Le congrès LR, le prix des carburants, la suppression de près de 200 000 postes de fonctionnaires... Le "8h30 franceinfo" de Valérie Pécresse
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Bonjour Valérie Pécresse, hier à cette même heure vous partagiez le café et les croissants avec les cinq autres candidats à l'investiture des Républicains, c'était au siège du parti. Comment se sont passées les retrouvailles ?
D'abord c'est une très bonne nouvelle pour les électeurs de la droite et du centre. Ils vont avoir un candidat unique à cette élection présidentielle et sélectionné selon un processus démocratique auquel tous ceux qui partagent les valeurs de la droite peuvent participer en adhérant jusqu'au 15 novembre au parti Les Républicains.
Vous n'aurez pas d'adversaire parmi les cinq, c'est la même famille ?
C'est la même famille et nous avons pris un engagement, mais que moi j'ai pris depuis le démarrage puisque depuis le démarrage j'ai accepté de jouer collectif, de jouer selon la règle du jeu commune c'est que nous serons tous derrière celui ou celle qui sera sélectionné.
Cinq hommes et une femme autour de la table, on l'a vu sur la photo postée par Christian Jacob, le patron du parti c'est devenu un argument pour vous d'être la seule femme dans la course ?
D'abord je considère que les femmes doivent être traitées comme des candidats ou des candidates à part entière, n'est-ce pas ?
On n'est pas des candidats de deuxième rang, mais surtout ce dont je me rends compte en bâtissant mon projet pour la France c'est qu'en réalité il reste encore dans notre pays toute une série d'injustices et de non-dits sur les femmes justement en m'intéressant à la politique fiscale et au pouvoir d'achat, je me suis rendu compte que les femmes séparées avaient leur pension alimentaire qui était versée par leur mari, qui était taxée à l'impôt sur le revenu c'est une aberration, ce sont des dépenses pour les enfants et moi je défiscaliserais ces pensions alimentaires mais vous vous rendez compte que quand on en arrive là, c'est qu'on se rend compte que la loi a été faite souvent sans prendre en compte les vraies situations des femmes
C'est plus dur aujourd'hui d'être une femme politique ou sur ce plan-là la question ne se pose plus ?
Je crois que la classe politique est quand même encore assez conservatrice de ce point de vue elle a encore du mal à se projeter dans une présidente de la République femme mais je crois que les Français eux sont beaucoup plus ouverts et on le voit à chaque élection puisqu'ils élisent des maires femmes, des présidentes de régions femmes
Valérie Pécresse, vous avez quitté le parti Les Républicains il y a deux ans, en 2019 en expliquant votre démarche au 20h de France 2, on vous écoute J'ai décidé de quitter Les Républicains J'ai décidé de quitter Les Républicains parce que j'ai acquis la conviction que la refondation de la droite ne pourra pas se faire à l'intérieur et qu'elle doit se faire à l'extérieur du parti parce que le parti est cadenassé de l'intérieur il est cadenassé dans son organisation mais il est aussi cadenassé dans ses idées Le parti est cadenassé de l'intérieur, il est cadenassé par son organisation mais aussi dans ses idées c'est ce que vous disiez il y a deux ans, qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
Et bien la main produite
Ça explique que vous repreniez votre carte ? La main tendue La main tendue, les LR ont accepté que je puisse être leur candidate à la présidentielle alors même que j'étais à l'extérieur du parti
C'est Christian Jacob qui est venu vous chercher ?
Oui bien sûr, ils sont venus me chercher en disant nous avons besoin que tous les candidats qui ont un vrai potentiel qui peuvent assumer la charge suprême dans notre pays reviennent dans une procédure de rassemblement ils m'ont tendu la main, c'était donc normal que je la saisisse et par ailleurs à partir du moment où j'accepte un processus dans lequel c'est les militants du parti qui choisissent les adhérents du parti, ça veut dire que je dois demander à tous ceux qui partagent mes valeurs de rejoindre le parti et donc cette ligne politique qui est de dire les républicains vont devenir le parti pilier de la reconquête et de l'alternance cette ligne politique c'est logique et cohérent que je me l'applique à moi-même je ne vais pas dire à mes partisans adhérer aux républicains et pas moi-même réadhérer
Mais vous pensez que les militants des républicains vous ont pardonné d'être parti ?
