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interviewBFMTV· 18 avril 2024 21 min

"Jean-Luc Mélenchon n'est plus républicain": l'interview en intégralité de Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h32 sur BFM TV et RMC, mon invité, le président de la région Hauts-de-France. Bonjour Xavier Bertrand. Bonjour. Merci d'être dans ce studio ce matin. On va parler de la délinquance des jeunes de cette hyper-violence débridée avec encore un jeune homme battu à mort. Cette fois dans votre région, Philippe, 22 ans, animateur dans un centre socio-éducatif, passé à tabac à Grande-Synthe, décédé des suites de ses blessures. Deux mineurs ont été placés en garde à vue, 15 ans, 14 ans, c'est très jeune. Et trois autres mineurs avaient été mis en examen pour assassinat dans une autre affaire. La France s'en souvient, celle de Shem Sedgin à Viry-Châtillon, colligien de 15 ans, lui aussi passé à tabac.

Xavier Bertrand, Gabriel Attal sera ce matin à Viry-Châtillon où il doit notamment annoncer un grenelle sur la violence des mineurs, une grande concertation avec les familles, avec les maires, les associations, les professeurs et les forces politiques. Est-ce que c'est ce qu'il faut pour venir à bout de ce fléau ?

0:57
Xavier Bertrand

Non, ce n'est pas ce qu'il faut. Si on veut mettre un terme à ces massacres, parce que ce jeune à Grande-Synthe, visiblement, a été massacré, massacré, c'est qu'il faut aussi des sanctions. Il faut des réponses, des réponses qui soient dures. Bien évidemment, ça ne suffira pas. Il y a tout un travail de fond à mener, mais il faut aujourd'hui qu'on mette un terme à cette impunité en France.

1:20
Présentateur

Quand vous dites des sanctions, vous parlez de sanctions pénales, de sanctions éducatives, parce que tout cela est envisagé.

1:26
Xavier Bertrand

Attendons la fin de l'enquête. Mais ceux qui se sont rendus coupables de ce massacre devront répondre de leurs actes, et ce, quel que soit leur âge. Quel que soit leur âge. Cela fait maintenant des années que je porte cette idée que l'excuse de minorité ne peut plus être appliquée systématiquement.

1:44
Présentateur

Oui, peut-être pour expliquer pour nos téléspectateurs et nos auditeurs ce qu'est l'excuse de minorité. Il y a deux choses. Il y a le fait qu'en dessous de 13 ans, il y a une présomption de non-discernement. Donc en dessous de 13 ans, on considère que le jeune ne sait pas ce qu'il fait. Et puis entre 13 et 18 ans, les peines sont allégées. Vous vous souhaitez, pour bien comprendre, que les jeunes soient traités, jugés, sanctionnés comme des adultes ?

2:05
Xavier Bertrand

Qu'ils soient comme des adultes. Parce que les jeunes d'aujourd'hui, ça n'est plus le droit des mineurs, la justice des mineurs, comme on l'imaginait en 1948. On est en 2024 aujourd'hui. Mais vous savez, ce problème, il est à la fois sur les mineurs, mais il est plus globalement. Aujourd'hui, la réponse pénale n'est pas suffisamment rapide, elle n'est pas suffisamment forte. Il y a trop d'impunité dans notre pays. Il y a beaucoup trop d'impunité. Et on peut casser cela. Vous savez, le code pénal en lui-même, il n'est pas laxiste, mais c'est l'application du code pénal qui doit être rapide et qui doit être ferme.

Je porte depuis des années également cette idée d'avoir à nouveau des peines minimum. Il y a des peines maximum en France. Il faut des peines minimum pour casser cette impunité. Et là, encore une fois, qu'est-ce qu'on attend pour le faire ? Vous avez parlé d'un Grenelle. M. Macron est au pouvoir depuis sept années. Sept années qu'il est au pouvoir. Et même si M. Attal, aujourd'hui, utilise les mots, les mots pour qualifier les choses, mais les actes, les enseignants sur le terrain, les élus sur le terrain, les éducateurs me disent, même quand on entend sur un plateau de télévision, les mots qui sont des mots justes. Ce que l'on veut, c'est des actes.

On veut justement pouvoir faire face et on veut surtout faire reculer cette barbarie.

