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interviewyoutube.com· 9 janvier 2024 30 min

Mon interview (jamais publiée) de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Tout est dans le titre. Quand j'ai appris La Nouvelle à Midi, j'ai retrouvé, sur mes premiers disques durs, une de mes toutes premières interviews avec un politique. A l'époque, j'avais 22 ans, ça faisait quelques semaines à peine que j'avais quitté Montréal pour Paris. Je connais personne, je sais déjà que je veux faire des vidéos qui parlent d'actualité et de politique. Gabriel Attal a 31 ans, il vient d'être nommé porte-parole du gouvernement, et avec pas mal d'audace, je lui ai écrit sur Instagram. Donc je lui propose cette interview en podcast, sans trop d'attente, et va savoir pourquoi, il a accepté. Mais je suis un débutant complet.

Alors, petit disclaimer, en réécoutant l'interview, il y a un truc qui m'a cringé de ouf. Je commence par le vous, et ensuite, je me mets à le tutoyer. En fait, j'étais tellement imprégné par cette culture québécoise où tout le monde se tutoyait, j'arrivais de Montréal, que je faisais ça, beaucoup, en arrivant sur Paris, je tutoyais les gens, même les ministres. Cette interview, et c'est très important, elle n'est pas à prendre au pied de la lettre. C'est une archive, Gabriel Attal a alors 31 ans, il vient d'être nommé porte-parole du gouvernement. Je vous laisse avec cette interview, qui a un peu, mais pas trop vieilli, pour essayer de comprendre un peu mieux, qui est Gabriel Attal.

Bonjour, monsieur le ministre. Bonjour. Merci de me recevoir ici, au porte-parole du gouvernement. À travers cette discussion, je vous invite à ce qu'on raconte, à ce que vous racontiez votre parcours, et peut-être comprendre comment on devient le plus jeune membre d'un gouvernement de la Ve République. Vous êtes né en 89, c'est ça ? Comment vous étiez ? Quel enfant vous étiez, Gabriel Attal ?

1:17
Gabriel Attal

Il faudrait poser la question à ma famille. Par définition, c'est assez difficile pour moi de le qualifier, mais ce qui est certain, c'est qu'assez vite, en tout cas, moins dans l'enfance qu'à l'adolescence, je me suis beaucoup intéressé à la chose publique, comme on dit, en tout cas à l'actualité, à ce qui se passe dans le monde, à ce qui se passe en France. Et donc, j'étais très curieux, je crois, curieux de ce qui se passe, et assez vite, j'ai eu envie de m'engager. Mais pour ce qui est de ma tendre enfance, là, j'ai un peu moins d'informations.

1:45
Présentateur

Quoi ? Extraverti ? Introverti ? Dans la cour de récré, vous étiez quel genre d'enfant ?

1:49
Gabriel Attal

J'étais plutôt, je crois, à l'aise, plutôt extraverti. Oui, j'étais plutôt à l'aise à l'école. Je n'ai pas de souvenirs de grandes souffrances dans ma scolarité. Je sais que ça existe, pour le coup. C'est d'ailleurs un enjeu très fort aujourd'hui, qui est d'autant plus avec les réseaux sociaux, qui, pour le coup, n'existait pas quand j'étais enfant. Et pour moi, ça, c'est une vraie rupture. Mais oui, je pense que j'ai eu une enfance à l'aise.

2:14
Présentateur

C'est quoi vos loisirs, vos passions, à la fin des années 90, quand vous étiez enfant ? Vous avez fait du judo, comme tous les gamins ? J'ai fait du judo, absolument.

2:21
Gabriel Attal

C'est pas vrai ? Oui, comme quoi, tout le monde en a fait. J'ai fait de l'athlétisme. Je me suis un peu frotté à différentes choses. J'ai essayé la guitare, ce qui n'a pas très bien marché. Et puis, j'ai aimé le cinéma. Oui, aller au cinéma, sortir, voir mes amis. Rien de très sensationnel.

2:41
Présentateur

Et qu'est-ce qu'ils faisaient, tes parents ?

2:43
Gabriel Attal

Alors, mon père a été avocat pendant assez longtemps. Ensuite, il a été producteur de cinéma, qu'il a produit des films. Et ma mère, pendant assez longtemps, quand elle était mariée avec mon père, n'a pas travaillé. Puis ensuite, quand mes parents ont divorcé, elle s'est mise à travailler. Elle a commencé comme assistante monteuse pour le cinéma, la publicité. Et puis, de fil en aiguille, elle est devenue responsable de production pour des films d'entreprise. Ce qu'elle fait toujours aujourd'hui.

3:09
Présentateur

Et quand vous étiez petit, vous rêviez de faire comme vos parents ? Ou alors, déjà, vous aviez ce rêve politique ?

