Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France - 29/10
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Pour garder BFM Politique, invité Xavier Bertrand, président des Républicains de la région des Hauts-de-France. Xavier Bertrand, on va bien sûr parler de la situation au Proche-Orient dans quelques instants, mais juste avant, le président de la République a annoncé ce matin un projet de loi pour inscrire le droit à l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution. Un texte présenté avant la fin de l'année au Conseil des ministres, a-t-il dit. Question simple, est-ce que vous soutenez cette initiative ?
Je suis favorable. Je sais que certains disent qu'il n'y a pas de remise en cause du droit à l'avortement dans notre pays aujourd'hui, mais je pense que c'est important de disposer pour aujourd'hui, pour demain et pour après-demain, et de reconnaître cette liberté, ce droit pour les femmes dans notre pays.
Donc l'inscription dans la Constitution, j'y suis favorable. Il y avait une bataille sémantique, justement, vous parliez de droit. Il sera inscrit « liberté pour les femmes », la gauche peut être pour le mot « droit ». Vous regrettez que ce ne soit pas le mot « droit » qui était inscrit ?
Il n'y a pas lieu d'essayer de trouver des différences, parce que même la gauche, à l'époque, avait reconnu que le vote du Sénat était une avancée importante, qui parle de liberté. Pourquoi ? Pour tout simplement laisser la possibilité aux législateurs, aux pouvoirs publics, de bien montrer comment cela pourra être le plus concret possible. Parce qu'encore une chose, que ce soit inscrit dans la Constitution, c'est important. que l'accès à l'IVG soit effectivement possible partout sur le territoire, c'est aussi important. C'est juste pour donner cette pleine application à ce principe qui sera demain constitutionnel.
Bertrand, vous entendez ceux qui disent que ce n'est pas forcément la priorité du moment. Aucun parti politique en France ne menace réellement l'accès à l'IVG. Est-ce que c'est la priorité de mobiliser les forces politiques pour changer la Constitution en inscrivant ce droit à l'IVG ?
Écoutez, c'est le choix du Président que de le faire maintenant. Si vous me demandez s'il y a beaucoup d'autres points sur lesquels il faudrait modifier la Constitution le plus rapidement possible, je vous dirais oui. On aura certainement l'occasion dans cette émission d'y revenir. Mais encore une fois, par rapport à ce principe, oui, je le soutiens.
Et je rappelle à ceux qui nous regardent en direct que juste à la droite de l'écran, vous voyez ce QR code que vous pouvez flasher pour interroger directement Xavier Bertrand. Et on relèvera vos questions tout au long de l'émission. Une question d'Amandie Natalaya sur la situation au Proche-Orient.
Oui, Xavier Bertrand, puisque depuis vendredi soir, l'armée israélienne a décidé d'intensifier ses bombardements à Gaza. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou parle d'une guerre qui va être longue et difficile. Et l'ONU s'inquiète, parle ce matin d'une situation de plus en plus désespérée. Est-ce que vous vous inquiétez pour le sort des victimes palestiniennes ou est-ce que vous dites de toute façon qu'Israël a un droit inconditionnel de se défendre ?
Israël a un droit inconditionnel à se défendre et nous devons soutenir Israël. Et l'ONU aurait été bien avisée dans ses décisions, dans ses déclarations, dans ses motions, de rappeler ce droit d'Israël à se défendre. Cela ne figure pas dans le texte qui a été adopté par l'ONU. Comme l'ONU n'a pas rappelé non plus les massacres perpétrés par le Hamas. Et l'ONU, dans cette résolution, n'a pas non plus fait état de tous les otages qui sont encore détenus par ces terroristes du Hamas. Résolution votée par la France ? Oui, elle a été votée par la France parce qu'il s'agit de la Charte des Nations Unies.
Mais l'ambassadeur l'a fait savoir et je pense qu'il aurait fallu entendre davantage nos représentants indiquer que cette résolution, telle qu'elle est aujourd'hui d'ailleurs, pas de force obligatoire, mais surtout qu'il y manque, cette condamnation du Hamas, l'exigence vis-à-vis des otages et aussi de rappeler le droit d'Israël à se défendre.
Mais est-ce qu'il faut poser des limites à Israël ? Est-ce qu'il faut poser des limites à Israël ?
Qu'entendez-vous par ça ? Parce qu'il faut bien voir une chose.
Demandez un cessez-le-feu, une trêve humanitaire comme le demandait Emmanuel Macron.
Un cessez-le-feu pour permettre au Hamas de se structurer davantage encore ? Parce que c'est bien de ça dont il s'agit. Aujourd'hui, on est exactement dans le piège le plus pervers qui soit qui a été tendu par le Hamas depuis le début. Le Hamas est venu perpétrer des massacres, des crimes contre l'humanité en Israël. Ils ne sont pas venus pour faire la guerre. Ils ne sont pas attaqués directement aux militaires israéliens. Ils sont venus s'attaquer aux civils. Ils sont venus commettre les pires atrocités qu'on n'ait pas vues depuis la Shoah. Et ensuite, ils ne sont pas restés en Israël pour occuper le territoire.
Ils sont retournés se planquer dans les souterrains à Gaza avec leurs otages comme boucliers humains et avec la population palestinienne comme boucliers humains.
C'est certain, mais le Hamas n'est pas la population palestinienne et néanmoins, vous voyez bien qu'elle souffre aujourd'hui, cette population palestinienne avec des milliers de morts.
Au siège, il a été préparé de A jusqu'à Z, en espérant d'ailleurs qu'Israël réagirait aussitôt, plus violemment possible, et en espérant qu'il y aurait une mobilisation des opinions publiques dans les pays arabes. Aujourd'hui, beaucoup de dirigeants arabes font preuve de beaucoup de retenue. Et on voit également qu'Israël, ce n'est pas trois jours après qu'ils sont intervenus, c'est trois semaines après qu'ils interviennent, en ayant adressé aussi des messages aux civils qu'il était possible de quitter Gaza en se dirigeant vers le sud de la bande de Gaza.
Et là, il y a un message qui doit être important, notamment de la part de l'ONU, vis-à-vis de l'Égypte, c'est de permettre aussi à l'Égypte d'accueillir des civils qui seraient blessés, et pas seulement de faire un corridor humanitaire.
