Si M. Barnier veut une nouvelle hausse d'impôts, ça sera sans nous ! - L. JACOBELLI (LCI)
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Laurent Jacobelli, pourquoi et pourquoi maintenant ?
- 1:18RelanceRéponse directe
Sans nous, qu'est-ce que ça veut dire ? Cela veut-il dire que vous voterez la censure ?
- 2:26RelanceRéponse partielle
Précisez bien votre pensée.
- 2:32RelanceRéponse directe
Quelle est cette condition exactement ?
- 3:08ComplaisanteÉludée
Il a déjà répondu, pardon. C'était au journal de TF1 quand il disait « plus de justice fiscale ».
- 3:45OuverteRéponse directe
Croyez-vous que M. Barnier pourrait claquer la porte ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« on fuitait dans la presse des propos prêtés au nouveau Premier ministre, qui était qu'effectivement, il envisageait une hausse d'impôts. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Depuis des années, la dette ne cesse de s'accroître malgré tout et les services publics de diminuer en efficacité et en offre. »
- 2:00PrésentateurChiffre
« votre programme, il est vrai un peu moins lourdement que celui du Nouveau Front Populaire, mais en dizaines, certains disaient en centaines de milliards. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« Non, non, 15 milliards peut-être, mais pas centaines de milliards. »
- 2:07Invité politiqueChiffre
« Le coût de l'immigration selon contribuable et associé, c'est 54 milliards par an. »
- 2:10Invité politiqueChiffre
« 1,2 milliard pour les soins gratuits pour les clandestins. »
- 2:13Invité politiqueChiffre
« La fraude sociale et fiscale, ce serait au bas mot 75 milliards. »
- 2:57Invité politiquePromesse
« on va baisser la TVA sur les énergies, par exemple, on va la faire baisser jusqu'à 5% pour aider les plus défavorisés et les classes moyennes »
- 3:37Invité politiquePromesse
« il y aura une censure. Arrêtez de matraquer fiscalement les Français. Nous demandons à Jordan Bardella et Marine Le Pen la paix fiscale. »
- 4:01Invité politiqueFait
« On recycle les perdants à ce point-là. »
- 6:58Invité politiqueChiffre
« On a même dépassé les 47% en 2022, je crois. »
- 15:38Invité politiqueFait
« On s'est aperçu récemment que les chiffres qu'on nous avait donnés pour le vote du budget de l'année dernière étaient tronqués, erronés. »
- 15:56Invité politiquePromesse
« la première mesure, ce sera de faire un audit réel et complet des comptes. »
- 19:33Invité politiqueFait
« il faut faire des économies. Je parlais tout à l'heure du coût exorbitant de l'immigration »
- 19:48Invité politiqueChiffre
« deux tiers des gens qui touchaient une retraite française en Algérie n'existaient pas. »
- 20:25Invité politiqueChiffre
« un tiers du surcroît de la dette est dû à Emmanuel Macron par rapport à tous ses prédécesseurs. »
Temps de parole
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- Invité 42 %
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La situation en France avec ses déclarations de Marine Le Pen, elles ont été publiées à quelques instants, c'est un entretien au point. Marine Le Pen estime que les hausses d'impôts ne doivent pas figurer dans le budget à venir, à l'exception, dit-elle, des super-profits qu'elle oppose aux super-profits de l'extrême-gauche. Elle précise qu'elle pourrait voter dans certaines circonstances le budget. Proposer des hausses d'impôts sans couper dans les dépenses nocives de l'État, ce n'est pas sérieux. Nous pouvons voter une censure si le peuple français est bafoué sans ses intérêts supérieurs. Laurent Jacobelli, pourquoi et pourquoi maintenant ?
Bonsoir, parce qu'on s'approche de l'échéance du budget et qu'on fuitait dans la presse des propos prêtés au nouveau Premier ministre, qui était qu'effectivement, il envisageait une hausse d'impôts. Mais enfin, cette solution qui est vieille comme le monde n'a jamais marché. Depuis des années, on augmente les impôts et les taxes des Français. Depuis des années, la dette ne cesse de s'accroître malgré tout et les services publics de diminuer en efficacité et en offre. Donc il y a un moment où il faut arrêter avec ces vieilles antiennes qui ne fonctionnent pas. Et c'est quand même très étonnant.
