Voix de droite : Police/présomption de légitime défense, "enfin !"- 08/07
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, Apolline Matin, voix de gauche, voix de droite. C'est mercredi, le mercredi c'est la droite, c'est Louis Sarkozy. Bonjour Louis, l'Assemblée nationale a adopté hier soir la proposition de loi instaurant une présomption des légitimes défenses pour les forces de l'ordre. La gauche dénonce un permis de tuer, la défenseur des droits parle d'un affaiblissement des principes fondamentaux et vous vous dites enfin ?
C'est une excellente nouvelle, Apolline. L'État détient le monopole de la violence légitime et cette violence légitime a un visage, un uniforme, une présence physique. C'est le policier. Alors laissez-moi déjà vous prévenir d'emblée, je ne prétends pas du tout être objectif sur ce sujet et j'assume d'ailleurs totalement mon préjugé. Quel préjugé ? J'ai été élevé par des policiers. Le SPHP, le service de protection des hautes personnalités, ceux qui protègent les ministres et qui protègent le président de la République, aujourd'hui rebaptisé le SDLP. Et j'ai passé la totalité de mon enfance et de mon adolescence avec eux.
Alors quand j'entends le permis de tuer, permettez-moi de le dire, ça trahit une chose, ces gens, cette gauche n'y comprend rien, n'y connaissent rien.
C'est-à-dire ?
C'est-à-dire que la gauche, que LFI, que ces députés qui n'ont jamais fait face à une foule de manifestants déchaînés, qui n'ont jamais mis leur vie en danger pour une cause plus grande que leur petit-né, qui n'ont jamais connu le vrai effort physique ni le vrai drame d'une profession dangereuse, qui commentent du haut de leur bureau climatisé au fin fond de l'Assemblée, se permettent d'écrire que les policiers veulent tuer. C'est à vomir. Personne ne souffre plus des violences que le flic. Comme personne d'ailleurs n'est plus pacifiste que le soldat. C'est lui qui subit les conséquences de la guerre.
Et c'est certainement pas Raphaël Arnaud, fondateur de la Jeune Garde, dont deux collaborateurs sont suspectés de meurtre, qui va donner des leçons de morale à qui que ce soit.
Vous y allez fort quand même.
Laissez-moi même aller plus loin. Nos policiers devraient utiliser leur arme plus souvent. Plus souvent. Vous voulez de l'ordre ? Vous voulez des voyous qui ont peur ? Vous voulez une police dissuasive ? Elle doit taper. Et non plus être l'otage d'une justice qui préfère protéger les criminels contre les policiers, plutôt que l'inverse. La police n'est pas une association humanitaire. C'est le bras armé de la République. Elle doit aspirer le respect, l'admiration, et aussi la crainte. La crainte de ceux qui envisageraient un instant de la défier.
Elle n'inspire plus ça, pour vous, la police, la gendarmerie ?
Il suffit de regarder les chiffres. En France, plus de 100 policiers sont agressés chaque jour dans l'exercice de leur fonction. 100 par jour, Apolline. Le nombre de suicides dans la police et la gendarmerie est de près de 60 par an. Presque deux fois le taux de la population générale. Éric Masson tué à Avignon en 2021 pour avoir contrôlé un dealer. Xavier Juglet criblé de balles sur les Champs-Elysées en 2017. Ahmed Merabet achevé d'une balle dans la tête devant Charlie Hebdo en janvier 2015. La police française aujourd'hui n'est pas trop violente. Elle n'est pas trop violente. Elle est trop inoffensive.
La gauche vous répondra que la présomption de légitime défense ouvre la porte à des dérapages.
Oui, pardonnez-moi. La gauche ne défend plus les Français. Elle défend leurs bourreaux. Depuis 20 ans, LFI, une partie des Verts, une partie du PS, ont fait de la police l'ennemi numéro un du peuple. Résultat, il n'y a plus d'ordre. Couéblé sur volontaire, plus 33% en 10 ans. Violence sexuelle, doublée en une décennie en France. Trafic de drogue, un marché à 4 milliards d'euros par an avec ses règlements de compte, avec ses fusillades à Marseille. Et notre police est devenue tellement faible qu'un petit con de 13 ans se sent le courage de la défier.
Oui, alors là, je pense que vous faites référence à ce jeune homme proche du canal Saint-Martin. Précisément. Vous êtes quand même dur aussi avec l'institution judiciaire de mémoire.
Mais parce que la justice française, dans un univers normal, devait être le premier appui de sa police. Elle en est devenue, pardonnez-moi, aujourd'hui l'adversaire. On arrête un individu qui a agressé un policier, il ressort le lendemain. On interpelle un dealer, il est reconduit sur son point de vente. La semaine suivante, le délai moyen d'exécution d'une peine ferme tourne autour de 18 mois quand elle est exécutée. Les magistrats prononcent des peines qu'ils n'exécutent pas. Ils libèrent avant la fin. Ils appliquent des remises automatiques quasi mécaniques.
Et pendant ce temps-là, ils poursuivent le policier qui a tiré parce qu'il avait deux secondes pour décider si l'individu qui a accéléré allait le tuer ou non. C'est une inversion morale totale qu'on vit en France.
Comment on fait pour réparer ça, Louis ?
Alors déjà, première étape positive, on adopte la loi Poget. Deux, on aligne la France sur les autres grandes démocraties. C'est-à-dire que la police doit avoir le droit d'utiliser son arme sans craindre pour sa carrière. Et deux, on nettoie l'appareil judiciaire. Peine planchée, exécution immédiate, fin des remises automatiques, redevabilité des magistrats et pas leur soumission, leur redevabilité. Et vous, l'auditeur, l'auditrice, quand vous voyez un flic dans votre quartier, on va commencer par dire merci.
Louis Sarkozy, la voie de droite. Demain, ce sera la voie de gauche sur la RBC.