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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 15 juillet 2021 17 min

Test PCR après un voyage en Espagne ou au Portugal, manifestations contre le pass sanitaire... Le "8h30 franceinfo" de Clément Beaune

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Christine Pirès Beaune

Bonjour Clément Beaune. Bonjour. Près de 20 000 manifestants hier, un peu partout en France, des manifestations quasiment spontanées contre l'extension du pass sanitaire avec parfois des débordements, des préfectures envahies à Annecy ou à Bourg-en-Bresse, des tensions à Lyon, à Toulouse. Est-ce que vous craignez, est-ce que vous y voyez une sorte de retour des gilets jaunes ?

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Présentateur

Non, je ne le crois pas. Il faut bien sûr entendre les colères ou les questions. Non, en aucun cas accepter et justifier les violences et pas non plus, je crois, exagérer les choses. Moi, ce qui me préoccupe, c'est parfois une certaine fatigue ou des questions des Français qui se demandent comment vont s'organiser les choses à la rentrée, comment passer l'été. Et là-dessus, on doit apporter des réponses légitimes, proportionnées.

Mais ce qui me préoccupe encore plus, et je crois que c'est une majorité très nette, qui ne s'exprime pas toujours, c'est les gens qui se préoccupent de l'épidémie et qui demandent qu'on prenne des mesures de protection, encore une fois, progressive, en expliquant, c'est ce qu'a fait le président lundi, on fait des ajustements nécessaires quand c'est indispensable pour la mise en place des mesures, pour les salariés, pour les familles, les enfants, on l'a vu ces derniers jours. Et puis, il y a une minorité qui s'agite. Je ne veux pas exclure ces colères. Mais vous dites quoi ? Ils sont inconscients, ceux qui manifestent ?

Écoutez, d'abord, j'ai entendu des gens expliquer qu'on était en dictature. Dictature, oui. Bon. Les mots ont un sens dans le débat public. La violence n'est pas justifiée. L'outrance et l'excès non plus. J'aimerais qu'il y ait beaucoup de dictatures comme la France dans le monde, très franchement, où on a organisé pour tous, et c'était notre responsabilité, l'accès au vaccin. En quelques mois, le monde entier envie le vaccin. Et notre enjeu, c'est de vacciner les autres dans le monde aussi pour éviter les variants. L'accès, il est généralisé. Il est gratuit. On a fait des mois et des semaines encore, ces derniers temps, de concertation. Donc ce mot vous choque ?

Ce mot me choque énormément, parce qu'on peut avoir des désaccords. On peut avoir des débats sur le pass sanitaire, sur la question du vaccin. On peut avoir des interrogations. Il peut y avoir de la fatigue et même de la colère. Il ne peut pas y avoir de la violence. Et on ne peut pas dire, pardon, n'importe quoi. Si on était vraiment dans une dictature, on n'aurait pas le droit de manifester. On n'aurait pas le droit de s'exprimer. Il y aura un débat parlementaire sur toutes les questions qui nous occupent, y compris celle du pass sanitaire. Très franchement, et c'est notre honneur, on est dans une démocratie, dans un débat et dans une société de solidarité.

On a organisé l'accès aux vaccins pour tous. Clément Bonne, vous jouez donc les 20 000 qui manifestent contre les 2 millions inscrits sur Doctolib. 3 millions même en deux jours. Je ne joue personne contre personne. Mais je le dis, il faut regarder effectivement les proportions. Il y a 3 millions de personnes presque qui se sont inscrites pour des rendez-vous.

Après le message d'alerte et de pédagogie du président de la République lundi soir, ça montre qu'il y avait, dans ceux qui n'étaient pas vaccinés, une toute petite minorité, mais je crois une encore plus petite minorité, qui se livre à la violence, qui est anti-vaccin, qui ne croit pas au progrès, qui ne croit pas à la raison, qui ne croit pas au débat éclairé. Et plus de gens qui, simplement, se posaient des questions, attendaient. Et le message sur la pandémie, sur le variant Delta, pardon, du président de la République a été, je crois, un électrochoc salutaire pour faire prendre conscience des risques sanitaires

3:01
Christine Pirès Beaune

et pousser chacun à se faire vacciner. Ce message, il a changé du tout au tout, vous accuse une partie de l'opposition, comme Marine Le Pen, la dirigeante du Rassemblement National, qui a retweeté ces derniers jours une interview de vous-même, on va vous entendre, au cas de vérité de France 2, il y a deux mois, et dans laquelle voici ce que vous déclariez à l'époque à propos du pass sanitaire.

