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AutreEmmanuel SENECHARLES - Le28tv · 11 septembre 2025 11 minPortrait personnelInstitutions & élections

Christelle Minard, une femme de terrain à l’Assemblée nationale

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Christel Minard a fait son entrée à l'Assemblée nationale ce lundi 8 septembre. Agricultrice, enseignante, maire, conseillère départemental, son parcours est celui d'une femme de terrain enracinée dans leur mais jamais elle n'avait imaginé siéger un jour dans l'hémicycle. Retour sur le chemin de vie engagé, bouleversé par la disparition de son ami Ebidome Olivier Marlex qui est la nouvelle députée de la deuxè circonscription de Relar. découvrez son parcours et son histoire.

Alors, j'ai grandi à l'ron dans le sud du département en Loir dans une famille d'agriculteurs. D'accord. Quand vous étiez petite, vous rêviez de quoi ?

Par la politique ? Pas du tout. Je rêvais des d'être enseignante.

Donc ça c'est c'est un rêve que j'ai accompli puisque faut que je vous raconte tout. Bah oui, justement. Ah ouais, non, faut faut pas hésiter à Ah alors du coup si je vais dans l'ordre bah oui, j'ai grandi dans une famille d'agriculteur donc forcément avec cette fibre agricole rural.

Alors chez nous, il y avait pas de garçon hein, je viens de vous dire, j'ai une petite sœur, deux filles. Et donc, il y avait il y a toujours quand on est dans le monde dans issu d'une famille agricole, la préoccupation, le le souci de la transmission euh de l'exploitation et euh donc ça, je savais que j'avais cette responsabilité euh peut-être à l'époque, cette charge pour moi euh de reprendre l'affaire. Pour autant, je voulais être enseignante.

Donc, j'ai un parcours, j'ai fait une formation agricole, hein, j'ai fait un bac agricole, j'ai fait un BTS agricole et puis après, j'ai une j'ai fait une double licence administration, économie et et sociale et une licence des sciences de l'éducation avec le projet de pouvoir enseigner. Malgré une vie déjà bien remplie, Christelle Minard fait ses premiers pas en politique. D'abord, elle débute à Marboué. en tant que conseillère municipal avant de rejoindre trembler les villages, la ville où elle s'est installée au côté d'Antoine, l'homme qu'elle a épousé en 2000.

À partir de là, tout s'accélère. En 2008, elle démissionne de son poste de première adjointe en désaccord avec le maire de l'époque sur la gestion des finances communales. 4 ans plus tard, en 2012, Olivier Marlex l'a choisi comme suppléante.

Alors, ce qu'il a proposé, ce que vous avez ressenti une une fierté. Euh comment ça s'est fait ? Comment ça s'est passé ?

Olivier, il est venu me chercher. Je pense qu'il a repéré mon parcours parce que voilà, j'ai un parcours de combattante. Ça a été je m'étais présenté au conseil général à l'époque contre Jean-Pierre Gaborot.

J'ai fait une Ouais. avant 2015, le précédent mandat, je m'étais présenté contre Jean-Pierre Gaboriot, c'était pas contre Jean-Pierre, mais là aussi on avançait pas trop dans la communauté de commune. Donc euh je m'étais dit il y a des choses à faire quoi.

C'était quand même dommage de de un un combat. J'ai pas été élu mais j'étais pas loin de de du de l'être. Donc je pense qu'Olivier m'avait repéré dans ce combat électoral.

Ensuite tremblait avec un mandat avec un maire voilà où j'ai fini avec une opposition enfin voilà où ça a été compliqué et puis élu voilà et avec la confiance aussi des habitants de de Trembla. Olivier avait particulier un attachement particulier à trembler avec le docteur Togourdau. Donc en fait, il y a plein de d'éléments qui converge pour qu'il viennent me chercher.

C'est dans l'ombre d'Olivier Marlex qu'elle poursuit son engagement. Suppléante fidèle depuis 2012, elle le soutient sans jamais nourrir l'ambition de le succéder. Ça c'est pas une ambition de votre part que d'un jour Ah non, c'était Non, c'était pas du tout une ambition.

C'est même enfin voilà, je je lui ai même plusieurs fois redit écoutez, il faut tu es sûr à ce moment je bon voilà je je l'ai fait enfin après je lui ai dit écoute quand il m'a demandé de de renouveler de rester sa sa suppléante je lui dis tu sais ce serait bien que que tu trouves un autre suppléant ou une autre suppléante. Ça y est, maintenant tu es pas enfin voilà parce qu'en 2012 pour Olivier, c'était son premier mandat, c'était son premier combat politique aussi sur la circonscription en tant que député. On avait réussi ensemble quoi.

Je pense que et du coup quand il m'a demandé de renouveler, je lui dis "Bah oui, mais bon, ça serait bien maintenant que peut-être tu trouves quelqu'un d'autre. J'ai euh ça y est, tu es bien, tu es bien lancé. Moi, je suis trop attachée à mes mandats locaux, mon mandat de maire, le département, l'aglo, enfin ça c'est des dossiers que je maîtrise, qui me rassure peut-être aussi hein, je et je sais où est ma place.

