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interviewRadio J — L'interview politique· 24 février 2026 14 min

Richard Ramos - L'interview politique du 24/02/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour Richard Ramos, vous êtes député modem du Loiret depuis 2017 et vous êtes aussi candidat à Orléans, je crois, au municipal sur la liste de la centriste Caroline Janvier, c'est exact ? C'est exact, c'est exactement ça. On va bien sûr parler un petit peu des municipales, mais d'abord un mot sur ce triste anniversaire aujourd'hui, 4 ans que l'armée russe a envahi l'Ukraine, est-ce que vous avez le sentiment que l'Europe, la France, les Français se sont habitués à ce tragique retour de la guerre en Europe qu'on n'avait pas connu depuis maintenant plus de 8 décennies ?

0:42
Richard Ramos

Ils se sont habitués, les Français, mais surtout pour les plus anciens, moi qui suis un élu rural, c'est la première fois qu'il y a ce sentiment d'une possibilité d'une guerre qui est proche de nous. Il y a eu d'autres guerres en Europe dans les dernières décennies, mais les anciens, ils ne sont pas rassurés. Et je pense aujourd'hui que la France fait ce qu'elle doit faire, et là pour le coup je pense que le président de la République fait ce qu'il faut, mais je pense que l'Europe est trop faible.

C'est-à-dire qu'on voit bien que l'Allemagne, sur la partie militaire, a envie de faire cavalier seule, alors qu'il faudrait, moi c'est ce que je crois, c'est ce que je défends, un début d'armée européenne. Voilà, et donc on a peur, je pense que les Français ont peur. Alors certains évidemment se recroquevillent sur la France, la France, la France, en disant on ne va pas aider l'Ukraine alors qu'on n'arrive pas à loger tout le monde. Mais je pense qu'aujourd'hui il y a une conscience, en tout cas française, majoritaire, pour dire si on laisse la Russie et Poutine envahir l'Ukraine, où va-t-il s'arrêter ?

1:44
Présentateur

Est-ce que vous êtes inquiet ? On parle beaucoup des ingérences russes, notamment sur nos processus démocratiques, sur nos processus électoraux. Il y a eu beaucoup d'alertes de la part du gouvernement, sur les municipales, mais bien sûr surtout sur la présidentielle, avec les réseaux sociaux, les algorithmes, les manipulations. On a vu ce qui s'était passé en Roumanie, où le premier tour de la présidentielle, il y a quelques mois, a été annulé. Est-ce que ça vous inquiète ?

2:04
Richard Ramos

Oui, on peut être inquiet. Alors évidemment il y a les Russes, mais il y a aussi les Américains, il y a aussi les Chinois. Et donc ces ingérences étrangères, elles vont être présentes dans les élections, et notamment l'élection majeure de notre pays, qui est l'élection présidentielle. On voit bien qu'aujourd'hui une partie de l'information, elle se passe sur les réseaux sociaux. Et donc c'est très très compliqué. Et en plus, grâce à l'IA, vous arrivez à faire l'intelligence artificielle, vous arrivez à produire des fausses images qui ont, j'ai envie de dire, la saveur du vrai. Et derrière c'est très très dur de pouvoir faire marche arrière.

Quand vous avez discrédité quelqu'un, pouvoir que la personne se justifie, il reste toujours quelque chose, et les gens diront, mais il n'y a pas de fumée sans feu. Et donc cette guerre de la communication avec les réseaux sociaux, avec les algorithmes étrangers, c'est quelque chose qui était un vrai poison pour la démocratie française.

2:58
Présentateur

Et ça va être un des grands sujets de nos scrutins à venir. Alors, en France, dix jours après la mort de Quentin Deran, qui étudiant de 23 ans, tué par des antifas dans une rixe entre ultra droite et ultra gauche à Lyon, il y a eu placement en détention provisoire et mise en examen de plusieurs suspects, dont certains collaborateurs de votre collègue, LFI du Vaucluse, Raphaël Arnaud, qui est le fondateur, il faut le rappeler, du mouvement de la jeune garde qui a été dissous. Laurent Wauquiez dénonce, c'était dimanche dans le JDD, je cite, en parlant des insoumis, une formation politique toxique pour notre vie démocratique qui doit être isolée et ostracisée politiquement.

Ça veut dire qu'aujourd'hui, le Fonds républicain, selon lui, doit s'opposer à LFI. Vous êtes d'accord ?

