Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Figaro (sur YouTube)· 29 septembre 2017 14 min

Général Gomart : «Militaires et entreprises privées ont besoin les uns des autres»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

général christophe gombart bonjour merci de participer à ce toc stratégique le figaro nous sommes extrêmement heureux de vous accueillir général omar en juin dernier après 36 ans dans l'armée vous avez quitté l'institution pour rejoindre le secteur privé 36 ans sous l'uniforme une carrière extrêmement prestigieuse votre modestie dut-elle en souffrir une carrière cohérente tourné vers l'action vers les opérations comme on dit sous le double saut des forces spéciales et du renseignement quelques états marquant de votre carrière vous avez colonel commandé un régiment extrêmement prestigieux le 13e régiment de dragons parachutistes qui a parti en force spéciale puis devenu général vous avez commandé les forces spéciales ce qu'on appelle le cos le commandement des opérations spéciales et puis à partir de 2013 et jusqu'en l'été l'été dernier vous avez été directeur du renseignement militaire et c'est sur ce renseignement militaire nous allons nous consacrer nous concentrer parce que les gens le savent peu mais il s'agit vraiment d'une clé d'une capacité essentielle dans l'est dans les guerres dans les opérations que nous menons aujourd'hui par exemple au sahel ou au levant et il serait bien vous puissiez vous expliquer ce renseignement militaire qu'est ce que c'est comment on l'obtient et à quoi ça sert question difficile merci annaba relevé d'abord de votre invitation merci au figaro également tout d'abord je voudrais qu'on ait une pensée pour justement un adjudant du 13e rdp qui dont les obsèques ont lieu aujourd'hui qui a été tué dans la zone irak au syrienne est donc effectivement il était là-bas pour faire son métier à la fois de forces spéciales des deux hommes du renseignement et vous avez souligné en parlant de la carrière ce que j'avais pu faire effectivement comme directeur du renseignement militaire quel est le but d'un ancien militaire c'est d'abord renseignements sert à comprendre sert surtout à anticiper à faire prendre des décisions aux autorités qui dispose de 100 saignements et pour les armées les armées disposent d'un service de renseignement qui s'appelle la direction du renseignement militaire et qui est là justement pour leur fournir les renseignements nécessaires à la planification des opérations et ensuite à la conduite des opérations en fait c'est le grand écart que d'amener la direction du renseignement militaire c'est-à-dire anticiper donc faire de la veille stratégique ensuite acquérir les renseignements nécessaires à la planification et puis ensuite laurent seront nécessaires à la conduite des opérations et pour ça cette direction des renforts militaires disposent de tous les outils tous les capteurs dans notre jargon c'est à dire tous les censeurs qui nous apporte qui recueille du renseignement qui sont du renseignement technique ou humain sans se vendre exit et ses capteurs renseignement d'origine électromagnétique les écoutes les images et puis le renseignement humain qui est capital aussi ce que les sommes recueillies notamment sur le terrain qui est essentielle et c'est bien le croisement entre censément technique forcément images le renseignement électromagnétique ou pour le grand public les écoutes l'interception des communications plus exactement le renseignement humain mais également le renseignement cybernétix dire leur enseignement qu'on va trouver sur internet par exemple est également le renseignement sources ouvertes c'est-à-dire tous les gens s'expriment aujourd'hui tous les gens utilisent les réseaux sociaux tous les gens utilisent des tas de moyens pour communiquer entre eux de façon directe de façon cachée et l'intérêt c'est effectivement c'est de recueillir toutes ces données de les croiser pour obtenir leurs enseignements utiles aux chefs militaires ou aux décideurs politiques pour qu'ils puissent mener l'action dont ils estiment qu'ils estiment nécessaires croiser toutes ces données d'origine différente les intégrer ça se fait à travers un système qui s'appelle le renseignement géolocalise et que vous utilisez que vous avez utilisé sur la sur la base de crêpes whaou étaient locales où est localisée la direction du renseignement militaire ce g renseignements géolocaliser ce giro in comment comment ça fonctionne de façon très très très succincte et bien c'est tout simplement on prend de grands enseignements qu'on appelle géoréférencées aujourd'hui quand vous prenez une photo quelque part avec votre appareil il est géoréférencées