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interviewyoutube.com· 1 octobre 2025 19 min

Budget, gouvernement, Nicolas Sarkozy condamné: l'interview de Yaël Braun-Pivet en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Merci de répondre à mes questions ce matin dans ce studio. Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale, vous êtes vous-même députée des Yvelines. C'est la rentrée, c'est la rentrée officielle aujourd'hui des députés, sauf qu'il n'y a toujours pas de gouvernement, Premier ministre, mais pas de gouvernement. Est-ce que vous imaginez ça comme ça ? Est-ce que vous imaginez d'ailleurs que le macronisme, à la fin, ça donnerait ça ?

0:20
Yaël Braun-Pivet

Alors déjà, les députés sont au travail depuis le début du mois de septembre. Mes commissions permanentes travaillent, les députés font des auditions, mènent des commissions d'enquête. Mais on ne croit pas qu'ils étaient en vacances. Non mais voilà, c'est ça. Donc ça n'est pas la rentrée le 1er octobre, ils sont rentrés fin août. S'il y a eu des débats à l'Assemblée nationale, c'est hyper important de le rappeler. Tout ne se passe pas dans l'hémicycle. C'est la rentrée de l'hémicycle aujourd'hui. C'est effectivement le début de la session ordinaire telle qu'elle est prévue par la Constitution.

Et ce début de session ordinaire commence traditionnellement par l'élection du bureau de l'Assemblée nationale et des commissions. Et après, nous abordons normalement, traditionnellement, les examens des textes budgétaires. Et c'est ce qui va se passer, puisqu'on aura un gouvernement dans les jours qui viennent. Et on aura une discussion de politique générale, les questions au gouvernement et le dépôt d'un texte budgétaire. Donc tout va se dérouler assez classiquement. On a pris l'habitude d'avoir des sessions extraordinaires. Sessions extraordinaires qui se tiennent traditionnellement au mois de juillet ou au mois de septembre.

Mais notre Constitution avait prévu un début de travaux parlementaires le 1er octobre. Et donc là, on est dans quelque chose d'assez classique. Ne considérons pas que l'exception... L'exception, c'est cela. Sauf qu'il n'y a pas de gouvernement. Alors il y a un Premier ministre. Il est en train de consulter pour former son gouvernement. Moi, je l'ai vu hier avec le président du Sénat. On a fait un point pendant plus d'une heure sur le déroulement des prochaines échéances. Donc le gouvernement va être nommé dans les jours qui viennent. Le budget va être présenté au Parlement, peu ou prou, dans les délais. Et nous sommes aujourd'hui dans les délais constitutionnels tels qu'ils sont prévus.

Le budget doit être adopté avant le 31 décembre. Nous sommes le 1er octobre. Donc vous voyez qu'on a le temps, aujourd'hui, d'avoir un débat budgétaire.

2:06
Présentateur

Mais est-ce que vous n'êtes pas un peu dans le tout-va-très-bien, madame la marquise ? Parce que quand je vous écoute, ça va.

2:11
Yaël Braun-Pivet

Mais c'est quand même compliqué. Madame de Malherbe, je vous explique juste nos règles. Nos règles, ce sont les règles constitutionnelles telles qu'elles existent depuis 1958. Le budget doit être présenté au Parlement début octobre. Nous sommes le 1er octobre. Donc en fait, je ne vois pas là où il y a un retard. Nous sommes le 1er octobre. Nous sommes le 1er octobre. Nous serions le 1er novembre. Je vous dirais, nous sommes en retard. Ça ne va pas. Ça m'inquiète. Mais en tant que présidente de l'Assemblée nationale, je dois aussi être la plus responsable possible et regarder la situation lucidement. À l'heure où je vous parle, nous ne sommes pas en retard.