On a un Premier ministre qui est face à des Français qui ont des demandes quotidiennes sur la sécurité, sur le pouvoir d'achat, sur l'immigration. Le premier acte concret qu'il fait, c'est de leur dire « je veux augmenter les impôts ». Dans ces conditions, ce sera sans nous. On ne va pas rajouter du malheur au malheur.
Sans nous, qu'est-ce que ça veut dire ? Cela veut-il dire que vous voterez la censure ?
Mais si le Premier ministre propose des hausses d'impôts, alors qu'il y a d'abord des économies à faire sur le fonctionnement de l'État, je pourrais reprendre l'exemple des régions qui coûtent une fortune, sur l'immigration, sur les comités théodules qui ne servent à rien, sur le budget européen pour lequel nous contribuons beaucoup trop largement, il y a des économies à faire avant de s'en prendre aux porte-monnaies des Français. Donc on verra bien ce qu'ils nous proposent. Mais enfin, honnêtement, nous, nous sommes là pour améliorer le pouvoir d'achat des Français et pas les asphyxier un peu plus.
Je vous rappelle quand même que pendant la campagne législative, certains économistes tout à fait respectables avaient chiffré vos programmes, votre programme, il est vrai un peu moins lourdement que celui du Nouveau Front Populaire, mais en dizaines, certains disaient en centaines de milliards.
Non, non, 15 milliards peut-être, mais pas centaines de milliards. Je vous rappelle que le coût de l'immigration selon contribuable et associé, c'est 54 milliards par an, 1,2 milliard pour les soins gratuits pour les clandestins. La fraude sociale et fiscale, ce serait au bas mot 75 milliards. Les comités qui ne servent à rien, c'est des dizaines et des dizaines de fois 100 millions. Donc honnêtement, l'argent existe, il est juste mal employé avant de s'en prendre aux porte-monnaies des Français, que l'État gère bien ses deniers.
Précisez bien votre pensée. Ça veut dire que la condition, puisque vous mettez une condition, le Premier ministre, on peut appeler ça comme ça. On peut le dire. Quelle est cette condition exactement ? Dès qu'il présente le budget, il faut que dans la colonne économie, il y ait tout de suite des solutions en même temps qu'une éventuelle hausse d'impôt, c'est ça ?
D'abord, si on peut éviter les hausses d'impôt, ce n'est pas plus mal. Et puis quelle hausse d'impôt ? De quoi parle-t-on ? Parce que pour l'instant, moi, je n'ai pas de chiffres et je n'ai pas de catégories touchées. Si on dit qu'on va baisser la TVA sur les énergies, par exemple, on va la faire baisser jusqu'à 5% pour aider les plus défavorisés et les classes moyennes, et qu'on taxe des sur-profits d'entreprises énergétiques, ce n'est pas la même chose que de dire qu'on va augmenter les impôts des classes moyennes. Donc c'est compliqué de vous répondre maintenant.
Il a déjà répondu, pardon. C'était au journal de TF1 quand il disait « plus de justice fiscale ». Donc visiblement, si, ce ne sera pas les classes moyennes. Quand on dit « plus de justice fiscale », ça veut dire, certains disent d'ailleurs que c'est démagogique, les plus riches.
On verra bien. Mais très honnêtement, est-ce que c'est la priorité ? Je vous le dis, la priorité, ce sont les économies. Je le répète, on a des lignes rouges. Améliorer le pouvoir d'achat, c'est très bien. Améliorer la sécurité, c'est très bien. Diminuer l'immigration, c'est très bien. Si le Premier ministre nous propose un discours de politique générale ou un budget qui va dans l'autre sens, il y aura une censure. Arrêtez de matraquer fiscalement les Français. Nous demandons à Jordan Bardella et Marine Le Pen la paix fiscale. Croyez-vous que M. Barnier pourrait claquer la porte ? Je ne suis pas dans sa tête. En tout cas, je vois bien que les pressions autour de lui sont nombreuses.
