Bernard Kouchner et l'aide humanitaire - Archive INA
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
J'accueille Bernard Kouchenner. [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] Bonsoir. Bonsoir Bernard.
Bonsoir. Bonsoir. Bernard Kouchner, ancien ministre de la santé, ancien président de médecin sans frontières, fondateur de médecin du monde.
Alors, on a beaucoup parlé effectivement du rat de maris, de ce qui s'est passé en Asie du Sud-Est, on a beaucoup parlé du passé, on va essayer ce soir de parler de du présent et puis aussi du futur. Alors, ce qu'il faut noter d'abord, c'est l'incroyable fraternisation planétaire à laquelle nous assistons, c'est-à-dire d'un seul coup des gens qui étaient reliés par la mer, c'est les les pêcheurs qui vivent de la mer, les touristes qui vivent sur la mer et et finalement cette mixité a créé un réflexe planétaire assez assez extraordinaire, non ? Oui.
Devant un malheur très extraordinaire. Ouais. Alors, mondialisation du malheur, mondialisation des efforts, des sommes colossales réunies très très rapidement.
Cofianan qui a dit cette semaine que finalement lui, on pouvait lui promettre 4 milliards de dollars. Ce qu'il voulait c'est être sûr d'en avoir un plutôt des promes. La dernière fois, il y a eu que 20 % de promesses tenues.
J'espère que là, ce sera différent. Mais de toute façon, ce sont des sommes colossales, mais par rapport aux besoins, c'est rien du tout. Ouais.
Et c'est le début, j'espère de cette fraternisation. dont vous parlez. Alors, au milieu de tout ça, il y a il y a eu un quak monumental cette semaine, c'est médecins sans frontières qui sont vraiment des des icône de l'action humanitaire qui disent "lut plus envoyer d'argent, on en a assez".
Alors ça c'est c'est scandaleux pour les gens parce que finalement ils se sont dit "Comment peuvent-ils dire ça ?" Et comment peuvent-ils ne pas dire faut les envoyer aux autres ? Oui, enfin moi je veux les défendre parce que je pense qu'ils n'ont pas voulu dire ça.
H ils ont très mal communiqué. Ils l'ont fait comme s'ils étaient les propriétaires d'une certaine part de la charité, ce qui est vrai, mais ils n'ont pas compris que c'était aussi un problème humain pour chacun d'entre nous et politique. Et au lieu de dire, nous avons assez d'argent pour nos missions, ce qui est très bien et comme Médecin sans frontière est une organisation très efficace, on aurait compris cela.
Ouais. Ils ont ils ont fait passer un message, arrêtez de donner, on en a trop. Ce qui est vraiment terriblement bête.
C'est bête. Quand on sait à quel point l'Afrique a besoin de sous euh ce qu'il faut savoir c'est que médecin sans frontière quand ils disent vous donnez pour le tsunami c'est pour le tsunami. C'est vrai.
Quand ils disent vous donnez pour le Darfour c'est pour le Darfour. Donc ils ont dit ils sont mal exprimés. Oui.
Non mais ils sont mal exprimés. Ils ont dit voilà vous arrêtez de donner un médecin sans frontière pour le tsunami. Ils ont pas dit vous pouvez donner à d'autres organisations.
Vous pouvez donner pour d'autres causes. Oui c'est juste. Mais ils ont aussi omis de dire quelque chose.
C'est très important. C'est pas moi qui dirai le contraire parce que quand même c'était pour quelque chose. Oui, nous avons fondé la médecine d'urgence et nous avons développé et la France en particulier cette médecine d'urgence des catastrophes.
Mais ça ne résume pas le malheur. Après, il faut reconstruire. C'est beaucoup plus important et beaucoup plus.
Oui, la phase de quand quand les caméras seront parties, il faudra reconstruire. C'est vrai et j'aurais bien voulu que médecin sans frontière dise ce que médecin du monde se trouve empêché de dire maintenant parce que on va leur leur reprocher de demander de l'argent alors qu'il y en a plus besoin ou les autres organisations. Le reste si vous continuez à donner, nous allons donner au secours populaire, au secours catholique et puis on va reconstruire les maisons.
Et c'est de ça dont je voudrais parler parce que je crois que nous sommes très vite maintenant. Nous allons l'être immédiatement dans la phase 2 la plus essentielle. les caméras se seront repliées et les gens resteront tout seuls sous des sous des sacs de toile.