2:46
Présentateur

Nous ne sommes pas en retard à l'heure où on se parle. On va voir évidemment la suite. Je vous pose la question. Est-ce que vous imaginez que le macronisme, à la fin, on n'est pas encore complètement à la fin, il reste un an et demi avant la... avant la prochaine présidentielle, mais ce serait finalement une Assemblée fragile, enfin, qui n'a pas de majorité, des premiers ministres qui se succèdent mais qui n'arrivent pas à tenir, ce serait une France qui paraît quand même extrêmement divisée, ce serait une dette abyssale. Quel regard vous portez là-dessus ?

3:17
Yaël Braun-Pivet

C'est très, très, très compliqué parce qu'en fait, il faut avoir un regard très nuancé. Il y a évidemment des très grandes réussites dans ce que nous avons fait depuis huit ans, huit ans et demi. Il y a aussi des grands échecs et donc il faut regarder ça très lucidement et très pragmatiquement. Cependant, aujourd'hui, moi, je ne suis pas au moment du bilan, on est au moment de l'action. Moi, je considère, et vous l'avez rappelé, nous avons encore 18 mois pour agir, donc 18 mois pour continuer à servir les Français. Et c'est ce que nous avons débattu hier avec le Premier ministre et le président du Sénat. Quelles sont pour nous les priorités ?

Quels sont les textes que nous devons débattre au Parlement ? Quelles sont les réformes que nous pouvons encore faire dans l'intérêt des Français ?

4:01
Présentateur

C'est fondamental, on doit agir jusqu'au dernier jour. Vous l'avez trouvé comment le Premier ministre ? Il dit qu'il y aura un gouvernement d'ici ce week-end. Il vous l'a réaffirmé ? Oui, complètement. Donc pour vous, il y aura un gouvernement d'ici ce week-end ?

4:13
Yaël Braun-Pivet

On sera dans les temps, donc il y aura un gouvernement dans les jours qui viennent. Il y aura une déclaration de politique générale, présentation du budget. En fait, il faut y aller pas à pas, sereinement, mais méthodiquement.

4:25
Présentateur

Alors, on va voir ce qu'on met potentiellement dans ce budget. Et quelles sont vos convictions à vous, Yaël Braun-Pivet ? Mais d'abord, vous parliez du calendrier. Aujourd'hui, c'est donc, aujourd'hui et dans les jours qui viennent, c'est donc la décision de ce bureau, vous avez d'ailleurs comparé ça, au fond, presque à un conseil syndical d'immeubles, c'est-à-dire qu'on va décider qui s'occupe de quoi au poste clé. Il y a toujours cette question de l'équilibre, dans la mesure où il n'y a, en effet, ni une majorité claire et une opposition claire.

Est-ce que vous vous estimez, vous faites partie de ceux qui estiment, qu'il faut que LFI, RN et différents partis soient tous représentés ou est-ce que certains doivent

5:00
Yaël Braun-Pivet

être exclus ? Moi, je travaille à cette composition du bureau de l'Assemblée nationale depuis le mois de juin. Depuis le mois de juin, j'ai rencontré individuellement chaque président de groupe, il y en a onze à l'Assemblée nationale, de LFI au Rassemblement national, pour voir si nous pouvions parvenir à un accord équilibré qui permette à chaque groupe politique d'être justement représenté au bureau. Ça a toujours été ma conviction. Depuis que je fais de la politique. Je compte sur vous. Je considère que chacun qui a été élu avec le suffrage des Français doit occuper sa juste place. Donc, l'arc républicain, c'est tout l'hémicycle pour vous ?

Ce n'est pas une question d'arc républicain, là, on parle de la représentation.

5:34
Présentateur

C'est la nouvelle expression désormais, on dit, il y a ceux qui sont dans l'arc républicain, ceux qui ne sont pas dans l'arc républicain.

5:38
Yaël Braun-Pivet

Mais non, ce n'est pas le sujet. Là, on ne parle pas de politique en termes de conviction politique, on parle de place institutionnelle. J'ai une Assemblée nationale avec 577 parlementaires divisés en onze groupes politiques. Ces onze groupes politiques doivent être représentés au bureau de l'Assemblée nationale. C'est aussi simple que cela et donc, moi, j'essaye depuis juin de trouver un accord. Je n'ai pas d'accord unanime, donc nous sommes obligés d'aller au vote et nous irons au vote dès cet après-midi, 15 heures, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale et je l'espère, nous désignerons cet après-midi un bureau qui correspond aux équilibres politiques qui sont à l'Assemblée nationale.

