Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 4 mars 2026 24 min

Pierre Jouvet : «Mélenchon au 2e tour ? La meilleure chance de voir l’extrême droite au pouvoir»

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Pierre Jouvet. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, secrétaire général du Parti Socialiste, député européen. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle.

0:24
Invité

Bonjour Pierre Jouvet.

0:25
Présentateur

Bonjour. Pierre Jouvet, on va évidemment revenir sur l'allocution hier soir d'Emmanuel Macron à 20h. Est-ce qu'il a eu raison de s'adresser aux Français dans ce moment-là ? Est-ce qu'il a trouvé les bons mots ?

0:34
Pierre Jouvet

Oui, il a eu raison de s'adresser aux Français. Maintenant, ce que je souhaiterais, c'est qu'ils s'adressent au Parlement et que nous puissions avoir un débat qui convoque à la fois le Parlement et l'ensemble des chefs de partis, puisqu'on est dans un moment, on le voit, d'extrême tension, de grande gravité. On voit que potentiellement, on a des imbrications, évidemment, au niveau européen. On voit ce qui est en train de se produire avec Chypre. Je trouve que la réponse française est à la hauteur, et je crois qu'il faut le dire. – Donc, le PS demande un débat au Parlement avant les municipales,

1:10
Présentateur

on a un période de suspension parlementaire. Vous le demandez là, dans les prochains jours ?

1:13
Pierre Jouvet

– Oui, nous le demandons dans les prochains jours, parce qu'on voit que la situation évolue très vite. En tout cas, ce que nous demandons dans les prochains jours, et même dans les prochaines heures, si je puis dire, c'est que nous ayons, comme ça a été le cas par le passé, une mise en situation par le chef de l'État, par les chefs des armées, par le ministre des Affaires étrangères, pour qu'on ait un point de situation extrêmement précis.

1:35
Présentateur

– Mais au Parlement ou en format Saint-Denis, comme on l'appelle maintenant ?

1:38
Pierre Jouvet

– Écoutez, soit le président de la République le fait de manière très rapide, en format Saint-Denis avec les chefs de parti, et de toute façon, après, il faudra un débat parlementaire. Vous savez, l'honneur des grandes démocraties, et on y reviendra sans doute dans ces attaques qui ont été faites, dans cette guerre qui est en train de s'installer, c'est de pouvoir échanger et débattre, politiquement aussi, même dans des périodes de...

1:59
Invité

– Et vous avez eu des retours positifs de l'Élysée face à cette proposition ?

2:02
Pierre Jouvet

– Pour l'instant, pas à ma connaissance, pas encore, donc c'est l'occasion aussi chez vous de le rappeler, de le demander, parce que vous savez, nous, on a un niveau d'information qui est à peu près le même que ce que vous avez, et qu'on a, grâce aux médias, grâce à ce qu'on voit sur place... – Il n'y a pas d'échange privilégié avec l'Élysée, entre les chefs de parti et l'Élysée ? – Il n'y a pas d'échange privilégié à ce stade, et je crois qu'il est important qu'on ait un point de situation le plus précis possible.

Mais je le redis, la réponse qui a été apportée hier, que ce soit sur la protection de la France au niveau européen pour Chypre, que ce soit sur la possibilité de déploiement, que ce soit aussi sur la condamnation de l'attaque, dans un premier temps, de la part des États-Unis et d'Israël, est, de mon point de vue, une bonne réponse.

2:43
Présentateur

– L'annonce d'hier soir d'Emmanuel Macron, c'est l'envoi du Charles de Gaulle en Méditerranée. Emmanuel Macron qui a également dit qu'il y avait des rafales qui étaient sur place au Moyen-Orient pour défendre l'espace aérien de nos alliés. Vous approuvez ça ?

2:57
Pierre Jouvet

– Oui, écoutez, on a 400 000 ressortissants français qui sont sur la zone, c'est pas rien. 400 000 personnes, 400 000 de nos compatriotes. On a un certain nombre de gens qui sont aussi en transit, on le voit avec des gens qui sont de retour, de vacances, de déplacements professionnels, etc. et il est indispensable qu'on puisse assurer partout dans le monde la sécurité de nos compatriotes.