3:15
Gabriel Attal

Non, mais enfin, j'aimais bien de défendre des causes. Et assez tôt, je me suis dit que j'avais envie de devenir avocat. Je m'engageais beaucoup à l'école. J'étais parmi ces jeunes, ces enfants qui sont toujours délégués de classe. Parce que, voilà, ils ont envie de représenter leurs camarades, de lutter pour obtenir des choses. Et voilà, c'est vrai qu'assez vite, on me faisait des blagues. C'était plutôt vers le collège et le lycée, en me disant, il veut être président de la République, il veut faire de la politique. Mais au départ, c'était pas ça, moi, spécialement, qui me bottait. Je me voyais plutôt avocat. Et les deux sont pas, d'ailleurs, incompatibles.

3:53
Présentateur

Ça parlait politique, justement, à table, chez vous ?

3:56
Gabriel Attal

Ouais, ça parlait politique. Mon père était... Il n'a jamais été engagé politiquement. Il n'a jamais eu sa carte dans un parti. Mais il était très, on va dire, engagé personnellement pour des idées de gauche. Clairement, à gauche, il a toujours voté socialiste. Et c'est vrai qu'on parlait souvent politique à la maison.

4:16
Présentateur

Je tiens juste à signaler à nos auditeurs qu'on entend un coq derrière. Tu peux nous raconter un peu cette anecdote ?

4:21
Gabriel Attal

Oui, c'est un coq. Donc, en fait, j'ai eu comme prédécesseur au porte-parole à Sibeth Ndiaye, avant Benjamin Griveaux et encore avant Christophe Castaner. Et en 2017, quand Christophe Castaner était porte-parole, Édouard Philippe, qui était Premier ministre à l'époque, lui a offert un coq. Il s'appelle d'ailleurs Doudou, pour Édouard Philippe. Et Christophe Castaner, à l'époque, lui a acheté, enfin, a récupéré une poule, Rosa, pour qu'il ait une copine. Et depuis, les porte-parole se sont succédés. Mais la poule et le coq sont restés, et les porte-parole qui se sont succédés en sont toujours occupés. Donc, je m'astreins à cette tâche de m'en occuper avec beaucoup de plaisir.

4:59
Présentateur

C'est ça. D'ailleurs, des aventures que vous pouvez retrouver sur l'Instagram de Gabriel Attal, puisque vous vous mettez souvent en avant avec.

5:04
Gabriel Attal

Voilà, ça m'arrive de les montrer. Et d'ailleurs, je me rends compte qu'ils ont leur fanbase à eux seuls. D'ailleurs, je me demande s'il ne faudrait pas leur créer un compte Instagram à eux, parce qu'ils sont très suivis.

5:13
Présentateur

Je pense qu'ici, il y a peut-être quelqu'un qui pourra s'en charger. Vous étiez, on va retourner rapidement sur votre parcours, vous étiez où à l'école ?

5:21
Gabriel Attal

Moi, j'ai fait ma scolarité à l'école alsacienne, qui est une école privée sous contrat à Paris. Et j'y suis rentré très tôt au jardin d'enfants et j'en suis sorti au bac.

5:31
Présentateur

C'est ça, donc toute votre scolarité au même endroit. J'ai lu sur votre page Wikipédia, quelque chose de peut-être anecdotique, mais qui m'a interpellé. C'est l'ajout du nom de votre maman, de Kouris, c'est ça, je le prononce bien, à la fin de votre adolescence. C'est un vrai fait ?

5:46
Gabriel Attal

En fait, comme beaucoup d'enfants divorcés, de parents divorcés, ce qui est mon cas, quand mes parents ont divorcé, ma mère a souhaité que je porte aussi son nom à côté de celui de mon papa. Et donc, ça a été rajouté à l'état civil, mais je ne l'ai jamais utilisé dans ma vie de tous les jours. J'ai toujours utilisé le nom de mon père, mais c'était important pour elle. Et donc, pour moi, que je puisse aussi, sur mes papiers d'identité, porter son nom.

6:09
Présentateur

Tu t'es senti épanoui à l'école alsacienne ?

6:11
Gabriel Attal

Oui, moi, j'ai eu beaucoup de chance. C'est une très bonne école. On découvre beaucoup de choses. On a la possibilité de faire beaucoup d'options, de voyager aussi. Je fais partie des jeunes, des enfants qui ont eu de la chance, qui sont nés dans un milieu aisé, qui ont eu tout ce qu'il fallait, entre guillemets, pour s'épanouir et pour choisir sa vie. Et oui, je me suis senti très épanoui et très bien.

6:35
Présentateur

Tu y faisais rapidement mention, en début de ce podcast, sur le harcèlement ou alors sur le mal-être scolaire. C'est une cause qui te touche personnellement ?

6:46
Gabriel Attal

Oui, ça me touche beaucoup. On a tous eu des expériences, plus ou moins, en tout cas, y compris dans ma génération. Mais c'est vrai que quand j'étais secrétaire d'État à l'éducation, avant de devenir porte-parole du gouvernement, j'ai eu l'occasion d'aller dans des établissements scolaires, d'échanger avec des jeunes, des collégiens, des lycéens, sur cette question du harcèlement. Et j'ai vraiment mesuré, et j'ai pris un peu comme une claque, à quel point l'arrivée des réseaux sociaux, de Snap, de TikTok et de tous les nouveaux réseaux sociaux qui ont émergé, a aussi vraiment changé les choses.