3:38
Richard Ramos

Alors, d'abord, il faut penser que c'est un jeune homme qui est mort. Et il faut dissocier à la fois la mort de ce jeune homme-là et même après avec les idées qu'il portait. Il faut, il n'y a pas de, je crois que le Premier ministre l'a dit dans l'hémicycle, il n'y a pas des morts qui valent plus que des autres. On a un jeune homme qui est mort et on a une famille autour de lui qui est une famille qui est endeuillée. Et donc, aucun combat politique, tant qu'il reste idéologique, ne doit arriver à la mort de quelqu'un. Ça, c'est la première des choses.

Moi, ma crainte aujourd'hui, c'est que dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle, les deux camps plus à l'extrême de l'hémicycle, c'est-à-dire le Rassemblement National et LFI, vont être tentés de durcir les débats, de créer des confrontations. Peut-être demain qu'il y ait encore d'autres morts pour pouvoir faire finalement un duel entre les deux extrêmes. Et tant qu'on parle des deux extrêmes, on n'aura pas un bloc central capable de délivrer des messages. Je dis bloc central, plutôt le bloc modéré. Et donc, oui, on peut considérer que de toute façon, et je réponds à votre question, le front républicain s'est un peu fissuré.

Il en existera toujours un peu, mais je pense qu'on ne retrouvera pas dans les élections futures le même bloc républicain. Et quand on voit, c'est vrai, M. Mélenchon qui a l'air de toujours soutenir, notamment la jeune garde, il y a des gens qui ne voteront pas pour LFI, qui ne voteront plus jamais pour LFI, même s'il y avait un front républicain.

5:08
Présentateur

Mais ça veut dire qu'il faut quand même essayer de maintenir un barrage, un cordon sanitaire, un front républicain, à la fois contre l'extrême droite, mais aussi contre l'extrême gauche insoumise ?

5:15
Richard Ramos

Mais il faut surtout que l'espace modéré pousse des idées. C'est-à-dire que si vous mettez des digues, comme il est dit, c'est comme si vous empêchiez les idées des autres d'arriver, mais vous ne produisez pas vos propres idées. Vous savez, moi, j'ai trois filles, et une fois, une de mes filles m'avait dit « comment on se soigne d'un chagrin d'amour ? » J'avais répondu « d'un amour plus grand ». Eh bien, comment on se soigne de deux extrêmes par un discours qui est audible et crédible ? C'est parce qu'on n'est pas crédible aussi, c'est parce qu'on n'a pas bien travaillé, c'est parce qu'on n'a pas fait de la politique autrement, qu'on voit arriver les deux extrêmes.

On est responsable aussi, je dirais, de ne pas pouvoir mettre sur le marché, j'ai envie de dire, avec les Français, notre propre pensée. C'est notre faiblesse.

5:58
Présentateur

Dans moins de trois semaines, c'est le premier tour des élections municipales. On l'a dit, vous êtes candidat. Est-ce que vous craignez une poussée du Rassemblement national à l'occasion de ce scrutin ? On parle de conquêtes possibles de grandes villes, notamment sur l'arc méditerranéen, Toulon, Nice avec Éric Ciotti, Marseille potentiellement, et puis Perpignan qui pourrait être gardé par Louis Alliot pour le Rassemblement national.

6:17
Richard Ramos

Moi, je crois qu'il y aura une poussée du Rassemblement national. Je mets en nombre d'élus. C'est-à-dire que ce qui est prévisible, ce qui est presque certain, c'est qu'on aura un enracinement, ce qui n'était pas le cas, comme jamais du Rassemblement national dans les conseils municipaux. Est-ce que le Rassemblement national gagnera beaucoup de villes ? Je n'en sais rien. Et de toute façon, ça sera, à mon avis, encore un peu anecdotique. Ils pourront mettre deux, trois étendards, certainement. Mais ce qu'on va regarder, c'est quand même l'ancrage, aujourd'hui, du Rassemblement national dans les territoires.

Et encore une fois, moi, je suis un élu rural, on voit bien que des petits maires ruraux, ne trouvant pas, finalement, encore une fois, audience auprès du bloc modéré, se rapprochent tranquillement et sans se cacher, alors qu'avant, on se cachait du Rassemblement national, même de nos maires ruraux. Ça veut dire que ça progresse dans les esprits, en particulier dans les campagnes. Et oui, et oui, et on le voit. Mais ça progresse parce qu'on ne pousse pas des idées qui nous permettent à nous d'exister.

