Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 31 mars 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueSantéEurope & internationalInstitutions & élections

Axel Kahn très remonté contre Emmanuel Macron - C à Vous - 31/03/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:41OuverteÉludée

    Je sais que vous êtes critique à l'égard d'Emmanuel Macron, Axel Kahn.

  • 4:51OuverteÉludée

    Mais lorsque vous voyez que pour tous les chefs d'État, cette pandémie est compliquée à gérer, est-ce que vous êtes un peu plus indulgent avec le président Macron ?

  • 5:28OuverteRéponse directe

    Mais vous critiquez les décisions sanitaires prises depuis un an, et notamment la décision de ne pas reconfiner fin janvier, la pire des décisions.

  • 7:32RelanceRéponse partielle

    Si le conseil scientifique l'avait recommandé.

  • 8:52OuverteRéponse directe

    Éric Piolle, vous êtes d'accord, je vous vois opiner du chef. Il aurait fallu écouter le conseil scientifique qui recommandait un reconfinement en janvier.

  • 9:08OuverteRéponse directe

    Pourtant, on a tellement reproché au président de laisser le pouvoir aux scientifiques.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:49Invité politiqueFait
    « Mais ça, ce n'est pas possible lorsque le taux de circulation virale est trop élevé. »
  • 6:03Invité politiqueFait
    « Et il faut d'abord le baisser, vraiment beaucoup, à un taux d'incidence au maximum de 50, moins de 5000 personnes contaminées chaque jour. »
  • 6:48Invité politiqueChiffre
    « Il devait être à 11 000, 12 000 vers le 8 janvier. »
  • 8:06Invité politiqueChiffre
    « être confiné lorsque le taux de circulation virale nous amène à plus de 40 000 contaminations par jour. 50 000 bientôt. »
  • 8:35Invité politiqueFait
    « C'est-à-dire de tension hospitalière qui a laissé énormément de dégâts, notamment, évidemment, je suis dans mon job, pour ce qui concerne les personnes malades du cancer. »
  • 10:18InvitéChiffre
    « C'est quand même à peu près, c'est l'équivalent de 30 000 personnes de plus qu'en Allemagne. »
  • 14:43Invité politiqueFait
    « Majoritairement, c'est vraiment à l'intérieur. Majoritairement, c'est les écoles, c'est les métros, c'est les ateliers où il y a encore du présentiel insuffisamment trahéré. »
  • 15:22Invité politiqueFait
    « C'est l'inertie du système. L'inertie, tout d'abord, de l'évolution épidémique, le décalage de 15 jours à 3 semaines entre les mesures frénatrices et les premiers effets des mesures frénatrices. »
  • 21:31Invité politiqueFait
    « La France est dans les trois pays d'Europe les plus gravement contaminés où le virus circule le plus. »
  • 22:05Invité politiqueFait
    « Qu'est-ce qui s'est passé ? Pour que d'un seul coup, on se retrouve dans cette situation où il y a 42, 43 000 contaminations, des réanimations qui sont dépassées. »
  • 22:44Invité politiqueChiffre
    « sur le nombre de morts, 10 000 morts. »
  • 23:47InvitéChiffre
    « nous avons 30 000 morts de plus qu'en Allemagne. »
  • 23:53InvitéChiffre
    « Nous avons à peu près, à peine moins, de nombre de morts qu'au Brésil. »

Temps de parole

  • Emmanuel Macron41 %
  • Invité22 %
  • Invité 215 %
  • Présentateur10 %
  • Locuteur 25 %
  • Locuteur 42 %

5,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

La question du jour, et c'est celle que pose Plantu pour son dernier dessin à la une du monde avant l'acquis. Qu'allez-vous annoncer, Monsieur le Président ? Si seulement je savais, répond Emmanuel Macron en se prenant la tête entre les mains. Une prise de parole très attendue dans un peu moins d'une heure. Un président français sur la défensive, son action et sa stratégie très contestée, mais il n'est pas le seul chef d'État à être malmené par la crise, Patrick.

