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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 6 juillet 2025 20 minAutoproduitDivertissementNumériqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

"Il faut utiliser l’IA générative à bon escient, ça utilise énormément d'énergie", affirme l'ingénieur Luc Julia

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    C'est quoi l'histoire de ce vêtement ?

  • 0:51OuverteRéponse directe

    L'IA n'existe pas ?

  • 2:45OuverteRéponse directe

    Vous trouvez qu'on fait n'importe quoi avec l'IA ?

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Pourquoi les starter packs sont des bêtises ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Les professeurs constatent des copies générées par IA, c'est vrai ?

  • 7:15OuverteRéponse directe

    Les craintes des artistes sur l'emploi sont-elles fondées ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31Invité politiqueFait
    « l'IA, ce n'est pas ça. Alors, les IA, ce sont des outils. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « comme le marteau, je peux l'utiliser pour planter le clou, je peux l'utiliser pour vous taper sur votre tête »
  • 3:30Invité politiqueChiffre
    « ça utilise énormément d'énergie, énormément de ressources »
  • 3:59Invité politiqueChiffre
    « ils sont dans un trou de 7 milliards quand même par an »
  • 4:15Invité politiqueChiffre
    « une recherche avec Google, ça prend 10 000 fois moins de ressources qu'une recherche avec ChatGPT »
  • 5:17Invité politiqueFait
    « ces IA vous racontent n'importe quoi »
  • 6:22Invité politiqueFait
    « ces IA, c'est quoi ? C'est des modèles »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « il ne s'est passé rien »
  • 11:20Invité politiqueChiffre
    « on dit que c'est à peu près 64% de pertinence »
  • 11:49Invité politiqueChiffre
    « ils ont montré que ça avait perdu deux points de pertinence depuis 2023 »
  • 17:42Invité politiqueFait
    « ces deux-là, ils ne sont pas bien mentalement »
  • 18:23Invité politiqueFait
    « il considère qu'il est Dieu, globalement »

Temps de parole

  • Invité politique73 %
  • Présentateur27 %

6,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Nous recevons aujourd'hui dans le Grand Entretien un des plus grands non-français de l'intelligence artificielle. Il est Toulousain, mais il vit entre la France et la Silicon Valley aux Etats-Unis. Directeur scientifique de Renault Group, co-créateur de l'assistant vocal Siri. Et il signe au Cherche Midi ce livre intitulé « IA Générative, pas créative ». Bonjour Luc Julia.

0:18
Invité politique

Bonjour Marion.

0:19
Présentateur

Vêtu de votre traditionnelle chemise hawaïenne. D'ailleurs, c'est quoi l'histoire de ce vêtement ?

0:24
Invité politique

C'est depuis l'an 2000, depuis exactement l'an 2000. Donc ça fait 25 ans que je ne porte que de chemise hawaïenne parce que c'est pratique, ça sèche bien, ça ne se repasse pas, ça se lave bien. Tout est bien et ça se porte bien.

0:37
Présentateur

C'est votre uniforme de la tech, chacun son uniforme.

0:39
Invité politique

Oui, c'est mon uniforme. Moi, je n'ai pas de col roulé noir.

0:42
Présentateur

Comme Steve Jobs à l'époque. Les auditeurs peuvent vous appeler, évidemment, vous interroger. 01 45 24 7000 est sur l'application France Inter. Alors, l'intelligence artificielle n'existe pas. Ça, c'était le titre d'un de vos livres en 2019. Mais dans ce livre-là, vous persistez, vous signez en 2025. L'IA n'existe toujours pas ?

1:02
Invité politique

Non, toujours pas. Non, c'est-à-dire qu'on en parle de façon, je dirais, hollywoodienne. C'est-à-dire qu'on fantasme toujours sur ces IA. Bon, j'ai mis au pluriel déjà. Donc, je ne parle pas d'une IA. Parce que justement, quand on parle d'une IA, on parle de ce truc générique, général, qui peut soit nous tuer, soit nous remplacer, ou alors dont on tombe amoureux. Donc, tout ça, c'est pas...

1:22
Présentateur

Comme dans R, le film avec Scarlett Johansson.