Alors justement, on va parler un petit peu de l'avenir. Il y a ce problème des capteurs, c'estàd que on on a vu que finalement le l'océan Pacifique est bien équipé, que l'océan Indien n'est pas du tout. Donc on imagine qu'il va y avoir maintenant des systèmes d'alerte qui vont être mis qui vont être mis en place, non ?
Oui, je l'espère. Il paraît que c'est très coûteux et le système doit être mis en place partout. Il a mise en place en Méditerranée où Harro Tazief déjà prédisait un jour un violencéisme.
Et je crois qu'il s'est passé quelque chose de de terrible quand on voit le résultat, c'est que les techniciens savaient les contempler les sismographe, on avait vu cet gigantesque tremblement de terre sous-marin et sans doute ont-ils essayé de parler aux techniciens, à leurs collègues, mais ils n'ont pas compris que c'était un problème politique et que dans ces cas-là, même s'il y a pas de circuit, il suffisait de joind suffisait c'est difficile de joindre un premier ministre mais quand même ou un président et que la radio ça sert à ça et qu'on pouvait avoir immédiatement une alerte et et dire aux gens de quitter la plage. La deuxième chose, c'est une idée que vous avez déjà développé souvent Bernard Couchner, c'est le Samuel mondial. Alors, on peut appeler ça des casques rouge, mais enfin c'est la même chose.
Je appellerai pas rouge, mais enfin, j'aimerais mieux qu'il soit blanc. Laissons tomber ça. Enfin, en tout cas, un SAMU qui existe déjà.
Je suis très content que le président de la République ait retrouvé l'idée qu'il avait lui-même d'ailleurs contribué à fortifier. En allant à l'oragan Mitch, il y avait 200 personnes du Samu mondial avec Samu mondial grand comme ça dans le dos. Ouis.
Donc, ça existait, c'est Samu Mondial. mourir. Ce sami mondial a existé, il faut le le le ressusciter d'une certaine façon.
Ouais. Oui. Et puis il faut surtout que que la France avec son expérience humanitaire qui je crois est unique prenne la direction d'un mouvement européen.
C'est ce qu'a demandé aujourd'hui le président de la République et il a tout à fait raison. Bien. Alors autre chose qui peut être mis en place dans l'avenir, c'est une taxe mondiale.
Alors vous aimez pas beaucoup le le le mot taxe, mais enfin pour subvenir aux victimes de de ce type de de catastrophe. Alors, vous parlez d'un système qui est un peu comparable à la taxobine, c'est-à-dire finalement 001 % ou 001 % jamais été mise en place. Voilà, la taxe n'a jamais été mise en place, mais là, on pourrait faire une espèce de contribution euh euh tsunami, disons.
Moi, je pense que et et je me suis fait d'ailleurs euh retoquer, comme on dit, en langage administratif parce que les banquiers m'ont dit "C'est pas possible ce milliè sur tous les mouvements d'actifs. Vous faites un chèque pour mettre 10 balles dans une autre banque, vous payez un C'est très compliqué, c'est impossible." Ce que je souhaite avec un certain nombre de banques que j'ai déjà contacté et j'ai beaucoup d'espoir et je pense que ça va se faire.
Alors, si on veut bien par exemple les banquiers choisiront euh donner 1 % sur les revenus capitalisé, parce que vous savez, théoriquement les banques versent chaque année les revenus de votre de votre avoir. Ça c'est plus facile. Et puis peut-être une contribution toute simple en prorata du nombre de gens qu'il souhaitent.
Mais c'est une contribution volontaire et temporaire. C'est volontaire. Il faut dire "Oui, je suis d'accord pour qu'on me prenne un euro." Et il faut dire c'est pour 3 mois.
Oui, je suis d'accord pour 3 mois. C'est tout. Et à partir de là, parce que je l'ai fait au Kosovo et je vous assure que ça va encore faire hurler un certain nombre d'institutions, il faut donner l'argent directement au propriétaire de la de la main à la main.
C'est que le mec a construit sa maison et la construction d'argent. Donc ce que vous dites vous Bernard Kouchner, c'est qu'en fait il faut lui filer le pognon à lui. C'est pas la peine que ça passe par 25000 organismes.