Xavier Bertrand, je prolonge la question d'Amandine. Vous avez des associations humanitaires qui, sur place, disent que la situation est épouvantable. Pas suffisamment de camions qui passent pour apporter de l'aide humanitaire. Un blocus, certes, les communications ont été rétablies, mais une situation humanitaire avec des civils palestiniens dont le bilan ne cesse d'augmenter. Vous continuez à dire qu'Israël a un droit inconditionnel à se défendre, quelles qu'en soient les méthodes, vous n'appelez pas à la retenue ?
Reprenez exactement ce que vient de dire Sahel, l'armée israélienne, ce matin. Ils viennent de dire aux populations civiles de se diriger vers le sud de Gaza, de façon à pouvoir être prise en charge.
Et vous savez que le sud est également bombardé ?
Je voudrais juste que vous expliquez.
Non, pardon ? Vous savez que le sud est également bombardé ?
Non, c'est Gaza City qui est bombardé avant tout, parce que c'est là qu'est principalement le Hamas. D'ailleurs, si les Américains, si les Égyptiens, si la France est aussi positionnée avec un navire de sa flotte, de façon à pouvoir accueillir ceux qui auraient besoin d'être soignés, c'est là qu'est possible d'avoir ce corridor humanitaire.
Il n'y a pas le moindre rappel à la retenue dans votre message politique, diplomatique.
Et certains vont penser que vous n'avez aucune empathie pour les victimes palestiniennes. Ce matin encore, que bien évidemment, entre deux frappes, entre plusieurs frappes, personne ne souhaite que les humanitaires, les médecins ne puissent pas porter secours. Mais ce qu'il faut bien comprendre aujourd'hui…
Les victimes civiles sont des dommages collatéraux auxquels on ne peut pas grand-chose.
Ce sont des victimes du Hamas. Il y a deux victimes dans ce drame. Il y a les victimes israéliennes. Et je voudrais rappeler aussi qu'il y a des victimes françaises dont on parle peu, et pas seulement les otages. Et la population palestinienne est victime du Hamas, et le Hamas le savait pertinemment. Le Hamas l'a fait exprès pour provoquer cette réaction. Le Hamas, ils avaient, ces terroristes islamiques, une once de courage. Ils mettraient la population civile dans les souterrains, au lieu de se planquer, et ils seraient à la surface. Voilà exactement le piège dans lequel on essaye de nous faire tomber. Mais ce combat que porte Israël…
Le combat de porte Israël, c'est la pointe de l'Occident. C'est aussi notre combat par rapport aux terroristes islamiques. Voilà aujourd'hui ce qu'il faut bien comprendre. Et donc quand le Président dit qu'il faut une trêve humanitaire, il se trompe ? Je vous dis clairement que si la trêve humanitaire permet au Hamas de se ressaisir, de se renforcer, la réponse est non. S'il s'agit de prendre en charge humanitairement, médicalement, ceux qui sont blessés, évidemment, tout le monde le dit. Même l'armée israélienne le disait ce matin encore. Il ne faut pas non plus entendre qu'une seule chose.
On est aujourd'hui, et je voudrais marquer un peu, un coup d'arrêt par rapport à cette désinformation permanente que l'on entend. Israël serait responsable de cette situation. C'est le Hamas qui est responsable de cette situation. Israël n'aurait pas le droit de se défendre. Et écoutez-nous, quand il y a eu le Bataclan, qu'est-ce qu'on a fait ? On a bombardé Raqqa. Et d'ailleurs l'ONU, en Syrie, l'ONU nous a reprochés en 2017, après coup, que les frappes étaient trop importantes. Qui aurait pu nous empêcher de le faire ? Personne. Et donc, ce que nous avons fait, nous, Français, nous ne voudrions pas qu'Israël puisse le faire.
Et quand les Américains, après le 11 septembre, sont allés bombarder l'Afghanistan, qu'aurait-il des empêchés ? Joe Biden incite les Israéliens à ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'après le 11 septembre. Oui, mais toujours est-il que quand vous voulez vous défendre et quand vous voulez éradiquer le terrorisme, c'est votre devoir de pouvoir le faire. Et on ne peut pas être aux côtés des Israéliens pour leur dire notre compassion, nos condoléances, notre soutien quand ils sont massacrés, comme ça a été le cas, et aujourd'hui, ne pas les soutenir dans leur action.
Question d'Olivier Beaumont sur la ligne politique de votre parti.
Effectivement, et notamment votre président Éric Ciotti. Lorsqu'on l'interroge sur la situation humanitaire à Gaza, je vais reprendre ses mots sur la solution à deux États, il renvoie cela au catéchisme diplomatique. Est-ce que c'est aussi votre ligne ?
Ça a toujours été l'objectif de la diplomatie française et pas seulement de la diplomatie française. Mais on va être lucide. Ça ne marche pas. On va être lucide. Vous voulez donc un État palestinien, tant qu'il y a le Hezbollah, l'Iran derrière qui tire les ficelles, tant que le Hamas n'est pas éradiqué. Vous imaginez si en France, vous aviez un État à 20 kilomètres de Paris et un État dont vous savez pertinemment que ceux qui veulent la destruction de votre pays peuvent être à la tête de l'État.
C'est naïf aujourd'hui de tenir encore cette ligne ?
Aujourd'hui, il est évident que vous ne pouvez pas parler de deux États tant que le Hamas ne sera pas éradiqué et tant que vous aurez dans cette région des gens qui veulent la destruction d'Israël. Imaginez la France, où vous avez, encore une fois, à quelques minutes de chez vous, des gens qui veulent votre destruction ou qui pourraient se diriger. Ce n'est pas le sujet du moment. Le sujet du moment, c'est d'éradiquer le Hamas.
Est-ce qu'on peut écouter ensemble, alors, Xavier Bertrand, un homme, un ancien Premier ministre dont vous avez été vous-même un ministre, Dominique de Villepin, qui s'est exprimé sur cette situation d'une façon plus nuancée. On l'écoute. Cette question palestinienne, elle ne s'effacera pas. Et donc, il faut la traiter. Et il faut lui apporter une réponse. Et c'est là où il faut du courage. Parce que ce que je veux dire, c'est que l'usage de la force est une impasse. Il ne dit pas du tout comme vous, finalement, Dominique de Villepin. C'est-à-dire, il est naïf, il se trompe ?
Mais je ne sais pas s'il le dit dans son interview. La priorité, c'est d'éradiquer le Hamas. Éradiquer le Hamas. Et ensuite... Mais comment on éradique le Hamas
dans la mesure où ses dirigeants vivent à l'étranger ?
