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interviewBLAST (sur YouTube)· 3 février 2023 7 min

BATAILLE GÉNÉRALE SUR LES RETRAITES EN 7 MIN CHRONO

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Cette année sera, en effet, celle d’une réforme des retraites. Nous considérons qu’elle est nécessaire parce que le système est en déficit. La pédagogie c’est dire : “J’ai raison, vous êtes des cons les Français je vais vous expliquer pourquoi j’ai raison.” On n’a jamais dit que tout le monde était gagnant.

On demande un effort aux Français. Il faut être sérieux. Les rentiers qui ont perçu 80 milliards de dividendes en 2022, on ne leur demande pas d’efforts à eux.

Je pense, en effet, qu’une très grande partie des Français n’ont pas compris. L’effort que nous demandons, il est justement réparti. Les femmes de la génération 1980 devront travailler huit mois de plus.

Si on veut vraiment réduire, supprimer les inégalités entre les femmes et les hommes...

Ce n’est pas avec cette réforme qu’on le fera quoi… Comme je m’y suis engagé devant vous, cette année sera, en effet, celle d’une réforme des retraites, qui vise à assurer l’équilibre de notre système pour les années et décennies à venir. Cette réforme des retraites, nous ne la faisons pas pour le plaisir de faire une réforme des retraites. Nous la faisons d’abord parce qu’elle a été promise par le président de la République lors de sa campagne présidentielle.

Il faut que les choses soient dites au moment où les choix démocratiques sont faits. Et à l’élection présidentielle qui s’est tenue somme toute il n’y a que quelques mois, les choses ont été dites clairement. Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite.

Est-ce que c’est le moment de parler de la retraite et peut-être même, je dirais, de passer en force ? Je suis convaincu que c’est une nécessité. Nous considérons qu’elle est nécessaire parce que le système est en déficit et que si on ne fait pas cette réforme, il va dans le mur.

Le système de retraites français n’est pas du tout au bord du gouffre, il n’est pas du tout menacé financièrement. Les dépenses de retraite ne dérapent pas, elles sont relativement maîtrisées, dans la plupart des hypothèses elles diminuent plutôt à terme. Et dans l’hypothèse retenue par les gouvernements, elle diminue très très peu mais un peu à terme.

Aujourd’hui il n’y a pas de déficit, donc vous expliquez c’est “en prévision” d’un déficit. Je vous rappelle quand même qu’effectivement si on laisse le monde du travail tel qu’il est actuellement, il y aura certainement un déficit. Et je vous rappelle que vous avez rejeté toutes nos propositions d’augmentation des salaires, qui auraient permis de faire rentrer de l’argent dans les caisses.

Il y a un léger déficit qui est prévu, qui est prévu aux alentours de 2030 entre 0, c’est-à-dire pas de déficit du tout, et 0,5 point de PIB. Mais en fait ce déficit ne vient pas d’une explosion des dépenses, il vient plutôt d’une baisse des recettes. Le fond, c‘est que vous, vous plaidez pour une baisse des dépenses publiques, nous, on plaide pour une augmentation des recettes publiques.

Je pense qu’il ne faut jamais oublier, dire que cette réforme est indispensable quand on se compare en Europe. Ce que je dirais à Emmanuel Macron c’est que vous devez réformer mais avec une réforme à la française. Ne recopiez pas le modèle suédois.

Pourquoi en France on a le plus faible taux de pauvreté des retraités ? C’est parce qu’on a un système solidaire. Je pense, en effet, qu’une très grande partie des Français n’ont pas compris quel était l’enjeu pour eux-mêmes et pour leurs enfants.

Je n’ai pas envie de crever. On me repousse quelque chose pour gagner, d’ailleurs, une retraite très faible. C’est la première fois qu’un mouvement part avec la totalité des organisations syndicales.

Même en 1995, ce n’était pas le cas. Moi j’entends trop souvent des salariés qui me disent : “Mettez-vous d’accord.” Là, c’est aussi pour ça que c’est réussi, parce que là, ils voient que les syndicats parlent d’une seule voix sur le même objectif.

Il y aurait eu 700 000 personnes ou il y aurait eu 1,300 million de personnes, ça ne change pas les choses pour nous. Nous sommes dans une logique… Ça ne change rien ? Qu’il y ait moins de monde ou qu’il y ait un mouvement d'ampleur.