1:24
Invité politique

Tout ça, c'est hollywood. Donc, c'est de la science-fiction, c'est rigolo, bon, c'est marrant. Mais ce n'est pas ce que c'est. Et l'IA, ce n'est pas ça. Alors, les IA, ce sont des outils. Si vraiment, il faut que je mette au singulier, je dis que l'IA, c'est une boîte à outils. Une boîte à outils dans laquelle il y a des outils aussi différents que le tournevis, la scie, le marteau. Et donc, ces outils sont parfois utiles, parfois dangereux. Comme le marteau, je peux l'utiliser pour planter le clou, je peux l'utiliser pour vous taper sur votre tête, c'est pas rigolo. Mais c'est à nous de décider comment on les utilise, parce qu'à la fin, c'est nous qui tenons le manche.

Donc, voilà, il faut juste remettre l'église au milieu du village, et donc expliquer ce que c'est que ces IA, ce que sont ces IA. Donc, des outils qui sont de plus en plus simples à utiliser. On a vu ça, justement, avec la génération qu'on voit aujourd'hui, avec les IA génératives. C'est LGBT, grogues, et tout ça. Donc, eux, ils sont faciles à utiliser grâce au prompt, parce que le prompt nous a permis à tous de pouvoir juste parler en langage naturel, avoir un dialogue avec ces IA.

2:21
Présentateur

Il faut expliquer, en fait, c'est les instructions qu'on donne à l'IA quand on veut obtenir un certain résultat.

2:25
Invité politique

Exactement, et donc on leur parle, comme je vous parle à vous tout de suite, en langage naturel, et donc soit en tapant dans ce champ qui s'appelle le prompt, ou en lui parlant même aujourd'hui, donc on a des dialogues avec ces IA. Et du coup, super facile à utiliser, ça veut dire que tout le monde peut faire n'importe quoi, et on ne s'en prive pas de faire n'importe quoi.

2:45
Présentateur

Ah oui, vous trouvez qu'on fait n'importe quoi, par exemple ?

2:47
Invité politique

Par exemple, je ne sais pas, faire les starter packs, par exemple.

2:51
Présentateur

Alors, les starter packs, pour rappeler aux auditeurs, c'était ces petits packs, ces petits kits qui étaient générés selon les caractères des personnes. En fait, on se les envoyait beaucoup entre copains, etc. Voilà, vous avez un copain qui aime le bateau, qui aime, je ne sais pas, la musique, et puis ça générait, l'intelligence artificielle générait un petit bonhomme, enfermé dans un petit emballage avec un mini bateau et un casque pour écouter de la musique.

3:18
Invité politique

Comme si vous étiez Kent et que vous alliez vous vendre dans un magasin de jouets.

3:23
Présentateur

Et pourquoi c'est des bêtises ?

3:24
Invité politique

C'est des bêtises parce que, bon, ça ne sert pas à grand-chose, franchement, et surtout, ça utilise énormément d'énergie, énormément de ressources. Et c'est ça, mon problème avec ces IA. C'est pour ça que je dis qu'on fait souvent n'importe quoi, parce qu'on génère des trucs, on fait des trucs, alors qu'on pourrait le faire avec d'autres outils qui sont d'ailleurs plus efficaces et plus pertinents. Et donc, c'est un peu idiot d'avoir mis à disposition et de donner l'impression que c'est gratuit. Parce que c'est ce que fait très bien OpenAI, le concepteur de ChatGPT.

ils nous donnent l'impression que c'est gratuit, parce qu'ils ne nous font pas payer ou très peu, alors qu'eux, ils sont dans un trou de 7 milliards quand même par an. Donc, ça leur coûte très très cher, mais juste pour attirer les gens, en quelque sorte, pour faire ces trucs qui ne servent à rien. Et même quand on fait des recherches, maintenant, on fait des recherches avec ChatGPT, alors que franchement, une recherche avec Google, ça prend 10 000 fois moins de ressources qu'une recherche avec ChatGPT ou les autres IA génératives. Donc, c'est un peu embêtant qu'on ne soit pas au courant, on va dire, et qu'on ne s'éduque pas.

Alors, je ne demande pas à tout le monde d'être informaticien ou data scientist, ce n'est pas ce que je demande, mais qu'on sache un minimum que ça utilise énormément de ressources et que ce n'est pas magique.