Je n'ai pas quitté mes convictions je suis restée une femme de droite assumée j'ai mené l'opposition contre le gouvernement et j'ai fait élire 60 conseillers régionaux républicains en Ile-de-France et vous savez je suis pour Emmanuel Macron sans doute une femme à abattre puisqu'il m'a envoyé 5 ministres contre moi au régional vous savez c'est un traitement de faveur que nous n'avons été que 2 à partager le président des Hauts-de-France et moi Xavier Bertrand et vous-même
Dans un mois et demi exactement ce sera le congrès des républicains Valérie Pécresse, il y en a un qui espère toujours que vous vous retiriez d'ici là c'est un homme que vous venez de citer c'est Xavier Bertrand, il l'a dit il y a quelques jours sur France Info
Vous clairement voulez un seul nom, le vôtre, lors du congrès du 4 décembre
Mais ce n'est pas moi qui ai inventé ça comme ça un matin c'est que la tradition, les habitudes des congrès c'est celle-ci, regardez, la dernière fois que nous avons gagné une élection présidentielle c'était Nicolas Sarkozy, c'était en 2007 il y avait un nom mais il n'y avait pas un vainqueur, il est vaincu c'est l'idée justement d'avoir une équipe Y compris avec Valérie Pécresse Oui, hier encore elle m'a répondu qu'elle était d'accord pour qu'on se parle c'est pas que du jour au lendemain tout va changer par miracle Vous pourriez vous ranger derrière lui ?
Vous savez ce que Jacques Chirac avait répondu à Arlette Chabot, M. Fauvel
Non, vous allez me le rappeler, je sens
En 94, quand Jacques Chirac se présente et que Edouard Balladur décide d'aller contre lui Arlette Chabot dit à Jacques Chirac Mais vous allez aller jusqu'au bout Et il lui répond C'est de l'humour, Mme Chabot Vous êtes sérieuse ? Et bien moi aussi je vous le dis, M. Fauvel C'est de l'humour, vous êtes sérieux Je vais à ce congrès pour le gagner Je vais à ce congrès parce que j'ai un projet pour la France Parce que ce que j'ai fait pour ma région Île-de-France En matière d'égalité, en matière de sécurité, en matière de laïcité, en matière de développement économique et d'emploi Je veux le faire pour la France
Et un ticket Pécresse-Bertrand, si vous arrivez en tête et lui deuxième, c'est possible ou pas ?
Mais si j'arrive en tête, bien évidemment je rassemblerai toute l'équipe Ce qui va être intéressant, et les Français vont le voir dans les débats que nous allons avoir enfin à la télévision Que j'ai appelé de mes voeux
Il y en aura combien des débats ?
Autant qu'il faut, moi je suis prête à tous les débats que souhaiteront les autres candidats
C'est pas tranché pour l'instant, ça ne l'a pas été au petit déjeuner
C'est pas encore tranché, moi je souhaite qu'on débatte Pourquoi ? Non pas pour qu'on s'affronte Mais pour que les Français voient une vraie équipe de France, de la droite Avec des figures qui leur feront envie Vous savez, Denis Paire est un grand chef d'entreprise Philippe Juvin est un grand médecin Éric Ciotti est très puissant sur les idées régaliennes Xavier Bertrand, moi, Michel Barnier Ça fait quand même un gouvernement professionnel Michel Barnier est un grand quoi par exemple ? Ça fait un gouvernement de grands professionnels Face à ce gouvernement d'amateurs qui nous gouvernent Face à un gouvernement qui a un bilan Que j'ai décrit hier Comme un bilan du faire croire
François Hollande, vous l'avez peut-être lu ce matin dans Le Parisien Aujourd'hui en France Il dit que le quinquennat Macron ressemble à ce qu'aurait été un deuxième quinquennat Sarkozy
Non, je ne crois pas qu'on puisse dire ça Je pense qu'effectivement Emmanuel Macron a pris un certain nombre de mesures Que d'ailleurs je conserverai Comme par exemple l'impôt forfaitaire sur les dividendes Parce que je crois que c'est une bonne chose Qu'il faut inciter les français à investir dans des placements risqués C'est-à-dire investir dans l'économie Et que cette imposition sur les dividendes, elle est bonne De la même façon que le dédoublement des classes de CP dans les zones d'éducation prioritaire Je le garderai Ou la retenue à la source Il y a deux ou trois réformes d'Emmanuel Macron que je garderai Mais la plupart des réformes qu'il avait promises, il ne les