Interview intégrale de Sébastien Chenu
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sébastien Cheney. Bonjour Madame. Jordan Bardella a ouvertement appelé ce week-end les électeurs républicains à joindre leur force au Rassemblement national pour les municipales.
Il n'a pas exclu des listes d'union au second tour. L'union des droites, c'était pourtant pas la tasse de thé de Marine Le Pen. Alors c'est pas l'union des droites, c'est l'union des patriotes et dans des cas très précis qui seraient ceux qui permettraient d'empêcher l'extrême gauche de gagner des villes.
Vous savez, nous on a toujours été des gens pragmatiques, c'est-à-dire qu'on a accueilli et on a passé souvent des accords, on l'a fait avec Éric Ciotti, avec des gens qui partagent des valeurs avec nous sans forcément être alignés totalement sur notre programme. Parce que je dis c'est pas l'union des droites parce que quelle droite ? Enfin je veux dire, si la droite c'est Xavier Bertrand qui appelle à voter pour le parti communiste ou Édouard Philippe qui fait la même chose, ces élus qui sont comme Gérald Darmanin, élus grâce au retrait de la LFI, on peut pas travailler avec des gens pareils.
Donc c'est vraiment l'union des patriotes, ça dépasse les clivages des vieux partis et c'est en cela que nous sommes un mouvement ouvert et attentif aux autres. Parce que vous parlez d'Yavier Bertrand, pour Xavier Bertrand c'est une fin de non recevoir, pour Michel Barnier aussi, donc la ligne officielle de LR c'est de maintenir sa présence au second tour sans naturellement fusion avec le RN. Vous pensez que l'union des droites ça pourrait quand même fonctionner et surtout où ?
Est-ce que vous pensez par exemple à Marseille ? Non mais nous on n'est pas pour sauver la droite si vous voulez, nous on veut sauver les français, sauver les villes de la gestion délétère de la gauche et de l'extrême gauche. La gauche au pouvoir c'est une ville ruinée, c'est une ville insécurisée et il n'y a pas de contre-exemple à ce que je dis.
Donc nous ce que nous considérons c'est qu'on doit rassembler très largement. C'est nous les pivots de l'opposition. En réalité c'est nous qui sommes le premier parti politique de France, le premier parti d'opposition.
C'est donc autour de nous que le rassemblement doit se faire. Et quand j'entends Xavier Bertrand ou Michel Barnier qui ne veulent pas travailler avec nous, je m'en réjouis. Michel Barnier qui disait il y a quelques jours encore qu'il s'était mis à prendre conscience du problème de l'immigration en 2021.
Xavier Bertrand qui a financé le lycée Averroès. On n'a pas du tout envie de travailler avec ces gens parce qu'ils ne sont probablement d'ailleurs pas la droite mais surtout ils sont incapables et leurs résultats sont évidemment très mauvais dans les portefeuilles qu'ils ont eu à gérer. Donc nous on est là pour sauver les Français, on n'est pas là pour sauver la droite et notre message il s'adresse bien au-delà évidemment de la droite.
À Toulon par exemple, l'or la valette est engagée mais sans étiquette RN. D'une part pourquoi et est-ce que vous avez d'autre part de bons espoirs sur cette ville ? Oui on a vraiment de très bons espoirs sur Toulon.
L'or dépasse l'étiquette du RN comme Louis Alliot l'avait fait d'ailleurs à Perpignan. Ce n'était pas pour ne pas faire peur ? Non, vous savez à Toulon il y a déjà eu beaucoup d'élus du RN, tous les députés sauf un du Var sont au RN.
Donc le moins qu'on puisse dire c'est que le RN à Toulon il ne fait pas peur, il attire. Et je note que même Mohamed Altrade qui est un adversaire du RN déclare ces jours-ci dans la presse qu'il trouve l'or la valette brillante. Donc vous voyez nos candidats non seulement ils sont implantés, ils peuvent gagner mais ils suscitent même l'admiration de nos adversaires.
Donc je pense qu'effectivement à Toulon on est sur le bon chemin, à Marseille également d'ailleurs. À Paris ça semble beaucoup plus compliqué pour Thierry Mariani, le candidat RN qui stagne autour de 5% dans les sondages. Alors que Sarah Knafo pour reconquête d'Éric Zemmour s'envole, elle est autour de 10%.
Est-ce que c'est lui qui fait une mauvaise campagne ou est-ce que c'est elle qui en fait une bonne ? Non, vous savez Paris c'est la ville la plus difficile pour nous, c'est la ville de France la plus difficile. C'est celle qui nécessite le plus d'efforts pour faire entendre notre voix.
