Emmanuel Maurel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:28OuverteRéponse directe
Votre réaction en tant qu'élu européen ?
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C'est quoi les fondamentaux ?
- 3:18OuverteRéponse directe
François Hollande est-il, selon vous, encombrant au Parti Socialiste ?
- 4:03RelanceRéponse partielle
Êtes-vous le candidat de la gauche du PS, ce que furent les frondeurs ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous sépare du mouvement de Jean-Luc Mélenchon ?
- 7:07OuverteRéponse directe
Avez-vous l'autorité, la notoriété suffisante pour incarner un projet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Quand on a fait la déchéance de nationalité, les gens nous interpellaient en disant, mais on ne vous reconnaît pas, vous, les socialistes. »
- 2:25Locuteur 1Fait
« Quand on a fait la loi travail à la fin du quinquennat, qui s'était soldée par un 49.3 piteux, les gens nous disaient, mais est-ce que c'est vraiment ça, être socialiste ? »
- 2:43Locuteur 1Fait
« On avait fait le pacte de responsabilité, qui consistait à donner plusieurs dizaines de milliards aux entreprises, mais sans aucune contrepartie. »
- 3:23Locuteur 1Fait
« Tourner la page Hollande, pas seulement de son quinquennat, mais aussi de son influence sur le Parti Socialiste. »
- 5:54Locuteur 1Fait
« Il y a des camarades qui étaient bienveillants avec Emmanuel Macron, voire complaisants avec Emmanuel Macron. »
- 6:03Locuteur 1Fait
« Quand vous voyez que d'un côté, on augmente la CSG, on baisse les APL, mais de l'autre, on supprime quasiment l'ISF et on fait une flat tax sur les revenus financiers, on est en face d'une politique qui est clairement injuste fiscalement. »
- 9:11Locuteur 1Fait
« C'est-à-dire qu'il y a quand même une accélération du temps pour les refus et une complication supplémentaire pour les demandeurs de droit d'asile. »
- 9:31Locuteur 1Fait
« La vérité, c'est que les moyens ne sont pas en face. »
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Dans 15 jours, la clôture des candidatures pour la direction du Parti Socialiste. Le vote est prévu le 29 mars. Déjà 4 candidats, Stéphane Le Foll, Luc Carvounas, Olivier Faure et Emmanuel Morel, qui est notre invité ce matin. Emmanuel Morel, député européen, une des figures de l'aile gauche du PS, les frondeurs. Bonjour M. Morel. Bonjour. D'abord un mot des déclarations de Donald Trump sur, je le cite, les pays de merde qui alimentent l'immigration aux Etats-Unis. Votre réaction en tant qu'élu européen ?
C'est le problème de Donald Trump, c'est qu'il met le feu partout. Et on a vu ces querelles hallucinantes sur Twitter avec le président de la Corée du Nord. Là, des provocations insupportables sur l'Afrique. Il avait fait aussi la même chose par rapport à l'Europe. Je ne sais plus, il avait confondu tel ou tel pays qu'il estimait trop petit. Ça fait du mal à l'image des Etats-Unis, mais plus largement, ça crée un climat d'insécurité autour de sa présidence. Et je comprends que beaucoup d'Américains soient inquiets. Doit-il s'excuser ? Évidemment qu'il doit s'excuser. Mais le problème, c'est qu'il devrait s'excuser chaque jour.
Puisqu'entre sa tweetomanie délirante et ses propos intempestifs, c'est tous les jours qu'il y a un problème à la Maison-Blanche. Est-ce que vous vous interrogez sur son état mental ? Je ne sais pas s'il faut s'interroger sur son état mental. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut trouver une solution politique. Il va y avoir des élections, des midterms, qui, je pense, sanctionneront les Républicains. Et puis, il reste encore, je crois, trois ans. Mais on a hâte que ça finisse.
Emmanuel Morel, votre candidature à la tête du Parti Socialiste. Vous voulez, je vous cite, réaliser une synthèse nouvelle et revenir aux fondamentaux qu'on n'aurait jamais dû abandonner. C'est quoi les fondamentaux ?
Les fondamentaux du socialisme, alors évidemment, il faudra les réinterroger à l'aune des modifications, de la nouvelle donne, de la mondialisation, enfin, tout ce qu'on dit généralement. Mais quand même, un socialisme pour les gens, c'est le partage des richesses, le partage des pouvoirs, le partage des savoirs, l'émancipation individuelle et collective. Et quand je dis ça, c'est parce que le quinquennat qui vient de s'écouler a quand même été caractérisé par une forme de perte de repère pour les gens. Quand, je me souviens très bien, quand on a fait la déchéance de nationalité, les gens nous interpellaient en disant, mais on ne vous reconnaît pas, vous, les socialistes.
