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interviewC dans l'air· 4 juillet 2022 65 min

Qui sont les "profiteurs de guerre" ? #cdanslair 02.07.2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonsoir, soyez les bienvenus dans C'est dans l'air. C'est l'un des chiffres clés de la semaine. L'inflation continue de s'accentuer en France, 5,8% sur un an au mois de juin. Et encore, nous ne sommes pas les plus mal lotis. La moyenne dans la zone euro est à 8,6%. L'Espagne est au-delà des 10%. L'énergie, l'alimentation, le papier, l'aluminium, les transports, peu de secteurs échappent au phénomène. Bien sûr, la guerre en Ukraine joue un rôle clé. Tension sur le blé, sur le gaz, sur le pétrole. Mais elle ne fait qu'accentuer un phénomène de pagaille semé par la pandémie dans l'Organisation mondiale de l'économie. Et puis question, toutes ces hausses sont-elles justifiées ?

Cette semaine, Emmanuel Macron et dans un autre registre Michel-Édouard Leclerc ont dénoncé des profiteurs de guerres ou de crises qui utiliseraient le contexte pour alourdir abusivement la facture. Et le gouvernement demande à une série d'entreprises de partager les bénéfices. Alors, qui sont les profiteurs de guerres derrière cette formule provoquante ? Ce sont aussi les nouvelles règles de l'économie que nous voulons aborder. J'attends vos questions, SMS, Internet, réseaux sociaux. Quatre invités pour y répondre. Sylvie Matteli, vous êtes économiste, directrice adjointe de l'Institut de relations internationales et stratégiques et autrice du livre « Géopolitique de l'économie ».

C'est aux éditions Erol. Sébastien Abyss, directeur du club Déméter, spécialiste en géopolitique et sécurité alimentaire. Très important pour notre sujet du jour. Et vous êtes l'auteur d'une géopolitique de la mer, là aussi aux éditions Erol. Anne-Sophie Alsif, chef économiste au sein du cabinet BDO France, prof d'économie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Et Isabelle Raymond, chef du service économie de France Info, vous animerez à la rentrée le rendez-vous quotidien, l'invité éco. Sébastien Abyss, l'inflation, je voudrais qu'on s'arrête sur les origines. On parle beaucoup de la guerre en Ukraine, mais le phénomène d'inflation, il date d'avant.

Oui, parce que finalement, à l'échelle mondiale, ces dernières années, nous avons eu à la fois à constater un emballement général sur la transition climatique. Et donc, il y a un coût de la transition climatique pour produire autrement, pour produire plus proprement, pour changer des chaînes de valeur. Parfois, pour reproduire près de chez soi, on a des coûts de production plus élevés en Europe qu'en Asie. Et donc, la relocalisation de production entraîne aussi de la hausse de coûts. Il y a eu évidemment le Covid qui a surgi dans cette équation.

Et le Covid a fait dérailler des chaînes de valeur, a rappelé l'importance du commerce international, mais aussi ses fragilités, de dépendance ou d'interdépendance. Certains les ont remis en question, certains secteurs d'activité ont arrêté de travailler, d'autres ont continué à travailler. Donc, il y a eu du stop and go selon les territoires à des moments différents. Il y a eu des stop and go également de reprise d'activité ou de consommation en fonction des secteurs d'activité ou des consommations des personnes.

Et c'est vrai que du coup, cette guerre en Ukraine, qui depuis 4 mois intensifie énormément de problématiques commerciales et inflationnistes, au-delà des aspects géopolitiques évidemment, cette guerre en Ukraine ne surgit pas dans un paysage économique et commercial simple. À cela s'ajoute une tendance un peu plus profonde, qui est quand même que depuis 10-15 ans, la mondialisation ne progressait pas à marche forcée, comme on l'avait vu dans les années 90 ou dans les années 2000. Ce qui avait beaucoup progressé, c'était la sino-mondialisation. Et donc, la Chine avait été le moteur de la croissance mondiale et de cette mondialisation depuis 10-15 ans.

Et en fait, depuis 2 ans, ce qu'on voit, c'est que la Chine est surtout le moteur de l'instabilité de l'économie mondiale. À la fois parce qu'elle se ferme, elle se réouvre, elle consomme, elle surachète parfois sur le marché mondial pour se prémunir éventuellement de manque de produits et donc avoir tout ce qu'il faut à domicile. Exemple sur les produits agricoles, elle achète énormément au cas où, parce qu'il y a quand même un milliard et demi d'habitants à nourrir ou à fournir et satisfaire. Et donc, on voit que la Chine, qui a été le moteur de la mondialisation économique et commerciale, a là, depuis 2 ans, aussi un facteur de déstabilisation parfois par rapport au reste de la planète.

Or, la mondialisation avait ou a beaucoup de défauts. Elle a une vertu, c'est de faire baisser les prix, en tout cas jusque-là. Oui, parce qu'on le voit très bien. En fait, je crois que c'est ce qui se joue depuis quelques temps maintenant pour nous, Européens. C'est qu'on voit qu'entre l'exigence climatique, entre la guerre en Ukraine et la pandémie de Covid, l'Europe doit se remettre à produire des choses sur le continent européen. Or, depuis une trentaine d'années, nous avons délocalisé énormément de production. On avait aussi délocalisé nos pollutions. On demandait aux pays asiatiques de gérer nos déchets.

Et donc, on voit que ce retour du productif sur le continent européen, finalement, il y a quelque chose qui s'arrête pour nous, Européens. C'est un peu la fin des 30 glandeuses. C'est-à-dire qu'on a arrêté de bosser. On a demandé au reste du monde de bosser pour nous. On a eu des produits moins chers, par conséquent, parce que les coûts de production étaient plus bas. On n'était pas très regardant sur les dimensions sociales, travail des enfants, impact environnemental dans ces pays. Après tout, nous, ça nous faisait augmenter du temps de loisirs et de vacances. Ça, c'est la fin des 30 glandeuses.

Je précise que certains secteurs d'activité européens n'ont pas arrêté de bosser depuis 30 ans, dont les mondes agricoles, dont on parleront. Dont on va parler. Je retiens l'expression, en tout cas. Sylvie Matéli, je voudrais qu'on s'arrête sur l'aspect Covid. Parce qu'au fond, on nous dit, et Sébastien Abyss vient de le faire, une des causes de l'inflation, c'est la reprise après la première grande vague de Covid. La machine économique n'a pas suivi. Ça fait deux ans, quand même, des industries, des usines, ça se remet en route. Des conteneurs, des camions, ça se relance.

Comment ça se fait, par exemple, qu'on manque encore de semi-conducteurs et que ça arrête encore des usines en France, le manque de semi-conducteurs ? Alors, là aussi, et pour compléter ce que disait Sébastien Abyss, il y a plusieurs facteurs qui interviennent dans l'équation. Le premier d'entre eux, c'est, ça ne vous aura pas échappé, on a mis en place des politiques de soutien de la demande qui ont été extrêmement ambitieuses, on va dire, le quoi qu'il en coûte, a permis d'éviter une catastrophe économique, et c'était son but. Mais c'est vrai qu'on a distribué énormément d'argent dans les grandes économies.

Et je crois que l'exemple caractéristique en la matière, c'est les États-Unis, où presque 25%, un quart du PIB, si vous sommez l'ensemble des plans qui ont été votés, que ce soit sous Trump ou sous Joe Biden, pour relancer cette économie, ça représente quasiment 25% de la production annuelle d'un pays. Donc ça, c'est énorme. Dans un pays comme les États-Unis, ça a eu un effet immédiat sur l'inflation. Ça avait d'ailleurs été prédit par les économistes, qui avaient dit, attention, là, vous allez un petit peu loin dans vos politiques budgétaires, et là, il n'est question que du budget, que de l'argent que l'État a injecté dans l'économie. Vous avez aussi des politiques monétaires.

Rappelez-vous, la Banque Centrale Européenne, elle a arrêté au 1er juillet le rachat des dettes publiques, mais quasiment depuis 2010, mais très fortement depuis le début de la crise du Covid, ont racheté la dette des États pour que les États puissent s'endetter et soutenir leur économie à des taux extrêmement bas. Donc ça, ce sont des facteurs qui ont permis de soutenir la demande, et quand vous avez une très forte demande, vous avez des personnes qui ont envie...

Une très forte demande, c'est des consommateurs, donc des personnes qui ont envie de consommer, et une fois qu'ils ont été enfermés en confinement pendant un certain temps, quand on sort de confinement, vous vous souvenez, je crois que c'était au mois de juin 2020, il y avait les queues devant les grands magasins, on voulait absolument s'acheter tous les habits d'été qu'on n'avait pas pu acheter au printemps. Donc voilà, il y a ce phénomène-là. Il y a un deuxième phénomène, et il y en a certainement d'autres que j'oublie.

Le deuxième phénomène, c'est le fait que la Chine est restée très fermée, on l'a vu il y a encore quelques mois, donc ça fait quasiment deux ans que la Chine et régulièrement, que certaines grandes villes chinoises sont régulièrement confinées, et le confinement en Chine, ce n'est pas tout à fait les confinements que nous avons connus nous, c'est beaucoup plus brutal, on ne va pas travailler, les usines sont quasiment à l'arrêt.

