Culte du corps parfait, performance : le sport bon pour la santé jusqu'où ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. La mutualité française présente [musique] et la santé ça va ? Bienvenue dans et la santé ça va ?
Alors, on connaît tous les bienfaits du sport pour notre santé. Pourtant, c'est un fait, nous ne bougeons pas assez. Selon Santé publique France, 95 % des adultes ne respectent pas les recommandations d'activité physique et la sédentarité serait même responsable de plus de 30000 décès par an.
À l'inverse, une autre tendance apparaît. La quête du corps parfait. Près d'un français sur de consomme aujourd'hui des compléments alimentaires.
Ce marché dépasse les 2 milliards et demi d'euros. D'où ces questions entre inactivité massive [musique] et obsession de la performance, le sport serait-il toujours bon pour la santé ? Où se situe la frontière entre prévention et excès ? tout de suite.
Nos invités Christine Lavard, vous êtes sénatrice des hautes scènes et vous êtes championne. Vous avez été championne de France par équipe en duathlon longue distance. C'est dire si vous connaissez le sport pour le pratiquer.
Sébastien Logarec, vous êtes chef du pôle médical de l'INSEP. Euh Christine Lavarde, on connaît tous les bienfaits du sport. Alors, je peux en rappeler trois. euh une baisse de 20 à 30 % des risques euh cardio-vasculaires, diminution du diabète de type 2, effet sur certaines dépression et pourtant je rappelais ces chiffres de santé publique France, 95 % des adultes ne respectent pas les recommandations d'activité physique.
Et pourtant, alors j'ai envie de vous dire d'autres statistiques qui ont été aussi euh faites par la puissance publique, hein, parce qu'il me semble que c'est un un baromètre de Lingeps qui a dû être rendu public au début du mois de janvier 2026 qui montre que les Français sont plus sportifs qu'avant et qu'on a gagné en pratique sportive. Alors après ça dépend aussi peut-être la définition de ce qu'on met derrière la pratique sportive parce queen fait la pratique sportive c'est le marcher bouger. C'est-à-dire que vous prenez vous êtes pas sédentaire en fait vous vous mettez à vous bouger et ben ça compte comme une pratique.
Alors on le sait bien une pratique il faut aussi qu'il y ait un peu un fonctionnement de son cœur. Donc ça va nécessiter plus d'intensité. Donc c'est peut-être là où les chiffres de santé publique France peuvent diverger.
C'est-à-dire qu'on fait peut-être on se bouge mais est-ce qu'on se bouge de manière assez dynamique et on s'y est mis pendant le Covid que est-ce que est-ce que vous pouvez dater cette cette inversion de tendance ou quand puisque vous notez une une amélioration de la pratique sportive L'amélioration, elle est notée par les chiffres et effectivement le baromètre d'avant, je pense qu' datait de 2018 donc on a bien un effet avant Covid, après Covid. Moi ce que j'observe aussi et là c'est plus en observant le le milieu du sport, c'est que post Covid, on a une pratique libre qui s'est développé, beaucoup développé et qui d'ailleurs crée de de vrais problèmes pour des fédérations sportives comme la Fédération sportive d'athlétisme et qui d'ailleurs a donné lieu à des débats assez forts sur le document qui permet d'aller pratiquer euh sur le fameux certificat médical qui n'est plus accepté. Alors, c'est peut-être pas l'objet de mais c'est intéressant en fait de voir comment les choses ont évolué et de voir que les gens courent de plus en plus mais courent de plus en plus en dehors des cadres institutionnels qui étaient notamment les clubs.
Sébastien Legarc, vous vous le constatez ça même si vous me rappeliez les les ravages de la sédentarité. Oui, tout à fait. Alors, je pense qu'il y a il y a deux choses en fait.
Il y a une part de la population qui est très sédentaire et puis il y a une part de la population qui pour le coup et qui s'y est mis. Et le problème finalement, c'est un peu l'entre deux. C'est en fait les gens qui sont convaincus mais qui malheureusement n'ont pas ni le choix ni la volonté, j'ai envie de dire de s'y mettre hein.
