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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 1 janvier 2026 22 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Les 500 derniers jours d'Emmanuel Macron : que nous apprend l'histoire des fins de règne ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Quand on vous dit fin de règne, à quoi pensez-vous spontanément ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Que vous inspire ce développement de Jean Numa Ducange sur la comparaison avec la Révolution française ?

  • 5:01OuverteRéponse directe

    Est-ce une fin de règne propre à Emmanuel Macron ?

  • 9:01OuverteRéponse directe

    Jean Numa Ducange, est-ce que l'impopularité est une permanence des fins de règne ?

  • 13:01OuverteRéponse directe

    Corine Laï, à quoi va occuper ces 500 derniers jours Emmanuel Macron ?

  • 16:01OuverteRéponse directe

    Jean Numa Ducange, pensez-vous que nous sommes dans une période d'interrègne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:00Jean Numa DucangeFait
    « La 5e République [...] c'est un mélange entre une tradition démocratique parlementaire et quand même la tradition monarchique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Emmanuel Macron entame ses 500 derniers jours à l'Élysée, particulièrement impopulaire, menacé par une montée inédite du RN, isolé politiquement depuis la dissolution ratée de juin 2024, cette décennie présidentielle s'achève dans une ambiance de fin de règne. Mais que signifie cette notion qui convoque l'histoire du crépuscule monarchique de l'ancien régime au président usé de la 5e République, a-t-il une malédiction des gouvernants vers la sortie ? Quelles sont les invariances historiques de ces périodes ?

Et que nous enseigne-t-elle sur notre rapport au pouvoir et sur l'état de notre démocratie ? Pour en parler, je suis très heureuse d'accueillir deux invités. Bonjour Corine Laï.

Bonjour. Merci d'être là. Vous êtes journaliste à l'opinion.

Je cite votre ouvrage chez Fayard en 2020. Emmanuel Macron, président cambrioleur. Et bonjour à vous Jean Numa Ducange.

Bonjour. Merci d'être là. Vous êtes historien, professeur à l'université de Rouin Normandie.

Je cite deux de vos ouvrages la biographie sur Jean Jorè chez Périn l'année dernière et la République ensanglanté Berlin viennent aux sources du nazisme chez Armand Colin en 2022. Je commence avec l'historien que vous êtes, Jean Numa Ducange. Quand on vous dit fin de règne, à quoi pensez-vous spontanément ?

Écoutez, je pense que dans l'imaginaire national, la première chose à laquelle nous pensons, c'est la révolution française. C'est 1789. D'abord parce que beaucoup de gens encore fort heureusement connaissent quelques dates de la Révolution française et ensuite parce que finalement la révolution française nous renvoie à un certain nombre de réalités.

Évidemment l'époque a beaucoup changé. On ne peut pas comparer la situation matérielle des Français d'aujourd'hui fort heureusement avec celle de 1789. Mais il y a une chose qui me frappe à cette époque-là.

Les contradictions du pays sont à son maximum d'une certaine manière parce que parmi le peuple, il y a une aspiration à changer beaucoup de choses. Il y a une situation matérielle terrible qui fait que la population se mobilise contre le pouvoir. Et en même temps, c'est souvent les choses sur lesquelles on insiste le plus, il ne faut pas oublier que en haut parmi les élites, il y a une contestation de la monarchie depuis longtemps, l'attente tout au long du 18e siècle d'une certaine manière pour une série de raisons dans laquelle je ne rentre pas.

Mais je crois que une situation politique explosive, c'est d'une certaine manière quand par en bas, le peuple se mobilise pour une série de raisons et que parallèlement les élites sont profondément en crise et ne savent pas où aller. Euh soit vers à l'époque de 1789 davantage de renforcement de la monarchie, soit un allègement et puis progressivement les idées républicaines vont ensuite faire leur chemin. Et il faut pas oublier non plus une autre chose, 1789, je pas citer tous les régimes, mais il y a eu beaucoup de régimes politiques au 19e siècle en France.

Il y a eu beaucoup de Républiques. Nous sommes en sommes à la 5e. On a peut-être un peu oublié car il y avait une stabilisation relative depuis une trentaine quarantaine d'années des processus électifs.