Ensuite, il est impératif que la France, qui est un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, même si Donald Trump fait fi de ce qui se passe à l'ONU et dans le Conseil de sécurité, puisse avoir à la fois une voix forte, une implication forte aux côtés de nos partenaires européens, parce que le risque d'embrasement, il est massif. Et on le voit depuis aujourd'hui quelques heures, la contagion au-delà des frontières iraniennes peut être une poudrière absolument explosive pour toute une région du monde qui aura ensuite des impacts partout dans le monde et aussi en Europe.

3:51
Invité

– Hier soir, lorsqu'Emmanuel Macron dénonce le fait que Donald Trump soit intervenu en dehors des règles internationales, est-ce que finalement, c'est par un aveu d'échec de la France, de l'Union européenne ? Personne n'a pu imposer à Donald Trump de passer par cette voie-là.

4:06
Pierre Jouvet

– C'est un aveu d'échec de l'Europe, principalement, puis de la France, évidemment. C'est surtout, pour moi, une très grande mise à distance du multilatéralisme de la part de Donald Trump, qui depuis maintenant plusieurs mois est spécialiste de ces sujets. Moi, je rappelle une chose simple. Nous sommes, nous les socialistes, attachés à ce principe du droit international, du multilatéralisme.

4:30
Invité

– Mais comment on le fait respecter face à un Donald Trump ?

4:32
Pierre Jouvet

– Parce que nous devons rappeler les règles du monde. Nous ne vivons pas dans un monde qui est en permanence, finalement, attaqué, qui ne met plus aucune discussion, qui vient faire de la force la réponse principielle à tout. Vous savez, on a eu dans le passé, on a eu dans le passé des interventions qui ont été faites sans discussion multilatérale préalable. Mais quels ont été les résultats ensuite ? La force internationale a tué Kadhafi, elle a tué Ben Laden, elle a tué Saddam Hussein. Est-ce que ces régions ont ensuite été pacifiées ? Pas suffisamment rapidement, et on a vu les contagions.

Moi, je suis satisfait de voir qu'un tyran chute, qu'un tyran qui a tiré sur son peuple, qui a tué son peuple, qui a opprimé les femmes comme il l'a fait pendant des décennies, ne soit plus en situation de le faire. Je me satisfais de ça. Mais je souhaite que le multilatéralisme, qui nous permet de tous nous retrouver autour d'une table à l'échelle du monde, puisse fonctionner. Et ça, la France doit le rappeler de manière permanente.

5:41
Invité

– Est-ce que le multilatéralisme n'aurait pas bloqué cette intervention ? Est-ce qu'il est encore possible d'agir ?

5:46
Pierre Jouvet

– Je crois qu'il est possible d'agir si nous avons des dirigeants politiques qui sont à la hauteur, qui échangent et qui sont au niveau. – On n'a pas ? – Non, nous ne l'avons pas à l'échelle du monde. Et on le voit bien. On voit bien que les saillies permanentes, notamment du président des États-Unis, Donald Trump, ne vont pas dans ce sens-là. Parce qu'on a un président des États-Unis qui refuse ce cadre collectif, parce qu'il veut faire de la force la seule puissance qu'il impose au reste du monde.

Et donc, nous devons, nous, et comme le disait à son époque Dominique de Villepin, c'est un vieux pays dans un vieux continent qui demande ces mêmes choses, oui, nous devons faire de la force de discussions multilatérales du cadre de l'Organisation des Nations Unies un débat politique pour échanger ensemble sur les affaires du monde et stabiliser la paix. Parce que ce que nous demandons aussi, je veux le dire parce qu'on est dans des périodes de guerre qui sont très angoissantes pour nos concitoyens et pour le monde entier, ce que nous, nous sommes avant tout, c'est pour la paix. Mais nous voulons décesser le feu partout.

Nous disons et nous considérons, excusez-moi, ça peut paraître un peu simpliste de dire ça, mais nous considérons que la guerre et la violence ne sont pas les formes les plus utiles et efficaces pour gérer les conflits à l'échelle du monde. Et donc, c'est aussi dans ce cadre-là que le multilatéralisme doit agir et doit préserver les intérêts.

7:03
Présentateur

– Est-ce qu'hier soir, il a eu raison, Emmanuel Macron, de dénoncer les velléités d'Israël d'une opération terrestre au Liban ? – Escalade, dangereuse erreur stratégique, a-t-il dit ? Vous dites la même chose ? – Oui, je partage exactement les mêmes termes. – Il a également parlé d'une initiative, vous qui êtes député européen, Pierre Jouvet, d'une initiative d'une coalition pour reprendre le détroit d'Hormuz. Est-ce que vous le soutenez ? Est-ce que vous pensez qu'il sera suivi ?

