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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 12 juin 2026 22 min

"Gérald Darmanin" a "une responsabilité dans l'effondrement" de l'institution judiciaire, dit Sébastien Chenu

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9. Invité du grand entretien ce matin, nous recevons un député Rassemblement National du Nord, vice-président du RN, alors que son parti organise aujourd'hui dans l'Essonne son deuxième séminaire de préparation à l'élection présidentielle en présence de Marine Le Pen et Jordan Bardella. La question, réaction, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Bonjour Madame. Et merci d'être au micro de France Inter. Aujourd'hui Sébastien Chenu, il y a les obsèques de Liana qui auront cours à 14h30 à Florence, Liana 11 ans.

Vous avez parlé hier soir, je cite, d'effondrement de l'institution judiciaire. Est-ce que, comme le président de votre parti, vous demandez la démission de Gérald Darmanin ?

0:56
Sébastien Chenu

C'est non seulement un effondrement, mais c'est une faillite en réalité à laquelle nous sommes en train d'assister. Et Gérald Darmanin est un des artisans de cette faillite. Donc évidemment, s'il avait un peu d'esprit de responsabilité, puisqu'on nous serine ce terme à tout bout de champ, nous sommes en responsabilité. Qu'est-ce qu'on a pu entendre ça dans la bouche des ministres macronistes ? S'il avait un peu de sens de l'honneur, il remettrait sa démission. Mais comme le dit Marine Le Pen, mais à quoi bon pour être remplacé par quelqu'un qui pense, qui est dans la même ligne idéologique, qui pense comme lui et qui ne fera rien ?

1:31
Présentateur

Donc vous ne demandez pas sa démission ?

1:32
Sébastien Chenu

En tous les cas, il devrait être bien inspiré de le faire. Mais la réalité nous oblige à dire que ça ne change rien. Parce qu'on ne sort pas, en fait, dans cette affaire-là, on ne sort pas du responsable, mais pas coupable. En fait, tous ces gens-là nous disent, je suis responsable du ministère de la Justice, mais je n'ai aucune culpabilité dans ce qui se passe. Bah si, M. Darmanin et ceux qui l'ont précédé durant dix ans ont une responsabilité et une culpabilité dans l'effondrement de notre institution judiciaire.

2:01
Présentateur

Alors, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé devant le Sénat prendre dans les tout prochains jours un décret sur la nécessité de motiver des classements sans suite dans les plaintes concernant les crimes sexuels sur mineurs. Le gouvernement va proposer au Parlement de continuer à augmenter le budget de la justice en 2027. On entend votre critique, qui peut être légitime, du dysfonctionnement de la justice, mais jusqu'où allez-vous dans la volonté de mettre la justice sous tutelle ?

2:27
Sébastien Chenu

Il n'y a pas de volonté de mettre la justice sous tutelle. Il y a une volonté d'avoir les yeux en face des troupes, pardonnez-moi pour l'expression, mais d'abord de sortir du déni. Le déni d'une société dans laquelle la violence est installée à tous les étages, dans laquelle la violence est endémique, dans laquelle les mineurs sont mis en cause de façon très importante dans les actes de violence. Une société dans laquelle les affaires de pédocriminalité, lorsqu'elles ne sont pas mises sous le boisseau, en tous les cas je pense à l'affaire du périscolaire à la mairie de Paris, ne sont pas traitées.

Une société, une justice dans laquelle il y a évidemment un manque de moyens parce qu'il y a ce déni. Quand vous ne voulez pas avoir la vérité en face, vous ne mettez pas les moyens pour la combattre. Alors là, en toute urgence, d'abord on regarde et on prend acte. Et la question des moyens a été posée par Sébastien Lecoyne. On arrête de nier les faits et l'explosion de la violence dans notre société. Ensuite on met des moyens en face. Ça fait dix ans qu'ils sont aux manettes. Mais il y en a eu quand même. Il a augmenté beaucoup le budget de la justice.

3:22
Locuteur non identifié

On est passé de 7 milliards à 10 milliards et demi.

3:23
Sébastien Chenu

Quand vous parlez du budget de la justice, on pourrait parler des prisons. Parce que si vous voulez avoir une justice qui soit efficace et enfermer des gens pour les protéger, pour protéger la société de ces gens-là.

3:31
Locuteur non identifié

Mais le nombre de places en prison a augmenté également.