6:15
Présentateur

Dans ce que vous avez vu de ces discussions, et vous êtes vraiment aux premières loges de ces discussions et de ces questions d'équilibre, au fond, lorsque cette Assemblée a été élue, il y avait un bloc qui était le nouveau Front populaire. On l'a bien compris, désormais, il n'existe plus, c'est une coquille vide, chacun a repris ses droits. De l'autre côté, il y avait le groupe du Rassemblement national qui, en nombre de députés, est un très gros groupe. Est-ce qu'il faut que le RN ait à nouveau, comme il l'avait eu par le passé, un vice-président de l'Assemblée par exemple ?

6:44
Yaël Braun-Pivet

Mais il faut que tous les groupes soient représentés au bureau de l'Assemblée nationale.

Donc, c'est des vice-présidents, comme il y a eu des vice-présidents la France Insoumise, et moi je souhaite qu'il y ait effectivement, et c'est toutes les discussions que vous avez eu, les discussions que j'ai menées avec l'ensemble des présidents de groupe, qu'il y ait des membres du Rassemblement national présents au bureau de l'Assemblée nationale et effectivement, les discussions que nous avons eues nous conduisent à arriver à un équilibre assez clair, assez simple, assez basique finalement, avec deux vice-présidents issus du nouveau Front populaire, deux vice-présidents issus du Socle commun et deux vice-présidents issus de l'extrême droite, du Rassemblement national.

7:17
Présentateur

Pour vous, c'est parfaitement normal, mais vous avez vu effectivement les propos, notamment d'un des… Pour vous ? D'un des députés de gauche qui dit « mais madame Brunepivet espère peut-être être la secrétaire d'État de Jordan Bardella » en faisant ainsi signe que le RN devrait être dans les institutions.

7:33
Yaël Braun-Pivet

Mais ils confondent tout et c'est très triste pour notre vie démocratique et pour notre État de droit. Une démocratie, elle a des règles et je suis, à l'Assemblée nationale, garante du respect de ces règles et de ces équilibres démocratiques. Il y a aujourd'hui, sur 577 députés, 174 députés qui ne sont pas représentés au propos. L'anomalie démocratique, elle est là. Donc moi, je ne me bats pas pour la représentation du Rassemblement national ou de la France insoumise, ce n'est pas mon sujet. Mon sujet, c'est que je me bats pour la démocratie.

8:04
Présentateur

Je vous pose une autre question d'ailleurs à ce propos, c'est la question du barrage républicain. Il y a de plus en plus du côté des LR, et on l'a entendu avec le sénateur Orge Carrucci hier, qui dit « il ne faut plus de barrage républicain » ou alors « à l'encontre de LFI ». Il dit « moi, je pourrais voter plutôt pour un RN en faisant barrage contre LFI ». Quel regard vous portez sur ces histoires de barrage républicain ?

8:26
Yaël Braun-Pivet

Mais vous voyez bien, et on est bien d'accord pour que vos téléspectateurs comprennent bien, on ne parle pas de la même chose. Le bureau de l'Assemblée nationale, c'est la représentation institutionnelle, le barrage républicain, c'est un barrage politique sur les idées, sur des valeurs, ça n'a strictement rien à voir. Mais vous êtes encore une femme politique, en plus d'être celle qui représente les institutions. Ne confondons pas, ne confondons pas. Et donc, oui, je suis toujours, moi, personnellement, politiquement, farouchement en faveur du barrage républicain.

Toute ma vie au Rassemblement national et à ses idées, pour autant, je dis qu'à l'Assemblée nationale, sur le plan institutionnel, les Français ont voté pour eux et il doit avoir leur juste place. Ça veut dire qu'il y a le brun de pivet ? Est-ce qu'on peut aujourd'hui encore faire la différence entre les deux ?