a pas faites Il n'a fait ni la réforme des retraites que nous souhaitions pour sauver les retraites Il n'a pas fait la réforme de l'assurance chômage Oui enfin la réforme des retraites elle a été abandonnée avant la crise sanitaire L'assurance chômage elle est en cours L'assurance chômage n'est toujours pas faite Et il faudra faire l'étape 2 bien évidemment de cette réforme Sur la réforme de l'Etat Nous sommes champions du monde de la pression fiscale Je ne crois pas qu'on puisse dire que ce soit une politique de droite qui est menée Champion du monde de la pression fiscale Et le drame c'est que nos services publics ne sont plus du tout champions du monde Que sur la mission protégée, éduquée, soignée Qui est le cœur de la mission de l'Etat Nous ne sommes pas au rendez-vous
On va aller voir vos propositions Valérie Pécresse dans un instant Sur les prix de l'énergie, sur le nombre de fonctionnaires en France Sur les salaires également D'abord un petit coup d'œil au fil info A 8h41 avec Mélanie Delaunay
Total connaissait depuis 50 ans les effets des énergies fossiles Sur le réchauffement climatique Selon l'étude publiée aujourd'hui par des historiens Le groupe pétrolier les a niés pendant des années Et fait pression pour retarder des réglementations plus strictes C'est faux, répond Total à France Info Le groupe souligne son engagement dans une profonde transformation de ses activités Dans 20 minutes, le début du Conseil de défense sanitaire A l'Elysée avec des discussions sur la nécessité de conditionner ou non Le maintien du pass sanitaire à une troisième dose de vaccin contre le Covid Les délais pour renouveler votre carte d'identité ou votre passeport Sont en hausse dans de nombreuses villes Il faut compter une vingtaine de jours pour obtenir un rendez-vous Autant pour la fabrication Détail sur France Info La directrice de l'Agence Nationale des Titres Sécurisés La demande s'était effondrée Avec le Covid, quasiment 40% de passeport demandés En moins Grâce à Messi et Mbappé Le PSG finit par l'emporter 3-2 contre Leipzig au Parc des Princes Pour la troisième journée de la Ligue des Champions France Info
Le 830 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Avec Valérie Pécresse, candidate à l'investiture Les Républicains pour la présidentielle Les prix des carburants avoisinent aujourd'hui les 2 euros à la pompe Dans plusieurs grandes villes de France, dont Paris Le gouvernement cherche des solutions pour soulager le portefeuille des Français Vous, vous proposez d'augmenter la part de prise en charge du forfait kilométrique par l'employeur Expliquez-nous comment ça se passe
Non, ce que j'ai dit c'est que nous sommes dans un pays de l'enfer bureaucratique Ça veut dire que quand il y a un problème Il faut trouver une solution Mais que la solution ça devient tout de suite une usine à gaz Parce qu'aujourd'hui par exemple un employeur La première des priorités face à cette hausse des carburants C'est que tous ceux qui habitent très loin de leur travail Puissent aller travailler sans que ça leur coûte trop cher Et donc la première des priorités ce serait de permettre aux employeurs Qui le peuvent, qui le souhaitent De pouvoir faire un chèque carburant à leurs salariés Pour moi ce serait l'évidence Donc il n'y a pas d'obligation pour les entreprises ?
Non pas une obligation mais que ceux qui le peuvent et qui le souhaitent Puissent déjà faire un geste
Et pour tous les autres, les chômeurs, les retraités ?
Rien que ça on ne peut pas le faire On ne peut pas le faire parce que les règles sur les remboursements kilométriques Sont tatillonnes, bureaucratiques
Parce que ça dépend aussi du bon vouloir des entreprises Alors là il y a une inégalité
Non mais attendez, ce que je dis c'est qu'en France Rien n'est simple et que la simplicité ce serait de pouvoir faire ce chèque Vous voyez même moi en tant que présidente de région Je pourrais faire un chèque pour aider mes salariés qui viennent de très loin Je le ferais, je le ferais
C'est ce que fait Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France Un chèque de 20 euros par mois Il y a 50 000 personnes qui le touchent Pourquoi vous ne l'avez pas fait ?