Qu'une nouvelle hydre islamique ne voit le jour ensuite. C'est parce que ce combat ne peut pas s'arrêter. Et d'ailleurs, regardons bien les choses, ça déborde de beaucoup la situation en Israël. Nous, le risque, et nous le savons bien aujourd'hui, c'est en France qu'il y a beaucoup de risques d'attentats, beaucoup de risques d'opposition, de fracturation. On va y revenir dans d'autres pays européens. Et on va y revenir dans un instant... Je vous disais tout à l'heure, la lucidité, c'est de voir ce qui se passe là-bas. Ce n'est pas seulement le combat d'Israël. On va y revenir dans un instant,
mais quand on écoute Dominique de Villepin, il dit, au fond, il ne faut pas qu'il y ait la loi du talion. Il rappelle ce qui a été une sorte de position d'équilibre de la diplomatie française qu'on a appelée une position gaulo-mitterrandienne, ce qui était aussi la position de Jacques Chirac quand vous étiez ministre. Donc, vous dites, tout ça, maintenant, c'est irénique, naïf, il faut qu'on soit seulement dans un soutien inconditionnel au gouvernement israélien.
Mais le pragmatisme impose aujourd'hui de dire que si vous voulez aujourd'hui une solution à deux États avec la force de ceux qui tirent les ficelles et qui veulent la destruction d'Israël, ça n'est pas possible. Et nous-mêmes, nous ne réagirions pas autrement
Et Dominique de Villepin dit, des bombardements massifs et des victimes civiles vont éloigner la possibilité d'une solution politique et d'une solution diplomatique. Donc, ils se trompent.
Non, parce que c'est la façon de préparer une offensive terrestre, encore une fois, pour mettre hors d'état de nuire ces terroristes du Hamas. Voilà aujourd'hui la réalité des choses. Et on ne parle pas non plus de tous ces otages. Qu'est-ce qu'ils attendent pour les libérer ? Qu'est-ce qu'ils attendent ? Vous vous rendez compte qu'on a eu une résolution de l'ONU sans parler de la situation de ces centaines d'otages. Mais où est-on ? Quand est-ce qu'on va ouvrir les yeux ? Il faut marquer un coup d'arrêt à cette dérive où on est en train aujourd'hui de ne pas se rendre compte de ce qui se passe là-bas. C'est aussi ce qui nous concerne ici.
Question d'Olivier sur le déplacement du président de la République cette semaine.
Et oui, effectivement, Emmanuel Macron s'est rendu au Proche-Orient et il a fait une proposition qui a surpris tout le monde, y compris ses plus proches soutiens avec cette idée de coalition internationale pour lutter contre le Hamas. C'était pas très clair. L'Élysée a expliqué que ce serait plutôt une forme de coopération en termes de renseignements. Est-ce que c'est une bonne idée, une bonne solution selon vous ?
Vous l'avez dit vous-même, ça n'a pas paru effectivement très clair à tout le monde et ce sera certainement compliqué d'embarquer un certain nombre de pays arabes. Mais l'idée qu'on doit unir nos forces pour les éradiquer, oui, j'y souscris. J'y souscris. Et je pense que c'est l'intérêt de tous. On l'a vu notamment avec Daesh. On le voit aujourd'hui. Mais attention, il ne faut pas non plus qu'on ait la mémoire trop courte parce qu'à chaque fois, on pense avoir coupé une tête et que c'est terminé. Non, c'est une hydre qui peut voir ressurgir de nouvelles têtes. Et c'est la raison pour laquelle on ne doit pas baisser la garde.
Et l'on doit comprendre que c'est une guerre que nous mènent ces terroristes islamiques. Et dans une guerre, c'est simple. Ça sera eux ou nous. Mais donc,
c'est un conflit de civilisation qui se joue au Proche-Orient ?
Hier, le discours de M. Erdogan, il y a de quoi être inquiet quand il critique l'Occident. Et d'ailleurs, je crois qu'il va être urgent au sein de l'OTAN de bien réaffirmer quelles sont les valeurs de l'OTAN et que la Turquie, par la voix de son président, s'explique clairement. On ne peut pas être contre l'Occident comme il le laisse entendre, mais d'un autre côté, rechercher la protection de l'Occident au sein de l'OTAN
et avoir ce discours à géométrie variable. Pour rebondir sur ce que disait Olivier, est-ce que globalement, vous diriez que le voyage du président de la République était réussi ? Il est allé à Ramallah, il a pu rencontrer des chefs d'État de pays arabes que Joe Biden, le président américain, n'avait lui-même pas pu rencontrer. C'était utile. Il était important d'avoir ce voyage. Oui, je le pense.
Ça n'a pas empêché la région de s'embraser quand on voit ce qui se passe depuis 24 heures pour autant.
Oui, mais encore une fois, les choses étaient connues, elles étaient prévues depuis longtemps et je voudrais juste repréciser encore une fois, Israël a attendu trois semaines pour le faire après avoir envoyé nombre de messages pour dire à ces populations civiles palestiniennes de pouvoir quitter Gaza City. On a besoin aussi de faire pression davantage sur l'Égypte parce qu'il y a une porte d'accès sur l'Égypte pour accueillir notamment des blessés, les femmes, les enfants, mais pour le reste, il faut bien comprendre que c'est machiavélique le piège du Hamas. Machiavélique. Et qu'il est important pour nous de ne pas aujourd'hui tomber dans tous les pièges.
Quand je vois aujourd'hui que des organes de presse français, le Nouvel Observateur par exemple, s'est permis de publier un questionnaire. Vous êtes plutôt Hamas ou vous êtes plutôt Likoud ? Quand je dis qu'il faut marquer un coup d'arrêt à cette inversion des valeurs. Mais aujourd'hui, la parole d'un groupement terroriste comme le Hamas vaut autant que la parole d'une démocratie comme Israël.
Xavier Bertrand, vous parlez d'un piège. Est-ce que... Non mais attendez, juste sur ce point-là. Non mais juste, est-ce qu'avoir un message qui peut apparaître comme déséquilibré qui n'évoque pas les victimes civiles palestines, est-ce que ce n'est pas précisément le piège que tend à Israël et aux sociétés occidentales le mouvement terroriste du Hamas ? Benjamin Duhamel,
je vous ai dit aujourd'hui qu'il y a deux victimes. L'enfant palestinien qui meurt comme l'enfant israélien qui est mort. C'est un drame. Les deux victimes, un seul coupable, le Hamas. Voilà la réalité des choses. Je prends le nouvel observateur qui se permet aujourd'hui de dire vous êtes plutôt Likoud, vous êtes plutôt Hamas. C'est-à-dire que regardez dans ce qui s'est passé avec l'hôpital à Gaza. Pendant des heures et des heures, on a dit qu'Israël était responsable de cette attaque avant de s'apercevoir que ça n'était pas le cas. On place sur un même plan la parole d'un groupement de terroristes qui ont procédé à des massacres avec celui d'une démocratie.