Mais et clairement la la le Covid a quand même fait bouger les choses. On a bien vu les gens en fait avaient le souci de pouvoir sortir, de pouvoir aller courir et ensuite aujourd'hui on voit quand même des gens qui ont pris la suite et continuent à à faire l'activité. On a tous bien conscience des bienfaits du sport, je le rappelais, sur le le les risques cardio-vasculaires, sur le diabète de type 2, au point que depuis 2016, on peut se voir prescrire une ordonnance, le sport sur ordonnance, c'est ça ?
C'est votre médecin [raclement de gorge] peut vous recommander d'aller courir. C'est c'est comme ça que ça se passe. Exactement.
En fait, alors c'est une loi qui est qui est effectivement qui était promulguée en janvier 2016 et et qui veut en fait promouvoir la prescription écrite la prescription écrite par un médecin de l'activité physique comme on le ferait pour un médicament hein dans le cadre en fait des patients. Alors on va vous prescrire une heure de de jogging par semaine, c'est ça ? Alors on va surtout s'adapter aux gens en fait. on va avoir une prescription qui va être très individualisée parce que tout le monde n'a pas forcément envie de courir he donc l'objectif c'est justement de trouver les clés pour essayer de faire comprendre à la personne qui est atteinte de surpoids ou qui est atteinte d'une maladie chronique c'est pas que des médicaments qui vont la sauver, c'est aussi de de se mettre à ce que vous disiez à bouger ou mais c'est et c'est très important d'en parler parce qu'en fait aujourd'hui euh ce qui existe he dans la loi ça fait ça va on a fêté les 10 ans finalement est assez peu utilisé alors même qu'il y a un véritable enjeu pour nos finances publiques et ça je pense qu'il faut le dire.
Le coût de l'inactivité sportive, il est en gros chiffré à 140 milliards par an. Il faut quand même se rendre compte 140 milliards par an les coûts de l'inactivité. Alors dans ces 140 milliards, on compte les morts prématurées, on compte tous les coûts liés au suivi du diabète, des maladies cardio-vasculaire et tout autre problèm que je ne vais pas citer.
Et pourtant, il existe ce remède qui est le sport sur ordonnance et qui est peu prescrit mais qui marche et il y a beaucoup de structures justement dans les clubs qui se mettent à développer de la reconstruction après un cancer, après une opération. Effectivement, c'est une pratique différente. C'est pas une pratique compétitive.
C'est on vient pas chercher de la performance mais on vient trouver se remettre en forme. Se remettre en forme et le dépassement de soi avec ses conditions physiques du moment et puis aussi de la sociabilité. Et d'ailleurs Sébastien Legarec autre innovation.
Alors là c'est depuis 2019, il existe des maisons sport santé 500 en France. C'est quoi exactement ces maisons ? En fait ces maisons sport santé ont pour vocation en fait de faire le lien entre le monde médical et le monde sportif.
Une fois que en fait le médecin aura fait sa prescription, il faut que le patient puisse s'adresser à quelqu'un pour l'aider à en fait pouvoir euh rentrer dans une association, avoir quelques conseils, hein. Et donc le rôle de ces maisons de santé, de sport santé, pardon, c'est vraiment déjà les conseiller. Donc vous avez des activités, des éducateurs à part qu'on appelle à part qui sont là pour vous conseiller en fait sur les types d'activité et au-delà de ça de vous donner aussi le réseau derrière pour pouvoir vous intégrer dans le monde sportif.
Christine Lavarde, est-ce qu'il y a des inégalités territoriales dans la pratique du sport ? Alors, de toute façon, l'inégalité déjà territoriale, c'est-à-dire c'est l'accès au sport. Euh quand vous vivez dans une zone de montagne, bah le club sportif, la structure qui va vous permettre de faire du sport dans le sens d'une institutionnalisation, vous allez vous bouger.
C'està-dire que vous allez nécessairement déjà marcher pour aller à l'arrêt de bus qui va vous permettre de rejoindre votre regroupement scolaire. En milieu urbain, on va être beaucoup plus sédentaire. En revanche, on a une capacité à pouvoir trouver une structure sportive quasiment en face de chez soi qui est très importante.
Donc ça c'est les, on va dire une inéquité sur ce qui est proposé comme offre sportive en milieu très rural. Vous allez beaucoup plus faire du sport par vous-même. Vous allez prendre vos baskets, vous allez prendre votre vélo.