3:19
Présentateur

Xavier Bertrand, pour revenir sur l'excuse de minorité, vous dites que les jeunes d'aujourd'hui soient jugés comme des adultes. Aujourd'hui, cette excuse de minorité, elle peut être levée par les juges. Exceptionnellement, ils peuvent motiver le fait de juger un jeune comme un adulte, mais ce n'est pas fait. Qu'est-ce qui vous fait croire que si l'exception devient la règle, il y aura davantage de condamnations fermes pour ceux qui se rendent coupables de meurtre ou d'assassinat ?

3:45
Xavier Bertrand

Vous devez en faire la démonstration. C'est qu'il n'y aura pas la possibilité de la mettre de côté. Voilà, tout simplement.

3:52
Présentateur

Mais il y a une individualisation des peines et les juges ne seront pas obligés de choisir la peine maximale.

3:57
Xavier Bertrand

Oui, mais c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je le dis. L'excuse de minorité est une chose et les peines minimum, notamment pour la récidive ou pour des cas les plus graves, doivent bien évidemment s'imposer. Mais encore une fois, ce que je dis là, ne demande pas de réforme constitutionnelle.

4:12
Présentateur

Pour les délinquants ou pour la récidive ? Pour préciser, pour les deux...

4:15
Xavier Bertrand

Moi, j'étais partisan, vous le savez, sous Nicolas Sarkozy, ça avait aussitôt été écarté après 2012. Il y avait des peines planchées qui avaient fait preuve de leur efficacité et pour les mineurs, l'excuse de minorité ne doit plus être aujourd'hui la règle.

4:30
Présentateur

Xavier Bertrand, vous proposiez aussi en 2021, candidat à la présidentielle, que les jeunes les plus dangereux, les mineurs les plus dangereux soient encadrés de façon militaire. Est-ce que vous le souhaitez toujours ? Bien sûr. C'est les centres éducatifs fermés ?

4:41
Xavier Bertrand

Bien sûr. Mais les centres éducatifs fermés, il n'y en a pas partout. Oui. Encore une fois, aujourd'hui, vous avez un problème de réponse pénale. La police essaye de faire le plus rapidement possible dans les meilleures conditions son métier. D'ailleurs, regardez, on ne sait pas quelle sera la suite de l'enquête. Il y a eu tout de suite des interpellations.

4:57
Présentateur

14 et 15 ans, je le répète.

4:59
Xavier Bertrand

Derrière cela, c'est la réponse pénale. Vous prenez la question des émeutes, des émeutes de juin dernier. J'avais écrit aux gardes des Sceaux pour savoir exactement ce qu'il en était, quelles avaient été les suites. Il y avait un peu plus de 5 500 personnes qui avaient été interpellées. Il y en avait 1 700 qui avaient fait l'objet d'une condamnation pénale.

5:21
Locuteur

Mais derrière, quand vous prenez sur l'ensemble,

5:24
Xavier Bertrand

20 % seulement ont purgé normalement une peine de prison. 20 % seulement. Tous les actes ne nécessitaient pas d'aller en prison. Mais non seulement. Vous avez aujourd'hui des difficultés parce qu'il y a un numerus clausus qui ne dit pas son nom pour la prison. Il n'y a pas assez de places de prison. Ça fait des années qu'on nous dit qu'il faut des places de prison. Moi-même, élu local, dans le Saint-Quantinois, j'avais fait des propositions pour accueillir une prison. Jamais eu de réponse positive. Jamais. On nous dit que les élus n'en veulent pas. Ça n'est pas vrai. Et puis il y a aussi autre chose.

C'est que l'alternative à la prison n'existe pas suffisamment fortement aujourd'hui en France.

5:56
Présentateur

Quelle serait l'alternative pour les jeunes ? C'est les centres éducatifs fermés.

5:59
Xavier Bertrand

Les centres éducatifs fermés, ça c'est la première des choses. Des bracelets électroniques pour les mineurs. Les travaux d'intérêt général. Il ne s'agit pas d'appliquer des travaux d'intérêt général à ceux qui se rendent coupables.

6:12
Présentateur

Il y a des travaux d'intérêt éducatifs qui ont été annoncés par Gabriel Attal en janvier à l'Assemblée nationale, notamment.