Donc il y a eu cet effet-là, avec en plus un effet boule de neige, c'est-à-dire que les usines ne produisent pas ou produisent peu, mais par contre les commandes sont extrêmement nombreuses et les ports sont bloqués parce qu'il y a un embouteillage de conteneurs et de bateaux qui n'arrivent pas à partir suffisamment à temps. Donc voilà, tous ces phénomènes font que deux ans plus tard, on est toujours dans cette situation. À propos justement des ports et des conteneurs, je voudrais qu'on s'arrête sur cet exemple pour venir à notre sujet du jour, les profiteurs de la crise.

J'ai regardé ce matin en préparant l'émission l'indice du prix des conteneurs, Anne-Sophie Alsif, on était à 1 500 euros avant le Covid, on est monté à 10 000 euros après la vague de Covid, là on est entre 6 et 7 000. Ça veut dire qu'il y a eu à un moment une telle demande de produits et de conteneurs que l'offre ne suivait pas. D'où ma question, et on arrive aux profiteurs, est-ce que la grande entreprise française, 3e armateur mondial, CMA, CGM, fait partie de ceux qui ont bénéficié de la crise ?

Alors moi je suis toujours un petit peu réticente à dire qu'il y a une entreprise, un secteur qui a profité, parce que quand vous regardez l'histoire économique, il y en a qui profitent, il y a des gagnants, des perdants, donc c'est pas trop ça à mon sens le sujet. Le sujet c'est quels secteurs sont impactés, les gagnants, les perdants, et essayer d'aider, ou en tout cas de protéger, pour conserver un minimum d'emplois et puis aussi d'attractivité. Par rapport à ce que l'on a dit, eux ils sont gagnants pour l'instant, mais en 2020 ils pouvaient être perdants aussi quand il y avait le confinement.

Donc c'est vrai qu'il faut utiliser, avoir un peu de mémoire économique, souvent on oublie aussi ce qui s'est passé en 2020. Mais par rapport à l'inflation, pour revenir sur cette question, là aussi il faut faire attention, oui nous sommes dans une situation inflationniste, mais depuis la crise de 2008, nous étions dans une situation où il n'y avait pas d'inflation, voire de déflation, malgré des politiques monétaires très accommodantes. Donc aujourd'hui on dit, oui attention, politique budgétaire, monétaire, comment on a pu injecter tout ça dans l'économie, pendant des années, et c'est ce que tous les économistes regardaient, on injectait, on injectait, on n'avait pas d'inflation.

Et encore une fois, la question ce n'est pas pour ou contre l'inflation, il faut de l'inflation, mais il ne faut pas qu'elle soit trop élevée. La cible c'est 2% au niveau de la zone euro, donc là en effet on est bien au-dessus. Par rapport aux Etats-Unis, on a à peu près le même niveau d'inflation, mais ce n'est pas la même inflation. En Europe c'est de l'inflation importée, alimentaire et énergétique, alors qu'aux Etats-Unis c'est de l'inflation de la hausse générale des prix, donc de la hausse des salaires.

Dans le cas de la zone euro, c'est une inflation donc importée, et à mon sens c'est pour ça qu'il y a un risque de stagflation, parce que même si vous augmentez les taux comme va le faire la Banque Centrale Européenne, à mon sens il y aura peu d'impact, vu que c'est de l'inflation importée. Stagflation c'est croissance nulle plus inflation. Voilà exactement, où on fait un ralentissement de la croissance économique, et à mon sens ça va être un petit peu le cas pour la zone euro, alors qu'aux Etats-Unis on est dans une inflation type classique, donc on remonte les taux, et normalement on devrait avoir une baisse de l'inflation.

Et c'est pour ça qu'à mon sens, un des grands risques c'est vraiment ce découplage entre l'Europe et les Etats-Unis, et notamment sur les marchés financiers. Et puis pour revenir à ce que vous disiez sur la puissance industrielle, l'Europe reste une puissance industrielle, notamment avec l'Allemagne. La question ce n'est pas ce que l'on produit, c'est le niveau de gamme de ce que l'on produit, et la valeur ajoutée créée. En Chine, ils produisent énormément, mais il n'y a pas forcément une forte valeur ajoutée. En Allemagne, ils sont sur d'autres types de chaînes de valeur. Et aujourd'hui, on a souvent critiqué que la France était désindustrialisée.

Le fait d'avoir 5-6% d'inflation, et non pas 7 ou 8, c'est grâce en effet au nucléaire, mais aussi parce que nous sommes spécialisés dans les services qui sont moins inflationnistes que l'industrie manufacturière. Donc ce sont des éléments importants pour comprendre pourquoi on a cette inflation et comment elle va évoluer. Il y a une vertu à l'inflation, là on est à 5-6%, est-ce que c'est encore tenable et est-ce que ça a des vertus au fond, l'inflation ? Alors, ça a quelques vertus. Un élément important qu'on ne dit pas assez en France, c'est que beaucoup de personnes qui ont un logement ont un crédit immobilier à taux fixe.

Quand vous avez un crédit immobilier à taux fixe et que vous avez une forte inflation, peut-être que vos parents l'ont connue, eh bien vous enrichissez. Dans beaucoup de pays du Nord, notamment, les gens sont endettés avec des taux variables. Donc là, ça veut dire qu'avec des hausses de taux, vous pouvez avoir du jour au lendemain une augmentation de votre mensualité de 100, 200, 300 euros et plus. Nous, on n'est pas dans cette situation. Donc si vous êtes propriétaire, que vous avez un prêt à taux fixe comme c'est le cas en général en France, eh bien d'avoir une forte inflation, ça vous permet de vous endetter.

Donc là aussi, il y a, si on peut dire qu'il y a des profiteurs, eh bien là aussi, il y en a. Là aussi, de l'inflation. Je reviens à l'armateur CMA-CGM Isabelle Raymond. Cette semaine, ils ont annoncé qu'ils allaient baisser les tarifs. Oui, puisqu'il y a eu cette fameuse phrase d'Emmanuel Macron qui a parlé des profiteurs de guerre. On a pensé à l'armateur CMA-CGM. Il y a quand même un autre nom qui n'a pas été cité pour l'instant, c'est aussi Total, qui fait partie de ceux qui ont fait des énormes bénéfices à plus de 10 milliards, je crois que c'est 14 milliards pour Total et 18 pour CMA-CGM l'an dernier.

Et quand on voit le prix du carburant qui augmente, celui du transport maritime également, la phrase d'Emmanuel Macron qui parle des profiteurs de guerre, en tout cas, ces deux entreprises, visiblement, se sont senties misées.

13:15
Invité

Et elles ont donc décidé de faire un geste.

13:17
Présentateur

Moins 500 euros pour le prix du conteneur à destination de la grande distribution en France. C'est ça le geste qu'a fait CMA-CGM.

13:24
Invité

C'est ça, exactement.

13:24
Présentateur

Merci pour la transition. On va parler justement de la phrase d'Emmanuel Macron et de celle aussi de Michel-Édouard Leclerc. Inflation 5-8, comment faire baisser la facture ? Le président et le gouvernement sont à la recherche du cocktail et il passe manifestement ce cocktail par une pression sur certaines entreprises. Pression aussi de l'opposition qui pousse pour aller plus loin dans les baisses de prix. Alexandre Malaisson et Erwann Illion.

13:47
Bruno Le Maire

C'est en Allemagne, en marge du sommet du G7, qu'Emmanuel Macron a décidé de s'en prendre à ce qu'il appelle les profiteurs de guerre.

14:01
Invité

Nous avons des systèmes et des marchés qui se sont déréglés à cause de la guerre. Nous avons des gens qui ont spéculé sur la guerre. Et aujourd'hui, vous avez des gens qui font beaucoup d'argent sur la guerre. On appelle ça des profiteurs de guerre. Donc on va devoir régler ça et régler de manière coordonnée en européen à notre économie développée. Sinon, on aura un problème.

14:23
Présentateur

Une charge contre des profiteurs qu'ils ne nomment pas. Le chef de l'État évoque simplement des producteurs qui font des surprofits sur le gaz et le pétrole. En France, plusieurs groupes énergétiques sont pointés du doigt. Total Énergie en tête. Au premier trimestre 2022, le géant pétrolier a vu ses bénéfices progresser de 48% pour atteindre près de 5 milliards de dollars. Le groupe ENGIE ou l'armateur CMACGM sont également concernés. Face à cette entreprise, le gouvernement privilégie pour l'instant la discussion.

Ce que nous allons demander aux entreprises avant tout, et puis on verra en dernier recours, c'est de contribuer aux ristournes à la pompe comme Total et d'autres l'ont fait ces derniers mois. Bruno Le Maire a été très clair.

15:05
Invité

Nous allons demander un effort supplémentaire de baisse des prix à la pompe, de contribution à cette baisse aux grandes entreprises énergétiques, y compris françaises.

