En Ukraine, un bus médicalisé pour rapatrier les blessés du front - Reportage #cdanslair 18.11.24
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
d'équiper un bus, un hôpital roulant qui se rapproche du front. - L'alerte vient d'être donnée. Une équipe de soignants est en route vers le front à bord d'un bus médical.
Un véritable hôpital roulant. - Je n'ai jamais l'esprit tranquille quand je monte dans ce bus. Je suis toujours inquiète.
J'espère qu'on n'aura pas trop de soldats blessés et que ce ne sera pas trop grave. - 30 minutes plus tard, les voilà arrivés au point de rendez-vous, un lieu tenu secret, à quelques kilomètres du front. - Ca va se passer comme ça.
Vous montez les blessés dans le bus et je contrôle leur état. - Les ambulances arrivent. Il faut faire vite. - Tu peux lui donner un comprimé?
Il a mal partout. - Donne-lui du paracétamol. - Le transfert est délicat.
Heureusement, le chauffeur est là pour les aider. Le blessé a perdu sa jambe au combat. - Attendez, je le tiens.
Doucement. - Vous avez un chargeur? - Bien sûr.
On démarre et je vous le donne. - Le voyage va durer une heure jusqu'à l'hôpital. Parmi la quinzaine de soldats blessés, certains nécessitent une attention constante. - Vous avez du mal à respirer? - A l'avant du bus, les soldats qui peuvent rester assis.
Personne ne se connaît, mais les histoires se ressemblent. - Notre unité se déplaçait dans la région de Donetsk. Il y a eu des tirs de mortier et j'ai été touché à la jambe. - Nous aussi, nous nous déplacions.
Nous avions besoin d'un point d'appui, mais un obus est arrivé. - La vie sur le front, c'est un mélange d'émotions et beaucoup de stress. On a aussi des moments plus réjouissants. - Oui, on a des moments de joie, quand on sort de la position et que tout le monde s'en est sorti. - Avant la guerre, cet homme travaillait dans le BTP, près de Kharkiv.
Cela fait 2 ans qu'il est au front. Il est blessé au ventre. - Le front, comment Vous expliquer...
C'est effrayant. Surtout les drones. Il y a des moments où on ne peut pas sortir de la tranchée.
On vit complètement sous terre. - La façon de faire la guerre a changé. Il y a beaucoup plus de drones de notre côté et du côté russe.
Ce qui change pour nous, médecins, c'est le type de blessures. Avec des frappes directes de drones, on a beaucoup plus de blessés à soigner. - A bord du bus des blessés, tout juste évacués du front, les soldats sont fatigués, sonnés.
Quel que soit leur âge Ou leur fonction, ils pensent la même chose: ni pardon ni concession. - Les négociations ne pourront commencer que quand les Russes auront quitté tous nos territoires. L'avantage avec l'opération de Koursk, c'est qu'on a des prisonniers de guerre à échanger.
Il nous faut des armes à longue portée. - Le plus jeune a 26 ans. Un drone l'a blessé au bras et à la jambe, un mois tout juste après avoir rejoint le front. - Je pense à ma mère, qui me manque.
J'ai envie de la voir. Oui, l'ennemi avance. Ils ont l'avantage en hommes et en armes, mais ils manquent de motivation. 1 seul de nos gars peut se battre contre 10 Russes. - Les espoirs d'un jeune garçon et, déjà, la fin du voyage...
Les blessés ont tous été stabilisés. Ils vont passer la nuit à l'hôpital. - C.Roux: On entendait cette phrase: "1 seul de nos gars peut se battre contre 10 Russes." Ils savent pourquoi ils y vont.
Ils ont encore la motivation. - A.Pirot: Je reste convaincu que cette idée de capitulation n'est pas du tout dans les esprits après 2 ans sur la ligne de front.
Et il faut voir les conditions sur la ligne de front: dans la boue et dans le froid...
Ca montre une résilience. La résilience est aussi du côté russe, avec une différence qui fait écho à la mobilisation. On rafle les gens en Russie pour les envoyer sur la ligne de front.
C'est la réalité. On ne le dit pas assez. J'ai une histoire de gens qui n'ont pas vu arriver un colis un matin.
Ils sont allés à l'entrepôt et tout le monde a été raflé. Ce qui fait la différence, c'est le nombre d'hommes envoyés en pure perte tous les jours sur la ligne de front russe. - C.Roux: Il y a plus de pertes du côté russe? - A.Pirot: 1500 soldats par jour.
C'est inimaginable d'un point de vue occidental. C'est leur capacité à tenir dans le temps qui est très impressionnante... - B.Tertrais: Mais qui n'est pas illimitée non plus. - D.Filippova: Cela rappelle ce qui se passe sur le front russe...
La différence de traitement entre la Russie et l'Ukraine vis-à-vis de la valeur humaine. En Russie, les hommes ne valent rien. Ce sont des bataillons qu'on envoie comme dans les premiers temps de la Première Guerre mondiale et ce n'est pas grave.
C'est la même chose pour les blessés. Il y a cette idée qu'on les achète. C'est la logique de V.Poutine: acheter des familles, des gens morts.
Et puis, il y a la répression, la force et la violence qui se déploient. Finalement, V.Poutine se dit que tout le pays est mobilisable s'il le faut. - I.Lasserre: Plus que ça.
L'aide apportée par les amis de V.Poutine, comme l'Iran, la Chine et la Corée du Nord, est aujourd'hui plus rapide et même plus importante que l'aide apportée par les alliés de l'Ukraine. On avait promis 800 000 obus à l'Ukraine.
On en a livré 500 000. Finalement, seulement 350 000 ont pu être utilisés. Ils n'étaient pas tous adaptés.
Pendant ce temps, la Chine a livré 1,8 million d'obus à la Russie, paraît-il. - A.Pirot: Non, la Corée du Nord, plutôt. - I.Lasserre: Non, la Chine.
La Corée du Nord en a livré plus que ça. La morale de l'histoire, c'est que les alliés de l'autocrate V.Poutine, qui n'ont pas de comptes à rendre à leur population, peuvent aujourd'hui engager sur le terrain jusqu'à 10 000 hommes nord-coréens.
Peut-être que dans 2 mois, on verra 70 000 ou 90 000 hommes nord-coréens pour suppléer aux forces russes. C'est la différence. C'est terrible. - C.Roux: Selon l'agence Bloomberg, il pourrait y avoir 100 000 hommes nord-coréens qui débarqueraient sur le terrain. - B.Tertrais: Le gros avantage de la Corée du Nord, c'est qu'elle a une population qui est une armée et inversement.
Seulement, elle ne sait pas se battre. Elle va apprendre. Elle est mobilisable.
Ce n'est peut-être pas simple. Apprendre à aller se battre à l'étranger, sur un continent qu'ils ne connaissent pas
Bernard Soulage