La pression de la Macronie, qui n'a toujours pas compris que les Français ne voulaient plus d'elle, et qui essaye à tout prix de recycler ceux qui ont tout raté depuis sept ans. La pression des Républicains, qui ont gagné au loto, c'est-à-dire qu'ils sont arrivés derniers, et se retrouvent premiers à vouloir faire un gouvernement. Ceux qui, comme M. Wauquiez disait hier, « je ne veux pas participer à un gouvernement », et qui aujourd'hui se roulent par terre pour devenir ministre de l'Intérieur. Évidemment, tous ces égaux rassemblés, de tous ceux qui ont déjà beaucoup, beaucoup, beaucoup failli dans le passé, et dont les Français ne veulent plus, c'est probablement assez compliqué pour lui.
C'est pour ça que nous disons, parce que nous sommes pragmatiques, ça ne durera pas, et qu'il faudra des législatives anticipées.
Si c'est le cas, pardon, vous faites tout pour lui compliquer la vie. Dans ce même entretien au point, Mme Le Pen réitère cette sorte d'obstacle qu'elle met à Gérald Darmanin, à Xavier Bertrand, à Éric Dupond-Moretti, avant même que le gouvernement soit présenté. Mais évidemment, mais c'est dans la droite ligne... Dans le parisien, pardon, je dis le point, c'est le parisien.
C'est la droite ligne de ce que je dis. On demande plus de sécurité. Comment voulez-vous avoir plus de sécurité dans notre pays ? Avec M. Dupond-Moretti, ministre de la Justice, il a montré qu'il ne savait pas faire. Pire encore, qu'il était réticent à lutter contre le laxisme. On demande moins d'immigration. Comment faire ça avec M. Darmanin, qui a mis le taux d'obligation de quitter le territoire français exécuté au plus bas historique, avec, parallèlement, un taux d'immigration légale et illégale au plus haut ?
Vous avez changé de stratégie. Vous voulez tuer ce gouvernement avant même qu'il soit né, en réalité.
Nous respectons la parole que nous avons donnée aux Français. Je vais la répéter, au risque d'être lourd, mais finalement la pédagogie est aussi l'art de la répétition.
M. Jacobelli, donner des noms interdits avant même le discours de politique générale, ça ne s'est jamais fait sous la Vème République.
Ce qui ne s'est jamais fait sous la Vème République non plus, c'est qu'on recycle les perdants à ce point-là. Désolé, mais les noms que vous me donnez, c'est reprendre, on prend les mains et on recommence. C'est-à-dire faire fi du résultat des européennes, faire fi des deux tours des législatives. Excusez-moi, mais nous, nous sommes là pour être un pôle de sérénité, de garantie de la Vème République et du respect du mandat que nous ont donné nos électeurs. Si le Premier ministre ne l'entend pas, il y a une arme que nous pouvons actionner, c'est la censure.
Qu'est-il en train de se passer entre M. Barnier et la Macronie ? On va entendre Gérald Darmanin, qui visiblement est plutôt remonté contre le Premier ministre, puisque c'est lui d'abord qui a répandu largement l'idée que peut-être il préparait une hausse d'impôts. Et maintenant, il précise sa pensée, c'était ce matin, hors de question, dit-il, d'augmenter les impôts. Lui aussi pose ses conditions.
Il est hors de question que nous puissions rentrer dans un gouvernement, ou que nous puissions soutenir à l'Assemblée nationale, puisque je vais redevenir député, un gouvernement qui augmente les impôts. D'abord, ce n'est pas ce que pensent les LR, et ce n'est pas ce que nous pensons. Les électeurs, je me suis engagé devant eux, comme tous les députés de l'ex-majorité, comme les LR, à ne pas augmenter les impôts. C'est la facilité et l'augmentation des impôts. Qu'est-ce qui se passe selon vous, entre eux ?
D'abord, c'est drôle. Permettez-moi de rigoler un peu en voyant M. Darmanin, qui a participé à tous ces gouvernements, qui ont fait qu'on a atteint un record historique de taux de prélèvement en France. On a même dépassé les 47% en 2022, je crois.
Il est fidèle à sa ligne. Ils avaient dit « pas de hausse d'impôts, il le maintient ».
Oui, ils ne l'ont jamais pratiqué, donc c'est un peu savoureux. Mais on voit bien là qu'il ne faut jamais mettre plusieurs crocodiles dans le même marigot, puisqu'au bout d'un moment, ils s'attaquent les uns les autres. Vous avez tous ces macronos compatibles ou anciens macronistes qui, aujourd'hui, se battent pour quoi ? Pour demain. M. Darmanin, il pense à la présidentielle. Là, il ne pense pas à la France d'aujourd'hui. M. Barnier, il essaye de tricoter un gouvernement fait de briques et de brocs absolument impossible. On est dans le piège qu'a tendu Emmanuel Macron. Imaginez quand même. On a là des élus de droite et du centre. Élus grâce à la France insoumise.