15:13
Présentateur

Une stratégie critiquée par les oppositions. Pour elle, la solution, c'est la contrainte. À chaque fois que le gouvernement a demandé quoi que ce soit, il s'est toujours fait renvoyer dans ses cordes. Donc maintenant, on pose un vrai débat. L'Assemblée nationale est élue démocratiquement. C'est elle qui représente le peuple français. Elle doit poser les bases de ce qu'elle veut. Et j'espère que, vu que le gouvernement n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, cette question-là sera posée avec un schéma budgétaire complet.

15:40
Invité

Il est évident que la guerre a permis à un certain nombre d'entreprises de faire des super profits. Et que ces super profits doivent être exceptionnellement taxés pour pouvoir financer les mesures de soutien au pouvoir d'achat des Français.

15:55
Bruno Le Maire

Une taxe exceptionnelle pour les super profits, plusieurs pays voisins s'y sont déjà mis. L'Italie d'abord. Elle a décidé de prélever 25% supplémentaires

16:04
Présentateur

sur les bénéfices des grandes entreprises du secteur de l'énergie. Le Royaume-Uni aussi. Une taxe temporaire de 25% a été instaurée, cette fois, sur les bénéfices des géants pétroliers. Mais en France, cette idée semble pour l'heure

16:17
Bruno Le Maire

exclue par le gouvernement.

16:18
Invité

Nous préférons que l'argent aille directement dans les poches des Français plutôt que dans les caisses de l'État. La taxation des surprofits des groupes n'est donc pas forcément la meilleure solution. Depuis le premier jour, je privilégie une méthode d'engagement collectif aux entreprises de prendre leurs responsabilités.

16:35
Présentateur

Mais les grands groupes énergétiques sont-ils les seuls profiteurs de guerre? Cette semaine, le patron de l'un des plus grands groupes français de distribution s'en est pris directement à plusieurs marques.

16:45
Bruno Le Maire

Quand vous avez des fabricants de produits à base de chocolat et de cacao qui vous invoquent l'Ukraine pour une augmentation de 15% de tarifs sur de la confiserie, sur des barres chocolatées... Vous parlez de Nestlé ? Je parle de Nestlé, je parle de Mars. Il ne faut quand même pas déconner. On est sur l'autre continent pour le chocolat et le cacao. Donc, on peut comprendre qu'il y ait des hausses d'énergie, qu'il y ait des hausses de coûts de transport, mais ça n'a rien à voir avec ce qui se passe en Ukraine, avec n'importe quelle perturbation.

17:17
Invité

L'Ukraine a un peu bon dos.

17:17
Bruno Le Maire

Michel-Edouard Leclerc en appelle même à la création

17:21
Présentateur

d'une commission d'enquête parlementaire sur les origines de l'inflation. Un appel entendu par la Commission des affaires économiques du Sénat qui a réagi dans un communiqué. Les sénateurs oeuvrent depuis longtemps pour démêler le vrai du faux dans cette partie de poker menteur qui voit s'affronter industriel et distributeur sur fond de raréfaction des matières premières agricoles et industrielles et dont les victimes collatérales étaient jusqu'à présent les agriculteurs et désormais aussi les consommateurs. Simple effet d'annonce ou vraie volonté, certaines entreprises ont commencé à prendre des mesures pour, disent-elles, le pouvoir d'achat des Français.

L'armateur CMACGM par exemple qui vient d'annoncer une baisse de ses tarifs de 10 à 20% en métropole. Sébastien Abyss, je voudrais rebondir sur l'exemple donné par Michel-Edouard Leclerc quand des fabricants de produits à base de cacao demandent une augmentation au supermarché de 15%. C'est vrai qu'on se dit que le cacao c'est l'Afrique, l'Amérique du Sud, c'est loin de l'Ukraine. Oui, et en même temps, il faut remettre les choses en perspective, c'est-à-dire que le cacao, il est importé, la matière première est importée d'Afrique en Europe.

La transformation en bar chocolaté ou en chocolat, que ce soit pour Pâques ou pour cet été partir à la plage, elle se fait sur le continent européen, ce qui est un vrai sujet de création de valeur ajoutée sur le continent africain. Mais par contre, les coûts de production augmentent réellement en Europe, que ce soit le coût de l'énergie, le coût du transport, on vient d'en parler. Donc, l'ensemble du processus de transformation du cacao pour en faire une barre chocolatée se fait sur le continent européen. Donc, on voit bien que Michel-Édouard Leclerc... Mais juste les plus 15%, du coup, ils sont...

Ils sont justifiés parce que l'ensemble des activités économiques sur le continent européen, les activités industrielles, les productions agricoles ou les productions industrielles, subissent, de la même manière que l'ensemble des consommateurs dans la vie quotidienne, de la hausse du prix de l'énergie, du gaz. Ce n'était pas nouveau avec l'Ukraine, mais ça s'intensifie. Et donc, l'énergie coûte plus cher, le transport coûte plus cher. Il y a des demandes d'augmentation de salaire qui grimpent partout dans plein de secteurs d'activité. Donc, il y a aussi du sur-enchérissement au niveau des coûts de salaire.

Et donc, produire aujourd'hui en Europe coûte plus cher qu'il y a un an pour tous les facteurs qui font qu'aujourd'hui, produire des choses en Europe coûte cher. Donc, c'est vrai d'un point de vue des produits agricoles et alimentaires. Un agriculteur, dans son champ, utilise du carburant. Il a besoin de carburant pour son tracteur. Il a besoin de gaz. Les engrais ont triplé depuis un an. Et donc, vous avez de la matière première qui elle-même augmente. Donc, tout augmente. dire aujourd'hui qu'il ne faudrait pas impacter sur le prix pour le consommateur du renforcement des coûts de production, c'est mentir.

Et donc, Michel-Édouard Leclerc, je crois qu'il y a deux sujets qui sont intéressants en perspective. C'est un, ça fait des années, si vous voulez, qu'on fait de la négociation commerciale des prix alimentaires une fois par an. ça n'a aucun sens dans le monde contemporain. Avec autant d'instabilité géopolitique, économique, logistique ou climatique, une négo par an, ça n'a pas de sens. C'est pour ça que cette année, il y a une deuxième négo qui est en cours. C'est pour ça que ce qui a été très bien fait avec le gouvernement précédent, l'ancien ministre de l'Agriculture, Julien de Normandie, avait plaidé pour une renégociation au mois de mars.

Et donc, il y avait eu une augmentation de 3,5% sur le prix des matières premières agricoles et alimentaires. Et donc, la grande distribution est censée jouer le jeu. C'est ce qu'on appelle aussi égalime 2. C'est ces lois de négociation. Mais donc, une négo par an n'est pas possible. Et la deuxième chose, et là, je reviens sur le propos précédent qu'on tenait dans la première séquence de l'émission, c'est que les consommateurs européens, ils veulent des produits agricoles et des produits alimentaires de proximité. Ils veulent des produits plus propres pour le climat, plus responsables. On veut de tout tout le temps. On veut quand même qu'on ne manque de rien.

Eh bien oui, il faut reprendre conscience que la nourriture a une valeur, surtout quand elle est produite dans nos pays. Et donc, on retrouve le fait que pendant des années, on s'est habitué à des prix bas et il n'y avait pas d'inflation. Aujourd'hui, il y a non seulement de l'inflation, mais en plus des produits locaux qui sont plébiscités par les consommateurs. Donc, ça coûte plus cher. Et donc, on voit qu'il va falloir aussi un narratif vis-à-vis de la société pour dire, certes, il y a de l'inflation, mais en même temps, sur le prix de la nourriture, on est en train de aller vers des justes prix.

Et donc, là où je pense que Michel-Édouard Leclerc a raison en disant « Attention, les consommateurs, il faut protéger le pouvoir d'achat, les pouvoirs d'achat n'augmentent pas aujourd'hui », il a fondamentalement raison. Là où il a fondamentalement tort, c'est que lui, ça fait des années que son modèle économique, c'est le low cost alimentaire, la guerre des prix bas, au détriment des mondes productifs agricoles et agroalimentaires, au détriment de la valeur réelle de ce qu'est la nourriture dans le budget des ménages. Et donc, c'est vrai qu'il s'enferme un peu dans ce narratif parce que c'est sa marque de fabrique. C'est ça, il est dans son rôle de défenseur du consommateur. Exactement.

Et il est aussi dans de la communication. Vous vous souvenez de la baguette à 29 centimes, de l'essence vendue à prix coûtant. On sait, c'est de notoriété publique que Michel-Édouard Leclerc est extrêmement dur en affaires, que les négociations commerciales avec lui se passent difficilement.

22:30
Invité

Et puis, ce qu'on ne voit pas aussi, c'est que l'inflation, elle concerne au premier chef

22:37
Présentateur

les produits distributeurs, en fait, puisque les négociations commerciales dont on vient de parler, elles concernent les produits des grandes marques. Mais que les distributeurs, ils font ce qu'ils veulent sur ce qu'ils vendent, sous la marque Leclerc, Carrefour, etc. Et que là-dessus, sur les pâtes, c'est très net. C'est très net, sur les pâtes, sur les produits de première nécessité. Et là-dessus, tous les distributeurs ont largement augmenté leur prix sans le dire aux consommateurs. Sylvie Mattelli, question téléspectateurs. Pourrait-on prévoir une taxation exceptionnelle sur les bénéfices de ceux qui profitent de la crise ?