Parce qu'en Ile-de-France Nous on veut privilégier les transports en commun Et l'usage des transports en commun Donc on a un réseau de transports en commun qui est très maillé Et l'essentiel des salariés prennent les transports en commun quand ils vont travailler On n'est pas tout à fait dans la même situation qu'une région beaucoup plus rurale Mais c'est vrai aujourd'hui que j'aimerais bien, j'aurais bien aimé pouvoir le faire en tant qu'employeur On ne peut pas le faire Alors aujourd'hui, qu'est-ce que l'Etat doit faire lui de son côté ?
Certainement pas une baisse générale des taxes Parce qu'une baisse générale des taxes sur l'essence Si jamais les prix baissent, on ne la récupérera jamais Et ça va être un coût énorme pour quelques centimes de moins au litre Mais pour le chèque carburant, c'est une bonne option ? Un chèque carburant, c'est encore un nouveau chèque Alors oui, il faut sans doute le faire temporairement pour aider les plus défavorisés Mais vous voyez bien qu'on est obligé d'en appeler à l'Etat Alors que peut-être, il y aurait plein d'autres acteurs qui souhaiteraient faire un geste Et qui ne le peuvent pas C'est l'enfer bureaucratique
Mais vous, présidente à la place d'Emmanuel Macron, vous auriez fait quoi ? Vous auriez dit aux entreprises gérer l'augmentation des prix de carburant ?
J'aurais dit déjà, tous ceux qui veulent faire un geste peuvent le faire On assouplit Et comme ça, déjà, ça allège la facture pour l'Etat Mais c'est déjà le cas
Aujourd'hui, une entreprise qui ne finance pas, elle peut le faire librement demain matin ?
Ah non, parce qu'aujourd'hui, c'est un supplément de salaire, donc c'est fiscalisé
Et alors ?
Ah ben, ce n'est pas tout à fait pareil Ça n'empêche pas de le faire Oui, mais ce n'est pas tout à fait pareil que de dire Je vous donne un chèque pour payer votre carburant C'est des frais Je vous compense vos frais Là, ce n'est pas fiscalisé
Mais du coup, vous nous dites que les entreprises devraient pouvoir le faire Les régions peuvent le faire Mais on fait quoi ? En attendant le chèque carburant, vous dites que c'est un chèque de plus Baisser les taxes, c'est une mauvaise idée
Aujourd'hui, la seule solution, si l'Etat veut faire un geste de pouvoir d'achat La seule solution qu'il a, c'est de faire un chèque pour les plus défavorisés Mais il y aura, là encore et toujours, un effet de seuil C'est-à-dire que vous aurez toujours les mêmes La classe moyenne, celle qui se lève tôt, celle qui travaille, qui ne sera pas concernée C'est pour ça que moi, ma grande mesure dans mon projet Ma grande mesure pouvoir d'achat, c'est de revaloriser les revenus du travail Les salaires de 10% et de faire en sorte que le travail paye Parce que c'est comme ça qu'on aura un vrai gain de pouvoir d'achat
De 10% jusqu'à 2,2 SMIC, comment vous faites ?
Eh bien, je fais ce que la droite a promis de faire depuis des décennies Et qu'elle n'a jamais fait Qu'elle avait commencé à essayer de faire sous Nicolas Sarkozy Mais François Hollande est arrivé et il a tout abrogé C'est je fiscalise les cotisations salariales retraites
C'est-à-dire que sur notre fiche de paie à la fin du mois, on ne paierait plus les retraites des retraités actuels
Les cotisations salariales retraites, elles seraient fiscalisées Comment je finance cela ?
Je finance cela un tiers par des économies et des réformes Réformes puissantes qu'Emmanuel Macron a promises qu'il n'a pas faites Un tiers par les revenus fiscaux de ces salaires Parce que quand vous touchez un euro supplémentaire de salaire Vous allez payer à peu près dessus 40 centimes de taxes diverses et variées En gros vous reprenez ce que vous donnez Non mais quand vous allez consommer, parce que vous allez consommer cet argent Vous payerez de la TVA, vous payerez de la taxe sur l'essence etc Et le troisième tiers, ce sera dans une négociation avec les entreprises qui auront intérêt à augmenter ces salaires Pourquoi elles auront intérêt à augmenter ces salaires ?