4:39
Présentateur

Et pour ça, évidemment, on trouve tout ça dans votre livre, mais c'est vrai que c'est étonnant, venant de la part d'un spécialiste de l'IA, de quelqu'un qui a presque toujours travaillé dans l'IA comme vous, d'entendre, finalement, utiliser-la au minimum ?

4:52
Invité politique

Ben oui, utiliser-la à bon escient, c'est comme tous les outils, c'est pour ça que je dis, le marteau, je ne vais pas utiliser tout le temps pour faire n'importe quoi. D'accord ? Donc, je vais utiliser seulement pour planter les clous, pas pour planter les vis. Donc, c'est juste qu'il faut savoir, il faut connaître quels sont ces problèmes potentiels, parce qu'il y a les problèmes de ressources qu'on vient d'évoquer, mais il y a aussi les problèmes de pertinence. Je veux dire, il faut quand même comprendre que ces IA vous racontent n'importe quoi. Enfin, elles vous racontent ce que vous avez envie qu'elles vous racontent, en fait.

5:22
Présentateur

C'est ce que peuvent constater certains professeurs en corrigeant des copies générées par Chagipiti, par exemple.

5:27
Invité politique

Alors, je suis content que vous ayez utilisé le mot générer, là, vous voyez, ça m'a fait plaisir, parce que souvent, trop souvent, on dit aussi créé par Chagipiti. Et c'est pour ça, le titre de mon livre, « IA générative, pas créative », parce que justement, ces IA ne créent strictement rien.

5:42
Présentateur

Alors, par exemple, justement, sur ce terme de créatif, en réalité, quand on regarde de quoi les IA sont capables, par exemple, en termes de musique, on voit les morceaux qu'elles peuvent créer et qui prennent de la place sur les playlists. Générer. Générer, pardon. Ça y est, je retombe dans le travers médiatique. Générer des morceaux qui prennent la place de vrais artistes sur des plateformes comme Spotify, comme Deezer, on comprend quand même les craintes qu'il peut y avoir sur ce côté « créatif » des IA.

6:08
Invité politique

On comprend les craintes, mais en même temps, quand vous les écoutez, ces morceaux, vous vous rendez compte qu'ils sont fades, ils ne sont pas tellement intéressants, ils ne sont justement pas créatifs du tout. Ça reprend, ça remixe, en quelque sorte, ce qui existe déjà, par définition même de ces IA. Ces IA, c'est quoi ? C'est des modèles. D'accord ? Des modèles dans lesquels on a mis beaucoup, beaucoup, beaucoup de données. Et quand on les interroge, les modèles recrachent ce qu'ils ont. dans leur ventre, d'accord ? Et en remixant, donc des fois, mais d'une manière totalement aléatoire.

Et donc, c'est pour ça qu'on voit sur Spotify et autres tous ces morceaux qui, effectivement, polluent ces plateformes, mais qui sont mauvais.

6:47
Présentateur

Mais ce n'est pas ce que font déjà les artistes, en réalité, de se nourrir d'une quantité de morceaux qui existent déjà, de musique qui existe déjà, et puis de les remettre à leur sauce.

6:55
Invité politique

Je suis d'accord. Alors bon, il y en a qui sont plus ou moins créatifs de ces artistes, d'accord ? Ceux qui sont les plus créatifs, c'est ceux qui sortent du lot et qu'on vénère, parce qu'on trouve que c'est bien. Puis il y a ceux qui sont un peu barbants. Et qui sont comme des IA. Oui, qui sont comme des IA, en fait.

7:10
Présentateur

Et on comprend aussi les craintes qu'ils peuvent avoir, ces artistes, y compris sur les questions d'emploi. D'ailleurs, le patron de Mistral et IA, l'entreprise française lui-même, il l'a reconnu l'année dernière dans le New York Times. Il disait, forcément, il va y avoir des emplois qui vont être détruits.

7:25
Invité politique

Alors, il faut faire attention à ça, ce que dit Arthur, là. C'est très bien. Il faut faire super attention parce qu'il y a des tâches qui sont remplacées. Ça, c'est sûr, des tâches, c'est la nature des métiers. Des métiers remplacés, c'est très compliqué. Des métiers qui disparaissent, c'est très compliqué. Des tâches qui disparaissent, c'est des tâches qui sont remplacées, des tâches qui évoluent et des nouvelles tâches qui sont créées. Ça, il y en a plein. Parce que, justement, ne serait-ce que la maîtrise de l'outil lui-même, c'est une nouvelle tâche. Vous savez, il faut regarder un peu le passé.