J'imagine que le téléspectateur ou la téléspectatrice qui nous pose cette question pense notamment à Total. Après tout, on l'a fait au très libéral Royaume-Uni. Et on l'a fait en Italie également. Et on y pense dans un certain nombre d'autres pays. Donc tout est possible. La question des profiteurs de guerre, elle se pose au moment de toute crise. Rappelez-vous, quand on a été confinés, les profiteurs c'était les entreprises du numérique parce qu'on avait tous besoin de faire du télétravail. Quand on est sortis de confinement, tout d'un coup on a eu le vaccin et là c'était les entreprises pharmaceutiques. Aujourd'hui, ce sont les entreprises de l'énergie ou autre.

Donc comme on le disait tout à l'heure à juste titre, bah oui, dans tout cycle économique, il y a forcément des gens qui en profitent et d'autres qui en payent le prix. Ce qui est certain, la chose qui permet effectivement de réguler tout ça, c'est la taxation, c'est l'impôt. À condition que l'impôt soit bien payé, que ce soit justement payé. Alors ce n'est pas le cas des entreprises françaises du secteur de l'énergie dont on a parlé, que ce soit Total ou Engie, mais vous avez un certain nombre d'entreprises, on en parlait pas mal pour le numérique, qui ont des modèles qui leur permettent d'échapper aux impôts.

Donc ça, c'est quelque chose qui est en train de se régulariser, mais il est clair que la taxation est probablement l'un des moyens permettant de résorber tout ça. Moi, ce que je vois dans ce discours autour des profiteurs de crise actuellement, c'est finalement une situation qui est assez claire pour le gouvernement. D'un côté, lui, il se retrouve en difficulté à poursuivre quoi qu'il en coûte, même l'inverse, en obligation de réduire la voilure, de réduire sa dépense pour arriver à réduire son déficit et sa dette publique pour deux raisons. On a cité tout à l'heure la Banque centrale qui ne va plus racheter de l'endettement public ou les dettes des États.

Et puis, il y a un deuxième élément, l'inflation et une possible augmentation des taux d'intérêt qui déjà a commencé à renchérir le coût du crédit. Donc l'État, il est en difficulté. Il sait qu'il aura les coudées beaucoup moins franches dans les mois qui viennent pour augmenter sa dépense et pour soutenir le pouvoir d'achat des ménages. Et à côté de ça, au mois de mars, on a annoncé les profits du CAC 40 qui avaient été multipliés par 4 par rapport à 2020. Alors vous me direz, 2020, c'était une année de confinement, c'était une année Covid, ce n'est pas significatif. Ils avaient été multipliés par 2 par rapport à 2019.

Donc des entreprises qui avaient doublé leurs profits, qui avaient amassé un pactole de profits pour les 40 entreprises du CAC 40. 160 milliards d'euros de profits. Et il se dit, tiens, il y a quand même des gens qui ont de l'argent. Est-ce qu'on ne pourrait pas aller piocher là-dedans ? On pourrait imaginer aussi aller piocher dans tous ces ménages qui, grâce à ces années de Covid, ont mis de l'épargne de côté. La question étant de savoir est-ce que l'impôt est la meilleure des mesures dans un contexte qui est quand même assez compliqué, qui est un contexte, on a parlé de la stagflation, de possible ralentissement de la croissance économique à cause de l'inflation et à cause de la guerre.

Et l'Europe est dans cette situation très particulière où aujourd'hui, la situation économique, mais aussi l'incertitude liée à la guerre en Ukraine, fait que les investisseurs, les entreprises, sont quelque peu attentifs à la situation, attentistes dans leurs investissements et la croissance économique pourrait ralentir. Prélever des profits, prélever des impôts sur des profits qui pourraient être investis, c'est peut-être pas tout à fait le bon moment. Alors on y va ou pas vers cette surtaxe ? Anne-Sophie Alcif.

En effet, moi je pense qu'il y a une idée d'avoir une gradation puisque le dernier trimestre va sûrement être très difficile et il pourrait y avoir des explosions sur les marchés de l'énergie. On ne sait pas comment va tourner la guerre où il va y avoir peut-être vraiment une demande qui va être très très forte. Il faut voir que des pays comme en effet les Pays-Bas, l'Allemagne, sont en train de chercher de nouveaux fournisseurs. Donc eux, ce sont vraiment les pays, c'est la première économie de la zone euro qui peut vraiment être enclin à avoir une récession ou peut-être avoir de vraies difficultés.

Donc je pense qu'aussi pour le gouvernement, c'est peut-être pour l'instant on se réserve ça graduellement en fonction de l'évolution de la situation. Et puis l'autre élément qui est quand même fondamental, c'est vrai que vous l'avez dit, dès qu'il y a une crise, on cherche qui sont les gagnants et les perdants pour trouver et mettre en place une taxe. Déjà le gouvernement a dit on va essayer de ne pas augmenter les impôts. Donc c'est vrai que créer cette taxe ça irait déjà à l'encontre. Vous allez me dire que ce n'est pas la première fois. Donc pourquoi pas ? J'ai rien dit.

27:20
Invité

J'ai vu dans votre regard.

27:22
Présentateur

Mais l'autre élément, c'est que toute la croissance française se base sur la consommation des ménages. Et très justement, on s'attendait à avoir avant la crise une consommation à 4% pour se désendetter et pour avoir une trajectoire on va dire d'assainissement des finances publiques. Ça plus la réforme des retraites qui devait être mis en exergue en disant voilà on va faire des économies. Patatra, on aura une croissance beaucoup moins importante à cause de l'inflation. On voit que le taux d'épargne reste quand même assez élevé. C'est-à-dire qu'on est déjà dans un phénomène... On est à 15% ?

15%, on est déjà dans un phénomène où finalement on n'est pas dans de la désépargne comme l'année dernière. Donc ça veut dire que les ménages anticipent une situation économique qui va se dégrader. Et puis l'autre élément c'est qu'en effet pour les ménages ou pour les agents économiques ils savent que peut-être le plus dur est à venir dans les mois qui viennent. Donc ils risquent d'avoir des impacts importants sur la consommation. Donc dégradation des finances publiques dans un contexte où la politique monétaire en effet est moins accommodante et on n'aura pas la fameuse réforme des retraites telle que le gouvernement voulait la faire en disant regardez on va faire des économies.

Je pense que c'est ça qui là aussi pour le gouvernement est assez difficile et on se dit voilà peut-être gardons ça en réserve mais en tout cas ce ne sera pas la première des solutions là c'est plutôt d'avoir une ristourne à la pompe parce que ça ça permet directement de dire aux consommateurs bah voilà consommez vous avez la ristourne à la pompe.

Et puis l'autre élément moi que je trouve assez intéressant ce n'est pas juste pour finir économiquement c'est concernant les salaires certes l'inflation sert l'énergie augmente ou les prix de l'alimentaire la question c'est par rapport à votre revenu vous avez des gens par rapport à votre salaire qui peuvent payer plus parce qu'ils ont un revenu qui est suffisant la question ce sont les bas revenus donc c'est ça la question et c'est vrai que toutes ces aides profitent à tout le monde Total bénéfice en hausse de 48% pour l'instant l'annonce qui a été faite ces derniers jours c'est baisse du prix à la pompe de 12 centimes sur les stations d'autoroute ça passe quand même une surtaxe je sais bien qu'on demande à Total en ce moment de revoir son modèle mais il me semble qu'il y a de la marge mais l'idée quand même c'est de ne pas augmenter les impôts on l'a quand même dit Emmanuel Macron on l'a quand même dit il s'adresse on l'a très bien vu dans votre reportage il s'adresse aussi aux oppositions politiques qui sont très virulentes en ce moment on a entendu Marine Le Pen on a entendu Valérie Rabault on sait très bien quelle est la position aussi du nouveau président de la commission des finances Éric Coquerel donc il dit oui peut-être qu'on va l'envisager cette question de la surtaxe des profits mais en attendant et il fait finalement un petit peu comme Michel-Edouard Leclerc il prend les citoyens à témoin vous voyez on pourrait surtaxer mais finalement on décide plutôt que l'argent il aille directement dans votre poche ça va aller directement dans votre poche au passage petite conséquence de l'inflation me semble-t-il alors qu'il y a quoi qu'il en coûte le déficit de l'État cette année on n'attend pas d'augmentation massive c'est parce qu'il y a des rentrées de TVA on pourrait dire d'une certaine manière que l'État aussi profite de la crise effectivement mais l'État dans le même temps il dit qu'il doit faire des économies il n'y a pas de cagnotes attention effectivement il y a des rentrées d'argent il y a 115% de dettes publiques il n'y a pas de cagnotes on est d'accord il n'y a pas de cagnotes il y a 25 milliards de dépenses qui sont prévues quand même dans le texte sur le pouvoir d'achat et puis il y a une autre question qu'on n'a pas soulevée on peut dire on va augmenter les surprofits mais de qui ?

de quelles entreprises ?