Il faut quand même rappeler que les trois sports qui sont les plus fréquentés en France, c'est la course à pied, le vélo et la natation parce que finalement, ce sont les trois sports qu'on peut pratiquer le plus par soi-même quand on veut. Et alation encore faut-il avoir un bassin près de chez soi. Un bassin mais on peut aller dans la mer, on peut aller enfin c'est les trois sports que les gens disent pratiquer plus le plus et mais pratiquer le plus c'est bien là c'est pas là où il y a forcément les plus de licenciés mais c'est là je parle de la pratique.
Après l'inégalité sociale elle est très importante et là elle se voit dans les chiffres qui sont sortis très récemment où on a testé les enfants de 6e sur trois capacités une capacité motrice une capacité d'endurance et une capacité de sprint. Et là, les résultats sont très très différents suivant si vous avez un échantillon d'enfant qui vient d'un milieu aisé ou un échantillon d'enfant qui vient d'un réseau d'éducation prioritaire. Et et dans quel sens ?
Mais c'est dramatique. Vous êtes dans un finalement c'est comme si votre code postal déterminait vos capacités physiques et dans les milieux les plus défavorisés, c'est là que les capacités physiques sont les plus basses. Ah ouais.
Bah une addiction peut-être plus forte. les enfants, vous les mettez devant la télé et ils se gardent tout seul. Tandis que les sortir et leur dire bah là, on va aller prendre un ballon, on va aller jouer au parc, ça nécessite une implication, ça nécessite du temps des parents que n'ont pas forcément les ménages les plus défavorisés.
Donc il y a un vrai enjeu là encore de politique publique à aller inciter à la pratique sportive et donc d'offrir aussi des solutions de pratique du sport en dehors du sport à l'école mais à côté pour ces milieux qui n'iraient pas naturellement prendre leur ballon et jouer au parc. Je parle même pas dans un club mais déjà se bouger en fait. Alors à l'autre extrémité il y a certains qui font trop de sport.
Je vous propose de voir le portrait de Alban qui a 32 ans et qui précisément s'est mis au sport pendant le Covid mais un peu trop au point qu'aujourd'hui elle est devenue addicte au sport. Elle s'est même mise en danger jusqu'à la blessure. Voyez ce reportage.
On ne dirait pas comme ça, mais c'est une petite séance de sport pour Alban. [musique] L'activité physique, c'est une seconde nature pour cette jeune femme de 32 ans. Depuis l'enfance, elle est à fond la forme.
Je crois que j'ai commencé par peut-être la gymnastique quand j'étais petite. J'ai fait beaucoup de danse, j'ai fait de la natation, j'ai fait beaucoup d'équitation, l'athlétisme. Bravo !
J'ai fait un petit peu de boxe, j'ai fait du coup de la musculation et maintenant je fais du Crossfit depuis 4 ans je pense, quelque chose comme ça. Mais à une période, sa pratique lui a causé plus de mal que de bien. La période du Covid a été particulièrement difficile pour cette grande sportive.
J'étais infirmière. Donc moi, je travaillais quand même mais c'était une période qui était très difficile et donc du coup je me suis raccrochée vraiment à ces quelques instants de où on se déconnectait et où on faisait où on faisait du sport. Et ce qui est venu après naturellement du coup, ça a été de m'inscrire en salle de musculation à la sortie du Covid parce que euh bah c'était un peu le la suite logique de petits circuits qu'on faisait en suivant les influenceuses les influenceuses fitness qui marchaient bien à ce moment-là quoi.
Alban constate rapidement les effets sur son corps. Ses muscles se dessinent. Au running, elle va ajouter le CrossFit, une discipline extrême qui mèle la musculation, l'altérophilie et la gymnastique.
Et progressivement, elle va augmenter les [musique] doses. J'avais le travail et le sport à côté et petit à petit, il fallait pas que le travail m'empêche trop de faire du sport. Enfin, il y a une priorité qui s'est un petit peu doucement doucement inversée.
Je pouvais peut-être même être pas très agréable au moment quand je voyais que mon heure de départ approchait et que j'allais pas pouvoir partir et que du coup j'allais pas pouvoir faire ma séance de sport comme je voulais. Alban s'entraîne alors tous les jours, plusieurs heures. Sa vie entière commence à tourner autour du sport jusqu'à se couper de ses proches.