Il faut regarder ce qui s'est passé avec les révolutions industrielles successives et lire un peu Schumpeter d'il y a un siècle.

7:58
Présentateur

La destruction créatrice.

8:00
Invité politique

Oui, exactement.

8:00
Présentateur

Donc, ça détruit des emplois, mais ça en crée aussi.

8:02
Invité politique

Ça en crée aussi. On voit que, justement, c'est non seulement autant, mais surtout plus. Parce qu'il y a toujours une évolution. On voit que, malgré les oiseaux de mauvaise augure qui nous promettent toujours 30 millions, 300 millions, enfin, je ne sais pas combien de milliers d'emplois, de millions d'emplois supprimés. En fait, ce n'est pas vrai. Je ne sais pas d'où sortent ces études. Mais ce qui est rigolo, entre guillemets, c'est de voir que ces études, j'avais exactement les mêmes en 2002 avec Internet. Vous remplacez Internet par IA générative, vous avez les mêmes études. Et depuis, il ne s'est passé rien.

8:34
Présentateur

Sur les créations et destructions d'emplois.

8:36
Invité politique

Oui, il n'y en a pas eu des destructions d'emplois. Il y a eu pas mal de créations. Et, en fait, on est toujours dans une évolution de ces emplois. Donc, il faut faire super attention. Alors, moi, je suis super optimiste, évidemment. C'est ce discours qui dit que ces IA, ces outils vont nous permettre de faire les choses mieux. Mais, des fois, si, par contre, on n'utilise pas l'outil, là, oui, on peut être mis sur la touche. Donc, il faut faire attention.

8:58
Présentateur

Alors, dans ce livre, donc, IA générative, pas créative, vous pointez les faiblesses de l'IA. L'IA a donc des faiblesses. Quelles sont-elles ?

9:05
Invité politique

Ben, les faiblesses, la toute première faiblesse, c'est vraiment sa pertinence. C'est-à-dire que, comme je disais tout à l'heure, elle raconte n'importe quoi. Elle raconte vraiment n'importe quoi. Et on peut facilement le constater. Bon, moi, je m'amuse à faire toutes les deux semaines. Après, je m'amuse à demander à une IA, ma bio. Alors, il se trouve que je la connais assez bien. Donc, je demande ma bio et je découvre à chaque fois une nouvelle bio. D'accord ?

9:28
Présentateur

Qui n'est pas conforme à la réalité. Évidemment.

9:30
Invité politique

Il y a cinq, six erreurs dans une page de biographie. C'est quand même un peu embêtant. D'accord ? Mais bon, ici, on ne fait pas seulement du truc égocentrique. Mais vous demandez juste la biographie de Victor Hugo. Ben, elle va vous sortir deux, trois erreurs aussi en une page. Il va sortir deux, trois erreurs. Donc, c'est quand même lamentable. Parce que, si c'était intelligent, nous, humains, qu'est-ce qu'on fait quand on veut avoir la bio de quelqu'un ? On va sur Wikipédia. On est à peu près sûr que ce sera bon. Et puis, on va vérifier avec, je ne sais pas, un dictionnaire, par exemple, les trucs de base. Ben, cette IA, non, elle ne fait pas ça.

Parce que cette IA, ce qu'elle fait, c'est qu'elle remâche des trucs qui viennent d'Internet. Et on sait très bien que sur Internet, tout n'est pas vrai.

10:09
Présentateur

Il y a des hallucinations aussi, c'est ce que vous dites.

10:11
Invité politique

Oui, les hallucinations, c'est quand vous demandez à une IA quelque chose, l'IA est là pour faire plaisir. Donc, elle va vous donner quelque chose. Ça ne veut pas dire qu'elle va vous donner quelque chose de vrai. Donc, si vous demandez, par exemple, c'est ce qu'avait fait un avocat à New York. Il avait demandé une plaidoirie. Donc, Chachipiti lui a donné une plaidoirie. La plaidoirie était relativement bien parce qu'il avait expliqué quel était le cas. Mais il n'avait pas donné de référence. Et toutes les références, toutes les jurisprudences qui étaient citées n'existaient pas. Ça a été halluciné parce que l'IA sait, entre guillemets, ce que c'est qu'une plaidoirie.