30:37
Invité

constitutionnellement il faut aussi que ça passe on taxe total et on ne va pas taxer le voisin ça aussi il y a un problème constitutionnel autour de ça donc où on augmente les surprofits

30:45
Présentateur

pour toutes les grandes entreprises à partir d'un certain chiffre c'est très compliqué à mettre en place en attendant on préfère une ristourne immédiate rendez-vous important dans ce secteur de l'énergie en ce mois de juillet Biden en Arabie Saoudite au fond une des clés de la baisse des prix c'est la négo qui va se mener entre Biden et l'Arabie Saoudite pour dire produisez plus faites baisser le prix des hydrocarbures ce qui est certain c'est que dans nos discussions européocentrées ou franco-françaises il ne faudrait surtout pas perdre de vue les profiteurs de la guerre à l'échelle internationale les pays et donc il est certain qu'on peut discuter des secteurs des franges de la société évidemment il faut regarder ça finement et il y a sans doute dans la déclaration du président de la République un message subliminal par rapport au contexte politique et la formation à venir du gouvernement en France mais il y a peut-être aussi puisqu'il a fait cette déclaration en marge du sommet du G7 le constat qu'autour de cette guerre en Ukraine un certain nombre de pays passent à la caisse et puis européens pour faire court tandis que d'autres monétisent plutôt bien finalement l'effort de guerre les Etats-Unis depuis 3-4 mois vendent plus d'énergie aux Européens plus cher d'ailleurs que le prix de l'énergie russe vendent plus d'armes et d'appareils militaires notamment à l'Allemagne qui a décidé d'un plan de 100 milliards et dont la moitié est déjà acheté en armement américain au détriment d'ailleurs des solidarités stratégiques européennes et puis les Etats-Unis autre exemple l'Ukraine fournissait la moitié du maïs à l'Union Européenne l'Ukraine grand pays agricole grand fournisseur de céréales on est en train de se tourner vers le maïs américain pour remplacer l'origine ukrainienne et en plus c'est un maïs OGM donc même le consommateur ne s'y retrouvera pas donc les Américains monétisent aussi un certain nombre de choses ce qui montre toujours je crois que et Sylvie Matteli l'a évoqué en creux dans son propos c'est à dire que sur cette guerre en Ukraine ou ces redéfinitions de la mondialisation est-ce que l'Europe défend ses intérêts pleinement est-ce qu'elle est un peu naïve vis-à-vis de certains partenaires on voit bien que les Etats-Unis ou le Canada le Canada au G7 avait plutôt les coups des franches ils ont de l'énergie ils n'ont pas trop d'impact sur leur économie ils n'ont pas trop d'impact sécuritaire ils ont des ressources agricoles aussi alimentaires donc ils sont en train de reprendre des marchés partout dans le monde on a des profiteurs de la guerre sur le terrain géoéconomique et géopolitique et il est vrai que on peut parler des entreprises de l'énergie il faut évidemment regarder les pays producteurs d'énergie dans le monde pétrole ou gaz puisqu'encore une fois là aussi les géographies sont localisées je voudrais juste rappeler une chose en un mot et on va au deuxième sujet profiteurs de la guerre la Russie de janvier à mai 2022 en 5 mois a vendu en pétrole et en gaz pour près de 60 milliards d'euros aux pays membres de l'Union Européenne c'est deux fois plus qu'il y a un an sur la même période il ne faut pas perdre de vue que la Russie aussi profite de la guerre d'un point de vue économique et puis il y a ce constat vous voyez à l'écran ces propos du secrétaire général de l'ONU Antonio Gutiérrez nous sommes confrontés à une crise alimentaire mondiale sans précédent quels en sont les prémices reportage c'est dans l'air en Tunisie à des milliers

34:16
Invité

de kilomètres de l'Ukraine de l'autre côté de la Méditerranée en Tunisie le blé vaut désormais de l'or une denrée qui se raréfie et pourrait manquer demain conséquence directe de la guerre en Ukraine montre-moi c'est de la bonne graine

34:36
Présentateur

ça

34:36
Invité

ouvre le sac est-ce que tu penses que les prix vont encore augmenter

34:41
Présentateur

la guerre en Ukraine

34:43
Invité

ne nous laisse aucun répit certes Mohamed vend son blé plus cher le prix au kilo a pris 20% de plus qu'avant la guerre mais l'agriculteur ne se réjouit pas pour autant car la pénurie guette dans un pays qui importe plus des deux tiers de sa consommation de blé dont 40% de Russie et d'Ukraine la guerre en Ukraine nous a tous secoués elle nous a fait voir le spectre de la faim

35:06
Locuteur 10

si on n'arrive pas

35:08
Invité

à importer du blé cette année qu'est-ce qu'on va manger l'année prochaine la guerre a commencé alors que nous avions déjà semé

35:15
Bruno Le Maire

et on a déjà planifié

35:17
Présentateur

de cultiver des tomates au lieu du blé des tomates destinées à l'export alors qu'on aurait dû cultiver du blé si le gouvernement ne se réveille pas et ne diminue pas sa dépendance au blé importé on va vers le chaos

35:29
Invité

conséquence directe on se presse dans les boulangeries tiens voilà ton pain ici plus de 12 000 baguettes sont vendues chaque jour à une population encore traumatisée par les révoltes du pain dans les années 80 depuis les prix sont bloqués 6 centimes d'euros la baguette mais depuis quelques semaines comme en période du ramadan le pain a commencé à manquer face à la pénurie la solution a été de faire des quotas pour acheter moins de pain parce que parfois on faisait la queue et au comptoir

36:03
Présentateur

on ne trouvait rien

36:04
Invité

vu que les prix des légumes

36:08
Présentateur

et des fruits ont augmenté le pain c'est ce qu'il y a de moins cher pour nous nourrir

36:12
Invité

sachez qu'un simple fruit coûte 7 ou 8 dinars le kilo crise du blé crise économique en Tunisie l'inflation a atteint 7,5% au mois de mai dans le pays le salaire moyen par habitant est de 640 dinars soit 220 euros et beaucoup ne s'en sortent plus je suis sage-femme je n'arrive plus à subvenir à mes besoins j'ai fait un tour dans le marché je n'ai presque rien acheté l'inflation est anormale

36:46
Présentateur

l'argent n'a plus de valeur avant avec 20 dinars je remplissais mon sac là je n'achète plus rien mon salaire ne me suffit plus pour tout un mois

36:55
Invité

une situation qui rappelle celle de 2010 l'étincelle qui avait lancé le début du printemps arabe quand le travail ne permettait plus de manger à sa faim

37:06
Bruno Le Maire

c'est le symbole du martyr de la révolution Mohamed Bouazizi le symbole de la lutte

37:14
Présentateur

pour le pain quotidien pour le travail qui paye

37:17
Invité

le jeune marchand ambulant s'était immolé déclenchant la révolution le peuple dans la rue pour plus de travail de liberté et de quoi manger Rida à l'époque militant aujourd'hui résigné ne croit plus en la révolution il y a des gens qui appellent à une nouvelle révolte mais on a tout à perdre si on fait ça je crains que si on fait une autre révolution ce soit chaotique et que cela nous conduise vers une situation bien pire encore pour tenter de surmonter cette crise et éviter une nouvelle révolte populaire la Tunisie sur endettée négocie un quatrième plan d'aide auprès du FMI

37:59
Présentateur

Sébastien Abyss question d'Henri va-t-on vers une crise alimentaire mondiale voire une famine mondiale et j'ajouterais est-ce qu'elle a déjà commencé parce qu'on l'annonce depuis le début de la guerre en Ukraine est-ce que déjà il y a une crise alimentaire ?