J'ai pas envie d'être député. D'accord. Donc ça, Olivier le savait la dernière fois quand il disait que j'étais son petit porort bonheur.

En fait, quelques pas, il voulait on avait commencé ensemble et en gros on terminerait ensemble. Mais le 7 juillet dernier, tout bascule. La brutalité de la disparition d'Olivier Marlex laisse dévast avant de réaliser qu'elle devra par la loi prendre sa place.

Donc si je puis dire aujourd'hui mon rôle bah c'est de m'inscrire dans cette continuité là. Je je porte ce combat pour Olivier. euh pour Olivier, pour sa famille, pour notre famille politique euh par responsabilité.

Euh après, je vous cache pas que j'y vais que. D'accord. Euh alors avant d'aller plus loin, je vais revenir au moment où euh à l'annonce du décès.

Alors pas vos relations avec Olivier, mais ce que vous avez ressenti lorsque vous avez compris que vous alliez devenir député, vous qui ne vouliez pas devenir député. Et ben déjà euh déjà la brutalité euh le le choc quand j'ai appris le décès d'Olivier, c'était d'une telle violence que he pour me cacher je je hurlé quoi. Enfin c'était vraiment comme un je perdre son enfant, son conjoint c'est bien pire mais vraiment avec Olivier c'était on on était proche quoi.

Et du coup, ça c'était le cri. Euh, j'ai pas réalisé, enfin pour moi, il avait eu un accident cardiaque cérébral. J'ai été dans le déni toute la journée de de la manière dont dont il avait mis fin à sa vie.

Je l'ai pas je l'ai pas entendu hein. C'est vrai. Il a fallu que je rappelle le préfet le soir.

Enfin, je veux dire c'était sur tous les C'est Gérard Sourissou qui me dit "Mais si je lui dis Gérard c'est pas vrai, on te raconte des histoires. Olivier il a vu un Non mais je je me revois encore. Du coup là, je finis par rappeler le préfet et il me dit "Mais Christelle, je vous ai appelé tout à l'heure, je vous ai dit qu'Olivier avait mis fin." Et ben je l'ai pas entendu quoi.

J'étais vraiment dans le dans le dénialisé. Bah très vite à 18h he je crois c'est la l'Assemblée nationale qui m'a appelé le préfet. J'ai reçu un arrêté du du ministre puisque de par la loi le remplaçant il remplace immédiatement.

Euh après si je voilà ça pour je pouvais pas l'entendre enfin je veux dire je l'étais de fait mais j'étais pas dans la position de remplacer Olivier. Ouais, il m'a fallu euh bah je sais pas comment dire, je sais même pas si enfin je le aujourd'hui je suis dedans quoi, je veux dire, mais j'ai du mal à prendre le la posture enfin voilà du député enfin puis être à la place d'eux quoi parce que je serais jamais Olivier. Euh les conditions enfin je trouve sont extrêmement difficiles.

Devenu député malgré elle, Christelle Minard s'accroche à une seule conviction : continuer le combat de son ami pour le territoire et ses habitants. Je me dis est-ce que je serai à la hauteur ? Est-ce que je vais pouvoir servir ce mandat avec la la pression en fait ? parce que je veux dire les gens attendent beaucoup de moi sur sur la circonscription d'être à la hauteur d'Olivier.

Donc ça c'est ma je je suis dans l'angoisse dans la peur de euh et puis après le grand bain euh d'aller à l'assemblée. Donc je l'ai mesuré un petit peu cet été puisque je suis allée évidemment prendre toutes les démarches, m'inscrire. J'ai été très accompagnée par fille Big.

Ça vraiment je dois dire je n'oublierai comme j'oublierai jamais Olivier, vous voyez enfin dans dans j'oublierai jamais ce qu'a fait Philippe pour moi à ce moment-là. Il a été là le lundi soir, il a été là avec moi à l'assemblée la journée où il a fait toutes les démarches avec moi parce que c'est quand même enfin c'est bon voilà beaucoup de démarches administratives et cetera. Donc il l'a fait c'était vraiment d'un précieux soutien.

Euh les collègues hein, je pense à Guillaume Casbarian qui a été vraiment top aussi, enfin qui Alberc de Monolfier, tous les collègues parlementaire euh ont été vraiment d'un grand soutien. Donc ça aussi on se dit bon, on n'est pas seul. Euh donc ça c'était le premier pas à l'Assemblée au mois de juillet de faire toutes les démarches, de mesurer enfin ne serait-ce que de se repérer au niveau spatial assemblé.

Entre devoir et émotion, Christelle Minard a pris cette semaine sa place à l'Assemblée nationale, là où elle ne pensait jamais siéger. Député malgré elle, mais déterminé à être utile dans la continuité d'Olivier Barlex. M.

Christelle Minard, une femme de terrain à l’Assemblée nationale — Christelle Minard · Pourquijevote