7:22
Pierre Jouvet

– J'espère qu'il sera suivi, parce que là aussi, l'Union européenne va être comme ça arrive régulièrement à la croisée des chemins. Qu'est-ce qu'on fait au niveau européen ? Est-ce qu'à un moment, il y a une coordination de protection ? Est-ce que l'Europe va laisser une nouvelle fois faire les choses se passer sous ses yeux sans agir ?

Donc il faut que l'ensemble des chefs d'État européens puissent se réunir, puissent prendre des décisions, puissent activer tous les articles des traités qui nous permettent d'avoir une protection globale, parce que c'est le continent européen qui doit aussi à la fois se répondre, se défendre, faciliter un certain nombre d'échanges qui peuvent avoir lieu partout dans la région. Donc oui, l'Europe doit reprendre toute sa place.

Et je dois dire que pour l'instant, elle n'est pas à sa place, parce qu'elle regarde, si je peux me permettre cette expression, passer les trains de manière permanente, et on voit bien qu'on est en marge sur tout un tas de sujets, que ce soit sur les accords économiques, que ce soit sur ces accords commerciaux, ou aujourd'hui sur des situations de conflits à l'échelle du monde.

8:21
Présentateur

– Friedrich Merz, le chancelier allemand était hier à la Maison-Blanche, à la rencontre de Donald Trump, c'était une rencontre qui était prévue depuis longtemps, où il a affiché sa bonne entente avec le président américain, il a dit plus ou prou la même chose qu'Emmanuel Macron. D'ailleurs, qu'est-ce que ça dit de l'Union européenne, cette rencontre ?

8:35
Pierre Jouvet

– Écoutez, c'est normal, ce sont des échanges normaux. Ce que ça dit, c'est qu'il n'y a malheureusement pas assez de coordination. Parce que quand je vois dans le même temps, Donald Trump qui dit qu'il voudrait suspendre avec l'Espagne toute possibilité d'échange commercial parce qu'il n'est pas content de la réaction de Pedro Sanchez, et que les Européens ne font pas bloc, moi je dis à l'ensemble des dirigeants européens, si nous ne faisons pas bloc, nous serons écrasés par les Etats-Unis, écrasés.

Aujourd'hui, on voit les choses de manière très précise, et je suis navré de le rappeler ainsi, mais depuis que Donald Trump est président des Etats-Unis, on voit que les Etats-Unis ne sont plus l'allié que nous avons connu. Et on voit bien qu'aujourd'hui, Donald Trump va jouer des divergences, des divisions qui peuvent exister entre les leaders européens. On a bien vu à l'occasion notamment des accords commerciaux, comme Donald Trump avait joué par exemple avec l'Italie. On voit bien qu'en permanence, il va chercher les fractures, les divisions.

Si l'Europe veut peser, elle doit faire bloc, elle doit parler d'une seule voix, elle doit avoir une coordination stratégique, une coordination politique et une coordination de réponse.

9:38
Présentateur

– Ça fait des mois, des années qu'on entend ça Pierre Jouvet. Est-ce que là le Parlement européen, puisque je le rappelais que vous êtes député européen, est-ce que le Parlement européen va prendre une initiative ? Est-ce que le groupe socialiste va y travailler ?

9:49
Pierre Jouvet

– Oui, nous allons proposer la semaine prochaine en plénière à Strasbourg, un débat et des initiatives sur le sujet pour permettre cette coopération européenne. Et moi j'appelle les dirigeants, j'appelle la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à s'en saisir et à aller dans ce sens-là.

10:05
Présentateur

– On va revenir à la politique nationale. On est en période de campagne municipale, 11 jours avant le premier tour. Et hier soir, le Bureau national du Parti socialiste a dénoncé sans réserve les propos tenu dans des meetings par Jean-Luc Mélenchon sur sa manière de prononcer les noms de Jeffrey Epstein, de Raphaël Glucksmann. Caricature complotiste, propos antisémite intolérable, dit le Parti socialiste dans un communiqué. Jean-Luc Mélenchon vous a répondu par un tweet, il dénonce des accusations intolérables, une insupportable désolidarisation du combat antifagiste qui reprend les attaques de l'extrême droite. Qu'est-ce que vous lui dites ?

