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interviewfranceculture.fr· 2 février 2021 4 min

Anne Hidalgo tentée par 2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Le billet politique, Frédéric Sey, c'est aujourd'hui que reprend le Conseil de Paris. Comme chaque mois, il sera bien sûr présidé par Anne Hidalgo.

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Anne Hidalgo

Pour combien de temps, la maire de Paris ne dissimule plus une légère envie de déménager, par exemple vers le 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré, l'adresse de l'Elysée ? Bien sûr, cette envie de candidature n'en est qu'à ses balbutiements, mais elle est assez sérieuse tout de même pour que ses proches aient fondé un mouvement politique baptisé « Idées en commun », celui-ci vise à recueillir les bonnes volontés et demain les financements au cas où la fusée décollerait, au cas où Anne Hidalgo se placerait dans l'orbite de la présidentielle. Pourtant, rien ne prédestinait Anne Hidalgo à s'imaginer candidate socialiste en 2022, et surtout pas elle-même.

Elle avait promis sur tous les tons que la présidentielle ne l'intéressait pas, par exemple ici, lorsqu'elle est interrogée, voilà plusieurs mois sur 2022, par Paul Larouturou dans l'émission « Quotidien ».

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Locuteur non identifié

Non, surtout pas, je considère qu'il y a un endroit où on peut agir aujourd'hui, qu'il y a un endroit très stratégique, c'est celui des villes. Vous remarquez, vous pouvez l'archiver, allez-y, vous verrez, je suis quelqu'un de très claire.

1:12
Anne Hidalgo

Et à l'époque, Anne Hidalgo était concentrée sur les élections municipales de 2020, et sur les Jeux olympiques de Paris 2024, elle se voyait mal affronter Emmanuel Macron, dont elle a besoin pour réussir ses Olympiades. Désormais, elle n'est donc plus aussi tranchée, ses amis élus ont soufflé qu'à gauche, les personnalités connues et dotées d'un bilan ne sont pas si nombreuses. Avec sa ligne écolo-socialiste à la mairie de Paris, elle pense pouvoir incarner l'épicentre de la gauche. Attention toutefois, les élus étiquetés trop parisiens s'exportent souvent mal, au-delà du périphérique. En 1995, avec Jacques Chirac, les Français ont moins choisi le maire de Paris que le député de Corrèze.

1:53
Présentateur

Ces derniers mois, Anne Hidalgo tente justement de se forger une stature nationale.

1:57
Anne Hidalgo

C'est vrai, elle ne craint pas de s'aventurer sur des sujets plus clivants, en affichant ses convictions sabreaux clairs, sur la laïcité ou sur l'emprise religieuse, par exemple. Elle ne l'ouvre pas, en plus de l'extrême droite traditionnelle. La maire de Paris, qui a connu au plus près les journées terribles des attentats de 2015, distingue aussi une extrême droite islamiste, tout aussi rétrograde, tout aussi fascinée par la violence, tout aussi haineuse des différences.

Elle ne le dit pas comme ça, bien sûr, mais quand sa fermeté sur ses questions suscite des remous chez ses alliés, elle replace son combat dans son histoire familiale, et cite l'Espagne de Franco, quittée avec sa famille au début des années 60 pour la France.

2:38
Présentateur

Le journal Le Monde raconte aussi comment la cuirasse s'est endurcie dans les cabinets ministériels.

2:43
Anne Hidalgo

Oui, d'abord inspectrice du travail, Anne Hidalgo devient une petite main au sein de l'équipe pléthorique de la ministre Martine Aubry, puis elle s'affirme, travaille et s'impose. Cela m'a donné une colonne vertébrale pour résister, confie-t-elle à la journaliste Sylvia Zappi, résister au machisme et aux mesquineries des appareils politiques. Alors, ni l'un ni l'autre n'ont disparu depuis, a fortiori pour qui prétend devenir la première présidente de la République. Cela dit, la suite n'est pas encore tracée, et jusqu'ici les sondages sont peu flatteurs, mais l'esquisse, l'ébauche de cette candidature en disent long, surtout sur la page blanche à laquelle se trouve confronté le PS.

Nul candidat n'émerge. Lors du dernier scrutin aux européennes, le parti s'était même rangé derrière une tête de liste non-socialiste, Raphaël Glucksmann du mouvement Place Publique. Alors, longtemps, c'est vrai, le parti de Jaurès, de Blum et de François Hollande a regorgé de candidats en tout genre. Désormais, plus personne ne se bat pour le fauteuil, qui ressemble moins à un trône qu'à un siège éjectable.