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interviewBFM TV (sur Dailymotion)· 10 juillet 2026 3 min

"Je suis inquiet, car je pense que Marine Le Pen est une candidate infiniment plus sérieuse que Jordan Bardella", affirme Alain Minc, essayiste

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité politique

Je vais d'abord vous dire que comme citoyen, je suis content de cette décision et je trouve qu'elle fait honneur à la justice, c'est-à-dire qu'elle marque une culpabilité claire, incontestable, et de l'autre côté, elle le dit explicitement qu'elle ne veut pas interférer avec un processus électoral. Je dirais que comme adversaire viscéral du Rassemblement national, je suis inquiet, car je pense que Marine Le Pen est une candidate infiniment plus sérieuse que ne l'était Jordan Bardella. Une fois ceci dit, on ne peut pas se mettre à sa place, mais un homme, une femme politique ne renonce jamais. Il y a plus qu'un trou de souris quand même. Donc vous n'avez pas été surpris ?

Non, à partir du moment, et je pense que les juges ont été très habiles puisqu'ils ont renvoyé la balle dans ses pieds. C'est elle qui décide. Un homme politique qui a la possibilité de décider, il ne se dérobe pas. Et quelqu'un qui a la même bouteille qu'elle aurait pris la même décision. Donc les juges ont créé un contexte où il allait de soi qu'elle irait.

1:07
Présentateur

Mais justement, pour rester un temps sur la décision de justice, est-ce que ça ne fait pas trop d'informations et presque trop de raisonnements pour une seule décision de justice ? Du coup, on se demande si c'est vraiment le droit et uniquement le droit qui a régi cette décision ? Ils ont fait un peu de politique aussi ?

1:24
Invité politique

Mais ils l'ont dit. Et je trouve que c'est à l'honneur des trois magistrates, puisqu'elles disent... Il y a une phrase très explicite sur le fait qu'elles ne veulent pas interférer avec le processus électoral. De toute façon, il n'y a jamais de décision de justice qui ne tienne pas compte de l'environnement, du contexte. Et c'était une décision lourde, parce que ce n'est pas évident de dire que ce parti a eu, en 2024, 11 millions et demi de voix. Dire qu'on se substitue aux électeurs, oui, elle aurait commis un crime, oui, bien sûr. Mais là, je pense qu'ils ont...

Ça montre une fois de plus, d'ailleurs, que les cours d'appel ont beaucoup plus de sérénité et de maturité que les juges de première instance.

2:05
Présentateur

— Qu'est-ce que vous dites à ceux qui se disent, ces derniers jours, on vit quand même dans un pays où potentiellement une candidate va faire campagne dans la dernière ligne droite avec un bracelet électronique, voire être élue présidente de la République avec un bracelet électronique ?

2:21
Invité politique

— Vous savez, on vit dans un autre monde. Il suffit de voir ce qui se passe aux États-Unis. Qui aurait imaginé que les États-Unis seraient un pays aussi hautement corrompu, que le chef de l'État ne cesseraient de s'enrichir et de le proclamer ?

2:36
Présentateur

— On se compare toujours pour se rassurer, Alain Martin.

2:38
Invité politique

— Non, mais ce n'est pas pour se rassurer. Je pense que, d'abord, l'expérience nous a appris que les électeurs désavouent souvent, les juges, beaucoup de gens qui ont été déclarés inéligibles, quand ils repassent de vers les électeurs, ils sont en réalité confirmés. Donc quand elle dit « les Français jugeront », je trouve que c'est une phrase assez juste. C'est-à-dire, s'il y a un ou deux millions de personnes que ceci choque, eh bien son score ne sera pas celui que les sondages d'aujourd'hui et qui ne veulent rien dire lui donnent. Une fois qu'on a dit tout ça, je souhaite de tout mon cœur que ces gens-là soient nombreux à penser ainsi, car je souhaite de tout mon cœur qu'ils perdent.