c'est à dire qu'on c'est l'endroit où il a été pris on c'est l'heure à laquelle il était prise et bien en fait on additionne sur une carte qui elle-même et géoréférencées tout ce renseignement qui soudure en s'aimant image que ce soit du renseignement sont donc de l'interception ce soit du renseignement humain à travers ce que nous raconte une source ou un observateur et à travers ce qu'on trouve également sur internet citant des calques successifs seul viennent se superposer absolument sur une carte l'absolu un endroit d'intérêt précis et ça vous permet de trouver quoi des récurrences donc en réalité comme vous trouvez des récurrences vous allez chercher anticipé à comprendre ce que veut faire votre adversaire et donc à avoir le temps d'avant ce nécessaire pour pouvoir gagner face à un adversaire quel qu'il soit voilà voilà le voilà l'intérêt de ce g8 soyons plus précis autant qu'on puisse l'être par exemple à mossoul et encore aujourd'hui à jaca est-ce que ce ce système par exemple et est est d'utiliser ce renseignement géolocaliser est utilisée a été utilisée pour permettre à la coalition anti dahesh de progresser et de reprendre ces villes alors oui il a été utilisé il est utilisé pour une bonne raison c'est qu'au départ bien sûr on n'a pas affaire à un adversaire qui est organisée en armes et c'est à dire dont on connaît les postes de commandement dont on connaît les capacités dont on connaît les matériels donc effectivement comme il s'agit d'un adversaire qui est mélangé la population qui n'a pas d'uniforme militaire qui a pas de véhicules militaires qui n'utilisent pas des modes d'action traditionnel militaire et bien on arrive grâce à sa retrouver l'endroit d'où il commande qui peuvent être le bureau de la poste qui peut être une ancienne banque peut être n'importe quoi grâce effectivement à cette superposition de calques comme vous l'expliqué images cartes interceptions renseignements humains en s'aimant cyber et grâce à ça vous arrivez à trouver par exemple l'endroit d'un poste de commandement c'est ce que nous avons fait exactement après attentats de novembre 2015 quand le présent la république a demandé aux armées françaises d'aller bombarder des cibles de l'état islamique justement pour en réponse aux attentats qu'ils avaient conduit sur le sol français au sahel c'est la même chose dans ce sur ce territoire désertique qui est grand comme l'europe on peut aussi utiliser ces techniques de je dirais de renseignement croisés pour trouver une aiguille dans une botte de foin il faut quand même le dire oui le sel est très vaste comme vous le savez et l'idée mais il ya toujours des points de focalisation nos anciens utilisé des cartes qui étaient très précises et quand on reprend tout là les cartes faites par nos anciens dans au début du xxème siècle dans les années 30 40 50 les images sont très précises par exemple au sel il s'agissait de trouver par exemple les points d'eau parce que les points d'eau signifie 9 1 6 signifie que les gens y vont et ensuite quand vous superposition avec des cartes d'interception qui est plus ou moins avec sur lequel on fait des taches de chaleur ça veut dire qu'il ya beaucoup de communication un tel endroit alors qu'ailleurs c'est vide donc les gens ne communiquent pas quand on prend une image satellite ou une image de drones effectivement on arrive à mieux comprendre et à mieux savoir ce qu'il tente de faire ou ce qu'ils font est donc effectivement de préparer de conduire ensuite une opération leur enseignement en général renseignements militaires en particulier se heurtent se trouve face à un défi majeur un mur presque c'est l'explosion du nombre de données qu'on appelle le big data comment traiter cette masse absolument extraordinaire de données je crois qu'on peut à l'heure actuelle compte tenu des moyens dont on dispose ne traitait que 20% de ce qu'on reçoit de tous ces capteurs de doute ces sources est-ce que c'est pas une limite rédhibitoire à l'efficacité du renseignement c'est une limite d'où mon idée effectivement de trouver des systèmes ou en tous les cas de créer quelque chose qui permette de répondre à ce mur de donner enfin de répondre tu es capable de franchir ce mu ce mur de données comme on a franchi le mur du son je pense qu'à l'avenir sera capable de franchir ce mur de donner ce qu'on appelle le big data dans le jargon cours mais en réalité aujourd'hui on n'est pas capable effectivement d'avoir au même endroit des gens capables de trouver les algorithmes nécessaire pour aller trouver la bonne données au bon endroit et au bon moment d'où l'idée de création d'un intelligence campus justement sur la base de creil qui regrouperait non seulement des données