9:06
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire qu'il y a le brun de pivet ? Que s'il y avait demain des élections à nouveau législatives, vous seriez prête à voter LFI pour vous assurer

9:16
Yaël Braun-Pivet

que le RN ne passe pas ? Alors, moi, j'ai toujours dit que je ne voterai jamais LFI, donc le barrage républicain, pour moi, c'est… Je m'oppose à l'extrême-gauche, je m'oppose à l'extrême-droite, je suis une femme du centre, je ne veux pas que nos extrêmes arrivent au pouvoir en France, je suis contre

9:33
Présentateur

tout extrême. Donc, pas d'alliance de second tour ou d'alliance, au moins, dans le refus de l'autre. Yael Brown-Pivet, vous parliez du calendrier, il y a cette question du discours de politique générale qui devrait donc avoir lieu la semaine prochaine. Est-ce que vous estimez qu'il faut un vote de confiance ?

9:49
Yaël Braun-Pivet

Alors, dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui se déroule dans une démocratie qui sera une démocratie parlementaire, il devrait y avoir un vote de confiance. Dans nos institutions telles qu'elles existent, le vote de confiance, comme vous le savez, est facultatif. Compte tenu de ce qui vient de se passer au début du mois de septembre avec l'engagement de la responsabilité de François Bayrou, le refus de la confiance exprimée par le Parlement, il y a encore quelques semaines, je pense qu'il n'est pas…

Il n'est pas… Quel est le mot ? Juste. Juste. Alors, je n'ai pas envie de dire utile, parce que le vote de confiance, il est utile. Mais en tout cas, aujourd'hui, je pense que nous n'arriverons pas à avoir un vote de confiance favorable, parce que malheureusement, nous avons des oppositions qui restent dans des grandes postures. En fait, le problème, c'est qu'on arrive dans une situation où malheureusement, nous n'avons pas réussi, à l'heure où je vous parle, peut-être que ça peut changer, et moi j'espère que ça changera encore dans les heures et les jours qui viennent.

Mais nous n'avons pas réussi aujourd'hui à construire une majorité qui puisse assurer de la stabilité pour les mois qui viennent. Donc, ce faisant, le vote de confiance est extrêmement risqué, parce que nous n'avons pas réuni autour d'un projet une majorité. C'est dommage, je le déplore, je l'aurais souhaité.

11:05
Présentateur

Au-delà de la question du vote de confiance, les socialistes demandent par exemple à ce qu'ils s'engagent à ne pas utiliser le 49-3. Est-ce que ça aussi, ça vous paraît trop risqué ?

11:12
Yaël Braun-Pivet

Moi, je pense qu'en fait, il faut utiliser les outils constitutionnels tels qu'ils existent. L'engagement de ne pas utiliser le 49-3, il serait possible si le Premier ministre réussissait à agréger autour de lui une majorité parlementaire, donc opposée notamment des socialistes. À ce jour, quand j'écoute les socialistes, ça n'est pas le cas. Donc en fait, si vous n'arrivez pas à avoir une majorité autour de vous, il est difficile de renoncer aux outils constitutionnels qui existent depuis 1958 et qui vous permettent d'adopter notamment un budget.

11:44
Présentateur

Vous disiez d'ailleurs, Yael Moine-Pivet, vous avez rencontré... hier, le Premier ministre. Olivier Faure, qui était à ce même micro lundi, le reverra à nouveau vendredi après l'avoir rencontré la semaine dernière. Sauf que, pour l'instant, il n'y a pas le compte. Ils disent, pour qu'on ne censure pas, il aurait fallu qu'il y ait la taxe Zucman, ou l'ISF, ou au moins la suspension de la réforme des retraites. Ces trois points, la porte a été fermée par Sébastien Lecornu. Est-ce que vous vous dites, il aurait dû les ouvrir ? Vous faisiez partie de ceux qui disaient, il faudra sans doute mettre à contribution les plus riches. Oui, mais je le pense.