Mais il faut qu'on se réveille quand même un moment.
Parlons aussi des manifestations qui ont lieu en France, Xavier Bertrand, puisque hier, une manifestation pro-palestinienne a été interdite. Ça a été confirmé d'ailleurs par la justice administrative. Et en parallèle, on voit par exemple à Londres, hier à Westminster, des manifestations pro-palestiniennes qui ont lieu. Est-ce qu'en France, cette interdiction, elle n'est pas finalement contre-productive ?
Je ne le pense pas parce que dès qu'il y a des menaces à l'ordre public, c'est le rôle de l'État, notamment des préfets, de procéder à l'interdiction. Et vous avez dit vous-même qu'elle avait été confirmée par la justice. Et puis, d'autre part, il y a eu aussi ce qui s'est passé en Allemagne. Dans la manifestation, vous avez vu surgir des drapeaux noirs de l'État islamique. Et puis aussi, on doit aussi veiller à ce qu'il n'y ait pas des propos d'apologie du terrorisme ou de soutien au Hamas. C'est sur tous ces sujets-là.
Avec d'ailleurs des propos à Paris qui, malgré l'interdiction de la manifestation, ont été tenus au minimum ambigu, au pire, clairement apologétiques et qui doit faire clairement dans ces cas-là l'objet de suites judiciaires.
C'est quelque chose à... Et le gouvernement est assez ferme là-dessus ? Il y a suffisamment de fermeté ? On va le voir maintenant avec les réponses. Je sais notamment que le ministre de l'Intérieur a annoncé que suite aux cas graves d'antisémitisme qui avaient été... qui ont eu lieu en France, il y a eu des interpellations. Maintenant, on doit être très attentif aux suites judiciaires de cette interpellation. La police, qui fait un travail remarquable, qui déjoue des attentats, a su découvrir, interpeller. Maintenant, c'est à la justice.
Mais vous savez, sur la question des manifestations, il y a un sondage qui a été publié à l'initiative du CRIF, le Conseil représentatif de l'Institut juif de France, qui montre que les Français, dans leur immense majorité, ou deux tiers, voire parfois trois quarts, soutiennent effectivement ces actions d'interdiction, ces décisions d'interdiction de ces manifestations et qui sont aujourd'hui dans une condamnation très claire du Hamas. Voilà aussi ce que l'on entend au-delà des commentaires sur ce que pensent vraiment les Français.
Merci, Xavier Bertrand. On se retrouve dans quelques instants. On parlera notamment de la question de la loi immigration. Vous regardez BFM Politique. A tout de suite. BFM TV, BFM Politique, Benjamin Duhamel. Vous regardez BFM Politique, invité le président de la région des Hauts-de-France, les Républicains, Xavier Bertrand, avant de continuer nos questions. Une question d'un téléspectateur ou d'une téléspectatrice pour être plus précis. Voilà ce que vous demande Nathalie. Nathalie veut savoir s'il faut prévoir ou non un plan B pour la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris.
Alors, sont les services de sécurité qui doivent dire à un moment donné aux autorités s'il y a besoin d'un plan B ? Moi, je pense qu'il est important d'avoir un plan B et j'ai toujours pensé, je m'en étais ouvert à certains des services de sécurité, j'ai toujours pensé qu'il y avait le Stade de France et qu'il pouvait y avoir les Champs-Elysées. Parce que les Champs-Elysées, c'est un site qui est mondialement connu, c'est un site qui est beaucoup plus facile à sécuriser que la Seine et qui nous renvoie aussi à ce souvenir exceptionnel du bicentenaire de la Révolution française en 1989. Donc, j'ai toujours pensé que c'était le cas, c'est un autre choix
qui a été fait par les autorités. Ce serait quand même une sorte d'aveu d'échec de ne pas réussir à pouvoir faire cette cérémonie d'ouverture sur la Seine aussi compliquée à organiser soit-elle. Qui doit nous promettre
un spectacle formidable, vous avez entièrement raison, au monde entier, la Seine, les monuments, Paris, la France, je suis entièrement d'accord avec vous. Mais si à un moment donné, les services de sécurité s'ouvrent auprès des autorités en disant qu'on a un risque majeur, imaginer anticiper un plan B peut avoir du sens. Il y a le Stade de France, mais j'ai toujours pensé que les Champs-Elysées étaient un formidable site et surtout, on me dit qu'il est beaucoup plus facile
à sécuriser. Je continue et je rappelle à ceux qui nous regardent que sur la droite de l'écran, vous pouvez flasher ce QR code et on continuera à relayer les questions des téléspectateurs et téléspectatrices comme Nathalie à l'instant. Xavier Bertrand, le projet de loi immigration est toujours suspendu au fameux article 3 qui permet la régularisation des travailleurs dans les métiers en tension. Éric Ciotti, le patron des Républicains et Olivier Marlex, le patron des députés LR, répètent ce matin leur opposition à cette mesure. Gérald Darmanin ment aux Français. Voilà ce que dit Olivier Marlex.
Est-ce que vous dites à vos amis des Républicains, notamment à l'Assemblée, compte tenu de la menace terroriste, il faut se rassembler et soutenir le texte du gouvernement ? Aujourd'hui,
l'article 3, l'article 4 qui suit l'article 3 sur cette régularisation, ce droit automatique à la régularisation pose un vrai problème. Ce qui nous divise, on le met de côté, que le gouvernement retire ces deux articles et là, les conditions d'un vote, d'un vote large, nous permettraient de faire passer ce texte. Qu'est-ce qui est important ? Ce qui est important, c'est de reprendre le contrôle de notre politique migratoire. Et on peut le faire. On peut le faire.
On peut être parfaitement clair juste sur ce point. On peut le faire,
mais le préalable, c'est l'article 3, l'article 4 doivent être enlevés et ensuite de prendre un certain nombre de propositions qui, très honnêtement, je les portais en 2021 au moment de la pré-campagne présidentielle, nous permettraient de protéger les Français. Et donc,
vous êtes moins braqué qu'Olivier Marlex ou Éric Ciotti qui, eux, sont vent debout contre ce texte de façon générale. Vous vous dites, si l'article 3 sort, je vote et vous demandez à vos troupes de voter.