0:23
Invité

Non, même si nulle part la défiance est aussi forte qu'en France, partout les décisions sont critiquées, contestées, parfois bafouées. Dans tous les pays, un grand nombre de citoyens pensent qu'on aurait pu faire mieux. L'Allemagne, d'Angela Merkel, est le cadre du retournement le plus spectaculaire. Il y a quelques mois encore, la chancelière était érigée en modèle de bonne gouvernance en temps d'épidémie. Aujourd'hui, à quelques mois de la retraite, elle connaît l'une des pires crises politiques de ces 15 années à la tête de l'Allemagne. Campagne de vaccination trop lente, au même niveau qu'en France. Restrictions trop longues depuis la mi-décembre.

Brat de fer avec les lenders, volte-face et mea culpa sur un quasi-confinement pendant la période de Pâques. Résultat, le camp conservateur qui a perdu 10 points dans les sondages en trois mois n'est plus du tout assuré de remporter les législatives du 26 septembre.

1:08
Locuteur 3

Angela Merkel et les conservateurs talonnés par les Verts dans les sondages qui n'a plus que quelques mois pour rebondir.

1:34
Présentateur

En Grande-Bretagne, en revanche, Boris Johnson triomphe.

1:37
Invité

Oui, même si le pays est le plus endeuillé d'Europe, 126 000 morts. Johnson plastrone avec ses 30 millions de vaccinés alors que l'injonction de rester à la maison vient d'être levée. Et chez Boris, le triomphe n'est jamais modeste.

2:04
Locuteur 1

And I renew my thanks and admiration for the incredible work of our NHS, our GPs, our nurses, our health care workers of all kind.

2:12
Invité

Boris Johnson qui attend la réouverture des coiffeurs le 12 avril et qui le montre. Vous avez vu l'image. Mais ce succès masque en réalité, et ça on vient de le découvrir, un fiasco industriel, celui du vaccin maison créé par Oxford et produit par AstraZeneca. Les chiffres viennent d'être dévoilés par la Commission européenne. 7 à 8 millions de doses d'AstraZeneca seulement sont sorties des usines britanniques, beaucoup moins que prévues et un quart de ce qui a été injecté au Royaume-Uni. Ce qui veut dire que Londres a importé les trois quarts de ses vaccins. 5 millions depuis l'Inde et 21 millions produits en Europe des vaccins Pfizer pour l'essentiel.

Contrairement à ce que dit Johnson, il n'y a pas de souveraineté vaccinale britannique. Sans l'Union européenne, la Grande-Bretagne serait dans les choux. Et désormais, les Britanniques sont complètement dépendants de l'Europe. Pour les deuxièmes doses attendues par des millions de Britanniques, plus de 25 millions, puisqu'ils ont vacciné en masse avec des premières doses. Les 30 millions, c'est des premières doses. Et pour l'instant, ces doses, ils ne les ont pas. Johnson va jouer une partie très serrée.

3:15
Présentateur

Aux Etats-Unis, enfin, une révélation sur la gestion de Trump.

3:17
Invité

Oui, Trump a été un président de crise épouvantable. Ça, tout le monde le sait. Mais chacun lui reconnaît, c'est dit très souvent dans le débat public, le mérite d'avoir lancé le grand plan de développement vaccinal, l'opération Warm Speed, et d'avoir mis tous les fonds sur la table. Eh bien là, le docteur Anthony Fossi, qui était la bête noire de Trump, vous savez, ce virologue mondialement réputé, qui est devenu le conseiller de Biden, a mis les choses au point il y a quelques jours, dans une interview à CNN. Il dit que c'est lui, et pas Trump, qui a décidé, en janvier, de lancer l'opération vaccin.

3:50
Locuteur 4

La meilleure décision que j'ai jamais prise, dit Fossi, ça a été pas mal commenté aux Etats-Unis.

4:17
Invité

Il dit Trump, dans un communiqué le lendemain, il a aussitôt traité de menteur, mais en matière de mensonges...

4:23
Présentateur

C'est le premier, c'est celui qui dit qui est, non ?

4:25
Invité

Qui est le plus fort et qui croire ?

4:27
Présentateur

C'est plutôt Donald Trump. Merci Patrick. Bonsoir Axel Kahn.

4:30
Emmanuel Macron

Bonsoir Annelise Elisabeth, comment allez-vous ?