À mon époque, j'ai l'impression d'être entre guillemets vieux quand je dis ça, mais c'est vrai, à mon époque, les difficultés qu'on pouvait avoir à l'école, le harcèlement qu'on pouvait subir, ils se limitaient à la sphère de l'école, à la journée, ce qui était déjà difficile pour les jeunes, les enfants qui en étaient victimes, mais disons que c'était cantonné quand même au mur de l'école. Et aujourd'hui, ça n'est plus cantonné au mur de l'école. On peut continuer à se faire harceler le soir, la nuit, pendant les vacances, via les réseaux sociaux. Et ça, c'est un vrai fléau.

7:49
Présentateur

Tu es quand même hyper exposé, maintenant que tu es sur la sphère publique. Est-ce que toi, tu es attaqué personnellement sur les réseaux sociaux ? Comment tu gères ça ? Est-ce que tu as envie de répondre à un certain moment ? On voit Marlène Chapien, qui est une de tes collègues, pas qui tacle, mais qui répond en tout cas parfois à ses détraqueurs.

8:07
Gabriel Attal

Je pense que les deux solutions sont possibles. Évidemment, moi, comme tous les gens qui sont visibles en politique, j'ai mon lot d'insultes sur les réseaux sociaux. Et bon, j'ai appris à m'y faire. On ne devrait pas s'y faire, d'ailleurs. Mais à la fin, on finit par s'y faire et on regarde ça avec le plus de distance possible. Ma technique, comme c'est souvent des comptes anonymes, en plus, ce n'est jamais vraiment avec le nom, c'est de me dire dans ma tête que c'est un grand vilain qui, toute la journée, répand son fiel et envoie des choses méchantes sur les réseaux. Et à la fin, du coup, ça passe assez bien.

8:43
Présentateur

Bon, retournons un petit peu sur ton parcours. Maintenant, on est en 2002 et j'ai lu, alors je ne sais pas si c'est vrai, mais que ton premier, ta première vraie action, en tout cas en politique, c'est celle de militer, peut-être de marcher même, je ne sais pas jusqu'où ça va, mais dans la rue, en 2002, au moment de l'élection.

9:00
Gabriel Attal

Oui, c'est vrai. En fait, j'avais 12-13 ans à l'époque. Et mes parents m'avaient emmené à la manifestation contre l'accession de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour. En tout cas, ce n'était pas une manifestation contre l'accession puisqu'il y avait eu un vote, une élection, mais c'était en tout cas un mouvement d'indignation que la France mette au deuxième tour l'extrême droite et le Front National. D'ailleurs, ce qui est impressionnant, c'est de se dire que quelques années plus tard, finalement, quand ça a été à nouveau le cas avec Marine Le Pen, on n'a pas vu la même indignation dans le pays, ce qui montre qu'il y a une banalisation. Mais oui, ça a été mon premier engagement.

C'est peut-être un grand mot, engagement politique. Je suis allé marcher à une manifestation, mais en tout cas, c'est la première fois où j'ai eu le sentiment de participer à une cause, de défendre une cause et d'apporter ma voix avec celle d'autres sur un sujet.

9:49
Présentateur

Tu as toujours senti cette fibre socialiste en toi. Tu racontais rapidement que ton père, à table, était davantage un homme de gauche. Ça a toujours été quelque chose de très présent chez toi. Il n'y a pas eu de doute toujours dans cette lignée de gauche ?

10:02
Gabriel Attal

Moi, je me suis engagé au PS à l'époque parce que j'ai vu Ségolène Royal émerger pour la campagne présidentielle. Je trouvais qu'elle portait des idées intéressantes et d'ailleurs qui se retrouvent aujourd'hui beaucoup dans l'actualité et dans ce que défendent beaucoup de formations politiques. Le fait d'assumer un patriotisme et d'aimer son pays, y compris d'aimer son drapeau, c'était à l'époque choquant pour certains qu'une femme de gauche puisse le défendre. Aujourd'hui, l'ensemble des partis politiques, et d'ailleurs j'en suis très satisfait, presque l'ensemble des partis politiques s'en réclament.

Le fait qu'une femme aussi puisse accéder à la présidence de la République, pour moi, c'était quelque chose que j'avais envie de défendre. Je me suis toujours retrouvé, en tout cas dans des valeurs humanistes et progressistes. Et pour moi, le parti socialiste, à l'époque, c'était le parti politique qui se rapprochait le plus de ces valeurs-là. Après, je ne me suis jamais senti, c'est un peu négatif comme terme, mais prisonnier d'un parti. C'est-à-dire que oui, j'ai adhéré. Je fais partie de ce qu'on appelait à l'époque les militants à 20 euros. C'était les nouveaux militants qui adhéraient pour la primaire, pour pouvoir voter pour le candidat. Et après, je suis resté au parti socialiste.

