire augmente moins vite qu'avant. Ils se sont appauvris même ces 15 dernières années. Et ils vivent dans des studios. Le déclassement des cadres, c'est une vraie réalité.

Et là, on va dire, non, mais cadres, maintenant, tu es tranquille. Alors oui, ce n'est pas ouvrier, tu n'es pas dans les mines. Mais ce n'est pas aussi le bonheur. Et ces gens-là vont dire, tu peux bosser jusqu'à 65 ans, c'est super parce qu'il faut économiser quelques milliards par-ci, par-là. Que le PS n'a pas économisé dans le CIC et le Pacte de responsabilité. Parce que quand il fallait baisser les charges pour les entreprises, ils étaient contents, le PS. Ça devait créer un million d'emplois, ça en a créé 100 000. Donc là-dessus, oui. Par contre, faire travailler des cadres plus longtemps, ah bah cadres, c'est la belle vie. Olivier Faure, il faut qu'il retourne voir des cadres jeunes.

Là, ce n'est pas la belle vie. C'est dur aussi pour eux. Donc non, non. Je pense qu'il faut faire une clarification. Je veux dire que le PS s'intéresse à la retraite. Moi, je trouve ça grave parce que normalement, la baisse du temps de travail, le fait de pouvoir avoir une retraite digne, partir tôt, pouvoir profiter de la fin de vie, voir ses petits-enfants, voyager pour les classer. Les gens, parfois, n'ont pas le temps de voyager, et ainsi de suite. C'est quelque chose, normalement, qui devrait être un sujet d'alliance entre partis de gauche, et pas un sujet de négociation. Et lui, il impose cette négociation. Donc il faut faire, je pense, du cas par cas.

Il y a des gens qui sont au PS, qui sont compatibles, pour x, y raisons. Il y en a d'autres. Est-ce qu'ils vont servir la cause ou faire du mal ? C'est la question qu'il faut se poser. Et s'ils vont faire du mal, leur avenir est au centre. Et ce n'est pas très grave. M. Repsamen, il est au PS, il a dit qu'il votait Macron. Son avenir est au centre. Il n'y a rien de grave. Carole Delga, elle est contre Mélenchon. Son avenir est peut-être ailleurs, où le PS doit encore se scinder, parce qu'il s'est déjà scindé 18 fois pour se revendre à tout le monde. Mais là, il doit peut-être se scinder pour aller se revendre à Macron. Et ce n'est pas très grave.

C'est une clarification qui est juste nécessaire pour que les choses puissent avancer.

16:47
Présentateur

Merci, Thomas. Avec 41,45% des voix, Marine Le Pen a réalisé le score le plus élevé de l'extrême droite dans un second tour, alors qu'elle a été battue par Emmanuel Macron. Elle s'est réjouie du score qui représente, selon elle, une excellente victoire. Alors Thomas, comment expliquer cette progression de l'extrême droite en France depuis 2002 ?

17:11
Invité

Alors, c'est intéressant, même j'irai plus loin, à loin avant, parce que l'extrême droite était à 1% dans les années 80. Là, elle fait 41%. Alors moi, cette progression de l'extrême droite n'est pour moi pas due du tout au talent de la famille Le Pen. Parce que Le Pen, c'est quand même un héritage. Vous savez, la vraie question, c'est si elle ne s'appelait pas Le Pen, aurait-elle fait un meilleur score ? Le Pen, c'est un nom, c'est un héritage, c'est une histoire, c'est une histoire d'un parti, etc. Donc, vous voyez, malgré ça, elle a augmenté dans les scores. Alors que pour moi, c'est un inconvénient. C'est une entreprise familiale, on en a vu avec la nièce, etc.

Donc, il y a eu plein d'histoires avec les financements, etc. Et malgré tout, elle fait un score élevé. Et elle s'est effondrée aux deux débats. Le débat de 2017, c'était la sortie de l'euro. On a vu qu'elle ne connaissait pas bien, elle n'était pas compétente techniquement. Puis le débat de cette année, elle a voulu faire la bonne élève. J'avais l'impression de voir un prof avec son élève. C'est-à-dire qu'elle, elle voulait citer des chiffres, elle voulait être crédible, elle était parfaitement acceptable comme une bonne élève. Elle ne regardait pas Macron droit dans les yeux. Donc, elle n'est pas très forte. Et puis, pendant le quinquennat, pendant un certain temps, on ne l'a pas trop vue.

On l'a vu revenir en campagne. Mais elle n'est pas extrêmement forte, en réalité. Alors, comment expliquer qu'elle fasse 41% des voix, qu'elle soit constamment au second tour ? Ce n'est pas sur le Front National qu'il faut aller chercher. C'est la politique qui a été menée ces 30 dernières années. Partout où il y a eu des politiques libérales qui ont été menées, partout, et en premier lieu, deux pays, le Royaume-Uni et les États-Unis, vous avez l'extrême droite qui a monté. Trump, il a fait sa politique là-dessus. Il a fait sa politique contre l'immigration dans les États du Sud, avec le mur, avec le Mexique.