7:21
Présentateur

Alors, un mot sur Paris. Votre parti, le modem, soutient Rachida Dati, qui est la candidate LR. Mais les alliés macronistes Renaissance et Horizons soutiennent Pierre-Yves Bournazel, qui est le troisième homme, un candidat de centre droit. C'est compliqué. Pourquoi des alliés au niveau national se divisent dans la capitale ?

7:37
Richard Ramos

Parce que je pense qu'il y a dans des municipales des personnalités. C'est une petite présidentielle, les municipales. Surtout à Paris. Voilà. À Paris. Et donc, il y a des affinités personnelles. Moi, je pense que le modem a déjà travaillé dans le passé avec Rachida Dati, qui avait des relations personnelles, d'ailleurs, entre Marielle de Sarnez, qui était une des figures emblématiques du modem, et Rachida Dati. Et donc, je pense que c'est comme ça que ça se joue. Et puis, moi, vous savez, je regarde Paris, je suis un petit peu un gueux de province. Mais je regarde Paris, je pense que Rachida Dati est la dernière star qui reste.

Et donc, dans cette ville qui a besoin de briller de mille feux, je pense que c'est la candidate qui a le plus de chances de l'emporter.

8:20
Présentateur

Alors, on dit que ces municipales, ça va être un avant-goût, les préliminaires pour la grande campagne présidentielle de 2027. Les sondages annoncent une présence quasi certaine du candidat du RN au second tour, quel qu'il soit, qu'il s'agisse de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen. Et surtout, une énorme avance sur ses poursuivants. On dit qu'il serait à 35-36% au premier tour. C'est qui le candidat qui est le meilleur aujourd'hui, selon vous, pour empêcher son arrivée au pouvoir ? Pour la présidentielle ?

8:50
Richard Ramos

Oui. Moi, je pense que la solution, elle est en chacun d'entre nous. Ce n'est pas les autres qu'il faut regarder. C'est nous, on aura, que ce soit Marine Le Pen ou M. Bardella, je pense qu'on aura, nous, à délivrer un message. Je pense que Marine Le Pen est une candidate plus dangereuse et plus sérieuse que M. Bardella. Parce que, vous savez, on a démarré cette émission avec l'international. Il faudra imaginer, entre Poutine et Trump, avec un peu, peut-être, le Chinois à côté, qui sera notre président de la République. Je pense qu'il manquera, M. Bardella, quelque chose qui est une patine présidentielle. On a eu le président Macron qui a fait, je dirais presque, pardon, un hold-up en 2017.

On ne l'attendait pas, mais ça ne marche pas à chaque fois, ça. Et donc, je pense que le candidat le plus difficile, ça pourrait être Marine Le Pen, mais je pense qu'elle sera certainement empêchée. Et je le dis, moi, j'aurais aimé qu'elle ne soit pas empêchée. Je pense qu'il faut battre le Rassemblement National dans les urnes et pas dans les prétoires.

9:52
Présentateur

Alors, il y a beaucoup de candidats de chez vous, dans votre espace politique, entre le Modem, Renaissance, Horizon, voire LR. Beaucoup, beaucoup de candidats, même si Édouard Philippe est le seul, officiellement déclaré, pour l'instant, le mieux placé. Comment est-ce qu'il faut faire pour les départager ? Est-ce que c'est la primaire qui est la bonne solution ?

10:08
Richard Ramos

Non, on est dans une république, mais on pourrait faire une galette des rois et puis celui qui a la fève irait à la présidentielle. Non, il faut bien sourire, on est le matin. Enfin, je pense qu'une primaire est mortifère. Moi, pour ma part, je pense qu'une primaire est mortifère. Je pense qu'il faudra regarder quel est le candidat qui est le mieux placé pour rassembler les modérés. Et je pense que l'une des difficultés, c'est qu'on pourra avoir un Gabriel Attal qui est haut dans les sondages, qui a les moyens financiers de faire la campagne et qui pourrait, par exemple, tenter, quoi qu'il arrive, d'y aller.

Et donc, on le sait, s'il y a plusieurs candidats, c'est l'échec assuré, mais vous savez, les égaux sont tellement grands.