10:37
Pierre Jouvet

– Que je n'ai aucune leçon à recevoir d'un bourgeois sur son canapé qui fait de l'antisémitisme une, aujourd'hui, expression commune dans beaucoup de ses discours, que la lutte antifasciste, personne au Parti socialiste, vous m'entendez bien, personne au Parti socialiste n'a attendu Jean-Luc Mélenchon pour la combattre, personne. Et ce que je dis de manière très claire ce matin, c'est que tout ce qui est mené depuis maintenant des semaines par Jean-Luc Mélenchon, des semaines, ne fait que renforcer celles et ceux qui portent justement ce combat contre l'antifascisme.

Parce que quand on est devenu, comme c'est le cas de Jean-Luc Mélenchon, par stratégie politique, par tactique politicienne, celui qui est aujourd'hui l'homme politique le plus détesté de ce pays, quand on est devenu, à cause de ses outrances, à cause de sa tactique politicienne, je le redis parce que c'est de ça dont il s'agit, qu'on est en train de mettre toute la gauche française au bon de la société, qu'on voit qu'aujourd'hui la droite républicaine, que le parti du Rassemblement national veut faire un barrage anti-républicain contre toute force de gauche dans ce pays, je lui dis que ce qu'il croit servir, il le desserre en vérité.

Et nous, ce que nous disons, c'est que nous disons à l'ensemble de celles et ceux qui, de bonne foi, en sincérité, sont des militants insoumis, sont des élus insoumis, sont des électeurs insoumis, qu'il y a une autre voie politique à gauche, qui est celle que nous portons aujourd'hui. Jean-Luc Mélenchon, au deuxième tour d'une élection, est la meilleure chance de voir l'extrême droite arriver au pouvoir. Vous m'entendez ? La meilleure chance de voir l'extrême droite arriver au pouvoir. Et il l'a fait par choix, il l'a fait par tactique. Et bien maintenant, ça suffit.

On est à dix jours des élections municipales et on débat des prononciations de noms de tel ou tel par les sorties et les saillies de Jean-Luc Mélenchon, alors que les Français attendent qu'on parle de leur quotidien. Qu'est-ce que ça change à la vie de celles et ceux que nous défendons, nous, femmes et hommes de gauche, qu'on prononce le nom de telle ou telle manière ? Mais par contre, ce qui leur change la vie, c'est quand un maire socialiste met la cantine gratuite. Ce qui leur change la vie, c'est quand on met en place des transports gratuits pour chacune et chacun. Ce qui leur change la vie, c'est les projets que nous portons pour la transition écologique dans nos communes.

Ce ne sont pas ces polémiques permanentes qui font le jeu de la droite et de l'extrême droite. Et puis je dis une dernière chose pour terminer sur ce point qui est extrêmement important. Vous voyez bien la stratégie politicienne de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, il est candidat avec un certain nombre de ses camarades et de ses amis dans une grande majorité de villes. Il est seul. Nous avons, nous, rassemblé la gauche et les écologistes dans 90% des villes de ce pays. Les insoumis, à ces élections municipales, si on en croit les sondages, vont faire entre 10 et 15% des voix au premier tour. Ils ne sont pas en capacité de gagner dans aucune ville seule. Aucune ville, vous m'entendez ?

Et on fait toute l'actualité politique de ce pays autour de Jean-Luc Mélenchon. C'est ce qu'il cherche. Et bien maintenant, ça suffit. Nous, nous disons, aux femmes et aux hommes de gauche, qu'une alternative politique est possible autour de nos candidats, autour de nos listes, et que pour battre la droite et l'extrême droite, il faut voter partout pour les candidats socialistes.

13:50
Invité

Je voudrais revenir sur deux choses que vous venez de dire. D'abord, pour la première fois, vous utilisez officiellement le terme antisémite dans le communiqué qui a été rédigé hier soir. Est-ce que pour vous, ça exclut LFI du camp des antifascistes ?

14:04
Pierre Jouvet

Non, parce que justement, moi, je ne veux pas tomber dans ce débat-là. Et je ne veux pas dire j'exclus LFI. Vous savez, je crois à la sincérité d'un certain nombre de militants de la France insoumise.

14:14
Invité

Antisémite, mais vous n'excluez pas le parti que vous qualifiez antisémite ?