Il a fait sa politique contre la mondialisation chez les États plutôt industriels qui avaient vécu la désindustrialisation. C'est à peu près ce que fait Marine Le Pen. Et c'est ce qu'a fait le Brexit aussi. Ils l'ont fait contre les Européens de l'Est, travailleurs détachés, etc., et contre l'Europe. Donc, on voit bien que ce qui a profité aux extrêmes. Et en Italie, c'est pareil. En Italie, vous aviez à un moment des politiques qui avaient été menées par l'Italie, bien en amont de celles qui ont été menées en France, comme la réforme du marché du travail italien, comme les privatisations, etc.

Et tout le monde nous disait que l'Italie était un pays qui faisait des grosses réformes quand nous, on n'osait pas les faire. C'est à peu près ça qu'on nous disait. Eh bien, qu'est-ce qui a eu à un moment un score très énorme ? C'était Salvini. Donc, partout où vous avez des politiques libérales qui passent, et la France n'y a pas échappé, parce que je rappelle quand même qu'entre 2000 et 2015, vous avez eu 165 réformes du marché du travail. 165 en France, c'est la Commission européenne qui les note. D'accord ? Pour quel effet ? Rien, à part flexibiliser le marché du travail. Quel impact ça a eu ?

Sur l'hôpital, vous avez eu toutes les coupes que nous connaissons maintenant, qui a faibli l'hôpital. Voilà. Il y a eu des coupes, il y a eu des réformes qui ont été faites en France, contrairement à ce qu'on nous dit. Et ces réformes-là, elles créent des inégalités. Les inégalités ont augmenté partout. Elles ont augmenté plus vite ailleurs qu'en France, mais elles ont augmenté quand même très fortement en France. Et à partir du moment où vous augmentez des inégalités, vous avez ce que Chirac a fait d'une fracture sociale.

Et donc, cette fracture sociale, qui a profité en grosse partie à Marine Le Pen, qui a détourné en fait, grosso modo, les effets du libéralisme, en trouvant un coupable idéal, l'immigré, ce qui est plus simple que d'expliquer les méfaits du libéralisme et tout, l'immigré, a réussi en fait à monter dans les pourcentages à cause de ça. Pas grâce à elle ou au fait qu'elle ait progressé. Parce qu'il n'y a aucune finalement, on va dire même, sur son programme, il n'y a aucune colonne vertébrale. Ça change constamment. On veut sortir de l'euro il y a 5 ans. Maintenant, on veut rester dans l'Europe. Donc, on accepte Maastricht. On veut rembourser la dette, etc. Tout change constamment. Vous voyez ?

Donc, on se rend bien compte que voilà, ce qui alimente le Front National, le carburant du Front National, en premier lieu, c'est le modèle libéral. Et Macron. C'est Macron qui a d'ailleurs réussi à faire gagner des millions de voix Marine Le Pen à cette deuxième élection, alors qu'il nous avait promis que le FN allait mourir.

21:07
Présentateur

Alors, on l'a dit, tout le monde est dans les starting blocks pour les élections législatives. De son côté, comment ça se passe pour Marine Le Pen ? Quel est son plan ?

21:14
Invité

Alors là, je vois, j'ai découvert que Marine Le Pen a repris la stratégie finalement de Jean-Luc Mélenchon, d'essayer de jouer le troisième tour aux législatives. Je pense que voilà, elle reprend cette stratégie-là, mais ça ne va pas être si évident que ça parce que là, il y a vraiment ces trois blocs. Donc on va voir, bon, on va voir, mais elle reprend clairement la stratégie de « je suis la première femme d'opposition, avec moi c'est l'opposition, à Macron pendant tout le quinquennat. » Alors que réellement, on n'a pas, bon, elle n'avait pas de groupe à l'Assemblée, mais on l'entendait moins. Tout au long du quinquennat, on ne l'a pas trop entendu.

Elle a repris la campagne à la fin, elle a fait une campagne plutôt astucieuse parce qu'elle avait quand même Zemmour dans les pattes en allant sur le pouvoir d'achat et en laissant toute la partie, on va dire, immigration à Zemmour, ce qui a été astucieux et ce qu'il faut reconnaître en termes de stratégie politique. Mais après, bon, voilà, maintenant là, je pense qu'elle veut faire du Mélenchon, mais je ne sais pas. En général, on se rend bien compte que sur toutes les élections que fait le FN, en dehors de la présidentielle, elle a du mal quand même à gagner. Voilà.

22:14
Présentateur

Merci beaucoup Thomas. Merci beaucoup de nous avoir suivis sur ce Facebook Live. L'émission sera disponible dès ce soir sur notre page YouTube. Et si vous nous regardez aujourd'hui, c'est que vous avez choisi une information différente, indépendante. Alors, j'en profite pour vous dire que Le Média a toujours besoin de vous. Si vous voulez nous aider, rendez-vous sur lemédiatv.fr slash soutien. Merci encore de nous faire confiance. On se donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel instant porché. D'ici là, portez-vous bien et je vous dis à bientôt sur Le Média.

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Locuteur

Sous-titrage ST' 501

Législatives : pourquoi Macron peut perdre, pourquoi Mélenchon peut gagner · Pourquijevote