Nucléaire : les annonces de Macron nous protègent-elles vraiment mieux ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Le grand matin Sud Radio 7h10h, Patrick Roger. Il est 7h40 Sud Radio vous explique Emmanuel Macron a donc fait des annonces hier sur le nucléaire. Grosso modo pour mieux nous protéger.
Nous sommes avec Marc Châssillon, expert en armement, professeur à l'école militaire de Paris. Bonjour Marc Châssignan. Bonjour Patrick Roger.
Bon, est-ce que en en deux mots hier dans les annonces d'Emmanuel Macron, il faut comprendre qu'on a renforcé vraiment notre arsenal nucléaire ? Alors, il y a plusieurs choses dans ce qu'a annoncé le le président hier. Il y a effectivement un renforcement, j'allais dire quantitatif, hein, puisqu'il a dit que nous nous allions augmenter le nombre de nos de nos têtes nucléaires qui étaient aujourd'hui autour de 300, hein.
Ça c'est ce qui a toujours été dit dans la communication officielle. Alors, jusqu'où nous allons monter ? Ça évidemment c'est le c'est le secret qui sera bien gardé puisque le président a dit que il il n'y aurait plus de communication sur la quantité d'armes nucléaires que la France euh possédera à terme.
Ouais. Mais on on on note qu'il y a une qu'il y a une un renforcement de ce côté-là. Et puis l'autre renforcement qui n'est pas nucléaire, c'est ce qu'on appelle l'épaulement conventionnel.
C'est-à-dire que nous allons augmenter nos capacités de finalement de dissuasion conventionnelle, c'est-à-dire des des une forme de dissuasion qui n'est pas nucléaire grâce à des systèmes d'armes qu'on appelle de frappe dans la profondeur. C'est-à-dire que nous allons développer en partenariat avec nos amis européens, en particul et les britanniques, des missiles balistiques de la très longue portée qui ne qui n'uront pas de tête nucléaire. Ouais. qui on était tout à fait conventionnel mais dont la précision et la et la portée permettront de d'infliger des dégâts absolument considérable sans pour autant utiliser l'arme nucléaire.
Et donc c'est ce qu'on appelle l'épaulement, c'est ce qui permet de remonter le seuil nucléaire. Donc ça crédibilise notre dissuasion nucléaire. Voilà.
Ce sont ces deux aspects. D'cord. Ouais.
Ouais. C'est ça. Alors il y a quand même quelque chose qui est important, c'est que on garde la maîtrise, la souveraineté.
Euh il y avait un débat avant en disant est-ce qu'on va partager euh entre guillemets notre nucléaire avec euh nos alliés européens. Euh en clair, est-ce que euh on appuera sur le bouton ensemble et tout. Euh le Final Cut, pour euh reprendre une expression anglaise reste euh reste à la France quoi.
C'est c'est voilà le bouton, c'est nous qui pouvons appuyer si nous devons appuyer, hein. Absolument. Mais de toute façon, je dirais les les experts du domaine n'imaginez pas qu'il en aille autrement parce que c'est toute la crédibilité des dissuasion nucléaires qui qui aurait été mis en jeu.
C'est vous vous ne vous ne jouez pas la la dissuasion nucléaire au sein d'un club d'amis, n'est-ce pas ? Où où chacun donne son avis. Ça ça n'existe pas.
Votre dision nucléaire, elle s'écroule complètement. le le le simple fait de dire que on va on va partager demander l'avis ou je ne sais quoi sur l'emploi de l'arme nucléaire fait que il vaut mieux ne pas en avoir ça coûte moins cher parce que vot votre crédibilité est complètement ruinée. Donc le principe de dission nucléaire c'est que vous rejetez le doute chez l'ennemi potentiel.
C'est-à-dire qu'en fait vous ne dites rien de de vos intentions, vous vous restez dans le flou et c'est à lui de savoir et d'évaluer son risque. C'est c'est ça le grand principe. À partir du moment où vous vous essayez de gérer votre disu nucléaire au sein d'un club, ah ben c'est même pas la peine c'est même pas la peine de de démarrer.
Tout tout est ruiné évidemment. Mais alors ce qui est quand même assez étrange, pardon, mais sur le nombre de têtes parce que ça restera mystérieux mais qui sera informé quand même en France ? l'armée, le président, c'est ça le chef de l'État.
Oui. Vous avez vous avez vous avez au sein de au sein de l'appareil, je dirait nucléaire français, les hautes autorités politiques évidemment, l'étatmajor et puis les gens qui les fabriquent he puisque je vous rappelle que le ce qu'on appelle le Bon ben donc ça se saura Marc Chilion, ça se saura à un moment. Non non non non, ça ne sea pas.
Non non, bien sûr que ça ne se sera pas. Ah non non, ça c'est clair. Non non, il n'y aura pas de il n'y aura pas de fuite sur le sur le sujet, ça je peux vous le garantir.
Mais fatalement entre les les gens qui fabriquent, les gens qui transportent et les gens qui sont qui ont la connaissance du stock, mais ce sont des gens de très très haut niveau. C'est c'est le c'est l'étatmajor des armées, ce sont des des généraux et c'est et c'est le pouvoir politique. Et au sein du pouvoir politique, je peux vous dire que le ministre de l'agriculture ne le saura pas.
En fait, il y aura le premier ministre, le président et le ministre le ministre de la défense et c'est tout. Ouais. Voilà.
Euh en conclusion, il a dit tr quart d'heure he hier 40 minutes très précisément de discours. Euh le président euh Emmanuel Macron a posé une perspective de long terme. Il a dit "Le demi-siècle qui vient sera un âge d'armes nucléaire." Euh bon, ça l'était déjà un petit peu les 50 dernières années.
Non, Marc Chacilan, vous qui êtes expert ? Alors, ça l'a été énormément pendant la guerre froide, forcément, puisque euh c'est au cours de la guerre froide que les arsenaux nucléaires ont ont pris une ampleur absolument considérable. Et ça le redevient euh aujourd'hui parce que la la reconfiguration du monde auquel nous nous assistons fait qu'un certain nombre de pays qui n'ont qui ne possèdent pas la bombe sont en train de se poser la question de savoir si c'est pas de leur intérêt de de le la posséder.
Alors, parmi ces pays, on peut citer la Corée du Sud. Hm. Euh on peut peut-être citer la Turquie, on peut citer euh l'Arabie Saoudite.
Euh voilà, il y a il y a un certain nombre de pays qui aujourd'hui contenu de la nouvelle donne géostratégique et comptenu des menaces potentielles qu'il pouvaient avoir à leur frontière sont en train de se dire finalement euh cette bombe, elle est quand même elle elle est quand même très intéressante pour garantir mon existence même. Voilà. Et et c'est en je pense que le président a dit que nous allons assister dans les 50 prochaines années à euh une a ère nucléaire.
Alors non seulement parce que les arsenais vont augmenter, la preuve la France le fait, la Chine est en train de le faire, mais c'est que d'autres pays pourraient accéder à à l'arme. Je pense que c'est ça l'idée du message. Oui.
Merci beaucoup Marc Chassignan, expert en armement, professeur à l'école militaire pour toutes ces explications très très claires ce matin sur Sud Radio.
Emmanuel Macron