3:21
Présentateur

Je pense que ce serait excessif, et qu'on créerait une société, pour le coup, à deux vitesses, parce que même si la vaccination accélère, aujourd'hui, tout le monde n'a pas accès à la vaccination. On n'a pas envie que, pour les activités comme le café, le restaurant, même faire ses courses, on ait une société à deux vitesses. Et je pense que c'est très bien comme ça, parce qu'on est capable d'organiser les choses par ses jauges et par ses critères précis.

3:41
Christine Pirès Beaune

Clément Beaune, vous avez totalement changé d'avis sur la question. En deux mois ? Non, d'abord, je l'assume, on s'adapte à cette pandémie.

3:49
Présentateur

Mais sur le fond, on est en effet le 12 mai, et on a réouvert pour tous le 19 mai. Parce que là, je crois qu'on aurait fait une erreur en disant, après des mois d'efforts, de fermeture, de couvre-feu, certains seulement peuvent revivre. On a permis, par étape, 19 mai, 9 juin, etc., à toutes les activités, notamment les cafés et les restaurants, de reprendre leurs activités pour tous les Français. C'était juste et c'était légitime. Et puis, je le dis d'ailleurs explicitement, je crois, la question, c'était l'accès au vaccin. On a, depuis le début de l'année, accéléré considérablement l'accès au vaccin. Aujourd'hui, il est disponible pour tous.

On a même, le président de la République l'a rappelé, près de 10 millions de doses qui sont disponibles. On avait des centaines de milliers de rendez-vous qui attendaient preneur. C'est un contexte très différent. C'était il y a deux mois, mais ça s'est beaucoup accéléré en deux mois. Le contexte a complètement changé. On a aussi ouvert la vaccination le 15 juin aux mineurs. Alors, il faut entendre aussi que même ceux qui ont pris des rendez-vous dès le 15 juin ne peuvent pas être vaccinés complètement début août. C'est pour ça qu'on donne cette souplesse. Mais pardon, c'est très important. Mais le pass sanitaire, ce n'est pas votre truc, c'est ça l'idée ?

Mais moi, je l'ai dit, je crois que je l'ai dit sur ce plateau. Vous pourrez même retrouver des archives, je crois, du mois de janvier. Je ne suis pas un fanatique du pass sanitaire. Je crois que personne ne l'est au gouvernement. Je suis encore moins fanatique du confinement. Moi, j'aime la liberté. J'aime la responsabilité individuelle.

5:08
Christine Pirès Beaune

Donc, le vaccin, c'est la liberté. C'est ça votre message ?

5:10
Présentateur

Le vaccin, c'est la liberté, bien sûr. Dès lors qu'on donne accès à tous. Et je le rappelle, on a organisé l'accès pour tous, l'accès gratuit pour tous, y compris maintenant pour les mineurs. Et donc, on n'est pas du tout la même situation qu'au mois de mai, a fortiori qu'au mois de janvier. Et le pass sanitaire, aujourd'hui, c'est ça où nous serions tous obligés d'être soumis à des fermetures ou à du reconfinement. Mais dans le même ordre d'idée, Clément Beaune, le vaccin peut devenir donc obligatoire pour tous si ça flambe. Alors, le président de la République a été très clair. Il a laissé la porte entre-ouverte. Il a dit qu'on pourrait considérer cette option si... Pas tout de suite.

Pas tout de suite, absolument. Il a dit, je fais d'abord le pari de la confiance. Et puis, je le dis aussi clairement, l'obligation de vaccination générale, c'est compliqué par ailleurs. Quand bien même, ce serait une option. On ne va pas mettre un gendarme derrière chaque Français pour aller se faire vacciner. Le pass sanitaire, c'est une incitation très puissante qui fait le pari de la confiance, de la responsabilité et de l'incitation. Parce que vous n'avez pas l'obligation de vous faire vacciner. Et ce n'est pas pareil qu'une obligation vaccinale. Parce que vous pouvez évidemment aller au travail, aller accompagner vos enfants à l'école sans être obligé d'être vacciné aujourd'hui.

Mais le pass sanitaire, évidemment, ça donne accès à des activités supplémentaires si vous êtes vacciné. Et donc, moi, j'assume cette logique graduelle. Parce que c'est quoi les alternatives ? C'est toujours ça qu'il faut se poser. Gouverner, c'est choisir. Malheureusement, quand on est face à une pandémie, on doit prendre des moins mauvaises options. Et donc, c'est soit le reconfinement pour tous.