Je me suis plutôt rapproché de ce qui a été défendu par Dominique Strauss-Kahn. Mais je ne me suis jamais senti, entre guillemets, otage d'un clan ou quoi que ce soit.

11:17
Présentateur

C'est autour de 2006, donc, tu es en terminale, c'est ce que tu racontes. Un jour, on va frapper à la porte du parti socialiste et puis on dit « je veux vous aider ». Comment ça s'est passé dans ton cas ?

11:27
Gabriel Attal

À l'époque, ça se faisait un peu comme aujourd'hui. À l'époque, c'était il y a 15 ans. Non, mais pour adhérer, c'était très simple. Je pense même que j'avais dû adhérer par Internet. Et puis, j'avais été rapproché de la section du parti socialiste qui était la plus proche de chez moi. C'est-à-dire, à l'époque, je pense, le 13e arrondissement de Paris. Et en fait, je ne me suis pas vraiment investi dans la section et dans la vie interne du PS. C'est par la suite que je m'en suis beaucoup plus rapproché.

11:50
Présentateur

Du coup, pour revenir vraiment terre à terre avec notre fil rouge, tu as fait quel bac ? J'ai fait un bac ES. D'accord. Et puis directement après, tu as tenté le collège universitaire de Sciences Po, c'est ça ?

12:02
Gabriel Attal

Oui, j'ai fait un bac ES. Et puis, j'ai passé le concours de Sciences Po. À l'époque, c'était au mois de septembre, au tout début de septembre. Donc, j'avais travaillé tout l'été pour préparer le concours. Et puis, voilà, j'ai été admis.

12:14
Présentateur

C'était ton premier choix. Tu avais d'autres choix. Qu'est-ce qui se serait passé ? Il y a beaucoup de jeunes aujourd'hui qui veulent Sciences Po. C'est quoi le deuxième choix dans ces cas-là ? Est-ce qu'il y avait un plan B même ?

12:22
Gabriel Attal

Oui, je m'étais inscrit en fac à Paris 2, en droit, à la fois pour avoir un plan B et aussi parce que, comme je disais tout à l'heure, à l'époque, j'avais envie de devenir avocat. Donc, c'était cohérent. Et moi, ce qui m'avait attiré à l'époque avec Sciences Po, c'est que c'était, c'est toujours d'ailleurs une formation très généraliste. En tout cas, dans les premières années, le fameux collège universitaire, en fait, ça nous donne un peu de temps pour décider ce qu'on a envie de faire. Ça nous permet de découvrir plein de matières avant de se spécialiser en master. Il y a une année à l'étranger aussi et ça, c'est quelque chose qui m'attirait.

Et donc, c'est pour ça que j'avais choisi Sciences Po.

12:55
Présentateur

Et tu as fait un échange universitaire donc ?

12:58
Gabriel Attal

Alors moi, je n'ai pas fait un échange universitaire puisque le choix pour l'année à l'étranger, c'était soit d'aller dans une université, soit de réaliser un stage ou une activité professionnelle. Et donc, moi, j'étais parti à Rome, à la Villa Médicis. Au début, j'étais pris pour un stage, puis après, j'étais chargé de mission. Enfin, ce n'est pas très important le statut, mais en tout cas, j'ai travaillé à la Villa Médicis pendant un an.

13:19
Présentateur

Bon, et puis après, il y a aussi quand même cette licence de droit que tu effectues tout de même à Assas, c'est ça ?

13:24
Gabriel Attal

Oui, en fait, je m'étais inscrit à Paris 2, entre guillemets, en plan B au cas où je n'avais pas Sciences Po. Mais j'ai décidé de poursuivre quand même, de suivre la licence à Paris 2 à côté de Sciences Po. Parce qu'en fait, j'avais le temps à l'époque. Je ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui, mais on pouvait organiser ses cours assez facilement de manière à avoir du temps pour faire autre chose à côté. Et donc, j'ai suivi le droit à Paris 2 à côté.

13:50
Présentateur

Et puis, tu t'en vas vers un master en affaires publiques, parcours classique du futur président, si je peux me permettre. La suite logique, souvent, on se dit, c'est l'ENA. Toi, c'est quelque chose qui ne t'intéressait pas ? Si, je me suis posé la question.

14:05
Gabriel Attal

D'ailleurs, j'étais toujours tiraillé entre cette envie d'être avocat et puis le fait de passer l'ENA. Donc, j'ai rejoint un master en affaires publiques. Et puis, j'ai encore voulu essayer de faire deux choses en même temps. Et j'avais l'autorisation par Sciences Po à l'époque de suivre aussi un master en droit économique à côté. J'ai commencé à mener les deux de front. Et puis, assez vite, je me suis rendu compte que pour le coup, c'était vraiment impossible en termes de temps. Et donc, j'ai choisi de rester en affaires publiques. Et je n'écartais pas l'idée de passer l'ENA, même si ce n'était pas mon premier choix au départ.