3:33
Sébastien Chenu

3 500 places construites madame. Nous sommes à un taux d'occupation qui explose. Nous avons 25% des personnes incarcérées qui sont de nationalité étrangère. Donc si vous voulez, Emmanuel Macron avait promis de construire, je crois, 15 000 places de prison. Nous en sommes à 3 500 de construites en 10 ans. Et ça prend du temps et vous le savez Sébastien. Donc quand je parle des moyens, c'est à la fois des moyens pour les tribunaux, c'est à la fois des moyens pour la pénitentiaire. Et puis il faut bien le dire aussi, il y a un esprit d'irresponsabilité dans la justice qui conduirait.

Je regardais hier chez vos excellents confrères de France Télévisions à reportage qui disaient que le Conseil supérieur de la magistrature n'a prononcé qu'une sanction en 15 ans. Zéro blâme, zéro exclusion. Le juge Burgaud, par exemple, de l'affaire Doutreau est toujours quelque part en poste en France. La magistrate d'Auch qui a instruit, ou plutôt qui n'a pas instruit l'affaire Liana, a été promue il y a quelques semaines. Donc au bout d'un moment où ce CSM ne fonctionne pas bien, le Conseil supérieur de la magistrature, où il ne prend pas la mesure des difficultés et des problématiques que peut avoir une décision de justice qui n'est pas rendue ou qui est mal rendue.

4:40
Locuteur non identifié

Mais la magistrate d'Auch, elle n'avait pas été saisie de l'affaire Liana, puisqu'elle n'a pas encore été saisie. Vous parlez de l'affaire précédente, de la plainte 3 d'août, elle a demandé au gendarme d'entendre le principal suspect et ils ne l'ont pas fait.

4:52
Sébastien Chenu

Madame, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'en réalité, dans cette affaire Liana, et on le voit bien, même les Américains, une structure américaine, avait identifié l'auteur comme étant un pédocriminel. Chez nous, le dossier n'a pas bougé d'un centimètre pendant des années. Résultat, on a laissé un individu dangereux en liberté, s'en prendre et finalement tuer cette demoiselle. Il y a plusieurs choses, si vous voulez, qu'il faut avoir en tête.

5:16
Locuteur non identifié

Il reste présumé innocent.

5:18
Sébastien Chenu

Vous avez raison de le rappeler, bien sûr. Vous avez raison de le rappeler. Je vais être assez concret. Non, parce qu'il y a une enquête administrative en cours, ça aussi, il faut le rappeler.

5:29
Présentateur

Et on aimerait comprendre, parce que vous avez mis en cause le politique à travers le ministre de la Justice, vous avez mis en cause les magistrats. Non, je ne l'ai pas mis en cause les magistrats, je l'ai mis en cause le conseil supérieur de la magistrature,

5:41
Sébastien Chenu

aujourd'hui, qui ne fonctionnait pas bien.

5:42
Présentateur

Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi derrière votre discours une volonté de régler des comptes avec la justice quand Marine Le Pen parle d'idéologie chez les magistrats ? De quelle idéologie s'agit-il ?

5:53
Sébastien Chenu

Non, mais c'est un enjeu de société, c'est un enjeu de civilisation, le rapport à la justice. On ne règle pas des comptes. Oui, il y a des magistrats qui sont idéologisés. Quand vous avez le syndicat de la magistrature qui fait le mur des comptes avec des parents de victimes, je peux vous dire qu'il ne rend pas service à la magistrature. Parce qu'il fait porter sur les épaules de tas de magistrats. Je veux dire, moi, je suis fils d'une greffière. Ça fait des années. Je connais ce système et je sais l'extrême dévouement et l'extrême difficulté que peuvent rencontrer des magistrats à exercer honnêtement leurs fonctions.

Mais quand vous avez des syndicats de magistrats qui appellent à voter pour des candidats aux élections présidentielles ou plutôt à faire barrage au Rassemblement National, soyons clairs, eh bien je peux vous dire qu'ils laissent peser une suspicion sur la magistrature. Des choses concrètes parce qu'il faut quand même rentrer dans le concret pour essayer d'aborder les choses.

6:38
Locuteur non identifié

Par exemple, la loi intégrale que propose le parti socialiste pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes qui prévoit notamment des unités spécialisées, des juridictions spécialisées, un parquet dédié aux violences sexistes.

6:50
Sébastien Chenu

Oui, mais elle n'aurait rien changé, madame. Dans le cas présent, elle n'aurait rien changé. Moi, je veux bien en prendre acte.