6:18
Xavier Bertrand

Cela fait maintenant 4 ans. J'ai proposé au titre du Conseil régional des Hauts-de-France d'accueillir des TIG, justement, au sein du Conseil régional. Vous savez combien d'injustice m'en a envoyé ?

6:27
Présentateur

Dites-moi.

6:28
Xavier Bertrand

5. En 5 ans. TIG, travaux d'intérêt général. Maintenant, il y a avec le procureur Damien où on va essayer autre chose. Le travail non rémunéré. Mais en 5 ans, j'avais interpellé le garde des Sceaux. Il n'y a pas de suite. Il y en a marre des discours. Il y en a marre des actes. Moi, ce que je propose en tant qu'élu local, parce que je pense qu'on doit trouver des solutions partout, c'est des solutions et on ne me les donne pas. C'est ça aussi le fond du problème.

6:50
Présentateur

Xavier Bertrand, il y a quelques instants, vous évoquiez les émeutes de l'été dernier. Quand on regarde les chiffres, que ce soit des condamnations des mineurs ou dans l'ensemble, ou celles précisément au moment des émeutes, il y a aussi un fait majeur qui apparaît. 87% des 54 000 condamnations de mineurs par an, ce sont des jeunes garçons. 91% des condamnés pendant les émeutes, ce sont des hommes de moins de 25 ans. Est-ce qu'il y a une question sociétale, éducative, qui doit aussi nous interroger sur la façon dont on élève aujourd'hui des jeunes garçons ?

7:18
Xavier Bertrand

Bien sûr. Mais je ne veux pas que la question sociétale l'emporte sur la réponse qui doit être une réponse pénale, une réponse d'autorité et une réponse de sanction. Mais bien évidemment, vous devez vous poser toutes ces questions, mais encore une fois, il y a des réponses qui existent. Il y a la question de l'autorité à l'école. Il y a l'autorité dans la société, il y a la question aussi de la responsabilité parentale. Vous savez, l'éducation, c'est l'affaire des parents avant que ce soit l'affaire de l'école.

7:42
Présentateur

Il faut responsabiliser les parents, taper au portefeuille pour ceux qui,

7:45
Xavier Bertrand

par exemple, ne sont pas assez impliqués. Certains d'entre eux, mais ce sont aussi des idées que nous avons portées à une époque, notamment la suspension des allocations familiales quand les enfants n'allaient pas à l'école. Qui avaient été votées,

7:56
Présentateur

notamment lorsque vous étiez le patron de la droite française.

7:59
Xavier Bertrand

J'avais appuyé cette proposition qui, à l'époque, était celle d'Éric Ciotti, député. Sauf que quand on l'avait votée, les enfants avaient retrouvé le chemin de l'école. Et ce n'est pas le hasard. C'est tout simplement parce qu'il y avait une forme de dissuasion avec cette sanction. Vous savez, quand il y a la certitude de la sanction, il y a un effet de dissuasion, pas pour tous, mais pour beaucoup d'entre eux. Et puis vous avez aussi une autre question. C'est celle des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux qui sont également ce défouloir de haine, de violence.

8:27
Présentateur

Qu'est-ce qu'on en fait, Xavier Bertrand ?

8:28
Xavier Bertrand

De violence pour être libérée. Moi, je suis pour et je vais porter ce combat pour que l'on supprime l'anonymat sur les réseaux sociaux. Vous pouvez menacer quelqu'un, vous pouvez l'injurier, vous pouvez le diffamer, vous pouvez le menacer de mort, mais derrière la sanction, ce sera très difficile à appliquer et seulement pour les cas les plus graves. Sur un sujet comme celui-ci, ça ne me dérange pas qu'on puisse utiliser un pseudo. Mais l'anonymat, il faut y mettre un terme.

8:53
Présentateur

Vous savez, Bertrand, je le disais, dans quelques minutes, à 10 heures, Gabriel Attal est attendu à Viry-Châtillon, 100 jours après sa nomination à Matignon. Il sera d'ailleurs ce soir l'invité exceptionnel de BFM TV où il sera interrogé sur l'école, la sécurité, le pouvoir d'achat, évidemment, et on va y revenir, Xavier Bertrand. Mais d'abord, une question toute simple, est-ce que c'est un bon Premier ministre, Gabriel Attal ?