14:17
Pierre Jouvet

Je ne mettrai jamais un trait d'égalité, parce que là aussi, il faut redire les choses, parce que dans ce débat politique, tout va très vite. Je ne mettrai jamais un trait d'égalité entre la France insoumise, leurs électeurs, certains de leurs dirigeants et aussi de leurs élus, et le Rassemblement national, par exemple. Excusez-moi, mais dans ce pays, dans ce pays, notre pays, la France,

14:38
Invité

il y a un parti... Le Rassemblement national reste de votre point de vue plus dangereux qu'à LFI aujourd'hui.

14:42
Pierre Jouvet

Oui, il y a un parti qui est dirigé par M. Bardella, dont Mme Le Pen est la présidente du groupe à l'Assemblée nationale, qui a été créée en France après la Deuxième Guerre mondiale, après la Deuxième Guerre mondiale, et ça veut dire quelque chose, par des anciens dirigeants SS, c'est-à-dire des nazis. Voilà ce dont on parle. Moi, je ne ferai jamais croire que l'extrême droite...

15:07
Invité

Qui aujourd'hui sont les premiers à défendre la crise des jeunes en France.

15:08
Pierre Jouvet

Oui, mais parce que là aussi, c'est de la tactique politique, et c'est là où moi j'en veux à Jean-Luc Mélenchon dans ce qu'il fait et dans ce qu'il porte, parce qu'aujourd'hui, il donne l'impression que la gauche serait plus dangereuse dans ce pays que l'extrême droite. Mais enfin, on les connaît, les ravages de l'extrême droite. Et moi, je comblerai très...

15:23
Présentateur

Mais quand Raphaël Glucksmann répond à Jean-Luc Mélenchon sur la mauvaise prénonciation de son nom, il répond par un tweet, OK, Jean-Marie Le Pen.

15:31
Pierre Jouvet

Mais parce qu'on voit les dérives, c'est les dérives que je dénonce et que je condamne de cette même manière. Parce que quand vous êtes aujourd'hui celui qui est quand même, quand on y pense un instant, le cordon sanitaire, il a été créé dans ce pays, il n'a pas été créé pour rien. Le rejet de l'extrême droite, il n'a pas été fait pour rien.

Et quand aujourd'hui, chacune des outrances de Jean-Luc Mélenchon laisse penser que Marine Le Pen, ses amis, l'ensemble de leurs candidats, et je pourrais vous en faire la liste, qui ont été condamnés, qui ont tenu des propos racistes, qui ont tenu des propos antisémites, les candidats du Rassemblement National partout en France seraient moins dangereux que des gens de gauche, eh bien, c'est insupportable. Et en réalité, Jean-Luc Mélenchon, il dessert la cause antiraciste qu'il veut produire. Et donc, aujourd'hui, nous devons affirmer avec force qu'il est temps, qu'il est temps de tourner la page.

Et je le dis, je le dis à la France insoumise, mais ça veut dire que, y compris pour les militants de la France insoumise, ils doivent aussi ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se passer dans leur parti. Mais je leur demande de se désolidariser. Nous leur disons de manière très claire, il faut aujourd'hui... Donc de déchirer leur carte d'adhérent ? Je leur dis pas de déchirer leur carte. Chacun est adhérent dans le parti politique qu'il souhaite à gauche. Et vous savez, moi, je n'ai pas d'ennemis dans les électeurs de gauche de ce pays. Mais c'est quand même

16:44
Invité

un acte fort de rester aujourd'hui adhérent de la France insoumise après les propos de Jean-Luc Mélenchon.

16:48
Pierre Jouvet

Mais vous savez, chacun sur le terrain aura à s'exprimer. Ils diront les choses et ils doivent dire les choses. Nous leur demandons de dire les choses de manière claire. Nous leur demandons de se désolidariser.

16:58
Présentateur

Mais est-ce que vous aussi, vous devez être clair, Pierre Jouvet, par exemple, Toulouse, ça paraît compliqué pour le PS de gagner sans la France insoumise. Est-ce que vous dites tant pis, on renonce à la victoire à Toulouse mais jamais on s'alliera avec la France insoumise ?

17:16
Pierre Jouvet

Moi, je dis une chose simple. Toulouse est une ville de droite depuis que Jean-Luc Moudinck est maire de Toulouse. Les Toulousaines et les Toulousains, ils veulent le changement. Le changement à Toulouse, il a un nom et un prénom. Il s'appelle François Briançon.

17:30
Présentateur

Mais qui ne peut pas gagner sans la France insoumise ? Est-ce qu'il y aura une alliance dans l'entre-deux-tours entre le PS et la France insoumise ?