On verra aussi ce qu'il y a à l'arrivée dans ce texte. Parce qu'on peut très bien... Ce qu'il faut savoir, c'est qu'on ne joue pas au jeu du chat et de la souris. C'est trop grave. Voilà, précisément.
Il faut prendre un engagement.
On a une menace terroriste islamique comme rarement on l'a eue sur le territoire français. Et nous avons aussi absolument besoin de montrer que nous ne sommes pas condamnés à laisser faire en termes d'immigration. On peut reprendre le contrôle.
On peut reprendre le pouvoir. Donc, ce texte,
si le gouvernement décide d'enlever les articles 3 et 4, vous dites, c'est toujours ça de tri. Attention, parce que la semaine dernière, le ministre de l'Intérieur indiquait qu'il n'y avait aucun tabou. Il y a des propositions qui sont faites sur les prestations sociales. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, beaucoup d'étrangers viennent aussi en France parce que les prestations sociales sont plus intéressantes que dans d'autres pays. Tout le monde est d'accord. Qu'est-ce qu'on attend pour changer cela ? L'aide médicale d'État doit être transformée en aide médicale d'urgence. C'est aussi pour ça qu'il faut voir à la fin ce qu'il y aura dans ce texte.
Et je voudrais aussi venir sur un point parce que j'entends dire oui, mais alors, la droite, elle voudrait qu'il y ait une réforme constitutionnelle. Non, mais ça aussi, ce n'est pas un totem. C'est pour protéger les Français. Aujourd'hui, si vous avez quelqu'un qui présente un véritable trouble à l'ordre public, vous ne pouvez pas le renvoyer dans son pays s'il y a un contexte familial pour lui aujourd'hui. Alors, même qu'on sait qu'il est dangereux. Vous savez quelle est la proposition que je fais.
C'est-à-dire que pour ceux qui sont fichés au FSPRT, celui pour les individus les plus radicalisés, s'ils sont étrangers, qu'ils sont expulsables, dès que l'OQTF, dès que l'obligation de quitter le territoire est prononcée, ils ne restent pas chez eux. Ils sont placés en centre de rétention administrative. C'est tout à fait possible juridiquement.
Je ne suis pas sûr qu'il y ait assez de place dans les centres de rétention administrative. Aujourd'hui, il y en a 1 800. Gérald Darmanin en veut 3 000. Si on prend les personnes frappées d'OQTF, au sens large, c'est entre 100 000 et 130 000 par an à minima. Admettons même qu'on réduise en prenant ceux qui sont dangereux pour les plus dangereux. Les troubles à l'ordre public.
Il n'y a pas assez de place. Alors attendez, au moment où je vous parle, vous avez à peu près 150 à 200 places qui sont vacantes hier. Hier. Dans tous les centres de rétention administrative. Parce qu'il y a toujours
un, comment dire, un fond de roulement qui peut permettre de mettre les personnes les plus dangereuses.
Ce qui veut donc dire
que vous avez la possibilité
de mettre à l'écart tout de suite, immédiatement. Et d'autre part, je suis intimement convaincu qu'il est possible d'aller beaucoup plus vite sur la construction de ces centres de rétention. Ce ne sont pas des prisons de 700 places. Ce sont des centres de rétention qui sont de taille beaucoup plus modeste. Et on peut aussi faire appel au patrimoine de l'État pour pouvoir construire très vite là-dessus. Ce qui est important, vous pouvez prendre toutes les mesures de protection que vous voulez. Et Dieu sait si on a besoin de renforcer notre arsenal juridique. Mais en attendant, il faut qu'on se débarrasse des dangereux.
c'est possible plus vite avec ce texte d'immigration avec une telle disposition. Vous voyez, l'article 3, l'article 4 en moins, ça ne suffit pas, mais on peut très bien, rapidement, améliorer la protection des Français. C'est d'ailleurs ce qu'il nous demande.
Est-ce que vous pensez que les Français comprennent votre position ? Parce que Gérald Darmanin a annoncé une dizaine d'amendements supplémentaires pour durcir les conditions d'expulsion des personnes radicalisées. Il a même dit que si son texte avait été adopté, l'attentat d'Arras n'aurait pas eu lieu. S'arc-pouter comme ça à ce point sur cet article 3 concernant les métiers en tension, est-ce que c'est lisible auprès des Français ? Sacrifier ce texte pour une disposition qui au final ne concerne quoi ? Il y a quelques milliers de cas.
Vous ne pouvez pas faire dur en même temps quand il s'agit de protéger les Français. Vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez pas créer un nouvel appel d'air et en même temps dire écoutez maintenant on va être beaucoup plus ferme. C'est la raison pour laquelle ça n'a pas sa place dans ce texte. Et encore une fois, il ne s'agit pas de faire un caprice, il s'agit d'avoir l'obsession de protéger les Français. Comme nous avons aussi absolument besoin d'avoir un droit qui nous permette de dire clairement qui vient et qui ne vient pas. À quoi joue alors
Éric Ciotti et Olivier Marlex quand ils sont aussi violents dans leurs interviews aujourd'hui, quand ils menacent par exemple d'une motion de censure si jamais le gouvernement utilise le 49-3 ? Est-ce que vous trouvez ça entendable ou ridicule ?
Il n'y a pas de jeu de qui que ce soit. Il n'y a pas de jeu de chat et de la souris. Ou alors je pourrais vous renvoyer à qu'est-ce qui se passe entre la première ministre et son ministre de l'Intérieur. Mais sur cette motion de censure précisément, sur cette motion de censure. Les Français aujourd'hui sur la motion de censure, est-ce que c'est
une bonne idée ou pas ?
On verra ce qu'il y a à la fin dans ce texte.
Mais la droite peut assumer de ne pas voter ce texte dans le contexte qui est celui qu'on connaît ?
Si c'est un texte qui ne nous permet pas de protéger les Français ou qui donne des demi-mesures
pour les protéger, tout à fait. J'inverse la question d'Olivier. Est-ce que la droite peut assumer de vouloir faire tomber le gouvernement en borne en éventuellement déposant une motion de censure qui serait alors votée sur la question de ce texte ? Est-ce que c'est une possibilité ?