Faut que ça passe de la banque qu'il donne, c'est-à-dire directement du client de la banque à la main du propriétaire. Et j'ai fait comme ça contre les institutions et ça m'a pas valu, ça m'a valu de demeurer à l'écart pendant un certain temps et de continuer à être à l'écart. Le système des Nations- Unies est un système qui marche bien mais il est lourd.
Faut faire des appels d'offre, faut passer par les les agences et cetera. Nous, on était pressé au Kosovo, il faisait mo- 30 l'hiver. Alors, il fallait construire avant.
Nous avons reconstruit en 3 mois 3000 maisons en donnant aux propriétaires. Alors, dans toute dans toute cette affaire, finalement, il y a un problème d'organisation. L'ONU à Jakakarta a pris leadership contre cette idée de coalition. mené par les par les Américains.
Mais il y a pas quelqu'un qui incarne finalement ça ? Écoutez, je vois vous voulez en venir, c'est pas moi. En tout cas, on aurait demandé, vous pourriez le faire en tous les cas, vous avez été suffisamment actif dans ce domaine pour prétendre parce que je suis français et qu'en ce moment, ça m'étonnerait que Kofian nme un français.
D'abord, nos sommes proposées par la France si généreuses sont infiniment moindres que celles qui sont proposées ailleurs. Deuxièmement, je vois mal Cofianan qui doit retrouver finalement un soutien américain un jour le faire. Mais c'est je dis pas ça sans je dis ça sans aucune amertume.
Je suis très heureux franchement je vous le dis du fond du cœur tout ce que depuis 30 ans nous avons fait avec nos amis à partir de la fondation maintenant ça marche. On comprend que l'humanitaire c'est un peu de la politique bien faite ou plus faite avec plus de sentiments. Non mais c'est vrai que vous avez été un précurseur Bernard. clairement ou et si on peut maintenant recommencer, c'est-à-dire donner aux victimes la parole h l'outil et de la main à la main de du cœur au cœur comme vous l'avez dit de quoi reconstruire eux-mêmes leur vie moi je suis pour pas devenir des réfugiés qui passent 25 ans dans des camps de toile ou des algué quoi.
C'est ça en fait déraciner les familles et se ruer sur les adoptions immédiatement. Alors l'adoption moi je Oui, il faut pas surveiller là-dessus. Je ne crois pas.
J'ai répondu un peu vivement à Sœur Emmanuel que j'adore. Mais je pense que c'est un mouvement de l'âme et du cœur que je comprends. Ces enfants sont malheureux, on va les adopter.
Mais d'abord, on n'est pas sûr du tout que ces on sait pas combien 37000 50000 enfants que l'on dit orphelin sont vraiment orphelin. Il faut que ici on parenne, c'està-dire qu'on adopte en tant que parin pas le faire venir dans un pays qu'il connaît pas et perdre toutes ses racines. les enfants pour qu'ils puissent retourner à l'école pour ce qu'on les protège d'abord il faut les protéger et il faut que l'ONU exige des pays que la police de ces pays protège les enfants qui sont groupés autour des aéroports en particulier contre les trafiquants, contre la prostitution, contre la vente des enfants.
Ça c'est capital. Et puis après l'adoption doit commencer à se faire sur place à mon avis. Donc comme ça a été dit aujourd'hui dans cette conférence de presse du du M de la santé, parrainage ici, adoption là-bas.
Mais il faut peut-être en même temps assouplir les règles de l'adoption dans notre pays qui sont complètement pesantes. Et les structures de parrainage, elles existent déjà ? Oui.
La chaîne de l'espoir que je connais bien parce que ce sont mes amis qui ont fait médecin sans frontière et médecin du monde. Et on choisit pas, on donne 10 € voilà 10 ou 20 € par mois et on est sûr qu'avec ces 30 € l'enfant va aller à l'école, il va être vêt reste dans son environnement naturel pour le moment. Si on doit le faire après, on verra.
D'accord. Alors maintenant Bernard, on va faire un truc qui a jamais été fait à la télévision. Dire que vous allez prendre votre portable chez vous.
Ici, tout le monde prend son portable. Alors, vous savez vous servir du du portable, Bernard ? C'est compliqué.
Oui, je sais, c'est dur. Oui. Alors, vous allez sur créer message hein.
Voilà, message texte créer message. Tout le monde est sur créer message. Chez vous.