17:36
Pierre Jouvet

Il ne s'est pas gagné. Il sera, je le souhaite, en tête de cette élection. Et ensuite, et ensuite, quand on sera au sortir de ce premier tour des élections municipales, je dis clairement à toutes les femmes et à tous les hommes de gauche à Toulouse de venir se mobiliser pour créer l'alternance pour François Briançon. Et si M. Picmal voulait se désolidariser des propos de Jean-Luc Mélenchon, s'il voulait dire un certain nombre de choses, et je lis des communiqués notamment qu'il peut faire, eh bien, nous verrons ce qu'il en est. Donc, vous n'excluz pas

18:09
Présentateur

une alliance, une fusion de liches

18:11
Pierre Jouvet

dans l'entre-deux-tours à Toulouse ? Ce que je n'exclus pas, c'est que les Toulousaines et les Toulousains veuillent l'alternance. Ce sont les électeurs qui décident. Mais est-ce que vous pouvez

18:19
Présentateur

nous dire clairement ce matin qu'il n'y aura jamais d'alliance dans l'entre-deux-tours entre le PS et la France insoumise ?

18:23
Pierre Jouvet

Ce que je vous dis aujourd'hui, c'est ce que nous avons rappelé hier, je crois que je l'ai rappelé avec beaucoup de fermeté et beaucoup de clarté sur votre plateau, nous disons qu'il ne peut y avoir d'accord entre le PS et la France insoumise. Déjà, il n'y aura pas d'accord au niveau national et qu'il ne peut pas y avoir d'accord et de gens qui sont sur nos listes au deuxième tour des élections municipales qui ne condamnent pas les propos de Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce qui n'est pas clair ? Je crois que c'est totalement clair. Donc, il n'y aura pas d'alliance, il n'y aura pas de fusion de listes. Mais c'est à chacun de ces insoumis de prendre leurs responsabilités.

On ne peut pas demander en permanence aux socialistes de prendre les responsabilités pour tous. Moi, je dis aujourd'hui que nous avons qualifié un certain nombre de choses et nous appelons nous appelons celles et ceux qui peuvent être interrogatifs, qui peuvent être un peu même abasourdis par les propos de celui qui est leur leader politique à s'en désolidariser. Ce n'est pas plus compliqué que ça. À s'en désolidariser. Donc, vous demandez parce qu'aujourd'hui je le répète et c'est important que nos téléspectateurs le comprennent. Jean-Luc Mélenchon, s'il est au deuxième tour d'une élection, c'est la meilleure chance de voir gagner l'extrême droite et de voir gagner la droite.

Quand vous avez en 2027 une élection présidentielle où vous avez un sondage hypothétique où vous sondez M. Mélenchon face à M. Bardella, le résultat c'est 75% pour Jordan Bardella, 25% pour Jean-Luc Mélenchon. Quand vous faisiez le même sondage il y a 10 ans, c'était le résultat inverse. Eh bien, nous disons aujourd'hui que nous devons créer cette alternative politique et que nous le faisons avec les socialistes, les écologistes, les communistes.

19:57
Présentateur

de se désolidariser de Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce que vous allez faire dans des villes comme Marseille où le candidat Sébastien Delogu est un très proche de Jean-Luc Mélenchon comme Paris où Sofia Chikirou est une très proche de Jean-Luc Mélenchon. Qu'est-ce que vous allez faire dans ces villes-là ?

20:10
Pierre Jouvet

Je crois qu'à Paris les choses sont extrêmement claires. Notre candidat Emmanuel Grégoire a été très clair sur le sujet. Quant à Marseille, Benoît Payan est aussi très clair. Que souhaiteront demain les dirigeants de la France insoumise ? Que la deuxième ville de ce pays, Marseille, que cette formidable ville ouverte sur le monde bascule dans les mains de l'extrême droite ? Eh bien, nous leur disons comme nous l'avons dit et comme nous en prenons l'engagement nous-mêmes. S'il y a un risque de voir l'extrême droite gagner dans une ville et que nous ne sommes pas en mesure, nous, socialistes, de la battre, alors nous nous désisterons et nous leur demandons de se désister.

À Paris, il n'y a pas de risque de l'extrême droite. Je vous parle de Marseille. À Nantes aussi.

20:45
Présentateur

À Nantes, Joana Roland, est-ce qu'elle peut gagner sans la France insoumise ?