Monsieur Duhamel, à l'arrivée dans ce texte quand il sera passé par le Sénat ? Et je fais vraiment confiance à Bruno Retailleau avec qui je me suis entretenu pour qu'il y ait des mesures qui permettent de le rendre plus efficace pour protéger les Français. On verra ensuite à l'Assemblée. Mais si au final, c'est un texte qui fait en grande partie semblant ou qui ne règle pas les problèmes, la réponse est oui. Mais en attendant, aujourd'hui, il y a vraiment la possibilité pour celles et ceux qui sont de bonne volonté, qui entendent le message des Français, qui vous disent ça ne peut plus durer, tout simplement de rendre ce texte plus efficace.
Voilà ce qui est possible. Quand on écoute Éric Ciotti et Olivier Marlex, on a le sentiment que Gérald Darmanin est l'homme à abattre. C'est quoi ? C'est parce que c'est un ministre de droite ? Pourquoi des mots aussi vifs, aussi forts à son égard ?
Ce qui est sûr aujourd'hui, ce qu'on doit abattre, c'est le terrorisme islamique. Et je n'aime pas les chasses à l'homme, quelle qu'elle soit. Aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur n'est pas l'ennemi public numéro un. L'ennemi public numéro un, c'est le terrorisme islamique. Et on a la possibilité de tous et tous de faire preuve de responsabilité par rapport à ce qui se passe dans notre pays. Pas au nom de faux-semblants, c'est pour ça que ce qu'on doit avoir dans le texte doit être vraiment fort, ferme, dur, mais en tout état de cause. Ne nous trompons pas de combat et nous ne trompons pas d'adversaire.
Donc, quand vous considérez que quand Olivier Marlex s'en prend aussi frontalement en disant qu'il ment, il va trop loin ?
Je ne suis pas un commentateur. Ça, c'est votre boulot à vous. Moi, ce que je veux vous dire...
C'est patron du groupe quand même. Ce n'est pas responsable qu'on ne va pas passer dix minutes là-dessus.
Non, c'est une minute. Je viens de vous dire quelles sont les conditions pour que ce texte soit aujourd'hui accepté. Sur les positions
du Rassemblement national, vous avez dénoncé les positions des extrêmes, vous avez parlé de vos tours même, c'est le mot que vous avez employé pour parler des positions de Marine Le Pen notamment. Et pourtant, quand on regarde les sondages, aujourd'hui, elle ne cesse de monter et elle apparaît de plus en plus crédible et non dangereuse pour les Français. Est-ce que vous n'avez pas l'impression que c'est Xavier Bertrand de prêcher dans le désert ?
Mais pourquoi ça ?
Parce qu'elle monte
indéfiniment. Parce que le mot Le Pen se transforme en agneau. Ce n'est pas les Français qui ont changé. C'est le Front National qui ne parle plus le même langage. Le langage qu'utilisait le Front National voilà 10, 20, 30 ans, ils ont tout oublié. Mais non. Ils sont toujours avec les mêmes idées. C'est toujours le parti qui est l'héritier de Jean-Marie Le Pen. Mais aujourd'hui, le Front National, quand vous les écoutez bien, vous avez M. Bardella, il ne sait même pas que Jean-Marie Le Pen a existé. Mme Le Pen qui a parmi ses proches M. Lousteau, M. Châtillon, M. Châtillon qui s'occupait d'ailleurs de ses finances, de son micro-parti. Pour ceux qui nous regardent, des membres du GUD.
Des quelqu'un de très très proche du GUD qui ont toujours été marqués par un certain nombre de propos antisémites. Vous savez ce qu'elle leur dit Mme Le Pen ? Eh les gars, planquez-vous là. Parce que pour l'instant, dans ma marche vers le pouvoir, vous êtes infréquentable, vous ressortirez après. Voilà ce qu'est le Front National. Le Front National aujourd'hui, ce sont ceux qui sont sur les plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux avant même que les secours n'arrivent quand il y a un attentat. Et là, ils sont à s'indigner en disant qu'ils vont protéger les Français. Et puis, dès que l'émotion est retombée, à là, ils retournent se planquer parce qu'il faut des solutions.
Et eux, les solutions, ils n'en ont jamais. Et vous les voyez ressortir au drame suivant en indiquant que ça ne va pas. L'interview aujourd'hui du responsable du Front National dans le journal, je crois que c'est dans le journal du dimanche, il n'y a zéro proposition. Et le pire, parce qu'on ne s'étonne plus de rien, on ne s'indigne de rien, c'est le pouvoir en famille, le Front National. C'est M. Bardella dont Mme Le Pen dit « Allez, je pourrais le nommer à Matignon. Son véritable mérite, c'est d'être en famille avec Mme Le Pen. On ne tomberait ça de personne d'autre, mais du Front National. On ne regarde pas les choses.
Ça veut dire quoi être en famille ? Elle dit Jordan Bardella
pour être mon Premier ministre. Mais il est en famille avec Mme Le Pen. Il ne sait pas que Jean-Marie Le Pen a existé, mais ils sont en famille. C'est ça son principal type. C'est-à-dire qu'il est en famille ? C'est du népotisme. Ils veulent nous faire la principauté du Front National à la tête du pays. Et il n'y a personne que ça indigne.
Mais Jordan Bardella,
c'est pas Le Pen. Il est en famille avec Le Pen. Et tout le monde le sait. C'est comme ça son accession formidable. Mais bien évidemment, regardez autour de cette table, ça ne dérange personne. C'est-à-dire qu'il ne voit rien à ses propres mérites ? Non mais vous dites que Jordan Bardella... N'importe quel parti, on serait tous à s'indigner. Mais du Front National, ça n'est pas le cas. Et la réalité, sur les retraites, vous avez eu zéro proposition du Front National. Sur les banlieues, vous avez zéro proposition de Marine Le Pen.
Les Français sont des idiots ? Les Français sont des idiots quand ils plébiscitent dans les sondages ? Plébiscitent, je ne sais pas. Mais en tout cas, quand ils jugent Marine Le Pen de plus en plus crédible, ils ne comprennent pas ? Non, c'est tout simplement que le Front National
ne parle plus la même langue. Ils parlent la langue que pouvait parler la droite 20 ans ou 30 ans. Mais aujourd'hui, ils sont toujours avec le même sujet. zéro proposition. Moi, je le vois dans ma région. Vous savez, dans ma région, je me suis présenté en 2015. J'ai gagné contre Mme Le Pen. Moi, j'y suis retourné en 21. Elle, elle n'est pas revenue, elle s'est planquée. Et ils ont reculé de 15 points. Moi, je vous le dis, sur tous les domaines, ce sont des bons à rien. Mais aujourd'hui, et clairement, le Front National, Mme Le Pen, ils sont incapables de proposer des solutions aux Français. Et on redonne de l'espoir avec des solutions.