On choisit nos gouvernements, des majorités, des cohabitations. Mais si on regarde l'histoire du pays sur la longue durée, le nombre de régimes successifs qu'il y a eu depuis la Révolution française, le nombre de gouvernements qu'il y a eu dans les différentes Républiques, puisqu'on parle beaucoup d'impôts, d'impôt sur le revenu en ce moment, la première fois qu'on avait proposé l'impôt sur le revenu à l'Assemblée nationale qui avait été votée en 1896, ça a été finalement instauré uniquement en juillet 1914 et il a fallu de mémoire une vingtaine de gouvernements successifs pour en arriver là. Donc l'instabilité, les contradictions du pays qui sont très fortes historiquement et structurellement finalement ressurgissent désormais euh dans un contexte politique certes nouveau, mais qui nous renvoie à certaines réalités antérieures.

Corine Laï, journaliste à l'opinion. Que vous inspire ce ce développement de Jeanuma du Cange, l'historien à propos de la comparaison qu'on peut faire ou pas avec la Révolution française ? C'est vrai que si on pense au gilets jaunes au début de règne entre guillemets d'Emmanuel Macron, il y avait cette grammaire révolutionnaire en tout cas.

Et comment décririez-vous vous euh cette fin de rène qui est propre à Emmanuel Macron et d'ailleurs en est-ce une vraiment une fin de règne ? Et d'abord est-ce un règne ? Est-ce que je suis frappé que nous utilisions le vocabulaire de la monarchie alors que nous en sommes à la 5e République ?

Mais c'est vrai qu'on parle souvent de la monarchie présidentielle et j'aimerais avoir vos regards là-dessus. Ensuite, c'est la fin de règne de de Macron, elle est très prosaïquement institutionnelle. C'est-à-dire que après avoir fait un second mandat, la Constitution lui interdit d'embriguer un 3è et donc euh sa présence à l'Élysée se terminera quelque part au mois d'avril ou de mai 2027.

Maintenant, l'idée de la fin de rien, c'est l'idée aussi de la pas seulement du règne mais de la fin. et les fins, c'est souvent triste et ça se passe pas très bien. Et donc euh celle d'Emmanuel Macron, peut-être plus que toute autre quand on regarde, alors bon euh les dieux sont euh nous disent que euh celui qui a le plus mal terminé son quinquena en terme de popularité, c'est François Hollande.

Euh il faudra comparer les chiffres que Manuel qu'Emmanuel Macron obtiendra à la fin de son mandat, mais c'est vrai qu'il est en très mauvaise posture en terme de code de popularité. Euh il faut voir que les événements que dont vous parliez le le les gilets jaunes et les différentes crises euh sont assez consubstantielles de la de la 5e République, hein. Il y a eu François Hollande a eu le mouvement des bonnets rouges en 2013 contre les cotax, il a dû reculer.

Alain Jupé a eu une grande révolte contre son éventuelle réforme des régimes spéciaux de de la fonction publique et des services publics. Donc ça c'est assez banalisé sous sous sous la 5e République. Le propre d'Emmanuel Macron, c'est qu'il en est à son second mandat, second mandat sans cohabitation.

Donc il y a eu de sa part une relative performance, une performance même absolue à se faire rééliir hors cohabitation alors que Jacques Chirac, François Mitter d'abord pardon et Jacques Chirac ensuite s'était fait élire à la suite d'une cohabitation. Donc qu'il y a chez Emmanuel Macron dans sa son impopularité actuelle et dans les difficultés de sa fin de règne à la fois l'usure du pouvoir, mais aussi un moment extrêmement disruptif qui a été la dissolution et qui lui a fait perdre son pouvoir avant même qu'il ne quitte l'Élysée. Donc la difficulté pour lui, c'est de vivre une fin de règne qui a commencé le 7 juillet 2024.

Jean Huma Ducange sur cette impopularité, est-ce que c'est une permanence finalement des fins de règne ? Je pense par exemple à Louis X qui avait le surnom de bien-aimé avant d'être détesté. Oui, tout à fait.

La postérité reconstitue un certain nombre de choses. Généralement, on a des fins de règne qui sont très difficiles sans aller jusqu'aux différents monarques de l'ancien régime puisqueeffectivement il faut rappeler qu'Emmanuel Macron a été élu et que les présidents de la République sont élus. ce qui fait quand même une différence avec la la légitimité royale, même si euh les chiffres de popularité n'étaient pas aussi bas.