4:32
Présentateur

Je vais très bien, président de la Ligue nationale contre le cancer, à vos côtés Éric Piolle. Maire Europe Écologie Les Verts de Grenoble, merci à tous les deux de votre présence. Je sais que vous êtes critique à l'égard d'Emmanuel Macron, Axel Kahn. Vous lui reprochez de ne pas avoir été fidèle à lui-même, d'avoir adopté fin janvier en ne reconfinant pas la pire des stratégies. Mais lorsque vous voyez que pour tous les chefs d'État, cette pandémie est compliquée à gérer, est-ce que vous êtes un peu plus indulgent avec le président Macron ?

5:02
Emmanuel Macron

Tout d'abord, je ne suis pas critique envers le président Macron. Je suis totalement neutre par rapport au président Macron. Et d'ailleurs, et en tant qu'Axel Kahn, et en tant évidemment que président de la Ligue. Ce que je commente, ce sont des décisions politiques, et c'est normal que ce soit des décisions politiques, mais dans le domaine sanitaire, et je ne fais que commenter les conséquences sanitaires. Et comme je le dis, quand je fais cela, je suis totalement dans mon rôle. Je ne fais nullement de politique.

5:28
Présentateur

Mais vous critiquez les décisions sanitaires prises depuis un an, et notamment la décision de ne pas reconfiner fin janvier, la pire des décisions.

5:37
Emmanuel Macron

Oui, en effet, parce que vous savez, on parle souvent de la possibilité de maintenir un bas niveau de circulation virale grâce à la triade du tester, tracer, isoler, protéger. Mais ça, ce n'est pas possible lorsque le taux de circulation virale est trop élevé. Et il faut d'abord le baisser, vraiment beaucoup, à un taux d'incidence au maximum de 50, moins de 5000 personnes contaminées chaque jour, en tout cas. Et c'est ce que le président Emmanuel Macron, dans sa grande sagesse d'ailleurs, nous avait annoncé à la fin octobre. Et moi, comme je suis extrêmement différent envers le président de la République, j'ai été heureux que le président de la République fasse preuve de cette sagesse.

Et il a été obligé, évidemment, de dire que l'on pouvait redéconfiner le 8 décembre, je crois me le rappeler. Pour les fêtes de fin d'année. Mais c'était normal, parce qu'il fallait bien que les activités de Noël puissent se dérouler. Activités commerciales, activités économiques, festives, religieuses, tout ce que vous voulez. Donc c'était normal. Et puis, après, on avait fait la fête modérément, pas trop, on a été raisonnable. Et le taux de contamination, qui était autour de 10 000 le 8 décembre, n'avait pas monté beaucoup. Il devait être à 11 000, 12 000 vers le 8 janvier. Et j'étais comme tout le monde, et comme vous, je suis sûr.

C'est-à-dire, comme le président Macron a eu une très très belle vision, eh bien, il va reprendre le boulot là où il l'avait laissé. C'est-à-dire, maintenant, il n'y a plus beaucoup de choses à faire. Confiné. Voilà, on finit le job. Et il n'y avait pas grand-chose à faire. Et puis, en plus, entre vous et moi, quitte à être un peu confiné, personne n'aimait confiné, c'est dégueulasse d'être confiné.

7:11
Présentateur

C'est mieux au mois de janvier qu'au mois de mars.

7:12
Emmanuel Macron

C'est mieux au mois de janvier que à Pâques. Mais c'est plus facile à dire à Pâques qu'au mois de janvier. Ça, c'est pas sûr. Tout le monde... Non, Patrick, quand on a la chine, je suis... Ça marche, ça nous arrive, hein. Je vais vous dire. Je ne suis pas du tout d'accord avec vous. Parce qu'au mois de janvier, pratiquement, tout le monde s'attendait à ce qu'on finisse le boulot. Mais personne ne le voulait, pardon.

7:32
Présentateur

Si le conseil scientifique l'avait recommandé.

7:34
Emmanuel Macron

Non, non, non, mais dans le débat public, pardon. J'entends aujourd'hui dans le débat public des gens qui demandent qu'il ne l'aurait fallu, mais qu'il ne l'aurait pas le 26 janvier. Personne ne demande d'être confiné, voyons, écoutez Patrick Cohen. Mais à ce moment-là, les gens l'attendaient tellement. Et on était tellement dans la fin d'un job que j'en suis totalement persuadé.