9:13
Xavier Bertrand

Posez la question au français, vous l'aurez la réponse. Il pense comme moi. Un Premier ministre qui n'a pas de majorité absolue. Qu'est-ce qu'il peut faire ? Des émissions. Prononcer des discours. Il n'y a pas, et c'est le péché originel de ce quinquennat, M. Macron n'a pas voulu avoir une majorité absolue à l'Assemblée, ce que les Français lui ont refusé.

9:33
Présentateur

Vous dites poser la question aux Français, nous, quand on leur pose la question, sondagez là pour BFM TV, ils trouvent Gabriel Attal compétent, dynamique, audacieux, courageux et sympathique. Est-ce que vous aussi, vous lui trouvez ses qualités ?

9:43
Xavier Bertrand

Efficace à combien de pourcents ?

9:44
Présentateur

Efficace, ils sont quelques-uns à dire, il est encore trop tôt pour juger de son action au bout de 100 jours.

9:48
Xavier Bertrand

Vous savez, les Français, ce qu'ils veulent, c'est que leur responsable politique soit efficace. Vous ne trouvez pas efficace ? Aujourd'hui, on parle de la santé un court instant ? On en parle. Ce soir, vous allez l'interpeller sur les questions de santé ? C'est-à-dire ? Les questions de santé, aujourd'hui, la pénurie de médicaments dans notre pays. On a eu des annonces sur des annonces, des plans sur des plans de la part des ministres de la Santé. Allez dans une pharmacie, vous avez un enfant en bas âge, moi c'est mon cas. C'est mon cas aussi. Je vais vous dire une chose, c'est effectivement la chasse au trésor pour avoir certains médicaments. C'est une honte.

10:18
Présentateur

Mais c'est la responsabilité de Gabriel Attal, c'est de sa faute.

10:20
Xavier Bertrand

Attendez, il est au pouvoir ou pas ? Alors, il est au pouvoir, il doit le régler. Il y a des époques où il n'y a pas eu de pénurie de médicaments. Donc, aujourd'hui, sur la pénurie de médicaments, ils font quoi ? Et il y a un sujet qui risque d'aggraver la situation. Vous avez Biogarant. Biogarant, c'est une entreprise française qui dépend du groupe Servier. Vous savez, le groupe Servier qui avait été bien connu. Je m'étais opposé à eux sur la question du médiator parce qu'ils avaient vendu ce poison. Biogarant est aujourd'hui en vente. Produit justement des génériques. Vous avez aujourd'hui deux acheteurs potentiels, des groupes indiens.

Ça veut dire que si ce sont des Indiens qui achètent, il y a tous les risques que cette production de génériques soit faite ailleurs qu'en France. Il y a des emplois à la clé et il y a ensuite de la disponibilité des médicaments. Je demande au gouvernement de s'opposer à cette vente. Ils en ont les moyens tant qu'on n'aura pas un acheteur européen. Deuxième sujet, la taxe lapin.

11:10
Présentateur

Taxe lapin parce qu'il faut des recettes et on voit aussi la question des déficits et des comptes publics. Effectivement, un certain nombre de mesures sur la santé, le doublement de la franchise médicale, de la franchise sur les boîtes de médicaments. Et la taxe lapin, 5 euros pour ceux qui n'honoreraient pas le rendez-vous chez le médecin.

11:27
Xavier Bertrand

5 euros.

11:28
Présentateur

Ça vous chante ?

11:28
Xavier Bertrand

La consultation d'un généraliste est à 26,50. Vous ne trouvez pas qu'il y a un décalage ? Qu'elle devrait être plus importante cette taxe lapin ?

11:34
Présentateur

Vous trouvez que 5 euros ce n'est pas assez ?

11:35
Xavier Bertrand

Évidemment. Le médecin, bien évidemment, il ne produira pas d'actes. Mais en attendant, c'est un rendez-vous qui n'existe pas pour les autres. Elle doit être de combien, Philippe Bertrand, cette taxe ? Pour certains, elle ne sera pas assez dissuasive.

11:47
Présentateur

C'est-à-dire qu'il faut qu'elle soit équivalente à la consultation ?