En fait elle a démarré depuis des décennies c'est-à-dire qu'on a près d'un milliard d'habitants sur la planète qui ont faim ou pas grand chose à manger au quotidien et on n'en parle pas on ne les regarde pas et ça ne nous intéresse pas parce que nous on a tout ce qu'il faut donc cette crise alimentaire pour beaucoup d'habitants sur la planète en fait elle existe bien avant le Covid et avant l'Ukraine pendant le Covid vous avez eu une intensification des pressions alimentaires pour beaucoup de ménages dans le monde parce qu'elles ont perdu de l'emploi, des revenus donc il y avait moins d'argent pour acheter de la nourriture et il y avait déjà de l'inflation il y avait déjà de l'inflation l'inflation alimentaire mondiale 2021 c'est 25 à 30% dans certains pays dans le monde et donc c'est vrai que cette guerre en Ukraine si vous voulez là aussi c'est un peu ce qu'on évoque depuis le début de l'admission cette guerre en Ukraine en fait a été un booster à énormément de problématiques à la renforcer des instabilités agricoles mondiales parce que l'Ukraine est un super producteur exportateur d'alimentation la Russie est aussi un grand pays exportateur et donc vous avez aujourd'hui des pays dans le monde où d'ores et déjà il y a des tensions fortes sociales sur le prix de la nourriture qui augmente votre reportage le mentionne en Tunisie l'inflation alimentaire c'est près de 10% tous produits confondus sur les oeufs c'est 25% sur les fruits c'est 20% sur un an sur les céréales c'est 15% donc en Tunisie c'est un exemple illustratif dans ce sens où ce pays 12 millions d'habitants doit acheter la moitié des céréales qu'il consomme sur le marché international si ces céréales coûtent deux fois plus cher la facture est plus salée pour le gouvernement le gouvernement doit donc faire appel à de l'aide internationale ce qu'il va faire la semaine prochaine en demandant une nouvelle série de prêts au FMI et donc vous avez une mécanique infernale parce qu'en même temps dans ces pays puisque la nourriture à domicile produite ne suffit pas pour combler 100% de la demande et bien vous avez des subventions alimentaires qui depuis des années sont déployées pour acheter la paix sociale parce qu'on sait que si la nourriture vient à manquer on a des risques d'instabilité cette subvention alimentaire en Tunisie elle coûte déjà cher elle coûte de plus en plus cher si les produits coûtent de plus en plus cher et donc on voit que le gouvernement tunisien aujourd'hui est un peu tétanisé parce qu'évidemment en 84 il y a eu des émeutes du pain à l'époque de Bourguiba et en 2010 Ben Ali a chuté la dictature tunisienne est tombée parce que les problématiques de la vie chère étaient d'abord la première revendication et c'était le début des révolutions arabes d'où ma question Sylvie Matteli est-ce qu'il y a des mécanismes d'aide internationale qui fonctionnent il y a pour un pays comme la Tunisie une symbolique particulièrement forte à se dire on ne va pas laisser tomber ce pays est-ce que se mettent en place entre le FMI l'ONU la FAO des mécanismes pour affronter cette crise alimentaire Alors on a commencé à voir se mettre en place un certain nombre de mécanismes pour approvisionner ces pays ou pour les aider ou pour subventionner aussi les consommateurs pour qu'ils puissent acheter de la nourriture simplement ce sont des mécanismes qui par le passé ont soit été temporaires et finalement permettent de passer une crise tant bien que mal mais on doit aussi penser à des choses qui s'inscrivent dans la durée si vous prenez la Tunisie la Tunisie cette année si mes informations sont bonnes annonce une forte augmentation de ces récoltes de blé pourquoi ?

et bien ça fait suite à ce qui s'est passé au moment des printemps arabes en 2010 et la Tunisie a investi a commencé à investir dans son agriculture et je crois que elle a redécouvert d'une certaine manière même si elle n'a pas complètement solutionné ces difficultés elle a redécouvert la nécessité de promouvoir sa souveraineté alimentaire et je crois que ce qui est en train de se jouer aujourd'hui sur les marchés agricoles mais sur l'ensemble des marchés c'est que dans les années 90-2000 la mondialisation dont on a beaucoup parlé en début d'émission et bien nous a permis d'accéder à tout un ensemble de produits à très bon marché au fond on ne produisait plus en France parce que c'était bien moins cher d'acheter des produits chinois et bien pour les produits agricoles on ne produisait plus ou de moins en moins dans un certain nombre de pays du sud parce que les politiques agricoles des pays du nord et le fonctionnement des marchés de matières premières et de produits agricoles partout sur la planète avaient fait chuter les prix des produits agricoles et qu'au fond il était plus avantageux d'importer de la nourriture que de la produire on arrive aujourd'hui à une période où tout cela pour toutes les raisons qu'on a évoquées depuis le début n'est plus possible et il faut redevenir souverain et investir massivement donc au delà de toutes les aides qu'on va donner pour éviter ou qu'on va promouvoir pour éviter le pire dans les mois qui viennent il faut aussi repenser à l'investissement dans l'agriculture il y avait une déclaration c'était en 2014 il y avait eu une conférence à Malabo sur les questions agricoles mais Sébastien en parlera bien mieux que moi où les pays africains s'étaient engagés à investir à minima 10% de leurs dépenses publiques dans leur agriculture et d'investir également dans l'innovation dans le domaine agricole etc.

ça avait été suivi de très peu de faits parce que la volonté politique n'y était pas il faut espérer que ça va se poursuivre parce que le diagnostic est fait et on sait très bien vers quoi il faut aller Est-ce que des pays comme la Tunisie doivent aller vers au fond une autosuffisance alimentaire ?

Alors moi je serais plus nuancée parce que économiquement c'est pas toujours efficient ce qu'on appelle les fameux avantages comparatifs et donc des fois je rappelle que tous ces marchés ce sont des marchés en dollars et à mon sens qu'est-ce qu'on voit dans cette crise pendant la mondialisation pendant des décennies on a quand même eu une baisse du taux de pauvreté au niveau mondial alors bien sûr ça dépend des endroits mais en tout cas globalement on allait vers moins de pauvreté et donc plus d'accès à la nourriture on a déjà une première tendance avec le Covid avec plus de 150 millions de pauvres qui sont redescendus et qui ont des problèmes pour se nourrir et surtout qu'est-ce qu'on voit avec cette crise avec la Tunisie mais l'ensemble des pays émergents c'est vraiment le problème du système productif ce sont des pays qui ne sont pas diversifiés qui sont uniquement spécialisés dans l'agriculture ou l'énergie donc bien évidemment ils peuvent exporter là ils vendent leur blé plus cher mais ça reste en dollars ils doivent tout importer ils ne créent pas assez de valeur ajoutée donc ils n'ont pas assez de liquidité pour acheter des produits transformés et donc ils sont toujours dans un phénomène de dépendance donc là aussi il faut faire un petit peu attention on manquait de masques il faut produire des masques on manque de blé il faut tout d'un coup être autosuffisant en nourriture il faut faire un petit peu attention à ça la question encore une fois c'est toujours qu'est-ce que vous produisez pour combien la valeur ajoutée que vous créez qui vous permet d'acheter ou pas ou d'être autonome financièrement c'est beaucoup plus ça vous l'avez évoqué le problème de tous les pays émergents c'est que beaucoup sont endettés en dollars ont une monnaie qui est faible et avec des politiques monétaires qui sont beaucoup moins accommodantes et bien peut voir une explosion de leurs dettes et en fait c'est beaucoup plus ça sur les marchés financiers qui appauvrit les états du sud que des problèmes ponctuels dans l'agriculture ou dans d'autres produits on parlait Isabelle Raymond guillemets guillemets des profiteurs de la guerre les premiers chiffres pour la récolte française de blé cette année sont tombés ils ne sont pas si mauvais est-ce que au fond sur ce terrain du blé la France s'en sort plutôt bien et parmi les gagnants oui après on voit sur tous les sujets que ce soit sur l'alimentaire sur l'énergie se pose toujours la question de la souveraineté il y a des moments où on est gagnant

45:24
Invité

où on est perdant on dépend de marchés mondiaux avec des cours mondiaux on l'a vu sur l'électricité

45:31
Présentateur

sur la production française il y a des moments où on est hyper content d'avoir un appareil productif performant qui nous permet de vendre plus cher de l'électricité à l'étranger et il y a des moments où on est obligé d'importer et on est perdant sur d'autres domaines donc en fait effectivement je rejoins assez ce que vous dites sur on ne peut pas dire dès qu'il n'y a plus de masques on doit produire des masques et puis après le blé on se pose la question on dépend de marchés mondiaux et il y a un moment il faut faire avec question courte réponse courte parce que je voudrais qu'on aille au troisième reportage Sébastien Lys moi j'ai une curiosité sur la Chine il me semble que la Chine est le premier producteur de blé mondial mais pas dans les dix premiers exportateurs la Chine consomme tout son blé ?

alors la Chine consomme tout son blé et est-ce qu'elle peut en exporter davantage ?

non pas du tout en fait la planète blé elle est très simple aujourd'hui vous avez la Chine et l'Inde qui sont les deux premiers producteurs mondiaux de blé mais ils ont chacun un milliard et demi de personnes à nourrir chaque jour chaque jour quand même l'alimentation c'est pas une fois dans l'année donc en fait ils ne sont pas exportateurs et donc vous avez deux grands pays producteurs qui ne sont pas exportateurs et vous avez dix pays producteurs exportateurs dont le premier est la Russie la France est quatrième ou cinquième producteur exportateur de blé ces dix premières puissances productrices exportatrices font à elles seules 80% de l'exportation mondiale de blé et donc je me permets quand même d'insister sur votre question qui est extrêmement intéressante est-ce que la France et la Tunisie par exemple ont des choses à faire sur le terrain alimentaire ?