6:56
Locuteur non identifié

On peut faire de la politique fiction, mais si c'était un magistrat spécialisé qui avait été saisi de l'affaire précédente, peut-être qu'il l'aurait instruite plus vite.

7:02
Sébastien Chenu

Cette loi intégrale est peut-être pleine de bons principes. Elle va fixer d'ailleurs un certain nombre de principes fondamentaux. Elle n'aurait rien changé. On va regarder ce qu'il y a dedans. Mais je veux dire, ce n'est pas efficace. On peut se gargariser d'un certain nombre d'outils. Moi, je vais vous proposer des outils.

On a une députée, la députée du Vaucluse, Catherine Rimbert, qui propose effectivement qu'on puisse faire inscrire au fichier des personnes, au fichier automatisé, non seulement des mineurs qui auraient été mis en cause dans des affaires de pédocriminalité, ou en tous les cas de criminalité à caractère sexuel, mais par exemple qui auraient pu faire appel entre-temps, et bien qu'ils soient dans les fichiers, mais également de pouvoir mettre en cause, de pouvoir faire en sorte que, par exemple, les professionnels du monde de la petite enfance fassent la preuve, en tous les cas démontrent, qu'ils ne sont pas inscrits à ce fichier. Je pense que c'est une partie, une partie de la réponse.

Il faut adapter nos outils aussi aux enjeux.

7:53
Locuteur non identifié

Ou comment est-ce la présomption d'innocence dans ce cas ?

7:55
Sébastien Chenu

La présomption d'innocence, elle existe partout. Et pour tout le monde, il n'y a pas de problème avec la présomption d'innocence sur ça. Mais d'ailleurs, quand je vous dis ce fichier, ce n'est pas une invention, ça existe déjà. On fait simplement couvrir les possibilités d'inscription à ce fichier. Le mécanisme, il existe déjà.

8:11
Présentateur

Le mécanisme existe déjà, il faut le rappeler. De nombreuses questions d'auditeurs qu'on va vous poser dans un instant, mais il y a l'affaire, l'IANA, et l'utilisation politique qui est refusée par la famille. Est-ce que ce n'est pas aussi le temps du recueillement, et il n'y a pas une forme de devoir de réserve à respecter lorsqu'on est responsable politique face à l'intensité de la douleur des familles et des proches, Sébastien Chenu ?

8:39
Sébastien Chenu

Mais l'un n'empêche pas l'autre. Je veux dire, moi, mon rôle de politique, il est d'essayer, c'est pour ça que je me suis engagé d'ailleurs, de trouver des solutions aux mots de notre pays. Il n'empêche aujourd'hui qu'on peut avoir, et vous m'avez invité sur votre plateau, alors même que ce sont les obsèques de l'IANA. C'est-à-dire qu'on peut parler de la faillite de la justice dans notre pays, tout en ayant une pensée affectueuse et respectueuse pour la famille qui, aujourd'hui, enterre sa fille.

Mais attention à ne pas déplacer le problème, déplacer encore une fois le regard en disant c'est le temps du deuil, et puis après le temps du deuil, c'est le temps du silence, et puis le temps du silence fait qu'on a oublié qu'on est reparti à la case départ. Moi, je ne suis pas pour qu'on reparte à la case départ, je suis pour qu'on change le cours des choses. C'est le sens de notre engagement au Rassemblement National. On l'a entendu.

9:23
Présentateur

Sébastien Chenu, vous serez tout à l'heure dans l'Essonne à l'occasion du deuxième séminaire du Rassemblement National pour préparer l'élection présidentielle. Une élection, alors c'est assez paradoxal puisque vous travaillez sur le fond,

9:32
Sébastien Chenu

mais avec quel candidat ou candidate ? Celui que la justice va finalement désigner, car il s'agit aujourd'hui, c'est étrange d'ailleurs dans une démocratie de dire ça, il s'agit aujourd'hui...

9:44
Présentateur

C'est très étrange.

9:45
Sébastien Chenu

Oui, il s'agit aujourd'hui... Vous en revenez encore à la justice. C'est la justice qui va permettre ou non à Marine Le Pen de porter les couleurs du Rassemblement National à l'occasion de cette élection. C'est factuel.

9:54
Présentateur

Ça veut dire que Jordan Bardella ne serait qu'un candidat par défaut ?