Parle, pensons à quelqu'un comme François Mitteran dont d'ailleurs on va commémorer les 30 ans de la mort au mois de janvier. Désormais, François Mitterron est plutôt rentré dans l'histoire. suscite toujours des controverses sur un certain nombre de dossiers, mais tout de même figure désormais considérée comme relativement positive, beaucoup moins à droite qu'à gauche certes, mais tout de même.

Et ce qui est intéressant c'est que si vous regardez 1993- 1995, la fin du règne entre guillemets de François Amiteran était quand même entaché par toute une série de choses. La popularité était quand même très très basse, surtout si on compare aux espoirs initiaux qui avaient été placés en lui en 1981. Donc oui, on peut dire que c'est une sorte de permanence.

Si vous prenez Valérie Giscard destin qui était considéré en arrivant au pouvoir en 1974 comme le jeûne qui allait tout changer sur un certain nombre de choses. Il y a d'ailleurs des points communs et des parallèles que l'on peut faire avec Emmanuel Macron. Bon, ça s'est quand même terminé par une défaite justement en 1981.

Donc il y a je crois une sorte de permanence d'usure du pouvoir et pour faire réellement la part des choses sur ces différents règnes, et bien il faut attendre un petit peu de temps pour voir si l'impopularité parfois extrême de tel ou tel homme politique se traduit sur la longue durée. Corine Laï, à quoi va-t-il occuper ces 500 derniers jours Emmanuel Macron ? On n'est pas vraiment dans le président bâtisseur des fins de de la fin de 2e mandat de de François Mitteran ou qu'en pensez-vous ?

Emmanuel Macron va essayer d'être actif jusqu'au dernier quart d'heure. Il l'a dit. Donc il va il va être dans l'action l'action internationale d'abord évidemment avec la guerre en Ukraine, il va tenter comme il essaie de le faire depuis des mois de de faire exister l'Europe dans la la solution à venir du conflit entre les les Russes et les et et les Ukrainiens.

Donc ça c'est vraiment un volet très important pour lui. La France va présider le G7 à partir du 1er janvier et ça c'est aussi quelque chose qu'Emmanuel Macron va tenter de faire raisonner de manière puissante. La dernière fois c'était en 2019 il y a 7 ans exactement et c'était son premier G7 avec Donald Trump et ça sera son second G7 avec lui.

Et la question est de savoir si Donald Trump jouera le jeu de ce G7 contrairement à ce qu'il a fait au cours de cette année avec le Canada en président. Donc en juin, il y aura donc un moment fort puisqueil va y avoir le un G7 qui va se réunir à la à la à la mi-juin à Évian. Euh Emmanuel Macron va, je pense commencer à dresser son bilan et à on va voir déjà ce qu'il va dire de cela au cours de de ses vœux qui seront ses avantderniers vœux le le 31 décembre.

Et il va aussi poser des petits cailloux pour la suite parce que c'est quelqu'un qui n'est pas trop passéiste et qui aime bien se projeter sur la suite et il voudra laisser à son successeur une sorte de mode d'emploi de la présidence de la République en disant voilà quels sont les sujets sur lesquels moi j'ai progressé mais il faut encore aller plus loin et ces sujets c'est surtout la question de l'indépendance de de la France de la souveraineté de la France et de l'Europe question qu'il martelle depuis son discours de la Sorbonne en En septembre 2017, le président de la République a cette responsabilité immense d'être le chef de l'État. C'est pas une critique de l'homme. Il y a des gens qui détestent Macron et et qui ont envie qu'il s'en aille.

Moi, je le déteste pas. J'ai travaillé avec lui. Euh j'ai de l'estime pour lui.

J'ai même parfois de l'affection pour lui. J'ai aussi parfois des des accords avec lui. Très bien.

Mais c'est pas du tout la question de l'homme, c'est la question de la fonction. Je pense je pense qu'il il doit aujourd'hui face à cet affaissement de l'État, face à cette mise en cause terrible de l'autorité de l'État, prendre la décision qui est à la hauteur de sa fonction. Et pour moi, la décision à la hauteur de sa fonction c'est de c'est de garantir la continuité des institutions en partant de façon ordonné.

