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interviewFrançois Ruffin· 2 mars 2023 4 min

L'agriculture dit non au Mercosur !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On est là parce que l'agriculture dit non au Mercosur. Le Mercosur, c'est un accord entre l'Europe et les pays d'Amérique du Sud, le Brésil, l'Argentine, etc. Et pourquoi on n'en veut pas ?

On n'en veut pas, parce que là-bas les Brésiliens peuvent utiliser des antibiotiques de croissance. Vous donnez des antibiotiques de croissance ou pas à vos bêtes ? - Non ! (rires) - Non ?

Ça vous fait rire en plus ! - Non, vraiment, je ne sais pas ce que c’est. - Non non, pas d'antibiotiques de croissance, même pas souvent d’antibiotiques. - C’est interdit ! - Il n’y en a pas. - Elles n’ont rien, elle sont élevées au naturel. - Parce qu’on a le droit au Brésil, hein. - Oui, mais justement, c’est ça le problème. - Tous ces accords-là, c'est laisser rentrer des produits qui ne répondent pas à nos normes.

On est la variable d'ajustement. Je me souviens d’un communiqué du ministère de l'Agriculture, où il était écrit : <i>“ces accords</i> <i>seraient favorables</i> <i>pour 24 sociétés </i> <i>du CAC 40.”</i> - Pourquoi on n'en veut pas ?

Parce que là bas, les élevages ils sont entre 10 000 et 30 000 têtes. Vous avez entre 10 000 et 30 000 têtes sur votre cheptel ? - Moi ?

J'en ai 50 ! - Nous, huit vaches, ça représente la moitié de l'activité de notre ferme. - Moi j’ai 80 vaches laitières, ça ve ma bien. - Mais tu ne vas pas du tout être compétitif ! - On est beaucoup plus compétitifs, on ne se paye pas ! - Aujourd'hui, l’Europe, a signé avec la Nouvelle-Zélande, a ouvert des négociations avec l’Australie, l’Inde, le Mexique, le Mercosur.

Tout ça en même temps ! Ça nous fait peur, hein ! Nous on y est défavorables. - Est-ce que vous allez exporter Ovalie au Brésil ? - Ah non, non, non, non, non, non, non, non. - C'est l'égérie du Salon de l'agriculture.

C'est un peu la Claudia Schiffer, même si c'est daté comme référence, mais la Claudia Schiffer de la vache, tu vois. - Aujourd'hui on ne peut pas accepter que des produits rentrent chez nous sans respecter aucune contrainte, aucune norme sanitaire, et en dépit de nos produits, à nous. Parce qu’en fait, en tant qu’agriculteurs français, on n'a pas envie de produire de la merde.

Nous en tant qu’agriculteurs français on est fiers de notre qualité. On est fiers de nos produits, on est fiers de notre métier. Et c'est justement cette qualité qui nous rend fiers et c’est ce qu'on a envie de faire.

Donc la seule solution, c’est de ne pas rentrer là-dedans. C’est d’être opposé à ce genre d'accord et c'est de valoriser en priorité les produits français. - On ne pourra pas arriver à travailler à un nouveau pacte agricole, une meilleure rémunération des paysans, une alimentation de qualité pour tout le monde. une alimentation de qualité pour tout le monde.

Si en même temps, on continue à se dire : l'endroit où sur la planète, où on arrivera à produire le moins cher avec les coûts sociaux et environnementaux les plus faibles, c'est eux qui vont gagner la partie...

OK, allons-y. Mais ne nous voilons pas la face, en voulant faire une loi et un pacte franco-français, où on essaiera de tirer l'agriculture vers le haut... - Il faut dire aussi que dans ton assiette, t’auras de la déforestation parce que c'est un peu d'Amazonie que tu auras dans ton bœuf.

Tu vois. Ca donne un drôle de goût quand même. Dans ma région, j'ai vu quand on a signé les accords de libre-échange avec la Chine, c'est devenu l'usine du monde et c'est toutes les usines de chez moi qui sont parties.

Et en fait ma crainte, c'est qu'en signant des accords de libre-échange avec le Brésil ça devienne la ferme-usine du monde et que ça soit toutes les fermes qui se délocalisent là-bas. On le voit aujourd'hui, nous, en France, on perd des vaches, on perd de la production, on perd des éleveurs. Il y a un rapport en 2020 qui montrait que l'on pouvait avoir une augmentation de la déforestation entre 5 et 25% par an pour les six premières années de mise en œuvre de l'accord, juste pour la production de viande. - En tout cas, je vais lancer la bataille sur le Mercosur.

On va faire une proposition de résolution à l'Assemblée nationale. On va essayer d'animer un peu le truc, qu’au moins ça ne passe pas comme une lettre à la poste, et que ça soit mis sur la table. On est là parce que l'agriculture dit non au Mercosur.