Une plaidoirie doit avoir des références. Et là, il a mis des références, mais elles n'existaient pas.

10:51
Présentateur

Et ces failles, elles sont correctibles ou au contraire, il faut les garder justement pour que l'IA ne reste qu'un outil et ne dépasse pas le maître, c'est-à-dire nous ?

10:58
Invité politique

Oui, en fait, ces failles, elles sont de pire en pire. Parce qu'aujourd'hui, globalement, ces IA, elles ont pris toutes les données qui existent. D'accord ? Donc, Chachipiti, ça a pris tout Internet. Donc, 1 200 milliards de paramètres, c'est énorme. Et donc, il y a des nouvelles données qui arrivent. Les nouvelles données qui arrivent, c'est des données qui sont en général générées par les IA elles-mêmes. Donc, avec les erreurs que ça implique. Et donc, du coup, c'est de pire en pire dans le sens où, bon, les chiffres, c'est à peu près, c'est compliqué de calculer la pertinence, mais on dit que c'est à peu près 64% de pertinence. C'était que 64% de pertinence en 2023. De bonnes réponses.

De bonnes réponses, c'est-à-dire que 36% du temps, ils vous disaient n'importe quoi, c'est quand même un peu embêtant. C'est important. Et donc, aujourd'hui, il y a une nouvelle étude qui est sortie il y a quelques semaines, il y a trois semaines exactement. Une étude d'Open AI, on ne peut pas les taxer de anti-IA. Ils ont montré que ça avait perdu deux points de pertinence depuis 2023. Donc, en deux ans, on a perdu deux points. Donc, c'est de pire en pire parce que c'est alimenté par les IAMM qui créent des erreurs.

12:01
Présentateur

Donc, ça ne va pas s'améliorer, ça ne peut pas s'améliorer ?

12:05
Invité politique

En faisant des statistiques comme on fait aujourd'hui, ça va être très compliqué d'améliorer les choses. La seule façon dont on l'améliore et la façon dont on utilise ces IA, parce que je ne dis pas qu'il ne faut pas les utiliser, c'est les IA plutôt génériques qui sont embêtantes. Mais les IA, dès qu'on les spécialise, dès qu'on va mettre les données dans lesquelles on a confiance, c'est-à-dire qu'on va les spécialiser dans un domaine particulier, avec des données particulières, là, on arrive à des 95, 97, 99% de pertinence. Et là, on peut les utiliser. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas relire ce qui est généré, d'accord ?

Parce qu'il y a toujours une petite erreur possible, mais c'est beaucoup, beaucoup plus utilisable.

12:37
Présentateur

Et donc ça, ça pose tout ça, évidemment, la question de la régulation dont vous parlez aussi dans votre livre, régulation qui est en cours par les Européens. Il y a quelque chose qui s'appelle l'IA Act. Il faut bien l'encadrer quand même, cette innovation, pour qu'elle ne devienne pas un aspirateur à donner, un réservoir à fake news. Et pourtant, vous êtes assez critique sur cette régulation, en tout cas telle qu'elle est faite en Europe.

12:57
Invité politique

Voilà. Donc moi, je suis critique sur les AI Act, mais je suis pro-régulation, en fait. C'est-à-dire que le marteau, si vous voulez, je suis très content qu'on ait régulé et qu'on ait dit, c'est pas bien de taper sur la tête du voisin. Mais comment ça s'est passé ? Ça s'est passé parce que tous ensemble, on a décidé que c'était pas bien de taper sur la tête du voisin, d'accord ? Donc c'est quelque chose qui a été une compréhension générale de tout le monde. Et donc, il s'est passé qu'on a décidé tous ensemble quelle était la bonne façon d'utiliser cet outil. Ça devrait être pareil pour l'IA.