Quand on a fait la loi travail à la fin du quinquennat, qui s'était soldée par un 49.3 piteux, les gens nous disaient, mais est-ce que c'est vraiment ça, être socialiste, contribuer à fragiliser un peu plus le monde du travail ? Et même, je me souviens, au début du quinquennat de François Hollande, où il y avait pas mal de réformes qui étaient mises en oeuvre, qui étaient intéressantes, on avait fait le pacte de responsabilité, qui consistait à donner plusieurs dizaines de milliards aux entreprises, mais sans aucune contrepartie.
Et là aussi, les gens nous disaient, mais si vous êtes socialiste, est-ce qu'il ne pourrait pas y avoir des contreparties pour les salariés, en matière de salaire, de réduction du temps de travail, d'organisation du travail, bref, les gens ne nous ont plus reconnus. Revenir aux fondamentaux, c'est aussi être fidèle à une tradition, à une histoire, et c'est pour ça que je mets ça en avant.
Emmanuel Morel, François Hollande a fait savoir qu'il s'intéresse à l'avenir du socialisme, il s'intéresse donc à cette élection. François Hollande est-il, selon vous, encombrant au Parti Socialiste ?
Non, mais il n'est pas encombrant, parce qu'il en a marqué l'histoire, mais justement, il en a marqué l'histoire, c'est-à-dire qu'il faut tourner la page. Tourner la page Hollande, pas seulement de son quinquennat, mais aussi de son influence sur le Parti Socialiste. Après, qu'il ait envie de commenter, qu'il ait envie de dire son mot. Il avait fait une grande émission politique il y a quelques semaines, où il se montrait très satisfait de lui, en disant, j'étais un président courageux, efficace, mais en gros, je n'ai pas eu de chance. Je crois que c'est un tout petit peu plus compliqué que ça. Et qu'il s'intéresse au Parti Socialiste, c'est totalement normal.
Après, qu'il cherche à soutenir tel ou tel candidat, c'est totalement son droit.
Êtes-vous le candidat de la gauche du PS, ce que furent les frondeurs, pendant le quinquennat de François Hollande ?
Moi, je suis un candidat de gauche, mais je n'aime pas tellement qu'on nous enferme, dont il y aurait l'aile droite, mais l'aile droite, personne ne cherche à s'en revendiquer. Et puis, l'aile gauche, dont je serai le promoteur...
Très proche des frondeurs, et pardonnez-moi, Emmanuel Morel, les Français ont dit qu'ils n'en voulaient pas des frondeurs. Je vous rappelle le score de Benoît Hamon à la présidentielle, 6%.
C'est un tout petit peu plus compliqué que ça, parce que Benoît Hamon, candidat du Parti Socialiste, il a été sanctionné aussi, hélas pour lui, d'une certaine façon, parce qu'il était socialiste et que les gens étaient très en colère contre nous. Notre électorat s'est dispersé, une partie est allée chez Emmanuel Macron, ça c'est incontestable, une autre est allée soutenir Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup sont abstenus, notamment aux élections législatives, ce qui explique que nous nous retrouvons dans cette situation de double déroute électorale du printemps.
Qu'est-ce qui vous sépare du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise ?
C'est une différence de degrés, mais il y a quand même des points importants qui sont différents. Par exemple, les Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, théorise que désormais le clivage droite-gauche est derrière nous et que s'y substitue un clivage entre le peuple et l'oligarchie qui serait structurant dans la vie politique. Moi, je n'y crois pas, je pense qu'il y a plusieurs clivages, mais je crois encore à l'actualité du clivage droite-gauche, par exemple. Ça, c'est une différence de taille. Et qu'est-ce qui vous rapproche ? Ce qui nous rapprochera, j'ai envie de vous dire, ça sera dans les luttes. Il y aura des luttes convergentes.
Parce que je considère que le Parti Socialiste doit être résolument dans l'opposition. C'est un débat qu'on va avoir au moment de ce congrès, parce qu'il y a des camarades qui étaient bienveillants avec Emmanuel Macron, voire complaisants avec Emmanuel Macron. Le problème, c'est que les six premiers mois de sa politique, il a sa cohérence, mais quand même montre clairement qu'il n'est ni de gauche ni de gauche. Et je pense notamment à sa politique fiscale, que je trouve vraiment injuste.