20:46
Pierre Jouvet

Mais bien sûr. Mais enfin, on fait de la projection qui n'existe pas. Excusez-moi, je le répète, je suis toute la journée sur le terrain en lien avec mes candidats. Je regarde de manière très précise les sondages qui sont faits partout. Je le répète, on focalise un débat sur une formation politique qui fait entre 10 et 12% des voix dans chacun des sondages et qui, à l'échelle du pays, je le répète, ne va gagner aucune ville. Donc, ce matin, je lance un appel solennel à l'ensemble des femmes et des hommes de gauche, à l'ensemble des écologistes, des progressistes, des démocrates de ce pays au premier tour, partout en France.

Vous avez un bulletin de vote qui rassemble les socialistes, les écologistes, les communistes, places publiques, un certain nombre de formations politiques à faire bloc pour gagner partout dans le pays pour éviter la vague d'extrême droite parce que c'est d'abord ce que veut Marine Le Pen. C'est cette vague brune qui devrait déferler sur les municipales pour préparer la campagne des élections présidentielles. Eh bien, nous serons ce rempart et c'est ce que je veux pour soyons.

21:46
Invité

Oui, Bruno Retailleau, lui, a interdit les listes communes, RN, LR au premier tour. Le Parti socialiste ne l'a pas fait, pas officiellement. Pour quelles raisons ? Alors, Bruno Retailleau

21:57
Pierre Jouvet

est un menteur. Voyez cette liste ? Voyez cette liste ? Vous voulez que je vous la lise ? Vous voulez que je vous lise ? Bourg-en-Bresse, Colmar, Dreux. Vous voulez que je vous lise toute la liste ? Il n'a pas été suivi ? J'en ai 15 pages. Il n'a pas été suivi ? Mais officiellement, il a demandé...

22:13
Présentateur

Il y a des candidatures,

22:15
Pierre Jouvet

des listes communes ? Ce sont des listes communes qui mélangent des RN. Entre LR, entre LR, RN et l'UDR.

22:21
Invité

Mais il a demandé à ces candidats de ne pas faire de liste commune. Vous, vous ne l'avez pas.

22:25
Pierre Jouvet

C'est un mensonge. Parce que la différence, c'est que sur ces listes-là que je vous cite, les têtes de liste et les chefs de file sont soit LR, soit proches du RN. Dans les quelques exemples que la presse essaye de faire mousser où il y aurait soi-disant des accords entre le PS et la France Insoumise, ce sont des listes citoyennes dans lesquelles il y a tous les collectifs de gauche qui sont réunis et qui n'ont pas été des listes qui ont été validées par la Direction nationale du Parti Socialiste. Ce sont des listes locales. Vous vous rendez compte les villes dont je vous parle ? Bourg-en-Bresse ? Bourg-en-Bresse dans l'Ain. Je vais vous parler puisque c'est ma région.

Bourg-en-Bresse est l'air dans la région de M. Wauquiez dont il était président.

23:02
Invité

La candidate à Talens

23:03
Pierre Jouvet

qui n'est pas une petite ville est associée à LRF. À Bourg-en-Bresse, M. Retailleau qui fait des leçons matin, midi et soir fait donc un accord avec le parti d'Éric Zemmour et il vient nous donner des leçons. Mais moi, je n'ai pas besoin de leçons. Puisque vous le dénoncez à droite, pourquoi ne pas vous être plus... Parce qu'une fois encore, je ne tomberai pas dans ce piège. Et je le dis de manière très claire là aussi à toute la droite. Vous savez, la droite qui se dit républicaine. Quand il a fallu faire le barrage républicain en juillet 2024, M. Retailleau, M. Wauquiez et tous leurs amis, ils n'ont pas fait ce barrage républicain. Même quand c'était des candidats socialistes.

Quand il y a quelques mois, et vous connaissez puisque votre journal couvrait cette élection, quand il y a quelques mois dans l'ancienne circonscription de Valérie Rabot à Montauban, il y a eu un deuxième tour, un deuxième tour d'une élection législative partielle très clairement socialiste qui n'avait même pas fait d'accord avec LFI au premier ni au deuxième tour. Et qu'il fasse au Rassemblement national au deuxième tour, la droite républicaine n'a pas appelé à vous.

23:59
Présentateur

Et merci beaucoup. Merci Pierre Jouvet de votre invitation. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.