7:54
Présentateur

Ça aurait été mieux accepté, mieux coloré, mieux appliqué.

7:57
Emmanuel Macron

Je le dis, et cela est vrai pour moi, ça ne plaît à personne d'être confiné. Encore moins d'être confiné au printemps, naturellement. Cela étant dit, être confiné lorsque le taux de circulation virale nous amène à plus de 40 000 contaminations par jour. 50 000 bientôt. Si on veut descendre à ce fameux chiffre, et ça c'est indispensable, c'est plus difficile, c'est plus long que si on part de 12 000. C'est évident, il n'y avait pas grand chose à faire. Et à partir de là, on pouvait tenir durant tout le mois de février, et on n'allait pas vivre toute cette période avec un taux très élevé de circulation virale.

C'est-à-dire de tension hospitalière qui a laissé énormément de dégâts, notamment, évidemment, je suis dans mon job, pour ce qui concerne les personnes malades du cancer.

8:46
Présentateur

Dont les retards de diagnostic et d'intervention.

8:49
Emmanuel Macron

Voilà, retard de diagnostic en permanence, infection à l'hôpital, etc.

8:52
Présentateur

Éric Piolle, vous êtes d'accord, je vous vois opiner du chef. Il aurait fallu écouter le conseil scientifique qui recommandait un reconfinement en janvier. Pourtant, on a tellement reproché au président de laisser le pouvoir aux scientifiques.

9:08
Invité

Il l'a laissé pendant un temps, et puis il n'a plus écouté la science.

9:12
Présentateur

Parce qu'on lui a tellement reproché de n'écouter que la science.

9:14
Invité

Ce qui m'a frappé, c'est que dès le début octobre, en fait, on s'est écarté de la science. Moi, j'ai fait une réunion absolument hallucinante avec le Premier ministre et les ministres de la Santé, où le ministre de la Santé nous disait, début octobre, c'était le 1er octobre, c'est cuit, donc il faut agir. Et où le Premier ministre nous a dit, vous avez 15 jours pour vous reprendre. On a dit, mais pour nous reprendre, on n'est pas des écoliers qui n'auront pas bien révisé nos travaux de maths. Donc cette perte de temps a été forte. Et je suis d'accord avec le professeur Axel Kahn.

Le président de la République avait fixé un objectif à la France avec ses 5000 contaminations, celles qui permettent d'écraser suffisamment la courbe de contamination pour en reprendre le contrôle, aller vers ce que nous demandions, nous, élus locaux, des confinements locaux brutaux dès le début, même si personne n'aime être confiné. Mais il a relâché cet objectif. Je croyais aussi, moi, qu'il allait reconfiner en janvier. On avait même fait des petits paris, là, en se disant, ben voilà, il va rouvrir en début novembre. Ce n'est pas drôle parce qu'il y a 100 000 personnes qui sont mortes. C'est quand même à peu près, c'est l'équivalent de 30 000 personnes de plus qu'en Allemagne.

Vers le 15 avril, il y aura 100 000 mortes. Mais nous avons comme ça dit, ben tiens, il va rouvrir le 15 décembre pour permettre, effectivement, les fêtes de Noël et reconfiner début janvier. Ça n'est jamais arrivé. Et l'autre chose qui me frappe, c'est qu'on a entendu la chancelière qui dit, ben on s'est planté. Il faut agir avec humilité. C'est la première fois que l'Europe occidentale subit une épidémie comme ça. Donc il faut agir avec toute humilité. Mais là où la chancelière dit, on s'est planté, nous, il nous dit, ben non, pas du tout. Et il ment sur ce que lui ont dit le conseil scientifique puisqu'on a les vidéos.

Ben oui, parce qu'en janvier, tout le monde disait, les messages, on a encore les enregistrements, il suffit de les ressortir. Certains ont fait des montages en disant, si on ne reconfine pas maintenant, ça sera une explosion en mars. Et lui, il nous dit, non, non, j'ai aucun remords. J'ai aucun remords en mars. D'ailleurs, il n'y a rien eu en février.