Bah, en terme de vie sociale, c'est clairement refuser des sorties et s'enfermer un petit peu pour pouvoir garder le contrôle sur et ce que je mange et ne pas risquer de gâcher une séance parce que bah la veille je suis sortie, j'ai mal mangé, j'ai bu un petit peu d'alcool et donc du coup c'est c'est s'isoler un petit peu parfois et refuser une sortie avec les copains, avec les copines ou même en famille. Enfin, il y a c'est pour tout le monde pareil. Il y avait pas de priorité pour qui que ce soit.
Il y avait juste la priorité à à ma ou mes séances de sport quoi. Mais ce qui devait arriver arrive. [musique] À force de pousser son corps à l'extrême, celui-ci la lâche. [musique] Rupture des ligaments croisés, 6 mois pour s'en remettre.
Je pense que j'en ai eu conscience pendant longtemps, mais j'avais juste pas envie de l'accepter ni de l'entendre. À ce moment-là, c'était tellement le fil qui me tenait la tête hors de l'eau par rapport à mon boulot que que j'étais pas en capacité de d'entendre, même si je compte pas le nombre de personnes qui qui m'ont prévenu que ça allait que ça allait mal finir. Sébastien Le Greek, c'est quelque chose que vous constatez ça, un attrait croissant pour les salles de sport et la musculation, y compris chez les jeunes filles.
En tout cas, ça m'interpelle beaucoup ce ce reportage et merci de le diffuser parce que on voit bien en fait que l'activité physique quand elle est fait à outrance peut déborder sur des choses qui sont assez incroyables. C'està-dire qu'en fait les gens vont s'isoler complètement, vont presque partir trop tôt du travail pour pouvoir s'entraîner. Et donc là, on peut penser quand même qu'on est dans un cadre qu'on appelle bigorexique, hein.
C'est-à-dire c'est le nom que de la définition d'un excès de sport, d'une addiction au sport. C'est ça. Alors, on fait souvent l'amalgame un petit peu la bigorexie comme elle est définie par l'OMS donc dans la classification internationale des maladies en fait c'est un trouble dysmorphique corporel.
La première chose c'est ça c'estàd qu'en fait on se trouve jamais assez musclé on se trouve jamais assez beau entre guillemets et et ça engendre du coup en fait une conduite qui fait que on on fait du sport à outrance, on fait de l'activité à outrance et on ne s'écoute plus hein là elle elle témoigne assez merci à elle d'avoir témoigné parce que c'est vraiment extrêmement intéressant. Elle elle dit à un moment, je suis rompu ligament croisé antérieur, ça ça a mis 6 mois à revenir. 6 mois c'est court en fait hein.
Normalement une rupture du ligament croisé antérieur c'est plutôt 1 an. Mais ce qui explique bien aussi que on est prêt à défier je dirais la nature à faire contre la blessure pour pouvoir reprendre assez rapidement en fait son activité. Donc c'est intéressant parce que finalement ce qui est important c'est pas tant le volume d'activité, c'est la façon dont on le considère hein.
C'est-à-dire que un sportif de niveau s'entraîne 30 à 40 he par semaine hein. Et c'est pas pour autant qu'il est bigorexique mais par contre il est capable s'il est blessé de s'arrêter, il est capable de considérer son son corps comme un moyen plus que comme comme une faim. Christine Lavar, comment vous voulez expliquer d'ailleurs cet attrait pour le corps parfait pour dire les choses simplement.
Est-ce que les réseaux sociaux euh avec tout tous ces corps parfaits qui s'y exhibent via des filtres par moment euh peuvent conduire certains adolescents à bah être en quête euh d'une image parfaite de soi-même ? Là, je pense que vous avez complètement raison, mais finalement moi, j'ai fait un moment beaucoup de sport quand j'ai préparé des compétitions qui nécessitent de le faire, mais j'avais un objectif, j'avais un enfin on avait aussi un objectif sportif et qui était qui était non voilà et c'est bien pour ça où je trouve que c'est très important de bien dissocier le nombre d'heures de sport de la maladie qui est la bigorexie parce qu'il faudrait pas faire un l'amalgame en disant tous les gens qui font trop de sport sont malades. C'est et là elle le dit bien, il y a il y a des il y a des signaux.