11:50
Xavier Bertrand

Poser la question au médecin plutôt que d'avoir imposé cette décision sans concertation avec les médecins. Mais 5 euros pour moi, ça n'est pas suffisant. Puis il y a aussi autre chose. Le Premier ministre, parce que c'est lui qui a annoncé, ce n'est même pas le ministre de la Santé. Ils disent qu'il faut moins de formalité, moins de paperasse pour les médecins. Mais c'est aux médecins de gérer ça. Mais certainement pas. C'est à la sécurité sociale de gérer cette taxe lapin. Et en même temps, sur les questions de santé, allons jusqu'au bout des choses. Le gouvernement est en train de programmer la mort des cliniques privées. Des cliniques privées.

Vous savez, en France, le système français repose sur une partie publique et une partie privée. Il y a l'hôpital et il y a les cliniques privées. Ils ont décidé d'augmenter...

12:31
Présentateur

Je rappelle pour ceux qui nous écoutent que vous avez été ministre de la Santé, Xavier Bertrand.

12:34
Xavier Bertrand

Merci. Ils ont décidé d'augmenter les tarifs de 0,3%. Quand on sait ce qu'est justement l'inflation aujourd'hui, ça veut dire que des services vont fermer. Et après, on va se plaindre qu'il y a trop de difficultés à l'hôpital public. Les infirmiers libéraux sont aujourd'hui dans une situation des plus précaires qui soit. Sur ces sujets-là, sur la santé, marre des discours, marre des grandes déclarations. Il nous faut des actes.

12:56
Présentateur

Je rappelais que vous étiez ministre de la Santé. Vous avez été aussi ministre du Travail. Vous avez fait des classes moyennes, l'un de votre credo. Il se trouve que Gabriel Attal en fait aussi l'un des marqueurs de son action politique. Est-ce qu'il a raison de vouloir améliorer la vie des classes moyennes ? Est-ce que vous percevez dans son discours une volonté ou en tout cas une compréhension des enjeux que vous aviez posés sur la table au cours des précédents mois ?

13:19
Xavier Bertrand

Mais comprendre, c'est la moindre des choses quand on a du pouvoir. Mais il faut faire, il faut délivrer.

13:24
Présentateur

Pour l'instant, il y a un cap qui est fixé. C'est-à-dire la lutte contre la fraude, la désmicardisation, les 2 milliards de baisse d'impôts.

13:31
Xavier Bertrand

Quand vous voyez la situation du pays, vous n'avez pas un jour à perdre. Vous n'avez pas un jour à perdre. Aujourd'hui, quand vous êtes au pouvoir, vous devez agir. Dans ma région, qu'est-ce qui touche les classes moyennes ? Le pouvoir d'achat. J'aide ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler. 240 euros que je leur verse.

13:47
Présentateur

C'est-à-dire qu'il faut des mesures d'urgence sur l'essence par exemple ?

13:49
Xavier Bertrand

J'aide les classes moyennes, notamment quand les enfants doivent passer le permis de conduire. Le permis de conduire est devenu un impôt qui ne dit pas son nom. Je les aide. Et j'aide les classes moyennes, c'est-à-dire celles et ceux qui travaillent. J'aide aussi pour la garde d'enfants. L'allocation de rentrée scolaire dans les Hauts-de-France, elle est versée à tout le monde, quels que soient les revenus.

14:06
Présentateur

Vous demandez à l'État de reprendre vos idées pour soulager...

14:10
Xavier Bertrand

Ça fait un moment justement que je propose à l'État. Mais bien évidemment, les discours leur suffisent. Les seules choses qui intéressent les Français, et quand vous voyez l'exaspération qui monte aujourd'hui, ce sont des résultats, c'est qu'on change leur vie. Je pense qu'au gouvernement, ils ont renoncé à changer la vie des Français. Ils sont aujourd'hui certainement fatigués, mais en tout cas, ils n'ont plus envie de changer la vie des Français. Prenez notamment sur la classe moyenne, regardez l'interview aujourd'hui du patron de Michelin sur la question du salaire décent, qui dit que le SMIC n'est plus un salaire décent, et il a raison.

14:42
Présentateur

Et qui lui décide d'augmenter de son côté les salaires dans le monde.

