François Fillon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Êtes-vous comme d'autres sidérés par les dernières révélations de l'enquête et par la facilité des terroristes d'aller et venir ?
- 1:04OuverteRéponse directe
Est-ce que le président et le gouvernement ont pris des mesures à la hauteur du niveau de cette menace ?
- 1:44RelanceRéponse directe
C'est-à-dire ?
- 2:27RelanceRéponse directe
Ah non, compte tenu du passé et du contentieux avec la France, vous pensez que la France devrait aider le Hezbollah sur le terrain ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Et l'opposition syrienne libre, l'ASL ?
- 3:27OuverteRéponse directe
L'opposition syrienne, elle se bat principalement contre le régime d'Assad.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30PrésentateurFait
« On est en face de ce que j'ai appelé déjà depuis plusieurs mois l'éruption d'une nouvelle forme de totalitarisme »
- 1:27François FillonFait
« François Hollande fait un an après que nous ne lui avons demandé, même plus d'un an puisque c'était l'été 2014, exactement ce que nous lui avions suggéré »
- 1:58François FillonFait
« appuyer les seules forces au sol qui combattent réellement l'État islamique, qui sont des forces qui sont hétéroclites »
- 2:16François FillonFait
« les Kurdes, qu'on aide mais pas suffisamment »
- 2:37François FillonFait
« la coalition mondiale doit aider tous ceux qui sur le terrain sont capables de battre l'État islamique »
- 6:10François FillonFait
« Il va à Moscou demain. Les Russes ont un peu évolué quand même aussi, pas seulement la France, non ? »
- 7:00François FillonFait
« il faut maintenant qu'il donne la preuve que cette alliance va être réelle, et la seule manière de le faire, c'est qu'il engage la levée des sanctions contre la Russie »
- 7:17François FillonFait
« un poste diplomatique avec un chargé de mission, et sans doute quelques correspondants militaires, pour assurer la liaison technique avec l'armée syrienne »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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Il est 8h23, le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour François Fillon. Bonjour. Un attentat déjoué à la défense, un coordinateur des attentats qui revient devant le Bataclan après la tuerie alors que la police et les officiels sont déployés. Êtes-vous comme d'autres sidérés par les dernières révélations de l'enquête et par la facilité des terroristes d'aller et venir ? Il faut y ajouter l'attentat en Tunisie hier qui montre qu'on est en face d'une crise de dimension mondiale.
On est en face de ce que j'ai appelé déjà depuis plusieurs mois l'éruption d'une nouvelle forme de totalitarisme qui vise à dominer une partie importante du monde, qui bénéficie de moyens financiers, d'appuis politiques, d'armement, de territoire, de population et qui nous place dans une situation de grande faiblesse et de grande fragilité qui nécessite effectivement des mesures pour que le territoire soit défendu, que les frontières soient contrôlées et que notre organisation de sécurité soit adaptée au niveau de la menace. Est-ce que le président et le gouvernement ont pris des mesures à la hauteur du niveau de cette menace ? En tout cas, ils l'annoncent.
Nous allons débattre cet après-midi de la poursuite de l'intervention militaire française en Syrie. Ce sont des dispositions que l'opposition va soutenir, même si j'aurai l'occasion de regretter qu'elle n'ait pas été prise plus tôt, car sur les conditions dans lesquelles s'engage le combat aujourd'hui avec l'État islamique, François Hollande fait un an après que nous ne lui avons demandé, même plus d'un an puisque c'était l'été 2014, exactement ce que nous lui avions suggéré. C'est-à-dire ?
C'est-à-dire ce que d'ailleurs j'ai souvent défendu ici sur votre plateau, c'est-à-dire prendre la mesure du danger, constituer une alliance mondiale avec tous les combattants possibles et appuyer les seules forces au sol qui combattent réellement l'État islamique, qui sont des forces qui sont hétéroclites, qui ne sont pas toutes faciles à défendre compte tenu de leur comportement passé, puisque ces forces c'est les Kurdes, qu'on aide mais pas suffisamment, et qui par ailleurs se font bombarder par les Turcs, c'est le Hezbollah qui combat l'État islamique avec l'Iran, avec le soutien de l'Iran, c'est pas facile de le soutenir, mais c'est des...
Ah non, compte tenu du passé et du contentieux avec la France, vous pensez que la France devrait aider le Hezbollah sur le terrain ? Je pense que la coalition mondiale doit aider tous ceux qui sur le terrain sont capables de battre l'État islamique. Sinon, nous allons entrer dans un conflit qui va durer 20 ans, ou alors l'alternative, c'est d'y aller nous-mêmes. Et chacun sait que les Occidentaux n'iront pas combattre en Syrie. Les Américains n'iront jamais, sans les Américains, les autres Occidentaux ne peuvent pas y aller. Donc il faut essayer de voir avec qui on peut faire les choses. Je continue la liste. Et la dernière composante...
Il y a l'armée nationale syrienne, et il y a, dans une moindre mesure, l'armée irakienne. Ce sont les quatre forces qui combattent l'État islamique. Si nous n'apportons pas notre soutien... Et l'opposition syrienne libre, l'ASL ? Que les Russes bombardent ? J'ai jamais vu l'opposition syrienne se battre contre l'État islamique, pardon ? Non, non, non... Enfin, oui, oui... Mais non, je veux dire... Ça réagit de partout autour de ces micros Bernard Guetta, Thomas de Montréal. L'opposition syrienne... On n'a jamais vu le régime Assad combattre Daesh. Non, l'opposition... On ne va pas recontinuer ce débat que vous adorez. Bon, attendez, on fera le débat tout à l'heure.
