La mobilisation doit être massive : le gouvernement Bayrou est tombé, son plan doit tomber aussi.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Votre invité ce matin Olivier Fort premier secrétaire du Parti socialiste. Bonjour Olivier Fort. Bonjour Adrien Jeanre.
Les syndicats appellent donc à la mobilisation. Aujourd'hui plusieurs centaines de milliers de personnes attendues dans la rue. Déjà de premiers incidents.
On va en parler dans un instant. D'abord un chiffre. À partir de combien de manifestants cette journée sera pour vous un succès ?
Écoutez, je pas je suis pas là pour des pronostics en fait. Je crois comprendre y compris que Bruno Rota considère que c'est un moment qui va être un moment très important d'immobilisation massive avec la perspective du million de manifestants. Avec la perspective d'un million de manifestants.
Ce qui correspond aussi à ce qu'est l'exaspération dans ce pays avec des Françaises et les Français qui ont le sentiment d'avoir voté, d'avoir déjà manifesté et de n'avoir jamais été entendu et qui donc là cherche à créer un rapport de force avec le gouvernement en lui disant le gouvernement Bérou est tombé. Le plan Beérou doit tomber intégralement et il faut maintenant chercher une autre voie. Je le disais dès ce matin, on a vu des tentatives de blocage de dépôt de bus, d'autoroute en ce moment même.
D'ailleurs, est-ce que vous condamnez le recours au blocage ? Oui, je pense que c'est pas utile de bloquer. L'objectif ce matin, c'est de faire comprendre au gouvernement ce qu'il doit comprendre.
C'est-à-dire qu'il faut maintenant rendu de pro d'achat aux Françaises et aux Français. Il faut en finir avec cette punition collective qui leur est infligé. Mais évidemment, à chaque fois qu'on est dans la dégradation, à chaque fois qu'on donne le sentiment que on est sur la recherche du chaos, on aide en réalité le gouvernement à mépriser ce mouvement.
Et donc je souhaite effectivement que chose se passe dans le calme et dans la dans la paix civile. Il y a une nuance, il y a des incidents possibles redouté mais un blocage. Les forces de l'ordre ont raison de débloquer les points de blocage ou est-ce qu'on doit considérer que c'est un acte qui est légitime dans une journée de mobilisation comme celle-ci ?
Bon, ça dépend ce qu'on entend. Enfin, ça dépend. dépôt de bus, autoroute, ce genre de choses.
Quand il y a des piquets de grèves, c'est parfaitement légitime et ça toujours existé et ça fait partie de du mode de revendication qu'on doit accepter. En revanche, quand il y a une manifestation violente, quand il y a la volonté de bloquer par des moyens qui sont des moyens violents et ben effectivement, c'est condamnable sur le fond. Hier, vous avez vu le premier ministre, vous êtes allé le rencontrer.
Est-ce qu'on s'est rapproché ou éloigné de la censure avec ce rendez-vous ? J'ai envie de dire ni l'un ni l'autre. En réalité, c'était très compliqué.
C'était un premier rendez-vous, une prise de contact et le premier ministre a donné le sentiment de ne pas encore savoir vraiment de dans quelle direction il voulait aller. Si le vote avait lieu aujourd'hui, aujourd'hui vous seriez dans une censure ou dans une non censure du gouvernement ? Ah bah si on devait voter aujourd'hui, je ne sais pas d'illeurs très bien sur quoi on voterait, mais vraisemblablement on voterait la censure parce que en réalité il n'y a eu aucune avancée et euh donc ce que nous souhaitons nous c'est faire en sorte ce que j'ai dit à l'instant c'est-à-dire que il y ait une autre voie qui soit ouverte qu'on arrête de considérer que la classe moyenne les classes populaires doivent être celles qui doivent être pénalisées et aller chercher l'argent là où il se trouve et faire en sorte à la fois de réduire le déficit mais en piochant dans la poche de ceux qui le peuvent et en même temps de relancer l'activité et suspendre à minima la réforme des retraites et même aller vers son abrogation.