Vous êtes sur créer message. Voilà. Donc, vous tapez Asie.
Asie A S I E. Voilà. Nouveau message.
Tout le monde l'a fait. Créer message. Voilà.
Aide-le. Vous l'avez fait alors ? Vous allez vous allez composer et ça a fait les tout ça mais j'ai pas fait Lena mon pote.
C'était ministre c'était ministre et ça pas servir d'un portable. Mais je sais me servir d'un portable mais malheureusement j'ai une interprétation de ce que je tape moi est-ce que tout le monde a bien tapé Asie ? Alors chez vous avez tapé donc là vous êtes tapé Asie on va envoyer le mot Asie numéro 80 444 donc Asie.
Voilà, je l'envoie à 80 444. Alors, on fait OK. OK.
Asie, je l'envoie à 80 444. À ce moment-là, sera débité de votre compte 1 €. Donc, comme vous êtes à peu près 2 millions à regarder, tout le monde en parle à cette heurelà, ça fera 2 millions d'euros qui iront aux victimes des rates de maré en Asie.
Voilà. Bravo. Attention, attention.
On va vérifier. Est-ce que vous êtes prêts ? Est-ce que tout le monde Est-ce que le 80 44 est programmé ?
Oui. Bon attention, on va tous s'appuyer en même temps. Bernard, vous êtes prêt ?
Je suis prême. Bonne année maman. Il Et alors ?
C'est pas le problème c'est Kouner. Vousê vous y êtes derrière ? Bon, vous êtes prêts ?
Attention à mon top, tout le monde va taper en même temps et on va faire 2 millions d'euros pour les victimes. Attention ! 1 2 3 Voilà, ça fait un petit bruit moi.
Voilà, envoie message en cours. Voilà. en message envoyé.
Voilà, on va recevoir un un accusou on va reçoir un accusé de réception disant merci et cetera. Voilà, je peux dire un mot ? Le secours catholique et orange vous remercie de votre soutien aux victimes d'Asie.
Les sommes facturées seront entièrement versées à Jacques Ross Marie. Voilà, ça y est, c'est fait. Vous l'avez ?
Bon, on le refait une fois parce que si à chaque fois c'est 2 millions d'euros, ça vaut le coup de le faire. Alors, on recommence. le fasse à la maison.
À la maison, vous le faites hein, sinon c'est pas sérieux. Donc on recommence. Voilà.
Créer message. Je tape as Voilà. Très bien.
Ensuite, je l'envoie. Ça marche moi. À 80 44. 80 44.
Tout le monde l'a fait. Attendez, attendez, attendez. On attend Kouner qui est pas bon il a des soucis hein.
Normal quand on est ministre on fait pas sais numéro fait ça 80 leur aide le 80 44 400 44 Voilà tout le monde l'a fait ouais bon chez vous j'espère que vous l'avez fait attention attention il l'a fait comme un exploit attention à 3. Vous envoyez le message 1 2 3. Envoie message en cours.
Voilà message envoyé. Et voilà, on a des remerciements du Secours catholique après et d'orange. Voilà vous êtes formidable.
Si tout se passe bien, si tout se passe comme je l'ai imaginé, on vient d'envoyer 4 millions d'euros en Asie. Voilà. Bravo.
Vous êtes pas obligé d'attendre. Tout le monde en parle pour le faire. Vous pouvez le faire chez vous tous les matins en vous réveillant, vous envoyez 1 € et puis voilà, ça aidera à reconstruire l'Asie du Sud-Est.
Bravo ! Reconstruire, hein, reconstruire. Maintenant, il s'agit de reconstruire et ça ton copain.
Arrêtez, on a assez d'argent. C'est pas sérieux. Connerie ça, faut être mal branché.
Monsieur Bernard, c'est ton premier SMS que tu envoies. Bravo. Apparemment, première fois qu' envoyé un SMS.
Oui. Ah ! Ah !
Allô allô je t'ai dit que j'étais chardissant mais pour je peux pas parler pourquoi tu es suspicieuse comme ça surveille hein mais c'est Christine faut faire semblant que tu sois Christine mais c'est hélas c'est Christine qui vous demande où vous êtes. Hélas c'était pas Christine c'était Martin Hirche le président des Maus France. Ah très bien.
Pour ce que nous faisons, c'est quand même pas mal. Très bien. Voilà. [Musique]
Bernard Kouchner