Édouard Philippe ancien, premier ministre d'Emmanuel Macron qui demandait sa démission dans l'émission face à Fogial sur RTL le 7 octobre dernier. Et ce qui m'intéresse dans cet extrait, c'est la période qu'on appelle parfois interrègne, c'est-à-dire entre deux. C'est aussi ce qui va permettre l'alternance.

Mais que nous dit ce moment où finalement même ses plus proches le lâchent Corine Laï ? Ça nous dit qu'Edouard Philippe est très imprudent parce que si jamais il était président de la République, il aurait créé une jurisprudence qui lui serait très facilement opposable et on aurait pu aussi l'opposer à Jacques Cherc au moment du CPE en 2005, à Alain Jupé et Jacques Cherc en en 95 et cetera et cetera. Donc ça c'est la première réflexion qui me vient à l'esprit en réécoutant cet extrait.

Euh l'autre, c'est qu'effectivement l'interregène a commencé du fait d'Emmanuel Macron qui s'est auto fragilisé avec la dissolution, ce qui fait que l'InterÈignne est particulièrement long. On a vu déjà dès sa réélection en en avril 2022 apparaître les ambitions et les ambitieux dont Édouard Philippe. Et aujourd'hui cette ces ambitions sont évidemment accélérées.

Plus l'échéance se rapproche, plus Emmanuel Macron est affaibli, plus l'interrègne ressemble à un interrègne. Emmanuel Macron a du mal à asseoir son son autorité de président de la République parce que du fait de cette fragilisation de là a réclamé sa démission, il y a un pas que je ne franchirai pas. J'ajoute que Gabriel Atal avait déclaré lui : "Le sujet n'est pas d'être pour ou contre Emmanuel Macron, c'est d'être dans l'après Macron et il s'est emploie." Jean Numa Ducange, pensez-vous en tant qu'historien que nous sommes dans cette période d'interrègne et a-t-on des exemples historiques marquant de ce qu'on appelle l'interrègne ?

Bon alors tout dépend de ce que vous mettez derrière terrain, mais effectivement si on compare à des situations autres sous la 5e République, certaines avaient pu bénéficier euh au président de la République. Je pense à François Mitteran en 1986, lorsque la droite avait remporté les élections législatives, il y avait une situation de cohabitation à laquelle il a été fait allusion tout à l'heure et cette situation de cohabitation était dans un premier temps évidemment de fait un échec puisque le président de la République perdait sa majorité sauf qu'il y avait une majorité en face de lui très nette très à droite qui lui a permis d'une certaine manière de rebondir en se posant comme le garant des institutions, le garant d'un certain nombre de principes et surtout il à ce moment-là il y avait l'enjeu de se représenter en avril 88 sa côte de popularité est à 54 % ce qui ferait rêver beaucoup de présidents à commencer par l'actuel. Donc c'est vrai que de ce point de vue-là euh il y a des situations particulières qui méritent d'être mentionnées.

Sur l'interrègne, c'est pareil. Si on remonte à l'ancien régime à d'autres quand il y avait des situations de régence, d'attente de nouveaux roi, tout cela provoquait généralement des formes d'instabilité et d'interrogation dans la population. Euh ça c'est quelque chose qui est important à mentionner parce que quand il y a une crise de l'autorité euh au plus haut niveau, quand il y a des institutions qui sont délégitimées ou critiquées fortement, tout de même si c'est difficile à quantifier à l'échelle de d'un siècle et demi, globalement le principe électif, le principe parlementaire était quelque chose qui était très accepté dans la population. les taux de participation étaient élevés et en plus de ce qui vient d'être rappelé, il faut dire aussi que le taux de participation aux élections, ça correspond au taux de popularité des présidents.

Tout cela s'est effondré simultanément. Donc on est dans une crise de légitimité où à la fois les élections, comment dirais-je, ne sont plus considérées comme quelque chose de si important que cela parce qu'il y aura toujours quelqu'un pour vous dire que l'abstention est très forte et cetera. Et de l'autre côté, vous avez effectivement des scores de popularité qui sont extrêmement faibles.

Donc comme la crise de légitimité est partout et bien du coup euh les solutions pour en sortir peuvent venir euh de d'options extrainstitutionnelles ou bien d'appel à la démission divers et variés. Est-ce que les germes des fins de règne sont déjà contenus dès le début de l'exercice du pouvoir ? Corine laïque ?

