Benoît Perrin : "La France est devenue un pays pauvre parmi les pays riches"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'âge de retraite de départ, que vous dit le premier ministre la question, il nous dit que la question de l'âge, elle est sur la table. Maintenant, il faut nous écouter parce que là, on en a gros. Oh là là, qu'est-ce qu'il y a là ?
Il y a un vent de révolte. Travailler jusqu'à 64 ans, [musique] bah pour moi, c'est pas possible. J'ai commencé à 16 ans.
Donc euh pas content, pas content, pas content. Je sens que je vais craquer. Et moi, je sens que je vais devenir fou. [musique] Les vraies voix sud radio.
Et donc l'Assemblée nationale a adopté la la suspension de des retraites de la réforme des retraites. Une mesure exigée par le PS et visiblement ça divise les parlementaires avec cette question. Philippe oui la réforme des retraites il faut la suspendre, la broger ou la laisser en l'état.
Pour le moment vous dites à 16 % qu'il faut la suspendre, à 45 % qu'il faut l'abroger et à 39 % la laisser en l'État. Alors, on va écouter euh ce que ce qu'on dit euh certains euh Boris Valallot déjà c'est pour euh tous ces hommes et ces femmes qui ont eu des carrières souvent difficile une excellente nouvelle et dont nous nous félicitons. C'est le résultat euh d'un travail acharné, d'un rapport de force jamais démenti qui nous a conduit à ne jamais perdre de vue les raisons de nous battre, ni celles et ceux pour lesquelles nous nous battons.
Nous pensons à ces millions de Françaises et et de Français qui par les rues ont manifesté dans la différence. du gouvernement. C'est évidemment une étape mais c'est une étape importante dont nous sommes aujourd'hui je crois fier que vous retrouvez demain matin à à 8h15 chez notre ami Jean-Philippe Achili Jean-François Jean-François Achili pardon excusez-moi à 8h15 on écoute aussi Gabriel Laptal.
Ce que vient de faire l'Assemblée nationale, c'est tout simplement retirer un morceau de scotch sur un système des retraites qui prend l'eau de toutes parts. La réalité, c'est que ce système des retraites qu'on a en France, il a été construit à une époque où la natalité explosait, où la population active augmentait et il y avait beaucoup moins de personnes à protéger et beaucoup moins de retraités à qui verseraient une pension. Aujourd'hui, tout a changé et donc ça n'est plus et c'est notre conviction les paramètres qu'il faut bouger, c'est le système qu'on doit changer.
Sinon, on sera condamné tous les 3 ans, tous les 5 ans à revenir encore pour une éème réforme des retraites de paramètres. Alors, Benoît Perin, il y a une France qui se r qui est ravie et l'autre qui pleure parce que financièrement, ça va coûter de l'argent. Alors voilà, j'ai l'impression que c'est la c'est la victoire des des bonbons contre le brocoli.
Pourquoi je vous dis ça ? parce que bah il y a ceux qui passent leur temps et leur vie politique à propos des à proposer des bonbons à tout le monde, c'est-à-dire à faire croire en fait que et ben on peut travailler moins, on peut être payé davantage, enfin bref que il y a il y a pas de problème, qu'il faut continuer comme ça. Et puis il y en a d'autres qui je crois ont un peu de courage politique et qui osent regarder les les les Français les yeux dans les yeux en leur disant "Écoutez, on a un vrai problème en France, c'est que on a un système qui était basé qui était construit au lendemain de la guerre sur une équation très simple.
Ce sont les actifs qui financent la retraite des inactifs. Et donc à partir du moment où vous avez moins d'actifs et de plus en plus d'inactifs, donc de retraités, et bien un enfant de CP pourrait comprendre qu'il y a un problème. Il y a un moment où ça va ça va poser problème et ça pose déjà problème.
Donc c'est même pas une question de dogme, d'idéologie de je sais pas quoi. Pour moi, c'est vraiment un sujet de bon sens. C'est même un sujet de très simplement de démographie.