Elle se coupait de sa vie sociale, elle refusait des sorties. Euh son emploi du temps ne n'était plus que dicté par ses heures de sport. Et voilà, c'est bien là, on voit bien qu'on est passé dans un côté pathologique et finalement c'est comme les gens qui sont addictes à l'alcool, adil à la nicotine, c'est plus un comportement normal.
Mais comment expliquer à quelqu'un attention le sport à haute dose, ça peut devenir toxique comme l'alcool ou la cigarette. C'est pas quelque chose que un lien qu'on fait spontanément parce que justement on voit les côtés néfastes qui se créent. Alors effectivement dire à quelqu'un euh tu étais un peu rond, tu deviens musclé, on va pas dire que c'est un côté néfaste mais par contre tu te coupes de ta vie sociale, tu refuses des choses que tu venais avant.
Là, c'est des signaux qui doivent alerter pour montrer qu'on est passé dans une pratique qui n'est plus une pratique normale. Sébastien Legarec, les salles de sport sont interdites au moins de 16 ans. Est-ce que c'est bien respecté ?
Et est-ce que c'est plus dangereux euh un jeune de 14, de 12 ans euh qui voudrait avoir un corps parfait et de faire de la musculation à haute dose ? Alors, je crois que le message important à faire passer malgré tout, c'est que l'activité physique et le sport est bon, quel que soit l'âge, hein. Et donc c'est aussi enfin on va pas revenir en arrière, mais c'est aussi le sens de la prescription d'activité physique, c'est que se mettre à l'activité physique ou au sport à 60 70 ans, ça a du sens, hein.
Et et le de la même façon quand à la musculation, pour parler de la musculation parce que c'est on voit bien les dérives, c'est la muscul, c'est est-ce que c'est ce sport d'ailleurs en particulier qu'il faut pointer en matière de dérive ? Je crois que c'est celui-ci qui doit être encadré. Voilà, la la musculation en tant que telle, c'est pas une mauvaise chose.
La seule chose, c'est qu'elle il faut qu'elle soit encadrée. Quand on est enfant et quand on est en phase de maturation, en fait, on a besoin d'être attentif à la croissance, à aux articulations qui sont plus fragiles. Et mais je pense que alors c'est la recommandation, c'est pas moi qui le dit, mais il y a des recommandations très claires làdessus hein.
C'est qu'on préconise règle générale avant l'âge de 12 ans de faire plutôt du travail avec du poids de corps, de faire du travail plutôt poid de corps, c'està-dire lève des poids, on utilise son corps quand des pompes par exemple ou du gainage ou des choses comme ça. À partir de 2 ans, on peut commencer à mettre un petit peu de poids. Néanmoins, en fait le les séries doivent être limitées dans le temps, dans les répétitions.
On doit être attentif et ça doit être supervisé. C'est là où ça peut être un peu problématique et et en règle générale, on attend vraiment que la maturation pubertaire soit complètement terminée avant de pouvoir mettre des charges importante et lourde hein qui qui pour le coup peut avoir des contraintes importantes. Est-ce qu'il faut contrôler aussi les compléments alimentaires ?
Le marché des compléments alimentaires, ça prend une importance considérable. Il dépasse maintenant les 2 milliards et demi d'euros. Alors évidemment, il y a je vous cite le cas de Matthéo 20 ans, qui en est mort après la prise d'un brûleur de graisse acheté sur internet.
Euh est-ce qu'à un moment ces compléments alimentaires bah ça devient des substances dopantes euh en axe illégal, en ab en accès libre sur internet ? Est-ce que c'est un sujet ça aussi ? Alors je ne dis pas qu'on se met en danger à chaque fois mais on peut se mettre en danger comme vous l'avez dit.
Certains compléments alimentaires peuvent être très dangereux hein. Il y a eu des morts également avec la caféine par exemple hein qui est un complément alimentaire qu'on utilise pour stimuler la vigilance hein. Et il y a des Américains qui sont morts avec de la caféine he parce qu'ils en ont pris des énormes doses.