Et aujourd'hui,
ils ont aussi
un autre agent électoral. Non, mais attendez, juste pour revenir, vous dites, Frédéric Châtillon, Axel Lousseau, vous considérez qu'il y a une complaisance vis-à-vis de l'antisémitisme au Rassemblement National et du côté de Marine Le Pen ? Mais vous avez des gens
qui ont eu des activités professionnelles par le passé qui sont aujourd'hui députés des activités professionnelles en tenant des librairies qui vendaient un certain nombre d'ouvrages. Et notamment, l'un d'entre eux est député du Var. Oui, mais vous faites la part des choses
entre Marine Le Pen et ces personnes-là.
Absolument pas.
Absolument pas. Donc, vous considérez que Marine Le Pen a une complaisance avec l'antisémitisme.
Mais on leur a toujours... Non, mais attendez. Mais quelle honte de dire que c'est elle qui va protéger les juifs quand on voit les propos qu'a tenus son père et un certain nombre de dirigeants. Mais nos concitoyens, aujourd'hui, sont désemparés. Ils ont le sentiment que face à ces défis, comme on a rarement vu, il y a une sorte d'impuissance politique. C'est pas vrai. Moi, je veux marquer un coup d'arrêt à aujourd'hui une forme de complaisance qu'il y a par rapport au Front National. Et aussi, il faut savoir une chose... Avec souvent... C'est que l'agent électoral... Pardon, des gens à droite,
des membres des Républicains qui donnent le sentiment de courir après Marine Le Pen et parfois de proposer des choses qui ressemblent à ce que disent Marine Le Pen et Jordan Bardella. Eh bien, pas moi. Peut-être pas vous, mais d'autres.
Et qui ont des responsabilités au centre de votre parti. Ce coup d'arrêt. Et ce qu'il faut bien voir, vous parliez de Jacques Chirac. Oui, effectivement. Jacques Chirac a toujours été dans ce combat. Nicolas Sarkozy aussi. Et je suis également dans la même ligne. Mais aussi, il y a une fabrique aussi. Il y a une machine à fabriquer des électeurs du Front National. C'est la France insoumise. La France insoumise, aujourd'hui, on le voit bien. Monsieur Mélenchon, c'est devenu un faux soyeur de la République. Les valeurs républicaines, aujourd'hui, il les foule au pied. Tout ce qu'il fait est fait sciemment.
Parce que c'est un misérable calcul électoral pour essayer, lui, de faire l'amalgame en ne jamais montrant la moindre once d'humanité chez Monsieur Mélenchon. Il n'y a pas une once d'humanité. Il n'a jamais condamné les massacres qui sont passés, notamment en Israël. Mais aujourd'hui, tout ce qu'il cherche, c'est d'avoir un capital électoral. Il ne veut pas qualifier
le Hamas de mouvements terroristes.
Vous l'avez entendu parler des massacres qu'il y a eu en Israël ? Jamais. Donc lui, c'est un vrai faux soyeur de la République. Il dit que c'est des crimes de guerre. Et ce qu'il fait, tout ça, il le fait à dessein parce que, clairement, aujourd'hui, il veut fracturer la société française. Et aujourd'hui, son attitude, c'est une attitude aussi à fabriquer des électeurs du FN, de Mme Le Pen.
C'est l'idiot utile de Marine Le Pen.
Pas seulement de Mme Le Pen, oui, mais tout à fait. Et qui est le plus dangereux entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ? Les ennemis de la République, je les combats. Donc vous les renvoyez dos à dos, c'est inégal. Moi, je sais chez moi ceux dont ils sont capables, des pires copeaux, des pires attitudes et ceux dont ils sont incapables de trouver des solutions aux Français. Voilà pourquoi je les combats.
Question d'Amandine sur la rentrée scolaire et la proposition du ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal.
Oui, c'est juste avant les vacances qu'il fallait sortir les mineurs radicalisés des établissements scolaires sans trop préciser pour le moment où ces jeunes radicalisés pourraient aller. Est-ce que vous, en tant que président de région, vous avez des propositions à formuler aujourd'hui en la matière ?
Alors la première des choses, c'est que c'est la responsabilité de l'État. Je dois rencontrer le ministre d'Éducation parce que s'il y a mille jeunes qui sont radicalisés, c'est donc qu'ils sont dangereux.
Alors le ministre dit pas mille, mille c'est vous pouvez avoir votre sœur, votre mère, en réalité, il lui parle de plusieurs dizaines de personnes dangereuses. Alors plusieurs dizaines,
alors on les sort des établissements, mais pas à la rentrée 2024 le plus rapidement possible.
C'est-à-dire dès cette rentrée, le 6 novembre, vous dites qu'ils ne doivent pas être de retour dans les établissements de votre région par exemple. Ceux qui sont radicalisés
qui sont dangereux ne doivent pas rester à l'école. Certains notamment qui n'ont pas respecté le moment d'hommage pour M. Bernard, ceux-là qui ont passé en conseil de discipline ne resteront pas dans les lycées ou les collèges. Je ne vois pas pourquoi ceux qui sont radicalisés y resteraient. Alors on les met où ? Ils doivent quitter l'établissement. On les met où ? Soit vous mettez en place des structures spécifiques très vite, soit vous avez les centres éducatifs fermés qui n'accueillent pas beaucoup de monde mais qui peuvent aussi les accueillir, ou alors vous avez autre chose qui s'appelle les épides, les établissements pour l'insertion.
Là vous avez plusieurs milliers de places en France et sans bien évidemment les mélanger avec tous les autres jeunes, vous pouvez justement les accueillir de façon spécifique.
Mais vous connaissez le débat, est-ce que ce n'est pas la fabrique du pire en les mettant tous ensemble ? Est-ce que je viens de vous dire ?