Thierry Mariani a le courage des convictions quand Sarah Knafo a un agenda personnel. Sarah Knafo ne sera pas élu maire de Paris, Sarah Knafo est prête à dealer avec Rachida Dati. Alors que Thierry Mariani il porte des convictions, il porte un autre choix politique.
Et moi je dis aux électeurs qui sont tentés par le vote patriote à Paris, c'est Thierry Mariani le candidat patriote. Les autres sont des candidats, Sarah Knafo compris, du système qui cherche uniquement à exister. Nous on défend des idées, c'est ce que fait Thierry Mariani.
Mais pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi ça ne prend pas dans les sondages en tout cas ? Bon écoutez pour l'instant ce ne sont que des sondages, mais Paris c'est une ville difficile.
Et d'ailleurs ce en quoi Thierry Mariani est courageux, il est député européen, il a une compétence, il a une analyse de la situation. Il a surtout une différence d'idées et de propositions pour l'avenir de Paris. Donc moi je crois que la campagne, vous savez les campagnes elles viennent en réalité de commencer.
On parle depuis très peu de temps des campagnes électorales municipales. Et je pense que Thierry Mariani va nous permettre de faire rentrer des élus du Rassemblement national dans les arrondissements, au Conseil de Paris et faire entendre la voix des patriotes face à un système qui encore une fois cherche uniquement à se survivre. – Bruno Retailleau pourrait annoncer sa candidature à la présidentielle dans les semaines qui viennent pour offrir une incarnation républicain.
Est-ce qu'il peut vous faire de l'ombre dans une campagne présidentielle Bruno Retailleau ? Parce que finalement mis à part sur l'économie, vous parlez à peu près le même langage ? – Non mais je ne sais pas perçois que Bruno Retailleau puisse nous faire de l'ombre.
On n'avait plus entendu parler de lui depuis sa sortie un peu piteuse du gouvernement. Ses résultats ont été très mauvais lorsqu'il a été ministre macroniste. LR ça représente 5% des voix, moins de 5% des voix, Valérie Pécresse à l'élection présidentielle.
Donc en fait les républicains devraient se poser la question de ce qu'ils souhaitent. Ils ne peuvent pas avoir un pied en Macronie et dire à leurs électeurs qu'ils représentent l'opposition. En réalité ce parti politique c'est un parti de trouillards, c'est un parti de gens qui ne sont pas capables de mener une autre politique.
On le voit Bruno Retailleau encore une fois, ministre de l'Intérieur, c'était quand même pas glorieux. Et donc aujourd'hui non seulement on n'a pas peur de Bruno Retailleau, chacun a le droit d'être candidat à la présidentielle. Moi j'ai absolument aucun mépris pour cela.
Mais je dis simplement qu'il ne peut pas créer les conditions de l'alternance Bruno Retailleau. Il n'est pas un candidat de l'alternance, il est un ancien ministre d'Emmanuel Macron. Il en accepte les logiques mais il en porte aussi un bout du bilan.
Et c'est ça qui est dramatique pour LR, c'est que désormais LR avec ses ministres au sein du gouvernement, Mme Gennevard à l'agriculture, M. Retailleau hier à l'intérieur, porte un morceau du bilan de la Macronie. Un mot encore de la présidentielle, dans un sondage de la tribune dimanche, Marine Le Pen supplante Jordan Bardella sur sa stature présidentielle, sa capacité à faire face à une crise majeure et sur les enjeux internationaux.
Ça veut dire qu'elle reste la meilleure candidate pour le Rassemblement national ? Marine Le Pen est probablement la plus expérimentée en termes de campagne électorale présidentielle. Elle en a quelques-unes dans les jambes.
Elle s'est beaucoup intéressée à l'international du fait de son statut, évidemment de présidente de parti hier, de présidente de groupe à l'Assemblée nationale aujourd'hui, de député européen longtemps. Et c'est ce qui, je crois, lui donne cette capacité, ce profil, qui correspond bien à ce qu'on attend pour un président de la République. Donc Marine Le Pen aujourd'hui est notre candidate à l'élection présidentielle.
Nous, on souhaite que justice soit faite, justice lui soit rendue et qu'elle puisse évidemment porter nos couleurs quand Jordan pourra mener la politique du gouvernement. On sait qu'il faut attendre naturellement des solutions de l'appel qui va se rendre avant l'été. Mais avec cinq ans d'inligibilité requis, la porte semble quand même se refermer petit à petit pour Marine Le Pen.
Ce n'est plus un trou de souris, c'est un trou de fourmis ? Ça, c'est les réquisitions du parquet. Dans les heures qui viennent, vous allez entendre la défense.