9:57
Sébastien Chenu

Non, Jordan Bardella est le patron de notre parti politique, il est le patron du Rassemblement National et nous, on n'avance pas... Mais ce serait un candidat par défaut ? Ben non, ce serait le candidat du Rassemblement National. C'est le candidat si... Si Marine Le Pen... Evidemment, puisqu'on a organisé les choses de telle façon depuis des mois et des années, vous pouvez nous en donner le quitus. Marine Le Pen est notre candidate à l'élection présidentielle et si elle était privée de ce rendez-vous électoral par la justice, Jordan Bardella prendrait la relève.

Mais si ce n'est pas le cas, Jordan Bardella assumera à Matignon la politique du Rassemblement National, du programme de la candidate à l'élection présidentielle.

10:28
Locuteur non identifié

Mais on voit bien qu'ils ne sont pas toujours sur la même ligne. Alors, il y a la question de la démission de Gérald Darmanin, que Marine Le Pen ne réclamait pas, que Jordan Bardella réclame. Il y a la question des retraites. Marine Le Pen, elle veut revenir en arrière sur la réforme. Jordan Bardella, il propose un autre type de retraite avec une fin de l'âge légal, avec une part de capitalisation. Ça serait les mêmes équipes ? Ça serait les mêmes personnes qui soutiendraient cette candidature ?

10:50
Sébastien Chenu

Est-ce que c'est vraiment le même programme ? Les mêmes équipes, oui, évidemment, puisque c'est le Rassemblement National. Mais ce n'est pas vraiment le même programme ? Si, c'est le même programme. D'ailleurs, ils ont tous les deux été élus et fait campagne, que ce soit en 2022 ou en 2024, sur le même programme, législative, européenne. Ils ont fait campagne sur le même programme.

11:05
Locuteur non identifié

On a entendu la différence ces derniers jours.

11:07
Sébastien Chenu

Sur les retraites, vous êtes en train de me dire que vous avez donc, et j'en suis ravi, compris ce que Marine Le Pen proposait. Parce que pendant des mois, on nous a dit...

11:13
Locuteur non identifié

Elle a défendu pendant des mois et des années le retour en arrière sur la réforme des retraites.

11:17
Sébastien Chenu

Eh bien, génial, parce que pendant des mois, vous nous avez dit, vous autres, j'en ai dit, ah bon, on ne comprend pas bien ce que veut faire Marine Le Pen. Je ne peux pas parler pour les autres. Maintenant, tout le monde a compris, et j'en suis ravi. Oui, notre programme, c'est que lorsque vous avez travaillé à partir de 20 ans, vous pouvez partir, et que vous avez 40 annuités, vous pouvez partir à partir de 60 ans.

11:33
Locuteur non identifié

Avec ou sans âge légal ?

11:34
Sébastien Chenu

Et à partir de 62 ans, j'y viens sur la borne. Et à partir de 62 ans, quand vous avez vos 42 annuités. C'est pourtant Jordan Bardella

11:41
Présentateur

qui rappelait sur LCI que l'âge de départ ne veut rien dire. Vous comprenez qu'on se demande

11:47
Sébastien Chenu

qui il faut écouter ? Le système, la proposition que nous faisons, c'est une réforme de société. Ce n'est pas une réforme paramétrique. On ne cherche pas à bidouiller des paramètres pour essayer de faire entrer les gens dans les cases. Donc, on essaye de faire coïncider la justice sociale, et puis également la simplification d'un système qui est très compliqué. Pourquoi ? Parce qu'il y a des tas de gens, notamment lorsque vous avez une carrière hachée, lorsque vous êtes ouvrier, lorsque vous avez été au chômage, dans différentes situations, vous ne savez pas à partir de quel âge vous pourrez partir. Et donc, c'est là que la borne d'âge, elle est utile.

Si demain, on trouve le mécanisme qui permet de ne plus avoir de borne d'âge, on sera ravis de pouvoir s'en séparer. Mais aujourd'hui, pour des tas de gens, c'est un marqueur très fort. Après, il faut trouver le financement. Mais sur la borne d'âge, les annuités, le financement, vous savez très bien quelle est notre offre, et elle perdure.

12:29
Locuteur non identifié

Mais donc, les deux candidats sont exactement sur la même ligne, le même programme, il n'y a aucune différence.

12:33
Présentateur

Ben oui.

12:33
Locuteur non identifié

Pas l'épaisseur d'une feuille de papier.