bien sûr partir desquels on travaillerait mais également des militaires également des chercheurs parce que bien souvent on a des tas de chercheurs en france d'excellente qualité et donc nous sommes rapprochés du cnrs nous sommes rapprochés par exemple de l'école de compiègne dans lesquels on a découvert qu'un chercheur avait cherché à comprendre pourquoi n'y avait pas de loup solitaire chez les jihadistes pour lui il n'y avait pas de loup et il a prouvé grâce à des recherches qu'il a fait à partir de données ouvertes mais si on associe chercheurs entrepreneurs formateur et militaire spécialiste du renseignement eh bien je pense qu'on arrivera à répondre à résoudre ce besoin nécessaire si on veut effectivement ne pas être noyé sous ces données j'ai eu marc face est ce que vous décrivez là c'est aussi une de vos marques de fabrique si j'ose dire rapprocher les besoins de nos militaires des compétences notamment en matière d'innovation du secteur privé lorsque vous étiez un patron des forces spéciales vous avez créé un salon qu'on appelle le saut face le salon des forces spéciales qui justement rassemblèrent ou rapprochait les ports spéciales qui ont des besoins très spécifiques qui doivent faire autrement et des start up qui propose des solutions innovantes est-ce que ça a été compliqué pour le saut fins comme pour cette intelligence campus de creil de rapprocher ces deux mondes qui il faut le dire ne se comprennent pas toujours il se pointe pas mérité ils ont besoin des uns des autres et pour le sofa donc le salon des forces spéciales dont vous parlez l'idée c'était quoi c'était de pouvoir travailler avec des pme ou des tpe françaises qui ont des savoirs faire d'une exceptionnelle qualité qui donc dont les ce qu'ils fabriquent ou ce qu'ils créent répond à nos besoins de forces spéciales françaises mais en réalité il ne développe pas parce que derrière ils n'ont pas ils n'ont pas de marché donc l'idée c'était de les aider à trouver un marché donc en invitant nos homologues des forces spéciales d'autres pays qui puisse effectivement acheté ces produits et donc à travers sa permettre à nos entreprises françaises de développer leurs produits de pouvoir les vendre et nous même de pouvoir les acquérir puisque ça aurait été l'occasion pour ces entrepreneurs de fabriquer ce dont nous avons besoin alors bien souvent sur des petits matériels ce sont des choses extrêmement utile car nous avons plein de géo trouvetou en france de gens capables de trouver plein de solution à notre problème parce que vous savez que j'ai forces spéciales la devise c'est faire autrement et donc on cherche toujours à trouver enfin à trouver une solution qui nous permette d'agir là où l'adversaire ne nous attend pas j'ai un gommard je le disais vous venez de quitter une institution l'armée que vous avez servi pendant 36 ans une armée désarmés qui françaises qui sont reconnus pour leur savoir faire leur excellence et puis en même temps des armées qui sont comme on dit au taquet dont les budgets sont extrêmement contraint dont le développement notamment en capacitaire parfois suscite des doutes et puis aussi une armée dont parfois les hommes et les femmes souffrent dans leur dans leurs conditions de vie en quittant cette armée que vous avez servi j'imagine avec beaucoup de passion quel a été votre votre sentiment en face à cette ambivalence je suis parti avec le sentiment du devoir accompli tout d'abord je n'étais pas loin d'eux de la retraite militaire mais en même temps en me disant que pour moi souvent l'occasion d'avoir un nouveau challenge c'est notre challenge effectivement c'était de me confronter au monde civil et au monde et au secteur privé et c'est vrai que on ne quitte pas sans regret l'institution militaire dans laquelle fictivement comme vous signez j'ai servi 36 ans dans lequel j'ai servi pam à l'extérieur dans lequel s'était sans doute difficile pour ma propre famille comme ça a été difficile pour mes propres amis mais en même temps je pense avoir servi la france et c'est toute la grandeur de ce métier et aujourd'hui je pense à rien la france autrement dans le secteur privé parce que il y a un secteur privé plein de challenges gigantesque et on a en france une capacité à innover à inventer à faire je suis aujourd'hui dans une entreprise effectivement française qui fonctionne très bien à l'international et ça c'est passionnant et je pense qu'effectivement passer du secteur militaire au secteur privé pour moi et un est une chance et j'en remercie encore les gens qui m'ont recruté l'un à goma remercie [Musique]

Général Gomart : «Militaires et entreprises privées ont besoin les uns des autres» — Christophe Gomart · Pourquijevote