Et je pense qu'ensuite, la situation sera claire et que la justice pourra passer et rendre justice à Marine Le Pen. On imagine que ce serait difficile que la justice fasse le casting de l'élection présidentielle. Marine Le Pen, il n'y a pas d'emploi fictif, il n'y a pas d'argent mis dans sa poche, d'argent public mis dans sa poche dans ce procès des assistants parlementaires.
Par conséquent, moi, j'ai bon espoir que Marine Le Pen puisse porter nos couleurs et les espoirs des Français pour une autre politique. Rendre enfin utiles ces années à venir pour mener une autre politique. En tout cas, quoi qu'il arrive, elle donnera sa décision concernant la présidentielle au moment de la décision en appel, c'est-à-dire avant l'été, quelle que soit d'ailleurs cette décision ?
Oui, parce que si Marine Le Pen devait aller en cassation, le rendu de la cassation serait tellement proche de l'élection présidentielle qu'il nous empêcherait de désigner notre candidat, qui serait à ce moment-là Jordan Bardella, si proche de l'élection présidentielle. Et pour des raisons d'organisation, compte de campagne, etc., ce serait très difficile.
Donc Marine Le Pen, ce qu'elle veut, c'est que nos idées gagnent. Si elle était privée de cette élection présidentielle par une décision de justice, Jordan prendrait la relève. Chez nous, il n'y a pas de mystère.
On a organisé les choses et on est, j'allais dire, partant, on est aligné pour pouvoir créer l'alternance, créer l'espoir que les Français attendent. Les Français ne supportent plus ce qu'ils voient, cette politique délétère du gouvernement Macron. Alors, le gouvernement Macron, le gouvernement Lecornu, Sébastien Lecornu, a mis sur la table deux choses.
La réforme de l'AME, l'aide médicale d'État, c'est donc ce dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière d'avoir leurs soins de santé pris en charge, avec notamment une lutte contre la fraude. Premier ministre, il avance ? D'abord, moi, je veux, avant de commenter ça, dénoncer la nomination de Mme Monchalin, ministre du Budget, à la tête de la Cour des comptes.
Le verrouillage par les copains de la Macronie, de tous les organes qui permettent de faire fonctionner...
Mais ce n'est pas une question de compétence, c'est qu'elle a été ministre d'un budget et demain, elle va juger ce budget en tant que présidente de la Cour des comptes. Elle est juge et partie. Un budget déficitaire, un budget qui entraîne la France dans les abîmes financières, économiques et sociales.
Et demain, elle va, en tant que présidente de la Cour des comptes, juger ce budget. On a là un scandale vraiment démocratique. Cette République des copains est insupportable sur l'AME.
En fait, M. Lecornu ne va pas toucher au panier de soins. C'est un bricolage.
Ils ne veulent pas idéologiquement s'attaquer au tabou de l'immigration. La réalité, c'est que c'est du bricolage. Ça fait des années qu'on parle de l'aide médicale d'État.
Un milliard et demi d'euros que coûte cette aide médicale d'État aux Français quand nous, nous disons qu'il faut la transformer en une aide médicale d'urgence pour les gens qui sont évidemment à l'article de la mort ou qui portent en eux une pandémie. Mais il est temps de s'attaquer vraiment au tabou de l'immigration. Le bricolage de M.
Lecornu ne fait pas illusion. 30 secondes, juste sur le recteur de la Grande Mosquée qui propose un guide des bonnes pratiques, mille pages passant au grippe chaque crispation entre la pratique de l'islam et le cadre républicain. Vous dites quoi ?
Que c'est une bonne initiative ? Je me dis que s'il propose ce guide, c'est qu'il estime qu'il y a un problème. Moi, je ne sais pas s'il y a un problème avec l'islam.
Je considère l'islam comme une religion tout à fait apparentière. Il y a un problème avec l'islamisme. Et donc, je suis interrogatif sur ce guide qui fait mille pages.
Qui va le lire ? Moi, je crois que nos compatriotes de confession musulmane peuvent être parfaitement et sont, dans leur immense majorité, parfaitement assimilés à l'idéal républicain. Ils n'ont pas besoin qu'on les guide.
En revanche, attaquer l'islamisme, c'est ça qu'on aurait pu attendre d'une autorité. Donc, vous dites que ça ne sert à rien, ce guide ? C'est pas bien d'essayer de réjenter les choses ?
J'attendrai plutôt que la Grande Mosquée de Paris s'attaque à l'islamisme plutôt qu'à produire des annuaires. Merci beaucoup, Sébastien Chenu. Bonne journée à vous.
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