12:35
Présentateur

Ben non. C'est pourtant étonnant, puisqu'ils ont deux propositions différentes, mais il y a les projections démographiques qui sont alarmistes. Comment faire sans l'immigration ? Aujourd'hui est entré en vigueur le pacte européen pour la migration et l'asile. C'est un pacte qui a été négocié depuis six ans, approuvé par les États membres qui en ont transcrit certaines dispositions dans leurs droits nationaux. Comment est-ce que vous maintenez le modèle social français, le système de retraite par répartition, sans avoir l'effondrement démographique qui est annoncé par absolument tous les observateurs et spécialistes de la question ?

13:07
Sébastien Chenu

D'abord, ce n'est pas une fatalité, l'effondrement démographique. Nous, ça fait des années qu'on dit qu'il faut effectivement une politique nataliste en faveur de la hausse de la démographie. Ça fait des années qu'on nous rit au nez. Aujourd'hui, on dit « Ah, mais on est en train de s'écrouler. » Ça fait 30 ans que j'entends « Ah, il y a des métiers en tension, il faut faire venir du monde de l'étranger. » On fait venir 600 000 personnes, 600 000 étrangers par an dans notre pays. Ces métiers sont toujours en tension. Ça veut donc dire qu'en réalité, on ne traite pas le problème qui est salarial, problème de transport, problème de logement et qu'on peut faire venir la planète entière.

Ces métiers seront toujours en tension. Donc, on sait très bien que ce n'est pas la réponse. La réponse, elle est quoi ? Elle est d'abord de créer de la croissance. Elle est nécessaire. Nous, c'est aussi pour ça qu'on dit qu'il faut rentrer... Il faut aussi les actifs au travail pour payer les retraites. Il faut faire rentrer plutôt les jeunes sur le marché du travail. Je rappelle que dans notre pays, on entre sur le marché du travail beaucoup plus tard, par exemple, qu'en Allemagne. Donc, maintenir aussi les plus anciens dans l'emploi, les seniors dans l'emploi, avoir des boulots à valeur ajoutée importante, pas les boulots dont la mondialisation macroniste nous a gavés.

Les chauffeurs Uber, les livreurs Deliveroo, qui sont des braves gens qui essayent de s'en sortir pour la plupart du temps, mais qui sont des métiers à faible valeur ajoutée. Donc, d'un côté, politique en faveur d'un soutien à la démographie. L'autre côté, politique de croissance et non pas de décroissance, comme certains candidats peuvent évidemment le défendre. Et puis, nous, nous considérons, puisque vous avez parlé du pacte des migrations, qu'en fait, c'est une bombe à retardement. Si vous voulez, ce pacte des migrations, c'est la solidarité imposée, forcée.

14:31
Locuteur non identifié

Mais attendez, il faut quand même filtrer un peu mieux les entrées, un peu plus les entrées à l'entrée de l'Europe. Il s'agit aussi de pouvoir, comment dire, mettre en rétention les personnes dans des pays tiers. Enfin, c'est des choses que vous avez soutenues, que votre parti a soutenues. Est-ce que finalement, l'adhésion à l'Europe, ce n'est pas une garantie contre l'immigration illégale ?

14:49
Sébastien Chenu

Non, mais si vous voulez, ce qui pose problème dans ce pacte des migrations, c'est l'obligation d'accueillir. D'ailleurs, aucun État n'a choisi d'accueillir. Tous les États ont choisi d'avoir l'amende financière.

14:58
Présentateur

C'est un pacte négocié par les États membres qui l'ont voté dans leur parlement national. Pas en France. Pas encore.

15:07
Sébastien Chenu

Pas en France.

15:08
Présentateur

Mais c'est facile de blâmer la Commission européenne.

15:11
Sébastien Chenu

Mais regardez, je ne blâme pas la Commission européenne. Je vous dis qu'aucun État, dans ceux qui ont transcrit les dispositions, aucun État n'a choisi d'accueillir. Ils ont tous préféré avoir l'amende, c'est-à-dire une espèce de taxe obligatoire sur l'immigration. Ça veut donc dire qu'en réalité, personne n'est convaincu par ce pacte des migrations et que c'est une bombe à retardement. Nous, nous revenons toujours sur la même chose. Il faut demander aux Français ce qu'ils veulent en matière migratoire. Tous les sondages indiquent que les Français considèrent que l'immigration pose un problème. Le fait migratoire n'est pas géré dans notre pays.