Parce que moi je continuerai de baisser les impôts de production Et je vais libéraliser le temps de travail Je souhaite libéraliser le temps de travail Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je considère qu'aujourd'hui, après la crise Covid Avec la généralisation du télétravail C'est absurde de fixer un temps de travail légal pour toutes les entreprises Mettre tout le monde sous la même toise uniforme C'est là aussi l'enfer bureaucratique
Donc plus aucune règle ?
Alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que s'il y a un accord 35 heures qui fonctionne bien dans une entreprise, on le garde Mais je laisse aux entreprises et aux branches La liberté de la négociation du temps de travail et du salaire Jusqu'où ? S'il n'y a pas d'accord Alors jusqu'où ?
La limite c'est les 48 heures par semaine 48 heures c'est le cadre européen Mais c'est une limite qui s'entend sur une semaine, sur la durée Je donne un exemple Dans certains magasins, à Noël, on a besoin de travailler beaucoup plus Donc on peut faire des accords qui modulent le temps de travail en fonction des saisons par exemple Mais s'il n'y a pas d'accord Supposer que les partenaires sociaux ne se mettent pas d'accord La durée supplétive, ce qu'on appelle la durée supplétive, ce sera 39 heures payées 39 sans aucune perte de salaire Je le dis, ça veut dire que ceux qui aujourd'hui travaillent 39 heures avec des heures supplémentaires, on leur maintiendra le salaire qu'ils ont aujourd'hui
Parmi vos autres propositions, il y a la suppression de 150 000 postes de fonctionnaires Il y a 4 ans, en 2017, vous faisiez campagne aux côtés de François Fillon qui lui proposait la suppression de 500 000 postes
Je faisais campagne aux côtés d'Alain Juppé qui en proposait 200 000 Puis de François Fillon Puis de François Fillon
C'était votre candidat, vous n'avez pas entendu, sauf erreur de notre part, critiquer cette mesure
Pour moi, je prends mes responsabilités Ce que je dis aujourd'hui, c'est que nous aurons besoin de recruter un certain nombre de fonctionnaires dans les fonctions dans lesquelles on en manque Je pense notamment dans la justice, qui est le parent absolu pauvre de toutes les politiques publiques Et qui est aujourd'hui totalement noyée Ce qui pose un énorme problème de sécurité dans notre pays Puisqu'elle ne peut pas juger vite et juger efficacement Donc il y aura des domaines dans lesquels il faudra recruter Je parle de la justice, je parle de l'éducation, je parle du soin aussi Vous savez que nous sommes tombés en dessous du seuil critique de 100 000 généralistes Et qu'à l'hôpital, nous avons énormément de démissions aujourd'hui de personnel soignant
Donc en fait, il y aura plus que 150 000 suppressions de postes Si vous en embauchez par ailleurs
C'est exactement ce que j'allais vous dire C'est-à-dire qu'en réalité, on sera plus près de 200 000 suppressions de postes Dans un certain nombre de fonctions d'administration, de gestion de l'administration Et on aura des créations de postes C'est quel secteur ? De créations de postes dans les trois missions cruciales Éduquer, protéger, soigner
On voit bien les créations de postes, on voit moins les suppressions
Ce que je veux dire, c'est que je suis fidèle à à peu près à l'étiage d'Alain Juppé de 2016
Mais les suppressions, elles sont où ?
Alors, les suppressions, c'est simple C'est une méthode Il faudra revoir complètement toutes les politiques publiques C'est ce que j'ai fait dans ma région C'est pour ça que je suis crédible pour vous parler aujourd'hui Dans ma région, j'ai fait 2 milliards d'euros d'économies J'ai supprimé 15 structures Et j'ai supprimé à peu près 10% des postes du siège de la région Pour pouvoir les redéployer du siège Et les organismes para-associés Pour pouvoir créer plus de postes dans les lycées par exemple Où on en avait besoin Donc je l'ai fait, cette revue générale des politiques publiques Comment ça marche ?
Eh bien, on arrête les doublons On arrête tous les doublons Aujourd'hui, l'État, les régions, les départements, les communes Font tout en même temps Avec des services qui se concurrencent Prenez les aides aux entreprises Si vous prenez typiquement les aides aux entreprises Aujourd'hui, l'État fait exactement les mêmes aides que les régions On a deux services Aujourd'hui, il faudrait le faire beaucoup moins Je vais dénormer Je vais dénormer Je vais déburocratiser
Vous allez décentraliser en plus
Je vais supprimer les procédures Bien sûr, je vais faire un acte 3 de la décentralisation Avec des blocs de compétences Parce que pourquoi tout le monde fait tout en même temps ? Tout le monde fait tout en même temps Parce qu'on n'a pas décentralisé des blocs Vous le savez bien
Mais ça veut dire que c'est des moyens en plus pour les collectivités territoriales ? L'État va leur donner plus d'argent ?