Je crois qu'aujourd'hui, les Français qui ont fait des efforts, qui se sont fait vacciner, qui est aussi un effort, ne tolèrerait pas, et ils ont raison, qu'on leur dise parce qu'il y a des gens qui trouvent que le vaccin, c'est pas bien ou parce qu'ils préfèrent attendre, on vous restreint toutes vos activités pour tous. Ça, ce serait insupportable. Et l'autre option, ça serait de laisser filer la pandémie. Je ne crois pas que ce soit ce que Mme Le Pen préconise. Vous savez, Mme Le Pen et ses amis, ils nous ont expliqué que l'ARN messager, vous pouvez regarder les archives de M. Bardella et de quelques autres, c'était dangereux au mois de novembre.

Ensuite, ils nous ont dit que vous ne vaccinez pas assez vite avec le même ARN messager. Ensuite, ils nous ont dit que vous êtes trop laxiste. Moi, j'ai expliqué pour la liberté de circulation, pour les déplacements en Europe, qu'il fallait trouver un équilibre. Ils nous ont dit qu'il faut tout fermer. Et maintenant, ils nous disent que c'est affreux, vous pouvez donner les conseils de responsabilité pour les vacances.

7:20
Christine Pirès Beaune

Donc, il faut tenir une ligne, une colonne vertébrale et un équilibre. Cette question d'équilibre et cette question des frontières, alors que l'épidémie flambe en Espagne et en Portugal, on y revient dans un tout petit instant, Clément Beaune, juste après un coup d'œil sur le fil Info à 9h moins 20 avec Olivia Chandiou.

7:34
Invité

Des pluies diluviennes dans l'Est de la France. Quatre départements sont en vigilance orange, pluie et inondation, la Franche-Comté et la Haute-Marne. Six autres départements en orange pour risque de crues. En Allemagne, à cause des intempéries, quatre personnes sont mortes et une cinquantaine portait disparu. Des maisons ont été emportées dans une rivière. Près de 20 000 manifestants hier en France contre l'extension du pass sanitaire. À Toulouse, Lyon et Annecy, des affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre. Le retour du couvre-feu en Espagne, c'est le cas à Valence. Il doit entrer en vigueur dans les prochains jours à Barcelone, en Catalogne.

Les autorités attendent la validation de la justice. Un couvre-feu instauré entre 1h et 6h du matin pour indiquer les contaminations particulièrement chez les jeunes. Et puis c'est la dernière étape de montagne du Tour de France. Aujourd'hui, 129 km de Pau jusqu'à Luzardyden avec un classique pour les coureurs. L'attention du Tourmalet, le Slovéne Tadej Pogacar, vainqueur de l'étape hier, est toujours en jaune. Le départ, c'est à 13h50. France Info Le 8.30 France Info Laurent Sénéchal, Jean-François Aquiline

8:37
Présentateur

Clément Bonne, vous avez fait sensation en mettant en garde les Français, éviter l'Espagne, éviter le Portugal, avez-vous dit, à cause du Delta. Est-ce que vous maintenez ces préconisations aujourd'hui ? Est-ce qu'il y a des pays à risque en Europe qu'il faut éviter ? J'insiste. Là aussi, on nous a expliqué, on m'a expliqué en particulier, moi qui défend la liberté de circulation en Europe, que nos frontières étaient des passoires et qu'on ne se préoccupait pas de la protection du territoire français. On a toujours cherché un équilibre, jamais tout fermer et faire appel à la responsabilité individuelle. Vous laissez ouvert et vous dites qu'il n'y allait pas.

Alors non, on ne laisse pas ouvert. Il y a le pass sanitaire. Il a commencé comme ça, pour les déplacements européens. Ce pass sanitaire, on l'a harmonisé en Europe. Et donc, pour l'Espagne, pour le Portugal, comme pour tous les pays européens, c'est le même régime, il y a le pass sanitaire obligatoire pour circuler. Pour l'avion et pour le tram, mais pas pour la voiture. Il peut y avoir des contrôles ciblés, mais on peut le vérifier. Mais ça doit être automatique et contrôlé. C'est une des mesures qu'a annoncé le président. systématiquement pour chaque vol, chaque passager, dans chaque aéroport, pour les déplacements en Europe. Test ou vaccin.

Ce sont les deux qui sont aujourd'hui possibles. Et ça vaut pour l'Espagne et le Portugal. Moi, j'ai dit deux choses. Pour l'Espagne et le Portugal, c'est un fait. La carte européenne est publique, actualisée chaque semaine. Il y a une situation difficile. Je ne le stigmatise pas, je ne culpabilise pas ces pays. On a vécu des moments extrêmement difficiles.