La démographie française étant ce qu'elle est, il faut absolument euh jouer sur des paramètres et le paramètre le plus efficace pour effectivement faire en sorte que le bateau prenne moins l'eau parce que c'est pas cette réforme-là qui va résoudre le problème des retraites hein et bien c'est le report de l'âge légal qui est aujourd'hui l'outil plus efficace pour retrouver un semblant d'équilibre budgétaire. Sachant que il faut quand même le rappeler, on sait qu'on va devoir aller plus loin. Donc quand vous posez la question "Est-ce que vous voulez suspendre la réforme, la laisser en l'état ou la broger J'aurais proposé une 4è option qui est aller plus loin.
Et je je dis pas ça de gé de cœur. Je dis pas c'est pas par sadisme que je dis qu'il faut qu'on travaille plus. C'est juste que concrètement, on a aujourd'hui un système de protection sociale d'un pays riche alors qu'on est un pays riche, on est on est devenu un pays pauvre parmi les pays riches.
Et aujourd'hui, on a un système de protection sociale qui coûte très cher. Alors, ça va quand vous gagnez beaucoup d'argent, quand vous avez un chiffre d'affaires important, quand vous avez un PIB important, ça passe. Mais le problème, c'est que depuis 20 ans, il y a peut-être 2 années au cours desquelles on a dépassé les 2 % de croissance.
Donc aujourd'hui, on voit bien qu'on est en train de s'enfoncer économiquement et que du coup, on n plus les moyens de se payer ce système- là. Donc il y a deux priorités. La première priorité, c'est de rétablir les comptes compte tenu de notre situation.
Donc c'est-à-dire encore une fois de faire travailler les Français davantage et ensuite de créer davantage de richesse parce que si on arrive à créer des davantages de richesse, on pourra maintenir notre système de protection sociale et et dire le contraire au français, c'est un mensonge et honté même si je sais que c'est beaucoup plus facile à vendre. Voilà. et se joue derrière derrière ça Philippe Bilger et ceux qui nous écoutent un drame entre bah la France insoumise et le PS.
Je vais vous lire le le tweet de d'Olivier Fort qui dit "Je n'imaginais pas, cela imaginable euh voir un parti de gauche et lesfill voter contre la suspension de la réforme borne. Au nom du grand soir. Il ne faudrait surtout pas accepter une évolution immédiate et positive pour des millions de futurs retraités.
Pas une abstention, un vote contre. Vous avez raison Cécile avant avant d'ailleurs non pas d'aborder le fond du problème mais je trouve qu'il y a une double victoire politique en quelque sorte. D'abord la méthode aussi euh euh improvisée qu'elle ait pu apparaître de Sébastien Lecornu qui finalement est validé également ce que vous venez d'indiquer le fait que Olivier Fort a choisi de euh défendre la suspension et donc d'accentuer victorieusement pour l'instant son clivage avec elle et filles.
Par ailleurs, j'ai noté la déclaration du gouverneur de la Banque de France qui allait dans le sens d'une suspension qui devrait être rediscutée évidemment lors de la campagne présidentielle. Peut-être faudra-t-il arriver lors du débat de 2027 à quelque chose qui tiendra compte à la fois des contraintes financières dont parle Benoît et en même temps de la pénibilité qui n'a peut-être pas été assez appréhendée en introduisant qui c'est peut-être un élément de capitalisation. Enfin alors 100 % d'accord avec ce que dit Philippe mais il faut rappeler quand même que la réforme de 2023 elle ne concerne que 60 % des Français.
C'est ça qu'il faut rappeler. Donc, autrement dit, vous avez 40 % des Français qui n'iront pas jusqu'à 64 ans précisément parce qu'il y a déjà beaucoup de critères de pénilité, de carrières longues, deux carrières hachées pour les femmes. Donc, je veux dire cette réforme, elle est pas antisociale, je veux dire, elle tient déjà compte.
Alors, peut-être qu'on peut aller plus loin, mais je veux dire ça c'est à la marge. Mais pour je refuse pour une histoire de marge de revoir tout le dispositif dispositif encore une fois faut le rappeler quand même qui a été adopté par quasiment tous nos voisins. S'il y avait une solution magique pour financer des retraites, nos voisins on fait différemment mais nos voisins qui sont confrontés à nos mêmes problèmes démographiques utilisent le même outil.
Il y a peut-être une raison. Non mais moi je crois qu'il y a quand même un problème, c'est que ce ce ce ça n'a rien de rationnel économiquement. Tout est dans la posture politique.