Je pense bien sûr au dégagisme Emmanuel Macron qui finalement se fait élire en 2017 sur une forme de dégagisme, en tout cas une nouvelle façon de faire de la politique entre la gauche et la droite ou au-delà des partis. Et aujourd'hui peut-être que c'est le dégagisme qui le menace lui-même. Absolument.

Mais je pense que ce cette idée du dégagisme et cette fatigue démocratique en fait que vous décrivez, elle a commencé bien avant Emmanuel Macron. Elle commence déjà euh au au début du euh du 21e siècle avec des réformes institutionnelles, la création du quinquena, l'inversion de de des élections du du calendrier des élections législatives et présidentielles. Enfin, des choses assez techniques qui qui paraissent comme tel sur le moment et qui ont des conséquences lourdes. et elle accentue un des défauts de la enfin un défaut dis caractéristique de la 5e République qui est la verticalité, c'est-à-dire l'idée que des hommes ou des femmes enfin ça a été le plus souvent des hommes voire même exclusivement qui sont compétents et bien intentionnés soucieux de l'intérêt général entourés d'une technocratie efficace et rationnelle peuvent faire le bien du peuple malgré lui.

Et on envoie par exemple un exemple avec le le nom référendum de 2005 sur le traité institutionnel. Les Français disent non, mais chassé par la porte, il revient par la fenêtre et Nicolas Sarkozy le fait adopter sous une autre forme. Et là, il y a une blessure démocratique à ce moment-là qui passe relativement inaperçu sur le moment mais mais qui est en germe.

Emmanuel Macron, il épouse totalement cette verticalité, hein. Ça lui ressemble même s'il a aussi un côté horizontal qu'il a fait valoir pendant sa campagne en 2016, la bienveillance, l'écoute. Une fois arrivé au pouvoir, il est tellement obsédé par l'efficacité et par la rapidité qu'il gouverne, comme il le dit lui-même, à la cavalcade et il oublie tout ça et il va payer un peu les les les potaux qu'il aura cassé mais que d'autres ont cassé avant lui.

Et peut-être les promesses non tenues puisqu'on en parlait dans les journaux de France Culture tout au long de cette matinée. Il a peut-être oublié aussi sa promesse de l'année dernière lors de ses vœux de convoquer les Français pour les faire leur faire trancher certains sujets. On avait tous pensé au référendum.

Alors son sa son règne n'est pas terminé [rires] et donc il réfléchit toujours à cette idée. Elle n'est pas morte. La question de l'isolement Jeanuma Ducange, est-ce que ça va avec la centralisation du pouvoir dans l'histoire française ?

Oui, il y a une il y a un lien effectivement entre un système politique qui est très polarisé autour d'un homme, la 5e République a à sanctifier l'élection de du président de la République au suffrage universel. Euh il faut toujours rappeler que cette tradition de la 5e République, c'est un mélange entre une tradition démocratique parlementaire et quand même la tradition monarchique, hein. On a toute une série de pays à commencer par nos voisins allemands, où pour toute une série de raisons, le président de de la République occupe une place subalterne.

Comme il y a une une forte polarisation autour de la figure du président de la République, comme les les élections présidentielles sont quand même les élections dont on parle largement le plus et c'est celle qui intéresse quand même largement le plus les responsables politiques nationaux, et bien tout tourne autour de ça où beaucoup de choses et probablement trop de choses. Mais j'ajouterai juste une chose puisqu'on parle de situation de crise démocratique en France, ce qui est intéressant c'est de regarder un peu à l'échelle européenne parce que finalement queles que soient les institutions des pays, la crise est mutatisme mutant comparable en Allemagne où d'habitude on se met toujours d'accord, on trouve des grandes coalitions. Je dis pas que c'est bien ou c'est mal mais c'est un fait où les la stabilité des institutions était encore plus forte d'une certaine manière que la France, même là la situation devient extrêmement compliquée et assez instable. en Angleterre où on a des institutions aussi ancestrales et une monarchie pour le coup bien qui est aussi des formes de démocratie parlementaire bien sûr le le Premier ministre Starmer qui a été élu il y a un peu plus d'un an est dans une crise démocratique et politique très forte.