Puis, il se trouve que finalement, je ne l'ai pas fait puisque j'ai tout de suite été embarqué dans autre chose. Et dans, pour le coup, ma première vraie expérience professionnelle.

14:43
Présentateur

Justement, aujourd'hui, au gouvernement, on retrouve quand même des parcours, des formations très classiques de moins en moins. Tu le disais. Et puis, aujourd'hui, il y a quand même beaucoup de ministres qui sont passés par Sciences Po, par l'ENA. Pour toi, c'est important de casser un petit peu ce parcours-là.

14:59
Gabriel Attal

Oui, alors, il faudrait en garder parce que je pense qu'il y a moins aujourd'hui de ministres qui sont passés par l'ENA, en tout cas, et Sciences Po peut-être, qu'il y a quelques années et que ces dernières années. Oui, non, bien sûr. On a des parcours hyper différents qui sont aujourd'hui au gouvernement. On a, si on prend le ministre des PME, Alain Griset, il vient des professions libérales. Si on prend Elisabeth Moreno, qui est en charge de l'égalité femmes-hommes, elle vient du privé. Il y a vraiment beaucoup de parcours très différents, que ce soit au gouvernement et à l'Assemblée nationale dans le groupe En Marche.

15:28
Présentateur

Tu adhères au mouvement Dès la Création. C'est comme ça que ça se passe ? Oui. Et concrètement, comment ça se passe ? Tu as des copains qui te parlent, qui te disent...

15:37
Gabriel Attal

Moi, j'ai suivi tout de suite ce qu'a fait Macron quand il est arrivé au gouvernement, et notamment la loi Macron, qui, pour moi, était un moment hyper important pour le gouvernement à l'époque, le Parti Socialiste, parce qu'il y avait d'ailleurs ça, l'idée de briser un certain nombre de tabous et de dogmes, pour le coup, dans lequel était enfermé, emprisonné le Parti Socialiste, et notamment la question du travail, du travail du dimanche, qui, pour moi, était un non-sens de considérer qu'il fallait interdire à tout prix le travail du dimanche, alors qu'il y a déjà des gens qui bossaient le dimanche.

Moi, c'était mon cas à l'époque, puisque, à côté de mon master, j'étais serveur dans la restauration, dans un resto juste à côté de Sciences Po, je demandais à bosser le dimanche, parce que j'étais mieux payé, et que je pouvais avoir plus de sous, du coup, à la fin du mois, et voilà, j'ai aimé sa capacité à bousculer tous ces tabous à gauche, et puis la créé En Marche. J'avais un certain nombre de copains qui, soit étaient à son cabinet, soit gravitaient autour de ça, d'ailleurs, il y en a un certain nombre qui...

Enfin, il y en a un qui est au gouvernement avec moi aujourd'hui, qui est Cédrico, qui est le secrétaire d'État au numérique, il y en a d'autres qui sont autour, et donc, voilà, je me suis intéressé à ce qu'il faisait, et quand il a créé En Marche, j'ai tout de suite adhéré. Je suis resté au PS à l'époque, puisque pendant un certain temps, pour ma part, et je crois que c'était le cas pour d'autres, on pensait qu'En Marche, ça visait à devenir un courant du Parti Socialiste, et que Macron allait finir par reprendre le PS de l'intérieur, et puis le transformer, l'ouvrir, casser tous ces tabous, tous ces dogmes.

C'est pas comme ça que l'histoire s'est passée, finalement, et donc je l'ai suivi en dehors du PS.

17:08
Présentateur

Et là, il y a un premier challenge, en tout cas, en tant que futur peut-être élu, celui de l'élection législative. Simplement, est-ce qu'à un moment, tu t'es posé la question, est-ce que j'ai envie d'être élu, ou alors je préfère rester un petit peu dans l'ombre, être un technocrate ?

17:25
Gabriel Attal

Moi, j'avais pas prévu d'être candidat aux élections législatives au départ. J'avais passé presque cinq ans en cabinet, et puis j'avais plusieurs pistes possibles, une piste d'expatriation, comme on dit, de partir à l'étranger, une autre piste de monter ma boîte avec un copain qui travaillait dans le secteur de la santé. On avait une idée d'entreprise, de conseil aux start-up de la santé. On avait beaucoup réfléchi à ça là-dessus. On avait notre business model, on avait tout préparé.

Et puis, est venue la question des législatives, et Emmanuel Macron, à l'époque, a dit clairement qu'il voulait rajeunir, qu'il voulait qu'il y ait plus de jeunes qui s'engagent, qu'il voulait féminiser aussi, ce qui concernait moins pour le coup. Mais en tout cas, qu'il voulait qu'il y ait plus de diversité et de renouvellement dans les parcours. Et donc, je me suis vraiment posé la question. Je me suis dit, est-ce que tu poursuis ton projet professionnel et ton projet de boîte que tu es en train de créer, ou est-ce que tu te lances aux élections législatives ?