11:12
Présentateur

Un début de mea culpa a été amorcé aujourd'hui par le porte-parole du gouvernement. On écoute.

11:17
Locuteur 5

On a toujours regardé avec lucidité et humilité la gestion de cette épidémie. Il y a des choses qui ont été réussies. Il y a des points qui l'ont moins été. Il y a eu des erreurs, probablement. Je crois que l'important, c'est de le reconnaître. Et encore, il y a quelques jours ou quelques semaines, vous vous souvenez d'un épisode autour de l'attestation, c'est reconnaître quand il y a des choses qui ne vont pas. Pour le reste, je veux rappeler que cette pandémie, c'est un drame mondial.

11:45
Présentateur

Début de mea culpa. Vous en attendez un ce soir de la part du président Macron ?

11:49
Invité

J'attends surtout de comprendre ce qu'il nous raconte. Parce que les dernières interventions, honnêtement, je crois qu'il n'y a pas grand monde qui comprenait grand-chose au message qui était envoyé par le Premier ministre lors des dernières décisions. Donc, on attend d'avoir des décisions claires, effectivement. Et je pense que nous gagnerons tous. Cette épidémie est la première qui nous touche. Mais on peut penser que ce n'est pas la dernière.

Donc, nous devons agir pour nous préparer, être plus forts pour la suite, tirer des leçons du manque d'anticipation, tirer des leçons de cette décision purement jupitérienne où un seul homme décide de tout, et voir comment on peut être plus fort la prochaine fois. D'abord, pour celle-là, parce qu'on ne sait pas, on peut être repris par d'autres variants. Il peut se passer beaucoup, beaucoup de choses. On peut avoir des variants qui touchent sur des formes graves, plus les jeunes. On peut découvrir qu'il y a des séquelles longues. On a encore une incertitude scientifique forte sur cette maladie.

On peut se réjouir quand même de l'effort mondial scientifique qui a été fait avec la production de vaccins dans un temps extrêmement court. Mais par contre, nous devons apprendre de cela.

12:51
Présentateur

Patrick ?

12:51
Invité

Ce schéma jupitérien que vous critiquez a raison, c'est mon point de vue. D'une certaine façon, vous vous y inscrivez dans ces discours qui laissent entendre que le gouvernement, les pouvoirs publics ont la maîtrise complète de l'épidémie, qu'il suffirait d'actionner sur un levier, sur une décision pour faire baisser les courbes, etc. Alors que, contrairement à la foudre, pour parler de Jupiter, le virus ne tombe pas du ciel. Il est le produit des interactions sociales, des comportements de chacun, des attitudes. On va peut-être parler de ce qui s'est passé hier soir à Lyon ou à Lille avec ces fêtes sauvages.

Et donc, il y a un problème sans doute de communication entre le pouvoir et les citoyens, mais aussi un problème de comportement individuel et collectif qui est rarement pris en compte, je trouve, dans les débats qu'on a sur les décisions à prendre au moment. Depuis le printemps dernier, je demande, moi, à ce qu'on prenne, on embauche des milliers de personnes comme ça a pu être fait en Corée, pour faire de la santé communautaire. Nous devons identifier les personnes qui étaient à risque, nous devons passer par cette santé de bouche à oreille. Je ne parle pas de ça, je parle d'un stade de la contamination.

En fait, le problème là, c'est qu'on est dans une décision qui est purement administrative. Du coup, au bout d'un moment, cette décision purement administrative, quand elle n'est pas comprise, les gens font n'importe quoi.

14:11
Présentateur

Vous pensez qu'elle n'était pas comprise, la décision ? Ou elle n'était pas acceptée ? Ce n'est pas tout à fait pareil. Elle n'était pas très comprise.

14:16
Invité

C'est comme quand le Premier ministre, cet automne, a décidé de fermer les bars sans mettre de couvre-feu. On lui a dit, en fait, fermer les bars sans mettre de couvre-feu, c'est autant transformer l'ensemble des appartements de la ville en bars géants. Quand il y a des fêtards dans les parcs, c'est parce qu'ils n'ont pas compris les interdictions ? Non, non, c'est parce que la décision administrative, au bout d'un moment, elle est incompréhensible, elle est inacceptable.