Je vous disais qu'on accueillait 600 000 personnes sur notre territoire chaque année. Il faut bien loger ces gens. Il faut bien leur donner à manger. Mais ce sont des personnes qui contribuent, qui payent des impôts, qui payent... On en parle encore, le système des retraites. Ça, c'est faux. Puisque factuellement, une majorité des étrangers qui arrivent dans notre pays ne travaillent pas. Donc ça veut dire qu'ils sont beaucoup plus consommateurs de la solidarité nationale que contributeurs à cette solidarité nationale. Ce sont les chiffres.

16:04
Présentateur

Alors, vous êtes parlé justement de solidarité nationale. Le Rassemblement national se veut un parti proche des classes populaires. Il y a une question sur l'application. Sébastien Chenu, elle concerne l'image de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco. Un verre à la main lors du Grand Prix. La politique, ce sont des symboles. Et vous le savez très bien, vous qui êtes un bon communicant. Qu'est-ce qui, dans ce symbole-là,

16:30
Sébastien Chenu

vous semble inapproprié ? Moi, ce qui me semble inapproprié, c'est d'essayer d'attaquer des hommes politiques sur des affaires de vie privée. C'est-à-dire sur le fait d'aller voir un Grand Prix.

16:37
Présentateur

Ce n'est pas de la vie privée. En l'occurrence, c'est au milieu de centaines de milliers de personnes.

16:42
Sébastien Chenu

Mais alors, quel est le problème ? Il est allé voir un Grand Prix automobile. Je pense, d'ailleurs, qu'il y a beaucoup de Français qui aiment bien le Grand Prix de Monaco. Et alors ? So what ?

16:51
Présentateur

So what ? Vous savez que la politique, ce sont des symboles, que c'est Monaco, que ça n'est pas un lieu anodin, que l'image est en contre-plongée et qu'elle semble être la manifestation de quelqu'un qui est au-dessus du peuple. Cette image, elle est ravageuse

17:06
Sébastien Chenu

et on le dit même dans votre camp. Non, mais écoutez, vous savez bien qu'en réalité, il est avec une jeune femme qui est elle-même monégasque. Donc, il passe du temps, quand on est amoureux, on passe du temps avec la personne qu'on aime et il passe du temps là où elle réside. Moi, je ne vois pas trop le problème. Je pense qu'un politique, il doit être jugé sur ses actes, sur ce qu'il propose, sur ce qu'il porte comme espérance. Mais au sein même de votre camp, on s'est posé la question. Il n'est pas sur une photo à un grand prix de Formule 1, franchement. Ah bah, dites-le dans ces cas-là à vos militants et à certains de vos adhérents. Bah oui, mais je pense qu'ils s'en battent l'œil.

17:34
Locuteur non identifié

On voulait vous parler, Sébastien Chenu, de la pièce Passport, qui est un grand succès public en France, qui a été déprogrammée par le nouveau maire Rassemblement National de Castres. C'est son metteur en scène, Alexis Michalik, qui l'a annoncé. Est-ce qu'il faut s'attendre, si le Rassemblement National gagne l'élection présidentielle l'année prochaine, à des annulations de pièces qui ne plairaient pas dans des théâtres publics et à ce genre de politique interventionniste ?

18:03
Sébastien Chenu

Non, mais vous savez, quand on est à la tête d'une mairie, on a des objectifs, on fixe des objectifs en matière culturelle pendant l'élection, on présente un programme en disant, voilà, moi je souhaite que la culture demain dans ma commune priorise telle et telle chose. C'est ce qu'a fait le maire de Castres. Il a considéré qu'effectivement...

18:16
Locuteur non identifié

La pièce était déjà programmée. Donc il l'a annulée.

18:18
Sébastien Chenu

Elle a été programmée par ses prédécesseurs. Il a considéré que ça ne rentrait pas dans ses objectifs que de valoriser l'immigration. Alexis Michali, qui est un immense auteur et l'un des plus populaires en France. Ça ne remet pas en cause. Moi, je suis allé voir sa pièce. Je connais sa pièce Edmond. Je ne me trompe pas en disant que c'est lui d'ailleurs. Oui, Edmond Rostand, justement.