12:16
Yaël Braun-Pivet

Je pense toujours et je pense qu'il faut absolument que ce budget ait un caractère de budget juste et équitable et qu'il soit perçu comme tel par nos compatriotes. Et que nos compatriotes aient vraiment le sentiment et la conviction qu'il y a un effort à réaliser, un effort juste et partagé. Qu'est-ce qui reste comme option ?

12:34
Présentateur

Quand on a dit pas de taxe Zucman, pas d'ISF, pas de suspension de la réforme des retraites, qu'est-ce qui reste ?

12:37
Yaël Braun-Pivet

Un débat parlementaire. En fait, on ne va pas considérer aujourd'hui que les négociations s'effectuent, qu'elles s'effectuent en chambre, en cabinet, entre quatre yeux ou six yeux. Mais en fait, le débat parlementaire sert à quelque chose dans notre pays. On ne peut pas dire que le Parlement doit avoir toute sa place. On ne peut pas dire que c'est l'expression de la parole des Français et balayer d'un revers de la main les heures, dizaines, centaines d'heures de débats qu'il va y avoir durant le mois d'octobre, durant le mois de novembre à l'Assemblée nationale et au Sénat. Mais que répond le Parti socialiste ?

13:12
Présentateur

Ce qu'il dit, c'est qu'on ne veut pas faire de blanc-seing. Parce que si on nous dit que c'est le débat parlementaire, c'est le débat parlementaire. Ça veut dire qu'au fond, on nous demande à l'avance de ne pas censurer alors qu'on ne sait pas où on va.

13:21
Yaël Braun-Pivet

Non, mais on est dans un pays où on brandit la motion de censure à tort et à travers. Moi, je suis désolée. Aujourd'hui, on est dans une situation effectivement complexe. Nul ne le nie et il suffit de regarder. Mais nous faisons les choses dans l'ordre. Nomination d'un Premier ministre, cette semaine, nomination d'un gouvernement, la semaine prochaine, discussion de politique générale et annonce du coup. Il y aura un calendrier parlementaire sur un certain nombre de textes et on pourra en parler si vous le souhaitez. Présentation du budget, discussion budgétaire. Puis après, chacun se prononcera. Il y aura des votes.

Fin octobre, il y aura un vote sur la première partie, la partie importante des recettes. Et là, les parlementaires pourront exprimer leur point de vue. Donc vous dites aux socialistes, laissez les députés bosser. Débatons à l'Assemblée nationale. Il y a beaucoup de députés socialistes. Ils sont membres de la commission des finances. Ils peuvent amender, faire des propositions et ces amendements peuvent être débattus dans l'hémicycle.

14:19
Présentateur

On parle d'ailleurs de M. Brun comme éventuel président de la commission des finances. Ça a vos faveurs ?

14:23
Yaël Braun-Pivet

Philippe Brun est un excellent député que je connais bien et il aura évidemment des propositions à faire. Il faudra les écouter et les débattre.

14:32
Présentateur

S'il est effectivement élu président de la commission des finances, il remplacerait Éric Coquerel qui était l'actuel président de la commission des finances.

14:40
Yaël Braun-Pivet

Traditionnellement, vous savez, en commission des finances, le poste est dévolu à un membre de l'opposition et la majorité ne prend pas part au vote. Donc ça n'est pas à la majorité de choisir quel est le membre de l'opposition qui préside la commission des finances. S'il n'y a pas de budget, il faudra dissoudre ? Écoutez, moi je ne me mets pas dans cette hypothèse aujourd'hui. Vous ne le souhaitez pas. Je me mets dans une hypothèse où on aura un budget. Moi aujourd'hui, mercredi 1er octobre, je me mets déjà dans la situation où je veux une assemblée nationale qui soit en ordre de marche.