14:44
Xavier Bertrand

Qu'est-ce qu'ils attendent au gouvernement, notamment sur le carburant ? En septembre dernier, on me l'a reproché, j'avais indiqué que l'augmentation du prix du carburant était une bonne affaire pour l'État, parce qu'à chaque fois que le prix du baril augmente, c'est le cas aujourd'hui, les taxes augmentent. M. Le Maire, qu'est-ce qu'il attend pour convoquer tous les distributeurs, tous, et de leur imposer ce que Total a décidé de faire ? C'est-à-dire que le prix du carburant est plafonné aujourd'hui à 1,99€ chez Total. Qu'est-ce qu'il attend ? Il attend qu'il y ait aujourd'hui une montée en puissance. J'ai dit, oui, attendez, M. Attal s'occupe de tout comme M. Macron.

Alors dans ces cas-là, posez-lui la question ce soir. Les distributeurs, le prix coûtant, qu'est-ce qu'ils attendent pour l'imposer à tout le monde ? Ce que Total fait, tout le monde doit le faire.

15:25
Présentateur

J'en viens à Xavier Bertrand, donc à la conférence de la France insoumise qui aurait dû avoir lieu à l'université Lille 3 ce soir. Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan, qui, sur la liste insoumise aux européennes, devait prendre la parole. Cette conférence a été annulée par la présidence de l'université au nom notamment de la sécurité des personnes et des biens. Vous aviez appelé à l'annulation de cette conférence et Jean-Luc Mélenchon vous a pris à partie hier lors d'un meeting pas loin à Roubaix. Écoutez.

15:52
Invité

Pour moi, l'université, c'est un monument. C'est un grand moment d'y être. Alors, quelle tristesse de voir des petits chafouinages misérables. Le président de la région, la main sur le cœur, disant, il ne faut pas laisser les antisémites entrer ni à l'île, ni nulle part dans le pays, dans les universités françaises. Tu es bête. Tu es borné. Tu es obtu.

16:22
Présentateur

Qu'est-ce que vous lui répondez, Xavier Bertrand ?

16:25
Xavier Bertrand

Bête, il a dit. Obtu et borné, c'est ça ? Oui. Alors, je suis un gaulliste bête. Je suis un républicain borné. Et je suis, moi, un universaliste obtu. Et je l'assume. Et je l'assume.

16:35
Présentateur

Vous souhaitez réduire au silence Jean-Luc Mélenchon, comme il le dit.

16:38
Xavier Bertrand

Il était réduit au silence hier. Certainement pas. Il a tenu ce qui est un meeting politique. Mais tenir un meeting politique dans une université, je suis désolé, ça n'a pas sa place. Et le président de l'université a eu raison. C'était une conférence. Ce n'était pas un meeting sur le papier. Attendez. Avec en plus une association qui nie l'existence d'Israël. C'est-à-dire qu'il y a une reconnaissance internationale de l'État d'Israël et il la niait. Vous savez, ce qui se passe aujourd'hui avec la France insoumise.

17:02
Présentateur

Vous évoquez le logo

17:05
Xavier Bertrand

qui nie l'existence d'Israël à même exister. Cet antisionisme est si proche de l'antisémitisme. Monsieur Mélenchon, aujourd'hui, il a basculé depuis longtemps. Moi, je suis un républicain, il ne l'est plus. Mais on est dans un état de droit,

17:17
Présentateur

vous savez, Bertrand, il y a la légalité ou l'illégalité. Est-ce que ce que fait cette association est légale ou illégale ? Et est-ce que Jean-Luc Mélenchon tombe sous le coup de la loi Guesso ou non ?

17:28
Xavier Bertrand

S'il prononce, s'il tient des propos antisémites, il tombe sous le coup de la loi et il doit être condamné. Il n'a pas été empêché de s'exprimer. Hier soir, il a tenu son meeting. Alors, quel est le problème ? Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a une confusion des genres. Et d'ailleurs, je vois que le président de l'université, il était un peu seul. Vous avez entendu la ministre de l'Enseignement supérieur, vous, sur ce dossier ? Absolument pas. Et donc, encore une fois, il faut arrêter de détourner les yeux. Il faut arrêter aujourd'hui de faire du pas de vague.

Quand il y a des conférences comme celle-ci, dans le contexte dans lequel on est, qui sont aussi sur un fond d'antisémitisme qu'il faut combattre dans notre pays. Alors, je suis désolé, on doit dire stop.