Comment on fait ça ? En arrivant à Matinon hier, vous avez tweeté pas de négociation. Donc pas de négociation ni maintenant ni plus tard.
Il y a pas de négociation avec le gouvernement. Non là il y a pas de négociation pour l'instant. Il y avait une entrevue qui a été on verra ce que j'ai demandé hier au premier ministre, c'est de nous dire quels sont les grands équilibres auxquels il veut parvenir.
Je veux pas qu'on entre dans la technique à ce stade. Je veux simplement comprendre quelle est la vision qu'il porte. Est-ce que il est favorable à l'idée que on peut à la fois faire baisser le déficit mais sans toucher aux classes royennes et aux classes populaires ?
Est-ce que c'est le cas ? Est-ce que c'est pas le cas ? Qui paye en réalité ?
Et ensuite, qu'est-ce qu'il est prêt à faire pour la relance de l'investissement ? Je pense notamment au logement, je pense au transport décarboné, je pense à la rénovation énergétique, ces secteurs qui ont besoin d'être entraînés pour créer en fait de nouvelles audisses industrielles et faire en sorte que nous puissions à la fois remettre de l'oxygène dans notre économie, en même temps faire en sorte de lutter contre le réchauffement climatique. Vous avez cité la réforme des retraites, c'est un très bon exemple.
C'est l'un des totems de l'action d'Emmanuel Macron. Est-ce que ça précisément ça fait partie des objectifs comme un scalp ? Est-ce que l'objectif c'est de faire mal comme on lit parfois ces derniers jours au bilan d'Emmanuel Macron pour montrer que vous avez obtenu un symbole ?
Mais moi, je cherche pas à faire mal à Emmanuel Macron, je cherche à ce qu'on fasse moins mal aux Français. Et c'est quand même pas tout à fait la même chose. Le problème, c'est que vous savez très bien que sur cette question spécifique des retraites, il y a une question de réparation démocratique.
Vous avez là un président qui a été contesté pendant des mois et des mois dans les rues, qui a ensuite bayonné le Parlement et fait passer cette réforme au 493. Il a été ensuite battu aux élections européennes puis il a été battu aux élections légitatives notamment sur cette base là. Et donc il est temps qu'il comprennent et que effectivement cette réforme doit être abrogée.
Et donc il serait légitime que par exemple le premier ministre dise "Je m'en remets au parlement et si le parlement vote l'abrogation de la loi borne, je m'y soumettrai." Sur ce sujet comme sur la taxe Zucman sur les haut patrimoines dont on parle depuis plusieurs jours, c'est binaire c'estàd il le fait, il est sauvé, il le fait pas, il est censuré. Mais moi je cherche un rendement, c'est je cherche à ce que on puisse réduire le déficit. sans passer par la case ponction sur les casses moyennes et populaires.
Et donc euh effectivement, si demain il arrive à accéder à cette demande et qu'il comprend que euh la crise de la dette que nous connaissons aujourd'hui est une crise non pas de la dépense, elles sont stables depuis 8 ans. Il y a pas de problème de dépenses qui auraient euh qui auraient cru au pas besoin de réduire les dépenses de votre point de vue de ça fait pas partie de l'équation. On se dit pas faudra faire des économies sur le budget de l'État ou autre dans cette discussion.
Certainement des économies sur le budget de l'État. Ça c'est une évidence. Mais enfin, c'est euh pas grand-chose par rapport à ce qu'il faut faire en reprenant des recettes sur ceux qui ont beaucoup profité de toutes les crises et qui ont profité.
Imaginez quand même que pour euh s'agissant des des milliardaires, ils ont vu les 500 familles les plus riches de France, il y a pas que des milliardaires, ils ont vu leur patrimoine doubler en 8 ans. Ils sont passés de 600 milliards d'euros à 1200 milliards d'euros. Et il faudrait que maintenant on vienne dire à ceux qui ont tellement de mal à finir leur fin de mois que c'est sur eux qu'on va prendre l'argent pour rembourser une dette dont ils ne sont pas responsable.