Alors pas sous forme de café j'imagine mais alors non sous forme de poudre hein mais on trouve ça en vente libre. Alors c'est un exemple parmi d'autres mais au-delà de ça vous avez plein de compléments alimentaires, on le sait qui sont souillés enfin qui sont pour lesquels il peut y avoir des traces en fait d'anabolisants. D'ailleurs, nous les sportifs de haut niveau sont très vigilants là-dessus. tous les quelques compléments alimentaires qu'il prennent à chaque fois en fait on est très attentif sur la provenance sur l'intérêt du complément alimentaire et là aussi je pense qu'il y a un message à donné c'est en fait quand on fait du sport amateur on n pas besoin de compléments alimentair enfin j'ai envie de vous dire avec une alimentation qui est très variée et très diversifiée on peut tout à fait subvenir à tous les besoins de l'organisme.
D'où l'importance de l'encadrement. Je vous propose de retrouver Alban, 32 ans, qui a décidé de se faire aider, accompagner dans sa pratique du sport par un coach, Thomas qui est un observateur du monde du fitness depuis 20 ans. Regardez le reportage.
Alban encore beaucoup de sport mais elle a revu sa pratique à la baisse. 1 2 et 3. auprès de Thomas Bâti, coach sportif qui prône une approche raisonnée.
Donc on y va tranquillement. D'accord. [musique] Parfait.
Ça, je m'en fais trois de plus. Depuis 20 ans, il observe les évolutions et les dérives du fitness. C'est vrai que bah aller en salle de musculation pour un jeune il y a 20 ans, c'était pas monnaie courante, c'était carisement impensable.
La problématique vient pas tellement du fait qu'on ait plus de personnes euh qui allent en salle de remise en forme ou en tout cas plus de jeunes qui aent en salle de remise en forme. La problématique vient plutôt de comment ils sont encadrés et accompagnés. Ce qui compte en tout cas, c'est d'être sûr que au-delà d'avoir un diplôme, la personne qui vous encadre a ce qu'on appelle une carte professionnelle.
C'est ce qui vous assure qu'elle est référencée comme étant un instructeur de fitness, un coach, un entraîneur. Allez, vas-y. Thomas [musique] a passé tous ses diplômes reconnus par l'État.
Il a enseigné à l'étranger, a ouvert sa [musique] propre salle et forme désormais d'autres coachs. Pour lui, il faut se méfier de la quête du dépassement de soi à tout prix [musique] et du business florissant autour du fitness. Si aujourd'hui vous êtes une personne qui est débutante, qui ne sait pas s'entraîner, le plus important c'est pas le programme d'entraînement.
Le plus important c'est de faire correctement les exercices. Maintenant la question c'est est-ce que j'ai besoin lorsque je démarre d'avoir la créatine, la protéine, d'avoir la dernière montre, dernier cri qui me permet de me dire est-ce que j'ai bien dormi ? Est-ce que j'ai pas bien dormi ?
Non. est bien gainé. Reste en roto.
Superbe. Et au départ, les meilleurs outils que vous pouvez utiliser, c'est des choses qui sont gratuites et c'est [musique] le sommeil. Faire attention à ce qu'on mange de façon équilibrée, se dépenser.
Je m'en fous encore deux. Allez, vas-y, pas de pouche. Des choses [musique] qui sont contraignantes mais sont plus importantes que d'acheter tel ou tel gadget. final s'il en a fait son métier, Thomas préconise de ne pas faire du sport le centre de sa vie.
Les clés, c'est que déjà ça soit un complément à notre vie tout simplement et que ça vous enferme pas dans une bulle. Et dernière chose, d'y aller progressivement. Y aller progressivement, Sébastien Legerec donne plein de conseils le coach.
D'où l'importance de se faire accompagner au fond des dès qu'on fait beaucoup de sport. Clairement. Clairement.
Après, je pense que l'important dans ce qu'on a entendu, c'est aussi de se poser la question de la finalité du sport. À la fin, le coach disait en fait, il faut pas que le sport soit le centre de votre vie. Je suis pas tout à fait d'accord.
Enfin, je pense que le sport peut être le centre de votre vie quand vous êtes sportif de niveau. C'est le centre de votre vie. Mais pourquoi est-ce que vous faites du sport finalement ?
Quelle est la finalité ? Est-ce que c'est pour être en forme ? Est-ce que c'est parce que vous avez envie de faire la compétition et de rivaliser avec d'autres ?