Puis je me suis dit que j'avais toute ma vie pour monter une boîte et pour faire ça, et que je ne sais pas s'il y a un autre moment dans ma vie, j'aurai l'opportunité, non seulement peut-être d'être élu député, mais de l'être au service d'un projet auquel je croyais autant que celui-là, et pour servir d'un président auquel je croyais autant.

18:36
Présentateur

Tu es investi en La République en marche, et il y a quand même ce mur de... Enfin, pas ce mur, mais Santini, qui est élu depuis 30 ans en face de toi. 40 ans même, je crois. 40 ans, et puis c'est une victoire écrasante.

18:50
Gabriel Attal

Non, mais c'est vrai qu'on m'avait dit à l'époque... J'étais bien mignon d'aller aux législatives, mais que je n'avais aucune chance de gagner, parce que c'est vrai qu'André Santini était très implanté et très ancré. Ça faisait 30 ou 40 ans qu'il était député et maire d'ici les Moulineaux, et objectivement, c'était, et c'est toujours d'ailleurs, un très bon maire. Il a transformé sa ville, il l'a modernisé, il a fait la première Smart City, les crèches connectées, il a lancé énormément de projets, il a été vraiment dans l'innovation. Donc on m'a dit que ça allait être très compliqué de le battre, et en gros, tu n'as aucune chance.

Et c'est vrai que j'ai bénéficié de la vague Macron, je ne vais pas dire les choses différemment, ce n'est pas mon talent. Bon, j'ai fait une campagne, j'ai fait une vraie campagne, je pense que j'ai fait une bonne campagne, j'avais plein de marcheurs autour de moi pour m'aider, mais il y a eu le souffle de l'élection présidentielle qui m'ont aussi beaucoup poussé, et c'est vrai que j'ai fait, je crois, 44% des voix au premier tour, et un peu plus de 60% au deuxième.

19:41
Présentateur

Tu es élu, tu deviens très actif à l'Assemblée nationale, il y a un super site d'ailleurs que je conseille à nos auditeurs, s'ils ne connaissent pas, nos députés.fr, comme l'un des plus actifs, tu t'avais un besoin de faire tes preuves ?

19:53
Gabriel Attal

En fait, j'ai ressenti ce que ressentent, je pense, beaucoup de jeunes, voire tous les jeunes, quand ils se lancent, que ce soit dans l'entreprise, ou quelles que soient les responsabilités, le niveau de responsabilité, globalement, quand on est jeune, on doit toujours en faire trois fois plus que les autres pour faire ses preuves. Si on veut être jugé crédible, si on veut être regardé pour son travail, il faut toujours travailler plus que les autres, quand on est jeune.

Et donc oui, c'est vrai que quand je suis arrivé à l'Assemblée, tout de suite, je me suis dit, si je veux montrer aux gens qui m'ont élu qu'ils ont élu un député utile pour eux et utile pour la France, il faut que je travaille beaucoup. Si je veux montrer à mes collègues que je ne suis pas le petit jeune de service qui est là pour la photo, il faut que je travaille et que je prenne des responsabilités.

Donc j'ai tout de suite pris des responsabilités à l'Assemblée, à la fois dans l'organisation, puisque j'étais chef de file des députés en marche de la commission éducation-culture, et puis je suis devenu rapporteur d'un texte, ce qui est la réforme qui a créé Parcoursup, sur l'accès à l'université.

20:46
Présentateur

On pourrait reparler du SNU, mais j'ai l'impression qu'il y a eu pas mal de trucs en plus de ça par des mecs de ma génération, enfin de ma génération, on n'est pas si éloigné, mais qui ont été faits sur Internet. On te voit notamment au côté de Thibaut InShape, ce YouTuber. On te voit beaucoup te mettre en avant sur Insta, avec le Q&A et ce genre de choses. Un peu à la Alexandria Ocasio-Cortez, AOC, ça va ? Oui, je vois. Grand fan ?

21:12
Gabriel Attal

Grand fan, je ne sais pas. En tout cas, je pense qu'elle a apporté un vent de fraîcheur dans la politique aux États-Unis, dans la manière de discuter et d'échanger avec les gens. Et c'est sûr qu'à ce niveau-là, c'est une source d'inspiration.

21:26
Présentateur

Tu échanges beaucoup sur Insta ?

21:29
Gabriel Attal

Moi, je pense que si on veut parler à tout le monde, il faut aller sur les terrains de tout le monde. Et le fait est qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui ne s'informent pas forcément aux mêmes endroits que les autres. Et par ailleurs, pour moi, les réseaux sociaux, ça peut être un super outil pour connecter directement avec les gens, sans avoir à passer par des intermédiaires que sont la presse ou des formations politiques. Et moi, c'est ce que j'aime avec Instagram, c'est que c'est du tac au tac et c'est fait de manière assez ludique.