C'est pour ça que je me suis beaucoup consacrée et impliquée sur la création, la recréation de ce bureau et son bon fonctionnement. Après, il faut laisser les discussions budgétaires se faire et moi je suis convaincue que nous sommes capables d'y parvenir. Vous pensez qu'on peut échapper à une dissolution ? Mais bien sûr ! Mais bien sûr ! Moi je suis à la tête d'une assemblée nationale qui fonctionne. Je sais qu'elle est bruyante, je sais qu'elle est désordonnée, je sais qu'il y a des heurts, etc. Mais l'assemblée nationale fonctionne.

15:37
Présentateur

La justice, quel regard vous portez sur... le jugement qui a été développé à l'encontre de Nicolas Sarkozy ? Votre homologue au Sénat, Gérard Larcher, a eu ces mots. Il y a un questionnement grandissant au sein de la société sur l'exécution provisoire d'une condamnation alors que les voies de recours ne sont pas épuisées. Et ce questionnement, je le partage. Le partagez-vous aussi ?

15:59
Yaël Braun-Pivet

Oui et non, en fait, pour tout vous dire. Parce que lorsque... En fait, l'exécution provisoire d'une peine de prison, c'est malheureusement le tout-venant des décisions judiciaires aujourd'hui. L'exécution provisoire fait qu'aujourd'hui, vous avez un quart des détenus dans les prisons françaises qui ne sont pas condamnés définitivement. C'est de la... Entendez-le.

16:19
Présentateur

C'est notamment de la prison...

16:21
Yaël Braun-Pivet

C'est soit de la détention provisoire, donc ils n'ont pas encore été jugés en première instance, soit des personnes qui sont en instance d'appel, qui ont été condamnées en première instance et qui n'ont pas encore été jugées en appel. C'est 25% de nos détenus aujourd'hui. Rendez-vous compte. Donc moi, je suis tout à fait favorable à ce qu'on pose la question de la détention provisoire et de l'exécution provisoire. Mais il ne faut pas la poser pour certaines infractions ou pour certaines personnalités qui seraient condamnées. Mais là, en l'occurrence, c'est l'impact politique. Oui, mais justement, ce sont des questions graves, importantes.

Donc si nous devions rentrer dans ce débat, il faut rentrer dans ce débat pleinement. Et c'est-à-dire que c'est... Éric Ciotti, député, demande à ce qu'il y ait une réouverture de cette question-là. Et c'est aussi délai de notre justice. Malheureusement, on le sait, la justice est parfois trop lente. On a mis les moyens depuis 2017. Vous me demandiez quel était le bilan du macroniste. Eh bien, le budget de la justice a été considérablement augmenté avec des embauches de magistrats, de greffiers, etc. Réorganisation de nos tribunaux. Et cela, ça se met en place progressivement.

Maintenant, ces sujets-là, il faut les aborder à froid et non pas à l'aune d'une décision de justice, quelle qu'elle soit. Mais il faut l'aborder de façon générale.

17:39
Présentateur

Est-ce que le macronisme, c'est fini ? Vous avez vu sans doute les résultats du dernier sondage qui montrent que le candidat Gabriel Attal, officiellement qui serait testé comme le candidat du macronisme, plateforme à 10% des intentions de vote. Est-ce qu'aujourd'hui, le macronisme, c'est fini ?

17:59
Yaël Braun-Pivet

Je suis convaincue de l'inverse. Je suis convaincue de l'inverse. Moi, je crois profondément au dépassement des clivages, au rassemblement des énergies. Moi, c'est ce que les Français me disent quand je me déplace. J'ai fait plus de 75 déplacements sur tout le territoire et ils ne me disent qu'une chose. Et en ce moment, encore plus que d'habitude, c'est essayer de vous entendre. Rassemblez-vous, mettez-vous autour d'une table et travaillez. Mettez vos différences de côté. Mais le macronisme, c'est parti de là en 2017. Et donc, moi, j'y crois plus que jamais. Et j'ai bien l'intention de le faire vivre. De le faire vivre, vous auriez pu être testée dans ce sondage ?

Non, puisque moi, je ne suis pas à ce jour candidate à l'élection présidentielle. Et je considère d'ailleurs, et les Français me le disent aussi, que ce n'est pas le sujet du jour, l'élection présidentielle.