Alors il y a aussi des crises dans l'histoire britannique bien évidemment mais on voit bien que les crises politiques queles que soient les institutions, quels que soient les pays et bien il y a des choses qui se ressemblent et c'est pas anecdotique à mon avis. Corine Laï vous mentionniez tout à l'heure une date importante au mois de juin avec ce G7 qui se tiendra à Évian en France. Euh au mois de juin, il y a aussi un autre événement important, c'est la panthéonisation de Mark Bl.

Absolument. Le 16 juin, le jour où il a été assassiné par la Gestapo. Ça sera ce ce jour-là que euh il il sera introduit euh au Panthéon et ça fait partie d'une série euh d'hommage mémoriel euh qu'Emmanuel Macron rend à la au héros ou victime de la première et de la seconde guerre mondiale avec Simon Vell, Maurice Jeunevois.

Euh, il y a eu aussi Joséphine Becker en 2024, Miss et Méliné Manouian en 2024 et bien sûr Robert Badter cette année. Oui, Robert Badter n'étant pas dans les euh Non, pardon, je pensais à toute la effet, vous pensiez au guerre, moi je pensais à toutes les panthéonisations. Il a le temps d'en faire d'autres et je voulais vous demander euh à tous les deux qu'est-ce que ça nous dit cette certains parlent d'inflation mémorielle.

Est-ce qu'au contraire c'est très important ? Est-ce que ça fait partie de son bilan, de sa personnalité ? Quelle est l'analyse que vous en faites les les uns tous les deux ?

Jeanim ducange. Écoutez ce qui est certain quoi qu'on pense de l'action politique, c'est que l'actuel le président de la République a toujours eu un intérêt, on va dire relativement prononcé pour l'histoire. Bon toute l'histoire de sa formation avec Rier et cetera.

Bon qui est l'objet de controverse mais qu'importe il y a un intérêt en tout cas relativement développé. Hommage à Jean Dark quand il était ministre de l'économie. Oui, tout à fait aussi.

Donc il y a une série d'hommage à des à des dates précises autour de grandes figures clés et effectivement par rapport au aux deux présidents qui ont ont précédé, il semblerait qu'Emmanuel Macron soit un peu plus connecté à ce type de problématique et souhaite marquer de son empreinte cela. Il faut voir que si on compare avec d'autres présidents de la République, quand on repart même sur François Mitteran, tous les bâtiments qui ont marqué l'espace parisien, la BNF, pyramide du Louvre et cetera. Donc Macron laisse des choses aussi derrière lui et probablement cette panthéonisation, ces panthéonisations multiples sont un moyen pour lui de rester dans l'histoire sur la longue durée.

On verra ce que la postérité en dira. Vous partagez Corine Laï, peut-être qu'on peut citer aussi notre dame. Notre Dame Notre Dameation, la cité de la francophonie à trait.

Notre Dame pour moi, c'est plus un signe de l'efficacité euh que que après laquelle court Emmanuel Macron. Emmanuel Macron est obsédé par ce qu'il appelle la crise de l'efficacité. Notre Dame, c'est évidemment un symbole pour pour beaucoup pour beaucoup de monde.

Euh et et pour lui, c'est à la fois ça, mais c'est aussi le fait qu'il a été capable de la faire reconstruire en 5 ans. Et donc, quand on veut, on peut, quand on veut être efficace, on peut l'être. Et c'est presque un reproche qui pourrait s'adresser à lui-même dans la mesure où il ne l'a pas été sur tous les sur tous les sujets.

Jean du Cange. Oui, tout à fait. C'est vrai que quand même en presque au terme de ce règne et bien on peut dire que le le nombre de critiques qui ont été formulées à son égard sont extrêmement importants.

Et puis il y a quelque chose qu'on verra peut-être sur la longue durée, c'est que vous avez parlé des gilets jaunes et d'un certain nombre de phénomènes. On verra si finalement une certaine violence politique extrainstitutionnelle qui s'est quand même exprimé à plusieurs reprises et bien continuera dans les années à venir. Ce sera aussi un indice à scruter quel que soit le gouvernement qui succédera.

Et bien merci infiniment à tous les deux d'être venus ce matin dans les matins de France Culture. Jean Luma Ducange, historien, votre biographie sur Jean Jores chez Pirin en 2024 et merci à vous Corine Lournaliste à l'opinion.