L'opposition syrienne, elle se bat principalement contre le régime d'Assad. Et je la comprends parfaitement, puisque leur objectif, c'est de faire tomber un régime qui est un régime parfaitement odieux. Mais je vous dis que les forces militaires qui sont de nature à combattre l'État islamique sur le sol, ce sont celles que je viens de citer. Et moi, le soutien aux frères musulmans, le soutien à Al-Nostra, le soutien à Al-Qaïda, ça ne me paraît pas différent... Ça ne me paraît pas différent, ça ne me paraît pas différent de ce que je viens de proposer. François Fillon, les... Mais c'est pas un sujet...
Les combats pour Alep, les combats pour Kobané ont bien opposé des rebelles syriens de l'opposition démocratique à des forces liées à Daesh, à l'organisation de l'État islamique. Expliquez-moi ce que vous proposez. Non, non, simplement, ce que vous proposez, c'est quoi ? Non, non, je conteste l'idée... Non, non, enfin, c'est pas avec ces forces-là qu'on va battre l'État islamique. Voilà ce que je veux vous dire. Et si les Russes bombardent ces forces-là, c'est parce que les Russes essayent de protéger, tout le monde le sait, le régime syrien. Et aujourd'hui, malheureusement, je considère, et je l'ai dit plusieurs fois devant vous, qu'il faut consolider...
Enfin, que le régime syrien est nécessaire, dans un premier temps, pour battre l'État islamique. Parce que si le régime syrien tombe, c'est l'État islamique qui s'emparera du territoire, car nous nierons, nous les Occidentaux, jamais l'en empêcher. Malgré les massacres de civils, malgré les tortures, les bombardements, les armes chimiques, les barils d'explosifs. Oui, c'est comme ça. C'est comme ça, ça s'appelle la guerre, ça s'appelle le réalisme, ça s'appelle la hiérarchisation des dangers. Bernard Guetta vient de parler de la Turquie. Entre la Turquie et la Russie, on a en face de nous deux pays qui ont beaucoup de défauts, et auxquels on a beaucoup de choses à reprocher.
Enfin, aujourd'hui, si je regarde du point de vue français, les Russes n'achètent pas le pétrole de l'État islamique, les Russes ne laissent pas passer les terroristes occidentaux qui vont combattre avec l'État islamique, les Russes ne bombardent pas les Kurdes, et donc nous avons en face de nous une Turquie qui est en train de devenir un problème majeur pour le règlement des questions de la Syrie et de l'Irak. Vous êtes prononcé, on va reparler de la Turquie, vous êtes prononcé pour le rétablissement des relations diplomatiques avec la Syrie, c'est-à-dire qu'avec le régime de Bachar el-Assad, François Hollande est venu devant...
François Hollande est venu à Versailles la semaine dernière, et il nous a dit deux choses. Il nous a dit, un, on va faire une alliance avec les Russes. C'est ce que je lui réclame depuis plus d'un an. Il va à Moscou demain. Les Russes ont un peu évolué quand même aussi, pas seulement la France, non ? C'est une farce extraordinaire. C'est les Russes qui ont une stratégie depuis le début, ils n'en ont pas changé. Ils n'ont pas changé, malgré l'attentat de Sharm el-Sheikh, ils n'ont pas évolué. Nous, nous n'avons pas de stratégie, et nous sommes aujourd'hui en train d'essayer d'excuser... Vous êtes d'un parti pris qui est remarquable, mais ça ne me déviera pas de ma voix.
Les Russes bombardent les gens de les frères musulmans, Al-Nostra, etc., parce que c'est eux qui, aujourd'hui, constituent le danger principal pour le régime syrien. Une fois que ce problème-là sera réglé, tout le monde s'attaquera à l'État islamique. Donc, François Hollande nous a promis une alliance avec les Russes. Il faut maintenant qu'il donne la preuve que cette alliance va être réelle, et la seule manière de le faire, c'est qu'il engage la levée des sanctions contre la Russie.
Et la deuxième chose que je réclame, c'est un dialogue technique, je ne parle pas de réouverture d'une ambassade, j'ai utilisé le mot ambassade, mais je l'ai retiré depuis, un poste diplomatique avec un chargé de mission, et sans doute quelques correspondants militaires, pour assurer la liaison technique avec l'armée syrienne. Sinon, il n'y a aucune chance de gagner ce combat. Vous êtes sûr qu'il n'y a pas eu des contacts entre services qui n'ont pas été maintenus ? Si il y en a eu, il faut le dire. Pourquoi être hypocrite ? Si c'est des services de renseignement, il ne vaut mieux pas le dire. Si il doit y avoir une coopération technique avec le régime syrien, elle doit être connue.
J'ajoute qu'il y a beaucoup de Français qui vivent à Damas, il y a un lycée français qui continue de fonctionner à Damas, qui ne reçoit plus la moindre aide de l'État français. On est un certain nombre à s'être mobilisés pour aider ces lycées français à survivre. Je trouverais normal aujourd'hui qu'il y ait au moins une représentation française à Damas. D'autres questions pour vous François Fillon après la revue de presse dans quelques minutes et puis les commentaires des auditeurs de France Inter qui nous appellent au 01 45 24 7000.