9:56
Christine Pirès Beaune

Il reste en vert, en l'occurrence, sur la carte du Quai d'Orsay, pour les restrictions de déplacement.

10:00
Présentateur

Dans la circulation du variant, ils sont en zone de propagation rapide de l'épidémie et du variant. Ils sont verts dans le sens où vous pouvez y voyager. Simplement, je dis à chacun, quand vous êtes vacciné, il n'y a pas de problème, d'abord. Quand vous avez fait vos réservations de vacances, que vous avez de la famille, que vous avez déjà tout organisé, je dis allez-y, soyez prudent, parce que ce sont des zones, objectivement, où le virus circule plus vite. Quand vous avez encore des choix de vacances à faire, je dis soyez prudent. Et il me semble normal, je pense que c'est ma responsabilité, de dire qu'il y a des zones plus à risque que d'autres.

Et donc, évitez-les quand vous avez la possibilité de le faire. Malte, qui renonce à fermer ses frontières aux non-vaccinés, j'espère que vos auditeurs, nos téléspectateurs nous suivent, mais est-ce que les pays membres de l'Union Européenne n'auraient pas vocation à se protéger ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'interdire, à un moment donné, de bloquer des frontières ? Pour ça, je pense qu'il faut être très clair. On a un cadre européen qui est ce pass sanitaire. Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous pouvez circuler, mais à une condition, de présenter ce pass. Soit vous êtes vacciné, soit vous êtes testé négatif.

Malte est allé plus loin en disant on ouvre le pays seulement aux vaccinés. Moi, je l'ai dit, on a un cadre européen avec des règles juridiques qu'on s'est battus pour harmoniser, ça a été difficile. Tenons-nous-en à ces règles. Elles sont protectrices dès lors que vous faites les contrôles. Malte est revenue, tant mieux, dans le droit commun européen. Je dis juste une dernière mesure parce que je pense que c'est important pour les gens qui nous écoutent. Pour l'Espagne et le Portugal, on peut y aller. J'ai fait cette recommandation de responsabilité individuelle.

On peut y aller, notamment quand on est vacciné, mais il y aura, pour ceux qui ne sont pas vaccinés, quand ils reviennent de ces pays, Espagne et Portugal, parce que la situation est difficile, un test de moins de 24 heures à faire, la mesure devrait rentrer en viqueur ce week-end.

11:39
Christine Pirès Beaune

Et isolement obligatoire ou pas ? Non. Pas pour les pays d'Europe. Bon. Juste sur Malte, 80% des Maltais vaccinés avec deux doses, nous c'est la moitié pour l'instant, 40% quasiment. Est-ce que quand on sera au niveau de vaccination de Malte, on se posera aussi la question de ce pass vaccinal, donc, qui va plus loin que le pass sanitaire ? Pour l'instant, ce n'est pas le cas

11:58
Présentateur

et donc je ne veux pas anticiper. On l'a dit, après on a été très clair, notre stratégie maintenant, c'est le vaccin, le vaccin, le vaccin. Mais pour les raisons que vous connaissez, parce que pour les jeunes, notamment, la vaccination n'a pu commencer qu'à peu près mi-juin, on garde la possibilité du test et pour l'instant, c'est le cadre européen, donc on s'en tient là.

12:14
Christine Pirès Beaune

Alors, l'Union européenne a dévoilé, par ailleurs, la Commission européenne, un plan ambitieux, qui est pour l'instant juste un plan, en tout cas sur un plan climat, qui prévoit notamment d'interdire les véhicules diesel, les véhicules essence, d'ici 2035, c'est dans 14 ans seulement. La France voulait que les véhicules hybrides puissent être toujours autorisés, ce n'est pas le cas dans le plan de la Commission, c'est un échec de la diplomatie française ? Non, d'abord, il faut expliquer, c'est le début d'un processus.

12:41
Présentateur

Il y a un paquet, pardon pour cette expression, législatif, de 11 textes législatifs, très important qu'a présenté la Commission européenne. Certains, comme celui-ci, on va le négocier et il y aura peut-être des adaptations. Nous pensons qu'il faut avoir de la souplesse, notamment sur les véhicules hybrides rechargeables. C'est un débat que nous aurons, plusieurs pays ont des nuances à faire valoir et ça mettra sans doute plus d'un an à être négocié. Donc c'est le point de départ de la négociation. Mais ce paquet, j'insiste, il est très important.