L'État compensera une partie des surcoûts Mais supprimera les structures qui font doublons
Et donc récupèrera de l'argent sur les frais de structure Est-ce que vous pouvez nous donner un ministère Qui va perdre des fonctionnaires si vous êtes élu ?
Aucun ministère n'échappera à cette revue générale des politiques publiques Tous, sauf les 3 que vous avez cités ? Non, non, mais non, non Même les 3 que j'ai cités Prenons l'exemple de...
Vous avez dit j'embauche dans ces 3-là
Non, mais attendez Prenons l'exemple de l'hôpital C'est un bon exemple Vous le savez Nous avons beaucoup plus de coûts d'administration dans l'hôpital Que de dépenses de soins par rapport à l'Allemagne Donc il y a aussi de la numérisation à faire Dans toute la fonction publique Pour simplifier les procédures Et que dans l'hôpital On n'est pas des personnels qui gèrent l'administration Je vous donne un exemple On a confié aux hôpitaux La gestion des transports sanitaires Est-ce que vous ne pensez pas qu'il faudrait qu'il y ait un bloc transport Qui soit donné concrètement à toutes les régions Ou aux autorités organisatrices de transport local Et que ce n'est pas le rôle de l'hôpital de gérer les transports sanitaires Le rôle de l'hôpital c'est de prodiguer des soins
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France Candidate à l'investiture des Républicains Et l'invité de France Info Le fil info à 8h52 Mélanie Delaunay
C'est un mouvement d'une très grande ampleur Souligne sur France Info Le coprésident de la commission sur l'inceste Et les violences sexuelles faites aux enfants 4000 témoignages recueillis en un mois Depuis l'ouverture d'une ligne dédiée Et une vingtaine de signalements à la justice Les membres de la commission sont à Nantes Aujourd'hui pour rencontrer des victimes Le procès débute dans une dizaine de minutes Au tribunal de Versailles Karim Benzema a jugé dans l'affaire de la sex tape Ce chantage présumé visant Mathieu Valbuena Son ancien coéquipier de l'équipe de France Un homme en garde à vue à Marseille Dans l'enquête sur les menaces de mort Visant un couple d'enseignants Le suspect, un artisan, dit avoir un différent Avec le couple sur des travaux Les supporters du PSG interdits de déplacement Pour le match de Ligue 1 à Marseille dimanche soir Ils ont pu vibrer hier au Parc des Princes 3-2 pour les Parisiens contre Leipzig Le Morbihan, le Finistère et la Manche Placés en vigilance orange Au vent violent A partir de cet après-midi Les rafales pourront atteindre jusqu'à 110 km heure A l'intérieur des terres France Info
Le 830 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Toujours avec Valérie Pécresse, candidate à l'investi sur les républicains Pour la présidentielle Alors vous avez fait des propositions sur l'économie Sur l'éducation aussi Vous souhaitez par exemple créer des établissements spéciaux Pour regrouper tous les élèves les plus perturbateurs Un établissement par département Ce serait pour les élèves à partir de quel âge ?
Non c'est pour les exclus définitifs des établissements scolaires C'est quand vous le savez aujourd'hui Nous avons des professeurs qui sont soumis à une extrême violence Dans certains établissements On l'a encore vu à Comble-la-Ville La semaine dernière en Seine-et-Marne Où une professeure a été très violemment projetée au sol par un élève Donc nous devons rétablir la sécurité dans les classes Et aujourd'hui il y a une aberration C'est quand un élève très perturbateur, ultra perturbateur Est exclu définitivement de son collège ou de son lycée Il est réinscrit automatiquement S'il est sous obligation scolaire dans un autre établissement C'est ce qu'on appelle les poli-exclus Et je vous assure que quand vous êtes chef d'établissement Et que vous voyez arriver un poli-exclus dans votre établissement Vous savez que ça va mettre le souc Mais c'est combien d'élèves ça ?
C'est une poignée Une poignée par département Mais simplement il ne faut pas leur permettre de réintégrer les classes Mais jamais
C'est-à-dire qu'ils iraient dans cet établissement Ils ne remettraient jamais les pieds dans le...