Le problème que j'ai avec l'IA Act, c'est que ça a été une réaction rapide, on va dire, pour une fois, de Bruxelles qui est arrivée et qui a dit, on va légiférer, on va faire une régulation, sans vraiment comprendre ce que c'était. Et on a mis dans des gros sacs, en fait, on a mis plein de technologies qui vont être très, très compliquées à sortir de ces gros sacs maintenant, parce que, justement, la lenteur de Bruxelles va se voir. Et en plus de ça, cet AI Act, en particulier, il est en conflit avec RGPD, qui est une autre régulation.

13:59
Présentateur

Le règlement sur la protection des données, celui qui fait qu'on doit cocher des petites cases à chaque fois qu'on va sur un site pour dire, je ne veux pas...

14:05
Invité politique

Et donc, c'est un conflit avec ça. Alors, ça vient de la même institution, et ils ont réussi à faire un truc en conflit. Donc, c'est un peu ridicule.

14:11
Présentateur

Donc, quand 45 groupes européens, cette semaine totale, Carrefour, Mistral aussi, l'entreprise française d'intelligence artificielle dont on parlait, lancent une offensive pour retarder de deux ans cette application de l'IA Act, c'est une bonne initiative ?

14:25
Invité politique

C'est une bonne initiative, mais ce n'est pas retarder qu'il faut, c'est réviser. C'est-à-dire qu'il faut que cet AI Act soit révisé. Bon, c'est le boulot, ce qui va se faire, justement, avec les jurisprudences et tout ça, mais le problème, c'est que ça va prendre énormément de temps, énormément de ressources, des ressources d'avocats, que les petites start-up, par exemple, n'ont pas l'opportunité de faire. Et donc, ils vont s'empêcher de faire des choses, parce qu'ils vont avoir peur des répercussions des AI Act, que ce soit appliqué dans deux ans ou dans dix ans, ça sera pareil. Donc, il faut juste le changer.

14:52
Présentateur

Vous dites aussi qu'il y a un trou, un oubli dans cette réglementation. Quelque chose dont on parlait tout à l'heure, c'est la question de l'environnement.

14:59
Invité politique

On n'en parle pas, pratiquement pas. C'est-à-dire qu'il y a un tout petit chapitre sur l'environnement, mais on n'en parle pas. Alors, comme on disait tout à l'heure, c'est quand même en ressources, quelque chose qui prend énormément de ressources. On connaît les data centers qui prennent des ressources en électricité, ça on sait, mais ça prend aussi des ressources en eau, qu'on comprend beaucoup moins, parce que c'est loin des yeux l'endiqueur, ces data centers, donc on ne les voit pas, on ne comprend pas.

15:21
Présentateur

C'est pour refroidir les circuits.

15:23
Invité politique

Pour refroidir les machines, quand il y a des milliers et des milliers de serveurs qui se chauffent entre eux, il faut les refroidir. Et malheureusement, ça chauffe beaucoup et on utilise l'eau aujourd'hui, et l'eau s'évapore. Et par exemple, ça dépend, mais entre 10 et 30 requêtes JGPT, plus ou moins complexes, c'est un litre et demi d'eau qui s'évapore et qui disparaît.

15:43
Présentateur

Et c'est de l'eau douce. La réponse à ça, c'est une utilisation frugale. C'est ce que vous disiez, c'est faire moins de requêtes ?

15:47
Invité politique

Voilà, faire moins de requêtes, faire des IA plus spécialisés. Les IA plus spécialisés sont aussi plus petites, et donc du coup, ils prennent moins d'électricité, moins de ressources. Et puis, je ne suis pas obligé de faire tout sur le cloud, tout sur ces serveurs. Je peux aussi ramener des choses en the edge, comme on dit, donc près de moi, dans mes ordinateurs locaux.

16:06
Présentateur

Et quand on voit tous les défauts des IA que vous pointez dans le livre, les dangers aussi qu'il peut y avoir, il faudrait aller jusqu'à l'interdire ? Vous dites non.

16:13
Invité politique

Non, évidemment qu'il ne faut pas l'interdire. Ce serait stupide d'interdire cet outil. C'est-à-dire qu'il faut l'utiliser à bon escient, comme j'ai dit, donc apprendre à l'utiliser. Si on fait des IA spécialisées, comme j'ai dit tout à l'heure, on arrive à des pertinences tout à fait agréables, tout à fait positives. Et du coup, ça devient des bons outils. D'accord ? Donc, on voit d'ailleurs le déploiement de certaines IA qui sont très bonnes et qui aident vraiment les gens à faire mieux leur métier. Vous savez, moi, j'appelle l'intelligence artificielle, j'appelle ça aussi intelligence augmentée. C'est mon intelligence qui est augmentée par cet outil.