Nous sommes dans une logique d’expliquer notre projet. Ecoutez, s’il y a deux millions de personnes qui n’aiment pas le travail, il faudrait aller leur dire dans les cortèges. Ils ont mis le feu aux poudres.

Ils ont mis le feu aux poudres. Je ne vois pas un million de personnes dans la rue, je vois un million de personnes qu’il nous faut convaincre. C’est ça votre principal adversaire, la résignation ?

C’est la résignation de l’exécutif à ne pas vouloir bouger sa réforme des retraites. Ils racontent à tous les députés de la majorité, qu’il faut faire preuve de pédagogie. Ce sont des conneries la pédagogie.

La pédagogie c’est dire : “J’ai raison. Vous êtes des cons, les Français. Je vais vous expliquer pourquoi j’ai raison.” Il ne faut pas non plus nous prendre trop pour des buses.

On est tout à fait capables de comprendre qu’est ce qu’il y a derrière et pourquoi il y a une arnaque. Et donc la pédagogie du gouvernement, croyez-moi ça nous fait rire tellement c’est ridicule. Pour les jeunes qui ont commencé avant 16 ans, la réforme vous permet même de partir plus tôt que ce que vous seriez partis avant la réforme.

Ce que peu de gens savent parce qu’on n’en parle pas beaucoup, je trouve. En allongeant la durée, le temps de travail, le gouvernement va aussi accroître le chômage et notamment le chômage des jeunes. Figurez-vous que ceux qui sont les plus exposés à la pénibilité, qui travaillent le plus tôt dans leur vie, et qui ont les pensions et donc les revenus les plus faibles, ce sont justement ceux que nous voulons protéger.

Pour combler le déficit hypothétique du régime de retraites, le gouvernement a choisi de reculer l’âge de départ, ce qui pèse en premier lieu sur ceux qui ont commencé à travailler tôt et qui sont donc souvent les moins favorisés. Le but de la réforme c’est de faire des économies. Donc si, les gens qui font des études supérieures, ne sont pas touchés par la réforme, si la réforme doit faire des économies ça veut dire que la totalité de la réforme repose sur les gens qui vont faire le moins d’études supérieures, qui vont avoir les emplois les plus difficiles, les moins bien payés et l’espérance de vie la plus faible.

Ce projet de réforme, c’est appauvrir le travail pour enrichir le capital. C’est ça, ce n’est rien d’autre. A la place, ce que fait concrètement cette réforme, c’est mettre à contribution les pauvres qui s’appauvrissent tout en épargnant les riches qui, eux, s’enrichissent.

Je suis viscéralement contre, je trouve ça scandaleux qu’on trouve comme seule solution de faire travailler ceux qui travaillent déjà très dur le plus longtemps. Ce n’est même pas imaginable. C’est une réforme qui nous permet aussi de corriger un certain nombre d’inégalités.

Notre projet bénéficie là encore davantage aux femmes. Les femmes de la génération 1980 devront travailler 8 mois de plus alors que les hommes de cette même génération ne devront travailler que 4 mois de plus. Cependant, les femmes continueront à partir plus tôt que les hommes.

La Première ministre, elle peut bien dire ce qu’elle veut, mais elle est quand même chef d’un gouvernement dans lequel la plupart de ses représentants ont dit beaucoup de bêtises, beaucoup de mensonges, et que par ailleurs ceux qui ont dit la vérité, je parle de Franck Riester, lui il s’est fait tirer les oreilles en pointe. Si vous reportez l’âge légal, elles sont évidemment un peu pénalisées par ce report de l’âge légal. On n’en disconvient absolument pas.

Je pense que les femmes savent bien qu’aujourd’hui, au moment de la retraite, elles sont déjà désavantagées par les hommes. Si on veut vraiment réduire et résorber, et supprimer les inégalités entre les femmes et les hommes...

Ce n’est pas avec cette réforme qu’on le fera quoi… On n’a jamais dit que tout le monde était gagnant. On demande un effort aux Français. Elle est juste parce que l’effort que nous demandons, il est justement réparti.

Il faut être sérieux. Quand vous dites : “On demande de faire des efforts à tous”, les rentiers qui ont perçu 80 milliards de dividendes en 2022, on ne leur demande pas d’effort à eux.