De les isoler. De les isoler. Mais vous ne pouvez pas vous dire qu'ils vont rester dans les collèges ou les lycées et de dire qu'on attendra septembre 24 pour pouvoir le faire. Et puis après, il y a aussi autre chose, vous avez raison de le souligner, les ceux qui sont radicalisés, il faut aller chercher ceux qui les radicalisent. Et davantage encore, ça peut être l'environnement familial, ça peut être les réseaux sociaux, ça peut être effectivement certains imams radicalisés, c'est eux qu'il faut aller chercher. C'est comme si on s'attaquait uniquement aux dealers
sans aller chercher les trafiquants. Transition ou une question d'Olivier sur un lycée qui est dans votre région.
Et oui, justement, Xavier Bertrand, à Lille, le lycée Averroès qui est le premier établissement musulman sous contrat qui est actuellement pointé du doigt parce qu'il est soupçonné d'être piloté par les frères musulmans. Le préfet envisage de résilier le contrat d'association avec l'État. Est-ce que vous soutenez sa démarche ?
C'est depuis 2020, oui, que je souhaite, moi, mettre un terme. Pendant des années, ce lycée fonctionnait, normalement. Et puis, il y a en 2019 un livre de M. Malbruneau qui montre les financements étrangers en France et notamment le financement étranger du lycée Averroès. À partir de ce moment-là, je saisis l'État, je saisis le ministère de l'Éducation nationale en disant je veux savoir s'il y a un problème ou pas dans ce lycée. La réponse est il n'y a pas de problème. On a même une inspection générale de l'Éducation nationale qui dit franchement vous exagérez, il n'y a pas de problème. Je décide de suspendre ce que je dois verser au titre de la loi.
Je me suis à chaque fois fait refuser ma position. La justice m'a retoqué cette décision.
Pour bien comprendre, vous dites
que vous vous réveillez un peu trop tard au gouvernement, c'est ça ? Moi, en 2020, je dis qu'il y a un problème. Ensuite, vous avez autre chose. Vous avez une décision de la Chambre régionale des comptes qui, elle, voit que dans ce qui est enseigné dans ce lycée, il y a un problème avec certains ouvrages qui sont enseignés aux élèves et qui montrent qu'il n'y a pas d'égalité. D'accord, mais qu'est-ce qu'on fait que vous vous rendez compte ? C'est que le ministère nous dit qu'il n'y a pas de problème. La Chambre régionale des comptes dit qu'il y a un problème et là, ensuite, j'ai le courage du préfet. Donc, vous soutenez le préfet
dans cette volonté
de résilier le contrat avec le Métard. Qui aujourd'hui nous soutient. Alors, pour être très clair, oui, je soutiens et je soutiens d'autant plus que ça fait maintenant trois ans que je suis pour moi les versements et que la justice lui oblige à faire. On a bien compris
votre message, mais si on le sort du contrat, est-ce que ce ne sera pas plus difficile de pouvoir contrôler ce qui se passe à l'intérieur de cet établissement ? Pas du tout.
Et vous ne pouvez pas continuer à bénéficier de fonds publics quand vous ne respectez pas les principes de la République. Moi, c'est dès 2020 que je dis je veux savoir s'il y a un problème où je suis laissé tout seul face à la justice qui me condamne, qui m'oblige à verser. Aujourd'hui, l'État décide de le faire, c'est une bonne chose. On l'aurait fait plus tôt, c'était mieux, mais ça montre aussi une chose, il y a la lucidité, il y a la vérité et il y a le courage. pour faire reculer toutes les formes aujourd'hui
d'islam politique. Toutes. Xavier Bertrand, il ne nous reste pas beaucoup de temps, quelques questions politiques pour terminer. Éric Setti, le patron de votre famille politique, continue de dire que Laurent Wauquiez est le candidat naturel pour 2027. Est-ce que c'est votre candidat naturel ?
Et toutes les candidatures sont légitimes, ne vous inquiétez pas, on aura l'occasion d'en reparler.
Non, mais ça veut dire quoi toutes les candidatures sont légitimes ? Ça veut dire qu'il n'y en a pas une qui surnage en l'espèce celle de Laurent Wauquiez. vu l'actualité dont on a parlé. C'est trop facile. C'est trop facile mais je vais être très clair avec vous. Une primaire.
Je vais être très clair avec vous. Toutes ces questions pour 2027, elles sont importantes, elles passionnent beaucoup de monde. D'accord, très bien. Mais aujourd'hui, toute l'énergie que je mets, notamment avec mon mouvement Nous France, c'est d'essayer de trouver des solutions aux problèmes des Français. Je suis un opposant qui cherche aujourd'hui des solutions. Si c'est votre candidat
naturel Laurent Wauquiez, comment est-ce que ça se fait qu'on ne l'entende pas aujourd'hui ?
Posez-lui la question. Mais est-ce que ça vous choque ?
Je ne sais pas, vous êtes quand même dans le même parti.
J'ai été porte-parole d'une personne une fois qu'était Nicolas Sarkozy. Je ne suis plus le porte-parole de personne d'autre que de moi-même et notamment dans ma région des 6 millions d'habitants de Haute-France.
Voilà. Xavier Bertrand, les responsables politiques ont tendance à dire que ces questions de 2027, c'est des obsessions journalistiques. Visiblement pas seulement puisque regardez ce que vous pose, ce que vous demande Émilienne. Elle vous demande si vous vous présenterez à l'élection présidentielle de 2027.
Que j'ai la même détermination, le même engagement, la même dynamique ? Oui, certainement. Mais vous savez, la fois dernière, j'étais persuadé d'aller jusqu'au bout et on sait comment l'histoire s'est terminée. En attendant, moi je veux me rendre utile. Je veux apporter des solutions. Je suis un opposant qui veut apporter des solutions dans le débat et je ne me gênerai pas pour le faire. Mais la question qui se pose avait raison. Les gens dans les discussions se disent mais en 2027, qui ce sera ? Emmanuel Macron ne peut pas se représenter. Mais il n'y a pas de fatalité, il n'y a rien d'inévitable à se dire ça sera Marine Le Pen. Moi je combattrai ça.
Et est-ce que vous avez ménagé tout à l'heure Gérald Darmanin en ayant des mots plutôt agréables à son endroit parce que vous pourriez le soutenir ?
Non, ce n'est pas ça le problème. C'est qu'il est en charge de la sécurité des Français. Je voudrais qu'il fasse davantage. Clairement, je pense qu'il faut faire beaucoup plus que ce que nous faisons aujourd'hui. Mais en tout état de cause, je ne me trompe pas. L'ennemi aujourd'hui de notre démocratie, c'est l'islam politique.
Merci beaucoup Xavier Bertrand d'avoir été l'invité de BFM Politique.
Xavier Bertrand