Le Mercosur, c'est un accord entre l'Europe et les pays d'Amérique du Sud, le Brésil, l'Argentine, etc. Et pourquoi on n'en veut pas ? On n'en veut pas, parce que là-bas les Brésiliens peuvent utiliser des antibiotiques de croissance.

Vous donnez des antibiotiques de croissance ou pas à vos bêtes ? - Non ! (rires) - Non ?

Ça vous fait rire en plus ! - Non, vraiment, je ne sais pas ce que c’est. - Non non, pas d'antibiotiques de croissance, même pas souvent d’antibiotiques. - C’est interdit ! - Il n’y en a pas. - Elles n’ont rien, elle sont élevées au naturel. - Parce qu’on a le droit au Brésil, hein. - Oui, mais justement, c’est ça le problème. - Tous ces accords-là, c'est laisser rentrer des produits qui ne répondent pas à nos normes.

On est la variable d'ajustement. Je me souviens d’un communiqué du ministère de l'Agriculture, où il était écrit : <i>“ces accords</i> <i>seraient favorables</i> <i>pour 24 sociétés </i> <i>du CAC 40.”</i> - Pourquoi on n'en veut pas ?

Parce que là bas, les élevages ils sont entre 10 000 et 30 000 têtes. Vous avez entre 10 000 et 30 000 têtes sur votre cheptel ? - Moi ?

J'en ai 50 ! - Nous, huit vaches, ça représente la moitié de l'activité de notre ferme. - Moi j’ai 80 vaches laitières, ça ve ma bien. - Mais tu ne vas pas du tout être compétitif ! - On est beaucoup plus compétitifs, on ne se paye pas ! - Aujourd'hui, l’Europe, a signé avec la Nouvelle-Zélande, a ouvert des négociations avec l’Australie, l’Inde, le Mexique, le Mercosur.

Tout ça en même temps ! Ça nous fait peur, hein ! Nous on y est défavorables. - Est-ce que vous allez exporter Ovalie au Brésil ? - Ah non, non, non, non, non, non, non, non. - C'est l'égérie du Salon de l'agriculture.

C'est un peu la Claudia Schiffer, même si c'est daté comme référence, mais la Claudia Schiffer de la vache, tu vois. - Aujourd'hui on ne peut pas accepter que des produits rentrent chez nous sans respecter aucune contrainte, aucune norme sanitaire, et en dépit de nos produits, à nous. Parce qu’en fait, en tant qu’agriculteurs français, on n'a pas envie de produire de la merde.

Nous en tant qu’agriculteurs français on est fiers de notre qualité. On est fiers de nos produits, on est fiers de notre métier. Et c'est justement cette qualité qui nous rend fiers et c’est ce qu'on a envie de faire.

Donc la seule solution, c’est de ne pas rentrer là-dedans. C’est d’être opposé à ce genre d'accord et c'est de valoriser en priorité les produits français. - On ne pourra pas arriver à travailler à un nouveau pacte agricole, une meilleure rémunération des paysans, une alimentation de qualité pour tout le monde. une alimentation de qualité pour tout le monde.

Si en même temps, on continue à se dire : l'endroit où sur la planète, où on arrivera à produire le moins cher avec les coûts sociaux et environnementaux les plus faibles, c'est eux qui vont gagner la partie...

OK, allons-y. Mais ne nous voilons pas la face, en voulant faire une loi et un pacte franco-français, où on essaiera de tirer l'agriculture vers le haut... - Il faut dire aussi que dans ton assiette, t’auras de la déforestation parce que c'est un peu d'Amazonie que tu auras dans ton bœuf.

Tu vois. Ca donne un drôle de goût quand même. Dans ma région, j'ai vu quand on a signé les accords de libre-échange avec la Chine, c'est devenu l'usine du monde et c'est toutes les usines de chez moi qui sont parties.

Et en fait ma crainte, c'est qu'en signant des accords de libre-échange avec le Brésil ça devienne la ferme-usine du monde et que ça soit toutes les fermes qui se délocalisent là-bas. On le voit aujourd'hui, nous, en France, on perd des vaches, on perd de la production, on perd des éleveurs. Il y a un rapport en 2020 qui montrait que l'on pouvait avoir une augmentation de la déforestation entre 5 et 25% par an pour les six premières années de mise en œuvre de l'accord, juste pour la production de viande. - En tout cas, je vais lancer la bataille sur le Mercosur.

On va faire une proposition de résolution à l'Assemblée nationale. On va essayer d'animer un peu le truc, qu’au moins ça ne passe pas comme une lettre à la poste, et que ça soit mis sur la table.