18:35
Présentateur

Mais là, le passeport, c'est différent. Il s'agit d'un jeune érythrien qui est laissé pour mort

18:39
Sébastien Chenu

dans la jungle de Calais. Il n'y a pas d'obligation pour les maires de financer, d'accueillir, de programmer toutes les pièces de théâtre. Ça ne répond peut-être pas à l'obligation, en tous les cas, que s'est donnée le maire de Castres dans son offre culturelle. Mais il y a des villes qui accueilleront très bien Alexis Michali, et il y a des villes qui ont d'autres choix culturels. Moi, ça ne me choque pas. Je pense que les maires doivent être libres. Donc, il est bienvenu partout sauf au REN ? Il est bienvenu partout là où les maires auront envie de le programmer. Ce n'est pas un souci.

19:07
Présentateur

Alors, il y a la question climatique qui est importante et qui est posée par de nombreux auditeurs. Il y a donc l'accélération du réchauffement climatique et votre parti qui soutient une proposition de loi examinée hier à l'Assemblée qui autorise la recherche d'hydrocarbures en Guyane et à Mayotte. Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction dans l'objectif de réduire les gaz à effet de serre et d'un autre côté les émissions de CO2 et d'un autre côté de continuer à explorer et donc à exploiter les hydrocarbures ?

19:36
Locuteur non identifié

Il faut préciser que cette proposition a été rejetée hier par l'Assemblée nationale.

19:38
Sébastien Chenu

Alors, deux choses. D'abord, c'est une proposition qui est portée par le groupe communiste, le groupe GDR. Donc, c'est intéressant. Vous avez vu, nous ne sommes pas des gens sectaires, nous sommes capables de soutenir une proposition qui vient de la gauche. La France n'a pas à culpabiliser concernant son émission de CO2. C'est aussi ça ce qu'il faut pouvoir commencer par dire. Arrêtons de faire culpabiliser la France. Moi, je suis très attentif à ce que propose et ce que souligne souvent le GIEC. J'y suis attentif, mais je vois aussi, je note du coup que la France n'est pas un mauvais élève.

Et puis, c'est une façon aussi d'aider nos Outre-mer de les aligner sur cette capacité à disposer des mêmes outils que les autres et de les aider. C'est aussi pour ça comme ça que ça a été présenté.

20:15
Locuteur non identifié

Les maires à l'air et d'hiver droite de Clermont-Ferrand et Toulouse ont instauré des couvre-feu pendant la Coupe du Monde de foot. L'un pour les moins de 16 ans non accompagné, l'autre aussi, mais pour certains matchs seulement. Est-ce que votre parti, est-ce que vous y êtes favorable ?

20:26
Sébastien Chenu

Je crois que Brian Masson, le maire RN de Quenne-sur-Mer, a instauré la même chose. Là encore, liberté des maires à gérer leur commune. Ce n'est pas moi depuis... Vous pouvez avoir un avis. Oui, je peux avoir un avis. Je pense que les maires sont des gens pragmatiques et qu'ils savent ce qu'ils font. S'ils considèrent, moi je suis élu de Denain à côté de Valenciennes où il y a eu des énormes problématiques le soir du dernier match de foot et c'est vrai qu'on pourrait se dire qu'effectivement qu'on a affaire des mineurs à cette heure-ci. Les maires sont des gens pragmatiques qui connaissent leur population. Ça ne gâche pas la fête.

Ceux qui gâchent la fête, ce sont les voyous qui cassent tout. Eux, ce sont eux qui gâchent la fête. Moi, je ne veux pas d'un pays, si vous voulez, à la fin, dans lequel, effectivement, on oblige tout le monde pour voir un match de foot, je trouve ça consternant. Même quand ça se passe à Nice ? Non mais moi, je trouve ça consternant. Je trouve que les voyous qui cachent la fête doivent être durement sanctionnés. Même donc les supporters de l'OGC Nice qui ont été l'auteurs de défendrements. J'ai entendu, mais tous ceux qui se comportent mal dans notre pays doivent être sanctionnés.

Mais j'ai entendu pendant des heures dire ce ne sont pas des supporters qui sèment la panique les soirs de match, ce sont des voyous. Donc il faudrait savoir. Mais de toute façon, si un supporter se transforme en voyou, il doit être sanctionné comme un voyou.

21:39
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'avoir été l'invité de France Inter ce matin.

"Gérald Darmanin" a "une responsabilité dans l'effondrement" de l'institution judiciaire, dit Sébastien Chenu — Sébastien Chenu · Pourquijevote