22:01
Présentateur

Et c'est tac au tac, justement, tu n'as pas peur de faire une bourde. À un moment, tu es porte-parole du gouvernement et tu nous reçois ici au porte-parole depuis le 6 juillet 2020. Donc, tu as été nommé. Et tu n'as pas peur de faire une bourde, je ne sais pas, écrire quelque chose de travers ?

22:15
Gabriel Attal

Oui, alors, objectivement, j'ai plus peur de faire une bourde quand je suis sur un plateau télé ou sur une radio, de dire un mot de travers que quand j'écris sur une story, sur Insta. Après, je pense que si on est terrorisé par l'idée de dire un mot de travers ou d'écrire un mot de travers, on ne finit par plus rien faire. Ça peut arriver de faire une erreur. Je pense que l'important, en politique, ce n'est pas de se dire qu'il ne faut jamais faire d'erreur, mais c'est de savoir reconnaître quand on fait une erreur. Et si ça m'arrive un jour, j'espère que pour l'instant, ça ne m'est pas totalement arrivé. Et si ça m'arrive, je le reconnaîtrai bien volontiers.

22:48
Présentateur

On peut prendre les choses hors contexte, les déplacer. Et je pense à ce petit accident, mais qui est hyper comique, de la petite note de Jean Castex. Comment tu l'as vécu, ce petit truc ? Parce que c'est vrai qu'on ne t'a pas trop entendu réagir.

23:02
Gabriel Attal

De manière très sympa. Ça m'a beaucoup fait rire. Parce que moi, quand j'étais secrétaire d'État à la jeunesse et aux associations, et puis Jean Castex m'a dit qu'avec le président, il voulait me nommer porte-parole du gouvernement. Et je lui avais dit que je pensais que je pouvais et que j'aimerais poursuivre ma mission en charge de la jeunesse et des assos avec le porte-parole. Il m'a dit que c'était une très bonne idée et qu'il allait creuser ça. Bon, finalement, ce n'était pas possible puisque c'est très technique, mais quand on est porte-parole, on est rattaché à Matignon.

Et du coup, ça voulait dire qu'il fallait sortir la jeunesse et les associations de l'éducation pour les ramener à Matignon. Et bon, c'est Jean-Michel Blanquer, il doit pouvoir continuer à s'en occuper. Donc bref, ce n'était pas possible. Moi, j'en suis resté là et je me rends compte chaque jour que porte-parole, c'est un boulot à temps plein, c'est même plus qu'un temps plein. Et en fait, Jean Castex s'est mis en tête et c'est hyper sympa de sa part de me trouver un autre sujet, quelque chose de thématique que je pouvais avoir en plus du porte-parole-là.

D'où le petit mot qu'il avait écrit à Alexis Coller, le secrétaire général de l'Elysée en lui disant « Est-ce qu'on a trouvé un os arrongé pour le jeune Gabriel ? » Et il s'est fait photographier avec. C'était assez marrant. Et d'ailleurs, il a eu une réaction marrante à la presse, en écrivant, je crois, « Vous ne m'aurez pas une deuxième fois. » Un truc comme ça. C'était assez marrant.

24:19
Présentateur

Moi, j'aimerais bien t'entendre un peu plus sur ton rôle de porte-parole aujourd'hui puisque c'est ton actualité. Qu'est-ce que ça fait un porte-parole ? Est-ce que tu approches cette fonction différemment de tes prédécesseurs ?

24:31
Gabriel Attal

Je ne sais pas si je peux me comparer aux prédécesseurs. Je pense que chacun amène sa touche personnelle. Si je prends les deux derniers, Benjamin Griveaux, il a voulu aller sur les territoires en organisant des réunions dans les préfectures où les gens pouvaient venir lui poser des questions. Sibeth, elle a, sur les réseaux sociaux, lancé un question-réponse qui s'appelait « Ask PPG » pour lui poser des questions. Moi, je considère que être porte-parole, c'est évidemment être porte-parole du gouvernement auprès des Français.

Donc, c'est expliquer ce qu'on fait, l'expliquer dans les médias, l'expliquer en rencontrant des acteurs de la vie économique, de la vie associative, de la vie politique. Mais pour moi, être porte-parole, ça doit se faire dans les deux sens. Et en fait, ce que j'aimerais réussir à faire, parce que je m'investis beaucoup pour ça, c'est d'être aussi porte-parole de ce que je ressens sur le terrain, des inquiétudes des Français, des doutes des Français auprès du Président et du Premier ministre. Donc en fait, toutes les semaines, je pars 24 heures le jeudi matin, je rentre le vendredi matin, quelque part en province. C'est à chaque fois un département différent.

Et je rencontre beaucoup de monde, je rencontre des associations, je rencontre des entreprises, je rencontre des élus locaux, je rencontre aussi des Français qui ne sont ni élus, ni engagés dans des assos. Et j'échange avec eux. Et puis en rentrant, je fais une note au Président, au Premier ministre pour leur dire ce que j'ai perçu du terrain.