Vous prenez que la colère puisse monter au nez de beaucoup. Ça fait plusieurs jours que la taxe Zucman est désossée dans tous les sens. Aujourd'hui encore, peu importe les mises en garde d'Arthur M par exemple de Mistral qui dit "Moi, j'aurais pas la trésorerie pour payer." Peu importe l'exemple Norvégien qui nous montre que des millionnaires ont quitté le pays, vous continuez de défendre envers et contre tout cette taxe dans cette forme là.
Mais vous savez très bien d'abord que y compris le conseil d'analyse économique qui travaille pour le gouvernement a fait la démonstration que l'exil fiscal était absolument minoritaire, qu'il ne toucherait quasiment pas en fait l'économie française et ensuite sur l'affaire mistrale qui est le seul exemple qui est donné qui est une en gros une startup un bon exemple mais il y a des solutions pour cela. On peut très bien considérer que pour euh ce qui est enfin une licorne, pour que les gens comprennent, il s'agit d'une entreprise qui euh donc est en pleine croissance et qui ne génère pas encore de bénéfices. Et bien, on peut très bien accepter avec euh l'administration fiscale de euh de de planifier sur la durée cette imposition parce que Mistral un jour va gagner beaucoup d'argent et ses propriétaires aussi.
Et donc on peut très bien, on peut très bien différer le paiement. On peut très bien aussi demander à ce que le paiement se fasse en action. Bref, il y a 1000 formules possibles et ça n'est pas possible de dire que les riches ne peuvent pas payer parce qu'il y aurait une licorne qui serait pas facilement imposable dans les premières années.
Olivier Force, je voudrais également évoquer votre proposition pour lundi prochain. À l'occasion de la conférence de l'ONU sur la reconnaissance de la Palestine, vous proposez d'accrocher le drapeau palestinien au front des mairies. Bon, ça vous a valu des critiques notamment de Bruno Rotaillot, mais aussi une polémique sur le réseau social X.
Lundi étant aussi le soir du nouvel an-juif, vous avez répondu à une interpellation de la manière suivante. Tant que vous penserez que vous ne pouvez fêter le nouvel an-juif et l'an 1 de l'État palestinien, vous ne s'aimerez que la haine, le désespoir et la mort. Si c'était à refaire, vous l'écririiez de la même manière.
Il y a aucun regret. Mais je m'adressais à euh un activiste sur les réseaux sociaux. Peut-être aurais-je dû me m'épargner cette réponse à cet homme qui en permanence harcèle sur les réseaux sociaux et je lui répondais à lui et non pas au monde des Français juifs ou au monde juif.
Vous avez même heuré Jérôme Ges qui est l'un de vos députés. Oui, enfin Jérôme Gage, il se avec moi, il a quand même une certaine facilité à enfin, si vous lisez l'interview qu'il a donné, elle est honteuse. Laisser penser un seul instant que je puisse moi avoir la moindre pensée antisémite.
C'est une folie famille. L'un de vos propres députés qui tient des propos honteux envers vous. Oui, absolument.
C'était honteux. Et je n'ai d'ailleurs le matin même, nous nous sommes accrochés au groupe socialiste parce que effectivement il avait déjà commencé à ambiancer et je voyait bien ce qu'il allait faire c'est instrumentaliser cet échange sur les réseaux sociaux pour en faire un élément de construction personnelle. Et donc je trouve là effectivement qu'il y a quand même matière à redire.
Et ce que je vous dis ce matin, c'est que si j'ai demandé à ce que le drapeau palestinien soit accroché, pas qu'il pavoise les mairies françaises le 22 septembre, c'est simplement parce que c'est le jour où le président de la République va commettre un geste qui est extrêmement puissant, fort puisqu'il va reconnaître au nom du peupl français l'état de Palestine et que ça doit être interprété par le gouvernement d'extrême droite israélien non pas comme la volonté d'un homme seul mais comme celui d'un peuple entier qui demande demande effectivement à la fois une solution à deux états et un cesser le feu qui permettent de libérer les otages et qui permettent de faire en sorte que demain et bien la paix puisse intervenir dans cette région du monde qui malheureusement vit depuis trop longtemps dans la guerre. Merci Olivier Fort.
Olivier Faure