10:47
Présentateur

Alors, donnez-nous des nouvelles de votre ami François Bayrou. Ça fait bientôt six mois qu'il a quitté Matignon. Et il paraît même que, même s'il est engagé dans les municipales, dans sa ville de Pau, qu'il travaille sur la suite pour jouer un rôle. Il pourrait être candidat en 2027 ?

11:03
Richard Ramos

Il pourrait, en tout cas, ce qui est certain avec François Bayrou, c'est qu'il est en train, j'ai envie de dire, se réoxygéner à Pau. Je pense que le fait d'être dans sa ville, dans sa ville de cœur, je pense que cette bagarre des municipales, le requinque. Et s'il gagne ce que je crois et ce que je souhaite à Pau, on le retrouvera. Et vous savez, il a été finalement mis dehors, non pas par les Français, il a été mis dehors par les députés. Parce qu'il ne voulait pas que la dette soit sur la tête des générations qui arrivent. Son vieux combat. Son vieux combat. Et je pense que, comme c'est un madré en politique, déjà, il avait le récit de la prochaine campagne présidentielle.

Et je n'ai pas d'info, mais si on me dit qu'il fait un livre sur la dette en expliquant qu'on ne peut pas laisser aux générations sur la dette et qu'il est sorti de ce gouvernement parce qu'il a été honnête, parce qu'il n'a pas voulu mentir aux Français, parce qu'il ne voulait pas qu'on continue, je dirais, cette escalade, ce poison mortel qu'est la dette, je ne serais pas surpris qu'il revienne après les municipales dans le combat présidentiel avec ce récit-là.

12:02
Présentateur

François Bayrou, le retour, ça pourrait être un des films des prochains mois. Vous êtes très impliqué dans les dossiers relatifs à l'agriculture, à l'alimentation, le combat contre la malbouffe et pour le bien manger, notamment contre l'utilisation entre autres des nitrites dans la charcuterie. Et vous venez de sortir un rapport sur l'hexane. L'hexane, c'est les résidus de pétrole qui sont dans nos assiettes et vous projetez une proposition de loi sur le sujet d'ici quelques jours.

12:28
Richard Ramos

Oui, quand on prend notamment les huiles, à part les huiles première pression à froid à l'huile d'olive, mais toutes les autres huiles, quand elles ne sont pas bio, on a quasiment tout le temps un produit qui s'appelle de l'hexane, c'est du pétrole. Quand vous en mettez dans des produits pour le sol, c'est interdit parce que c'est dangereux, classé comme dangereux au Parlement européen.

12:45
Présentateur

Donc on n'a pas le droit de le mettre dans le sol, mais on a le droit d'en mettre dans les huiles.

12:48
Richard Ramos

C'est-à-dire que quand je le fais par le nez, c'est dangereux, c'est classé comme dangereux, comme maladie toxique et 2 cm plus bas, quand j'en mets entre la lèvre supérieure et inférieure, on dirait que ce n'est pas dangereux. C'est un produit dangereux, ça donne Parkinson. C'est, je crois, le combat qui est le plus important pour moi. Le nitrite, j'ai démontré évidemment avec le professeur Axel Kahn, généticien, président de la Ligue contre le cancer, que c'était dangereux. On en a maintenant du sang nitrite dans les étals. L'hexane, c'est 10 fois pire, ça donne Parkinson et toutes les maladies neurologiques. Pourquoi ?

Parce que comme c'est du pétrole, c'est indégraissant et ça n'apporte rien aux huiles. C'est simplement pour faire couler

13:22
Présentateur

plus d'argent et plus de fric. En quelques secondes, très rapidement, est-ce que la question des nitrites concerne, puisqu'on est sur Radio-G, aussi la charcuterie cachère ?

13:29
Richard Ramos

Alors, oui, elle concerne la charcuterie cachère. D'ailleurs, il y a tout un sujet sur toute la charcuterie cachère, c'est-à-dire, il y a des fabricants qui aujourd'hui ne veulent pas mettre du sang nitrite. Il faut que nos amis juifs qui nous écoutent puissent choisir du sang nitrique avec une charcuterie cachère.

13:44
Présentateur

Merci, Richard Ramos et à très bientôt sur Radio-G. Merci beaucoup, David. Votre invité demain sera Laurence Rossignol, sénatrice PS du Val-de-Marne.