On créerait ce qu'on appelle, ce qu'on a appelé par le passé des classes relais Mais qui n'ont malheureusement pas vu le jour Moi ce que j'appelle des classes de réinsertion scolaire Et pendant un an
Où on dort là-bas le soir, le week-end, on y reste ? Où c'est juste la journée ? J'essaie de voir si ça ressemble au centre éducatif fermé
C'est un établissement de réinsertion scolaire C'est un établissement où on va apprendre Mais on va apprendre pas en étant au contact des autres élèves Et dans lesquels on se réinsère scolairement On réapprend les valeurs de la République Le vivre ensemble, le savoir-être Et on ne laisse pas les poly-exclus être réinscrits
Donc il y en aurait un par département ?
Un par département
Et on n'y reste pas le soir Donc on fait la lettre tous les jours Même si c'est à l'autre bout du département Ce sont des enseignants de l'éducation nationale qui viendraient là ? Oui, bien sûr Vous savez combien il en faudra pour ces établissements ?
Ça dépendra du nombre d'élèves très perturbateurs que l'on fera Vous savez, c'était une proposition que nous avions à l'époque formulée Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy Alors il y a des départements dans lesquels il n'y a pas d'exclus définitif des établissements Dans lesquels on n'aura sans doute pas besoin de créer telle classe Mais dans les grandes villes, ce sera absolument indispensable
Un mot sur la justice aussi Vous souhaitez voir apparaître des peines territorialisées Ça veut dire quoi les peines territorialisées ? Qu'est-ce que c'est ?
Non, c'est une mesure qui a été prise au Danemark Et l'idée c'est quoi ? C'est d'éviter l'enquistement de la violence dans un certain nombre de sites Où elle est particulièrement forte Je vous donne un exemple Alors comment on fait ? On crée une circonstance aggravante, territorialisée Parce qu'à cet endroit-là, on commet beaucoup trop de crimes Et qu'on veut que ce territoire, on ait une vraie solution
C'est-à-dire que si je vole un scooter dans une ville où il y en a eu beaucoup cette année Ce sera une circonstance aggravante
Je vous donne un exemple très parlant pour les auditeurs et les spectateurs C'est simple Les parcours de manifestation Aujourd'hui, tous les marchands, les commerçants qui sont sur les parcours de manifestation Se font saccager leurs vitrines systématiquement à chaque manifestation Et donc ce que je propose, c'est par exemple De territorialiser les peines sur ces parcours de manifestation En disant circonstance aggravante On casse une vitrine sur un parcours de manifestation Mais vous savez que ce n'est pas constitutionnel ce que vous proposez Non, non Ça s'appelle les circonstances aggravantes Mais une peine doit être individuelle Et ça existe Ça existe dans tout le droit pénal On peut avoir des circonstances aggravantes
Vous avez donné l'exemple du Danemark C'est appliqué depuis 2018 Et au moment où ça a été appliqué Vous avez dit vous-même que ce n'est pas constitutionnel
Là, vous avez changé d'avis Non, non, absolument pas J'ai toujours soutenu la solution danoise C'est moi qui l'ai proposée C'est un certain nombre de personnalités Peut-être de droits Qui ont dit que ce n'était pas constitutionnel Moi, j'ai toujours soutenu cette politique Pourquoi ?
Parce que je voulais dire Il y a des gens qui sont devenus le carrefour du deal Qui sont devenus le carrefour du trafic On le sait, on les connaît Et dans ces lieux-là, on a une délinquance qui s'enquille Vraiment, quand je vous parle des Champs-Élysées Ou quand je vous parle des grandes artères commerçantes dans les villes Ce n'est pas normal qu'elles soient systématiquement saccagées Et qu'on puisse avoir une circonstance aggravante dans ces lieux C'est possible Comme il y a une circonstance aggravante Si vous insultez une personnalité qui a autorité Si vous insultez aujourd'hui Ou si vous agressez aujourd'hui un policier C'est une circonstance aggravante Mais les peines peuvent être majorées Et moi, je souhaite des peines planchées d'ailleurs Pour toutes les personnes qui ont autorité Qui sont adressées Je ne veux plus que la circonstance
Merci Valérie Pécresse Et bonne journée à vous
Merci
Valérie Pécresse