Donc, il ne faut surtout pas se priver de l'outil. Il faut juste utiliser à bon escient.

16:48
Présentateur

Donc, vous êtes plutôt favorable aux plans comme celui de Clara Chappas, la ministre, aux ELA qui programme un plan pour accélérer l'adoption de l'IA dans le privé ?

16:56
Invité politique

Oui, il faut la comprendre, encore une fois. Donc, pour l'accélérer, il faut s'éduquer et éduquer les personnels.

17:02
Présentateur

Alors, je voulais vous parler, Luc Julia, parce que vous connaissez bien la Silicon Valley, de ce qui se passe avec Elon Musk ce matin. Je vous laisse tousser un petit peu de ce qui se passe avec Elon Musk ce matin qui annonce la création du parti de l'Amérique. Alors, Elon Musk, c'est le patron de Tesla, de SpaceX, qui était un partenaire de Donald Trump au départ du président des États-Unis, qui a même financé sa campagne. Et puis, tout d'un coup, c'est la rupture. Est-ce que ça, ça symbolise la fin de la lune de miel, en fait, entre le président des États-Unis et les géants des nouvelles technologies ?

17:33
Invité politique

Je ne vous cache pas que je ne suis pas dans la tête d'Elon Musk ni dans celle de Trump. C'est compliqué, je pense, c'est dans leur tête. Donc, je n'en sais rien. Mais ce que je sais, simplement, c'est que ces deux-là, ils ne sont pas bien mentalement. Ils ont des problèmes. Donc, Elon Musk était un garçon intéressant pendant longtemps dans la Silicon Valley. Il a bien profité de la Silicon Valley jusqu'à ce qu'il y ait ce divorce aussi avec la Silicon Valley pendant la pandémie, en gros. Mais bon, il était bien, mais il a, comme je dis souvent, pété une durite. Et il est devenu fou. Mais on l'a vu qu'il est devenu fou, parce qu'on l'a vu dans la campagne de Trump, il n'est pas bien.

Je veux dire, ça se voit.

18:16
Présentateur

C'est une analyse psychiatrique que vous faites.

18:18
Invité politique

Ah oui, mais il faut qu'il y aille. Malheureusement, il n'y va pas. Parce qu'en tant qu'homme le plus riche du monde, il considère qu'il est Dieu, globalement. Donc, il n'est pas bien. Et donc, bon, créer un parti, c'est bien, ça va durer ce que ça va durer. Mais ce n'est pas très grave pour Trump, ça c'est sûr, parce que c'est Trump de toute façon qui a les rênes.

18:35
Présentateur

Et il apporte quelque chose aux nouvelles technologies parce qu'il y a d'autres géants des nouvelles technologies qui se sont alliés à lui.

18:39
Invité politique

Oui, non, en fait, pas vraiment alliés à Trump. Il y a des gens qui se sont affédés, je ne sais pas comment dire.

18:48
Présentateur

Affiliés. En tout cas, qui lui ont fait allégeance.

18:50
Invité politique

Ils ont fait allégeance à Trump juste après son élection, comme Zuckerberg. Mais pareil, Zuckerberg, il se prend pour Dieu aussi. Donc, vous savez, il faut être un peu timbré pour être capitaine d'industrie comme ça. Bon, il y en a encore qui résistent, comme celui d'Apple, Tim Cook, qui est encore assez correct et qui fait les choses correctement.

19:08
Présentateur

On rappelle que vous avez travaillé pour Apple. En tout cas, vous avez cofondé Siri, son assistant vocal. Luc, Julia, merci beaucoup d'être venu ce matin. Je rappelle le titre de votre livre « IA Générative, pas créative », c'est aux éditions du ChercheMidi. Merci beaucoup d'être venu sur France Inter. Et puis, on va rester dans la même thématique puisque, à suivre, il y a la revue de presse mais aussi les grands méchants dans nos nouvelles chroniques d'été. Sous-titrage Société Radio-Canada