Oui parce que la Tunisie ne sera jamais autosuffisante elle a des réalités climatiques elle a peu d'eau elle a peu de terre et elle a en plus des réalités politiques avoir des politiques agricoles qui permettent d'aller renforcer les volumes avec stabilité ça veut dire aussi d'être dans un terrain politique stable ce n'est pas le cas de la Tunisie malheureusement mais pourquoi il faut peut-être penser à la Tunisie en particulier en Méditerranée parce que c'est quand même le seul pays depuis une dizaine d'années qui fait une expérience de démocratisation donc il faut soutenir ce pays il faut faire en sorte que ce pays ne recule pas dans les tentatives démocratiques qui sont les siennes depuis une dizaine d'années et donc la France de toute façon historiquement et cette année encore puisque la récolte est bonne continuera à exporter d'abord et avant tout son blé non pas aux quatre coins du monde mais d'abord vers le Maghreb et vers les pays du pourtour méditerranéen ce qu'elle fait tous les ans et cette exportation elle est bonne pour l'économie française elle est bonne pour la stabilité politique du bassin méditerranéen donc aussi pour l'Europe on revient à la vie quotidienne en France comment gagner des centimes sur le panier de course ou le trousseau de vêtements des enfants on vous propose un petit tour de France du système D avec Mathieu Barret Rapoline Guillerot Malik et Ilana Azenko

48:16
Invité

Par exemple voilà le reblochon de Savoie ça c'est assez intéressant parce que c'est un fromage qui coûte assez cher on est à 5,59 euros l'unité le deuxième il a moins 60%

48:31
Présentateur

chaque semaine Coralie JB consacre une matinée complète à une activité devenue indispensable la chasse aux promos

48:39
Invité

moi je fais beaucoup de courses par exemple pour cette enseigne là et en fait je compare les promos avec les catalogues en cours et je prends le moins cher en fait donc j'hésite pas à faire plusieurs magasins bon après c'est une habitude c'est une gymnastique au début j'ai passé beaucoup de temps et maintenant ça va mieux là c'est ma réserve personnelle donc voilà dès qu'on a des articles qui sortent un petit peu de l'ordinaire en termes de prix j'hésite pas à les stocker pour anticiper mes besoins annuels

49:11
Bruno Le Maire

dernière affaire plus de 10 paquets de céréales des achats en gros qui permettent des économies considérables

49:19
Invité

sur le mois de janvier j'ai fait 1300 euros d'achat et en fait au total toute remise déduite avec tous mes bons plans en fait j'ai réellement sorti 385,15 euros de ma poche

49:33
Présentateur

cette mère de famille n'est pas un cas à part au premier trimestre 2022 le pouvoir d'achat des français a chuté de 1,9%

49:41
Bruno Le Maire

puis de 1,1% au deuxième trimestre en cause une inflation croissante depuis plusieurs mois et une conséquence une augmentation annuelle des prix qui a approché la barre des 6% en juin alors les consommateurs s'organisent notamment sur internet applications groupes d'entraide ou sites recensant les bons plans les systèmes défleurissent Laurent et Sophie ont créé Anticrise en 2015 le premier catalogue numérique de réduction

50:11
Invité

l'idée c'était de partager on s'est rendu compte qu'il n'existait absolument rien sur les courses c'était pas du tout d'en faire une activité professionnelle il se trouve que le succès a été rapidement au rendez-vous et que pour se consacrer à ça c'est un travail à plein temps et c'est toujours le même sentiment qui nous anime aujourd'hui aider les consommateurs

50:33
Présentateur

en 5 ans d'existence le site a épaulé plus de 30 millions de consommateurs 2 millions sur le seul mois d'avril

50:40
Invité

clairement sans anticrise je ne pourrais jamais partir en vacances j'aurais même du mal à finir les fins de mois ça fait plaisir de voir qu'il y a des gens qui arrivent à s'en sortir grâce à nous donc on ne peut qu'en être fiers

50:52
Présentateur

cette solidarité on ne la trouve pas que sur internet Bordeaux au coeur de ce quartier populaire se trouve depuis 2018 l'un des 33

51:05
Bruno Le Maire

supermarchés coopératifs français comme dans n'importe quelle grande surface on peut y remplir un caddie classique mais ici tout est à prix réduit

51:15
Invité

par exemple si on prend ces pommes de terre là on peut dire qu'elles sont vendues ici en 26 c'est facilement entre 50 et 2 euros dans la distribution classique

51:26
Présentateur

mais alors comment garantir des prix cassés toute l'année pas de gérant pas de salarié ici c'est le client qui tient la boutique

51:34
Bruno Le Maire

on fait de la mise en rayon en fait

51:38
Invité

absolument oui dès que les légumes et les fruits arrivent on les met tout de suite en rayon pour que ce soit le plus prêt possible c'est votre travail c'est pas le travail on est bénévole

51:49
Présentateur

3 heures de service par mois et cette retraitée payera son panier de course 20% moins cher les retraites elles sont pas à expansion donc forcément avec les prix qui augmentent

52:05
Invité

on s'y retrouve quand même beaucoup plus

52:07
Présentateur

pour aider les petits porte-monnaie le gouvernement s'est engagé à présenter un projet de loi sur le pouvoir d'achat dans la foulée des élections législatives vous avez tous réagi quand vous avez vu la dame qui fait beaucoup de stocks dans sa cave vous disiez Anne-Sophie Alcif il ne faut pas faire ça

52:24
Invité

oui il ne faut surtout pas faire ça parce que justement on dit il va y avoir des pénuries les prix augmentent donc si on commence tous à stocker beaucoup

52:31
Présentateur

en effet vous allez dans une chaîne d'augmentation des prix de pénurie donc en effet surtout pas là aussi il faut faire attention en France on a une puissance agricole en Europe on produit même pendant le Covid on disait qu'on allait peut-être avoir des pénuries on n'a pas eu donc là aussi il faut faire vraiment attention c'est sûr c'est bien de voir les promotions parce que ça permet vraiment à certaines familles de faire de vraies économies mais voilà il faut garder la consommation classique que l'on a et ne pas se dire attention attention je surconsomme parce que c'est en promotion parce qu'en effet ça aura un effet inverse alors avec ma petite retraite nous dit Patrick dans la Nièvre je faisais déjà attention au prix de l'alimentation sur quel budget vais-je pouvoir économiser pour vivre décemment je pense que c'est une question que se posent beaucoup de Français Isabelle Rémi oui et il y a en fait on a vu que les habitudes d'achat des Français ont déjà changé avec l'inflation puisque l'inflation quand même des produits frais par exemple elle est au-dessus de l'inflation moyenne l'inflation vous en avez parlé c'est 5,8 les produits frais c'est 6,2

53:26
Invité

et vous avez déjà des Français qui ont forcément regardé les étiquettes flambées et ce qu'on a vu qui a commencé à baisser c'est notamment