Est-ce que c'est pour votre aspect esthétique ? Finalement, c'est ça la bonne question, je pense he c'est pas tant en fait le volume parce que le volume, s'il a du sens he et s'il est fait de façon intelligente, j'ai envie de vous dire, peut tout à fait se comprendre. Mais ça vous apporte de la santé physique et mentale ?
C'est ce qu'on sous-estime d'ailleurs. Complètement tout à fait. alors il y a de multiples études qui l'ont montré hein qu'il y a beaucoup de moins de troubles anxieux de troubles dépressifs qu' y a une amélioration de la qualité du sommeil il y a une meilleure estime de soi hein il y a aussi toute la partie effectivement vie sociétale enfin et ça effectivement il y a il y a pas beaucoup d'autres endroits que le sport pour pour l'avoir.
Christine Lavarde est-ce qu'il y a des exemples à l'étranger qui doivent qui peuvent nous inspirer des pays on cite souvent vous savez ces pays comme l'Angleterre ou l'après-midi. on fait du sport plutôt que d'être aller sur les bancs de l'école. En fait, le effectivement la manière dont on organise nos rythmes scolaires ne se prête pas enfin plus difficilement à de la pratique sportive.
Après l'école, on a des horaires de travail en France qui sont qui sont voilà qui sont déjà très longs. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir que dans le cadre de la préparation de Paris 2024 avait été institué les 30 minutes de sport à l'école et j'ai des collègues du Sénat qui ont fait un rapport pour voir si cette chose hein qui avait été instituée portée par le ministère était faite dans toutes les écoles de France. Bah malheureusement, elles ont constaté qu'il devait y avoir que 43 % des écoles alors que c'est prévu, c'est un programme d'éducation nationale qui mettait vraiment en application les 30 minutes de sport par jour.
Et pourquoi c'est une sous-matière pour l'éducation nationale le sport ? Je pense que c'est pas une sous-matière mais déjà il faut avoir des installations. Si vous avez 10 12 classes dans votre école, bah il faut que vous puissiez les mettre tous les uns derrière les autres dans les installations sportives.
Il y a la question aussi que quand les enfants ils reviennent de leurs 30 minutes de sport, ils ont quand même besoin d'un retour au calme. Alors, j'ai été dans des écoles où ils faisait ça pendant l'heure de la pause méridienne et effectivement, il y a des animateurs qui venaient proposer après le repas 30 minutes de chorégraphie. Enfin voilà, c'était sous forme de jeu.
Donc on a beaucoup à faire mais nos installations sportives sont aussi catastrophiques. Il y a plein d'endroits où on est sous doté dans des installations qui en plus appartiennent au programme de l'éducation nationale. Normalement vous devez sortir de la classe de CM2, vous devez avoir votre savoir rouler, donc vous devez savoir faire du vélo de manière autonome en connaissant la circulation et les panneaux.
Vous devez savoir nager. Et savoir nager, c'est pas juste faire trois brass la tête hors de l'eau. C'est être capable de [raclement de gorge] nager, les yeux ouverts.
En gros, vous tombez d'un bateau, est-ce que vous allez survivre ? Ne pas avoir peur de la profondeur. Je suis pas certaine que si on faisait des stats sur ça parce que là on les a testé dans une cours d'école mais qu'on aille les mettre sur un vélo et sur et dans une piscine, on est des catastrophique dans les piscines. [rires] Je confirme.
Merci beaucoup de nous avoir éclairé en tous les cas sur les enjeux de la pratique quotidienne du sport. Enjeu pour la santé physique, la santé mentale si vous le soulignez. Euh alors si pour aller plus loin, quelques conseils pour mieux intégrer euh l'activité physique dans son quotidien, il y a le site de santé publique France dont on a donné les chiffres.
Et puis en matière de compléments alimentaires pour être mieux accompagné, on peut citer le site de l'ANS, l'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Et la santé, ça va, c'est terminé. Merci de nous avoir suivi.
Émission à retrouver sur la plateforme publicsena.fr. À bientôt pour une prochaine émission.
Prévention, [musique] solidarité, accès aux soins, innovation. C'était et la santé ça va avec la mutualité française.
Christine Lavarde