La France insoumise qui a refusé les propositions de gouvernement de gauche et donc qui a reculé devant l'obstacle. Tous ces gens-là se tiennent entre eux, mais ne pensent pas pareil et n'ont pas les mêmes ambitions. Ça ne peut pas marcher.
Est-ce que vous n'êtes pas en train de ressembler, dans la stratégie du pire, au Nouveau Front Populaire ? Du côté du Nouveau Front Populaire, il y a cette demande de destitution. Pas tous, mais de destitution du président de la République. Vous n'allez pas jusque-là, mais visiblement, vous jouez plutôt le chaos.
Non. Au contraire. On joue la transparence. Ça fait des semaines que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont donné nos lignes rouges. M. Barnier les connaît. Donc, nous, s'il respecte ces lignes rouges, s'il ne les enfreint pas, il n'y aura pas de motion de censure. Nous, nous voulons l'équilibre, nous voulons le calme.
Mme Le Pen a dit qu'elle s'attendait à une dissolution après dix mois. Donc, en réalité, dès la prochaine possibilité. On ne peut pas dire que ce soit offrir la confiance ou, en tout cas, offrir une chance à ce gouvernement.
C'est simplement une analyse, j'allais dire, froide et réelle et juste de la situation. Parlons d'immigration. Est-ce que vous croyez qu'il pourra trouver une majorité ? Parlons de la politique fiscale. Est-ce que vous croyez qu'il pourra trouver une majorité ? Parlons de la sécurité. Parlons de l'emploi. Tous ces sujets sont très importants. Donc, soit on a un Premier ministre qui a un gouvernement qui ne fait rien et qui peut être dur, mais on ne peut pas se permettre de rien faire.
On va ouvrir les chapitres que vous mentionnez vous-même. On se retrouve dans un très court instant et notamment la situation du budget, puisque ce sont les déclarations très fortes ce soir de Michel Barnier sur la situation de gravité qu'il dit découvrir et il demande davantage d'explications. A tout de suite.
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Composer un gouvernement, en est-il déjà vouloir claquer la porte ? Ceux qui défendent cette hypothèse font état notamment de ces déclarations inquiétantes, inquiétées sur le budget. Il dit découvrir la situation budgétaire du pays très grave. Il a donné une interview à l'AFP. La situation budgétaire du pays que je découvre est très grave. J'ai demandé tous les éléments pour en apprécier l'exacte réalité. Vous étiez déjà avec nous, Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national, quand il dit que cette situation mérite mieux que des petites phrases. Elle exige de la responsabilité, mais qu'il demande aussi d'avoir un accès plus complet au compte.
Qu'est-ce que cela signifie d'après vous ? Il a tout à fait raison.
On s'est aperçu récemment que les chiffres qu'on nous avait donnés pour le vote du budget de l'année dernière étaient tronqués, erronés. Le Premier ministre ne fait que dire finalement ce que disaient Jordan Bardella et Marine Le Pen pendant la campagne. Nous, on a dit que si nous avons la majorité et que Jordan Bardella est Premier ministre, ou si demain nous prenons le pouvoir, la première mesure, ce sera de faire un audit réel et complet des comptes. Je me souviens que beaucoup se sont moqués de nous en disant « oui, mais ça c'est automatique, il y a la Cour des comptes, etc. On a tous les chiffres ». Non, on n'a pas tous les chiffres.
Parce que quand vous avez un ministre des Finances qui cache des choses, qui ne dit pas la vérité, quand vous arrivez et que vous regardez les comptes, vous êtes bien obligés malheureusement de constater qu'il y a un trou dans la caisse. Et donc il faut savoir d'où ça vient et il faut savoir comment y remédier. Pour ça, il faut un audit. Il ne dit que ce que nous avons dit depuis des mois.
Cela veut-il dire que messieurs Coquerel et de Courson, hier, qui ont tenté à Matignon d'avoir un certain nombre de documents, les lettres plafonds, les annexes, ont raison ?