18:05
Présentateur

C'est une question de droit, Xavier Bertrand. Je vous repose ma question. Si l'activité de cette association qui est agréée en préfecture est légale, pourquoi interdire une conférence de cette association ?

18:14
Xavier Bertrand

Parce que ça n'a pas à voir lieu dans une université, dans une université française, très clairement. Et si ces propos sont caractérisés de façon antisémite, ils tombent sous le coup de la loi.

18:26
Présentateur

Pour bien comprendre, ça veut dire que la conférence qui est annoncée ce soir à Lille par les Insoumis dans un autre lieu, vous n'en demandez pas l'annulation.

18:34
Xavier Bertrand

S'il y a un risque de trouble à l'ordre public, le droit permet justement de l'interdire.

18:39
Présentateur

Donc, vous envisagez de demander l'interdiction du meeting de ce soir ?

18:43
Xavier Bertrand

Je ne suis pas aujourd'hui le représentant de l'État, mais s'il y a le moindre trouble à l'ordre public, la réponse est oui. Mais à l'université, ça n'avait pas lieu. Quelle honte d'organiser cela à l'université ? Est-ce que vous demandez la dissolution

18:54
Présentateur

de l'association qui a organisé cette conférence ? Puisque vous dites qu'elle nie l'existence de l'État d'Israël.

18:59
Xavier Bertrand

On va le faire 4 fois, 5 fois, 10 fois. Je vous l'ai dit, s'il y a des propos antisémites, ils tombent sous le coup de la loi.

19:03
Présentateur

Non, mais si l'association nie l'existence de l'État d'Israël, ça tombe sous le coup de la loi et dans ce cas-là, vous en demandez la dissolution. Si ce n'est pas le cas, ça veut dire qu'elle a le droit d'organiser des conférences.

19:12
Xavier Bertrand

Le droit d'organiser des conférences, je suis désolé, dans le contexte dans lequel on est, l'antisionisme, c'est aussi le fauné de l'antisémitisme. On décide de combattre l'antisémitisme, oui ou non ? Pour moi, la réponse est oui. Chaque jour, à chaque moment.

19:25
Présentateur

Les Insoumis, d'ailleurs, tiendront cette conférence, ils annoncent ailleurs à Lille. Il y a un sénateur, les Républicains, Stéphane Lerudulier, qui demande leur dissolution. Est-ce que vous soutenez son action ? Il demande la dissolution de la France insoumise.

19:37
Xavier Bertrand

Je combats la France insoumise et je continuerai à la combattre. Et dans ces élections européennes, je combats tous les extrêmes. Et vous savez, ces élections européennes, aujourd'hui, elles sont devenues... Elles sont mortes ? Ce ne sont plus des élections européennes. Pourquoi ? M. Macron aura réussi l'exploit de transformer ça en référendum pour ou contre Macron. Voilà ce qui s'est passé. Depuis le début, en ciblant notamment les extrêmes et surtout en ciblant le Rassemblement national, on s'aperçoit qu'il y a maintenant un référendum pour ou contre Macron. Et vous connaissez la réponse.

Parce qu'il y a une majorité de Français aujourd'hui qui sont mécontents du président de la République et mécontents de ce gouvernement. C'est terrible que l'enjeu européen ait disparu. Hier, dans cette émission, Apolline de Malherbe n'a posé qu'une question sur l'Europe à M. Bardella. Tout le reste, c'était sur la politique nationale. Vous le voyez, c'est devenu un référendum pour ou contre Macron. Parce qu'il y a beaucoup de sujets

20:25
Présentateur

de politique nationale.

20:27
Xavier Bertrand

Aujourd'hui, un tour de l'élection présidentielle. Et il y aura des questions sur les élections européennes. Aujourd'hui, le Front National n'a aucune solution. Aucune. Et moi, je continuerai à apporter des solutions concrètes, sérieuses pour encore une fois changer, améliorer la vie des Français.

20:42
Présentateur

Merci, Xavier Bertrand. Les questions européennes, il en sera question ce soir avec Gabriel Attal, invité exceptionnel de BFM TV. Merci d'être venu à ce micro ce matin, Xavier Bertrand. Bonne journée à vous. Bonne journée à tous.

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