14:37
Emmanuel Macron

Il y a une lassitude claire et un rejet.

14:40
Présentateur

Axel Kahn.

14:40
Emmanuel Macron

On sait où sont les contaminations. Majoritairement, c'est vraiment à l'intérieur. Majoritairement, c'est les écoles, c'est les métros, c'est les ateliers où il y a encore du présentiel insuffisamment trahéré. Les cantines d'entreprise. Il y en a très peu, pratiquement, c'est moins de 10% à l'extérieur. Mais n'empêche qu'il faut l'éviter. Mais je voudrais reprendre ce que vient de dire Patrick Cohen, parce que sur un point, il a raison, c'est-à-dire que celui qui mène la danse, c'est SARS-CoV-2, c'est le virus. Mais sur un autre point, il n'a pas raison. Car il y a des points, en revanche, où l'on sait très bien ce qui va se passer, où il n'y a strictement aucune incertitude.

Et ça, c'est deux points. C'est l'inertie du système. L'inertie, tout d'abord, de l'évolution épidémique, le décalage de 15 jours à 3 semaines entre les mesures frénatrices et les premiers effets des mesures frénatrices, cela veut dire qu'on ne prend pas des mesures frénatrices rigoureuses, alors qu'on est déjà dans une situation qui est en région, Île-de-France et ailleurs, extrêmement tendue. Et c'est déjà très difficile, ça va être terrible en région Île-de-France, car si même, à travers la parole jupitérienne, voilà le SARS-CoV-2, obéit à Jupiter, et il ne contamine plus personne. Et donc demain, contamination zéro. C'est les gens qui obéissent ou pas, mais pas le virus.

Il y a des mesures, vous comprenez ce que je veux dire. Ça continuera de s'aggraver dans les réanimations pendant 15 à 18 jours. L'autre chose, puisque la vaccination, et vous savez, vous m'avez invité pour parler de cela au mois de janvier, vous savez combien j'ai milité pour la vaccination. Mais évidemment, autre inertie. Il y a un décalage qu'on commence à très bien connaître entre la vaccination et les premiers effets protecteurs populationnels de la vaccination. C'est-à-dire qu'il y a une incertitude. Il y a des éléments qui sont très connus lorsqu'une nouvelle souche, plus virulente et surtout plus infectieuse apparaît.

On sait qu'elle ne peut pas faire autrement que remplacer la souche antérieure moins infectieuse. Ça, c'est certain. Tous les éléments d'inertie, c'est certain. Et donc, dans ces éléments de certitude, à travers cet océan d'incertitude, on peut néanmoins avoir le voie d'une politique, je crois, d'une décision sanitaire nettement plus sage que ce qui a été fait.

17:08
Présentateur

Juste sur les décisions possibles, trois semaines de vacances scolaires, c'est-à-dire que les... Oui, ça, vous savez,

17:17
Emmanuel Macron

j'ai demandé, d'autres l'ont demandé. Il faut... On avance de 15 jours. Les vacances. Ça, il n'y a aucun problème. Avancez les vacances scolaires. S'il ne fait que cela... Ça ne suffira pas ? Je le crains. D'abord, il faut bien comprendre. Moi, j'espère que tout suffira. Vraiment, j'espère que... Mais si vous me demandez maintenant en tant que spécialiste ce qu'il me semble. Je crois que cela, ça sera important, que ça sera freinateur, mais je crois que ça ne suffira pas. Pour freiner véritablement, il faut faire autre chose. Donc, il va y avoir, dit-on, je ne le sais pas, mais une plus grande interruption des relations entre régions, entre départements.

17:53
Présentateur

L'imitation des déplacements

17:54
Emmanuel Macron

entre départements envisagés sur tout le territoire. Ça, c'est une bonne décision, mais pas pour la région Île-de-France, car comme de toute façon, la région Île-de-France est la plus contamine de toutes, les gens qui arrivent en Île-de-France, ce n'est pas ça qui va augmenter. La contamination en Île-de-France. S'il n'y a pas également une frénation en regardant ces endroits qui sont des endroits clos, où il y a des personnes, les ateliers en présentiel, qui ne sont pas totalement indispensables, vitaux pour la survie de la nation. Les transports en commun, ce sont des éléments qui sont importants.