25:53
Présentateur

Un peu une espèce d'envoyé spécial sur le terrain. Et alors, j'ai envie de terminer ce podcast par ça. On peut évidemment participer et discuter avec toi, échanger avec toi de manière super simple via Instagram. mais j'ai quand même une dernière question, c'est qu'est-ce que tu conseilles à un jeune qui a envie de se lancer en politique aujourd'hui ? Quels outils il peut utiliser s'il ne connaît personne, s'il n'a pas nécessairement fait Sciences Po ?

26:18
Gabriel Attal

Quand on veut s'engager en politique, qu'on soit jeune ou moins jeune d'ailleurs, il ne faut pas attendre que les portes souffrent, il faut les forcer. Donc, il faut y aller. Il faut adhérer à un parti politique si on veut. On peut aussi rejoindre une association et puis ensuite s'engager en politique. Donc, je pense qu'il faut oser avoir confiance en soi et se dire que c'est possible. Et c'est vrai qu'on a l'habitude depuis longtemps en France, une vie politique qui renvoie un peu l'idée que ce n'est pas possible pour tout le monde. On en parlait tout à l'heure sur les parcours, sur les écoles qu'il fallait faire.

Une politique, elle a toujours eu cette image d'être réservée aux énarques, à des personnes qui avaient eu un parcours hyper similaire. Et pour moi, l'élection de 2017, l'élection d'Emmanuel Macron mais aussi l'élection législative derrière, elle a vraiment fait sauter tout ça. À l'Assemblée, on a, je pense que un des échecs entre guillemets pour nous à ce stade, c'est de ne pas avoir réussi à le montrer suffisamment. On a des parcours hyper différents. Quand j'étais député à l'Assemblée, autour de moi, dans le groupe, j'avais un ancien pilote de ligne, une ancienne directrice d'école, un ancien DRH d'une entreprise, un ancien pompier professionnel.

Voilà, il y a un ancien paysan, il y a vraiment des parcours hyper différents. Il y a eu un vrai rajeunissement aussi. Avant 2017, il y avait une seule députée qui avait moins de 30 ans à l'Assemblée nationale, c'était Marion Maréchal-Le Pen. Les partis traditionnels, républicains, n'avaient jamais fait confiance aux jeunes. En 2017, on a une trentaine de moins de 30 ans à avoir été élu à l'Assemblée. C'est une révolution totale. Donc déjà, premier conseil, c'est se dire que c'est possible et que c'est pour tout le monde. Et puis ensuite, c'est avoir de la détermination parce que les choses ne se font pas simplement. On peut avoir de la chance.

Moi, je pense que ça a été mon cas aussi à plusieurs moments, même si je dois aussi à mon travail, à mon parcours, mais rencontrer des bonnes personnes au bon moment, s'engager au bon moment, faire des choix qui sont parfois risqués, mais qui finalement s'avèrent payants, ça joue aussi.

28:10
Présentateur

Peut-être que c'est une question que tu détestes, mais la suite, c'est quoi après ? C'est partir dans complètement autre chose, dans le privé, le monde start-up ? Tu parlais d'une boîte que tu voulais éventuellement lancer avec un associé ?

28:20
Gabriel Attal

Je ne sais pas. En fait, il y a un truc que je sais, c'est que j'aurais plusieurs vies, en tout cas professionnelles, parce que moi, je suis persuadé que la politique toute la vie, c'est fini. Pendant longtemps, ça a été ça. On s'engageait en politique à 27-28 ans. L'exemple qui me vient à l'esprit, là, c'est François Fillon. Il s'engage en politique à 27-28 ans, première élection, puis ensuite, il enchaîne les mandats, et puis à la soixantaine, il est candidat à l'élection présidentielle. Je pense que ça, ça n'existe plus, d'abord parce que je pense que les Français ont envie maintenant du renouvellement.

Ensuite, parce que j'espère qu'à un moment, on réussira à faire aboutir notre projet qui est de limiter le nombre de mandats dans le temps, qu'on ne puisse pas faire plus de trois mandats, par exemple, pour aussi imposer ce renouvellement. Pour l'instant, on n'a pas pu parce que les oppositions ont bloqué, elles sont très conservatrices sur ces sujets-là. Et puis parce que, par ailleurs, je pense que c'est sain aussi pour les gens qui s'engagent en politique de faire autre chose. Et donc, à un moment dans ma vie, je ferai autre chose. Je ne sais pas pendant combien de temps je serai engagé en politique.

Je pense que ça dépendra aussi beaucoup d'abord de la réélection d'Emmanuel Macron en 2022. C'est sûr que s'il est réélu, j'aurais envie de continuer à le suivre et à l'accompagner au moins jusqu'au terme de son deuxième mandat. Et puis après, on verra.

29:35
Présentateur

On verra.