Quand vous voyez que d'un côté, on augmente la CSG, on baisse les APL, mais de l'autre, on supprime quasiment l'ISF et on fait une flat tax sur les revenus financiers, on est en face d'une politique qui est clairement injuste fiscalement. Quand, par exemple, le gouvernement prend une mesure de suppression des emplois aidés, ça paraît abstrait comme ça, mais dans les petites communes notamment, c'est une catastrophe. C'est un certain nombre de services qui ne sont plus assurés. Donc, j'espère que nous serons nombreux à être convaincus de cette nécessité de s'opposer à Macron. Et dans les luttes quotidiennes, on retrouvera des communistes, des écologistes et aussi des insoumis.
Et c'est normal parce que moi, je prône dans ce congrès le rassemblement de la gauche absolument. C'est la seule façon pour nous de repartir au combat, de reconquérir et de présenter une alternative crédible aux Français en 2022 notamment.
Emmanuel Morel, avez-vous l'autorité, la notoriété suffisante pour incarner un projet, une stratégie pour la gauche ?
La notoriété, pour l'instant, incontestablement, je ne l'ai pas. L'autorité, vous savez, l'autorité, ça se construit. C'est pas forcément... C'est quelque chose qui vient aussi en travaillant. Moi, j'ai exercé des responsabilités d'élus. Quand j'étais vice-président d'une grande région, la région Île-de-France, j'avais le sentiment d'avoir de l'autorité. Pourquoi ? Parce que je travaillais, parce qu'on avait des équipes formidables, parce que j'ai le sens du collectif et en même temps, je sais clairement où je veux aller. La clarté du cap, la clarté de la stratégie, ça contribue aussi à vous forger une autorité politique.
L'autorité, c'est aussi rassembler, faire une synthèse. Vous pourriez faire la synthèse avec Stéphane Le Foll, par exemple, qui est candidat à la tête du PS ?
J'ai plutôt le sentiment que c'est à lui qu'il faut poser la question. Moi, je fais la synthèse avec tous les socialistes. Par définition, je suis socialiste. Mais surtout, moi, je suis attaché précisément à cette tradition de la synthèse. Parce que la force du Parti Socialiste, ça a toujours été de faire coexister en son sein des familles de pensées différentes. Et d'ailleurs, François Mitterrand était parvenu à quelque chose, quand même, a priori difficile, de mettre autour de la table des gens aussi différents que Michel Rocard ou Jean-Pierre Chevènement.
Mais pardonnez-moi, vous n'avez pas le passif, le passé de François Mitterrand.
Non, mais je ne me compare pas à François Mitterrand, bien évidemment. Je vous donne un exemple pour vous montrer que, dans le code génétique du Parti Socialiste, il y a cette synthèse qui est en fait un compromis dynamique. C'est ce que je veux pour le Parti Socialiste.
Un mot encore, Emmanuel Morel, le durcissement de la politique migratoire voulu par Emmanuel Macron. Quelle est votre réaction quand vous constatez que les sondages montrent que l'opinion publique soutient cette fermeté gouvernementale, c'est-à-dire se montrer plus sévère sur l'immigration économique et plus accueillant en matière de droit d'asile ?
Ma réaction, c'est surtout qu'il va falloir expliquer ce projet de loi et en débattre. Parce que vous dites plus accueillant pour le droit d'asile, en réalité, c'est un petit peu plus compliqué. C'est-à-dire qu'il y a quand même une accélération du temps pour les refus et une complication supplémentaire pour les demandeurs de droit d'asile. Et puis surtout, il y a les propos de Gérard Collomb qui dit vouloir ménager à la fois une forme de fermeté et la générosité. Mais la vérité, c'est que les moyens ne sont pas en face. Moi, ce que je vois surtout, pour en discuter avec les associations, c'est à quel point ça va compliquer la vie des demandeurs d'asile.
Parce qu'on parle de texte et tout ça, mais c'est des justificatifs complexes, des rendez-vous compliqués aussi. La préfecture, on ne prend pas un rendez-vous, ça se passe comme ça. C'est quelquefois un mois de délai. On va compliquer donc un peu plus la vie des demandeurs d'asile et on va être plus dur sur la rétention administrative.
Donc, ce qu'il faudra, pour nous, socialistes convaincus que ce projet de loi est clairement déséquilibré, c'est de présenter aux Français les grandes lignes, d'en expliquer un peu le contenu, dans un contexte préoccupant qui a été créé par la circulaire du 12 décembre, la circulaire de Gérard Collomb, qui vise à remettre en cause le caractère inconditionnel des centres d'accueil, d'urgence.
Emmanuel Morel, député européen, candidat à la tête du Parti Socialiste, vous restez avec nous pour répondre aux questions des auditeurs, après la revue de presse et après quelques conseils.