Je propose également qu'il y ait, en fait, une extériorisation généralisée de toutes les activités économiques qui peuvent être externalisées. pour le commerce, à l'extérieur. Pour le commerce, par exemple. À l'extérieur, c'est-à-dire qu'on peut innover. Et vous avez même sourire. Pour aller plus loin, moi, je l'ai pratiqué dans le temps et je suis sûre que c'est possible. Après les vacances de Pâques prolongées, on peut essayer de réintroduire la notion, si les choses ne sont pas encore stabilisées, de la déambulation pédagogique. C'est-à-dire qu'on emmène les gamins, on fait classe également. Il ne faut pas qu'on soit toujours tout seul.

Mais dehors, en se baladant éventuellement, tout ça, c'est possible. Il faut innover. On ne peut pas simplement fermer les écoles, les mettre en vacances. C'est indispensable. C'est une bonne solution. Voilà quelques pistes. Mais sans doute, je ne serai pas occupé. Et la prochaine fois que vous m'inviterez, Patrick Cohen pourra se gausser de ce que je n'ai pas été écouté.

19:20
Locuteur 8

Puisqu'on parle des écoles et de vaccination, Pfizer a bien choisi son jour pour annoncer que son vaccin était efficace à 100% chez les 12-15 ans. Il faudrait donc vacciner les plus jeunes le plus vite possible. Et je suppose, Éric Piolle, que vous êtes favorable aussi à une vaccination des enseignants. Oui.

19:38
Invité

Ce que nous disons, ce que tout le monde dit, c'est que les écoles doivent être les dernières choses à fermer et les premières choses à ouvrir. Donc, ça semble logique de proposer aux enseignants des vaccins le plus rapidement possible.

19:50
Présentateur

Vous les fermez tous sauf les écoles, en gros ?

19:52
Invité

Non, non, parce que je pense que maintenant, on n'a plus le choix. Il faut aussi fermer les écoles. De toute façon, elles se ferment à cause des contaminations. Oui, c'est vrai que c'est vrai. C'est vrai que c'est vrai que c'est vrai.

19:58
Présentateur

C'est le cas à Grenade parce qu'à Paris, il y en a 850 à peu près. Il y en a 850 à peu près. Il y en a 850 à peu près.

20:01
Invité

Il y en a 850 à peu près. Et après, on a des classes ici ou là. Pour l'instant, le virus circule moins qu'ailleurs. Mais c'est inexorable. Ça va continuer à s'étendre. Donc, maintenant, il n'y a plus le choix. Mais par contre, c'est la première chose à rouvrir, la dernière chose à fermer. Donc, effectivement, il faut proposer des vaccins aux enseignants. Et voilà, c'est des résultats intéressants quand même que donnent ces vaccins.

20:23
Locuteur 2

Patrick parlait à un instant de nos voisins ces derniers jours. Plusieurs États européens ont pris la décision de durcir l'accès à leur territoire aux ressortissants français afin de limiter, évidemment, la circulation du Covid. Quelques exemples. À partir de demain, tout voyageur en provenance de France se rendant au Portugal. Babette devra respecter une période d'isolement de 14 jours à son domicile ou dans un établissement désigné par les autorités. Les voyageurs français ne pourront plus se déplacer dans le pays sauf motif essentiel et auront l'obligation de présenter un résultat négatif de tests PCR datant de moins de 72 heures.

Les autorités germaniques, elles, ont annoncé un renforcement des contrôles autour des frontières terrestres, notamment avec la France. Tests négatifs, là encore de moins de 48 heures, enregistrements électroniques auprès des autorités sanitaires allemandes seront vérifiés en plus d'une quarantaine de 10 jours. Tandis que le Royaume-Uni, comme annoncé mercredi, pourrait placer la France sur une liste rouge qui correspond aux pays pour lesquels les entrées sont surveillées. Si cette mesure est effective, alors l'accès au territoire ne sera plus accessible à moins d'avoir la nationalité britannique ou le statut de résident.

Axel Kahn, en quelques jours, est-ce qu'on est devenu le mauvais élève de l'Europe ?