Mais ils ont besoin d'informations. Évidemment, alors dans la forme, il y avait peut-être un côté un peu théâtral. Mais on est en ce moment en train de se dire qu'on va voter un budget dans une semaine, deux semaines ou trois semaines. On n'a pas d'informations. J'ai la chance d'être rapporteur pour avis du budget des anciens combattants. Je reçois un certain nombre de personnes en audition. On parle dans le vide. Je n'ai pas un chiffre.
Donc on est dans un processus budgétaire complètement abracadabrantesque, comme dirait l'autre, au moment où on doit être rigoureux et précis, parce que les Français ont des besoins, parce qu'on a une dette qui explose, parce qu'on a une masse fiscale qui explose. Et donc il faut, je crois, savoir la vérité. Donc là-dessus, le Premier ministre a raison.
— Là encore, est-ce que vous n'êtes pas en train tout de suite de taper sur une situation où, au fond, il faut laisser sa chance un peu autant ? Ce nouveau gouvernement n'est même pas installé. On ne sait pas qui sera ministre des Finances.
— Oui. Je viens de vous dire que le Premier ministre avait raison de faire un ordinateur des comptes, puisque c'est ce que nous demandions. Donc là, pour le coup, je ne lui tape pas dessus. Par contre, effectivement, maintenant, il va nous falloir quand même des ministres pour travailler, parce qu'on ne va pas continuer, nous, à aller à l'Assemblée nationale pour ne pas voter de loi ni de budget, et lui, de consulter des gens toute la journée. Mais une fois encore, c'est le paradoxe total, c'est-à-dire qu'on essaye de faire un gouvernement d'union et de majorité avec ceux qui ont perdu. Donc sur le papier, je vais vous dire, il y a quand même peu de chances de succès.
Et c'est d'autant plus grave que, comme le dit le Premier ministre, la situation est catastrophique d'un point de vue financier.
— François Bayrou a dit qu'il ne sera pas acceptable, de son point de vue de centriste, que ce gouvernement soit dominé par des LR. Est-ce que c'est votre cas ?
— Quand on a fait 6% des suffrages, c'est un peu compliqué de vouloir truster tous les postes ministériels. En effet, ça ressemblerait quand même un peu à un bras d'honneur aux électeurs. J'ai perdu, mais j'ai gagné. Ils vont être bientôt plus de ministres que de députés et autant de ministres que d'électeurs. C'est quand même une situation à peu près paradoxale.
— C'est le seul cas de figure que vous avez accepté. Si c'est le cas, c'est la situation qui résulte de vos obstacles. — Non, pas du tout. — Vous ne vouliez pas de lucicasté, notamment ?
— Ah non, mais alors attendez. Quand il y a le feu, on sort l'extincteur. C'est-à-dire qu'on a évité à la France le terrible gouvernement de l'extrême-gauche qui, je crois, nous amenait dans le mur en deux semaines. Bon. Donc ça, c'était obligé. Sinon, il y avait une non-assistance à pays en danger. Bon. Ça, on l'a fait et on en est fiers. Maintenant, on a mis des conditions. On n'a pas gagné l'élection. Voilà. Nous n'avons pas la majorité à l'Assemblée nationale. C'est pas nous qui faisons le gouvernement. Et donc on a juste mis des gardes-vous, que je vous ai expliqués tout à l'heure, à M.
Barnier, maintenant, de faire un gouvernement et de prendre des mesures qui nous paraissent ne pas devoir déclencher la censure.
— Michel Barnier dit « Mon objectif est de retrouver le chemin de la croissance et de faire progresser le niveau de vie des Français alors que nous sommes déjà le pays où la charge des impôts est la plus forte ». Marine Le Pen, évidemment, se réjouit de la situation en disant « Tout le monde feint de découvrir cette situation catastrophique » et en tout cas « L'appui, là où ça fait mal ». Où comptez-vous économiser ? Si vraiment il est possible de faire des économies aussi importantes que ce que vous dites.