53:35
Présentateur

tout ce qui est produits à la découpe donc viande à la découpe charcuterie à la découpe etc les produits bio aussi qui sont généralement plus chers que les autres donc ça ça a commencé à baisser et puis il y avait un patron de supermarché qui me disait aussi alors je ne sais pas si on peut le généraliser mais tout ce qui est produits plaisir a baissé donc notamment l'alcool a baissé et il y a beaucoup de gens aussi qui se mettent à acheter sur internet puisque sur internet vous ne baladez pas dans les rayons donc vous n'allez pas acheter la tablette de chocolat en plus voilà donc vous allez acheter exactement on fait sa liste de course et on voit que l'essor sur internet est notamment lié au fait de vouloir maîtriser son budget alimentation pour faire le lien avec un autre sujet qu'on a abordé Sylvie Mateli au fond comment aider ceux pour qui les fins de mois sont vraiment difficiles il va falloir mieux cibler les aides c'est ça le chemin que doit prendre la politique après le quoi qu'il en coûte tout à fait c'est vraiment l'idée parce que le quoi qu'il en coûte aider tous les ménages coûterait extrêmement cher on le voit dans votre reportage il y a les fans de promo les français sont pour certains fans de promo et finalement dès qu'il y a une promotion je fais une bonne affaire ça me fait du bien j'aime bien mais je stocke et je ne suis pas forcément en difficulté à la fin du mois mais à côté de ça il y a des personnes pour qui le budget alimentation était extrêmement important et même une augmentation de quelques pourcents est déjà difficile et ce d'autant plus qu'on regarde toujours les chiffres macroéconomiques les chiffres de la globalité on regarde la part de l'alimentation dans le budget des ménages pareil dans le budget des ménages alors que les situations sont très différentes que vous y viez en ville ou à la campagne ou dans une ville moyenne sur des marchés dans les grandes villes on sait que il y a des quartiers où les prix au marché au supermarché sont bien plus élevés et ont tendance à augmenter beaucoup plus vite en fait que dans d'autres secteurs donc c'est tout ça c'est à géométrie variable il faut arriver il y avait l'idée qui avait été évoquée par un think tank de distribuer un chèque alimentation aux personnes qui ont des difficultés à s'alimenter mais c'est vrai que la difficulté c'est de les identifier en fait c'est d'avoir vraiment cette visibilité là le problème de ce qu'on complète c'est que c'est un petit peu la double peine on parlait des gagnants et des perdants souvent ces ménages c'est ceux qui ont perdu aussi pendant le Covid donc il y avait en effet des contrats précaires qui n'ont pas eu bénéficié du quoi qu'il en coûte comme la majorité de la population qui n'ont pas pu surépargner donc c'est déjà cette catégorie qui a été fragilité par le Covid qui reprend la peine de l'inflation et en fait c'est ça la difficulté c'est de les identifier parce que c'est souvent des gens qui sont vraiment dans les premiers déciles de revenus enfin qui ont les revenus les plus bas et qui en plus ne sont pas forcément et n'utilisent pas forcément toutes les aides sociales ne sont pas dans tous les canaux où on peut avoir de l'aide et vous pouvez comme ça une partie de la population que vous ne voyez pas passer à côté et c'est vraiment ça qu'il faut regarder dans le taux de pauvreté qui est à mon sens très préoccupant par rapport on va dire aux aides plus généralement Nous en revenons à vos questions et celle-ci Sébastien Abys qui au fond fait le lien avec tout ce qu'on vient de dire va-t-on devoir changer nos manières de manger pour s'adapter à l'inflation alors à la fois pour manger pas cher et en même temps pour s'adapter aux contraintes nouvelles contraintes de mondialisation et les contraintes écologiques Il est certain que le consommateur en tout cas français, européen va être confronté à des bifurcations importantes dans les prochaines années D'abord peut-être se poser la question quand le budget mensuel est contraint de savoir qu'est-ce qui est essentiel qu'est-ce qui est superflu l'alimentation étant essentielle évidemment la dépense alimentaire est difficilement contournable et donc il faut à la fois permettre à celles et ceux qui sont dans les situations les plus précaires 6 à 8 millions de français sont en précarité alimentaire de pouvoir se nourrir avec de bons produits tous les jours et de manière diversifiée et puis il y a ceux qui peuvent éventuellement corriger la dépense alimentaire dans le budget mensuel parce qu'on est tombé à 12-13% en moyenne dans le budget moyen des français la dépense alimentaire c'est peut-être un peu trop bas là où elle était de 30% il y a 30-40 ans donc on va peut-être voir des ménages en France et en Europe reconsacrer plus de valeurs relatives à l'alimentation pour une alimentation plus écolo plus bio plus local parce que si l'alimentation coûte plus cher de toute façon elle prendra plus de poids dans les dépenses mensuelles et en même temps si on veut consommer des produits locaux européens ou français et puis respectant un peu de saisonnalité aussi on va retrouver peut-être un peu de bon sens et puis si on veut promouvoir une économie locale avec des producteurs de viande ou des produits bio d'à côté dont on a envie de soutenir le modèle productif et social et territorial ça peut coûter plus cher donc c'est un peu nos cohérences par contre je crois qu'il y a un vrai sujet dans cette question qui est précieuse c'est est-ce que finalement nous allons être en capacité d'entraîner tout le monde dans les prochaines années vers une amélioration alimentaire en quantité en qualité en diversité ça veut dire que je reprends ce qu'a dit Sylvie Mateli tout à l'heure l'Europe et la France sont aussi concernés par la question de la production agricole il ne faudrait pas dans ce moment où on voit l'alimentation compter énormément encore une fois c'est vital c'est l'essentiel c'est notre quotidien c'est nos liens sociaux nos plaisirs aussi nos plaisirs il ne faudrait pas faire moins d'agriculture en Europe et en France dans les prochaines années on commettrait une erreur stratégique donc attention on a désindustrialisé pendant 30 ans dans certains domaines en agriculture en agroalimentaire on reste bon et fort aujourd'hui pendant le Covid on a manqué de rien il ne s'agirait pas dans les prochaines années de détricoter l'une de nos sécurités premières Juste par rapport à ça il y a vraiment la question aussi des inégalités parce que comme on l'a dit c'est souvent les produits frais qui coûtent le plus cher donc ce qui se passe c'est souvent dans les revenus les plus bas on va acheter plus de produits industriels transformés vous l'avez dit le bio est moins acheté donc c'est vrai que là aussi il faut essayer de ne pas trop avoir un pris parce qu'on ne va pas forcément acheter plus bio plus productif on l'a vu pendant le Covid on devait tous aller à la ferme acheter ces produits et dès que c'était fini on sait ça malheureusement et nos contradictions à nous comment être sûr que les augmentations sont liées à d'autres augmentations et non à de la spéculation nous demande Martine elles sont aussi liées à de la spéculation mais attention on a parlé tout à l'heure des marchés internationaux de matières premières ou autres et c'est essentiellement sur ces marchés là que se fait la spéculation alors après elle est répercutée sur nos produits parce que quelqu'un la paye cette spéculation mais c'est quelque chose d'extrêmement important et ça a été dit d'ailleurs dans les profiteurs le président de la République parler de cette spéculation il faut bien comprendre comment fonctionnent les marchés de matières premières et de produits agricoles en réalité ce qui se retrouve sur le marché à un moment donné c'est soit les pénuries soit les excédents pourquoi ?

parce que la plupart des achats se font de gré à gré entre un producteur et un acheteur donc en réalité ces marchés sont naturellement spéculatifs c'est sur ces marchés là qu'avaient été créés c'est un peu technique mais dans les années 70 les premiers produits les premières couvertures à terme en fait c'était pour protéger les producteurs de baisses de prix ou les acheteurs de trop fortes augmentations donc il y a une partie des acteurs financiers sur ces marchés qui sont de fait des spéculations pour le meilleur la couverture mais aussi pour le pire dans les crises et dans les moments difficiles parce qu'ils spéculent à la hausse ou à la baisse et ça se répercute systématiquement petit rappel en 2008 le G20 et c'est Nicolas Sarkozy un autre président français qui avait porté ce projet voulait réguler la spéculation sur les marchés de matières premières vous en avez tous entendu parler vous en souvenez tous non personne ne s'en souvient personne ne le sait pourquoi ?

parce que ça a fait long feu en fait parce que c'est pas possible parce que c'est pas possible parce qu'il s'est heurté à des intérêts financiers qui dépassaient largement les intérêts non pas seulement de la France les intérêts des pays du G20 on peut bloquer les prix de l'alimentaire ?

alors là aussi c'est assez compliqué on peut aider c'est pour ça qu'on parle toujours de chèques alimentaires mais c'est vrai que les prix sont fixés sur des marchés encore internationaux il y a aussi de la spéculation énergie et alimentation c'est là où vous avez le plus de spéculation le plus de volatilité donc c'est très très compliqué de bloquer les prix par contre en effet on peut aller vers les chèques pour aider les franges les plus touchés par ces hausses alimentaires et l'hypothèse sur une série qui évoque une partie de l'opposition de bloquer les prix sur une série de produits très précis éventuellement pour un temps très précis économiquement est-ce que ça a du sens est-ce que c'est recevable ça s'est déjà fait me semble-t-il alors oui dans des situations exceptionnelles vous allez me dire est-ce que c'est une situation exceptionnelle là je pense que ça y ressemble ça y ressemble et qu'on n'est quand même encore pas aujourd'hui dans cette situation donc là l'idée c'est de dire attention on a une politique monétaire qui va être moins accommodante on a déjà des mesures pour essayer de faire baisser l'inflation donc attendons déjà de voir ce que ça va donner avant d'aller dans ce genre de mesures parce que le problème c'est que ça c'est bien de le faire quand vous vous bloquez mais à quel moment vous débloquez c'est pas facile c'est ce qu'on est en train de faire sur les prix de l'énergie le bouclier tarifaire c'est une sorte de blocage des prix donc en fait c'est de la subvention en fait qu'est-ce que fait l'État il est en train de subventionner l'achat d'énergie et puis ce qu'on voit aussi le problème que ça pose c'est comment en sortir une fois qu'on le met en place on le voit sur la ristourne sur du carburant au début ça devait être juste l'été jusqu'à fin juillet les Aoutiens on va quand même pas priver les Aoutiens de cette ristourne ce serait dommage et puis maintenant ça va être dégressif jusqu'à la fin de l'année donc on voit aussi c'est très facile à mettre en place c'est extrêmement compliqué d'en sortir et bien alors pardon j'insiste question de Pierre réguler les prix de l'essence devant la mauvaise foi totale dit-il Sylvie Mattelli alors c'est compliqué la régulation des prix pour toutes les raisons qu'on a évoquées mais c'est encore plus compliqué quand il est question de la régulation des prix de l'essence parce qu'il ne vous aura pas échappé que nos gouvernements en Europe se sont engagés sur la voie de la transition énergétique avec un objectif de neutralité carbone qui vient assez vite quand même 2035 on a réduit de moitié 2050 on se passe totalement ou quasiment d'énergie fossile donc réduire les prix c'est donner un signal qui va à l'inverse de ça donc on est aussi dans cette difficulté aujourd'hui d'être en cohérence avec cet engagement là et au-delà d'une cohérence politique vous avez quand même un clivage entre des jeunes générations qui alertent et qui s'affolent voire plus sur l'incapacité de génération au pouvoir ou à l'action à véritablement engager cette transition énergétique et lutter contre le changement climatique donc c'est compliqué Sébastien Abyss peut-être allez-vous me dire c'est compliqué mais question de bon sens les pâtes vendues plus chères cette année n'ont-elles pas été fabriquées avec la récolte de farine de l'année dernière je précise qu'il nous reste 40 secondes oui mais encore une fois la récolte de l'année dernière s'est transformée ces derniers mois et ces derniers mois il y avait un choc inflationniste donc oui très bonne question tant long agricole et en même temps le mécanisme de production parfois est plus court merci pour cette réponse synthétique c'est la fin de cette émission de C'est dans l'air que vous pouvez réécouter en podcast tiens sur toutes les bonnes plateformes de podcast et lundi vous retrouvez Caroline Roux excellente soirée excellent week-end à tous merci

Qui sont les "profiteurs de guerre" ? #cdanslair 02.07.2022 — Bruno Le Maire · Pourquijevote