21:29
Emmanuel Macron

Vous regardez les chiffres. La France est dans les trois pays d'Europe les plus gravement contaminés où le virus circule le plus. C'est très étonnant, car ça n'aurait pas dû être cela. Je veux dire, toute la politique antérieure de la France ne nous prédisposait pas à cela. J'ai entendu Angela Merkel. Elle a eu raison. C'est-à-dire que le pic principal de l'épidémie de la deuxième vague en Allemagne, ça a été en janvier, alors que nous, on était plutôt plus bas. Parce qu'on avait été beaucoup plus sages que l'Allemagne. On avait restreint, en l'occurrence, effectivement, confiné avant. Jusqu'à présent, on a été relativement sages. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Pour que d'un seul coup, on se retrouve dans cette situation où il y a 42, 43 000 contaminations, des réanimations qui sont dépassées avec pas la possibilité, cette fois-ci, d'appeler du renfort. Parce que les équipes sont totalement épuisées, parce que de toute façon, tous les territoires sont soit atteints, soit s'apprêtent à être atteints. Donc, une situation qui est incroyablement tendue. Le président de la Ligue, j'en ai donné quelques exemples dans une autre interview ce matin, celle que vous avez regardée sous votre douche. J'ai écouté.

22:40
Présentateur

Sur France Info,

22:42
Emmanuel Macron

sur le nombre de morts, 10 000 morts. Mais des cas. C'est-à-dire que la personne qui doit se faire opérer d'un cancer du pancréas, opérable, trois jours après et qu'il va rentrer à l'hôpital, coup de téléphone. J'avais dit que c'était à Bordeaux, c'est en région Île-de-France. On la décommande. La personne qui a un cancer du sein, relativement de petit stade, mais on sait très bien que plus l'opération est rapide et plus c'est important, on la décommande. La totalité de la chirurgie réparatrice. On peut vivre dans un corps profondément altéré, mais on peut ne pas le supporter. Ça peut être intolérable. Ça peut être une prison, une torture effroyable.

Ces gens-là qui sont dans l'espérance de voir réparer ce corps qui a été dégradé par une chirurgie carcinologique qui ne supporte plus l'encar, tout cela est annulé. C'est-à-dire que derrière ce dont on parle, les politiques, les chiffres, il faut se rendre compte de ce qu'il y a de détresse, de perturbation de la part des personnes.

23:43
Présentateur

Il faut conclure. Il faut conclure, Eric Köln.

23:45
Invité

On veut dire quand même que nous nous gossons, nous sommes gossés jusqu'à présent de notre situation, mais à proportion égale, nous avons 30 000 morts de plus qu'en Allemagne. Nous avons à peu près, à peine moins, de nombre de morts qu'au Brésil. Le Brésil, dans notre tête à tous, c'est Bolsonaro, c'est n'importe quoi. Aujourd'hui, la France, on est à peu près à ce ratio-là.

24:02
Présentateur

100 000 morts autour de l'avril.

24:04
Invité

Donc là, il y a vraiment des décisions à prendre. Ce qui est fait, est fait. Mais nous avons maintenant besoin de faire redescendre cette épidémie à 5 000 cas par jour et de pouvoir avoir une stratégie localisée. Et puis le vaccin. Et le vaccin. Mais le vaccin, moi, j'étais favorable à cette vaccination stratégie européenne, même s'il y a des retards. Au moins, il y avait une stratégie concertée et on a tous, en fonction de notre poids de population, plutôt que de la loi de la jungle. Donc moi, j'étais plutôt favorable à ça. Après, avoir un vaccin en si peu de temps, oui. L'industrie, moi, j'ai fait travailler 18 ans dans l'industrie. L'industrie, ce n'est pas magique.

Il y a aussi des pépins, des problèmes. C'est ça à quoi on a été confondus. Eh bien oui, mais ça, c'est la vie aussi.

24:43
Présentateur

Merci, Répiol. Vous restez avec nous. Axel Kahn. Et le bien dans tout ça aux essais chez Stock. Merci beaucoup d'être venu sur ça sur le plateau de Cetabaud. Et arroutez de raconter ce que je vous confie

24:53
Invité

dans les coulisses de l'émission.

24:55
Présentateur

Ce n'est pas sérieux. Merci.

24:56
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.