L'Europe a aujourd'hui, avec cette proposition, les propositions législatives les plus ambitieuses au monde sur le climat et c'est la France, c'est la France à partir de début 2019 qui a porté ce combat pour ce qu'on appelle la neutralité carbone, zéro émission de carbone en 2050. C'est nous qui avons porté aussi le fait qu'on devait augmenter notre objectif de baisse des émissions en 2030. Il y a plein de choses qui sont très positives dans ce paquet. J'en cite une simplement, c'est ce qu'on appelle la taxe carbone aux frontières de l'Europe. Ce n'est pas du tout celle qu'on a connue.

Le mécanisme carbone aux frontières de l'Europe qui fait que nos entreprises, nos citoyens font des efforts pour réduire les émissions. On va demander à ceux qui exportent vers l'Europe, de Chine, de Russie ou d'ailleurs, de faire les mêmes efforts pour vendre leurs voitures ou d'autres produits sur notre marché. C'est la première fois qu'on fait ça au monde. Mais avec un plan de relance à 750 milliards sur la table, qui va financer cette transition écologique ? Qui ? Avec quels moyens ? C'est une partie de ce plan, vous avez raison. D'ailleurs, dans ce plan, on s'est battu pour qu'au moins un tiers... Il y a un petit côté inaccessible. Non, il n'y a pas un côté inaccessible.

C'est un beau rêve. Ah non, je ne crois pas du tout. Fixer un objectif pour 2035 dans ce domaine comme dans d'autres, c'est très important parce que ça donne de la visibilité aux entreprises, aux industriels qui investissent et qui accélèrent leurs investissements dans cette transition écologique. Et je crois que c'est notre responsabilité de leur donner des objectifs. On discutera exactement du périmètre, mais peu importe. L'objectif de baisser de 55% les émissions en 2030, de sortir notamment du diesel et de l'essence en 2035, c'est très important. Et encore une fois, nous sommes très ambitieux.

Mais il faut accompagner cela par des négociations, par un fonds d'accompagnement à la filière automobile en particulier. Le Président de la République, j'y étais, a réuni les industriels de l'automobile et les partenaires sociaux. 100 000 emplois mais d'abord, on verra le rythme qui est nécessaire pour s'adapter. Il y aura ces négociations et puis de toute façon, il y aura un accompagnement social et industriel parce qu'il ne faut pas voir ça comme une contrainte. Il y a de l'adaptation, des transitions professionnelles à faire, ce sera difficile.

Mais on peut redevenir des leaders industriels mondiaux dans l'automobile électrique ou dans d'autres domaines dans un certain nombre de technologies vertes en Europe. Et nous investissons, je le répète, un tiers de notre plan de relance européen que vous avez cité, 50% du plan de relance français soumis à l'Europe dans les transitions écologiques. Donc, on va devenir, je le crois profondément, leader de cette transition industrielle et écologique.

15:29
Christine Pirès Beaune

Dernière chose, Clément Bonne, rapidement, vous parliez de cette taxe carbone aux frontières sur les importations européennes. Ça ne risque pas de faire grimper les prix et vous ne craignez pas, encore une fois, on a vu les images hier des manifestations, encore une fois, le retour des gilets jaunes avec cette idée de taxe carbone qui revient.

15:46
Présentateur

C'est pas une taxe carbone du tout comme celle qu'on a connue avec les gilets jaunes. C'est au contraire un mécanisme de protection et d'équité. On taxe les importations, ça peut faire augmenter les prix. Oui, mais pour protéger nos emplois et nos industries. Et je vais vous dire pour ce point très précis, parfois, vous avez raison, les importations de certains sont utilisées pour l'industrie automobile ou l'autre. Nous serons très pragmatiques et très progressifs. On va tester ce mécanisme. C'est une première au monde. Il protège nos industries et nos emplois pour que ça soit juste. Et s'il fallait l'ajuster, s'il fallait supprimer ou ajouter certains secteurs, nous le ferons.

On teste ce mécanisme et ce sera, je crois, une vraie victoire européenne.

16:21
Christine Pirès Beaune

Clément Bonne, secrétaire d'État aux affaires européennes, invité ce matin du 830 France Info. Je précise donc que vous raccourcissez le délai pour les tests négatifs pour ceux qui reviendraient d'Espagne ou de Portugal. C'est donc désormais 24 heures, un test négatif de 24 heures seulement. Merci beaucoup.