— Alors il faut économiser, mais surtout, il faut ne pas augmenter les taux fiscaux, mais augmenter l'assiette. Je m'explique. Oui, il faut faire des économies. Je parlais tout à l'heure du coût exorbitant de l'immigration, le coût direct, en dizaines de milliards, mais le coût indirect qui encombre nos tribunaux, qui fait travailler nos forces de police, qui crée des problèmes à l'école. Donc tout ça, ça a un coût. Il faut aussi faire la chasse à la fraude. Moi, j'ai appris que deux tiers des gens qui touchaient une retraite française en Algérie n'existaient pas. Bon, ben là, voilà, il y a des millions à aller chercher, de même que dans les organismes d'État qui ne servent à rien.
— Vous savez, comme moi, quand on en est à ce point-là, rappelons les chiffres, 5,6% de déficit par rapport au pays qui est prévu. Bon, on est à 3 200, pas loin de 3 200 milliards de dettes en France. Quand on en est là, il y a certainement des choses dites à l'immigration incontrôlée ou à la fraude. Mais vous voyez bien que ça va bien au-delà de ça.
— Oui, il y a de la mauvaise gestion. Parce que clairement, un tiers du surcroît de la dette est dû à Emmanuel Macron par rapport à tous ses prédécesseurs. Donc le petit Mozart de la finance a probablement fait quelques couacs dans sa partition. Mais il faut aussi créer de la richesse. Voilà. Que nos entreprises puissent vendre et produire en France. Ça veut dire ramener des industries en France, arrêter l'hémorragie due à la mondialisation. Ça veut dire que demain, on aura des entreprises qui produiront en France et qui donc paieront des taxes en France
et qui alimenteront les caisses. — Et pourtant, vous continuez à vous opposer à la réforme des retraites. Est-ce que pour vous, ce peut être toujours un motif de censure, de censurer ce gouvernement s'il ne recule pas là-dessus ?
— Écoutez, avant cela, il y a quand même une épreuve, un passage important le 31 octobre. Nous proposons l'abrogation de la réforme des retraites. Si la gauche est cohérente avec elle-même, elle doit voter cette abrogation. Et cette abrogation passera par le Parlement. Et le Premier ministre ne pourra faire autre chose que de constater que c'est juste. Nous, on maintient, vous savez, un Français sur deux qui arrive à la retraite et soit handicapé, soit en maladie, soit chômeur. Ce qui veut dire que l'économie que vous feriez en les faisant travailler, soi-disant, deux ans de plus, ce sera des surcoûts pendant deux ans sur les caisses chômage.
Donc tout ça n'a pas de sens, si ce n'est une fois encore rendre le quotidien des Français un peu plus difficile.
— L'événement à l'étranger, c'est évidemment la situation vertigineuse au Liban, avec cette attaque extrêmement massive. Vous allez nous rejoindre, s'il vous plaît, Alain Boer, puisque vos explications ce soir seront plus précieuses que jamais. Merci beaucoup. Rejoignez-nous. Bonsoir, Alain Boer.
— Bonsoir.
On va découvrir les informations qui continuent d'arriver, puisque c'est heure par heure que les choses évoluent. Après les beepers piégés, ce sont maintenant les Tokiwoki piégés qui ont explosé dans Beyrouth et dans d'autres régions du pays. On va évidemment développer ces informations, des images tout à fait frappantes que nous avons reçues. Et aussi la manière technique de mettre en place cette attaque. Est-ce qu'on peut dire qu'elle est d'une ampleur inédite ?
— De ce point de vue-là, absolument. Il y a eu des attaques ciblées contre des téléphones. Il y a eu l'usage de téléphones pour éliminer des individus en les localisant. Mais c'est la première fois qu'elle est aussi massive et aussi rustique. C'est du high-tech, low-tech. Les équipements utilisés sont soit arrêtés de production depuis 10 ans, soit contrefaits. Nul ne sait d'ailleurs où ils ont été en fait produits. Certains ont été détournés. Et aujourd'hui encore, contrairement à ce que tout le monde raconte, on ne sait pas très bien ce qui explose. Est-ce que c'est une batterie lithium modifiée ? Est-ce que c'est des grammes d'explosifs rajoutés près de la batterie lithium ?
Et en tout cas, c'est massif et inédit dans sa masse.
— Et effectivement, on va parler de ça, voir aussi quand ces éléments explosifs auraient été ajoutés à la production pendant la livraison en si grande ampleur. Restez avec nous. On vous retrouve dans un court instant. À tout de suite. — Merci Laurent Jacobelli. — Merci à vous.
Laurent Jacobelli