Dans la posture. LF qui votent contre comme le dirait Olivier Fort et pour une fois je suis d'accord avec lui, c'est de la posture. Le RN qui vote pour.
Alors ça c'est vraiment de la posture. Il y a pas d'autres mots. Le en même temps ils ont été pourquoi posture ?
Je ne vois pas. Voilà des gens qui sont contre cette loi. Mais parce que économiquement ça ne tient pas une seconde la route comme l'a dit Benoît.
Je vous je vais vous faire une citation. la retraite la répartition non mais mais cohérents sur une théorie économique qui ne tient pas une minute la route. Philippe je pense ils savent très bien fond très bien vendre des bonbons que régime bron.
Oui mais je veux dire de leur part on aurait pas imaginé qu'il qu'il ne valide. Non mais cette réforme il faut aller plus loin comme disait donc on est dans la posture le là totalement le PS est dans la posture parce qu'il sait que de toute façon après 2027 il faudra faire une loi où ce sera encore plus la soupe à la grimace avec en plus un trou de 3 milliards qu'on va filer à nos enfants et à nos petits-enfants et permettez-moi de vous dire que je qui sera président que je n'en suis pas fier. Donc c'est ce vote du parlement de l'Assemblée nationale, c'est la quintessence de l'horreur politique où on ne gère pas.
Vous savez, c'était un un un ministre américain qui avait dit que on reconnaît un homme d'état, un homme politique pense à la prochaine élection, un homme d'état pense à à la prochaine génération. Là, on se fait plaisir à 1 an et demi de la présidentielle en disant "Voyez, nous on pense à ce que vous parz plus tard en retraite en sachant parfaitement que la réforme, elle est inéluctable et que la réforme borne n'allait pas assez loin." Quand je vois des hommes politiques comme ça, je peux vous dire un truc, ils peuvent vraiment avoir honte de leur comportement qui est dicté uniquement par leur petite envie de boutiquier d'être réélu dans un an et demi.
Ça, je trouve ça pathétique avec Sophie Binet qui annonce déjà une nouvelle journée de grève et de manifestation le le 2 décembre. Alors, visiblement euh Priska TV qui dit "Si nous en sommes là aujourd'hui, c'est un peu à cause des LR d'hier." Donc alors tout c'est c'est bien parce que tout le monde se renvoie la la faute.
Oui, mais on est tellement dans la posture que tout le monde se renvoie la les les les adhèmes. Ouais. La CGT demande au députés de modifier la copie.
Nous demandons au députés de modifier cette copie aussi. C'est ce qu'elle dit, c'est c'est ce qu'elle a dit. Marine Le Pen a confirmé mercredi qu'elle voterait avec les autres députés pour la suspension de la réforme.
Enfin voilà, on sent bien que on sent bien que il y a une fracture à l'Assemblée nationale. On sent bien que euh Olivier Forté quelque chose et que pour Sébastien Lecnu, c'est compliqué en fait. Il essaie de de faire en sorte que les choses tiennent le plus longtemps possible.
Mais il est il est assez habile mais je ne sais plus qui avait dit. Est-ce que c'est la qualité principale qu'il faut ? dans les temps de crise, c'est pas incompatible avec le courage d'ailleurs.
Et je me demande au fond sur les sur les retraites, je crois que en effet il n'était pas complètement absurde de renvoyer cela au grand débat présidentiel parce qu'il ne faut pas oublier que cette réforme sur les retraites, elle a été discutée peut-être moins au fond, sauf par les idéologues absolus sur le fond qu'à cause des modalités, on a vu comment elle est passée objectivement. Il n'y aurait pas eu ça. On aurait pu espérer peut-être un plus grand consens.
Mais enfin, permets-moi de vous dire en un mot, on a déjà laissé tellement d'ardoises aux prochaines générations que c'était pas la peine d'en mettre une de plus. Et si on fait pas ça, faudra qu'on trouve l'argent ailleurs. Faut qu'on nous explique ces gens-là où est-ce qu'ils vont aller chercher l'argent.
Ah bah voilà, j'attends des réponses moi aussi. Merci les amis, c'était un plaisir de de vous avoir. Merci Philippe Bger, merci beaucoup Benoît Perin, [rires] Philippe David, vous restez avec nous bien entendu.